BTULLETIINT
DE LA COMMISSION
DE LA MAYENNE
CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878.
DEUXIEME SÉRIE TOME SIXIÈME
1893
LAVAL
IMPRIMERIE DE L. MOREAU 1893
Trimes'iue de 1893.
17
SOMMAIRE •
Liste des Membres Titulaires et Correspondants, etc. 7, 8, 11 Histoire de l'Imprimerie à Laval, jusqu'en 1789, par M. l'abbé
A. Angot * "1^
Recherches sur divers titulaires de magistratures, charges et offices de la ville et du comté de Laval, par M. Louis
DE LA Beauluère (Suite) 57
Notice sur les Seigneurs de Vautorte, par M. l'abbé Gh.
Pointeau (Fin). 93
Sigillographie des Seigneurs de Graon, par MM. A. Ber- trand de Broussillon et Paul de F arc y f/Smï^J. . . . 118
Procès-verbal de la séance du 8 juillet 1892 154
Nécrologie 156
Bibliographie : L'abhaye de Fontaiyie-Bamel ; sa fondation et ses derniers jour s^ par Edmond Leblanc; — La mai- son de la Reine Bérengère au Mans, par M. Robert Triger ; — Lettres intimes de Monseigneur Cohon, évè- que de Nîmes, publiées par M. Prosper Falgairolle ; — Un Moine au XIX^ siècle. Dom Paul Piolin, 0. S. B. {Î817-IS92), par Joseph Denais ; — Tableaux généalo- giques, notices et documents inédits sur plusieurs famil- les de Vitré et paroisses environnantes, par J.-G. Frain de la Gaulairie; — Le Doigt de la morte, par M. l'abbé A. Ledru ; — Etudes pour servir à l'histoire et à Vin- terprétation des noms de lieuœ, par L. Ricouart ; — Ecrits inédits de Saint-Simon, par P. Faugère ; tomes VII et VIII, publiés par le V*^ S. Menjot d'Elbenne. . 157
Gravures :
1 à 7. Frontispices d'anciens ouvrages imprimés à Laval. 21,23
25, 31, 33, 47,55
8. Sceau de Guillaume I, 1345 et 1357 124
9.-10. Sceau et contre-sceau des causes de Morannes, 1361. 124
11. Sceau des causes de la vicomte de Ghâteaudun, 1387-1389. 125
12. Sceau de Marguerite de Flandre. ....... 125
13. Signet de Patrj de Sourches, seigneur de Malicorne,
1347 130
14. Sceau de Guy de Graon, 1389. ........ 131
15. Sceau de Renaud de Maulevrier, 1379 lo3
16. Sceau de Hervé de Mauny, 1388. ....... 134
17. Blason de Mauny, voûte de la Ghapelle-Saint-Rémy. . 135
COMMISSION HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE
DE LA MAYENNE
BXJLL,ETI]Sr
DE LA COMMISSION
DE LA MAYENNE
CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878.
DEUXIEME SERIE
TOME SIXIÈME
1893
LAVAL
IMPRIMER!!: Di; I . MOREAU
1893
MEMBRES DE LA COMMISSION
Membres Titulaires MM.
ANGOT (l'abbé), à Louverné (Mayenne) ;
Tancrède ABRAHAM Q I. P., conservateur du musée de Château-Gontier, correspondant du Ministère des Beaux- Arts, Château-Gontier et Paris, 15, rue Vignon;
C*« DE BEAUCHESNE, au château de Torcé, par Ambrières et à Paris, 6, rue Boccador ;
Henri de LA BROISE ►î<, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Laval, et Paris, 26, Avenue de Wagram ;
CHEDEAU, Président de la Société d'Archéologie, Sciences, Arts et Belles-Lettres de la Mayenne, à Mayenne ;
COUANIER DE LAUNAY (l'abbé), chanoine de Laval, rue Marmoreau, à Laval ;
De FARCY (Paul), Inspecteur de la Société française d'Ar- chéologie pour le département de la Mayenne, à Château- Gontier ;
FLOUCAUD DE FOURCROY O. ^, ingénieur en chefdes ponts-et-chaussées, à Laval, Vice-Président de la Commis- sion d'architecture ;
GARNIER (Louis), architecte, inspecteur des édifices diocé- sains, à Laval, membre de la Commission d'architecture ;
HAWKE, ancien architecte du département, membre de la Commission d'architecture ;
LEBLANC, avocat, ancien député, conseiller général, à Mayenne ;
LECOMTE j^, ingénieur des ponts et chaussées, à Laval, membre de la Commission d'architecture ;
LEMONNIER DE LORIÈRE, conseiller général, à Epineux- la-Séguin ;
O'MADDEN, propriétaire, à Château-Gontier;
De MARTONNE, ancien élève de l'École des Chartes, archi- viste de la Mayenne ;
- 8 —
MOREAU (Emile) Q , membre de plusieurs Sociétés savantes, à Laval ;
PERROT (Ernest) Q, propriétaire, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Laval ;
L'abbé POINTEAU, aumônier de l'Hospice, a Craon;
RICHARD O, archiviste-paléographe, correspondant du Mi- nistère des Beaux-Arts, 1, rue Saint-Mathurin, à Laval ;
D' SOUCHU-SERVINIÈRE O, membre de plusieurs So- ciétés savantes, à Laval.
COMPOSITION DU BUREAU
Président, M. Floucaud de Fourcroy Ô. ^ ;
M. l'abbé Couanier de Launay
M. E. Perrot Q ; Secrétaire général^ M. E. Moreau Q ; Secrétaire- Archiviste, M. de Martonne.
Vice-Présidents, \
Membres Correspondants, MM.
Achon (Ch. d'), au château de la Roche de Gennes (Maine-et- Loire) ;
Anis (l'abbé), vicaire à Andouillé ;
Appert (Jules), à Fiers (Orne) ;
Argentré (marquis d'), à Saint-Julien-du-Terroux ;
Barbe, ancien membre titulaire, conservateur du camp de Jublains, juge de paix à Conlie (Sarthe) ;
Beauchamps ^baron de), rue Duplessis, 62 bis, Versailles ;
De Beauchesne (le marquis), au château de Lassay (Mayenne) ;
Bertrand de Broussillon O, archiviste-paléographe, ancien vice-président de la Société historique et archéologique du Maine, au Mans, 15, rue de Tascher, et à Paris, 126, rue du Bac ;
Bouillerie (baron de la), au château de la Bouillerie, par La Flèche (Sarthe) ;
Du Brossay, directeur de l'enregistrement, au Puy ;
Chappée, place Saint-Pavin, Le Mans ;
Chardon (Henri), rue de Flore, au Mans ;
Chemin ^, ancien membre titulaire, ingénieur en chef des ponts et chaussées, à Paris ;
— 9 —
Chomereau q, ancien professeur de dessin, à Laval ; Chon ^, Q I. P,, à Lille, rue du Palais de Justice ; Contades (comte Gérard de), au château de Saint-Maurice,
par La Ferté-Macé (Orne) ; Coquart ^, Q, ai^cien architecte diocésain de Laval, à Paris,
rue de Boulainvilliers, 42, (Passy) ; Cornée Q, ancien membre titulaire, à Lille, rue Solférino, 316. Darcy ^, architecte de la Commission des Monuments histo
riques, à Paris, rue de Bruxelles, 2 ; Delaunay, procureur de la République à Pont-l'Evêque ; Delaunay (Léon), avocat, juge suppléant, à Mayenne ; Dulong de Rosnay (l'abbé), ancien vicaire général de Laval,
ancien membre titulaire de la Commission, à Morlaix ; Durget, rue de Bootz, 22, Laval ;
Duval Q, archiviste du département de l'Orne, à Alençon ; Elbenne (le vicomte Menjot d'), au château de Couléon. par
Tuffé (Sarthe) ; ^
Farcy (Louis de), à Angers ; Faucon, avocat, rue Chanzy, au Mans, et à Saint-Denis-de-
Gastines ; Fleury (Gabriel), imprimeur, à Mamers ; Frain de la Gaulairie, à Vitré ; Gadbin, à Château-Gontier ;
Gillard (l'abbé), curé de Saint-Fraimbault-de-Lassay ; Graindorge, secrétaire de mairie, à Couesmes (Mayenne) ; Grosse-Duperon, juge de paix, à Mayenne ; D'Hauterive Q, chef de bataillon au 161®, à Reims ; Hétier e^, ancien membre titulaire, ingénieur en chef des
ponts et chaussées, à Paris ; A. Kuntz ^, sous-intendant militaire, à Belfort ; De la Beauluère (Louis), au château de la Drujoterie, à En-
trammes ; La Chesnais (Maurice), O. ^, ancien chef de bureau au
ministère de la guerre, à l'Huisserie, et à Paris, rue de
Yaugirard, 51. Laigneau, curé de Bourg-Philippe, par Chemazé (Mayenne) ; Lair, rue Croix-des-Petits-Champs, 11, Paris. De Laurière, inspecteur général de la Société française d'ar- chéologie, à Paris, 7, rue d'Aguesseau; Lebreton q L P., Proviseur du Lycée, à Laval ;
— 10 -
Le Coq (Frédéric), à Ernée.
Ledru (l'abbé), Le Mans, place du Château, 4.
Le Mercier, ancien juge de paix d'Ambrières ;
Letourneurs (Henri), avocat, à Laval;
Liger (F.), au château de Courmenant, par Sillé-le-Guillaume ;
Maillard, curé de Gennes,'par Château-Gontier (Mayenne);
Maître Q L P., archiviste, à Nantes;
Margerie, maire de Niort (Mayenne) ;
Mercier (l'abbé), curé de Bierné (Mayenne) ;
Montagu, instituteur, à Hardanges (Mayenne) ;
Morin (A.), rue de Bretagne, 39, Laval ;
Morin, architecte, à Vitré ;
Morisset, docteur-médecin, à Mayenne ; ■
Moulard, à Soulgé-le-Ganelon (Sarthe) ;
Œhlert Q , conservateur de la bibliothèque de Laval ;
Palustre, ancien directeur de la Société française d'Archéo- logie, à Tours, rampe de la Tranchée, 61 ;
Pâris-Jallobert (l'abbé), recteur de Balazé (Ille-et- Vilaine) ;
Pichon (l'abbé), chanoine titulaire du Mans ;
Planté, notaire à Ballots (Mayenne) ;
Ponthault (André), à Mayenne ;
Port, professeur au collège de Saint-Nazaire ;
Queruau-Lamerie, à Angers, rue des Arènes, 6bis ;
Raulin, avocat, à Mayenne ;
Ricouart, rue de l'Arsenal, 14, Arras ;
Salles, professeur agrégé au lycée de Caen, 8, rue de l'Odon, à Caen ;
Sauvage o I. P., ancien juge de paix du canton de Coup- train, à Paris-Neuilly, Boulevard Bineau, 53 ;
Sentilhes, ingénieur des ponts et chaussées, ancien membre titulaire, à Bordeaux ;
Sicotière (de la), sénateur, à Alençon ;
Simonet, conducteur faisant fonctions d'ingénieur des ponts et chaussées, à Château-Gontier ;
Sinoir (Emile), professeur agrégé au lycée de Laval ;
Thébaudière (Ambroise Gougeon de la), rue aux Foulons, Rennes, et le Bois-Jarry, par Vitré ;
Tirard, à Ernée ;
Tranchant, rue Barbet de Jouy, 28, Paris.
- il —
Trévédy, ancien président du tribunal civil de Quimper, vice-président de la Société archéologique du Finistère, à Saint-Brieuc ;
Triger (Robert), vice-président de la Société du Maine, au Mans.
LISTE DES MEMBRES DECEDES DEPUIS LA CRÉATION DE LA COMMISSION
Membres tieulaires, MM.
1882 CUILLER (l'abbé), chancelier de l'évêché de Laval;
1883 MARCHAL j^, ancien ingénieur en chef du départe-
ment, ancien maire de Laval ;
— LE FIZELIER, secrétaire-général de la Commission ; 1891 JOUBERT (André), à Angers.
Membres correspondants, MM.
1881 Legras ^, ingénieur en chef des travaux maritimes à
Lorient, ancien membre titulaire ; 1883 Prévost, O. :^, général du génie en retraite;
1886 Ravault, notaire, à Mayenne ;
— Savary, professeur d'histoire au lycée de Laval ;
1887 Duchemin q , archiviste de la Sarthe, ancien membre
titulaire ;
— Charles (l'abbé Robert), vice-président de la Société
du Maine, au Mans ;
— Bonneserre de Saint-Denis, à Angers ;
1888 Almire Bernard, à Saint-Pierre-sur-Orthe ;
— Chaplain-Duparc, à Paris ;
1889 De Courtilloles, château de Courtilloles, près d'A-
lençon ;
1890 Trouillard, avocat, à Mayenne ;
1891 De Montozon (S.), à Château-Gontier.
1892 Abbé Foucault, à Saint-Fraimbault-de-Lassay ;
— Dom Paul Piolin, à Solesmes.
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE
A LAVAL
jusqu'en 1789.
Ce serait une œuvre laborieuse et de longue haleine d'écrire Thistoire de l'imprimerie dans des villes pourvues d'universités ou de collèges florissants comme Angers, Rennes, le Mans, la Flèche. Là, en effet l'art de l'im- primeur dut s'exercer de bonne heure et multiplier ses productions; il n'en fut pas de même à Laval. Et quand même nous connaîtrions dans tous ses détails ce qui concerne l'imprimerie et les imprimeurs lavallois, nous ne ferions jamais du tout un ouvrage bien important. A peine voyons-nous d'une manière certaine les pres- ses fonctionner à Laval avant le milieu du XVIP siècle. Pourtant dans quelque condition qu'il y ait été exercé, cet art, autant que l'industrie qui a fait la fortune de notre pays, doit avoir sa place dans notre histoire lo- cale, et malgré la modestie de prétentions qui s'impose à un chroniqueur mayennais en cette matière où nous ne sommes pas riches, nous n'en n'aurons pas moins la confiance d'avoir écrit dans ces pages un chapitre d'his- toire générale sur un sujet goûté des curieux et qui mérite plus qu'une simple curiosité.
La reproduction en fac-similé des titres des principaux ouvrages imprimés à Laval, qui accompagnera les no- tices et la description des volumes, dira de suite aux
2
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yeux d'où en était chez nous l'art de l'imprimerie, au XVIP et au XVIIP siècle. Ce luxe décoratif ne saurait d'ailleurs être jugé inutile, si l'on fait attention que toutes les publications de ces anciens imprimeurs ne sont plus représentées que par un ou deux exemplaires disséminés, connus d'un petit nombre d'amateurs et en danger de disparaître totalement.
Dans ce travail où plusieurs nous ont aidé, la part de M. E. Queruau-Lamerie a été celle d'un collaborateur généreux. Nous devons beaucoup aussi aux recherches de M. J.-M. Richard dont nous ne pouvions mieux faire que de pubher le texte dans de longues citations * .
M. le chanoine Guiller avait donné sur la famille Ambroise^, dans hq^ Recherches sur Changé, des rensei- gnements précieux, que nous avons utilisés, ainsi que le chapitre de M. de la Beauluère sur le sujet qui nous occupe 3.
C'est sur la foi de ce dernier, dont l'affirmation est toujours une autorité sérieuse, que nous donnerons la pre- mière place dans la liste des imprimeurs lavallois à trois individus que nous ne connaissons pas autrement et dont aucune œuvre n'est venue jusqu'à nous. Probable- ment ils furent seulement libraires.
I
(( Guy Ma^rtin exerçait en notre ville l'état d'impri- meur libraire vers le milieu du XVP siècle. » Les deux suivants lui succédèrent.
II Jean Berthet. Nous croyons qu'il faut le confondre
1. Bulletin de la Commission historique et archéologique de la Mayenne, 2^ série, t. I, p. 265-268 et 335-339.
2. Recherches sur Changé-Us- Laval, tome II, p. 314-318.
3. Recherches sur les corporations d'arts et métiers, etc., p.
76-77. ^
- 15 -
avec Jean Berthet, libraire mais non imprimeur, qui était appelé, en 1687, comme époux de Sébastienne Ambroise, à la succession de Jean Ambroise et de Marie Péguineau.
III
HiEROME LeMONNIER.
IV
Le livret suivant, que nous plaçons ici à cause de sa date et sans rien préjuger sur son lieu d'origine, sou- lève une question et un petit problème pour l'histoire de l'imprimerie lavalloise.
Traité | très-utile | de la dévotion | a la vierge MARIE, I auquel sont adjoustez plusieurs \ miracles de la Vierge Marie. \ Avec une marque de prédestina- tion^ I et le moyen de la pratiquer., \ recueilly par un Père de la compagnie \ de Jésus. \
Vignette : le chiffre de J.-G. dans une couronne d'é- pines.
A Laval, | par George Griveau, | Imprimeur du Roy (et sur le 2^ titre) : A Laval, | par George Gri- veau, imprimeur \ et libraire^ près le collège des \ pères Jésuistes, 1619.
Très petit in-12, de cinq feuillets non chiffrés pour la dédicace à madame la marquise de Varenne et une exhortation de saint Bernard, 344 pages de texte et sept feuillets non chiffrés pour l'approbation des docteurs et la table des matières ^
Si l'on s'en rapporte au premier titre, on croira d'a- près la mention très nette : A Laval, par George Gri- veau., imprimeur du Roi, que notre chef-lieu possédait dès 1619 un imprimeur en fonction. Le second titre :
1. Cabinet de M. L, Garnier. — M. Seb. de la Bouillerie qui a fait une étude approfondie sur les imprimeurs fléchois, n'a jamais rencontré ce petit volume.
— 46 —
A Laval^ par George Griveau^ imprimeur et libraire^ près le collège des pères Jésuistes, 1619, fait naître des doutes, et nous porte à croire que cette indication est fausse et qu'au lieu de Laval il fallait lire La Flèche, d'autant plus que la dédicace est adressée à Madame la marquise de Varenne, qui alors était dame de la petite cité Angevine. Probablement G. Griveau avait à Laval un libraire correspondant pour lequel il imprimait des titres spéciaux.
Une aimable communication de M. S. de la Bouillerie nous apprend que George Griveau est bien un impri- meur fléchois et qu'il succéda à Jacques Rezé son beau- père, que les Jésuites avaient appelé de Paris où il exer- çait, pour diriger leur imprimerie. L'atelier resta dans la famille, quoique sous différents noms, dans la même ville, jusqu'en 1816.
Ces renseignements laissent toujours possible l'hypo- thèse d'une tentative d'établissement de George Gri- veau à Laval au commencement de l'année 1619, car c'est en cette année qu'il commença d'imprimer en son nom, et jamais, depuis, on ne retrouve sur ses titres ni la mention de Laval, ni l'indication près le collège des Pères Jésuistes.
La famille Cormier, qui donna à notre ville les deux premiers imprimeurs dont nous connaissions quelques productions, était originaire du Mans et assez bien ap- parentée, puisque nous voyons parmi ses membres des prêtres, un écuyer, des notaires.
Amrroise Cormier vint s'établir à Laval comme im- primeur un peu avant 1633. Il y était appelé par maître Robert Le Bret, son parent et probablement son oncle, qui desservait depuis dix ans la cure de Nuillé-sur-Vi-
- 17 ~
coin*. Aussi quand le jeune homme se maria avec Anne Masson, comme lui paroissienne de la Trinité, voulut-il que son union fût bénite à Nuillé par un parent qui le protégeait. La cérémonie eut lieu le 20 juin 1633^.
A cette époque, le centre du commerce était sur la place du Palais, la seule qui existât à Laval, dans le voisinage des halles. C'est là qu'Ambroise Cormier ou- vrit son atelier « dans des boutiques estans en appentis contre la maison du Petit-Montjean. » Cette maison du Petit-Montjean et la Chambre des Comptes qui y atte- nait, appartenaient à Guillaume Duparc, qui les avait acquises par licitation. Il en avait revendu une partie à Gilles Lelong, sieur de la Troussière, qui y faisait sa demeure et cédé les boutiques au nouvel imprimeur 3.
Ambroise Cormier se trouvait à l'étroit dans un ap- pentis sans profondeur, plaqué contre une haute maison ;
1. Un accord passé le 26 septembre 1634 devant M^s Marin Pingault et Pierre Lenieignan, notaires au Mans, au sujet de la succession de Catherine Cormier, veuve de Michel Launay, nous apprend que « Ambroys Cormier, marchand imprimeur demeu- rant à Laval, » avait pour cohéritiers : François Cormier, notaire à Courcemont ; — Madelon Rabynard. archer des tardes de sa Majesté, à Changé : — Jeanne Rabynard, veuve de Guillaume Housseau. notaire ; — Léonard Desmezerettes, notaire, époux de Radegonde Rabynard, demeurant au Mans ; — Michel Guybert, marchand, époux de Françoise Rabynard ; — Demoiselle Claude La Brette, veuve de Thibault Rabynard, écuyer, sieur de Vil- nays ; — enfin, Jean Cormier, marchand libraire, demeurant à la Flèche (Cabinet de M. l'abbé Esnault). — Pour préciser davan- tage le lien de parenté qui unissait Ambroise Cormier au curé de Nuillé et à Claude la Brette, sus nommée, j'ajouterai que c'est cette dernière qui agissait dans l'acte précédent au nom du nou- vel imprimeur, et que maître Robert Le Bret résidait, en 1650, à Changé-lès-Le Mans, chez Robert Rabynard, sieur de Vilnays (Insinuât, ecclés., XXVII, 130).
2. « Le vingtiesme de juin, an susdit (1633), M® Ambroise Cor- mier, imprimeur à Laval, et Anne Masson, aussi demeurant audit Laval, en présence de ses père et mère, ont espousé à Nuillé par moy curé dudit lieu, veu le certificat de la paroisse de la Trinité de Laval, signé Gigondeau, l'un des curés de la paroisse. » (Reg. par. de Nuillé-sur-Vicoin).
3. Collection personnelle.
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il étouffait sous un toit bas, sans air et sans lumière; il aurait voulu une habitation plus confortable que ces malheureuses boutiques où il ne pouvait pas même faire du feu. Aussi son projet était en 1644, « suivant la per- mission qu'il avoit de Monseigneur..., défaire hausser les bouticques en apentiz comme elles sont et porter le feste d'icelles jusques à demy pied proche et au-des- sous des grilles des fenestres de la maison dite la Cour des Comptes ; et faire bastir et construire un pavillon, ou autre chose pour sa commodité, sur le portai et prin- cipale entrée de la dite maison, pour raison de quoy il est obligé de payer rentes à la recepte de la châtellenie de Laval... »
Il aurait voulu également prolonger ses appentis au- delà des limites assignées aux premiers concession- naires.
Mais maître Guillaume Duparc, son vendeur, qui possédait à titre d'engagement la maison principale dite du Petit-Montjean ou de la Cour des Comptes, n'enten- dait pas souffrir ses empiétements et l'humble libraire- imprimeur fut obligé de plier devant ce personnage qui, pour le moment, comme greffier du siège ordinaire de Laval et acquéreur d'une bonne partie des terres du marquis de Villaines, mis en déconfiture, jouissait d'une puissante influence. Ambroise Cormier dut se contenter de l'exemption de la faible redevance qu'il payait an- nuellement au comte de Laval. Il ne se résigna pas tou- tefois sans résistance, car même après l'accord du 5 fé- vrier 1644, il reçut encore une assignation de M^ Guil- laume Duparc, de laquelle il semble résulter qu'il n'avait pas interrompu ses travaux d'agrandissement *.
Ambroise Cormier dut, comme imprimeur, se borner à de menus travaux comprenant les impressions admi-
1. Titres de la maison de M. Roger, pharmacien.
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nistratives, alors fort minces, les billets de logement pour les troupes de passage, les citations aux assises seigneuriales, quelques placards, etc. Ce sont là du moins les seules pièces qui semblent avoir été impri- mées à Laval de son temps. Nous ne pouvons lui attri- buer authentiquement que la plaquette suivante qui sorte un peu de ce genre ; encore ne la connaissons-nous que par une citation et non pour l'avoir rencontrée en original:
Prières ordonnées pour gagner le jubilé octroyé par N. S. P. le Pape Innocent X par Monseigneur VEvêque du Mans. Imprimé à Laval par Ambroise Cormier^ imprimeur du roy., 16^5 *.
VI
Dès l'année 1651, Ambroise Cormier avait pour suc- cesseur Robert Cormier, son fils suivant toute probabi- lité. Nous le supposons aussi filleul de Robert Le Bret, curé de Nuillé-sur-Vicoin. Celui-ci aura voulu donner son nom au fds de celui dont il avait béni le mariage.
Robert Cormier prit pour marque typographique un cormier^ avec cette légende : S or bus utilis inter arbo- res. .Nous avons de lui :
La Règle | et statuts des | religieuses de Sainte
1. Archives départementales, B 1051. Ordonnance du juge de police de Laval du 6 juillet 1745. Cette pièce est extrêmement im- portante pour l'histoire de l'imprimerie à Laval, puisqu'elle nous donne le titre de huit brochures imprimées à l'occasion des jubi- lés et que nous ne connaîtrions pas autrement. Ces publications de circonstance sont très rares à rencontrer. Je ne sache pas qu'aucun exemplaire sorti des presses lavalloises ait survécu. A leur défaut voici avec sa disposition typographique le titre de ce- lui qui fut imprimé au Mans, vers 1700. Prières | ordonnées | PAR monseigneur | l'evesque I DU MANS. | A faire aux églises où sont I les stations du Jubilé. | Au Mans, chez A. Ysamhart, im- primeur I de monseigneur l'Evéque, avec privilège du Roy. \ La date est enlevée mais la vignette aux armes de Monseigneur Louis de Lavergne de Montenard de Tressan indique que l'opus- cule fut imprimé pour l'un des jubilés de 1677, 1690 ou 1703.
— 20 —
I Glaire, avec la modification ou \ exposition \ des Papes Eugène \ quatrième et Léon dixième sur \ icelle^ pour l'usage des dames \ religieuses de Patience de Laval. A Laval, \ par Robert Cormier., imprimeur dijc roy et de Mgr le duc de la Trémoïlle \ M. D. C. Ll. Avec permission.
La vignette représente Sainte Claire portant l'osten- soir ; aux angles les mots sancta clara ora pro nobis. Le titre et toutes les pages sont encadrés de filets. Le volume contient 68 p. in-4"^ (Planche I).
RÈGLEMENT POUR LE FAICT DE LA JUSTICE ET EXPE- DITION DES ARRÊTS DE LA JURIDICTION ORDINAIRE DE
Laval, tant de ce qui estoit ci-devant observé que de ce qui a esté adj oust é par le règlement [Laval^ Robert Cormier., 1652], Brochure in-lS^.
C'est sans doute sur cette brochure que M. L. de la Beauluère aura vu la marque typographique de Robert Cormier : Un cormier avec ces mots : S or bus utilis inter arbores.
VII
Moins heureux dans nos recherches sur les Ambroise que nous ne l'avons été pour la famille Cormier, nous ne saurions dire avec certitude d'où ils sont originaires. Toutefois, comme Jean Ambroise, le premier du nom qui ait exercé son état à Laval, habitait au Mans, dans la paroisse du Grand-Saint-Pierre, quand il épousa Marie Péguineau, paroissienne de Saint-Benoit et d'une famille d'imprimeurs manceaux, on doit supposer que, s'il n'est pas né au Mans, il y faisait du moins l'apprentissage ou le premier exercice de son métier.
1. A la Bibliothèque municipale de Laval. — Ce volume est
f)assé plusieurs fois, à ma connaissance, dans les catalogues de ivres d'occasion, ou de bibliothèques particulières.
2. Cité par M. de la Beauluère : Recherches sur les Corpora- tions, p. 70.
21 —
PLANCHE
LA REGLE
ET STATVTS DES
RELIGIEVSES DE SAINCTE
Claire , avec la modification ou expofition des Papes Eugène quatrième ^ &C Léon dixième fur
icelle.
POUR LVSAGE DES DAMES
Rellgîtujks de Patience de Laval.
LA V A l;
EaMRO_B EJOL Ç_Q RM I E R Imprimeurjj : Roy, & Je M onfeigneur le Ducdc iaTrcmoilIe.
M. PC. I>L Aytc permiffion.
Réduction aux 3/5. ORIGINAL : dimensions 0,225 sur 0,172.
Son mariage eut lieu le 9 janvier 1639 ^, et son instal- lation à Laval ne doit pas être de beaucoup antérieure à l'année 1658, époque où il y était certainement établi. Nous le voyons prendre, en 1674, le titre d'imprimeur du Roi et de monseigneur le duc de la Trémoille, dans un acte par lequel il acquiert, en communauté avec sa femme, la closerie du Petit-Cocher de Changé. Il était mort en 1677 et sa veuve lui survécut dix ans.
Les enfants qu'ils laissaient et qui partagèrent leur succession en 1687 étaient :
Sébastienne Ambroise, femme de Jean Berthet, mar- chand-libraire ;
Jean Ambroise, marchand imprimeur ;
Ambroise Ambroise, chirurgien ;
Claude Ambroise, fdle majeure ;
Michel Ambroise, qui, lui aussi, exerça le métier pa- ternel, puis devint religieux de Saint François et qui ve- nait de faire profession chez les Capucins, lors du par- tage de 1687. Sa part échut à ses deux sœurs Sébas- tienne et Claude -.
Outre le Petit-Cocher, la closerie de la Gendrie ap- partenait dès lors aux cohéritiers.
Nous connaissons deux ouvrages assez volumineux et plusieurs petites brochures sortis des presses du pre- mier des Ambroise :
L'Interprète | de la nature | ou | la science phy- sique I tirée d'Aristote et de Saint \ Thomas et de l'Ex- périence I Divisée en huit livres^ \ par François sila- tan. I A Laval \ par Jean Ambroise, imprimeur du Roy^ et de \ Monseigneur le Duc de la Trémoille \ M. DC. LV. I avec privilège de Sa Majesté. (Planche II).
1. L'acte original très laconique extrait des registres parois- siaux de Saint-Benoit, dont nous devons la communication à M. l'abbé Esnault porte : « Le dixseptiesme janvier (1639) Jehaïi Ambroise, du Grand-Saint-Pierre, a espousé Marie Péguineau, de Saint-Benoist ; présents : Louis Péguineau et Pierre Bache- lot. »
2. L.-M.-F. Guiller, Recherches sur Changé, p. 314, 315.
I
23 ^
PLANCHE II.
L INTERPRETE
DE LA NATVRE>
O V
LA SCIENCE PHYSIQVE
Tirée d'Ariftote, &: de Saint Thomas, &C de TExperience.
DIVISEE EN HVIT LIVRES,
Par FK^NCOIS SILATAN.
A LAVAL,
Par Iean AwBRoisti, Imprimeur du Roy, 5: dô
Monfdgneur le Duc de laTrcinoille.
M. DC LV.
jiuec Prmle^e de Sa Majefté,
Réduction aux 3/8. ORIGINAL (rogné) Dimension 0,184 sur 0,141.
— 24 — In-4" de trois feuillets non paginés pour la dédicace
à HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE HUBERT DE
CHAMPAGNE etc, et V avts au lecteur^ 499 pages, une page d'errata^ quatre feuillets de table et une page pour les approbations des deux docteurs.
L'ouvrage est imprimé avec manchettes sur les mar- ges extérieures, des en-têtes, des lettrines, filets et cul- de-lampes ornementés.
Il faut remarquer au point de vue bibliographique que l'imprimeur a dû tirer le titre du livre avec la première feuille et le dater de 1655, mais que l'ouvrage n'a été achevé d'imprimer qu'en 1656. Car Tune des deux ap- probations de docteurs est du 5 juillet de cette année ^
Le sanctoral | oîi sont contenus les offices j pro- près de plusieurs festes particulières^ \ saints et sain- tes ; tant du diocèse du Mans \ que de l'ordre de Saint Benoist^ selon la for \ me du Bréviaire romain ; dis- posé à l'usage \ des religieuses bénédictines du mo- nastère I de Sainte- S cholastique de la Ville de Laval,
I et autres communautés de filles de mesme \ ordre et diocèse^ qui ont toujours conservé \ le dit bréviaire. \ Le tout pris et transcript du bréviaire bénédictin et de
I celuy du diocèse du Mans ou de divers autres offi- ces I divins permis et receus par U Eglise. A Laval^ \ par Jean Ambroise., imprimeur ordi \ naire du Roy et
de Monseigneur Le Duc \ de la Trémoïlle. M. DC. LX/F. 2 (Planche III).
Edit du ROY I Portant pouvoir aux Communautéz \ de rentrer dans leurs usages., avec \ deffences de sai- sir les bestiaux. \ Donné à S .-Germain-en-Laye au
1. Cabinet Garnier et collection personnelle.
2. Bibliothèque de Vitré, et cabinet de M. E. Queruau-Lame- rie.
— 25 -
PLANCLE III.
LE SANCTORAL
OV SONT CONTENVS LES OFFICES propres de plufieurs Fefles Particulières , Saints, & Saintes : Tant du Diocefe du Mans , que de l'Ordre de Saint Bcnoift , félon la For- me du Bréviaire Romain i Difpofe' à rVfagc des Rcligieufes Benedidincs du Monaftcre de Sainte Scholaftique de la Ville de Laval, U autres Communautez de Filles du mefme Ordre, &c Diocefe , qui ont toufiours confervc ledit Bréviaire.
Lt tout frïi O' tran[cript du Bréviaire *Bencdifîin , r^r de
celuy du Diocefe du Mans^ ou de divers autres Offces
Divim , Permis ^ receui par 1'B.gîiJe.
A LAVAL
Par lEAN AMBROI SE, Imprimeur ordi- naire du Roy, & deMonfeigneurLeDuc De La Tremoille.
M. DC LXIV.
Réduction aux 2/3. ORIGINAL : Dimensions 0,180 sur 0,134.
— 26 —
mois d'avril 1661 . \ Vérifié en Parlement le 20 dudit mois. I A Laval, par Jean Ambroise., imprimeur du Roy, et de Monseigneur \ Le duc de la Trémoïlle. M. DC. LXVIL
Vignette représentant le double écusson de France et de Navarre, avec la couronne royale, les deux colliers d'ordres, et soutenu par deux génies.
In-4°, 8 pages ^
Prières ordonnées par M. le grand vicaire de Mon- seigneur Vévesque du Mans pour gagner le Jubilé de Notre Saint Père le Pape Clément IX. Laval., Jean Ambroise, 1669^.
Prières ordonnées par Monseigneur VEvêque du Mans, pour dire aux églises où sont les stations du Jubilé. — Laval, Jean Ambroise., 1611 ^.
Pratiques | dévotes et | fort utiles a | l'honneur DE LA I très-sainte | VIERGE. | A V imitation de ses voyages aux Saints \ Lieux durant sa vie., et nommé- ment avant son bienheureux trépas. \ A Laval \ par Jean Ambroise, imprimeur du \ Roy et de Monsei- gneur le duc I de la Trémoïlle. 1611 .
Très petit in-8, de 96 pages avec en-têtes, culs de lampes et lettrines^.
Ce dernier opuscule est plus probablement une im- pression de Jean Ambroise, fils du précédent.
1. Collection personnelle.
2. Arch. dép., B 1051.
3. Arch. dép., B 1051.
4. Le seul exemplaire connu appartient à M. l'abbé Eudes, vi- caire à Saint- Vénerand de Laval..
i
— 27
VIIÏ
L'acte de partage de 1687 entre les enfants de Jean Ambroise et de Marie Péguineau nous apprend que deux d'entre eux, Jean et Michel, avaient pris l'état de leur père et que l'un des gendres, Jean Berthet, faisait le commerce de la librairie ; toutefois dès la mort du chef de famille, par acte du 22 février 1677, Jean Am- broise avait acheté le fonds d'imprimerie, et c'est lui qui continua l'industrie parternelle. 11 versa pour prix de cette acquisition une somme de 600 livres, et s'engagea à faire à sa mère une rente viagère de 100 livres. Son frère Michel ayant quitté le monde pour prendre l'habit religieux des Capucins, Jean, deuxième du nom, fut seul à représenter la famille dans la profession qui a fait à Laval la réputation attachée au nom des Ambroise.
Il avait épousé à Laval, vers 1671, Marie Fanouillais, d'une famille dont on rencontre souvent le nom dans les documents et les généalogies locales. Leur descendance fut nombreuse. Neuf enfants sont encore représentés dans un acte de 1722 concernant la succession de Marie Fanouillais, leur mère. Jean Ambroise vivait encore, mais il avait fait démission de ses biens en faveur de ses enfants dont plusieurs suivaient la carrière pater- nelle, tandis que d'autres avaient embrassé diverses vo- cations. C'étaient :
1** Joseph Ambroise. marchand, époux de Jeanne Pi- vron ;
2" Jacques Ambroise, marchand tanneur ;
3"" Daniel Ambroise, marchand poislier, époux de Anne Lerouge ;
4*^ Louis-François Ambroise, imprimeur;
5° Jean Ambroise, imprimeur ;
6" Julien Ambroise, imprimeur, était défunt, mais ré- présenté dans la succession par Françoise Roujou, sa veuve, qui agissait au nom de ses enfants, savoir :
— 28 —
Françoise Ambroise, épouse de Joseph Ghesnel, impri- meur ; — René Ambroise, clerc tonsuré ; — Marie ;
7** Louise- Angélique, était morte laisssant un fils de Olivier Cailler, marchand tissier, qu'elle avait épousé en 1717.
S'* Jeanne, qui épousa en 1727 Jean Gourcier ;
9** Anne Ambroise ^
Avant d'énumérer les ouvrages et les opuscules im- primés par Jean Ambroise, nous rapporterons avec quel- ques détails une anecdote qui touche à l'histoire de l'imprimerie et qui nous permettra de jeter un regard quelque peu indiscret dans la maison du maître impri- meur. Les incidents un peu vivants sont trop rares pour que nous nous privions de raconter celui-ci.
Au mois d'octobre 1690, le sieur Marc-Antoine Ro- ger, opérateur oculiste, demeurant à Paris, se trouvait en tournée à Laval et voulant faire imprimer « des re- ceptes de Torviétan qu'il vendoit, » il s'adressa à maître Ambroise. Il vit à cette occasion dans l'atelier une plan- che composée et quelques feuilles déjà tirées d'une bro- chure qui lui parut singulière. — C'est une drôlerie qui pourrait être vendue sur un théâtre, lui dit Ambroise avec l'intention évidente de proposer sa marchandise à son client quelque peu charlatan ; — Je ne m'occupe pas de ven- dre ces bagatelles, répondit le praticien avec dignité. Il prit toutefois pour lui un exemplaire de la première feuille du tirage, qui portait ce titre Sermon sur V excellence du vin. Il le lut et en fut scandalisé. Comme il avait
1. Ces données généalogiques sont déduites de deux actes re- latifs à la succession et aux dettes de Jean Ambroise, qui se trou- vent dans la liasse B 325 des archives départementales, et d'ex- traits des anciens registres paroissiaux. Je ne suis pas absolu- ment sûr que ces renseignements soient complets. Une alliance entre Julien Ambroise et Julienne Hardy que je ne sais à qui rat- tacher, a donné : René, tonsuré en 1751, et Louis-Joseph qui épousa en 1764 Julienne Buchet. de Saint-Germain-d'Anxure. (Isinuat. eccles. et cabinet de M. L. Garnier).
- âd -
dans sa clientèle le fils du juge de police, le vendeur dorviétan ne manqua pas de lui parler du libelle, d'au- tant qu'il se plaignait amèrement du curé de la Trinité qui prêchait contre lui à son prône, et qui ferait bien mieux, ajoutait-il, de surveiller et dénoncer ses parois- siens. L'opérateur porta encore ses doléances contre Pierre Bureau, curé de la Trinité, à un père Jacobin, qu'il consulta pour savoir si en conscience son état était damnable. — Vous pouvez vous y sauver, répond le directeur. — Que M. le curé porte donc son zèle con- tre l'auteur de cette impiété, dit Marc- Antoine Roger, en présentant au religieux la feuille qu'il s'est procurée, et qui, prétendait-il, avait déjà été répandue dans le pu- blic. Le Jacobin dut répondre que M. Bureau n'épar- gnait pas plus ses paroissiens que les étrangers, car c'était la vérité, et qu'il s'attirait même par l'âpreté de son zèle de nombreuses inimitiés.
Jean Ambroise eut un autre dénonciateur dans la per- sonne de maître René Ruffin, avocat à Laval. Celui-ci, dès le mois de septembre, s'étant rendu pour affaires chez l'imprimeur, y trouva nombreuse société : c'étaient messires Julien Martin et Urbain Leblanc, prêtres de la ville, et Joseph Lebreton, curé de Simple, puis mes- sieurs André Petit, procureur du grenier à sel de la Gravelle et Charles Quihéry, praticien. Tous semblaient les familiers de la maison car après avoir visité l'atelier et conversé assez longuement, ils s'attablèrent pour col- lationner sous prétexte que les ecclésiastiques ne pou- vaient, d'après les statuts diocésains, le faire à l'auberge. Dans l'intimité de cette réunion amicale, on se montra même une pétition plaisamment versifiée adressée à l'é- vêque du Mans contre cette interdiction gênante. La conversation roula ensuite sur l'opuscule qui se compo- sait à l'imprimerie. Maître RulTin fit ses remontrances à
- âO-
Jean Ambroise qui répondit que si le latin qui s'y trou- vait était répréhensible il n'en savait rien, ne le compre- nant point, que d'ailleurs cette drôlerie avait déjà été imprimée en d'autres villes et dernièrement à Paris, qu'enfin le manuscrit lui en avait été donné par les sieurs Lucé et Rachellé, commis de monsieur de Sinfray, direc- teur des gabelles.
L'affaire était trop ébruitée pour ne pas arriver aux oreilles de la justice qui dut en informer. On reconnut que le Sermon sur U excellence du vin^ comprenant deux petites feuilles d'impression, contenait plusieurs passages de la Sainte-Ecriture appliqués à la débauche, et que Fépigraphe Bonum vinum laetificat cor homi- num était dite, par profanation, tirée (Je la loi de Bacchus. Diverses sentences s'y rencontraient aussi contraires aux bonnes mœurs.
Jean Ambroise fut condamné à la confiscation et à la destruction du livret, à cent sols d'amende et autant en aumône aux hôpitaux, puis fut cité à comparaître devant le tribunal pour être admonesté. Il ne semble pas qu'il ait accepté de bien bonne grâce la réprimande, car le procès-verbal constate seulement qu'il répliqua : « Je répondrai après avoir consulté mon conseil^ »
Les publications connues du second des Ambroise, re- lativement nombreuses, se renferment dans une période qui commence à l'année 1684 et se termine en 1713. Les Observations sur la coutume de Bretagne^ décri- tes ci-après, feraient honneur à n'importe quel atelier de province. Les autres, dont suit l'énumération, n'ont rien de remarquable.
Prières pour implorer l'assistance de Dieu contre les Turcs, avec une brève instruction pour gagner le jubilé. — Laval., Jean Ambroise., 4684^.
1. Arch. dép., B 32.
2. Arch. dép., B 1051.
PLANCHE IV.
OBSERVATIONS
SOMMAIRES
s VR LA
COUTUME
DE BRETAGNE,
POUR FAIRE CONNOITRE LE SENS QU'ELLE avoic dam fon Origine, & ccluy que l'Ulàge luy a donné,
AVEC LA REDVCTION
DE LA MEME COVTVME,
feloû rordre des Matières , èc la
pratique ordinaire du Palais.
fat Me PIERRE ABEL , Avocat en Parlement.
^'mê
A LAVAL,
CliŒ TiAW A M B îl o I « t , Imprimeur div Roy , & de Monreigncui |USDu6I>Sl.ATA.tMOUILLE. M. DC LXXXIX.
Réduction aux 3/5. ORIGINAL : Dimensions 0.238 sur 0,178.
- 32 -
Règlement pour la manufacture des toiles de la ville et comté de Laval. — Laval, Jean Ambroise^ 168^. In-4«de 28 pages i.
Observations | sommaires | sur la | coutume | de BRETAGNE | pour faire connottre le sens quelle \ avoit dans son origine, et celui que l'usage luy a donné. I Avec la réduction \ de la même coutume., \ selon l'ordre des matières., et la \ pratique ordinaire du Palais. I Par M^ Pierre Abel^ avocat en Parlement. \ A Laval., \ chez Jean Ambroise. imprimeur du Roy., et de Monseigneur \ le duc de là Trémouille. M, DC. LXXXIX. I Avec privilège. \ (Planche TV).
In-4°, comprenant, outre le titre, 52 pages pour la pré- face, 338 pages pour le premier ouvrage : Observations sommaires, etc., nouveau titre et 214 pages pour la Réduction de la coutume., etc., plus 6 feuillets non pa- ginés pour la table méthodique et une page à' errata.
Un extrait de l'arrêt du Parlement de Bretagne du 30 décembre 1686, qui se trouve à la suite de la table, nous apprend qu'un nommé Garnier avait voulu troubler Jean Ambroise dans la possession de son privilège, et que défense lui avait été faite de l'imprimer ou vendre sous peine d'une amende de 3000 livres et de confisca- tion des exemplaires au profit du sieur Ambroise.
C'est à beaucoup près l'ouvrage le plus considérable sorti des presses lavalloises avant le XIX^ siècle. Il a d'ailleurs bonne apparence avec ses grandes marges, un beau papier, une disposition typographique bien conçue et d'une exécution irréprochable. Ce volume peut soute- nir la comparaison avec ce qui se faisait de mieux dans le même genre à la fin du XVIP siècle.
On sait que l'auteur caché sous le pseudonyme de M® Pierre Abel est René de la Bigottière, sieur de Per-
1. Cabinet de M. E. Queruau-Lamerie.
- 33 -
PLANCHE «V.
INSTITVTION
DE LA CONFRAIRIE DV S. SJCREMENT
DE L'AVTEL.
Eriges dans l*Eglifc Paroijftalc de U
Sainte Trinité de Laval , Rétablie
Joubs l'authoritê de Monjçigneptr
L'jUulhtJJtme ^ Révérend ijftme
I Loiiis de Lavergne Montenard de
Trejfan Evefque du Mans,
A LAVAL. pat jiAN Ambhoisb Imprimeur de Mon fcigucuc le Duc de la Trcjnoillc. i7otf.<
Réduction aux 3/4. ORIGINAL : Dimensions 0,139 sur 0,087.
— 34 -
chambault, né à Angers le 9 janvier 1640, conseiller au parlement de Bretagne, mort à Rennes en 1727 ^
Prières ordonnées par Monseigneur l'Evesque du Mans pour dire aux églises oii sont les stations du Jubilé. — Laval^' Jean Ambroise, 1690^'i
Libelle sur l'excellence du vin, avec cette épi- graphe ; Bonum viiium lœtificat cor hominis^.
Pratiques dévotes et fort utiles a l'honneur de LA TRÈs-SAiNTE VIERGE, ETC. G'c.st la scconde édition d'un opuscule déjà mentionné. Nous la croyons des der- nières années du XVIP siècle ; mais le seul exemplaire connu n'a pas de titre et est incomplet de plusieurs pa-
Petit in-8, plus grand toutefois que la première édi- tion. Il n'a que 71 pages et reproduit exactement le texte premier.
Ordre et instruction pour gagner le Jubilé de l'année sainte 1103^ dans la ville de Laval. — Laval., Jean Ambroise, 1703'^.
Institution | de la confrairie | du s. sacrement | de l'autel I érigée dans l'église paroissiale de la \ Sainte Trinité de Laval., rétablie \ soubs l'authorité de Monseigneur \ l'Illustrissime et Rêver endissinie \ Louis de Lavergne Montenard de \ Tressan Evesque du Mans. \ A Laval., \ par Jean Anibroise, impri- meur de Mon \ seigneur le Duc de la Trémoïlle., 1106. (Planche V).
1. Collection personnelle et bibliothèque de la ville d'Angers.
2. Arch. dép. B. 1051.
3. Arch. dép., B 32.
4. Gab. de M. L. Garnier.
5. Arch. dép. B 1051.
- 35 ~
Cachet au chiffre de N.-S. avec les mots Nomen Do- mini laudabile.
Au verso, autre cachet plus grand dans un cartouche. Petit in-12, 42 pages.
A la fin, attestation de L. Bureau, docteur de Sorbonne, chanoine de Chartres. — A Laval, 22 septembre 1706 ^
Relation de ce qui s'est passé de plus magnifique^ de plus pompeux, de plus auguste; pendant Voctave de la canonisation de Saint Pie F, Pape.... Par made- moiselle Denisot. I Laval., Jean Amhroise., 1713^.
Le volume suivant destiné aux membres d'une œuvre de charité lavalloise, fut imprimé à Paris alors que Jean Ambroise produisait des œuvres importantes. Cela n'a rien de très extraordinaire en soi, et nous verrons le fait se reproduire presque chaque année du temps de L.-F. Ambroise. Il faut remarquer toutefois que tous les exemplaires ont un titre imprimé sur une feuille rap- portée, ce qu'en librairie on nomme un carton. Serait-ce l'indice de la substitution d'un nom d'imprimeur à un autre, ou seulement d'une correction à introduire dans cette première feuille ?
Reglemens I de la I COMPAGNIE | DE CHARITÉ | éta- blie dans la ville de Laval \ contenant deux parties. I Uune qui regarde les Dames., \ et l'autre les Sœurs. I Avec l'ordonnance de Monsei \ gneur l'Evêque du Mans, et \ l'agrément de son Altesse Madame la du- chesse de la Trémoïlle. \ A Paris. \ Chez Clément Gasse., proche \ S. Estienne du Mont. \ Avec appro- bation et permission. — S. D. Le permis d'imprimer est du 30 mars 1684, signé : De la Raynie.
Petit in-8 de 121 pages chiffrées.
1. Cabinet de M. L. Garnier.
2. Cité dans V Histoire de Laval, p. 461, par M. Couanier de Launay qui en donne des extraits, ce livret avait été signalé à son apparition par BourjoUy, II, p. 188.
- 36 -
On en connaît cinq ou six exemplaires, tous d'une conservation intacte, ce qui semble indiquer qu'ils ne furent pas d'un usage prolongé.
IX
Jean Ambroise vivait encore en 1722, mais fort âgé et ayant cédé son imprimerie à ses enfants comme il leur avait fait démission de ses biens. Quoique nous voyions à cette époque trois de ses fils et un de ses gendres prendre la qualité d'imprimeurs, il n'eut comme succes- seur établi à Laval que Louis-François Ambroise, les autres n'ayant sans doute jamais exercé qu'à titre d'as- sociés.
Louis-François Ambroise avait épousé vers 1718 Per- rine-Gharlotte Chevillard, l'aîné (?) de ses enfants étant né le premier mars 1720. En 1758, il avait deux garçons et quatre filles. Sur ces six enfants, quatre seulement vivaient encore en 1770 à la mort de leur père :
1^ René-Louis Ambroise, qui, « abandonnant pour le sacerdoce la profession héréditaire de sa famille, devait lui donner par sa mort la plus sainte des illustrations ^ » : il mourut pour la foi, le 21 janvier 1794.
2© perrine-Gharlotte Ambroise, qui épousa Louis de la Broise, écuyer,
3** Victoire Ambroise de la Billonnière, non mariée.
4^ Charlotte-Madeleine Ambroise, qui épousa Guil- laume Hovius, imprimeur à La Flèche de 1727 à 1747. Devenue veuve, elle garda la direction de l'atelier jus- qu'en 1759, époque où l'imprimerie ne dut plus avoir à la Flèche qu'un seul titulaire 2.
Cette dernière sembla prendre à tâche de couvrir de
1. J.-M. Richard, Bulletin de la Commission, etc., 2® série, tome I, p. 266.
2. M. Seb. de la Bouillerie à qui je dois ces renseignements nomme l'imprimeur Fléchois Louis Hovius.
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honte la famille très-honorable à laquelle elle apparte- nait. Veuve et mère de deux enfants, elle était revenue s'établir à Laval près de la Trinité dans le voisinage de son père. Bientôt sa maison devint le rendez-vous « de la canaille des faubourgs, » dit énergiquement madame de la Jourdonnière dans sa correspondance avec son fils. Jour et nuit, elle recevait chez elle des femmes dé- bauchées et des gens « de la lie du peuple. » C'était un scandale public sur lequel le malheureux père ferma les yeux tant qu'il put. L'abbé Ambroise en était justement indigné et les voisins murmuraient contre cette fai- blesse paternelle.
Or, chose étrange ! quand Louis-François Ambroise voulut enfin, en l'année 1766, prendre des mesures sévè- res trop justifiées contre celle qui s'oubliait ainsi, quand il se fut décidé à faire appel à la justice, les magistrats montrèrent une partialité incroyable pour la fille, et trente témoins qui avaient d'abord déclamé hautement contre le scandale, s'étant rétractés sous la pression d'une indigne servante, le père fut débouté de sa plainte et condamné à des dépens envers la veuve Hovius.
Mais celle-ci ne tarda pas à donner raison plus scan- daleusement aux plaintes de sa famille. Précédemment elle avait voulu vendre ses meubles pour aller à An- gers avec deux misérables. Internée aux Bénédictines de Laval, elle en était sortie une heure après et avait passé la nuit dans un champ de blé. Cette fois, sous la menace d'une lettre de cachet, elle se sauva à Paris <( habillée en homme. » Elle y fut arrêtée pourtant, mais ce ne fut que le 26 octobre 1769 que fut signée la lettre de cachet « ordonnant que Charlotte-Madeleine Ambroise, veuve de Guillaume Hovius, serait détenue dans la communauté de la Trinité de la ville de Ren- nes ^ »
1. Communication de M. E. Queruau-Lamerie.
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Elle semble y avoir reconnu ses torts, car elle y vi- vait encore en 1783, et une lettre qu'elle écrit à sa fa- mille pour qu'elle veille à ses intérêts est empreinte de bons sentiments \
Nous ne savons ni dans quelle maison, ni dans quelle rue s'étaient établis et avaient travaillé les deux pre- miers Ambroise ; Louis-François acquit en 1731, pour une rente amortissable de 212 livres, une maison de la rue dès Curés, près de la porte Beucheresse, et il y ins- talla ses ateliers et sa famille. La maison avec ses dé- pendances avait façade sur la rue des Curés et était adossée aux murs de la ville qui la séparaient de la place nouvellement nivelée et plantée par le sieur Hardy de Lévaré dont elle a retenu le nom. Le nou- veau propriétaire obtint du duc de la Trémoïlle la permission d'abord d'éclairer sa cuisine par une fe- nêtre ouverte dans le mur de ville et donnant sur la place nouvelle, puis de percer dans le même mur, entre deux tours, une porte qui lui donnait accès direct sur la place, les fossés ayant été comblés 2.
Après ce coup d'œil jeté sur la vie et les affaires do- mestiques de Louis-François Ambroise, voyons ce qu'il fut comme imprimeur. « Il avait obtenu, par arrêt du Conseil du 31 décembre 1718, l'autorisation d'exercer cette profession, en produisant un certificat de Sébas- tien Durand, maître imprimeur à Rennes, qui déclarait l'avoir employé pendant sept mois et le trouver capable de gouverner une imprimerie, et le témoignage de son père attestant, lui aussi, qu'il le tenait comm"è expert en son art, l'ayant dès son bas-âge formé à la pratique du
1. Archives du château de la Motte-Serant, en Montflours. On y voit que la famille Ambroise possédait la métairie de la Petite- Ame.
2. J.-M. Richard, Bulletin de la Commission, etc., 2« série, tome L p. 337-338.
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métier, puis l'ayant envoyé s'exercer en diverses villes de Bretagne ^ » Gomme son père, il eut quelques démê- lés avec la justice, car son art n'était pas plus sans péril alors qu'il ne Test devenu de nos jours. La simple et inoffensive publication d'un recueil de prières à l'occa- sion du jubilé attira la foudre, une foudre bénigne, sur sa tête en 1745. Le malheureux avait, au mépris des pri- vilèges du chapitre de Saint-Thugal, donné un rang secondaire à cette église dans l'ordre de celles qui de- vaient servir de stations aux processions, et les chanoi- nes ne pouvaient manquer de réclamer leur droit de préséance. Ils le firent avec un grand luxe d'érudi- tion, qui, contre leur intention, a servi largement à faire connaître les œuvres des Ambroise, imprimeurs, par le soin qu'ils mirent à rappeler tous les opuscules anté- rieurs sortis des mêmes presses et qui établissaient le bien fondé de leurs prétentions. Pour rendre hommage à la vérité ou pour détourner les sévérités de la justice, Louis-François reconaut avoir agi par inadvertance, et promit d'être à l'avenir respectueux des privilèges de Saint-Thugal. Il en fut quitte pour cette amende hono- rable 2.
Nous voulons croire que l'imprimeur lavallois n'avait eu aucune mauvaise intention en dépossédant les chanoi- nes des honneurs accoutumés. Nous devons dire pour- tant qu'il était véhémentement soupçonné de jansé- nisme, et que ceux de cette secte avaient des préférences pour le chapitre de Saint-Michel, dont les titulaires étaient généralement entachés des mêmes erreurs. Des écrivains sérieux ont même prétendu que maître Am- broise prêtait clandestinement ses presses aux Nouvel- les ecclésiastiques, que rédigeaient les disciples de l'é- vêque d'Ypres ; on va jusqu'à désigner la maison de la rue
1. J.-M, Richard : Commission Historique etc, loco citato.
2. Arch. départ., B, 1051.
— 40 —
Renaise où cette imprimerie fonctionnait, déroutant tou- tes les recherches de la justice. La question ne sera sans doute jamais éclaircie quoiqu'elle mérite d'exercer la sagacité des chercheurs ^ Nous ne pouvons donner qu'un indice, c'est la quantité relativement considéra- ble de caractères qui fut trouvée après le décès du sieur Ambroise à son domicile, quantité tout à fait dis- proportionnée avec les besoins d'une imprimerie qui offi- ciellement n'a jamais produit que des bagatelles, et qui avait besoin du concours des presses de la Flèche, du Mans, d'Angers pour approvisionner sa librairie des ouvrages spéciaux au public lavallois.
La page suivante, que nous aimons à emprunter au travail consciencieux de M. Richard, nous dira d'où en était le commerce des livres à Laval au milieu du siè- cle dernier, et combien la boutique de Louis-François Ambroise était pauvrement approvisionnée :
« A vrai dire, si l'imprimerie d'Ambroise suffisait aux besoins des Lavallois, il n'en était pas de même de sa librairie, et l'on se plaignait de la difficulté de se pro- curer des livres. Pichot de la Graverie se fait l'écho de ces plaintes 2.
« En 1755, les habitants de Laval adressèrent à l'au- torité quelques réclamations ; ils ne trouvaient pas chez Ambroise les livres qu'ils désiraient acquérir, et, comme tout privilège crée des obligations, ils demandaient de le contraindre à se mieux approvisionner. Le 9 janvier
1. Sans répéter ce qui a été dit par MM. Bouillier et S. Coua- nier de Launay, je me bornerai à reproduire ici une note extraite d'un travail inédit du R. P. Le Lasseur sur les auteurs jansénis- tes : « Les Ambroise étaient imprimeurs à Laval depuis plus d'un siècle et en telle réputation de jansénisme que Louis-Fran- çois avait été soupçonne de prêter ses presses aux Nouvelles ec- clésiastiques. » Les Nouvelles ecclésiastiques commencent en fé- vrier 1728. Les années comprises entre cette date et celle de 1760 sont analysées dans deux volumes de table. La publication se continue jusqu'en juin 1791.
2. Gouanier de Launay, Hist. de Laval, p. 511.
- 41 —
1756, le juge ordinaire, M. Le Pannetier des Salles, ac- compagné du procureur fiscal, qui remplissait alors à Laval les fonctions de ministère public, et du greffier, se rend chez Ambroise « à l'effet de recevoir sa décla- ration sur le nombre et la qualité des livres qu'il a ou doit avoir pour le service public et l'usage des différents états, d'ecclésiastiques, personnes de robe et de médecine, pour l'usage des collèges et des écoles particulières. » Ambroise leur montre « dans un dressoir, un petit nom- bre de volumes, entre autres des Heures à l'usage du Mans, les Sermons de M. Fléchier, Discours de l'Aca- démie françoise. Sermons du P. Bourdaloue, l'Histoire ecclésiastique, Spectacle de la Nature, Pensées Chré- tiennes. » Le juge alors lui expose la plainte dont il est saisi : il ne peut, dit-on, fournir des livres « à tous ceux qui en ont besoin et souhaiteroient en achepter, à quoy ledit Ambroise a répondu qu'il n'en avoit jamais refusé à personne et que si on lui en demande quelqu'un, il le fait venir de Paris. »
« Quelques mois plus tard, les mêmes magistrats se transportaient à l'Hôtel du Chêne- Vert, pour examiner quatre malles de livres amenées par René Davoust, li- braire à Mayenne, en vue de la foire de Toussaint et les trouvant « tous orthodoxes et suivant les bonnes mœurs, » ils s'empressaient d'en autoriser la ventée »
En vue d'une réduction projetée dans le nombre des imprimeries du royaume, une enquête avait été ordon- née par l'intendant de la généralité résidant à Tours. Le sieur Dupont, subdélégué à Laval, se rendit au domicile d'Ambroise et fit l'inventaire de son matériel. Il trouva dans l'atelier deux presses et les caractèrs d'imprime- rie suivants : petit-texte, romain et italique ; — cicéro, romain et italique ; — du Saint-Augustin, romain et
1. B. 944. — M. J.-M. Richard, Commission Historique^ etc., loco citato.
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italique ; — du gros-romain avec son italique ; — gros- canon avec son italique; — gros-parangon. Tous ces caractères étaient neufs depuis cinq ans.
Quant à l'opinion du subdélégué sur l'oportunité de la suppression ou du maintien d'une imprimerie à Laval, elle était favorable, on le conçoit, à la conservation d'une industrie utile dans la ville qu'il habitait et il l'exprima en ces termes :
« Notre ville paraît assez considérable pour espérer être dans le nombre de celles à qui on conservera une imprimerie. Elle y est d'ailleurs nécessaire aux divers bureaux de régie, qui autrement seroient obligés de s'a- dresser aux villes voisines pour leurs registres.
(f Quoique le sieur Ambroise soit seul imprimeur, il n est pas riche, et s'il n'avoit quelque bien de patri- moine, son imprimerie ne suffiroit pas pour faire subsis- ter sa famille. Notre juge de police m'a dit être content de lui, et de la façon dont il exerce sa librairie.
« Laval, 17 février 1758. (Signé) Dupont*. »
Ce bon témoignage rendu à Louis Ambroise par les juges autorisés ne sauva pas en principe l'imprimerie qui de droit demeura supprimée à Laval ; en fait et par une faveur accordée au titulaire et à sa femme, ceux-ci pou- vaient continuer leur commerce et leur industrie, leur vie durant.
Toutefois l'imprimerie, qui n'avait jamais eu à Laval une vie bien active, fut plus que jamais languissante et frappée à mort par cette décision supérieure. Le titu- laire était déjà vieux, il n'avait plus d'espoir de remet- tre son fonds à un membre de sa famille puisque son fils unique était prêtre, ni même à un étranger à cause de l'arrêt de suppression ; il négligea donc un état dont il ne sentait plus le besoin et dont le profit était médiocre.
1, Arch. d'Indre-et-Loire, G. 344.
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On verra dans la nomenclature des ouvrages impri- més du temps de Louis-François Ambroise, que pres- que tous ceux qu'il mit en vente ne sortaient même pas de son atelier et avaient été composés par des impri- meurs de la Flèche, et que d'autres plus nombreux dont le public avait besoin et qu'il réclamait inutilement au paresseux atelier de la rue des Curés, étaient fournis par des imprimeurs d'Angers et du Mans. Un état ma- nuscrit « des livres classiques, impressions et relieure fourny à Monsieur [L.-F. Ambroise] de la Baderie » montre que ce n'était plus lui qui produisait les modes- tes travaux de son art : billets pour l'hôpital ou pour la fabrique de la Trinité, placards pour les tragédies du collège, qui continuaient encore de lui être demandés. Nous croyons que ce mémoire manuscrit fut rédigé vers 1768 par Gab. Andouard qui, autorisé ou non, impri- mait déjà, et c'est une preuve que nous donnons d'a- vance de la qualité que nous lui attribuerons plus tard.
Le 23 juillet 1770 sur le bruit du décès de M^ Louis- François Ambroise qui serait arrivé la veille, l'officier public se présenta à son domicile, rue des Curés, pour apposer les scellés, deux des héritiers étant absents et hors de la province. René-Louis Ambroise, prêtre, qui se trouvait à la maison avec sa sœur Françoise, répon- dit que son père était trop malade pour qu'on pénétrât dans sa chambre, mais qu'il n'était pas mort. Ainsi éconduit, le magistrat soupçonnant qu'on voulait lui ca- cher la mort de l'imprimeur pour soustraire des effets de la succession, revint un peu plus tard et de fait cons- tata le décès et procéda à l'apposition des scellés ^
Nous savons par la levée des mêmes scellés qui eut lieu à la requête de tous les intéressés le 7 août suivant, dans quel état se trouvait le matériel d'imprimerie. L'a-
1. Arch. départ., B 108.
_ 44 —
telier était installé dans une chambre au second étage et dans une galerie. On y trouva une vieille presse hors d'usage, et une autre en bon état. Plusieurs planches étaient encore composées, mais depuis quel temps ! La quantité de caractères de divers types qu'on découvrit entassés çà et là était si considérable que le l^"" octobre, quand on voulut les recueillir pour les déposer au greffe, on en remplit vingt-cinq sacs de toile*.
Ce fut la sépulture d'une industrie que trois généra- tions d'une même famille avaient exercée à Laval pen- dant plus d'un siècle.
Voici la liste des maigres publications du dernier des Ambroise que nous avons pu rencontrer.
RÈGLEMENT | pour \ Us avocuts I du siège ordinaire I du I Comté Pairie de Laval.
In-4**, comprenant une feuille de garde ornée d'un grand écusson aux armes de la Trémoïlle, 14 pages de texte et une feuille pour la Liste des avocats dudit siège ordinaire du Comté^Pairie de Laval, suivant l'ordre de leur réception. — i724. Sans indication de lieu, mais facile à reconnaître comme une production locale ~.
Instruction pour gagner le jubilé accordé par N. S. P. le Pape Benoist XIII., avec les prières pour les stations. — i724.
Instruction /?(9«r ^rto'/ie/' le jubilé de l'année 1121., accordé par N. S. P. le Pape Benoist XIII., et les priè- res pour chaque station. — 1121 .
Règlement pour le commerce des toiles donné par le Roy. — In-4*^ de 28 pages, 1730.
1. Ibid., B 946.
2. Collection personnelle.
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Lettres patentes d* établissement de UHôpital Gé- néral de la Charité de la ville de Laval. — 1131.
Discours pour l'ouverture des audiences du siège ordinaire de Laval., de 1151, sur la naissance de M^^ le duc de Bourgogne (par M. Pichot de la Graverie). — In-4° de 8 pages,
1730-1770. Programmes des représentations et des exercices publics des élèves du collège de Laval^,
Pratiques | dévotes | et fort utiles | a l'honneur de la très-sainte vierge. I A l'imitation de ses voya- ges aux Saints \ Lieux durant sa vie, et nommémens I avant son bien-heureux trépas. \ A Laval., \ chez L.-F. Ambroise., imprimeur du Boy. \ M. D. CC. LVIL
Vignette double extrêmement grossière représentant Notre-Seigneur et la Sainte- Vierge (Planche VI).
C'est la troisième édition de l'opuscule imprimé en 1677 pour la première fois. On n'en connaît jusqu'à présent que les deux premières feuilles formant seize petites pa- ges pliées comme nos in-4^, mais n'ayant pas même le format d'un in-12. Cette réimpression ajoute aux éditions précédentes un cantique à chaque station et apporte aussi quelques modifications de détails. Elle est très incor- recte 2.
Nous donnons maintenant l'en-tête de cinq placards publiés et signés par Louis-François Ambroise.
Ordonnance de police (portant « défenses à tous chartiers de venir avec leurs charrettes aux jours de foires et samedy de chaque semaine... si ce n'est pour amener des grains aux marchez, n) — Laval., 6 juillet 11^9. (Signé) Le Pannetier et C. Frin. — 30x23.
1. Les six derniers articles nous sont connus par une gracieuse communication de M. E. Queruau-Lamerie.
2. Collection personnelle.
Ordonnance | de police | donnée à Laval le 3 juil- let 1751. I (Elle prescrit l'emploi du boisseau contenant 22 pintes et chopines de graine de lin, mesure de Paris, marqué trois fois sur les bords du mot Laval^ et trois fois de chaque côté d'un léopard, etc.) Placard in-f. 46X351.
Ordonnance | de police | concernant les foires de la ville et I COMTÉ-PAIRIE DE LAVAL | Donnée à Laval., le 15 février 1152.
A Laval., chez Louis-François Ambroise, imprimeur du Roy.
2 feuilles in-f**, ensemble : 63x43.
De par le roy | ordonnance | pour les exempts, |
A monseigneur I MONSEIGNEUR l'iNTENDANT DE LA GÉ- NÉRALITÉ I DE TOURS. I (Pour prévenir l'abus de ceux qui profitaient de la présence dans leur maison d'un exempt pour se soustraire au tarif).
Fait à Angers, 17 octobre 1753.
A LAVAL, chez Louis-FRANÇOis AMBROISE, imprimeur dnroy. In-f« 47x35.
De par le roy. | a monseigneur ' monseigneur
l' INTENDANT DE LA C N.iilALITÉ | DE TOURS. | (Au SUJct
'i; 'o'.enifMi (les . <'. guerre et du recensement des
• ' (H. ri*' >■ il ' t faubourg).
OIS AMBROiSE, imprimeur da ruy. Deux leu^ii^s iii-i , ensemble : 78x48.
Les publications pui suivent ont été faites pour sup-
1. Les deux premiers articles n'ont pas d'indication d'origine, mais comme ils portent en tête le double écusson — grossier et incorrect — aux armes de la TrémoïUe, qu'on retrouve sur les trois derniers placards, il n'y a pas lieu de douter de leur prove- nance.
47 —
PLANCHE VI.
PRATIQUES
DÉVOTES
ET FORT UTILES
A L'HONNEUR DE LA
TRÉS-SAINTE VIERGE.
A limitation de fes Voyages aux Saint:
lieux durant fa vie , ^ nommémem
dvant fin bien-heureux trépas.
A LAVAL.
ChezL. F. Ambroise, Impùmcux du Roy* M. D. ce. LVII.
Réductions aux 3/4 ORIGINAL ; Dimensions 0,163 sur 0,102.
- 48 -
pléer à l'insuffisance des ateliers de M. L.-F. Ambroise et pour satisfaire aux demandes des habitants.
Cantiques | spirituels. | Ou Recueil imcomparable des plus I heaux^ des plus instructifs et des \ plus ré- créatifs Cantiques pour cha \ que dimanche de l'an- née^ et prin \ cipaux mystères de notre religion \ en faveur des âmes véritablement \ pieuses et qui aiment à chariter les \ louanges du Seigneur et de ses \ Saints^ pour leur servir de recréation et d'heureux passe- temps sur I des airs faciles et communs^ à \ l'usage des Missions et retraites. A La Plèche \ De l'impri- merie de Louis de \ la Fosse ^ Imprimeur du roy. \ Et se vend chez M. Ambroise^ imprimeur à Laval. \ M. DCC. XLIIL
Petit in-8, contenant : quatre feuillets non chiffrés, d'avis aux enfants, 441 pages de texte, six feuillets non chiffrés de table et deux feuillets d'errata *.
Statuts | de la confrérie | des prêtres | érigée | EN l'église COLLEGIALE | DE s.-TUGAL DE LAVAL. | Con- firmée par Notre Saint Père le Pape Grégoire XIII \ l'an de grâce 1580. \ Avec l'office des morts, \ à l'usage des confrères de ladite confrérie. \ A Angers^ \ Chez Louis- Charles Barrière^ imprimeur \ libraire^ rue S.-Laud, à la Science \ M. DCC. XLVIII. \ Avec approbation.
Petit in-4** de trois feuillets non chiffrés pour le titre et l'avertissement de cette nouvelle édition ; et 84 pages de texte.
Nous savons par l'avertissement de cette édition qu'elle avait été précédée de deux autres entièrement épuisées mais dont on ne nous fait connaître ni le lieu, ni la date 2.
1. Collection personnelle.
2. Cabinet de M. Louis Garnier.
- 49 - Exercice de piété | a l'usage des pensionnaires
DU monastère I DES | RELIGIEUSES | BÉNÉDICTINES | DE
LAVAL I Contenant les prières du matin et du \ soir, méthode pour entendre la sainte \ messe, examen de concience, prié \ res pour la confession et commu \ nion, etc. A Paris \ chez les imprimeurs associés. \ M.DCC. LXIVK
Instructions | pour les | confrères | et sœurs |
DE LA CONFRÉRIE DU TRÈS-SAINT-SACREMENT. Erigée en
l'Eglise paroissiale de \ Saint-Vénérand.^ de la ville de I Laval., Diocèse du Mans, le 5 \ juillet 1605. Par M. Marie de Renaize., P^^. — Non confunditur Fratres eos vocare. \ Heb. 2., v. II. \ Le Fils de Dieu na pas honte I de les appeler ses Frères. \ A La Flèche, \ aux dépens de la Confrérie. \ M. DCC. LXX. Petit in- 12 de 102 pages 2.
Statuts | de la confrérie | des prêtres, | érigée \ en l'église collégiale \ de S. Tugal de Laval., \ confir^ mée par Notre Saint Père le Pape \ Grégoire XIII, l'an de grâce 1580. \ Avec l'office des Morts. \ A l'u- sage des confrères de la dite confrérie. \ Première édition latine et françoise. \ Au Mans., chez Charles Monnoyer., Impri \ meur du roi, de Monsieur et de \ Monseigneur l'Evêque. \ M. DCC. LXXXI. \ Avec ap- probation. In-12 de quatre feuillets non chiffrés mais qui comptent cependant pour huit pages dans la pagi- nation totale, soit 167 pages.
Dans cette quatrième édition l'Avertissement a subi diverses modifications. On y annonce la traduction en français de l'office des morts, l'insertion d'une nouvelle délibération de l'assemblée des confrères (27 juillet
1. Cabinet de M. L. Garnier.
2. Ibid.
— 50 —
1780), et l'admission dans la confrérie de Monseigneur François-Gaspard-Jouffroy de Gonssans*.
Recueil | d'instructions | et | prières, | a l'usage DE LA confrérie | DU S. SACREMENT, | érigée dans l'é- glise paroissiale \ de la Très-Sainte Trinité de \ La- val. I Au Mans, \ chez Charles Monnayer^ \ rue du Grand Pont-Neuf . \ M.DCC.LXXXVII, avec permission et approbation. Petit in- 12 de 202 pages de texte et ii pour la table 2.
X
Nous avons dit précédemment que Joseph Chesnel, époux de Françoise Ambroise, était qualifié du titre d'imprimeur dans l'acte de partage de la succession de Jean Ambroise et de Marie Péguineau, père et mère de sa femme. Sans que nous connaissions aucune œuvre sortie de son atelier, nous devons pourtant le considé- rer non comme un simple ouvrier de son beau-frère, mais comme imprimeur en titre, puisqu'il fit toutes les démarches voulues pour être autorisé à s'établir à Laval en son nom. Les formalités qu'il eut à remplir pour ob- tenir cette autorisation nous apprendront les règles que l'on suivait en pareil cas.
Joseph-Pierre Chesnel avait dû d'abord solliciter de Monseigneur le duc de la Trémoïlle, comte de Laval, la permission de s'établir dans cette ville et d'y exercer sa profession pour le service du public. Muni des lettres favorables du suzerain, en date du 9 juillet 1723, le péti- tionnaire se présenta à M. Lelong, juge ordinaire du comté et maire perpétuel du comté-pairie de Laval, avec une supplique appuyée des pièces qui établissaient son aptitude à la profession d'imprimeur. Les certificats
1. Collection personnelle, assez commun.
2. Collection personnelle.
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d'études, d'apprentissage et de capacité qu'il produisait lui avaient été donnés par deux libraires-imprimeurs de Rennes. Le juge-maire adressa le pétitionnaire à M. Le- clerc des Gaudèches, procureur-lîscal, qui prescrivit une enquête sur les vie et mœurs du suppliant.
Tout cela avait lieu le 8 mars 1724. Le môme jour en- core, l'huissier chargé des assignations rencontrait sur la place publique MM. Joseph Chéruau, prêtre, Joseph Démaillé, maître chirurgien, et Hierôme Gallais, sieur du Ronceray, soit qu'ils s'y trouvassent par hasard, soit plutôt que, convoqués par Joseph Chesnel, ils at- tendissent l'appel de Tofficier public pour comparaître et déposer devant le juge ordinaire.
Ils le firent dans les termes identiques d'un formu- laire, d'après lequel tous connaissaient le suppliant comme « fort honnête homme, de la religion catholique, apostolique et romaine, de bonnes vie et mœurs et ca- pable d'exercer l'art et profession d'imprimeur ^ »
Quand nous connaîtrons un livre ou une brochure imprimé par Joseph-Pierre Chesnel, il ne manquera plus rien pour établir qu'il fut en droit et en fait impri- meur à Laval.
Avant de quitter la famille Ambroise, nous rappelle- rons encore les noms de ceux qui, sans avoir été les ti- tulaires de l'atelier, exercèrent néanmoins à titre d'as- sociés la profession paternelle et qui prennent dans des actes officiels la qualité d'imprimeurs. Ce sont :
Michel Ambroise, fils de Jean Ambroise et de Marie Péguineau, qui suivit la carrière héréditaire avant de se rendre capucin en 1687.
Jean Ambroise, mort jeune sans doute, et sans al- liance, car il n'est cité que dans le seul acte de 1722 qui le qualifie d'imprimeur.
Julien Ambroise exerça la même profession, mais il
\, Arch. départ. y B 859.
— S2 —
était mort en 1722, laissant Françoise Roujou, sa veuve, tutrice de leurs enfants. Ces deux derniers étaient frè- res de Louis-François Ambroise.
Plusieurs membres de la famille tinrent la librairie sans avoir jamais été directeurs d'une imprimerie. Un atelier de reliure était d'ailleurs toujours annexé à l'im- primerie et c'est pour des travaux de ce métier que les Ambroise figurent le plus souvent dans les comptes de fabrique d'un grand nombre de paroisses.
En 1760, 1763, 1770, mademoiselle Ambroise tient la librairie pendant que son père garde toujours le titre sinon la fonction d'imprimeur. Nous trouvons même un sieur Gervais Ambroise qui fait, comme libraire, quel- ques fournitures à la fabrique d'Avesnières en 1787, et qui n'est signalé nulle part ailleurs à notre connaissance.
En 1722, 1723, une des filles de Jean Ambroise et de Marie Ghevillard fabriquait et vendait des ornements d'église.
XI
D'après les renseignements que l'on possédait jus- qu'à ce jour sur Gabriel Andouard, on ne devrait lui attribuer d'autre qualité que celle de libraire, qui lui est reconnue dans son acte d'installation à Laval, et celle de graveur, puisqu'il a signé plusieurs vues de l'ancien Laval, aujourd'hui rares et précieuses. Nous avons toutefois la preuve qu'il fut imprimeur, non seu- lement parce que son apprentissage chez d'Expilly l'in- diquait déjà, mais parce que nous possédons des témoins de l'exercice de son art à Laval. Nous lui donnerons donc une place dans la liste des imprimeurs lavallois.
Gabriel Andouard, né dans la paroisse d'Avesnières, y fut ondoyé le 12 juillet 1732. Il travailla pendant huit ans à Paris dans la librairie, en particulier chez Jacques d'Expilly, et songea ensuite à venir s'établir au pays
— 53 —
natal. Muni d'un certificat de Monsieur Lebel, recteur de l'Université de Paris, attestant à la date du 15 jan- vier 1765, qu'il savait lire le latin et le grec, et qu'il était capable d'exercer Tétat de libraire, d'un autre cer- tificat des sieurs Garreau, Leprince et Delarue, syndics des imprimeurs de la ville de Paris, témoignant qu'il avait toujours travaillé à la librairie « et qu'il s'y étoit comporté en honneur, » il se présenta au juge de Laval, Joseph de Launay, qui ne manqua pas de donner un avis favorable à son admission. Car « il est intéressant, dit-il, pour le bien public, qu'il y ait un libraire reçu pour cette ville, qu'il tienne boutique et magasin de li- vres, et soit en état d'en fournir aux habitants de cette ville de tous les différents états, le seul imprimeur-li- braire qui soit à Laval étant très avancé en âge et hors d'état de rendre aucuns services au public, n'ayant au- cuns enfants ni gendres qui puissent exercer cette profession, le seul fils qu'il ait étant prêtre, et d'ailleurs ne tenant aucune boutique ni magasin de livres pour le service du public, ce qui est constaté par un procès- verbal fait chez lui par notre prédécesseur ^ »
Gabriel Andouard put donc s'établir à Laval avec le titre de libraire seulement, mais en réalité exerçant dans une certaine limite la profession d'imprimeur. Nous ne pouvons attribuer à un autre qu'à lui une note déjà citée, <( des livres classiques, impressions et reliure fournys à monsieur [L.-F. Ambroise] de la Badrie, » où nous voyons figurer : 400 billets pour l'hôpital, 400 billets pour la fabrique de la Trinité, papier et impression ; 40 placards pour la Tragédie.
Enfin si cette facture non signée reste d'une prove- nance un peu douteuse, le manuel dont nous donnons ici le titre est une preuve péremptoire de la qualité que nous attribuons au sieur Andouard.
1. Arch. déparu, B 912.
— 54 —
Pratiques | de piété, | et instructions familières, I pour les pensionnaires et écolières \ des Religieuses Ursulines de la congrégation de Bordeaux. \ Aug- mentées des vêpres et complies \ du dimanche^ avec toute l'office de la Vierge en françois. \ A Laval, \ chez Andouard, libraire. \ Avec Permission \ M.DCC. LXXXIX. I Petit iii-12, de 360 pages i (Planche VII).
L'imprimerie ayant été supprimée en droit à Laval, on comprend que le nouveau titulaire n'ait exercé cette profession qu'avec discrétion et sans attirer l'attention des hauts fonctionnaires sur son industie.
Vers l'année 1769, alors que L.-F. Ambroise vivait encore et que déjà Gab. Andouard s'était fixé à Laval, M. l'Intendant de la Généralité dit dans un projet de rapport à l'administration supérieure que « deux librai- res paraissent nécessaires à Laval. Cette ville est fort peuplée d'assez riches négociants. Et comme elle est éloignée de quatorze lieues d'Angers et de pareille dis- tance de la Flèche, où il y a des libraires établis, ces deux libraires peuvent faire un commerce étendu, et fournir des livres aux villes de Mayenne qt Château- Gontier qui n'en sont éloignées que de six lieues et où il paroît que les libraires ne peuvent subsister 2. »
Gabriel Andouard figure souvent dans les livres de comptes du receveur des petites écoles de Laval pour fournitures de livres, comme catéchismes, livres d'heu- res, etc., de 1771 à 1782 3.
Malgré ces preuves qui nous permettent de donner à Gabriel Andouard sa place dans la liste des imprimeurs lavallois, son nom restera surtout connu parmi nous pour les cinq vues du vieux Laval, précieux témoins de
1. Collection personnelle.
2. Ârch. d'Indre-et-Loire y G 347.
3. Arch. du Bureau de bienfaisance de Laval.
— 5S —
PLANCHE VII.
PRATIQUES
DE PIÉTÉ. ET INSTRUCTIONS
FAMILIERES,
Pour les Ptnfionnairei fi* Ecolitres dts Ref'tgifufes VrfuUnes de ta Congrégation de Bordeaux*
jiufffruiuits des Vêpres & Complus dit, Dimanche t avec toute CO^ice de /•% i^ierge en français.
A L A FA I ,
Chez ANDOUARDi Libraire.
Réduction aux 3/4. ORIGINAL : Dimensions, 0,124 sur 0,C
l'état de la ville à cette époque. Il était établi sur le Vieux-Pont. Nous savons, par le témoignage d'un con- temporain, que Gabriel Andouard vivait encore vers 1815 dans sa maison sur le Vieux-Pont, et qu'il y faisait toujours le commerce d'estampes. Sans doute il ajoutait à cette branche d'un commerce peu étendu la vente de la papeterie et des livres les plus usuels.
Nous avons trouvé aussi mention d'une demoiselle Andouard, qui, dans les années qui ont précédé la Ré- volution, tenait un magasin de librairie. Peut-être était- elle la sœur et l'associée de Gabriel. Andouard ^
A. Angot. 1. Ibid.
l
RECHERCHES
SUR DIVERS TITULAIRES
DE MAGISTRATURES, CHARGES ET OFFICES'
DE LA VILLE ET DU COMTÉ DE LAVAL (Suite)
LISTE
DES JUGES CIVILS, CRIMINELS, GÉNÉRAUX, DE POLICE, LIEUTE- NANTS GÉNÉRAUX ET PARTICULIERS, JUGES DES EXEMPTS, LIEUTENANTS DES EXEMPTS.
(Par ordre alphabétique). (Fin).
PIERRE-RENE ENJUBAULT DE LA ROCHE
Fils de Pierre Enjubault, conseiller du roi, avocat au pré- sidial de Ghâteau-Gontier et de Madeleine Berthelot.
Il épousa Catherine Enjubault, fut nommé député aux Etats généraux de 1789 et condamné à mort par le tribunal révolutionnaire le 2 février 1794.
Armes : d'azur à une tête d'ange d'argent *.
1. Mém. généa., T. VII.
— 58 —
GILLES DE FARCY, ÉCUYER
Juge ordinaire, civil et criminel, enquesteur au siège de Laval
1600.
Né en 1602, fils de Annibal de Farcy, seigneur de Saint- Laurent et de Guyonne de Launay.
Il résigna volontairement sa charge en 1672 en faveur de François de Farcy de la Daguerie.
« MM. Gilles et François de Farcy s' de la Daguerie ont « occupé de suite la même place pendant plus de vingt an- « nées.
« La nature les avait partagés de ses plus beaux talents, a une sublimité de génie, une vive pénétration, une surpre- « nante facilité à s'expliquer et prononcer les oracles de la « justice, une éloquence insinuante et polie, les ont distin- « gués et rendus recommandables.
« Les règlements du 7 janvier 1662, du 16 novembre 1675 a et l'arrêt du parlement de la même année contre les offî- « ciers du siège des exempts ont été les dignes fruits de leur « fermeté et de leur attention pour la conservation de l'hon- * neur du siège ordinaire ^ »
FRANÇOIS FARCY, ÉCUYER, S' DE LA DAGUERIE
maire de Laval 1672.
Fils de René Farcy écuyer, s. de la Daguerie et de dame Marie de Gennes ; il épousa le 24 janvier 1673 d"® Marie du Breil, fille de Jean du Breil et de dame Anne Guyllot '.
Il fut reçu en l'office de juge ordinaire civil et criminel, sénéchal ordinaire, premier maître auditeur en la chambre des comptes à la place de son oncle qui se démit de ces charges en sa faveur. En 1672 le juge et le procureur des exempts le firent assigner devant la Cour pour lui interdire
1. Pichot de la Graverie.
2. Mém. généalog.
— so- dé prendre la qualité de juge ; mais un arrêt du parlement lui donna gain de cause *.
« M"" François Farcy de la Daguerie, juge ordinaire géné- « rai civil et criminel du comté-pairie de Laval fit le 16 no- c vembre 1675 le : Règlement des droits et salaii-es des ser- « gents du Comté Pairie et les charges auxquelles ils sont « tenus dans leurs fonctions a{>ec le catalogue de leurs « noms et résidences, (sans nom d'imprimeur).
Il est signé : F. Farcy, juge ; — André Guillot de la Celle- rie lieutenant particulier civil et criminel, enquesteur du comté-pairie; — R. le Moyne; — Martin; — Gaultier, gref- fier*.
Un autre règlement du 8 novembre 1674 imprimé à Laval chez Ambroise, est intitulé :
Règlement des droits, vacations et salaires du greffier du siège ordinaire du Comté-Pairie de LavaP.
« Du 17 août 1675. — Sur la requête des avocats du siège « ordinaire. M*" de Farcy de la Daguerie, juge, donne un ({ tableau qui règle conformément à l'ordonnance de 1667 la « taxe des dépends et règle les droits des avocats et leurs « honoraires, non compris les droits du greffe et salaire des « huissiers (sans nom d'imprimeur).
Signé : François Farcy, Sévin. *A. Guillot, Martin, R. le Moyne.
Dans une lettre d'un habitant de Laval datée du mois de juin 1682 adressée à Monseigneur Le Pelletier, intendant, rue de la Perle, à Paris, nous relevons le passage suivant :
« Au reste les murailles et les fossés de Laval sont affer- me mes à des particuliers assez cher pour subvenir aux pen- ce sions, que le roy pourroit donner à un gouverneur ; outre • qu'un particulier nommé Farcy ci-devant juge et maire de a Laval a rompu les murailles d'un boulevard et y a bâti
1. Recherches historiques, 15.
2. Ibid.
3. Ibid.
4. Recherches hist.^ 15.
- 60 -
« pour 30,000 liv. de bâtiments, appuyé de- M. l'intendant a qui est son protecteur *. » Armes : Fretté d*or et d*azur^ au chef de gueules,
PIERRE LE FEBVRE DE LAUBINIÈRE
lieutenant général civil et criminel 1626
Fils de Pierre le Febvre et de N.... ; il épousa Marie Ma- rest.
CLAUDE FOUCAULT DE LA MONTAGNE
conseiller du roi, lieutenant général, civil et criminel 1678
Fils de Claude Foucault, s. de la Montagne et de dame Marguerite de Launay : il épousa Jacquine Chariot de Beau- regard, eut six enfants dont le dernier fut Jacques qui suit* :
JACQUES-JEAN FOUCAULT DE VAUGUYON
conseiller, lieutenant au siège des traites 1715
Fils du précédent. Il épousa Renée de la Porte.
La Famille Foucault, ancienne à Laval a formé les bran- ches de Laubinière, des Bigottières, de Vauguyon ; elle fut anoblie au XVIIP siècle.
Armes : d'azur à la bande d'or^ accostée de six besans d'argent '.
LÉON FOUREAU
Juge général et criminel, maire de Laval. 1759.
Fils de noble Léon Foureau et de Françoise Guays : il na-
1. Recherches hist. — On veut parler ici de l'hôtel de Pont- farcy situé autrefois à l'angle opposé au passage qui conduisait à la rue du Jeu-de-Paume.
2. Mém. généal., mns.
3. Ibid.
- 61 -
quit en 1722, épousa en 1750 sa cousine Françoise Guays, et mourut en 1769 K
M. Foureau avait d'abord rempli la charge de juge des exempts :
« Le 14 avril 1747 M. L. Foureau a été reçu et installé « dans l'office de juge des exempts par appel et pour les cas « royaux. Il y a été présenté par M. Jean-Baptiste Hardy « avocat qui a fait un très solide compliment. Lui-même « après son installation a fait et très bien prononcé un beau « et solide remerciement. S'il continue à s'appliquer il for- « mera un magistrat accompli et remettra son siège dans « toute la splendeur. Il a succédé au s'" Frin qui avait possédé « cette charge pendant dix ans, mais qui s'étant dérangé « dans sa fortune par de trop grandes dépenses, fut obligé « de la vendre pour payer ses créanciers.
« Cette charge a coûté au s"" Foureau tant pour le prix « principal que pour ses provisions et voyages plus de « 10,000 liv.^ »
Il devint juge et maire de Laval en 1759.
« On a tenu une assemblée générale de la maison de ville, « je n'ai pas cru devoir y assister, mais on m'a rapporté a qu'on n'y avait pas gardé toutes les bienséances et qu'il y « avait eu des altercations, des reproches et des injures.
c( Il s'agissait de nommer un maire au lieu et place de « M. Hardy qu'on ne voulait pas continuer. Deux cabales s'é- « taient formées pour le choix du nouveau maire et d'un éche- « vin, au lieu et place de M"^ Duchemin de Saint-Céneré, « celle de la maison de ville et celle de tous les officiers de « magistrature. On proposa MM. Foureau, Frin, procureur « fiscal et Duchemin de la Jarossaye pour être choisis. Tous « les officiers de judicature voulaient M. le Clerc du Moulin, « maire, mais l'autre cabale était pour M"" Foureau et l'em- « porta de quatre voix^ (Vendredi 28 décembre 1759).
Le 30 décembre 1762, il fut continué pour trois ans dans la
1. Mém. généal. mus.
2. Pichot de la Graverie. '{. Idem.
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charge de maire « à Funanimité et avec l'applaudissement de « toute la maison de ville et de tous les bons habitants*. »
Lorsqu'il devint maire en 1759 il quitta sa maison pour venir loger à l'Hôtel-de- Ville. Il est le premier maire qui l'ait occupé. Comme maire il remplissait aussi les fonctions de colonel de la milice bourgeoise. Lorsqu'il la commandait il portait un uniforme rouge à parements bleus ^
M. Foureau était un homme intègre et un magistrat ac- compli ; animé des sentiment de la plus vive piété il commen- çait ainsi son testament daté du 23 mai 1768.
« Dies Domini sicut fur adveniet. Pénétré de cette terrible « vérité, j'écris et consigne ici mes dernières volontés »
Son portrait se trouve à l'Hôtel-de- Ville de Laval.
Armes : d'argent à 2 lions affrontés de.... en chef et un loup de... passant en pointe sur une terrasse de....
GABRIEL FRIN DU GUY-BOUTIER
conseiller du roi, lieutenant des exempts,
juge royal au siège de Laval.
1736.
Fils de Charles Frin du Guy Boutier, procureur du roi au siège de Laval et de Ambroise-Anne Duchemin de Noise- ment '.
« M. Gabriel Joseph Frin, s. du Guy Boutier, a été reçu et « installé dans l'office de juge au siège royal.
« Il a été présenté par M. du Moulin procureur du roi, son « beau-frère.
« Il a lui-même fait un discours. M. des Valettes président « et M. de Laubinière lieutenant ont fait ses éloges et on n'y « a pas oublié les louanges du père du fds et de toute la fa- ce mille.
1. Registres de l'Hôtel-de-Ville.
2. Guittet de la HouUerie.
3. Mém. généal. mns.
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« Tous les avocats sont allés au nombre de dix rendre visite à M. Frin en robe. Il les avait prévenus et était allé les voir chacun en particulier.
« Le s' Frin donne de grandes espérances et mettra sans doute le siège royal dans son ancien éclat et dans ses pré- rogatives qui ont été beaucoup altérées par l'incapacité de M. Touchard, précédent juge royale
CHARLES-RENE-THOMAS FRIN DU GUYBOUTIER
conseiller du roi, président au siège royal
procureur fiscal, puis maire de Laval
1756.
Fils de Charles Frin du Guy Boutier et de Marie-Made- leine Géhard de Ferrand. Il épousa Charlotte Jeanne Sal- mon et mourut à Laval le 8 février 1798^.
« Le 25 février 1726 le s' Charles Frin du Guy Boutier a « été reçu et installé dans l'ofTice de procureur fiscal à ce « siège que lui avait vendu M, le Clerc s. des Gaudesches « qui s'en démit pour prendre une charge de conseiller à la « cour des monnayes, qui lui a donné la noblesse et toutes < les exemptions qu'il souhaitoit.
« Ledit s. Charles Frin était auparavant procureur du roi « au siège des exempts, mais étant d'une humeur très active « et ne trouvant pas de quoi s'occuper dans la première, il « préfera celle de procureur fiscal qu'on dit être l'une des « premières de la ville pour l'autorité et pour l'occupation*. »
Armes : d'azur à 3 gerbes de blé d'or 2 et 1.
1. Pichot de la Graverie.
2. Mém. généal.
3. Pichot de la Graverie.
64
FLORENT GARNIER, S' DU TERTRE
lieutenant au siège royal 1639.
Né le 21 novembre 1620, fils de François Garnier, s. du Tertre et de Françoise Marchais *.
FRANÇOIS GARNIER
lieutenant des exempts
1662
Né le 29 avril 1611, fils de René Garnier, s. de la Herber- dière et de Françoise de la Court ^.
Armes : tranché d*o?' et d'azur à un lion de Vun et de Vautre.
HYEROSME GAULTIER DES COYERS
juge de Laval. 1586.
Fils de Jean III* Gaultier et de N....
Etant juge de Laval, il se mit à la tête des habitants de la ville pour repousser les calvinistes qui menaçaient la cité ; pris au Gué-d'Orger par le duc de Mercœur, il fut conduit à Nantes et mis à mort.
Nous avons publié une notice sur ce vaillant citoyen de La- val avec son portrait, dans le Bulletin de la Société histori- que et archéologique de la Mayenne. Nous demandons aux lecteurs de bien vouloir s'y reporter '.
Nous le trouvons le 24 septembre 1586 rendant en qualité de juge ordinaire, civil et criminel, une sentence adjugeant
1. Registres de baptême delà Trinité.
2. Tbid.
3. Bull. hist. de la Mayenne, 2« série, T. I, p. 354.
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au Prieuré de Saint-Martin la somme de 5 livres de rente par droit d'aubaine sur une maison appartenant à Jacques Gril et située au bourg de Saint-Martin K
RENE GAULTIER DE LA VIEUXCOURT
juge de Laval 1680.
Fils de Hyérosme Gaultier du Cleray et de Marie Frin. Le 30 août 1680 il acheta la terre de la Vieux-Court, en Ahuillé, de René Brandelis de Champagne, M'* de Villaines.
MATHURIN GAULTIER DE MEROLLES
lieutenant de Laval 1715.
Fils de Mathurin Gaultier de la Vilatte et de Jeanne Hoyau. Il épousa F'rançoise de Launay.
« Installé le 7 décembre 1715 en la place de lieutenant « général possédée depuis 1710 par défunt son père Gaultier € de la Vilatte. »
Après avoir mentionné cette nomination M. Pichot de la Graverie continue :
« Il fut jugé que celui qui avait l'office de crieur et décou- a peur de poissons ne pouroit vendre aucun poisson directe- « ment, ni indirectement. Ce droit appartient au seigneur de a Laval et est ancien. M. Talon avocat fiscal fit voir les pre- « mières provisions qui avaient été accordées pour l'exercer. « On ne peut vendre qu'on nait appelé trois fois Monseigneur « et le seigneur de la Coconière qui avoient le droit lors- « qu'ils demeuroient en cette ville d'acheter les premiers a leur poisson. Cet usage de les appeler à haute voix s'est a toujours conservé *. »
1. Titres du prieuré de Saint-Martin.
2. Recueil des sentences, T. I.
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M. Gaultier de Mérolles mourut en 1734 et sa charge fut adjugée à l'audience pour la somme de 14000 liv. au s*" Mar- tin de la Blanchardière *.
DANIEL GAULTIER DE LA VILLEAUDRAY
juge civil, maire de Laval. 1739
Fils de Jérôme Gaultier de la Villeaudray, élu à Laval, secrétaire du roi et de Françoise le Hirbec. Il épousa Michèle de Lemée^.
Il fut nommé en 1739, succédant à M. Gilles le Long de la Besnardière, et installé le 14 mars 1740. Il mourut le 24 jan- vier 1745.
« Jamais juge n'a eu de meilleurs intentions pour rendre à « chacun le bon et juste droit qui pouroit lui appartenir, « plus de zèle et d'amour pour le bien public, plus de soin « plus d'ardeur pour la décoration et l'embellissement de « cette ville.
« On lui doit l'établissement et le règlement pour les huis- « siers, la construction de l'aqueduc pour les fontaines pu- ce bliques qui diminue à l'avenir considérablement la dépense « et leur entretien et fournira sans interruption l'eau néces- « saire au public. »
« Il montra toujours la plus grande fermeté dans les as- « semblées de l'Hôtel-de-Ville souvent tumultueuses et con- « tribua avec M. Hardy de Lévaré aux importantes augnien- « tations faites au château occupé par le juge civil. Il fît « construire une fontaine en marbre sur la place sous la c( chambre du conseil ^.
Armes : d'argent au lion d'or.
1. Pichot de la Graverie.
2. Mém. généal.
3. Pichot de la Graverie.
- 67 —
FRANÇOIS LE GEAY DES ASTELAIS
lieutenant particulier 1650
Fils de noble Jean le Geay, sgr des Astelais, de Mingé... conseiller du roi à la Gravelle et de Renée le Meignan. Il ap- partenait à une famille noble demeurant en Bretagne près Fougères et dont les ancêtres prenaient le titre de damoi- seau au XIII® siècle.
Il naquit en 1625 et épousa le 2 février 1655 Marie de la Cour, dame des Touches *.
La famille le Geay était très ancienne et une généalogie que nous possédons dans nos archives la fait remonter à Raoul le Geay, chevalier, seigneur de Floigny près Château- Thierry, qui vivait vers 1160 *.
Dès 1430 G. Le Doyen nous signale la présence des le Geay dans le Maine :
« Le cueur du Cymetière Dieu
« De ce temps fut faict en ce lieu
< Edifiés par les chanoines
« Et fondeurs qui y prindrent peines.
a Dont motil fut l'un d'eux moult gay
« Nommé messire André le Gay
« Chanoine prébendez cyens.... »
En 1514 Jean le Geay était doyen de Laval. G. Le Doyen nous apprend sa mort arrivée en 1532.
« Aujourd'hui Xï de juillet maistre Jehan le Geay, doyen « de Laval et chanoine ancien du Cymetière-Dieu et curé « de Ruillé-le-Gravelais, recessit ab humanis audit an. »
Les armes de la famille Le Geay étaient primitivement trois têtes de geais arrachées d'or sur fond d'azur; elles furent changées en 1540 par l'Empereur Charles-Quint en un aigle regardant un soleil fixe '.
1. Mém. généal. mns., T. I.
2. Mém. généal. mns. T. I.
3. Ibid.
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FRANÇOIS II LE GEAY DES ASTELAIS
lieutenant particulier 1690
Fils du précédent, né le 5 septembre 1656 ; mort le 28 novembre 1709 : seigneur de la Chauvinière, des Brosses.... Il épousa le 13 novembre 1683 Renée-Françoise Frin de la Chauvinière *.
FRANÇOIS III LE JAY DES ASTELAIS
lieutenant particulier 1713.
Fils du précédent. Naquit le 11 septembre 1687 et mourut en 1754. Il épousa le 1 août 1712 Marie-René Martin de la Guerretière ^.
« M. Le Geay des Astelais lieutenant particulier a fait em- « bellir l'église de la Trinité par la construction d'une chaire « de fer ciselé et doré et de quatre beaux autels nouvelle- a ment construits dans la nef.
« Il se dispose encore à faire faire un autre escalier en « forme de fer à cheval qui sera très utile et moins dange- « reux que celui que nous voyons ^ » 29 janvier 1734.
« Le 7 mars 1762 M. Le Geay lieutenant particulier de no- ce tre siège est décédé attaqué d'une paralysie. Il était très « zélé pour l'intérêt public et s'était acquitté avec désintéres- « sèment des fonctions d'échevin et de procureur marguil- « lier de la paroisse de la Trinité. Il est mort âgé de 74 ans.
« Il avait jugé à propos, d'écrire son nom par Jay, cepen- « dant dans les anciens partages et titres de sa famille, on
1. Mém. généal.
2. Mém. généal. mns.
3. Pichot de la Graverie.
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« écrivoit Geay et son père, lieutenant particulier l'écrivoit « ainsi dans les sentences du siège ^
PIERRE GUAYS DE LA MENNERIE
lieutenant au siège royal 1642
11 naquit le 10 mai 1612 de René Guay et de Adnette de Cornilleau, et épousa le 26 septembre 1641 René Chapelle.
Armes : de gueules ou guéridon d'argent, couronné de même en chef-.
GUILLAUME GUÉRIN
lieutenant de Laval 1426
Il était sénéchal d'Entramnes dont il tint les pieds le 28 octobre 1414. Il était frère de Jean Guérin qui fonda en 1396 la chapelle dite aux Guérins, dans l'église de la Trinité.
La maison habitée par cette famille se nommait le Proces- sionnal, et était située rue de la Trinité, à l'angle de la rue Trouvée.
ANDRÉ GUILLOT DE LA CELLERIE
lieutenant particulier, général 1668-1685.
Fils de René Guyllot, s. de Montavallon et de Simonne Marest. Il épousa Renée du Chesne *.
D'abord lieutenant particulier ; puis en 1685, lieutenant- général.
1. Ibid.
2. Mém. généal., mus.
1. Registres de la Trinité.
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RENÉ HARDY DE LÉVARÉ
juge ordinaire civil..., maire de Laval 1690-1713.
La famille Hardy est originaire de la paroisse du Genest. Emery Hardy demeurait à la Bellangerie en 1342. Robert Hardy vint s'établir à Laval en 1615 et se fit pourvoir d'une charge de conseiller au siège de l'élection. René Hardy de Lévaré était fils de Pierre Hardy de Lévaré et de Jeanne Mar- tin de la Motte. Il épousa Renée Marguerite Frin de la Chau- vinière *.
« M. René Hardy de Lévaré qui exerçait depuis plusieurs « années à l'avantage du public l'office de juge de police « fut choisi par préférence en l'année 1706 pour remplir les « fonctions de juge civil qu'il a exercées pendant seize ans.
« Il fut magistrat éclairé, habile, éloquent, rempli des a principes et des maximes du droit civil et françois, de nos « coutumes, de nos ordonnances et de la jurisprudence des « arrêts. Il possédait dans un souverain degré la science des « usages et des règlemens du siège. Il fut soigneux infati- « gable, zélé et curieux à procurer la beauté et la commodité « des édifices publics. Le recueil des principales sentences « rendues de son temps, rédigées par lui avec soin et régu- « larité, plusieurs règlements de police et de judicature, dif- « férents arrêts du Parlement qui ont confirmé ses senten- « ces, le feront considérer avec juste raison comme un des « plus grands magistrats qui ait occupé et honoré cette « place. Il fut le premier maire perpétuel d'après l'édit du « roi de 16921
« M. Hardy de Lévaré pendant le cours de sa magistra- « ture fit réparer les rues de la ville et refaire à neuf les pa- ie vés des arrivées et sorties qui étaient auparavant imprati- « cables. Il fit faire la place de la porte Beucheresse, qu'on < nomma place Hardy, où se tient le marché des bestiaux et
1. Mém. gêné al. mns.
2. Pichot de la Graverie.
— 71 —
« cochons tous les jeudis de chaque semaine. 11 fit embellir
« et rendre plus régulière la grande place entre les grandes
« halles et le palais et fit faire et paver la rue ou descente du
« roquet et la porte de l'entrée de la rue de Rivière qui était
« autrefois très dangereuse pour le passage des charrettes
« et carrosses.
« On fit établir de son temps l'hôpital des incurables cons-
€ truit et joint à l'hôpital des pauvres malades de Saint-Ju-
« lien. On fit construire plusieurs ports le long de la rivière
« et plusieurs lavanderies pour le blanchissage des toiles ^ »
AMBROISE JEAN HARDY DE LEVARE
juge de police, civil et ordinaire, maire de Laval 1723.
Fils du précédent. Né le 14 août 1700, mort le 10 mai 1780. 11 épousa Renée Julienne Martin de la Blanchardière. Il fut installé à la place de son père le 22 février 1723 et destitué le 14 août 1727. On lui reprochait de défendre ses droits de po- lice avec trop de fermeté contre les prétentions du duc de la Trémouille.
« Ayant rendu, dit Pichot de la Graverie, plusieurs sen- « tences qui déboutaient le procureur ficsal de ses remon- « trances et demandes on lui remboursa le prix de sa charge a et il remit ses provisions. Le public désaprouva cette des- « titution ; M. Hardy s'acquit la confiance des habitans et « devint un célèbre consultant. »
On revint pourtant à lui car le 30 décembre 1737 il fut nommé procureur-syndic de l'Hôtel-de-Ville et maire de Laval le 16 juin 1747.
1. Ihid. — M. René Hardy fit construire le portail qui fait l'entrée de la rue de Rivière en l'année 1711. Il lit aussi en 1713 abattre les mauvaises maisons ou baraques qui étaient au haut de la place et y fit bâtir le nouveau portail du nouveau château où il demeuroit et mettre les deux grilles de fer qui sont des deux côtés (Bourjolly, T. 2, p. 164).
- 72 —
Le 28 décembre 1753 dans une assemblée générale de la maison de ville il fut réélu maire pour trois ans.
« Cette continuation a paru odieuse, parce que le s"" Hardy « s'est maintenu dans la maison de ville soit comme procu- « reur-syndic, soit comme maire pendant plus de douze ans, « ce qui est une affectation marquée. Cependant il faut con- « venir qu'il est capable, très laborieux et qu'il ne donna « lieu à aucune plainte contre son administration, si ce n'est « pour l'établissement du tarif ^ »
Le 30 décembre 1756 il fut encore nommé maire pour trois ans, et fut le premier maire électif de Laval de 1747 à 1759. Ces places de maires électifs avaient été créées par un édit du roi en date du mois de décembre 1733.
Armes : de sable au lion couronné d'argent accomp. de 3 molettes de même 2et i.
DANIEL HAY DU CHATELET
écuyer, seigneur de la Motte, juge ordinaire, général,
civil et criminel
1592-1604.
Daniel Hay appartenait à une très ancienne maison de Bretagne. Gautier Hay était seigneur de la Guerche et de Pouancé au XP siècle. Vers 1349, dit la généalogie de Quatre- barbes, une dame Hay de la famille du seigneur de Laval (Geoffroy Hay, seigneur de la Guerche et de Pouancé avait épousé en 1250 Anne de Laval fille de Guy VIT) fonda deux messes par semaine qui devaient être dites au grand autel de l'église de la Trinité de Laval, son fils Pierre Hay donna le lieu des Onglées en Bonchamp pour accomplir les der- nières volontés de sa mère.
Cette fondation fut augmentée par Jehanne Hay, petite- fille de la testatrice, d'une rente de 7 livres.
1. Pichot de la Graverie. — M. Hardy, maire, par une pa- tience à toute épreuve et par un travail assidu, vint à bout de faire cesser la taille et d'abolir le tarif (Guittet de la HouUerie).
- 73 —
En 1494, Philippe de Luxembourg, cardinal, évéque du Mans, transféra cette fondation dans la chapelle du château de Pareneau en Parné *.
Guillaume Hay tient les pieds de la commanderie du Breil- aux-Francs en 1398. Pierre est sénéchal de Thévales en 1430. Daniel Hay était fils de Jean Hay, sieur du Plessis et des Né- tumières, conseiller au parlement de Bretagne en 1554 et de Perrine Chevalerie.
Il fut baptisé le 20 avril 1563 et épousa en 1589, Gilette de Pelineuc^.
Il eut la gloire d'avoir deux fils membres de l'Académie Française.
1° Paul Hay du Chastelet avocat général au Parlement de Bretagne, puis maître des requêtes et membre de l'Académie Française.
2° Daniel Hay de la Motte, curé d'Andouillé, doyen de Saint-Tugal, abbé de Cambon et académicien*.
Armes : de sable au lion d'argent.
RENE HENNIER
lieutenant civil et criminel 1508
Fils de Jean Hennier dont nous parle Le Doyen à propos du mystère de Sainte Barbe joué à Bootz, en 1493.
Il est fait mention de ce Hennier comme député du Comté de Laval à l'assemblée de la province réunie au Mans le 7 octobre 1508 pour la réformation de la coutume du Maine. On lui reprocha, ainsi qu'à François de la Pommeraye, aussi député, de n'avoir pas assez défendu les intérêts du comté et d'avoir, malgré les droits les plus anciens et les mieux ac- quis, laissé admettre qu'il pouvait être divisé *.
1. Recherches Historiques.
2. Abbé Anis, Commission Hist., p. 499.
3. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 51.
4. Note de G. le Doyen.
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Il était licencié ès-loix et se maria deux fois : 1° avec Per- rine Bouglier ; 2° avec N.... Denuault*. Il mourut en 1521.
« Celuy an, sans rien denger
« Mourut maistre René Hennier
« Et le saiziesme de décembre
« Tout ainsi que je me remembre ^. »
Il habitait une maison qui dépendait du château et s'appe- lait le Perron des Demoiselles.
Nous avons trouvé un Pierre Hennier qui aurait été vers 1500, chanoine, juge de tout le Maine et l'Anjou et ayant des lieutenants dans toutes les villes de ces provinces.
Un autre Macé Hennier fut commis en 1444 par le parle- ment pour « connoître des causes des exempts au comté de « Laval'. »
FRANÇOIS-RENE D HOUILLERES
juge des exempts 1509.
Il appartenait à une très ancienne famille du Bas-Maine connue à Laval depuis le XIV^ siècle.
En 1503 René d'Houillères, licencié es lois, acheta de Gil- les de Brée les moulins à blé et à draps du Châtelier ou Jar- retay, situés sur la Mayenne en Nuillé-sur-Vicoin*.
Il épousa Hardouine N. ... et eut un fils François, marié à Adnette Marest. Jacques Pierre et François leurs trois fils devinrent la souche des d'Houillères, seigneurs du Bois-Bu- reau, Jupellière, Maisoncelles et le Bignon ^
Armes : de sable à la croix pattée et laisée d'or *.
1. Mém. généal. mns.
2. G. le Doyen.
3. Le Blanc de la Vignolle.
4. Titres de Fouilloux.
5. Hist. généal. mns.
6. Généal. Quatrebarbes.
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ROBERT DES LANDES
licencié en droit, lieutenant général 1567.
On trouve son nom dans deux anciennes pancartes : Tune contenant des extraits des Mémoires et factums au sujet des droits de péages^ ménages et fenestrages : l'autre : Concer- nant les statuts et ordonnances de la Préi^oté de La^>al^.
JEAN-FRANÇOIS DE LAUNAY DES CEPEAUX
lieutenant de Laval, juge de police 1765.
Fils de Joseph de Launay de Montaleu, élu au siège de Laval ^ et de Anne le Febvre, né le 28 décembre 1697, mort le 21 juillet 17781
Il était conseiller du roi, et fut reçu juge de police le 3 mai 1765 à la place de M. le Pennetier. Il céda sa place de lieute- nant particulier à M. le Balleur, sénéchal de Thévales*.
FRANÇOIS DE LAUNAY DE PINCHAULT
Nous avons trouvé, dans les registres de baptême de Saint- Vénérand, François de Launay, lieutenant particulier en 1626. Il était fils de Jean Daniel de Launay et de Marie de Bonnaire et avait épousé : 1° Catherine de Fleur ; 2° Margue- rite le Roy.
JEAN-JOSEPH DE LAUNAY DES CEPEAUX
juge ordinaire, auditeur de la chambre des comptes de Laval
1781.
Fils de Jean-François de Launay des Cepeaux, juge de
1. Rech. hist., T. XV, p. 205.
2. « Etant échevin il rempHt les fonctions de maire (1745-47) (Guittet de la Houllerie).
3. Mém. généaL, T. I.
4. Pichot de la Graverie.
— 76 -
police, et de Marie Journeil. Il naquit le 8 octobre 1731 et épousa Louise Duchemin du Flécheray. Il mourut le 27 avril 1791.
Les de Launay, seigneurs de Beaulieu, de la Ragotière, de Montaleu..., appartenaient à une des meilleures familles du Bas-Maine. Le premier de la généalogie que nous possédons se nommait Jean de Launay, s. de Beaulieu et vivait au XIV® siècle .
Alliances : de l'Angellerie, d'Andigné, de Goué, Bérault, Beudin, de Farcy, Foucault, de Bonnaire, Duchemin, le Geay, Courte, de Perchambault.
Armes : de sable à 3 canettes d'argent 2 et i^.
N... LE LIEPVRE
lieutenant à Laval 16...
PIERRE LETOURNEURS DE LA GUITONNIÈRE
juge ordinaire 1732.
e M. Pierre Letourneurs, avocat, fut pourvu de l'office de « juge de police au lieu de M. Hardy de Lévaré : il a été ins- « tallé aujourd'hui 19 mai 1731 ^ »
« Dimanche 14 janvier 1748. M. Pierre Letourneurs, juge « de police du siège ordinaire, est décédé. »
« D'un caractère très faible et très indécis il avait négligé « de faire exécuter avec vigueur des ordonnances et règle- « ments de police. M. le Pannetier lui a succédé^. »
Armes : d'argent au cheç^ron de gueules^ en chef 2 mer- lettes de sable, en pointe une tour de inême^ soutenue d'un croissant d'azur.
1. Mém. généal., T. I.
2. Pichot de la Graverie.
3. Idem.
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MICHEL LE LONG DU GENETAY
lieutenant-général 1717.
Conseiller du roi, époux de Renée le Clerc est le même que le suivant.
GILLES MICHEL LE LONG DE LA BESNARDIÈRE
juge ordinaire, maire perpétuel. 1723.
Il naquit le 13 avril 1666, fils de noble Jacques Le Long de la Besnardière et de Michelle Moland \ époux de Renée le Clerc.
Sa famille, originaire de Laval, était ancienne. En 1462, Jehan le Long, sénéchal de Laval, y tenait les assises le 14 janvier ^.
Alexandre le Long fut chantre et chanoine de Saint-Tugal en 1587. Son frère N.... Le Long était en 1597 gouverneur calviniste de la ville de Laval ^
« M. Gilles Le Long de la Besnardière succéda à M. Hardy « de Lévaré le 15 novembre 1723. Doué d'un esprit pénétrant « vif et élevé, il a soutenu le poids et l'honneur de la magis- « trature avec dignité. 11 se présentoit, possédoit et pronon- ce çoit avec une majesté et une grâce propres à le faire respec- « ter.
a Généreux, libéral, il a siégé et représenté avec magni- a ficence. De son temps fut adopté le règlement des avocats « du 5 février 1724, qui sert de base et de fondement à la « discipline et l'union de leur corps et qui a été. reçu et exé- t cuté aux applaudissements et à l'avantage du public *. »
Le 25 mai 1711 il devint maire de Laval.
« Il y eut de son temps de grands mouvements et procès « à son occasion, parce que ayant voulu s'arroger une auto-
1. Registres de la Trinité.
2. Titres de Lencheneil.
3. Recherches historiques.
4. Pichot de la Graverie.
- 74 —
« rite très despotique et qui approchoit de la tyrannie, il (( donna lieu au mécontentement des principaux habitans et « officiers et les porta à le vouloir faire destituer de la mairie « et à demander un règlement pour l'administration de la « maison de ville*. »
Il resta maire après avoir été contraint de donner le règle- ment demandé. Il dut aussi faire relâcher en leur faisant des excuses, M. le Geay des Astelais, lieutenant particulier ; Davazé et Garnier, echevins, qu'il avait fait enfermer dans le château de Laval, ayant obtenu un ordre de M. de Froullay, gouverneur de Laval, son ami et son protecteur ^.
Le 30 mars 1736 il posa la première pierre du nouveau bâ- timent pour loger les vieillards à l'hospice général de Saint- Louis ^
Il mourut le 16 septembre 1739 et fut enterré à Saint-Tu- gal*.
« M. Gilles Michel le Long de la Besnardière est décédé « sur les 3 heures après midi.
« On peut dire à sa louange qu'il avait l'extérieur d'un < grand magistrat. Il se présentoit et présidoit avec grâce, « prononçoit avec facilité et gravité. Il ne brilloit pas moins « dans les repas somptueux e tdélicats qu'il donnoit de bonne « grâce dans les occasions qu'il se ménageoit avec plaisir.
« Lorsque la prévention à laquelle il se livroit aisément ne « le faisoit pas agir, il se conduisoit par les lumières de la « raison et rencontroit assez juste quoiqu'il n'eût pas de « sciences et de principes. Il aimoit peu le travail et il étoit « obligé de s'en rapportera des greffiers ou commis pour « faire les extraits des procès dont il étoit rapporteur ce qui « est dangereux ''.
Armes : d'or au lièvre d'azur courant en bande accomp. de 3 épées de gueules 2 et V.
1. Pichot de la Graverie.
2. Idem.
3. Recherches historiques.
4. Hist. des Comm. et Chap. de Laçai.
5. Pichot de la Graverie.
6. Armoriai manuscrit. — Un autre Gilles le Long, s. de la Troussière, conseiller du roi, fut élu à Laval ; il avait épousé Mar-
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AIMERY LOUET
juge des exempts 1481.
Cité dans un aveu de Chanteloup du 20 décembre 1466 « Hemery Louet possédant la maison de la Salle *. Armes : d'azur à 3 coquilles d'or 2 et i^.
PIERRE MAREST, S. DE LA TREMBLAYE
conseiller du roi, juge des exempts 1627-1645.
Pierre Marest, s. de la Ragotière et.de la Tremblaye, était fils de Jacques Marest IIP du nom, seigneur de la Ragotière. Il épousa Andrée Chapelet et mourut vers 1653 ^
Le 30 janvier 1627 un arrêt du Parlement, rendu contre les officiers du Mans, maintint Pierre Marest, seigneur de la Ragotière en sa fonction de juge des exempts par appel et pour les cas royaux, en toute l'étendue du comté de Laval et fit défense aux officiers de la justice du Mans de le troubler et de l'en empêcher*.
Le vendredi 20 juin 1614 Jacques Marest, seigneur des Abattants, François Bignon, s"" de la Croix, lieutenant à La- val, et Pierre Marest, s. de la Ragotière, donnèrent aux véné- rables pères Capucins la pièce de terre nommée Hoche- bride, pour bâtir leur église^.
guérite Martin et mourut en 1676. Il fut enterré à la Trinité de- vant l'autel de la Sainte-Vierge. Au bas d'une gravure apparte- nant à M. X. de la Perraudière et représentant le portrait de J.-B. le Long et de son épouse Elisabeth Visinier, nous avons relevé l'écusson suivant : Le Long : d'azur au chevron d'or ac- compagné de trois trèfles de même 2 et 1. — Visinier, de gueules au chevron d'or, 2 étoiles en chef d'argent, en pointe 3 croissants placés 1 et 2.
1. Rech. hist., T. XVI.
2. Armoriai de la Mayenne.
3. Mém. généaL, T. I.
4. Idem,
5. Remembrance du prieuré de Saint-Martin.
— 76 -
FRANÇOIS MAREST, SIEUR DE LA RAGOTIÈRE
juge ordinaire et général, civil et criminel 1650
Fils du précédent. Il épousa Jacquine Fouquet de la Bou- chefolière K
Il était conseiller au parlement de Bretagne et succéda à M. Pierre le Clerc de la Manourière.
a II fut, dit M. Pichot de la Graverie, son digne succes- « seur et son imitateur. Il soutint avec vigueur et zèle Thon- ce neur et les droits de la justice, procura et autorisa le rè- a glement de 1652 et fit continuer en de justes bornes par a l'arrêt de 1653 les prétentions et usurpations du prévost de c( la Maréchaussée. »
Nous donnerons ici le titre de ce règlement :
« Règlement pour le faict de la justice et expédition des « causes de la juridiction du siège ordinaire de Laval tant de « ce qui était cy-devant observé que de ce qui a esté adjousté « par ledit règlement. »
Imprimé chez Robert Cormier, imprimeur libraire du roi et de Monseigneur le duc de la Trémoïlle, il est signé :
Marest, juge ; Le Febvre, lieutenant ; Farcy, lieutenant par- ticulier ; Gandin, avocat fiscal ; Moraine, syndic des avocats.
Ce règlement contraint les avocats de se présenter à l'au- dience en robe et en bonnet carré ; l'entrée leur en était in- terdite quand ils n'étaient pas revêtus des insignes de leur profession. En parlant ils devaient s'abstenir de toute offense en parole ^.
En 1652, François Marest, juge civil, Cazet de Grandpont et Julien Martin, échevins, furent députés en hâte au jeune Louis XIV qui assiégeait Angers, pour l'assurer de la sou- mission de Laval qui pouvait craindre ayant pris le parti de la Fronde^.
Armes : d'azur semé de coquilles d'argent sans nombre à un lion aussi d'argent lampassé et armé de gueules.
1. Mém. généal., T. I.
2. Recherches historiques.
3. Abbé Pointeau (Ancienne généalogie).
- 11 -
JEHAN DE MARTINNES
sieur de la Galepinière, conseiller du roi au parlement de
Bretagne, juge ordinaire de Laval
1579.
Nous trouvons son nom dans un titre de Patience en date du 6 mai 1579.
GUY LE MAROUILLER
« grand justicier » 1507.
Il figure le 4 avril 1486 comme sénéchal d'Entramnes dans la ratification de la vente faite le 5 août 1585 de la seigneurie de Briacé par Jehan Coisnon, écuyer, seigneur de Briacé et Guyonne d'Azay sa femme, à René Beudin procureur de La- val...
Le Doyen nous signale son décès en 1507.
« Et d'octobre dix-septiesme
a Fust pour Laval très maulvais thesme
« De la mort Guy le Marouiller
a Qui estoit moult grant justicier
« Qui les subjets en bon arroy
« Tenoit faisant bonne justice
({ Sans que nully fit injustice.
« Je prie Dieu et Notre Dame
« Qui luy face pardon à l'âme. »
THIBAULD LE MAÇON
juge de Laval 1419
JOSEPH-RENÉ MARTIN DE LA BLANCHARDIÈRE
lieutenant de Laval 1734.
Fils de François Martin de la Blanchardièr», conseiller du roi, élu à Laval et de Renée Salmon du Griffon. Il naquit en
6
-n-
1716 et mourut en 1770. Il avait épousé Thérèse le Clerc du Moulin K ,
« Le 4 septembre 1734 l'office de lieutenant général au « siège ordinaire vacant par la mort du s*" Gaultier de Mérol- « les fut adjugé à l'audience pour la somme de 14,000 livres a au s"" Martin de la Blanchardière. L'office ayant été destiné « par M. de la Trémoïlle à Hyérosme Salmon, M. Martin de « la Blanchardière a dû en faire la cession au prix de l'adju- « dication. On a blâmé M. Salmon qui, sûr d'avoir la préfé- « rence, n'avait point voulu surenchérir et avait fait perdre « à la famille de M. Gaultier 2,000 livres que le s"" de la Blan- a chardière aurait données de plus ^. »
FRANÇOIS-RENÉ MARTIN DE LIGONIÈRE
procureur-fiscal, juge criminel . 1781.
Fils du précédent. Il épousa Marie le Clerc du Flécheray et mourut le 2 janvier 1797, âgé de 84 ans.
II était avocat au parlement de Paris et subdélégué de M. l'intendant de Tours ^.
Armes : d'argent au pal d'azur chargé d'un cygne d'ar- gent^.
CHRISTOPHE MOUSTEAU
lieutenant particulier et commissaire ordinaire des guerres
1622
RENÉ LE MOYNE DE JUIGNY
lieutenant- général 1712.
La famille des le Moyne de Juigny était ancienne à Laval. René le Moyne, leur premier auteur, vivait dans notre cité
1. Mém. généal., T. I.
2. Pichot de la Graverie.
3. Mém. généal, T. I.
4. Armoriai de la Mayenne.
- 70 -
vers la fin du XV* siècle. Se^ trois fils nous sorti signalés par les actes qui suivent :
1° 17 juin 1535. — Aveu de Estienne le Moyne à noble et puissant seigneur Louis de Feschal, seigneur de Poligny, pour son lieu de Priz.
2*' 1" décembre 1563. — Foi et hommage par Gilles le Moyne, s' de la Roussière à Louis de Feschal, seigneur de Poligny.
3** 14 août 1539. — Jehan le Moyne, esluet conseiller pour le roi à Laval, achète la terre et closerie du Pont-Berrain dit Saint-Nicolas.
René le Moyne dé Juigny, petit-fils d'Etienne, à pris soin de rédiger un livre de famille que nous possédons dans nos archives et que nous donnerons ici.
ECUSSON ARMORIAL DE LA FAMILLE DE MESSIEURS LE MOYNE
DE JUIGNY
D'oî' à trois fasces de gueules, un lion de sable brochant sur le tout à la queue nouée et passée en sautoir, au chef d'azur chargé d'une aiglette éploiée de sable becquetée et onglée d'argent.
« M. René le Moyne, s"" de Juigny \ procureur fiscal du comté de Laval et ensuitte conseiller du roy, lieutenant géné- ral, civil et assesseur criminel au siège royal et maréchaus- sée de Laval, épousa demoiselle Marie Gigault le 24 may 1644 de laquelle il a eu dix-neuf enfans, dont il a resté six garçons et trois filles.
« L'aîné desquels est René le Moyne^ s"" de Juigny, qui a été pourvu de la charge de procureur fiscal en l'année 1681.
« Le 22 avril 1682 il a épousé demoiselle Anne Cigoigne, fille d'Hélie Cigoigne, s*" de la Roche et de demoiselle Gene- viefve Bouessay.
« 1° Ladite demoiselle Anne a acouché le 18 septembre 1683 d'un garçon qui mourut quelques temps après le bap- tême.
1. « Mort le 23 décembre âgé de 63 ans 4 mois. »
" 8Ô -
(( 2° Le 24 mars 1684 ladite demoiselle a acouché sur les huict heures du matin d'un garçon qui a eu pour parrain Léon Martin s"" de la Blancherie et pour marraine demoiselle Marie Gigault son aïeulle et a été nommé le lendemain René.
« 3° Le 7^ mars 1685 lad. demoiselle a acouché sur les qua- tre heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain M^ Jean le Moyne pbre curé de Sougé, son oncle, et pour marraine demoiselle Anne Garnier, femme de Nicolas Cigoigne, s" de la Roche et a été nommé led. jour Jean- Joseph.
« 4'' Le 9® jour de mars 1686 lad. demoiselle a acouché sur les sept heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain Pierre le Clerc, s"" des Gaudesches et pour marraine demoi- selle Magdeleine le Moyne sa tante et a été nommé le lende- main Pierre-René ^
« b'' Le 6^ jour de may 1687, lad. demoiselle a acouché sur les huict heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain M® François le Moyne, pbre, chanoine de Saint-Tugal dud. Laval son oncle et pour marraine Geneviefve Cigoigne, épouse du s' de la Blancherie et a été nommé François le len- demain.
a 6^ Le 24 mars 1689, lad. demoiselle a acouché sur les quatre heures du matin d'un garçon qui a eu pour parrain J.-B. le Moyne, son oncle et pour marraine d^"^ Marie Cigoi- gne, épouse du sieur des Gaudesches et a été nommé le len- demain François-Jean-Baptiste.
« 7*^ Le 30 octobre 1690, lad. demoiselle Anne a acouché sur les six heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain M. Pierre le Moyne, s. de la Croixille, son oncle et pour l^arraine demoiselle Jacquine le Moyne de la Goupillère sa cousine et a été nommé Pierre.
« 8° Le 13 octobre 1691, lad. demoiselle a acouché sur les quatre heures du matin d'une fille qui a eu pour parrain René le Moyne son frère et pour marraine demoiselle Renée Bé- rault, fille du s' des Essars-Bérault et a été nommée Antie- Marie ^
« 9** Le 9 may 1694, lad. demoiselle a accouché à une
1. « Mort. »
2. « Morte. »
- 81 —
heure et demie du matin d'un garçon qui a eu pour parrain Jean-Joseph Le Moyne, son frère et demoiselle Geneviefve Martin, fille du s"" de la Blancherie et a été nommé Nicolas *.
« lO** Le 7 octobre 1695 lad. demoiselle a accouché sur les six heures et demie du matin d'une fille qui a eu pour par- rain René le Moyne son frère et pour marraine demoiselle Renée le Clerc, fille du s' des Gaudesches et a été nommée Marie-Anne ^.
« 11° Le jeudy 10 mars 1687 lad. demoiselle a acouché sur les huict heures et demie du soir d'une fille qui a eu pour parrain René le Moyne son frère aîné et pour marraine de- moiselle Magdelaine Martin, fille du s"" de la Blancherie et a été nommée Magdeleine^.
« 12° Le mercredy 7 avril 1700 lad. demoiselle a acouché sur les six heures du matin d'un garçon qui a eu pour par- rain Jean- Joseph le Moyne son frère et pour marraine demoi- selle Marie Gigault son aïeule et nommé Charles- Vénérand.
« 13^ Le jeudy 17 may 1704, lad. demoiselle a acouché sur les deux heures et demie du matin d'un garçon qui est mort à la même heure après avoir reçu le baptême. »
Un des enfants de René le Moyne a voulu continuer ce li- vre de famille : mais il n'a pas eu de persévérance et n'a écrit que les quelques lignes qui suivent :
« M. Jean-Joseph le Moyne, sieur de Juigny, avocat en parlement, a épousé le 8® jour d'octobre 1715, damoiselle Renée-Elisabeth Bassoin fille de M® Michel Bassoin, s. de la Héricoyère, avocat en la cour et siège royal de Sainte-Su- zanne et de damoiselle Elisabeth Sorin, sa mère.
« Ladite damoiselle Renée Bassoin a acouché le 20 feb- vrier 1717 sur les neuf heures et demie du matin d'un garçon qui a eu pour parrain M. René le Moyne s"" de Juigny, conseiller du roy au siège royal de Laval son ayeul et pour marraine damoiselle Jeanne du Bois épouse de Jacques Bas-
1. « Mort le 24 septembre 1714 capucin profais et enterré au couvent de cette ville sous la chère. »
2. « Morte le 8 janvier 1714 rehgieuse professe au couvent des Hospitalières de cette ville. »
3. « Morte le 21 janvier 1762 à neuf heures du soir. »
- 8a -
soin sa tante et ce pour l'absence de damoiselle Marie Bas- soin et a été nommé le lendemain René- Jean- Joseph.
« Ladite damoiselle a acouché le 15 aoust 1718 jour de l'Assomption sur les deux heures après midy d'un garçon qui a eu pour parrain M. Michel Bassoin, conseiller du roy et son procureur au siège royal de Sainte-Suzanne son oncle et pour marraine dame Anne Cigoigne son ayeulle et a été nommé le lendemain Jean-Joseph-Michel *.
Mémoire des anciens services que la famille de Messieurs le Moyne de Jaigny a eu l'honneur de rendre de pères en fils à l'auguste maison de la Trémouille dans l'exercice de la charge de procureur fiscal général du comté.
« Feu M. René le Moyne, vivant seigneur de Juigny, a entré dans l'exercice de cette charge en l'année 1656 jusqu'en 1688. Deffunt M. René le Moyne son fils lui a succédé.
« Ledit sieur de Juigny père pendant tout le tems de son exercice a rendu une infinité de services considérables à la maison de la Trémouille.
« Monseigneur le prince de Tarent e ayant entrepris l'ac- tion en cassation de contrat et d'acquest qu'avait fait M. de Servien de la forêt de Bouère dépendant dudit comté, que deffunte madame de la Trémouille luy avait vendu, il requit le sieur de Juigny de faire tous les contredits des usages que les particuliers prétendaient dans cette forêt, ce qu'il fît, sol- licita le procès à la cour et obtint un arrest au mois de sep- tembre 1666 au rapport de M. Colbert par lequel on est ren- tré dans la possession de cette forêt.
« Ledit sieur de Juigny a fait un papier terrier des neuf chastellenies qui composent ledit comté, au moïen duquel il a fait revenir tous les sujets qui de temps immémorial s'en étoient soustraits et les a fait obéir et reconnoître les rentes et devoirs dont il en est revenu des sommes considérables à la recette dudit comté.
« Ledit s"" de Juigny a passé, désintéressement, plus dé cinq
1. « Mort le 27 aoust 1718 et inhumé dans le cimetière de la paroisse de Changé »
- 83 -
années à la confection dudit papier terrier pour lequel Mon- seigneur le prince de Tarente lui avoit promis 3000 liv. qu'il n'a pas exigées.
a Les huissiers de la chambre des comptes de Paris venoient tous les ans à Laval pour saisir led. comté faute d'aveu au roy, le sieur de Juigny en a fait un conforme au temps et état de la seigneurie du comté de Laval.
« Ledit sieur de Juigny lors de la révocation du droit de nomination aux offices royaux dudit comté alla trouver à Tours M. de Ribère intendant qui persistait à la révocation de ce droit ; après plusieurs conférences il fit en sorte que ledit intendant donna son consentement pour la confirmation de ce droit sur lequel est intervenu le dernier arrest qui le rend incontestable.
« Ledit sieur de Juigny a géré toutes les affaires particu- lières de monseigneur le prince de Tarente dans ledit comté, a reçu et t-enu compte de 56214 liv. sans en avoir emploie un sol dans ledit compte pour ses peines et a été le plus souvent en avance de 3 ou 4000 livr. et au 6 juin 1668 il consigna pour M. le prince de Tarei^te une sommt de 2183 liv. de ses pro- pres deniers sans qu'il ait été payé des intérêts qui lui es- toient deubs jusqu'au 4 mars 1673.
« M. le prince de Tarente estant à Boislerue d'où il ne pou- voit sortir faute d'argent pria ledit s"" de Juigny de lui prester la somme de 10700 liv., il la luy fit toucher dès le premier ordinaire du courrier, cette somme n'a été rendue que deux ans et demy après. M. le prince de Tarente, madame sa femme, M. le comte de Laval, abbé, M. le duc de la Tré- moïlle passans ordinairement à Laval et y sejournans, ont toujours été dans la maison du s' de Juigny où il les a receus et toujours noris avec leur train et équipage.
« Madame la princesse de Tarente y a demeuré malade pendant deux mois et huit jours et y avait toute sa maison avec elle. »
JACQUES NEPVEU DES SALES
avocat au parlement, lieutenant général 1609.
Cité par le Blanc de la VignoUe.
- 84 -
PIERRE NOURRY, S. DE FOUGEROLLES
conseiller du roi, lieutenant de Laval 1618
Pierre Nourry, s. de Fougerolles, gentilhomme dans la maison du roi, était fils de Pierre Nourry, arquebusier et de Marguerite Gandouin. Il épousa demoiselle Louise le Long et fut assesseur de la maréchaussée de Lavais
JOSEPH LE PENNETIER DES SALLES
juge de police 1748
Fils de Urbain-François le Pennetier des Salles, avocat au Parlement, bailli d'Ernée, et de Marie Fourreau, enterré aux Cordeliers le jeudi 5 avril 1736.
Il succéda dans la charge de juge de police à M. Pierre Letourneurs.
« Le 23 mars 1748, M. Joseph-François le Pennetier, s. « des Salles, avocat au Parlement, a été reçu et installé dans « l'office de juge de police au siège ordinaire.
« Il a été fait plusieurs compliments. Le sien a été bien « débité et a eu les applaudissements de tout le monde. « Après avoir prononcé son installation, je me suis contenté « de lui dire : Venez, monsieur, remplir une place qui vous « a été donnée avec distinction, où le public vous a souhaité « avec ardeur et que vos confrères seront charmés de vous « voir posséder à l'avantage de leurs concitoyens.
« Il refusa que les tambours de ville et les gardes le rame- « nassent en sa maison, afin de ne pas renouveler les anciens « chagrins de M. Hardy, maire, qui a été autrefois destitué a de cet office. Cette politique et ce ménagement furent très « approuvés. »
« Sur l'ordre de Madame la duchesse de la Trémouille, il « fit étalonner à Paris tous les poids et mesures nécessaires « pour le service de la ville, sur les patrons de la ville de « Paris. On les déposa au greffe du siège ordinaire (1748).
« M. Joseph le Pennetier, juge de police, est décédé, non
1. Registres de Saint- Vénérand.
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« marié le 3 mai 1765. Le public a fait une perte irréparable. a II était intègre et désintéressé, très zélé pour l'intérêt du « commerce et des manufactures et pour la conservation de « la police de cette ville.
a Les ordonnances de police qu'il a rendues, les règle- « ments qu'il a fait rédiger, publier et imprimer qui règlent, « constatent et ajoutent les poids et mesures, les aulnes, les a boisseaux du minage et du marché, les fonctions qu'il a « décorées et innovées en sont des monuments authentiques « et doivent conserver sa mémoire à la postérité. »
« Tous les officiers du siège ordinaire ont assisté à sa sé- « pulture. M. René Seigneur, doyen, portait le sceau et qua- « tre avocats les cornières du drap mortuaire. M. Jean de « Launay des Scepeaux lui succéda *. »
Armes : d'argent à une gerbe de blé de gueules liée d*ar^ gent ^.
RENÉ PICHOT DE LA GRAVERIE
conseiller du roi, juge ordinaire civil, procureur du roi au
siège des traites foraines de Laval
1745.
Les Pichot sont originaires du Buret ou Juliot Pichot habi- tait en 1399 le lieu de la Marchandière. Il en rendait aveu à la châtellenie de Meslay le 22 février dans un aveu conservé au trésor du château de Laval ^.
M. René Pichot de la Graverie naquit le 17 septembre 1690 de M. René Pichot de la Graverie et de demoiselle Renée Hardy. Son parrain fut François Hardy de la Bellangerie ; sa marraine : dame Françoise le Clerc *.
Il épousa, le 22 avril 1720, demoiselle Marie Guays, fille de François Guays, s. du Flécheray, avocat et de Françoise Chasteigner. M. Bureau, curé de la paroisse, les maria. Marie Françoise Pichot, sa fille, épousa le 16 décembre 1739, Mi-
1. Pichot de la Graverie.
2. Armoriai mns.
3. Mém. généal. t. 4.
4. Registres de la Trinité.
- se -
chel-Jean du Mans, écuyer, seigneur de Chalais, du Bourg- l'Evéque et de Simple \
Il succéda en 1745 à M. Daniel Gaultier de la Villeaudray. M* la duchesse de la Trémoïlle lui accorda d'entrer gratuite- ment dans la charge de juge ordinaire et le nomma en même temps sénéchal de toutes les baronnies du Comté.
Lors des troubles qui eurent lieu à Laval pendant l'admi- nistration de M. le Long, les habitants de Laval le députè- rent à Paris avec M. Hardy de Lévaré pour demander la liberté des prisonniers retenus injustement, et soutenir les intérêts de la ville en demandant un règlement pour l'admi- nistration de la maison de ville et la libre nomination d'un maire. M. Pichot était un avocat et un jurisconsulte distingué ; il a laissé plus de quinze volumes in-folio presque tous écrits de sa main. Ce sont des recueils de sentences, d'arrêts, de mémoi- res, consultations, plaidoyers, etc. et plusieurs généalogies. Il a su recueillir et conserver les matériaux de notre histoire locale. Son recueil de sentences est parsemé d'anecdotes sur les familles, la ville, les paroisses, les fabriques et les hôpi- taux ^.
Nous reproduisons ici ce qu'il dit de lui-même dans son recueil de sentences :
a Janvier 1727. — J'ai remarqué qu'il m'était plus avarita- « geux d'employer à l'avenir mon travail et mon étude du « matin depuis cinq heures jusqu'à sept heures à travailler « sur les questions de droit qui me sont proposées ou qui se- « ront agitées dans les conférences et à répondre aux mémoi- « res des consultations, dont j'insérerai les décisions avec les « principales raisons et moyens de droit dans ce recueil, « ayant reconnu par expérience que c'est l'étude la plus utile ({ et la plus nécessaire pour ma profession et de donner le « reste de la journée à l'instruction des affaires du palais. »
Il continue ainsi :
a Maître René Pichot de la Graverie était né en 1690. Il a commença l'étude du droit françois et la pratique du palais « à l'âge de 18 ans. Il travailla dans l'étude de MM. Gougeon
1. Mém. généal , t. 4.
2. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 295.
- 87 —
et Jamau avocats à Angers. En 1712 il fut reçu avocat au siège ordinaire du Comté-Pairie de Laval ; il venoit d'obte- nir ses licences en l'Université d'Angers, au mois de juin de la même année.
« Le 27 décembre 1727 lors de son voyage à Paris en qua- lité de député des habitants de la ville de Laval pour sou- tenir le procès du règlement de l'Hôtel-de-Ville contre M. le duc de la TrémoïUe et le s"^ le Long juge civil, il fut reçu avocat au Parlement de Paris.
« En sa qualité de député il eut plusieurs audiences de M. le Cardinal de Fleury, premier ministre, de M. le comte de Saint-Florentin et de M. le Pelletier des Forts, contrô- leur général. Il remplit la même mission en l'année 1729 et obtint le 20 |août un arrêt du conseil. Il a laissé une rela- tion très détaillée de ses deux voyages. « M. le duc de la Trémoïlle le chosit et nomma sénéchal de plusieurs châtellenies dépendant du comté ; Montjean, Courbeveille et la Gravelle. Il le fut aussi des châtellenies de Ruillé à M. de la Planche, de la Patrière à M. Berset, juge criminel, de l'Epéchère à M. Foureau ; d'Andouillé, du Bois-Thibault, des fiefs de Maritourne, des Essard? , de Pannard, de la Jarossais, du prieur d'Avesnières, de Beau- vais, du Manoir, des Touches, du Bois-Bureau, de la Salle- Glatigny, de Gresse et de Saint-Céneré. < Il fut procureur fiscal des châtellenies de Chemeré-le- Roy, des fiefs de Sainte-Catherine, de Saint-Tugal, de la Houssaye, de la Rongère, de la Villeaudray, de la Trous- sière et du Port-Raingeard.
« Les avocats le nommèrent sindic de leur communauté le 19 mai 1728 ; il y fut continué pour trois ans le 19 mai 1731. Il fut nommé directeur de l'hôpital général le 20 août 1728 et continué pour quatre ans le 12 septembre 1732. « Reçu le 17 décembre 1728 avocat au siège royal. En 1730 il obtint des provisions de l'office de conseiller et pro- cureur du roy au siège des traites de Laval et fut reçu, par M. de Farcy de Mué, président du siège. « Le 7 juillet 1737 il fut nommé procureur marguiller de la paroisse de la Sainte-Trinité de Laval. « Le 17 may 1745, il fut reçu juge civil et maire de Laval.
« Par jugement souverain rendu à Tours le 13 décembre « 1752 il fut renvoyé absous de l'injuste et téméraire accusa- « tion intentée contre lui. Par un autre jugement souverain « rendu à Tours le 11 juin 1754, les faux-témoins qui l'a- « valent accusé furent condamnés à faire amende honorable « et à être marqués et à 9 années de galères. »
En 1755, M. Pichot de la Graverie fut nommé secrétaire et président d'un cercle de société fondé pour neuf ans dans une propriété située rue des Chevaux, et appartenant à M. le Clerc de Vaumorin*.
M. Pichot de la Graverie mourut en 1768.
Armes : d'azur à Voiseau essoi-ant d'un nuage au centre de Vécu^ regardant un soleil d'or posé à droite une mer d'argent en abîme ^.
ROBERT PINCZONNEAU, S. DE LA BROCHARDIÈRE
lieutenant particulier 1556.
Nous relevons son nom comme témoin en 1556, le 12 mars, d'un accord passé entre Anne de Cotteblanche, mère abbesse de Patience, et Jacques Gaulchery'.
Le 18 février 1567 il signe une Pancarte concernant les statuts et ordonnances de la Prévôté de Laval.
Il fut député par les gens du Tiers-Etat de Laval aux Etats généraux de 1560. Il était chargé avec Estienne Journée, Jean Bodier, Jean Gesland, Thomas Duchemin, Jacques Ma- rest, PierreAudouin et François Arnould de présenter le cahier des doléances *.
Son père fut élu à Laval : G. le Doyen nous apprend sa mort en 1525 :
« Incontinent et peu après
« Robert Pinczonneau eust l'accées
a Luy et sa femme prindrent fin
1. Guittet de la HouUerie.
2. Mém. généal., T. 4.
3. Rech. hist., T. 15.
4. Rech. hist., T. IS.
- 89 -
« Il estoit saige homme et affm
a De Monsieur et de son conseil.
« Honneste homme estoit à merveil
a Et mourut esleu de Laval
« Dieu garde leurs âmes du mal. » Il épousa Renée Tartroux vers 1540^ et eut un fils Pierre Pinczonneau de la Brochardière « qui a laissé des « poésies manuscrites qui sont restées dans le cabinet de « M™® de Poligné, près Laval, surnommée de Beaumanoir, « sœur de M® de Lavardin, à laquelle il les avait dédiées *. » Sa fille Jehanne épousa Adam le Camus, écuyer '.
RENÉ DE LA PORTE, S. DU MANOIR
juge ordinaire civil et maire perpétuel 1684
Fils de Jean de la Porte, seigneur du Manoir et de Marie Cazet ; il épousa Jeanne Greffin et mourut le 7 septembre 1706*.
Une de ses sœurs, Marie-Angélique, avait épousé le 22 avril 1671 Louis-Joseph, comte de Montécler, gouverneur de Laval en 1672 ^. « René de la Porte devint juge civil ordi- « naire en 1684, la charge de juge criminel et de police ayant « été distraite par lettres patentes de 1683.
« Pendant vingt-deux ans que donna son gouvernement, « il donna des preuves éclatantes d'un jugement profond et « solide et d'une droiture à l'épreuve de toute prévention, « d'un désintéressement parfait et d'une régularité de « mœurs qui ne se démentit jamais.
« Il concourut à procurer le règlement de la manufacture a des toiles de Laval de l'année 1688, l'établissement de « l'Hôpital général dont il fut le premier directeur, et l'arrêt
1. Registres de Saint- Vénérand.
2. La Croix du Maine (note de G. le Doyen).
3. Registres de Saint- Vénérand.
4. Mém. généal., T. 4.
5. Ibid.
- 90 -
a du Parlement contre des juges consuls d'Angers du 17 août « 1697*. »
René de la Porte était capitaine du château et colonel de la milice.
Armes : de gueules à trois merlettes d'argent 2 et i^.
JACQUES RAHIER
juge ordinaire 1574.
Il est cité le 23 juin 1589 dans un aveu de François de By- ragues pour Entramnes à Ghâteau-Gontier.
(Nous prions le lecteur de se reporter aux Enquesteurs de Laval, p. 224).
PIERRE SÉVIN DE LA RIVIÈRE
juge ordinaire et criminel, lieutenant général 1678-1709.
Fils de Marin Sévin, écuyer, prévost de la ville de Laval. Mort en 1709.
Nous trouvons son nom comme signataire, avec Anne le Clerc, son épouse, dans un procès causé par le testament de François le Clerc, s. de Linières, frère servant d'armes de l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, décédé le 8 octobre 1667 à Paimbœuf-sous-Nantes au retour de ses caravanes *.
Armes : d'azur à la gerbe d'or liée de même.
JEAN SIMON, s*" DU TERTRE ET DU PLESSIS
Maire de Laval 1420.
Il appartenait à une ancienne famille de Laval alliée aux Frezeau, de Thubœuf, d'Orvaux, Pasquier, de la Porte, le Balleur, du Coëtlosquet, etc., etc.... son petit-fils. Jacques
1. Pichot de la Graverie.
2. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 128.
3. Le Blanc de la VignoUe.
I
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IP Simon du Tertre est qualifié d'écuyer à son mariage avec Roberde d'Orvaux, le 29 avril 1479.
Armes : D'argent à une montagne de sinople accompa- gnée en chef d'une scie de sable sciant cette montagne ^.
AMBROISE TARTROUX
lieutenant particulier 1532.
Il épousa Jeanne des Montils.
G. le Doyen nous apprend la mort de son père Jean Tar- troux en 1508.
« Et l'uytième du moys d'octobre
« Fust ung jour qui assez fust sobre ;
« Car cil Atropos, ung matin,
« Rendit à Jehan Tartroux la fin
« Homme notable et de conseil
« Devant Dieu soit son appareil. »
FRANÇOIS TARTROUX
lieutenant ,génér al 1568.
Il fit la convocation des trois états du comté de Laval, le 31 septembre 1576 pour les Etats généraux ouvers à Blois le 6 décembre 1576 ^
Son fils Pierre Tartroux fut archidiacre de Laval en 1601.
PIERRE TOUSCHARD
lieutenant- général des exempts 1624.
Fils de Claude Touschard receveur des traites et de René Martin. Il naquit en 1597 et épousa Marie Arnould ^
1. Mémoires généalogiques, "ï. IV.
2. Rech. hist., mns.
3. Registres de la Trinité.
AMBROISE TOUSCHARD
conseiller du roi, juge des exempts, juge royal à Laval 1656.
Fils du précédent. Il naquit en 1630 et épousa Marie le Clerc*.
Nous trouvons son nom :
En 1662. Dans un arrêt du conseil des officiers du siège ordinaire de Laval en date du 9 mai ^.
En 1672 . Le Blanc de la Vignolle le cite au nombre des officiers du tribunal des exempts ^.
En 1685. Dans une sentence rendue le 3 avril, donnant à demoiselle Anne Guillot la possession de la chapelle de la Caillebourdière *.
En 1697. Dans un aveu du Prieuré de Saint-Martin pour des terres et jardins situés à la Pirauderie et à la Valette (rue du Lycée ^) .
Il portait comme armoiries : d'argent à une bordure d'a- zur chargée de ces deux mots : unica virtus.
PIERRE TOUSCHARD DE SAINTE-PLENNE
juge royal 1736.
Fils du précédent. Marié à Anne Chapelet et à Rose Du- chemin. Mort en 1739 le 18 avril ^
Il était notaire à Laval et laissa sur le chapitre du Cime- tière-Dieu ou Saint-Michel un mémoire composé pour un procès entre ce chapitre et le prieur de Saint- Vénérand '.
{La fin à la prochaine livraison).
Louis DE LA BeAULUÈRE.
1. Ibid.
2. Rech. hist., T. 9, 13, 14, 17.
3. Ibid.
4. Ibid.
5. Ibid.
6. Registres de la Trinité.
7. Comm. et Chap. de Laval.
NOTICE
SUR LES SEIGNEURS DE VAUTORTE
(Fin).
IV
SUITE DES SEIGNEURS DE VAUTORTE. DEUXIEME ET
TROISIÈME BRANCHES DE LA MAISON DE LA PERRIÈRE
Simon Auvé, chevalier, seigneur de Sougé, de Brous- sin, de la Perrière et de Vautorte, « constitue, nomme, ordonne et establit, en 1463, ses bien amez Jehan de Beaumont escuyer, Johan Thabort, Pierre de Launay, pour estre ses procureurs à rendre foi et hommage aux seigneurs de Bazeilles et de Daviet. »
Le vieux serviteur du roi d'Angleterre fut donc comme par le passé propriétaire de Vautorte, ou au moins le chargé d'affaires au nom des héritiers après la mort de Marguerite qui dut arriver cette année-là 1463. Cette dernière opinion doit être la vraie, puisque le testament de Marguerite rapporte par quelques-unes de ses expressions, son héritage aux de la Perrière. Au- cune des généalogies de cette famille n'a pu éclairer au sujet de ses héritiers. Elle-même n'y est pas nommée. Cherchons-les toutefois.
Le testament de Marguerite nous révèle d'une ma- nière certaine son principal héritier. Il est dit dans le
7
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codicille du 16 septembre 1463, à son testament du 15 octobre 1462 : « Item je veil et ordonne que mon livre « soit baillé à la femme de Collinet de la Perrière « pour le garder à lasge de son filz aesné qui sera « mon héritier pour prier Dieu pour moy. » Gomme Marguerite, dame de la Perrière et de Yautorte, dans son testament non plus que dans le codicille, ne dispose nulle part de sa fortune en général, il est évident que l'ensemble de son héritage va aux parents naturels, et que son héritier principal est un mineur, fils aîné de Colin ou Nicolas de la Ferrière, et aussi tout Faîne de la noble maison de la Ferrière.
Cet héritier et son frère, il en avait au moins un, Ro- bert de la Ferrière, demeurèrent sous la directe de tu- teurs et exécuteurs testamentaires : ils étaient au moins deux de la famille Auvé, et c'est pour cela sans doute, comme aussi dans les intérêts de sa propre maison, que Simon Auvé s'occupa en 1463 de la seigneurie de Vautorte qu'il traitait comme sienne.
Douze ans plus tard, cette terre était en déshérence, probablement par la mort du jeune La Ferrière, ou par celle de Simon Auvé. Les documents nous abandon- nent quelque peu ici. Mais quoi qu'il en soit la mort en cette année ou peu auparavant, du seigneur de Vau- torte, occasionna des embarras. Par sentence donnée es assises de Mayenne le 4 octobre 1474, Pierre de Pannart, sénéchal, Pierre de Gotteblanche, lieutenant de monsieur le bailly, rendirent ses droits sur Vautorte au sieur de Daviet, noble homme Hugues d'Arquené, escuyer, à cause qu'il avait observé par Denys Sergent son procureur, « que partye de la terre de Vautorte te- « nant de luy est depuys cheues en rachact. . . . que « toute la terre de Vautorte avait été prinse et saisie « en la main de monsieur^. »
1. Archives de Fresnay, Bourgneuf-la-Forêt.
- % -
Peu après, toute la seigneurie était rentrée dans son état normal et se trouvait entre les mains d'un des fils de Colin de la Perrière, nommé Bertin, autrement Ro- bert de la Perrière.
Il importe de reprendre la généalogie d'une aussi intéressante famille, à commencer par le grand père de ce Robert.
Gaultier de la Perrière, chevalier, seigneur en partie de la Perrière, l'un des fils cadets de Jean, sei- gneur de la Perrière et de Vautorte et de Jeanne de Mallemains, dame de Saint-Hilaire-du-Harcouët, bien loin d'imiter du Guesclin son parent, son frère aîné Ro- bert, et Bertrand de la Perrière son autre frère, l'un des plus braves amis et compagnons d'armes d'Am- broise de Loré, se jeta dans le parti des Anglais. En- fants perdus de la révolution d'alors, les cadets de famille, d'une humeur souvent batailleuse, cherchaient fortune en se faisant chefs de bandes. Notre Gaultier se maria très tard, le 2^ ioiir de feuhvrier lan IkTl avec Lyomielle de Pacy^ fille d'Anioult de Pacy^ sei- gneur de Clerc. « Iceluy Gaultier fut pris à la bataille « de B auge par la Frayètte général de l'armée du « roy de France^ comme il se voit par lacquit de sa « rançon^ signée du Buart et scellée^ en datte du 3 « ianvier 1^23. Iceluy Gaultier se qualifie gouverneur « de Mante pour le roy Dangleterre. Il ut de Lyon- nelle de Pacy ^ :
1. Dans ces mêmes années, un frère de Gaultier, Bertrand de la Ferrière, servait en héros le parti français. En 1429 Messire Ambroise de Loré, chevalier, conduisit des vivres et des habille- ments de guerre en la ville d'Orléans, ainsi que Bertrand de la Ferrière (Abbé Desroches, p. 345). On sait que Jeanne d'Arc, as- sistée de nos preux, fit lever le 8 mai le siège que les Anglais faisaient subir à cette ville. — Le 25 du mois de septembre 1429, Bertrand de la Ferrière, Raoul du Bouchet, seigneur de la Haie de Torcé et de Méral, et Jean de Villiers du Hommet. seigneur du Hommet, de la Bérardière en Méral, de Saint-Péan alias
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1^ Nicolas, autrement Colin, ou Collinet de la Per- rière, qui suit :
2^* Ghristofle de la Perrière, seigneur de Cuves, puis de la Perrière ;
3" Jean, seigneur de Vautorte, eut pour fils aîné Guy de la Perrière, seigneur aussi de Vautorte. Les titres de Presnay, où je prends ces renseignements, indiquent au juste les qualités des deux frères Christophe et Jean, par rapport à Vautorte : Christophe était seigneur de la Perrière et de Vautorte ; Jean et son fils aine Guy étaient seigneurs usufruitiers de la même terre. Jean de Vautorte épousa Marie d'Aron. En 1483 le pénultième jour de mars, ils acceptent de Raoul Le Porc, seigneur de Charné, de Baseilles et de la Tour-Eumond, la somme de 120 livres pour l'amortissement de la taille due à Vautorte par la Tour-Eumond, par devant Jehan de Vahaie, notaire de la cour d'Ernée. Cette taille était de huit livres ^
Messire Pierre Le Porc, chevalier, seigneur de la Tour-Eumond, avait rendu son hommage à la dame de Vautorte '^. Le 3 avril 1486, foi et hommage de Jean Le Porc pour la Tour. Le 16 août 1500 foi et hommage de
S. Poix près de Méral, etc., reprirent par adresse sur les Anglais, la ville de Laval, que ceux-ci avaient enlevée le 9 mars de l'année précédente. Pendant qu'ils en étaient maîtres, ils avaient Brûlé les châteaux de Saint-Ouen, de la Gravelle et de Montjean, au mépris d'une trêve conclue (D. Piolin, 5, p. 92). Les noms sont mal écrits : je les ai rectifiés dans l'inté- rêt de notre histoire locale. — Bertrand de la Perrière avait assisté à la défaite des Anglais devant Sainte-Suzanne au Maine avec Ambroise de Loré a et à la prise de la ville du Mans « (1^26), par le seigneur d'Orval conducteur de l'armée du roy « de France comme Von voit par la composition desdicts habi- « tans du Mans qui rendirent la ville, et est signée en papyer « dudict F. (G.) a'Orval, de Loré, de la Ferrière, G. de Bouille^ « R. de Goé, A. Daverton et autres tant François qu'habitans. » (Généal. manuscrite de la Perrière). Lepaigne, II, 164, ajoute les noms de La Hire, de Bueil, des Groix-Tussé.
1. Archives de Presnay.
2. Ibid. C'était à Marguerite de la Perrière.
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Guy de Bourgon pour François Le Porc dont il était tu- teur, pour la Tour.
4^ Robert de la Perrière, marqué dans la généalogie manuscrite comme frère aîné de Jean et frère cadet de Christophe, enfants de Gaultier et de Lyonnelle de Pacy. Rien de plus sur son compte.
b'' Henriette de la Perrière, mariée à Guy Achard, seigneur de Clessy K
COLLINET ou NICOLAS DE LA PeRRIÈRE, écuycr,
épousa noble damoiselle Perrette Le Viconte, dame du Boishibout, Deuillée-le- Vicomte, près Lisieux, et du Mesnil-le-Vicomte. Elle était veuve avec plusieurs en- fants dès l'époque du testament de Marguerite de la Perrière, 1463, et est signalée en le même état et con- dition dans un contrat de bail à rente du 29 juin 1482, qui n'a d'intérêt pour nous que ces circonstances et les noms des témoins, savoir, Ambroys de Langrunière, seigneur dudit lieu, Jehan Boussapeie et Jehan de la Perrière, seigneur de Vautorte, et Michel Coullange, pa- roissiens de Vautorte. Passé en cour d'Ernée. (Par- chemin 2),
Robert III de la Perrière, écuyer, seigneur dudit lieu et de Vautorte, etc., ne put avoir d'enfants pour les raisons qui vont paraître ci-après. Nous le prenons, à cause de ses qualités et du testament précité, pour le fils et principal héritier des précédents, et le principal héri- tier de Marguerite de la Perrière. Il fut marié avec de- moiselle Marie de Bures 3.
1. Généal. man.
2. Papiers de la Perrière. Cabinet de l'auteur.
3. D'une famille du Maine, baronnie de Sillé, qui a fourni de très illustres croisés. Ils étaient de Neuvy en Champagne (Sar- the) où était leur château de Bures. Eudes de Bures fut l'un des
flus illustres abbés de la Couture sous l'épiscopat d'Hildebert. 1 avait un Guillaume de Bures parmi ses religieux. Hugues de Bures, chevalier, 1210, Guillaume de Bures, 1224, paroissiens de Neuvy en Champagne, donnent des chartes en faveur de la même abbaye.
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« Le V® jour de desembre lan mil IIIP*^ sixante et saize, Julien Lebir garde des seaulx des obligations de la viconté de Damffront au Passais, par devant Guil- laume Gaudin et Jehan Hesnart, tabellions jurés, fai- sait connaître que noble et puissant signour Robert de la Perrière, signour du lieu, mary et espous de noble et honnouré damoisselle Marie de Bures, iceluy es- cuyer, signour de Bures et de Neusille, par raison de ladite damoiselle... voyant et évidemment cognoissant que icelle damoiselle na auchunement bon vouloir de soy aprocher et venir demourer ovaiques luy sur ses terres et signouris ou en auchunes de icelles ne au- chunement accomplir la loi et promesse du mariaige faict et consommé entre eulx et mesmes que icelle da- moiselle a resceu et mis à son proffis ainsy que bon luy a semblé lespace de quinze ans touttes les rentes de iceulx ses héritages sans que celuy escuyer en ayt eu quelque chose combien quil ait somme et fait re- quérir icelle damoiselle de obéir et entendre aux cho- ses dessus dictes... révoque et du tout annule la pro- curation qu'il lui avait donné pour iceulx ses biens, et choisit pour ses procureurs généraulx et certains mes- saigers especiaulx cest asavoir Ghristofle de la Per- rière, Jehan de la Perrière, Guillaume de Palaisse, Guillaume de la Palu, Guion de Neusille tous escuiers et misire Jehan Grosse prebtre et Guillaume Gaudin *. »
SECONDE BRANCHE CADETTE DE LA MAISON DE LA FERRIÈRE ; SEIGNEURS DE VAUTORTE
Christophe de la Perrière, écuyer, seigneur de la Perrière, Vautorte, etc., second fils de Gaultier de la
1. Pièce en parchemin signée G. Gaudin.: Titres delà Ferrière.
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Perrière et de Lyonelle de Pacy, avait été seigneur de Cuves, d'abord comme premier cadet de sa maison, avant d'en être le chef et principal héritier. Depuis longtemps déjà sa branche avait la jouissance de Vau- torte et Jean, son frère, y demeurait et en jouit ainsi que Guy de la Perrière, son fils, comme seigneurs usu- fruitiers, ainsi que cadets nobles observent les titres, mais assurément sous le parage de Robert. Toutefois, nous l'avons vu, Jean de Vautorte usait assez librement de la seigneurie et plus tard certains de ses actes furent cassés. Christophe, devenu le seigneur de la Perrière, prit les deux tiers de Vautorte et laissa l'autre tiers à Jean, puis à Guy : les héritiers de Christophe, ses en- fants, ne tardèrent point à reprendre possession de toute la terre tant par procès qu'arrangements de famille.
Christophe de la Perrière fut marié, l'an 1463, avec Simeonné d'Harenville, fille d'Alain de Harenville, sei- gneur de la Ferté-Presnay. On lit aux archives de Goué, dans un contrat en parchemin passé en cour de Bourg- nouvel, que noble homme Jacques de Harenville s'ac- quitte, le 7 avril 1513, d'une somme de sept vingt-sept livres dix sols dont il était redevable à noble homme Guyon de la Perrière, qui alors demeurait en la ville de Lentriglee au duché de Bretagne. Ce titre prouve que les généalogistes qui ont écrit que Christophe épousa une de Haranvilliers ont commis une erreur.
Ils eurent pour enfants :
l*' Bertrand de la Perrière, qui suit.
2" Jean de la Perrière, s. de la Boucherie et Rouillon, duquel descendent les seigneurs de Vernie, barons d'Am- brières.
3** Ambroise de la Perrière, marié à Guillemine d'Ho- zier, de laquelle il n'eut aucun enfant puisque ses biens furent partagés entre Bertrand, Jean et Robert ses frères : il était seigneur de Vaulandrons et de Creville.
4'* Robert de la Perrière, seigneur de Cuves, marié
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à Cécile Paisnel, fille de la maison de Hambie et Ser- von, l'an 1488.
5** Françoise, mariée à Samson Turquet, seigneur ba- ron de Lucé et de Tessé-sous-Andaine, Fan 1489.
Bertrand de la Perrière, chevalier des ordres du roi, gouverneur du Craonnais, de Ghâteau-Gontier et de Chartres, seigneur de la Perrière, Vautorte, Saint- Pront, Le Menil, Bulou, Chemainville et autres terres, épousa Françoise d'Aligny, fille de Jean d'Aligny et de Marguerite d'Avaugour, seigneur et dame de la Roche- mabille, le 7 mai Fan 1482. Devenu veuf, Bertrand de la Perrière se remaria à demoiselle Anne ChoUet, fille de Jean et de Jeanne d'Anfreville, laquelle Anne vivait en 1525 avec Geoffroi Patrix, son second mari^
Bertrand de la Perrière obtint du parlement de Paris un arrêt fait par messire Brullart, à l'appui de son pro- cès contre Guyon de la Perrière, aussi seigneur de Vau- torte, à propos des rentes dues par Vautortq à Daviet. Bertrand mourut vers 1524, laissant des mineurs sous la tutelle d'Anne Chollet leur mère, de Gabriel de la Perrière, son fils aîné, et de René de la Perrière, prê- tre 2.
Enfants de Bertrand :
l*' Gabriel de la Perrière, dont l'article va suivre ^.
2^ Jacques de la Perrière, qui suivra^.
3** Bertrand de la Perrière, marié à Roberde de Poli- gny, dont il eut trois fils, savoir : Robert, Edmond et Guy 5.
1. Arch. du château de Fresnay. — Le Père Anselme : article Chollet. Ce généalogiste nomme le mari d'Anne Chollet, Bertin de la Ferrière, sieur de Vautorte.
2. Arch. de Fresnay.
3. Titres auth.
4. Jbid.
5. Généal. manuscrite.
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La généalogie manuscrite de la Perrière, document précieux, mais qui ne peut être accepté dans ses détails scientifiques qu'avec réserve, nomme encore comme en- fants de Bertrand : René, seigneur de Ghemainville, Nicolas, seigneur de Boisthibault, qui épousa Perrette Le Vicomte, dame du Mesnil-le-Vicomte près Lisieux*; Luce de la Perrière, religieuse à Almenesche ; Marie de la Perrière, mariée à Simon de Neufville, seigneur de la Garnaille.
A propos de René de la Perrière, seigneur de Ghe- mainville, l'auteur de cette généalogie ajoute : que ce seigneur « gouverneur de Chartres espousa Jehanne « de Flavières^ il ut délie Gabriel seigneur de Paille- « pray qui avet espouzé Marie de Grimouville dame (( et héritière de la baronnie de Larchant de laquelle « il nut qun fils noyé dans les fosses de Larchand : « mais en secondes nopces il espouza laqueline de « Falaize de laquelle il ut René de la Perrière^ sei- « gneur de Paillepray qui a ' espouzé lanne de la a Ramée, duquel est sorti René de la Perrière signeur « de Paillepray qui a espouzé Marie des Pres^ fille a de des Près et de Marie de la Blynaye signeurs et « dames de Larchat : et n.y a plus que ledit sieur de « Paillepray de la maison de la Perrière. »
Gabriel de la Perrière, seigneur dudit lieu, Guves, Vautorte, etc., passa en cour de Bourgnouvel, le 7 août 1524, lui et Anne Ghollet, veuve de Bertrand de la Per- rière, représentés par messire René de la Perrière prê- tre, une transaction avec Guy, seigneur d'Arquenay, au moyen de laquelle celui-ci, seigneur de Daviet, fait re- mise au dit Gabriel, seigneur de Vautorte, de la rente annuelle de 15 livres 6 sols que Vautorte devait annuel- lement à Daviet, sur 15 livres 7 sols. Partant le dit
1. Faux : degré en retard : voir ci-dessus.
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sieur de Vautorte ne devait plus que douze deniers de devoir à Fangevine au seigneur de Daviet. Déjà du temps de Jean de la Perrière, s. de Vautorte en partie, les devoirs de Vautorte envers Daviet avaient été ré- duits, puisqu'au lieu de 27 livres 7 sols, le seigneur de Vautorte depuis lors (1483), n'avait plus payé que la somme de dix-neuf livres.
Gabriel de la Perrière céda Vautorte à son frère Jac- ques, s. de Bulou, chef de la troisième branche cadette apanagée de cette terre et seigneurie.
De son mariage avec Prançoise de Montchauveau, fille d'Ambroise, 14 juin, Fan 1521, Gabriel de la Perrière laissa :
l*' Pierre de la Perrière, qui suit ;
2** Joachim, qui fut prêtre ;
3^ Jeanne, mariée le 4 janvier 1548 à Jean de Palaise seigneur de Bernay et de Batilly. dont Joachim de Pa- laise, seigneur de Bernay, Batilly, la Perrière à cause de sa mère, qui épousa Roberde de la Vigne le 9 février 1587, dont Gabriel de Palaise, lieutenant des gardes du corps de Louis XIII, sans enfants de Prançoise de Proulay, son épouse, fille de René, comte de Tessé, ba- ron de Vernie et d'Ambrières, seigneur de Saint-Praim- bault, Goesmes, Saulçay, Vaussay, Saint-Denis-de-Gas- tines, Montflaux, etc. Marie de Palaise, sœur de Gabriel, épousa Claude de Goué.
Pierre de la Perrière, seigneur dudit lieu, fut ma- rié le 6 mai Fan 1553 à demoiselle Charlotte d'Orton- villiers, veuve de feu messire Guillaume du Griplet, ba- ron de Messey et de Gorron, etc., duquel mariage ne sont issus aucuns enfants et partant la succession vint à Joachim de la Perrière, prêtre, puis à Jeanne de la Perrière, leur sœur, aïeule comme nous avons dit de Marie de Palaise, qui laissa de Claude de Goué, sei- gneur dudit lieu et de Fougerolles, une postérité repré-
— 103
sentée de nos jours par M. le marquis d'Auray de Saint- Poix et sa famille.
VI
SEIGNEURS DE VAUTORTE DE LA TROISIEME BRANCHE CADETTE DE LA MAISON DE LA FERRIÈRE
Jacques de la Perrière, chevalier des ordres du roi, seigneur de Bulou au Perche, de Laulne et de Yau- torte, ne semble pas avoir joui d'une vie heureuse. Il épousa par contrat du 8 février 1543, passé devant Fran- çois Bastonneau et Vincent Maupeou, clercs notaires du roi à Paris, damoiselle Renée d'Aulnay, nièce du car- dinal du Bellay, de René du Bellay, évêque du Mans et des deux Langey, fille de messire Charles d'Aulnay, écuyer, et de Louise du Bellay, qui promirent bailler six mil livres tournois à leur fille, dont ils payèrent pré- sentement la somme de trois mil cinq cents livres en 447 escus soleils, 64 ducats, 10 nobles rose, 2 lyons, 1 royal, 1 phlus ', 8 mailles et le reste monnaye ayant de présent cours. Le reste devait être payé après Faccom- plissement du mariage. Le futur devait être tenu, pour le douaire de sa future, d'acheter des terres pour la somme de 4500 livres tournois jusques à la somme de 240 livres tournois de rente.
Le mariage de Jacques de la Perrière le rendait beau- frère de Jacques de Goué, seigneur de Pougerolles, qui avait épousé Gabrielle d'Aulnay. Le seigneur de Vau- torte écrivait au seigneur de Goué une lettre intéres- sante, assez peut-être pour être reproduite ici :
1. Un philippus.
— 104 —
« A monsieur mon frère, monsieur de Goué, « A Paris ou la part ou il sera.
« Monsieur mon frère je receu unne lettre que maves <c escripte par laquelle vous me mandez que vous aves « le moien de recouvrer de l'argent a Thiron pour me « baller ce que vous me feres fort grand plesir par ce « que je suis executté en mes biens ainsy que vous dira « Beauvoys auquel je donne charge de vous aller trou- « ver pour le vous faire entendre et donnerez bien ordre « si vous voullies a me faire ballier de l'argent parce « que monsieur de Mançon pour reson des quinze cens « francz qui vous doebt sont prestz a baller et me reste « seulement que vous ballies une quittance ou unne « procuration specialle pour baller la dite quittance et « sy vous la voulles envoyer a Besnardière on luy bail- ce lera l'argent et il le me ballera du reste s'y monsieur « du Mans ^ est à Paris je vous prye de parler à luy « pour le bénéfice de ceste paroisse et nonobstant que « nous y ayons bien droits siesse que je vouldrays bien « demeurer en la bonne grâce de monsieur du Mans. « Je vous supplye faire en cela y voulloir faire ce que « vesres qui sera nécessaire et jen feray aultant pour « vous quand il vous plera de memployer ou en aultre (( meilleure chose sy le cas se présente, mais je vous « supplye encores unne foys donner ordre que je soys « paye parce que je suys ruynné me recommandant à « vostre bonne grâce et supplye nostre seigneur.
« Monsieur mon frère vous tenir en bonne santé et « longue vie.
« E script de Vaultorte ce XIX juillet.
« Je vous supplye monsieur mon frère de baller à
1. L'évêque du Mans.
- m —
« Beauvoys à Paris vingt escus pour luy aisder en mes « affaires.
« Vostre meilleur frère et obéissant amy,
« J. DE LA Perrière. »
Cette lettre doit être de 1561, parce qu'en cette année-là Jacques de Goué recueillit de l'abbaye de Thi- ron au Maine ce qui revenait à l'héritage de feu le car- dinal du Bellay, ancien abbé de Thiron, oncle de Gabrielle et de Reliée d'Aulnay, femmes de Jacques de Goué et de Jacques de la Perrière.
On lit dans la Géographie ancienne du diocèse du Mans^ par Cauvin, page 199, qu'Anne du Bellay, sœur du Cardinal, mourut abbesse d'Estival en 1557, que Renée d'Aunai, nièce du même cardinal du Bellay, nom- mée par le roi, est dite abbesse du même monastère dans un acte du 20 janvier 1560, enfin qu'une Catherine de la Haie conduisait la même abbaye en 1582 après permutation. Notre Renée d'Aulnai écrit d'Estival en 1577 i.
Cette dame de Vautorte fut abbesse d'Estival, on le voit, du vivant même de son mari. C'est une singularité dont les circonstances seraient intéressantes à connaître. Qu'était devenu son mari ? Un Jacques de la Perrière, prêtre, vivait dans ce temps-là 2.
Chez le même auteur, même volume de \ Histoire de V Eglise du Mans, P^gG 407, on lit :
« Tant de provocations de la part des Huguenots, « amenèrent une recherche plus exacte des disciples de « la doctrine nouvelle. Un gentilhomme de notre pays « nommé de la Perrière, qui avait sujet de redouter ces
1. Voir L'Héritage et les héritiers du Bellay : Procès-verbaux et documents du Bulletin de la Société historique de la Mayenne, tome n, Laval, 1883, p. 223).
2. Dom Piolin, V, 408.
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« perquisitions, s'enfuit du Maine et chercha un asyle « à Paris. Il se logea au Pré-aux-Glercs, et ce fut chez « lui que se tinrent les premières assemblées de la Ré- « forme sous la présidence du ministre Jean Le Maçon « dit la Rivière, natif d'Angers. » Dom Piolin cite àl'ap- « pui de son curieux passage Théodore de Bèze, His^ « toire ecclésiastique des Eglises réformées^ liv. P"^, à « Fan 15551.
Ces particularités dignes de remarque m'obligent à ne pas omettre la transcription d'un acte en parchemin concernant les intérêts de ce ménage :
« A tous ceulx qui ces présentes lectres verront Je- « han Gheeulx escuyer licencié es loyx, conseiller du « roy notre sire en qualité de bailly de Bullou salut. « Scavoir faisons que par devant Louys de « tabellion juré... comparut en personne et en présence (f de moy soubz signé.... Noble damoiselle Renée Dau- « nay feme et expose de noble homme messire Jacques « de la Perrière, chevalier, seigneur de Bullou, parois- « sien de Vaultorte et le dict chevalier soubz escript la- « quelle a par ces présentes receu content en notre pré- « sence... la somme de huict cent livres tournois en or « de Jehan Desmaires marchand à Villiers... en des- « duction de ce que led. Jehan Desmaires peult debvoir « tant audit sieur de la Perrière envers noble homme <( seigneur Jacques de Goué pour lachapt des terres de « la seigneurie de Pensefollie... domaines... desd. sieurs « et de ladite dame.de laquelle somme de huict cens <( livres tournois ladite dame et ledit sieur de la Perrière « ont tenu et tenant quicte led. Jehan Desmaires et pro-
1. Il y avait dans le Haut-Maine une famille de la Perrière très adonnée dès ce temps-là aux idées nouvelles : consulter le dossier des certilicats de la noblesse du Maine en 1577, aux ar- chives de la Sarthe, et la brochure de M. Moulard à ce sujet. Les certificats édités précédemment dans le Bulletin de la Mayenne
§ar l'auteur de l'article ci-contre ne sont relatifs qu'à l'histoire u Bas-Maine.
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(( mectent par ces présentes lacquicter envers ledit sei- « gneur de Goué et tous aultres qu'il appartiendra... « le quatriesme jour de janvier lan mil cinq cens cin- « quante et neuf. »
Messire Jehan Gibot, vicaire de Bulou, était au nom- bre des témoins.
En 1577, Tabbesse d'Estival, Renée d'Aulnay, écri- vait à son neveu Ambroise de Goué qui demeurait à ce château, paroisse de Fougerolles, avec sa mère Ga- brielle d'Aulnai, une lettre assez intéressante où elle lui confie ses chagrins au sujet d'une personne (jeune fdle?) qu'elle nomme ironiquement sa bonne créature. On la lui avait confiée, mais elle s'était évadée, ce qu'af- fectait de regretter un autre personnage, le bon frère de cette bonne créature*.
On lui confia également Jeanne de Goué, pauvre jeune fdle, née posthume de Jean de Goué, seigneur de Fou- gerolles, tué en 1572 à Paris le jour de la Saint-Barthé- lémy, parmi les protestants et à côté de l'amiral de Co- ligny, son parent.
Jacques de la Perrière et René d'Aulnay, seigneur et dame de Vautorte, laissèrent trois enfants :
1" René de la Perrière, qui suit, seigneur de Bulon e de Vautorte.
2° Anne de la Perrière.
3" Françoise de la Perrière qui épousa Gabriel de Saint-Bomer, écuyer, seigneur de la Carnaille.
René de la Perrière, chevalier des ordres du roi, seigneur de Saint-Maurice, de Bullou, des Chastelets, de Vautorte, a été le dernier de l'antique et noble mai- son de la Perrière qui ait possédé les château, seigneu- rie et terre de Vautorte. Lui et ses sœurs les vendirent en 1575. En voici le résumé d'acte de vente 2.
1 . Voir L'Héritage des du Bellay^ Bulletin de la Commission historique de la Mayenne pour 1870).
2. Archives de Fresnay.
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« Copie de contrat de vendition de la terre de Vau- « torte en la paroisse de Vautorte faite par messire Re- « gné de la Perrière, chevalier, seigneur de Saint-Mau- « rice, de BuUou, des Ghastelets et Tournefie, bailly et « cappitaine de Chartres, par Anne de l'a Perrière, sa « sœur et Prançoise de la Perrière, épouse de noble « homme Gabriel de Saint-Bosmer, escuiller, seigneur « de (Carn)aille, enfants de messire Jacques de la Per- ce rière, chevalier de l'ordre du roy nostre sire, et sei- « gneur de Bullou et de defuncte Régnée d'Aulnay, fai- « sant pour leur père à honorables hommes mestres « André Casset, sieur de Challonge et Jehan Casset li- « cencié es droitz, advocat au siège du duché de Mayenne, « sieur de la Pontaine au nom et comme procureurs de « honorable homme Jehan Cazet sieur de la Gordelle- (( rye, leur père, devant Pardieu notaire à llliers, le 29 « juin 1575 pour la somme de onze mil huit cent livres « en principal et cent cinquante escus sols en vin de « marché à la charge de payer les devoirs aux seigneurs « dont ladite terre est mouvante. »
Il importe de faire une remarque au sujet de la date 1575, où Régnée d'Aulnay est dite défunte, tandis qu'on a d'elle une lettre de 1577. Veut-on dire qu'elle était morte au monde comme religieuse d'Estival* ?
VII
SUITE DES SEIGNEURS DE VAUTORTE. — FAMILLE CAZET
Cette famille d'une très bonne et ancienne maison de la judicature de Mayenne, dont les membres avaient la qualité d'honorables hommes et quelquefois nobles hommes, n'excédait pas, comme distinction, la noblesse
1. Ou bien y avait-il deux Renée d'Aulnay nièces du cardinal du Bellay, l'une dame de la Perrière et l'autre abbesse d'EtivBl ?
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de robe. Même à l'époque où les Gazet, riches habitants de la paroisse de Vautorte, sieur de la Gordellerie, sieur du Challonge et sieur de la Fontaine, achetèrent la sei- gneurie de cette paroisse, personne ne les y reconnais- sait comme nobles. 11 était de notoriété publique en 1577, qu'à Vautorte, il n'y avait aucun gentilhomme, ni bien appartenant à gentilhomme ^
Toutefois les Gazet de Vautorte, car ils prirent ce nom, ne tardèrent point à s'élever jusqu'au rang des plus nobles familles de France et à s'en glorifier.
Ils portaient : De sable à trois aigles d'or becquées et onglées de gueules, 2, 1.
Devise : Lumine pulsis in altis non deficiunt.
Leurs principaux fiefs et seigneuries : Vautorte, la Fontaine-Gazet, la Gour-Gazet, Aligny, le Grand-Pont en Quelaines, Rançon en Nuillé.
Leurs illustrités, pour employer une expression de Ménage, ont été :
Louis Cazet, châtelain de Mayenne en 1568, frère de Jean Gazet, IP du nom, s. de Fontaine-Gazet.
Jean Cazet^ lieutenant de la juridiction du comté de Mayenne en 1570.
La Cour Cazet^ président aux enquêtes du Parlement de Bretagne.
Louis Cazet^ évêque de Lectoure.
François Cazet^ plénipotentiaire au congrès de Ra- tisbonne 2.
La terre de Vautorte, simple seigneurie jusqu'à Fran- çois Gazet, fut agrandie par celui-ci.
Le seigneur de Vautorte devait héberger le forestier
1. Archives de la Sarthe : Noms des gentilshommes vivants en 1577. en le diocèse du Mans. Voir, Gertiiicats de 1577 au Bulletin de 1879, art. Vautorte.
2. Arm. d'Anjou, de Maulde, l'abbé Lamarre.
8
- 110 -
du seigneur de Mayenne, lorsqu'il allait l'avertir que Ton fauchait sa lande de Souvigny*.
SUITE GÉNÉALOGIQUE ET HISTORIQUE DES CAZET.
I. Jean Cazet, l" du nom, seigneur de la Cordelle- rie puis de Vautorte par l'acquisition qu'il en fit le 29 juin 1575, épousa Marguerite Fricand, dont il n'eut pas moins de deux enfants :
!•* André Cazet, sieur du Ghallonge.
2** Jean Cazet, qui suit.
IL Jean Cazet, IP du nom, sieur de la Fontaine- Cazet et de Vautorte, conseiller au Parlement de Bre- tagne, licencié en droit, avocat au siège du duché de Mayenne, fut marié deux fois : la première avec Jeanne de Cotteblanche, fille de Léonard de Cotteblanche et de Françoise Pélisson ; la deuxième avec Jeanne Bignon, fille de Rolland Bignon, sieur de Boistesson et de Jeanne de la Corbière, laquelle Jeanne Bignon était veuve alors de Guillaume Marest, sieur de la Hardelière, dont MM. Marest, présidents du Présidial du Mans et M. Ma- rest, écuyer, sieur de Lucé, gouverneur de Laval. Sui- vant Ménage, Vita Pétri ^^rodii^ p. 462, la seconde alliance de Jeanne Bignon la fit aïeule de MM. de Vau- torte-Cazet. Des trois fils de Jean Cazet, les deux aînés furent de sa première femme et le jeune de la seconde, soit :
1** François Cazet, qui suivra, sieur de la Fontaine : En 1606, Messire François Cazet tant en son nom comme fils et héritier de défunt noble maistre Jean Ca- zet, vivant sieur de la Fontaine, conseiller du roi en son parlement de Bretagne, qu'au nom et comme procureur de demoiselle Jeanne Bignon, veuve dudit défunt,, se transporta au lieu de Daviet pour faire aveu : « demande
1. Ann. de la S., 1849, p. 24.
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si le seigneur de Daviet est là, et s'est présentée Hélène Eschard, femme de honorable homme Jehan Lefeubvre, sieur de Gheverue, fermier de ladite seigneurie de Da- viet ; elle a répondu que les seigneur et dame de Da- viet habitaient leur château de Rambouillet et que leurs officiers demeuraient à Laval, ville distante de six lieues. )>
2^ Guillaume Gazet, sieur des Fresnes, qui suivra.
3"" Louis Gazet, sieur de Vautorte, qui suivra.
Il est assez remarquable que la vieille seigneurie de Vautorte, autrefois si intéressante par de grosses fa- milles, passe au troisième fils de Jean IL Gette circons- tance, qu'on ne peut expliquer faute de documents, oblige nécessairement à continuer cette généalogie en mettant première la troisième ligne dite de Gazet-Vau- torte et d'ailleurs la plus célèbre.
Dans un tableau on mettra ultérieurement en regard les membres des trois branches en suivant l'ordre d'aî- nesse.
Louis Gazet, sieur de Vautorte, conseiller du roi, président aux enquêtes du parlement de Bretagne, était le troisième fils de Jean, qui précède, et né de Jeanne Bignon, sa seconde femme. Il épousa Renée Fréard et en eut :
1** François Gazet qui suit;
2^ Louis Gazet de Vautorte, qui fut tonsuré le 12 avril 1627, fut prêtre, curé de Vautorte (1643), d'Er- née, évêque de Lectoure, puis de Vannes. On a de lui, dit Le Paige (article Ernée), un Traité des Oiseaux qu'on ne doit pas manger aux Jours maigres. 11 mou- rut en 1687.
3^ Renée Gazet de Vautorte épousa François Sei- guier, fille d'un conseiller au parlement de Bretagne.
François Gazet de Vautorte, seigneur puis comte de Vautorte, avocat général au grand conseil, conseiller
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d'Etat sous Louis XIV, et ambassadeur plénipotentiaire au congrès de Ratisbonne, épousa Françoise Luillier, fille de M. Luillier d'Amerville. C'est lui qui obtint, en 1653, l'érection du comté de Vautorte.
François Gazet et Françoise Luillier laissèrent trois filles :
l'* Marie Gazet de Vautorte, qui suit ;
2° Marie Gazet de Vautorte, femme de Jean Bochard de Ghampigny, seigneur de Sarron, conseiller au Par- lement de Paris du surintendant des finances.
3** Jeanne, femme de Gharles Malo de Bersy, conseil- ler au Parlement de Paris.
V. Marie Gazet de Vautorte, femme de iNicolas Bruslard, premier président au parlement de Bourgo- gne, seigneur et dame de Vautorte. Ils eurent trois filles. Marie Gazet, mourut en 1666. Nicolas Bruslart se remaria à Marie Bouthillier de Ghavigny dont il eut aussi des enfants et mourut en 1692.
Filles de Marie Gazet et de Nicolas Bruslard : 1** Gharlotte Jacqueline Bruslard, qui suit : 2^ Marie Reine Bruslard, religieuse aux filles de la Visitation de Dijon. 3« N.
VI. Gharlotte-Jacqueline Bruslard, dame de Vau- torte, épousa Henri-Louis de Loménie, comte de Brienne. Gette dame vendit sa terre de Vautorte à Mar- guerite Gazet, sa cousine, veuve de François de la Roussardière, issue de la branche aînée.
VIII
Seigneurs de Vautorte depuis Marguerite Gazet jusqu'à la Révolution française.
V. Marguerite Gazet, dame de Rançon puis de Vautorte, descendait au V® degré de Jean P"" Gazet, sei-
— H3 —
gneur de la Gordellerie et de Vaiitorte et de Mathurine Fricand. Elle était fille et unique héritière de Jean Ca- zet, sieur de Rançon et de Marie Fontaine de la Grochi- nière, lequel Jean Gazet, sieur de Rançon, était le second des six enfants de François Gazet, sieur de la Fontaine- Gazet et de Jeanne Marest, fils, le dit François Gazet, de Jean Gazet, sieur de la Fontaine-Gazet et de Vau- torte et de Jeanne de Gotteblanche sa première femme, comme il a été marqué ci-dessus.
Marguerite Gazet, dame par acquisition de l'impor- tante terre de Vautorte, qu'elle faisait ainsi rentrer dans sa famille, épousa en premières noces François de la Roussardière, écuyer, fils de François de la Roussar- dière, écuyer, seigneur de Rouillon et de la Boissière et de Gharlotte d'Héliand, par contrat du 6 février 1667 et en secondes noces Jean Elisabeth de Roclesne, sieur de Martillat, gentilhomme auvergnat de Gannat, près de Riom ^ . Get écrivain dit que cette dame était originaire de Laval.
Sans enfants de son second mari elle eut deux fils du premier, savoir :
l*' François de la Roussardière qui servit dans les chevau-légers, et qui peu accommodé, dit Le Glerc du Flécheray, vendit sa terre et paroisse de la Boissière à sa mère.
2° Gilles-René de la Roussardière, chevalier, qui suit.
VL Gilles-René de la Roussardière, chevalier, lieutenant d'infanterie, seigneur de Vautorte, épousa par contrat du 17 avril 1705, Marie-Thérèse Marest, fille de François Marest, conseiller au Parlement de Bretagne et de Anthoinette Taschereau. De ce mariage :
1. Le Clerc du Flécheray, Description du comté de Laval, réimprimée en 1860, Laval, H. Godbert, 1860, page 60.
— 114 —
1° Marie-Marguerite-Elisabeth-Renée de la Roussar- dière qui va suivre ;
2® Jeanne-Antoinette de la Roussardière qui épousa, le 13 novembre 1733, Georges-François de Montécler, chevalier, seigneur de Gontest, capitaine au régiment de Roy-Infanterie.
3^ Marie-Françoise de la Roussardière qui fut mariée à René-Olivier du Guesclin, chevalier, seigneur del'Es- coublère, d'où un fils unique décédé sans alliance.
VII. Marie-Marguerite-Elisabeth-Renée de la Roussardière, dame héritière de Vautorte, épousa messire Louis-Alexandre de Bailly, chevalier, seigneur du Bourgneuf-la-Forét, conseiller au grand conseil, fils de Gharles-Paul Bailly, chevalier, seigneur de Fresnay, du Bourgneuf, etc., et de Suzanne Le Prêtre, dame des mêmes terres et de la Ghapelle-Rainsouin, alias le Bourg- le-Prêtre, etc.
VIII. Jean-Baptiste-Joseph Bailly, chevalier, comte de Fresnay, baron de Bourg-Ie-Prêtre, seigneur du Bourgneuf-la-Forêt, la Baconnière, Vautorte, Saint- Martin-de-Montsùrs, Nuillé-sur-Ouestre, la Templerie, fils aîné et principal héritier des précédents, épousa de- moiselle Aimée Anne Gharlotte de Lescaloppier, dont messire Gharles-Gaspard-Elisabeth-Joseph, marquis Bailly de Fresnay, émigré, pair de France. Celui-ci fut le père de madame la marquise de Vaujuas-Langan, propriétaire actuelle du château de Fresnay*.
1. Aujourd'hui décédée. Mère de MM. de Vaujuas et de M™« Paul Le Gonidec.
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IX
ARMOIRIES DES FAMILLES QUI ONT POSSEDE LA SEIGNEURIE DE VAUTORTE.
Vautorte : Une tige feuillée de myosotis à trois bran- ches fleuries .
La Perrière : d'or à six fers de mulets d*azur^ cloués d'argent^ 3^ 2^ 1^.
Auvé de Sougé : D'argent à une croix pleine de gueules^ cantonnée de douze merlettes^ 3 à chaque canton ~.
Cazet de Vautorte : De sable à trois aigles d'or bec- quées et membrées de gueules posées deux et une^.
Bruslard : De gueules à la bande d'or chargée de cinq barillets de poudre de sable^ deux dessus^ trois dessous^. Cauvin aurait du dire accompagnée.
La Roussardière : D'argent à trois pals de gueules chargés en chef de trois roses d'argent^. De gueules à trois pals d'argent chargés en chef de trois roses de gueules^.
Bailly de Fresnay : D'or à la fasce d'azur^ chargée d'une croisette ancrée d'or et accompagnée en chef de deux glands penchés en bande et en barre les queues en haut et d'un arbre terrassé en pointe sinople'^ . {Hic) D'azur au chevron d'hermines au chef de même^.
1. Le Paige, I, 349, Cauvin.
2. Armoriai d'Anjou par Denais.
3. Armoriai manuscrit. La Tour-Gazet, président au parlement de Bretagne portait de même. Le Borgne, ^rmorm/c?e Bretagne, 1671. De Maude.
4. La Ch.
5. Généal. manuscrite.
6. Denais, Armoriai de l'Anjou.
7. Ne pas faire attention à cette formule qui est des Bailly de Saint-Mars-la- Bruyère,
8. Cauvin.
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— 117 —
NOTE RECTIFICATIVE
II y a lieu de remonter d'un degré la liste et la filiation des de Vautorte, et de suivre à cet égard la petite notice, donnée au n° 67 de la brochure Les Croisés de Mayenne en 1158, extraite de la Recrue du Maine, 1877, notice du même auteur. Ses renseignements s'appuient sur les différents cartulaires de Savigny soigneusement étudiés, et le renvoi au premier travail est commandé par le texte de la Bibliothèque de Fou- gères. Soit :
OsMOND Poisson I*"", s. de Vautorte. Hugues P% seig. de Vautorte.
OsMOND II, seign. de Vautorte, ép. Raoul de Vautorte de Julienne de Saint-Hilaire.
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Hugues H, seig. de Vautorte, Enguerrand. Robert, ép. Hersende.
Raoul Osmond Hugues Enguerrand Robert.
OsMOND III.
Ch. Pointeau.
SIGILLOGRAPHIE DES SEIGNEURS DE CRAON
XXI BRANCHE DE SAINTE-MAURE
GUILLAUME I DE GHATEAUDUN
DIT LE GRAND
Né vers 1318. — 8 janvier 1388.
Jl est d'usage de donner le nom de Sainte-Maure à la branche de la maison de Craon issue de Guillaume I ; en effet, tous les historiens ont cru que Sainte-Maure, patrimoine d'Isabelle, première femme d'Amaury III, était passé directement de ses mains dans celles de Guil- laume I. Ils ont même été amenés par cette erreur à en commettre une plus grossière encore en donnant ce Guillaume comme un second fils d'Isabelle de Sainte- Maure. Déjà ici, on a fait justice de cette faute généa- logique et restitué Guillaume au second lit d'Amaury III ; bien plus, on a montré qu'il n'était même pas l'aîné des enfants de Béatrix de Roucy, mais seulement le troi- sième de ses fils, et que, n'ayant pas été nommé dans l'acte du 15 avril 1318, il était venu au monde posté- rieurement à cette date, dès la fin de 1318, sans doute.
Quant au fief de Sainte-Maure, il ne peut plus aujour- d'hui subsister de doute sur son sort : après avoir ap- partenu à Maurice VII, fils unique d'Isabelle, puis suc-
— 119 —
cessivement à Amaury IV et à Isabelle, ses petits-en- fants, Sainte-Maure, vers le 12 janvier 1376 S fut aban- donné par cette dernière, avec ses autres fiefs de Tou- raine, à sa nièce, Jeanne de Montbazon, épouse de Guillaume II de Graon, pour satisfaire aux droits qu'elle avait sur la succession d'Amaury IV, son oncle. On peut donc être certain que jamais Guillaume I ne fut seigneur de Sainte-Maure et que Guillaume II était marié depuis quelque temps déjà, lorsque sa femme, en 1376, devint dame de Sainte-Maure, Pressigny, Nouâ- tre et Perrière. On le voit, il est impossible, sans com- mettre un anachronisme, d'affubler Guillaume I du nom de Guillaume de Sainte-Maure.
Le titre auquel il a droit, titre qui figure dans tous les actes émanés de lui, est celui de vicomte de Châteaudun. Les historiens en effet sont tombés au sujet de sa posses- sion dans une erreur aussi grave que pour Sainte-Maure, mais inverse : tous admettent que c'est à la suite de son mariage, et en conséquence d'un apport de sa femme, qu'il en reçut l'investiture ; il n'en est rien : bien avant ses fian- çailles, dès décembre 1335, Guillaume I était vicomte de Châteaudun. Ce titre en effet avait appartenue son père, ainsi que cela est établi par l'acte du 4 juin 1345 où il est dit que, en échange du passage de Wissant, dont le revenu n'atteignait pas les cinq cents livres promises, Robert VII, comte d'Auvergne et de Boulogne, avait remis à Amaury III la vicomte de Châteaudun '-.
Guillaume ne tarda guère à y joindre le fief de Do- mart en Ponthieu, qui devait appartenir un jour à son quatrième fils, Jean ; il en avait reçu les profits à partir des brandons de 1338, de Pierre de Dreux, en échange de ses droits d'un sixième sur la baronnie de Château- du-Loir, vendue au roi 3.
1. Voir les numéros 634, 659 du Cartulaire.
2. Voir les numéros 501 et 946 du Cartulaire.
3. Voir les numéros 941, 942 et 944 du Cartulaire.
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Guillaume I, bien qu'il fût petit cadet, se trouvait pourvu de fiefs qui devaient faire envie à bien des aî- nés ; aussi ne doit-on pas s'étonner de le voir se marier avec l'une des filles de Jean de Flandre et de Béatrix de Ghâtillon, dont le mariage remontait au 2 novembre 1315 ; elle était nièce de Robert VII d'Auvergne, avec qui Amaury III avait échangé Ghâteaudun. Gette bran- che de la maison de Flandre possédait divers fiefs situés au sud-est du Maine, qui devaient à bref délai, par suite du décès des deux fils de Jean, Jean et Guy, tomber en quenouille et figurer dans les partages passés entre Ingelger I d'Amboise, époux en premières noces de Marie de Flandre, l'aînée des filles, et Marguerite, Ma- haud et Isabelle, ses sœurs *.
Le mariage de Guillaume I avec Marguerite, la qua- trième d'entre elles, eut lieu vers 1341 ; on n'en possède pas le contrat, mais on connaît un acte du 4 mai 1341 par lequel Guillaume assurait à sa femme, à titre de douaire, quinze cents livres de rente assises sur la vi- comte de Ghâteaudun 2. Guillaume devait être alors dans sa vingt-troisième année.
Les sceaux de Jean de Flandre ont été publiés par Vrée 3 : le premier, de 0,076, est rond ; il représente le chevalier portant la cotte de mailles sous sa tunique ; son casque, derrière lequel flotte une double banderole, est chargé d'un cimier en forme d'éventail, où figure son blason lequel se trouve aussi sur ses épaulières, sur la housse et sur le cimier du cheval ainsi que sur le bou- clier qu'il tient de la main gauche, tandisque la droite brandit l'épée, retenue à l'armure par une chaîne. Ce
1. Olivier de Vrée, dans sa Genealogia comitum Flanclrix, (Bruges, 1642, 2 vol. in-folio) n'a mentionné parmi leurs enfants ni Jean, ni Guy, ni Isabelle ; Guy ne figure pas non plus dans le P. Anselme.
2. N» 945 du Cartulaire.
3. On les trouve à la planche 71 de ses Sigilla.
H
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blason est : d'or au lion de sable^ brisé d'une cotice componée d'argent et de gueules. La légende est :
s : lONNIS : DE FLANDRIA *. DNI : DE \ CREPICORDIO
(Grèvecœur).
Au contre-sceau rond, de 0,032, figure dans un sixlo- bes l'écu du sceau avec la légende : J^ qts iois de flan- DiA : DNI de crepicordi.
Le second sceau est rond, de 0,08, et semblable au premier, sauf que les cimiers représentent un lion assis et que la housse du cheval, au lieu d'être armoriée, ne porte qu'un petit écu au poitrail. La légende est :
s lOH DE : FLANDR MILIT *. DNI : DE : NIGELLA DE I
CREPICORDIO. Il n'y a pas de contre-sceau.
Le sceau de Béatrix de Ghâtillon est ogival ; il mesure 0,085 ; la dame y est représentée sous une arcature go- thique, tenant une branche de la main droite. A son côté droit est placé l'écu de son mari, à gauche celui de son père. La légende porte : s beatcis de sco paulo dne
DE NIGELLA CPICORDII ET TERMODESIS.
Le contre-sceau rond, de 0,03 porte au centre un écu parti de Flandre et de Châtillon^ avec la légende :
►{• QTS. BEATRICIS. DE. SCO. PAULO.
C'est en 1345 que Guillaume et Marguerite devinrent propriétaires du fief de La Ferté-Bernard ^ Depuis long- temps la maison de Craon avait des visées sur ce fief : dès l'aurore du XIV^ siècle, en 1310, Amaury III, par divers achats, avait commencé à prendre pied à La Ferté ; il avait multiplié ses achats en 1317, mais un retrait féodal, exercé par le comte du Maine, avait arrêté sa
1. U Histoire de LaFerté-Bernard, de M. Charles (1877, 304 p. in-8o, orné de planches, parmi lesquelles on regrette de ne pas trouver celle des sceaux des seigneurs de La Ferté, qui figure à la page 160 des Etudes sur l'histoire et les Monuments de la Sar- t/ie, Le Mans, in-S») ne contient qu'une faible partie des rensei-
fnements relatifs à la transmission du fief de La Ferté. Un seul ocument publié in extenso y est relatif, c'est celui du le"" juillet 1392, proces-verbal de la saisie de La Ferté.
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marche, et force lui avait été d'abandonner ce qu'il y possédait à Philippe de Valois^ le 22 août 1318. Vingt ans après, Jean, duc de Normandie, aliénait pour seize mille livres La Ferté, qui devenait la propriété d'Ingel- ger I d'Amboise, le futur beau-frère de Guillaume. In- gelger en conserva la propriété huit années seulement, car le 4 juin 1345 fut passé un accord réglant le par- tage des successions de Jean de Flandre et de ses deux fils, Jean et Guy, morts sans postérité. Marie, épouse d'ingelger, avait droit à la part d'aînée ; par l'acte en question, elle assigna à Marguerite La Ferté et conserva pour elle tous les droits de sa famille sur Montdou- bleau et Saint-Calais. Quant à Mahaud et Isabelle, qui ne devaient pas se marier, c'est Marguerite qui prenait à sa charge les rentes qui leur étaient dues et, par ac- cord du 25 juillet 1354, elle abandonna à Mahaud la jouissance viagère de La Ferté, sous charge de servir une rente de trois cents livres à Isabelle. On verra plus tard La Ferté-Bernard devenir le patrimoine de Pierre, le troisième des fils de Guillaume I^
L'acte le plus ancien où Guillaume I soit intervenu mé- rite d'être signalé à cause de l'âge qu'il avait alors ; c'est le contrat de décembre 1335. Guillaume n'y appa- raît pas acccompagné de tuteur ; on n'y mentionne pas son émancipation, et cependant l'abandon de droits qui y est stipulé semble être l'un des actes pour lesquels la majorité était requise. Or, né vers 1318, Guillaume ne pouvait guère avoir alors que dix-sept ans -.
Comme tous les chevaliers de son temps, Guillaume I passa sa vie entière au milieu des combats ; mais c'est par erreur que divers historiens ont mis son nom parmi ceux des prisonniers de la journée de Poitiers ; on le trouve
1. Voir les actes numéros 399, 430, 434, 940, 950, 954, 955, 956 du Cartulaire.
2. Voir le n° 501 du Cartulaire.
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en effet à la tête des troupes françaises à Fépoque même où son frère, Pierre de la Suze. et son neveu, Amaury IV, étaient captifs en Angleterre. Peut-être môme fut-il in- vesti à cette époque des fonctions de lieutenant du roi en Poitou, Anjou et Maine, fonctions qui appartenaient à Amaury IV ^ Il fut certainement chambellan du roi et c'est en cette qualité sans doute qu'il reçut une marque éclatante de la confiance royale ; Charles V, en octobre 1374, lui donna place dans le conseil qui devait, le cas échéant, assister le duc d'Anjou dans les fonctions de régent de France, qu'il venait de lui conférer. Bien que les lettres du roi aient été sans effet, puisqu'en 1380, lors du décès de Charles V, le conseil de tutelle ne fut pas composé des membres choisis par lui en 1374, le fait seul de sa désignation par Charles V n'en reste pas moins un titre des plus honorables pour la maison de Craon^.
On sait par le héraut Navarre que Guillaume I portait comme blason : de Craon à ung bâton d'azur '^ ; c'est bien en effet celui qui figure sur ses sceaux, dont le plus ancien n'a pas pris place ici ; il n'en existe aucun moulage, et la seule empreinte qu'on en connaisse est en fort mauvais état ; c'est un sceau rond de 0,035, oùl'écu portant une bande très visible est placé sur un fond lo- sange ; il ne reste plus rien de la légende ; ce sceau, dont l'empreinte est du 19 décembre 1345, ressemble extrême- ment à celui de Guillaume II, dont la figure 169 donne le dessin.
Du second (figure 158), on connaît deux empreintes
1. Voir au Cartulaire les numéros 974 à 978. Quant au titre de lieutenant du Roi, il lui est donné dans les numéros 967, 977, 978.
2. Les historiens de la maison de Craon ont ignoré ce fait, bien que l'ordonnance qui le renferme ait vu le jour depuis longtemps. Cartulaire n» 1012.
'^. No 871 de l'édition Douet d'Arcq, au Cabinet historique.
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Tune du il janvier 1346, l'autre du 20 juillet 1357; la bande est moins distincte sur la première que sur la seconde ( Clair ambault^ n^ 2283). C'est un sceau rond de 0,03 où l'écu, sommé d'un heaume à housse flottante, est placé dans un champ réticulé semé de fleurettes. Légende : s. g. de greon, vice...
158. — Sceau de Guillaume I, 1345 et 1357.
On ajoutera ici un sceau, ignoré jusqu'ici, et dont les Archives ont effectué le moulage tout spécialement pour ce travail. C'est (figure 159-160), « le scel auquel l'en
159-160. — Sceau et contre-sceau des causes de Morannes, 1361.
uset aux contraux en la chastellenie de Moranes, pour noble et puissant seigneur monsieur Guillaume deCraon, seigneur dudit lieu ' . » Sceau rond de 0,036 où figure
1. Il est encore attaché à l'aveu rendu le 4 janvier 1361, n. s., par Jehan Milon à la duchesse d'Anjou, et conservé aux Archives nationales (P 331^) ; il est le seul témoin des droits seigneuriaux exercés sur Morannes par Guillaume I, droits dont aucune men- tion ne figure dans le Dictionnaire de Maine-et-Loire, \\, 739.
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un écu losange, à la bande brochante, dans un quatre- feuilles gothique. De la légende on ne lit plus que : ...D CAUSAS.... Le contre-sceau, de 0,02, est semblable au sceau, mais le blason y est fruste. De la légende on
lit : C. s. MAR...
161. — Sceau des causes de la vicomte de Châteaudun, 1387-1389.
A Fépoque où les Craon étaient vicomtes de Châ- teaudun les Châtillon étaient comtes de Blois et de Dunois ; aussi est-ce leur blason qui figure sur le sceau aux causes de cette ville. Voici (figure 161) un sceau non moulé fourni par les Pièces originales. C'est
162. — Sceau de Marguerite de Flandre.
un sceau rond de 0,035 portant le blason plein de la maison de Châtillon, en un écu droit, surmonté d'une étoile. Il ne reste plus rien de la légende.
Le sceau de Marguerite de Flandre est connu grâce à la cire détachée, n"" 76 de la collection Bastard ' (figure 162) ;
1. Les cires détachées de la collection Bastard sont conservées à la Bibliothèque nationale, département des médailles.
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elle consiste en un fragment de sceau de 0,02 ; au cen- tre un écu droit parti de Craon et de Flandre^ brisé d'une cotice componée dans un cinqlobes gothique. Il ne reste plus rien de la légende.
La date du décès de Guillaume I n'a pas été fixée encore ; l'abbé Bordas, dans son Histoire sommaire du Danois^ a conservé la mention de V Obituaire des Cordeliers de Châteaudun relative à Guillaume I ; mais la date imprimée : 8 juin 1381, porte une double erreur, résultant sans doute des difEcultés que présen- tait la lecture de Fobituaire. On connaît assez de docu- ments relatifs à Guillaume I et datés de 1381 à 1387 pour que l'erreur de millésime soit évidente, et qu'on soit autorisé à substituer 1387 à 1381, avec d'autant plus de certitude que les confusions entre VII en chiffres ro- mains et un en écriture gothique sont fréquentes ; quant au mois, il faut, croit-on, substituer janvier à juin. Cette seconde modification est indispensable, puisque,' parmi les aveux rendus à Guillaume I, pour La Ferté- Bernard, il en est un de novembre 1387. Il faut donc fixer le décès de Guillaume I au 8 janvier 1388. Il fut certainement enseveli aux Cordeliers de Châteaudun, où Guillaume de Saint-Romain lui avait préparé une tombe, qu'il devait partager avec Marguerite de Flan- dre*.
Avant de mourir, Guillaume avait pris soin, le 25 mai 1387, d'assigner à sa femme Marguerite de Flan- dre le tiers des deux mille livres de rente que, en exé- cution des deux accords du 31 janvier 1347, les branches cadettes réclamaient d'Isabelle de Craon ; deux de ses fils, Guillaume II et Pierre, par acte du 3 juillet 1387, s'engagèrent à respecter sur ce point les dispositions de leur père.
1. Voir le n^ 1035 du Cartulaire.
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Marguerite survécut donc à son époux. Tout en igno- rant l'époque de sa mort, on peut être certain qu'elle fut ensevelie aux Gordeliers de Ghâteaudun, sous la tombe due au ciseau de Guillaume de Saint-Romain.
Dresser le tableau 'des enfants de Guillaume I et de Marguerite de Flandre est difficile ; il n'existe en ef- fet aucun document qui en contienne la liste, et on est réduit à chercher leurs noms dans des actes où chacun d'eux figure isolément ; de telle sorte qu'on ne connaît pas ceux qui sont morts en bas-âge, ou qui sont entrés en religion.
Sous ces réserves, on peut dire que Guillaume I eut au moins cinq fils : Guillaume, Amaury, Pierre, Jean et Guy, et trois filles : Jeanne, Béatrix et Marie.
XP|. — Guillaume. — Guillaume II, après son père, fut chef de la branche dite de Sainte-Maure ; il sera l'objet d'un article séparé.
X1^2- — Amaury. — Jamais personne n'a donné à Guillaume I d'enfant appelé Amaury. Il serait cependant singulier que de tous ses fils aucun n'eût reçu le prénom de son grand'père, encore porté lors de sa naissance par le chef de la maison de Craon, Amaury IV. Bien qu'il n'existe aucun document disant formellement que Guillaume I ait eu un fils ainsi nommé, il n'est pas impossible cepen- dant d'établir suffisamment le fait pour lui assigner sans crainte d'erreur la paternité de l'Amaury de Craon, conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, en même temps que trésorier de l'église de Reims, qui, le 7 juillet 1379, donnait une quittance publiée par dom Morice. Ce personnage en effet portait un sceau à l'écu losange avec bande, soit précisément le blason de Guillaume I. Il était trésorier du chapitre au moins dès 1371, comme le constate l'éditeur de dom Marlot, en s'appuyant sur les recherches de Weyen. Il est aussi mentionné par Yarin, dans ses Archives de Âeims, où on apprend qu'il était décédé avant le 25 février 1381.
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On trouvera sa présence à Reims toute naturelle si on songe qu'il était revêtu de cette dignité importante du chapitre à l'époque même où le siège archiépiscopal était occupé par Jean de Graon, son oncle paterneP .
Dès avant 1371, il avait atteint l'âge requis pour pos- séder des dignités ecclésiastiques ; aussi faut-il sans doute voir en lui le second des fils de Guillaume I.
XPg. — Pierre. — Pierre fut la tige du rameau de la Ferté-Bernard ; il aura son article en tête de la notice sur ce rameau.
Xlb^. — Jean. — Jean fut la tige du rameau de Do- mart en Ponthieu ; il aura son article en tête de la no- tice sur ce rameau.
XP5. — Guy. — L'acte le plus ancien de Guy, cin- quième fils de Guillaume I, est son aveu du l^"" mars 1378 à l'abbé de Vendôme, pour Roullays ; il figure ensuite dans un certificat délivré par Jean de Bueil à ceux qui, en février 1380, faisaient partie de sa compagnie ; on le re- trouve encore, le 25 mai 1387, comme témoin de l'acte par lequel son père assurait à sa femme la jouissance viagère du tiers des deux mille livres de rente qu'Isa- belle de Craon devait à ses cousins ; le 7 février 1390, il est l'objet d'une libéralité du duc de Touraine ; en 1399 enfin, il est l'un des témoins du contrat de mariage de son neveu Jean de Graon avec Jacqueline de Mon- tagu.
Son testament est du 14 octobre 1401 ; il y demande à être enseveli chez les Gordeliers de Ghâteaudun, et y dispose qu'en échange d'un hôtel à Clichy-la-Garenne, appartenant à sa femme, et qu'il avait aliéné, il lui cédait la propriété de Sainte- Julitte, Chaumussay, Neuf- mans et la Lambarderie, ainsi que de tous ses meubles.
1. Voir Cartulaire, n° 1011 ; voir aussi Dom Marlot, Histoire de la ville, cité et université de Reims ; 1843-1846, 4 in-4°, t. I, p. 667 ; et Archives de Reims, 9 in-4o, t. III. p. 352, 381.
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Cette épouse était Jeanne de Sourches ; elle apparte- nait à une famille qui avait possédé Sourches-le-Mari- gné, tombé en quenouille et devenu la propriété des le Vayer, et se continuait à Malicorne, Saint-Aignan, Dou- celles, Dangeul, dans le Maine, à Clinchamps et Ra- bestan^, dans le Perche. Jeanne était fille de Louis, sei- gneur de Clinchamps, et d'Isabelle de Beaumont ; elle avait pour frère Payen de Sourches -, seigneur de Clin- champs après son père, et à qui elle fit épouser une nièce de son mari, Béatrix de Maulevrier, fille de Re- naud de Maulevrier et de Béatrix de Craon, dame de Toureil, et une sœur, Pernelle, qui épousa Robert de Saint-Père ^.
Guy de Craon n'ayant pas d'enfant, légua, ainsi qu'on vient de le voir, tout ce qu'il possédait à Jeanne de Sourches, sa veuve. Celle-ci eut pour héritier Payen, son frère, qui, de Béatrix de Maulevrier, eut un fils nommé Guillaume. Ce Guillaume ayant épousé Jeanne, héritière de la maison de Tucé, s'engagea à prendre le nom et les
1. Sur Rabestan voir la notice de M. Lefevre aux pages 339- 374 du tome I des Mémoires de la Société d'Eure-et-Loir.
2. Voir, abbé Ledru, Le château de Sourches au Maine et ses seigneurs (1887, in-8°), où la maison de Sourches est étudiée seu- lement jusqu'à l'époque où Sourches parvient aux mains des Le Vayer ; c'est à une communication du savant abbé que nous de- vons de pouvoir en dire davantage sur les Sourches. Bon nom- bre des difficultés que soulève leur généalogie trouveraient leurs solutions dans deux pièces découvertes par nous :
1353, 25 novembre. — Accord entre Ymbert de Sourches, sei- gneur de Clinchamps, et Ymbert de Sourches, seigneur de Saint- Aignan, fils de Patry de Sourches, pour l'héritage de Geofiroy de Sourches, frère germain d'Ymbert et frère consanguin de Pa- try (Arch. nat., X*^ 7, 175-177).
1378, 7 novembre. — Accord entre Marguerite de Sourches, femme de Patry de Sourches, et Jeanne d'Usages, veuve de Ym- bert de Sourches, seigncui* de Rabestan, pour les réparations de Rabestan {Arch. Eure-et-Loir, E, 2693, 4).
3. C'est M. le vicomte d'Elbenne qui nous a signalé l'existence de Pernelle, dont la preuve lui a été fournie par un arrêt du Par- lement sui' le litige auquel a donné lieu la succession d'Anne de Tucé.
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armes de Tucé et eut une fille, Anne de Tucé*, qui, à la fin de novembre 1432, épousa Louis de Bueil ; puis, le 4 juin 1433, fît son testament et mourut sans enfant. Son mari, qui lui survécut et qui fut tué dans une joute entre Ghinon et Razilly, le 5 février 1447, dans des circonstances que fait connaître une relation aujourd'hui imprimée ~, n'avait aucun droit sur son héritage ; et c'est entre