CONSIDÉRATIONS

ANATOMIQUES, PHYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES

SUR LA LUETTE;

Pak le docteur J. LISFRANC,

Membre titulaire de l’Académie royale de Médecine , chirurgien au Bureau central d’admission des malades dans les hôpitaux et hospices civils de Paris, professeur de chirurgie , etc.

A PARIS,

UE L’ IMPRIMERIE DE FEÜGUERAY.

1825.

CONSIDÉRATIONS

AîiATOMIQCES , PHYSIOLOGIQUES ET PATHOLOGIQUES

/

SUR LA LUETTE.

( Extrait de la Revue médicale. )

Orgake peu important , la luette n’a pas fixé les méditations des praticiens d’une manière assez spé- ciale : à peine trouve-t-on dans les annales de l’art quelques notions éparses sur sa structure , ses anoma- lies , ses fonctions , et sur les maladies qu’elle peut produire 5 aussi depuis long-temps je pensais que l’on pouvait mieux étudier ce prolongement musculo-mern- braneux ; je vais essayer de prouver cette assertion 5 et j’espère encore démontrer que l’excision de cet appendice organique est susceptible de quelques

Les dimensions de la luette offrent un grand nombre de variétés 5 j’ai vu deux sujets chez lesquels elle était constituée par un tubercule très-court, mais fort volu- mineux ; j’ai disséqué im cadavre dont cet organe, de longueur ordinaire , était mince comme un fil : je ferai remarquer que la voix de ccs individus n’avait'éprouvé ^cune alteration. Jean Hagendorn rapporte, 'dans les’ Ephémérides des Curieux de nature , l’observation d’une jeune fille privée de bét appendice depuis sa

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naissance*, il n’en résultait aucune altération de la voix. Vollgnadius parle , dans le môme recueil, d’une luette bifide^ il existait en même temps bec-de-lièvre. M. Pioux a souvent vu la division de cet organe et du voile du palais, avec ou sans écartement de la voûte palatine j je connais , à Paris , un jeune homme dont la luette seulement est bifide.

Cet organe est-il très-mince ? est-il représenté par tin tubercule? Une dissection soignée m’a prouvé qu’il était uniquement composé de la membrane muqueuse et d’un grand nombre de follicules. Je regarde comme cause constante de sa procidence son état bifide et l’absence des muscles palaio-staphylius dans son épais- seur; ainsi, toute espèce de médication propre à le relever devient absolument inutile dans les cas que nous venons de citer.

La luette manque chez tous les animaux ; mais un fait qui prouve encore en faveur du beau système des analogues de M. le professeur Geolfroy-Saint-Hilaire, c’est l’existence du rudiment de cet organe , que la nature semble d’ailleurs avoir voulu remplacer eu pro- longeant* davantage en arrière le voile du palais. Chez les singes rhésus, cette disposition est telle, qu’il dé- passe de quelques lignes l’orifice supérieur du larynx; elle est beaucoup moins prononcée chez le cheval et le boeuf , moins encore chez le mouton et le chien ; enfin elle offre un développement un peu moindre sur le CQcbon: d’Inde, le lapin , l’écureuil, le porc-épic et 1a souris ; mais tons ces animaux , abstraction faite du singe, marchent la tète inclinée vers le sol ; les na- rines antérieures donnent ainsi aux mucosités nasales

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wn écoulement trop facile pour qu’elles se portent dans le pharynx. D’ailleurs les rapports de distance qu’ont entre eux le bord libre du voile palatin et l’oriQce su- périeur du larynx semblent indiquer d’une manière positive que quand l’animal aspire une très-grande quantité d’air dans les fosses nasales afin d’en chasser le mucus dans l’arrière-gorge > la glotte se porte en avant et se trouve sous le voile du palais.,

M. le professeur Geoffroy-Saint-Hilaire, recherchant en 1819 quelles sont en particulier les conditions or- ganiques du fœtus chez un didelphe marmose {didel~< phus murina) ^ fit dessiner les dispositions suivantes t il n’y a point de cordon ombilical chirz les fœtiis mar- supiaux ■, mais la tétine de la mère, qui grandit hors de mesure, la supplée en s’engageant très-profondément dans la bouche de son petit. A un second âge de la- suspension du foetus, la tétine n’est plus un cordon ombilical : elle se rompt au poin t elle est engagée dans le palais du fœtus. Restreinte alors à la condition et à la fonction d’une véritable tétine, elle ne fournit plus du sang comme dans le premier âge, mais du lait. C’est un sujet dans celte seconde époque ou dans la lactation, que M. Geoffroy a observé; il faut remar- quer que ce sujet était contraint dans le commencement de celle seconde époque à vivre du lait de sa mère sans quitter la tétine. Pour que les deux fonctions de la res- piration et de la lactation puissent s’exécuter simul- tanément, voici le singulier arrangement qui existe i le larynx est terminé par un col évasé dont le pour- lonr se prononce en une sorte de petit bourrelet, tout cet ensemble est introduit dans les arrièrtf-naiines :

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ainsi le larynx est placé sur le voile du palais. De cette manière , la respiration du jeune didelphe se fait par les narines et le larynx , lorsque la succion de la léiine remplit la bouche et le pharynx de lait ; ce liquide glisse le long du larynx , dont le collet ou bourrelet forme un ressaut qui ménage de chaque côté une très- petite issue pour le trajet de la substance alimentaire. La lactation achevée, le larynx descend sous le voile du palais, les narines deviennent libres, la respiration et la manducation sont comme partout ailleurs des actes nécessairement successifs. On sait que dans les cétacés le larynx, en forme de pyramide, reste engagé dans les arrière-narines pendant tout le cours de la vie de ces animaux.

La luette est formée par les muscles palato-slaphylins, dont les fibres adossées se séparent à mesure qu*elles s’approchent davantage du bout de l’organe. Ce prolon- gement est recouvert par une membrane muqueuse qui renferme une beaucoup plus grande quantité de follicu- les qu’on ne l’a indiqué 5 sous elle existe un tissu cellu- laire serré, parsemé de petites glandes ,' dont l’organi- sation ressemble à celle des lonsilles et à la couche de criptes agglomérés , que l’on rencontre sous le tissu muqueux du voile du palais des animaux et surtout du cheval. L’extrémité libre de l’appendice que nous étudions m’a toujours paru dépourvue de fibres mus- culaires 5 j’y ai souvent trouvé trois follicules muqueux très-développés , bien distincts et susceptibles d’aug- menter, au point que la luette peut alors offrir au moins un tiers en sus de sa longueur ordinaire. M. le professeur Boyer a vu sur sa pointe une petite tumeur

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transparente produite par l’accumulation de la séro- sité.

Souvent cet appendice se ramollit , surtout vers son sommet : il présente alors l’organisation des polypes muqueux des fosses nasales 5 il serait inutile de dire qn’il peut devenir squirrheux, carcinomateux et même cartilagineux ; il est fréquemment à l’étal de procidence.

Examinons quelles sont ses fonctions. Concourt-il à la formation de la voix et à l’articulation des sons? L’observation de Hagendorn détruit la première de ces; propositions , et beaucoup d’individus , auxquels j’ai enlevé cet organe, m’on t faurni la preuve que laseconde n’étalt pas plus admissible. Plusieurs médecins savent que des ulcères vénériens ont détruit l’épiglotte, les piliers du voile du palais et la luette à l’un, des acteurs les plus distingués de la scène lyrique, et <pue cepen- dant le timbre de la voix n’a rien perdu de sa souplesse et de sa fraîcheur. Si , comme l’a observé M. Biett , la syphilis altère la voix parla destruction de la luette, c’est que le principe morbide a laissé sur le vaile du, palais ou ailleurs une de ces aUeintes profondes contre lesquelles le temps et les médications ne peuvent rien... Je crois , avec M. le professeur Ricberand , que la luette est destinée à prévenir le pharynx de l’arrivée des ali- mens ; je pense que le grand nombre de follicules, q^u’elle contient fournit beaucoup de mucus propre à faciliter le passage du bol alimentaire.

Mais sont-ce toutes les fonctions de la luette ?J’ai déjà fait entrevoir dans ce Mémoire que je ne le croyais pas. Lorsque nous voulons chasser dans le pharynx les luimeurs sécrétées par la membrane de Schneider ^

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nous formons la bouche ^ nous ouvrons les narines antérieures et nous introduisons la plus grande quan- tité d’air possible dans les fosses nasales ; ce gaz doit traverser difficilement ces cavités , pour qu’il s’applique avec plus de force sur leurs parois et qu’il les balaie mieux. Afin d’atteindre ce but , le voile du palais se porte en haut et en avant 5 la luette , à l’état sain , suit ce mouvement; située sur la ligne médiane comme le larynx , elle forme une espèce de digue qui projette à droite et à gauche les corps étrangers qui tomberaient dans la cavité de cet organe. Le prolongement mus- culo - membraneux du voile palatin a donc encore pour usage d’empêoher les mucosités nasales de pé- nétrer dans la glotte : la nature a d’ailleurs disposé le voile du palais de manière que lors de son élévation il forme deux gouttières latérales inclinées en dehors. Les preuves qui viennent à l’appui du nouveau fait physiologique que nous venons d’énoncer sont nom- breuses ; je vais successivement les soumettre à l’A- cadémie : 1°. il suffit de se placer devant une glace, d’ouvrir la bouche , d’aspirer beaucoup d’air pour voir le voile du palais et la luette exécuter les inou- vemens que j’ai indiqués. 2*’. Le rudiment de cet or- gane que présentent les animaux est d’autant plus marqué qu’ils ont la tète moins souvent inclinée vers le sol et qu’ils se rapprochent davantage de l’hom- me; ainsi chez rorang-oulang roux, dont l’organi- sation ressemble le plus à la nôtre , il eJviste presque une luette; chez les singes rhésus, déjà très-éloignés de l’espèce humaine, l’on en voit à peine quelques traees: cependant, nous l’avons déjà dit , la nature semble ici

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avoir suppléé l’appeudice musculo-membraneux du voile du palais en prolongeant celui-ci derrière l’ori- fice supérieur du larynx. Nous avons aussi fait obser- , ver que dans les espèces dont les orifices antérieurs des narines sont toujours très-déclives et donnent au mucus un écoulement très-facile, le voile du palais s’étend encore plus loin dans le pharynx que chez l’homme ; nous ajouterons que si ces animaux chassaient les mucosités dans l’arrière-gorge , leur mâchoire infé- rieure se rapprocherait de leur col , leur larynx se por- terait en avant et serait couvert par le voile du palais. 3”. Lorsque la luette est dans un état de procidence complète, lorsqu’elle a été entièrement enlevée , j’ai toujours observé que le mucus nasal porté dans l’ar- rière-gorge pénétrait dans la glotte si l’aspiration ne s’exécutait pas avec beaucoup de lenteur et de pré- cautions.

Nous n'avons pas besoin de rappeler cfue le beau fait d’anatomie comparée découvert par M. le profes- seur Geoffroy-Saint-Hiiaire vient encore à l’appui des idées que nous venons d’émettre sur les fonctions de la luette. Si l’on nous demandait pourquoi le larynx, situé dans les arrière-narines , ne reçoit pas les muco- sités nasales , nous répondrions que la nature semble avoir obvié à cet inconvénient en perçant le bourrelet laryngé à son centre : ainsi , l’orifice du larynx est assez élevé pour être à l’abri du mucus nasal qui glisse sur ses côtés.

foutes les fois que la procidence aura pour cause une inflammation aiguë, nous combattrons cette ma- ladie par les anti-phlogistiques : Celse conseille alors

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la diète, la saignée n les laxatifs; il veut que la tète -soit élevée et bien couverte. Quand la pblegmasie est chronique .et qu’il s’agit (le la paralysie ou de l’engor- getneutséreux de l’organe, l’on emploie les gargarismes astringens, et l’on porte s^ir le lieu malade avec une petite- cuillère du poivre ou du gingembre en poudre; mais, la chute de l’appeiidic'e musculo-membraneux du voile du palais résiste à l’emploi de toutes les médica- tions ; il faut enlever cet organe , comme dans les cas ou il est squii rJieux et carcinomateux.

La procidence peut entretenir ou produire une in- flammation de la gorge : Guillaume Beckers rapporte qu’un chevalier romain était sujet à cette maladie. Tous les moyens l’art avaient échoué; l’on fit l’excision .de la luette, et le malade fut parfaitement guéri : seu- lement la voix resta un peu rauque. Les auteurs disent que la chute de ccl organe détermine encore une sen- ^tion incommode qui provoque la déglutition , des nausées et une tussiculaiion fatigante. Je crois que si la déclamation et le chant peuvent occasioner des phleg- masies aiguës ou chroniques du poumon et du larynx , il est évident que ces maladies devront se développer plus facilement, lorsque des quintes fréquentes de toux chasseront l’air brusquement des voies aériennes : or, je pense que dans les cas de phthisie l’on néglige trop la cause qui nous occupe , car c’est en la détrui- sant que j’ai souvent guéri cette affection contre la- quelle on avait épuisé sans succès tous les moyens connus. Nous ajouterons à ces données que l’excision de la luette est quelquefois le plus sûr et même le seul moyen de guérir certaines gastrites chroniques ; Tort

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conçoit, en effet, que le chatouillement de la gorge produira et entretiendra souvent les irritations de l’es- tomac. '

Presque tous les auteurs conseillent de n’enlever que la moitié de la luette lorsque l’état pathologique ne s’étend pas trop loin ^ j’ai observé qu’alors cet ap- pendice s’engorgeait, s’allongeait de nouveau et que l’on était presque toujours obligé de l’exciser une se- conde fois; je crois, d’après un très-grand nombre de faits , qu’il est préférable de l’enlever complètement; nous avons prouvé, plus haut , que la voix et la parole n’en éprouveraient aucune altération. L’on a donc avancé à tort , dans le grand Dictionnaire des Sciences médicales , que la luette concourait à la formation de certains sons , surtout à la prononciation de la lettre R , que l’on ne peut plus articuler lorsque cet organe a été enlevé. Tous les médecins sont convaincus qu’Aphro- disée trompa la confiance publique lorsque, sous An- tonio et Sévère, il se rendit célèbre en voulant inspirer la crainte de voir mourir phthisiques ceux dont la luette serait coupée à sa base. L’expérience m’a démon- tré que l’opération ainsi pratiquée n’avait que le léger inconvénient de permettre aux mucosités nasales de tomber plus facilement dans Je larynx ; or, cet incon- vénient ne peut pas être mis en balance avec ceux qui résultent d’une seconde excision.

L’on a proposé un grand nombre de moyens pour faire cette opération ; nous allons succinctement les exposer. Hippocrate dit qu’il faut relever la luette avec le bout du doigt et en couper la pointe. Celse saisissait l’organe avec des pinces; il retranchait ce qu'il jugeait

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convenable. Fabrice d’Aquapemlcn le préfère se servir seulement de ciseaux ^ il dit qu’ainsi l’une de ses mains est libre et qu’elle peut conlenirla langue et la mà( boire inférieure. Cet'auteur porte après l’opération une cuil- lère chaulïée et non incandescente sur la solution de continuité; il a pour but d’affermir les tissus et peut- être aussi d’arrêter ou de prévenir rbemorrhagie.

Lorsque le volume de la luette fait craindre cet ac- cident, Paré donne la préférence à la ligature de l’or- gane. Castellan a imaginé, pour cette opération, un anneau dont la convexité est cannelée: il est porté sur une lige qui lui sert de manche; « l’on y ajoute un fit » ciré auquel ou a fait un nœud coulant que l’on serre » au n\oyen d’une auire tige de métal terminée par un » anneau beaucoup plus petit que celui de l’instrument » principal. » (Sabatier.) Le fil reste dans la bouche, et la conslriciion peut être augmentée si l’on juge qu’elle n’est pas assez forte. Fabrice de Hilden a cor- rigé cet instrument; Scultet l’a mis en usage sur un soldat : il ne parle point des accidens qu’il dut produire.

Arnaud avance qu’il est des cas dans lesquels la "luette est si dure, qu’elle résiste aux ciseaux ot à la ligature ; il ajoute que le bistouri serait dangereux. Il •a imaginé un instrutnent composé de deux parties, d’une lame et d’une gaine ; l’extrémité de celle-ci est percée d’une ouverture ronde pour y engager perpen- diculairement la luette ; lorsqu’elle y est profondément placée , l’instrument touche et élève le voile du palais; alors on applique le pouce sur le manche de la lame , l’on presse avec force' , et l’organe est coupé d’un seul coup. Heister a fait graver un instrument inventé par

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uii paysan de la Korvvège. Raw l’a perfeciionné 5 il est composé de deux jumelles réunies à f’une de leurs ex- trémités par une traverse; leurs faces correspondantes sont cannelées pour recevoir un couteau qui glisse entre elles et qui est supporté par une tige destinée à le faire mouvoir. La retraite de la lame laisse un vide à l’un des bouts de l’instrument; l’on y engage la por- tion de luette qui doit être retranchée , et l’on pousse le couteau sur elle.

Sabatier se servait d’une petite pince à polype et de ciseaux courbes sur le plat. L’on a mis en usage des ciseaux recourbés en demi-cercle pour que la luette n’écbappât point d’entre leurs branches. L’on a encore inventé des ciseaux droits, dont la pointe est gainîe d’une gaine étroite et fixée seulement sur l’une des branches de l’instrument. L’on a aussi employé des moyens propres à déprimer la langue.

Le doigt avec lequel Hippocrate conseille de relever la luette a l’inconvénient de gêner la manoeuvre opéra- toire : ce procédé est rejeté. Celui de Fabrice de Hilden exigera souvent trois ou quatre coups de ciseaux ; car lorsque l’organe sera mou , il échappera très-facilement à l’instrument. M. Richerand pense d’ailleurs , avec raison , que la portion d’organe coupée est avalée ou rejetée parle malade, qui n’est exposé à aucun danger , puisqu’il est impossible que la glotte soit ouverte pen- dant l’opération. Quanta la cautérisation , les praticiens modernes la restreignent à des cas extrêmement rares, à ceux dans lesquels une hémorrhagie résisterait aux astringens.

La ligature a le grave inconvénient de produire des

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douleurs souvent intolérables et de violentes inflam- mations ; elle est abandonnée : je l’ai vu mettre en usage une seule fois; le malade ne put pas la supporter.

L’instrument d’Arnaud, celui du paysan deNorwège, sont des moyens que la chirurgie moderne ne permet plus d’employer : elle marche rivale des autres sciences exactes; elle doit repousser toutes ces mécaniques entachées de graves défauts et indignes d’un siècle la médecine opératoire a fait de si brillans progrès ; l’organe est-il très-dur on le coupera avec les gros ciseaux de M. Dubois ;/la luette cartilagineuse que j’ai observée ne leur a pas résisté.

Les ciseaux en demi- cercle et ceux à gaine nous paraissent aussi devoir être rejetés pour les raisons que nous venons d’exposer. L’on n’aura reçours aux instrumens propres à maintenir la langue et la mâchoire inférieure que dans les cas les malades seront in- dociles. Quels que soient les ciseaux dont on se ser- vira, leur pointe sera mousse. Les courbes sur le plat laissent moins facilement échapper d’entre leurs bran- ches les corps qui y sont placés; ils méritent la pré- férence^ et nous croyons, avec Sabatier , que l’on doit saisir la luette avec de petites pinces fenêtrées. Malgré cette précaution, il arrive souvent que l’organe exces- sivement mou n’est pas coupé d’un seul coup; c’est qu’alors la base de la langue a empêché de porter l’instrument assez profondément. Je propose , après que l’on aura attiré la luette en avant , de la porter vers le côté droit de la bouche ; ainsi , les ciseaux seront placés presque transversalement dans cette ca- vité; la partie malade sera engagée entre leurs branches

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prescjue juscju'ù leur éu'liculation , et il sera impossible qu’elle ne soit pas immédiatement et complètement coupée : ce procédé m’a toujours réussi. S’il est des cas dans lesquels l’excision de la luette n’est pas doulou- reuse , il en est aussi^ù les malades souffrent beaucoup.

Mais le cancer de la luette s’étend sur le voile du palais. Gardons-nous d’imiter la conduite de Fabrice de Hilden 5 nous devons opérer foutes les fois que nous pourrons enlever entièrement les parties malades.

Lorsque la luette a été coupée, le chirurgien doit combattre les angines, contre lesquelles les astringens ou les émolliens devront être employés suivant les indications. En général , on néglige trop ces phleg- masies après l’opération , et il n’est pas étonnant de voir persister si souvent la raucité de la voix.

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