BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
2e Série. — Tome XVI
RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM N° 1. — Janvier-Février 1944
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, RUE CUVIER
PARIS - Ve —
RÉGLEMENT
Le Bulletin du Muséum est réservé à la publication des travaux faits dans les Laboratoires ou à l’aide des Collections du Muséum national d’Histoire naturelle.
Le nombre des fascicules sera de 6 par an.
Chaque auteur ne pourra fournir plus d’une 1 /2 feuille (8 pages d’im- pression) par fascicule et plus de 2 feuilles (32 pages) pour l’année. Les auteurs sont par conséquent priés dans leur intérêt de fournir des manus- crits aussi courts que possible et de grouper les illustrations de manière à occuper la place minima.
Les clichés des figures accompagnant les communications sont à la charge des auteurs ; ils doivent être remis en même temps que le manuscrit, avant la séance ; faute de quoi la publication sera renvoyée au Bulletin suivant.
Les frais de corrections supplémentaires entraînés par les remanie- ments ou par l’état des manuscrits seront à la charge des auteurs.
Il ne sera envoyé qu’une seule épreuve aux auteurs, qui sont priés de la retourner dans les quatre jours. Passé ce délai, l’article sera ajourné à un numéro ultérieur.
Les auteurs reçoivent gratuitement 25 tirés à part de leurs articles. Ils sont priés d’inscrire sur leur manuscrit le nombre des tirés à part supplé- mentaires qu’ils pourraient désirer (à leurs frais).
Les auteurs désirant faire des communications sont priés d’en adresser directement la liste au Directeur huit jours pleins avant la date de la séance.
TIRAGES A PART
Les auteurs ont droit à 25 tirés à part de leurs travaux. Ils peuvent en outre s’en procurer à leurs frais un plus grand nombre, aux conditions suivantes :
(Nouveaux prix pour les tirages à part et à partir du Fascicule n° 4 de 1941 )
25 ex. 50 ex. 100 ex.
4 pages • 57 fr. 50 74 fr. 50 109 fr.
8 pages 65 fr. 75 89 fr. 75 133 fr. 50
16 pages 79 fr. 112 fr. 175 fr.
Ces prix s’entendent pour des extraits tirés en même temps que le numéro, brochés avec agrafes et couverture non imprimée.
Supplément pour couverture spéciale : 25 ex 18 francs.
par 25 ex. en sus 12 francs.
Les auteurs qui voudraient avoir de véritables tirages à part brochés au fil, ce qui nécessite une remise sous presse, supporteront les frais de ce travail supplémentaire et sont priés d’indiquer leur désir sur les épreuves.
Les demandes doivent toujours être faites avant le tirage du numéro correspondant.
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France et Etranger : 80 fr.
(Mandat au nom de l’Agent comptable du Muséum)
Compte chèques postaux : 124-03 Paris.
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BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
2" Série. — Tome XVI
RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM ANNÉE 1944
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, RUE CUVIER
PARIS- Ve
BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ANNÉE 1944. — N° 1
340e RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM
27 janvier 1944
PRÉSIDENCE DE M. Ach. URBAIN
DIRECTEUR DU MUSÉUM
ACTES ADMINISTRATIFS
M. le Professeur Ed. Bourdelle est nommé Assesseur au Directeur du Muséum, pour 1944 (Arrêté ministériel du 7 décembre 1943).
M. Edouard Fischer-Piette est nommé Professeur titulaire de la Chaire de Malacologie du Muséum (Arrêté ministériel du 14 décembre 1943).
M. J. Trochain, Assistant au Laboratoire d’Agronomie coloniale du Muséum est nommé, à titre provisoire, Maître de Conférences de Bota- nique coloniale à la Faculté des Sciences de l’Université de Montpellier (Arrêté ministériel du 3 janvier 1944).
M. le Dr Rochon-Duvigneaud, est nommé Associé du Muséum sur la proposition de MM. les Professeurs Bourdelle, Urbain, Becquerel et Millot (Décision de l’Assemblée des Professeurs du 16 décembre 1943).
M. Glasser, sur la proposition de M. le Professeur Orcel et M. Che- nault, sur la proposition de M. le Professeur Guillaumin, ont été nom- més Correspondants du Muséum (Décision de l’Assemblée des Professeurs du 16 décembre 1943).
M. Thévenin est nommé Attaché au Muséum (Chaire de Zoologie : Mammifères et Oiseaux) sur la proposition de M. le Professeur Bourdelle (Décision de l’Assemblée des Professeurs du 16 décembre 1943).
M. le Président a le regret de faire part de trois décès :
M. le Professeur E.-L. Bouvier, Membre de l’Institut, Professeur hono- raire au Muséum (décédé le 14 janvier 1944) ;
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M. le Professeur P. Allorge, titulaire de la Chaire de Cryptogamie au Muséum (décédé le 22 janvier 1944) ;
M. A. Moine, Secrétaire honoraire du Muséum (décédé le 4 janvier 1944).
DONS D’OUVRAGES
Dr Jacques Pellegrin, Petit atlas des Poissons (III, Poissons des eaux douces, espèces françaises), 55 pp., 12 pl., Boubée et Cle éd., Paris, 1943.
Renaud Paulian. Les Coléoptères (Formes, mœurs, rôle), 396 pp., 164 figs., 14 pl. [in Bibliothèque scientifique). Payot éd., Paris, 1943.
Allocution prononcée aux obsèques de M. le Professeur E.-L. Bouvier, Membre de l'Institut, Professeur
HONORAIRE AU MUSÉUM, A MAISON S-LaFFITTE, LE 17 JAN- VIER 1944.
Par M. le Dr René Jeannel,
Professeur au Muséum.
Voici bientôt 40 ans que je suis attaché à Bouvier par une respec- tueuse amitié, d’abord comme disciple, puis comme son successeur au Muséum. Cela me vaut l’honneur de prendre la parole au nom de mes -collègues du Muséum, afin de retracer brièvement devant vous la carrière de ce maître vénéré.
Il avait 88 ans. Né à Saint-Laurent, dans le Jura, il fit ses études à l’Ecole normale primaire de Lons-le-Saulnier, et à l’âge de 20 ans, enseignait déjà comme instituteur-adjoint à Clairvaux, près de son pays natal. Après avoir occupé successivement divers postes dans l’enseignement primaire, il avait 26 ans, en 1882, lorsqu’il fut distingué par Edm. Perrier, qui le fit venir à Paris, comme boursier du Muséum. Depuis lors, toute la carrière de Bouvier s’est déroulée au Muséum.
Tout enfant, dans son village, il avait commencé d’aimer l’histoire naturelle sous l’influence de maîtres d’école intelligents, vers qui, disait-il, sa pensée reconnaissante se plaisait à remonter quand une découverte intéressante venait embellir ses travaux. S’il a été donné à ces vieux maîtres d’assister à la brillante ascension de leur élève, ils ont assurément trouvé la juste récompense de leur dévouement.
Docteur ès-sciences en 1887, Bouvier fut d’abord chef de travaux puis sous-directeur des Hautes-Etudes dans le laboratoire de Zoo- logie comparative du Muséum, sous la direction d’Edm. Perrier. Puis, professeur agrégé à l’Ecole supérieure de Pharmacie de Paris, il devint, en 1893, suppléant du cours de Cryptogamie à la même Ecole, qui n’était pas encore Faculté.
C’est en 1895 que Bouvier fut nommé professeur au Muséum, dans la chaire des Animaux articulés. Il y était le successeur de Lamarck, de Latreille, d’AuDouiN, d’Henri Milne-Edwards et d’Emile Blanchard.
En 1902, il fut élu membre de l’Académie des Sciences, qui lui a décerné, en 1942, le grand prix Albert de Monaco.
Bulletin du Muséum, 2« série, t. XVI, n° 1, 1944.
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Avant de parler de son œuvre, laissez-moi vous dire quelques mots de l’homme.
Nous tous qui l’avons connu, nous avons admiré cette ardeur juvénile qu’il a conservée, on peut le dire, jusqu’à sa mort. Ce qui frappait dans son caractère, c’était une grande distinction, faite d’une politesse innée, dont il ne s’est jamais départi, et puis de la réserve du parfait chrétien qu’il a été.
Avec cela, très libéral, très bon, très droit, d’un désintéressement absolu et d’un dévouement sans borne pour ses amis, d’une infati- gable persévérance à atteindre la réalisation de tout ce qui lui parais- sait juste et utile au bien général.
Il fut pendant toute sa vie un grand enthousiaste. Il avait reçu d’Edm. Perrier, disait-il, son entrain, sa foi dans le travail, sa confiance dans les recherches méthodiques d’ Anatomie comparative. Et dans sa gratitude pour ses maîtres, il unissait Edm. Perrier et Alph. Milne-Edwards, qui le fit profiter de sa vaste connaissance des Crustacés et l’associa à ses travaux pendant dix années de colla- boration intime. •
Son enthousiasme éclate dans tous ses travaux.
Dès ses premières recherches, qui le conduisirent à sa thèse sur le Système nerveux , la morphologie générale et la classification des Gasté- ropodes Prosobr anches, œuvre aujourd’hui classique, il s’est trouvé pris par les doctrines évolutionnistes alors naissantes.
Son ardeur de néophyte ne tarda pas à faire de lui un des plus fins anatomistes, et cette réputation lui fit confier par Al. Agassiz la tâche de disséquer l’un des trois seuls exemplaires connus de Pleuro- tomaires. Bouvier se plaisait à raconter l’émotion que lui causèrent ces recherches sur l’anatomie de ce curieux et rarissime Mollusque que tous les zoologistes d’alors attendaient avec intérêt.
La plupart des objets de ses recherches ont été des groupes d’ani- maux peu connus, de position incertaine, dont il s’est plu à découvrir les affinités et l’histoire.
Il fut l’un des premier à se consacrer à l’histoire naturelle des Péripates, animaux ambigus, à la frontière des Annélides et des Arthropodes.
Sa collaboration avec Alph. Milne-Edwards, qui s’est tranduite par une série de nombreuses notes et mémoires parus entre 1890 et 1900, mit entre ses mains des collections de Crustacés Décapodes abyssaux telles que peu de zoologistes en eurent de semblables à leur disposition. Ce furent celles des dragages de Simpson et d’Al. Agassiz dans la mer des Antilles, à bord du Bibb, du Hassler, du Drake ; ce furent encore les campagnes françaises du Travailleur et du Talisman , et aussi celles du prince de Monaco avec Y Hirondelle et la Princesse- Alice, ou encore de Chevreux à bord du Melita.
Ses études sur les faunes abyssales l’ont mis au rang des maîtres
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en carcinologie. Elles l’on conduit aussi à de fécondes recherches sur les Pycnogonides, étranges Arachnides des grands fonds marins.
Ayant dans les attributions de sa chaire du Muséum tous les Articulés, Bouvier ne pouvait manquer de s’attaquer à d’autres groupes que des Crustacés marins. Il s’est intéressé aux Insectes. D’abord il fut séduit par l’évolution des mœurs des Hyménoptères, aussi variables, pensait-il, que les caractères morphologiques. Depuis son premier mémoire sur les habitudes des Bembex, il a fait maintes fois porter son enseignement magistral sur l’éthologie des Hymé- noptères et en a tiré des livres, s’adressant au grand public, dont certains, comme Le communisme chez les Insectes , eurent un grand retentissement. Dans un autre ordre d’idées, près de dix années de travail lui ont fait produire une monographie des Lépidoptères Saturnioïdes en 4 volumes, qui restera un excellent ouvrage de systé- matique.
Je passe sur bien des travaux de grande envergure, comme la Monographie des Atyidae, Crevettes répandues dans le monde entier. Ces toutes dernières années, Bouvier a publié encore une autre grosse monographie, celle-ci des Crustacés marcheurs ; et cette œuvre était à peine terminée que déjà il formait des plans pour un autre travail, d’importance telle qu’il allait devoir lui consacrer au moins cinq années de recherches.
Car Bouvier n’a jamais douté de ses forces ; il a eu la grande chance de garder, jusqu’à ses derniers jours, la complète lucidité de sa belle intelligence et la même ardeur au travail.
Pendant 35 ans Bouvier fut professeur au Muséum et y laissera un souvenir impérissable. Il y a opéré une profonde transformation de la chaire d’Entomologie.
Dès ses débuts, il a compris la place qu’il fallait donner aux ento- mologistes amateurs, dans une science où tous les meilleurs travaux étaient dus à des Léon Dufour, J.-H. Fabre, E. Simon, H. Brôle- mann, L. Bedel et tant d’autres. Il ouvrit donc largement à tous un laboratoire qui avait été, avant lui, inexorablement fermé, et il sut s’entourer de mécènes, comme le banquier Boullet ou le Dr Mar- mottan.
Le résultat : accroissement rapide, par des dons multiples, de collections qui sont aujourd’hui les plus riches du monde, et dévelop- pement des recherches entomologiques de tous ordres, aussi bien en France que dans les colonies. Bouvier a su s’attirer la reconnaissance de tous les entomologistes français et la Société entomologique de France a créé pour lui le titre de Président honoraire à vie*
Bouvier s’était marié jeune, peu de temps après son arrivée à Paris. Tous ceux qui ont connu Madame Bouvier ont gardé le sou-
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venir de sa simplicité souriante et de sa bienveillante bonté. Très instruite, formée comme son mari pour l’enseignement, elle fut pour lui la compagne accomplie.
Près d’elle, Bouvier devait trouver tout ce qu’il fallait pour une vie heureuse, éclairée par les succès et les honneurs. Mais il fut torturé par des deuils cruels. Deux de ses filles lui furent enlevées successive- ment par le même mal, à l’âge de 20 ans passés, et il trembla long- temps pour la troisième. Il eut la force de surmonter sa grande dou- leur. Sans doute trouva-t-il un réconfort dans la religion et dans une vie ascétique et toute de labeur.
Peu de mois avant la guerre, nous étions nombreux ici même, pour accompagner Madame Bouvier à sa dernière demeure.
Resté seul, Bouvier avait encore la suprême consolation de pou- voir faire de longs séjours dans le Jura, chez sa fille, Madame Pain- destre, et de se consacrer à l’instruction de ses petits-fils sur lesquels il avait reporté toute son affection. Mais la guerre l’a privé de cette ultime joie d’avoir ses petits-enfants près de lui, pendant les der- nières années de sa vie. »
Tous les Professeurs du Muséum, et je puis dire aussi tous les entomologistes de France et de l’étranger, se joignent à moi pour exprimer leur sympathie émue à Madame Paindestre et à ses enfants.
La perte cruelle qu’ils viennent de faire sera ressentie par le monde savant tout entier.
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Allocution prononcée aux obsèques de M, le Professeur
P, ALLORGE, PARIS, 25 JANVIER 1944,
Par M. le Professeur Ach. Urbain.
Directeur du Muséum.
Madame,
Mesdames, Messieurs,
Une fois encore le Muséum vient d’être cruellement éprouvé ; un de ses membres, parmi les meilleurs, le Professeur Allorge vient de disparaître, enlevé brusquement à l’affection des siens, de ses collègues, de ses amis et de ses élèves.
Monsieur le Professeur Pierre Allorge est né à Paris, le 12 avril 1891. Licencié ès-sciences en 1912, docteur ès-science naturelles en 1922, il fut délégué de 1917 à 1919 dans les fonctions de Prépara- teur de Botanique à la Faculté des Sciences de Paris, Assistant en 1922, puis Sous-Directeur de la Chaire de Cryptogamie du Muséum en 1926, il en devint le Professeur en 1932.
Attiré dès sa jeunesse vers les sciences naturelles, il était déjà familiarisé avec la flore vasculaire de la France et la Géologie du Bassin Parisien lorsqu’il aborda la Faculté des Sciences. Aussi, dès après sa licence il n’eut qu’un désir, celui d’entreprendre des recher- ches. Il commença celles-ci dans les laboratoires de la Sorbonne et d’Avon-Fontainebleau, que dirigeait alors Gaston Bonnier. Puis, après la guerre de 1914-1918, il fréquenta le laboratoire de Crypto- gamie du Muséum où il s’initia à la systématique et à la biologie des Muscinées, grâce aux conseils du Professeur Mangin et de ses colla- borateurs : le Docteur F. Camus et J. Cardot. C’est au Muséum, dans ce laboratoire où il ne tarda pas à être attaché d’une façon définitive, que Pierre Allorge entrepris la majorité de ses travaux qui peuvent être classés parmi les meilleurs de nos botanistes actuels. Ces travaux ont porté principalement sur les Algues d’eau douce, les Muscinées et sur la Phytogéographie générale.
Dans leur ensemble, c’est dans un sens surtout systématique et biogéographique qu’il mena ses recherches. Systématique et bio- géographie étaient pour Allorge deux disciplines étroitement solidaires : « L’on ne peut faire, disait-il, d’études biogéographiques sérieuses sans base systématique solide, il faut bien reconnaître aussi qu’une bonne systématique ne peut se concevoir sans connais-
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sances biogéographiques étendues. » C’est dans cet esprit qu’il a toujours travaillé.
En Algologie, Allorge a donné une vive impulsion à cette science qui était en sommeil depuis de si longues années.
Seul, ou en compagnie de son fidèle collègue et ami Marcel Denis, il a exploré un nombre considérable de stations aquatiques, notam- ment les tourbières à Sphagnum, les lacs des Alpes et du Massif Central, les étangs des Landes et de Sologne ainsi que les eaux du Bassin de la Seine dans lesquelles il effectua régulièrement des pêches planctoniques pendant plusieurs années consécutives en vue d’étudier la variation saisonnière du Phytoplancton.
Au cours de ses voyages dans la Péninsule Ibérique, aux Antilles et aux Açores, il n’a cessé de réunir un important matériel algolo- gique. Plus de quinze cents échantillons d’algues provenant de ses récoltes, sont venus enrichir les collections du Laboratoire et ont été étudiés par lui-même, par ses élèves et ses collaborateurs.
Afin de permettre la diffusion de ces travaux, il créa en 1925, avec G. Hamel, la Revue Algologique, qui connut de suite un gros succès.
En Bryologie, Allorge a apporté des contributions intéressantes à la flore Muscinale de France (Alpes, Pyrénées, Normandie et Bassin de Paris). Ses voyages en Espagne et au Portugal lui ont fourni d’im- portantes récoltes qui lui ont permis de mettre en évidence la valeur de la bryoflore ibérique. L’intérêt de cette flore l’a incité à publier, avec la collaboration de Madame Allorge, sous le nom de Bryotheca iberica un exsiccata des Mousses, Sphaignes et Hépatiques de la Péninsule. Celui-ci est un modèle du genre pour le soin apporté à sa présentation et pour la foule de renseignements que l’on y trouve.
Au cours d’une mission faite à la Martinique et à la Guadeloupe, en 1936, Allorge rapporta plusieurs centaines de Muscinées dont beaucoup d’espèces nouvelles. En 1937, il effectua un autre impor- tant voyage aux Açores, avec comme seule collaboratrice, Madame Allorge. Toutes les îles de cet archipel, sauf une, furent visitées. Le résultat en fut la publication d’un Exsiccata des Mousses des Açores, qui apporta une très importante contribution à la réparti- tion des Muscinées atlantiques.
Au point de vue de la Phytogéographie générale, Allorge a été un des premiers en France à faire l’étude des associations végétales en elles-mêmes et dans leurs rapports avec le milieu. Dans sa thèse sur les « Associations végétales du Vexin français » il a fait un exposé du but et des méthodes de la Phytosociologie. Cette thèse est un travail magistral qui a fait école et a été ensuite suivi par un grand nombre de phytosociologues français et étrangers.
Il a publié, en outre, de nombreux mémoires ou notes sur la végé- tation d’autres territoires. Dans ces travaux il a particulièrement insisté sur l’analyse des groupements végétaux des lacs et tourbières.
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C’est, en effet, dans ces types de stations que coexistent les végétaux sur lesquels il a pu acquérir des connaissances systématiques éten- dues en ce qui concerne la Flore de l’Europe Occidentale et Méditer- ranéenne : les Algues, les Muscinées et les Plantes vasculaires. Il a montré ainsi que par la netteté des successions végétales qui s’y laissent observer, les lacs et les tourbières réalisent les conditions les meilleures pour l’étude dynamique de la végétation.
Telle est l’œuvre très sommairement résumée d’ALLORGE qui fut et restera un grand botaniste, cette œuvre sera, j’en suis persuadé, ..continuée par ses collaborateurs et ses élèves.
Sa santé était ébranlée depuis plusieurs années ; malgré ses souf- frances physiques, il n’en continuait pas moins avec le même enthou- siasme, avec la même volonté, à poursuivre ses recherches scienti- fiques et à diriger son laboratoire.
Excellent collègue, ami très sûr, d’une grande bonté, Pierre Allorge savait se faire aimer de tous ceux qui l’entouraient.
Madame, vous qui fûtes non seulement la meilleure des compagnes mais aussi la collaboratrice de tous les instants de notre regretté Collègue, permettez-moi de vous exprimer la part très grande que nous prenons à votre douleur.
Mon cher Allorge, au nom des Professeurs du Muséum, de vos amis et de vos collaborateurs, je vous adresse un suprême adieu.
Paris, 25 janvier 1944.
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LISTE DES ASSOCIÉS ET CORRESPONDANTS
DU
MOSÉOM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
NOMMÉS EN 1943
ASSOCIÉ DU MUSÉUM
Rochon-Duvigneaud (Dr A.), présenté par MM. les Professeurs E. Bourdelle, Àch. Urbain, J. Becquerel, R. Jeannel et J. Millot.
Le Dr Rochon-Duvigneaud, ophtalmologiste honoraire des Hôpitaux de Paris, membre de l’Académie de Médecine, est l'un des spécialistes français les plus en vue de tout ce qui a trait à l’Anatomie du globe oculaire et à la physiologie de la vision dans la série des Vertébrés. Ses travaux relatifs à la rétine des Mammifères et des Oiseaux ont apporté de notables éclair- cissements sur la structure et les fonctions de cette membrane, en parti- culier sur la signification des bâtonnets et des cônes et sur la double fovea des Oiseaux. L’utilisation de la méthode de l’image transsclérale et l’adap- tation de cette méthode à l’étude du champ visuel dans différentes espèces ont permis au Dr Rochon-Duvigneaud de déterminer les corrélations morphologiques et structurales du globe oculaire avec la valeur des champs binoculaires et monoculaires de la vision dans nombre d’espèces. D’importantes monographies sur le globe oculaire et sur la vision chez les Cétacés, la Taupe, la Musaraigne, la Chouette chevêche, etc., ajoutent encore à une œuvre scientifique des plus remarquables, maintenant con- crétisée dans un ouvrage de grande envergure, Les Yeux et la Vision des Vertébrés qui vient de paraître et qui honore grandement son auteur.
Le Muséum a toujours été, pour le Dr Rochon-Duvigneaud, un centre de prédilection pour ses recherches et il fréquente depuis longtemps ceux de ses laboratoires et de ses services susceptibles de lui fournir les maté- riaux indispensables à ses travaux ainsi que les moyens de les utiliser.
Dès 1927, le Muséum a déjà voulu s’attacher le Dr Rochon-Duvi- gneaud en le comprenant parmi ses correspondants. *En lui attribuant aujourd'hui le titre d’Associé, il tient à témoigner au savant et au natura- liste la haute estime en laquelle il le tient.
(Ed. Bourdelle .)
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CORRESPONDANTS DU MUSÉUM
Chenault (R.)j présenté par M. le Professeur A. Guillaumin.
Reprenant la tradition de son père, le célèbre introducteur et multi- plicateur d’arbustes nouveaux, M. Raymond Chenault continue, par ses dons, d’accroître les collections de végétaux vivants du Muséum tant au Jardin alpin qu'à Chèvreloup.
(A. Guillaumin.)
Glasser (Ed.), présenté par M. le Professeur J. Orcel.
Ingénieur au Corps des Mines, Directeur Général de la Compagnie Générale des Eaux, ancien Président de la Société Française de Minéralogie, M. Glasser est bien connu par ses études sur les gites métallifères de la Nouvelle-Calédonie, en particulier sur ceux de nickel et de chrome. Son mémoire paru dans les Annales des Mines de 1904 est classique.
Amateur de minéralogie fort éclairé, il collabore activement depuis plusieurs années avec le Laboratoire de Minéralogie du Muséum, faisant bénéficier les chercheurs qui y travaillent, des matériaux de sa collection. Il contribue d'autre part très efficacement au classement et à l’identifica- tion des minéraux rares ou peu connus existant dans la collection de Minéralogie du Muséum, et poursuit à leur sujet les recherches bibliogra- phiques indispensables.
(J. Orcel.)
ATTACHÉ AU MUSÉUM
Thévenin (R.), présenté par M. le Professeur Ed. Bourdelle.
M. Thévenin René, Naturaliste d’une grande culture générale, s'est depuis longtemps manifesté par une active collaboration au journal Sciences et Voyages et la publication d’un certain nombre d'ouvrages parmi lesquels il faut signaler l’article : Faune dans V Afrique Noire d'Aben- sour et Thévenin, et les Migrations animales. La préparation de ces ouvrages et d'un certain nombre d’autres consacrés aux Carnivores, en particulier aux Viverridés, et aux Mustélidés, a permis à M. Thévenin et lui permettent encore tous les jours de s’intéresser au matériel des collec- tions de Mammifères du Muséum et d’en perfectionner le classement. La collaboration bénévole ainsi apportée au Laboratoire des Mammifères et des Oiseaux justifie pleinement l’attribution à M. Thévenin du titre d 'Attaché au Muséum.
(Ed. Bourdelle.)
TRAVAUX FAITS DANS LES LABORATOIRES
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE PENDANT L'ANNÉE 1943
Cette liste, où ne figurent que les Notes et Mémoires effectivement publiés en 4943, ne donne qu’une vue incomplète de l’activité scientifique des labo- ratoires. De nombreux travaux déjà terminés ont en effet été retardés dans leur publication par les circonstances présentes et seront mentionnés dans le fascicule I du Bulletin du Muséum de 1945.
Anatomie comparée.
J. Millot, Professeur. — Les Araignées, mangeuses de Vertébrés. Bull. Soc. zool. France, t. LXVIII, n° 1, 1943.
— Sur l’anatomie et l’histophysiologie de Koenenia mirabilis Grassi
(Arachn. Palpigradi). Rev. Franc, entom., t. IX, 1943.
— Notes complémentaires sur l’anatomie, l’histologie et la répartition
géographique en France de Koenenia mirabilis Grassi (Arachn. Palpigradi). Rev. Franc, entom., t. IX, 1943.
— et R. Paulian. — Valeur fonctionnelle des poumons des Scorpions.
Bull. Soc. zool. France , t. LXVIII, n° 4, 1943.
H. Neuville, Sous-Directeur honoraire. — • Du normal au pathogène; Rev. médic. France, nov.-déc. 1943.
M. Friant, Sous-Directeur. — Le cerveau de l'Okapi. C. R. Acad. Sciences, 1943.
— Le télencéphale des Tapiridés. Anat. Anz., t. XCIV, n° 1-3, 1943.
— Catalogue raisonné et descriptif des Collections d’Ostéologie du Service
d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle. „ Mammifères. Fasc. IL Insectivora. Sous-fasc. I : Erinaceidæ. Paris, Masson, 1943.
— Le néopallium cérébral du Pécari (Dicotyles). C. R. Acad. Sciences,
1943.
J. Anthony, Assistant. — L’antagonisme pariéto-occipital chez le Chry- sothrix sciurea L. Bull. Mus., 2e sér, t. XV, n° 4, 1943.
— La signification de la scissure retrocalcarine dans l'étude de l’antago-
nisme pariéto-occipital chez les Singes Platyrhiniens. Bull. Mus., 2e sér., t. XV, n° 4, 1943.
— L'évolution des plis de passage pariéto-occipitaux de Gratiolet chez
les Singes Plathyriniens. Bull. Mus., 2e sér., t. XV, n° 5, 1943.
— Evolution du complexe calcarin des Primates. — Mammalia, t. VII,
n° 3-4, sept.-déc. 1943,
Ethnologie des Hommes actuels et des Hommes fossiles (Musée de l’Homme).
H. V. Vallois, Professeur. — Les ossements humains de Koerhuisbeek près Deventer, Hollande. Nederl. Akad. Wet., Verh., Amsterdam, t. XL, n° 3, 1943, p. 1-25.
— Anthropologie de la population française. Un vol., 140 p., 7 fig., 4 pl.
M. Didier, Paris, 1943.
P. Lester, Sous-Directeur du Laboratoire. — Contribution à l’anthropo- logie de l’Afrique orientale : les Tourkana et les Kikouyou. Mission scientifique de l’Omo, 1932-1933. Editions du Muséum, t. I (Géolo- gie, anthropologie), fasc. 2, 1943, 52 p.
L. Pales, faisant fonction de Sous-Directeur de Laboratoire et Y. Pour- sines. — Cancer en jante, à noyaux multiples, de l’attache mésen- téro-intestinale du grêle, chronologiquement secondaire à une tumeur pancréatique, chez un Annamite du Tonkin. Médecine tropicale, Marseille, t. III, n° 3, 1943, p. 211-221.
— Le problème des Chéloïdes et le point de vue colonial. Médecine
tropicale, Marseille, t. II, n° 4, 1942, p. 183-296.
— et M. Casiles. — Plaie crurale de guerre (1914) avec lésion sciatique.
Ibid., p. 314-322.
— et Dejou. — Sur un cas de gainite ossifiante de l’artère fémorale. Soc.
chirur. Marseille, 29 mars 1943.
Paule Barret, Assistante. — Bibliographie américaniste. Journ. Soc. améric., n. s., t. XXXII, 1940, p. 301-403.
— et H. Reichlen. — Contribution à l’archéologie de la Martinique. Le
gisement de l’Anse-Belleville. Ibid., p. 227-259.
Thérèse Rivière, Assistante et J. Faublée. — Les tatouages des Chaouïa de l’Aurès, Journ. Soc. afric., t. XII, 1942, p. 67-81.
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2
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— Découverte d'un barbeau au Hoggar. Bull. Soc. aquicul. Pêche, t. XLIX,
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— Tuberculose et Ostéopathie hypertrophiante chez un Tapir américain
(Tapirus terrestris L.). Bull. Acad. Vétér., t. XIV, 1943, p. 132. Ach. Urbain et Ed. Dechambre, Sous-Directeur. — Reproduction de la Grue antigone à la Ménagerie du Jardin des Plantes. Bull. Mus., t. XV, n» 5, 1943, p. 264.
Ach. Urbain, J. Nouvel et P. Roth. — Septicémie à bacille du rouget chez une perruche (Paloeornis torquata L.). Bull. Acad. Vétér., t. XVI, 1943, p. 136.
— 20
Ed. Dechambre, Sous-Directeur de la Ménagerie. — A propos d'une défor- mation de la face chez certains singes en captivité. Bull. Acad. Vétér., t. XVI, n° 1, 1943, p. 24.
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— Renversement du rectum chez un Crocodile à front relevé (Ostaolaenus
tetraspis Cope). Ibid., n° 4, 1943, p. 118.
— Une curieuse lésion de décubitus chez un Oryx beisa ( Oryx beisa
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— Du dressage à l'instinct. Bull. Soc. Nat. Acclim., Conférences 1942,
p. 85.
J. Nouvel, Assistant. — Coloration des bactéries à suspension dans un milieu liquide pour faciliter leur numération. C. R. Soc. Biol., t. 136, 1942, p. 795.
— Quelques applications de la sulfamidothérapie. Cahiers Mèd. Vétér.,
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P. Roth. — Les antagonistes de la Thyroxine dans la métamorphose des Batraciens anoures. La Diiodotyrosine, la Propionate de Testo- stérone et le Benzoate d’Oestradiol (action comparée de ces trois substances). Bull Mus., t. XIV, n° 6, 1942, p. 480.
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— L’éosinophilie dans les reins des Batraciens après la métamorphose
expérimentale. Bull. Soc. Zool. France, t. IyXVIII, 1943, p. 33.
P. Roth et C. Desporte. — Helminthes récoltés au cours d'autopsies pratiquées sur différents mammifères morts à la Ménagerie du Muséum de Paris. Bull. Mus., t. XV, n° 3, 1943, p. 108.
Zoologie : Reptiles et Poissons.
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21
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— Les Alcyonaires du Muséum: I. Famille des Alcyoniidæ. 1. Genre
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R. Tixier et A. Tixier-Durivault. — Le pigment du polypier d’un Octocoralliaire : Heliopora cærulea (Pall.). IL Ester méthylique. C.R. Soc. Chimie biol., t. XXV, ri° 1, 2, 3, 1943, p. 98.
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Anatomie comparée des Végétaux vivants et fossiles.
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histoire naturelle », 213 p., 81 fig., Paris, 1943 (Lechevalier, édit.).
— Manuel de Préhistoire générale (2e édit, revue et augmentée). 1 vol.
in-8° Bibliothèque scientifique, 428 pages, 161 fig., 8 pl. hors-texte, Paris, 1943 (Payot, éditeur).
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Mlle S. Caillère, Sous-Directeur, — Contribution à l’étude de l'hydro- magnésite et de quelques autres hydrocarbonates magnésiens ; l’hydrogiobertite, l 'hydrodolomite et la giorgiosite. Bull. Soc. franç. Minér., t. 66, 1943.
P. Gaubert, Sous-Directeur honoraire. — Anneaux mobiles produits dans des gouttes liquides anisotropes de para-azoxyanisol par des subs- tances organiques possédant le pouvoir rotatoire. Bull. Soc. franç. Minér., t. 66, 1943.
X. Doucet, Assistant. — Sur l'existence d’un gîte de wolfram à Chatelus^ le-Marcheix (Creuse). Bull. Soc. franç. Minér., t. 66, 1943.
Mme E. Jeremine, Maître de recherches au C. N. R. S. — Phénomènes de recristallisation et d’écrasement dans les roches gabbroïques du Pallet (Loire-Infér.). Bull. Soc. franç. Minér,, t. 66, 1943.
H. Erhart, Chargé de recherches au C. N. R. S. — Les latérites du moyen Niger et leurs significations paléoclimatiques, C. R. Ac. Sc., t. 217, 1943.
— Sur la nature et l'origine des sols du delta central nigérien. C. R. Ac.
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• — Sur les terres à nodules calcaires et à pisolites ferrugineux du delta central du Niger. C. R. Ac. Sc., t. 217, 1943.
R. Delavault, Boursier au C. N. R. S. — Action de l'acide fluorhydrique sur la muscovite. C. Rs, Ac. Sc., t. 215, 1942, p. 582.
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— Notules ichthyologiques. XX. L’habitat du Soléidé Pegusa lascaris
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— Captures et élevages de larves de Coléoptères aquatiques (9e note).
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— A propos de l’éclosion de l'œuf chez les Chrysomélides. Revue Zool.
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F. Rullier. — Observations sur Mercierella enigmatica Fauvel dans la Rance canalisée. Bulh Labor. marit. Pinard, fasc. XXV, p. 36-44, 1 fig., 1943.
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— et Franck Emmanuel. — Le Tabac, Ibid., 1942, in-12, 128 p.
— et Pierre Senay. — Le Coton, Ibid., 1942, in-12, 128 p.
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— et D. Normand. — Forêts vierges et Bois coloniaux. Ibid., 1943,
in-12, 128 p.
Aug. Chevalier. — Le Café. Ibid., 1943, in-12, 124 p.
— Explorations botaniques à la recherche de nouvelles plantes à caout-
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— Découverte d’une nouvelle station de Daboecia cantabrica dans la
Vendée par M. et H. Botton, Bull. Soc. Bot. Fr., t. 89, 1942, p. 239-240.
— Peut-on cultiver des plantes à caoutchouc en France, C. R. Acad.,
Agric. Fr., n° 4, 1943, p. 120-124.
— Le Café de nos colonies, in Jeannel : Office de la Recherche scientifique
coloniale, Conférences de mai-juillet 1943 : Quelques problèmes scientifiques coloniaux, Editions de l’Office, 1943, p. 41-55.
— Le Café, son histoire et son avenir, Discours prononcé le 25 octobre
1943 à la séance annuelle des cinq Académies de l’Institut de France, Firmin Didot, édit., 1943, br. in-4°, 19 p.
— Préface à l’ouvrage de A. Haudricourt et L. Hédin : L’Homme et
les plantes cultivées.
— Préface à l’ouvrage de M. Anne : Quelques grands amis de la terre
normande.
— Chesnais, Haudricourt et Peltier. — Anomalies florales provo-
quées par un Puceron chez Chrysanthemum Parthenium, Bull. Mus. Hist. nat., 2* sér., t. XV, 1943 p. 444-446.
Travaux de M. Aug. Chevalier parus dans la Revue de Botanique appliquée et d’ Agriculture tropicale en 1943 :
"V
— 36 — *
Historique de la Revue de Botanique appliquée et d’ Agriculture tropicale, t. XXIII, p. 1-6.
Les sources de documentation en Agronomie coloniale, t. XXIII, p. 6-11, 81-96.
Subdivision et composition actuelle du genre Citrus, t. XXIII, p. 11-15. L'origine géographique des Aurantiacées (Agrumes) cultivées et les étapes de leur amélioration, spécialement en Indochine, t. XXIII, p. 15-25.
Trois plantes de la Réunion produisant des succédanés du café, t. XXIII, p. 32-35.
Les Sapotacées à graines oléagineuses et leur avenir en culture : I. Le Karité ou Arbre à beurre ; II. Sapotacées de la forêt dense de l’Ouest-africain ; III. Spotacées de l'Indochine et de l’Indo-Malai- sie ; IY. Sapotacées des régions arides, t. XXIII, p. 97-159.
Les plantes coloniales utiles que l’on peut cultiver en France, t. XXIII, p. 177-196.
Notes sur le Houblon, t. XXIII, p. 225-242.
La sélection du Palmier à huile, t. XXIII, p. 249-255 (d'après Ferrand). Laitues, Chicorées et Pissenlits. Origine des formes cultivées, t. XXIII, p. 273-281.
A propos de la nomenclature de quelques Sapotacées africaines, t. XXIII, p. 282-285.
Sur quatre genres de Sapotacées de l'Afrique occidentale, t. XXIII, p. 286-294.
Absinthes et Armoises cultivées, t. XXIII, p. 308-316.
Taxonomie, biogéographie et sélection des Elaeis, t. XXIII, p. 295-307. Notes sur l’Anis vert et l’Anis étoilé ou Badiane, t. XXIII, p. 317-326. Plantes fourragères cultivées ou expérimentées en Allemagne encore inconnues ou rares en France, t. XXIII, p. 326-332.
Ce que devrait être la production agricole coloniale de la France dans l’après-guerre, t. XXIII, p. 332-343 (d'après R. Dumont).
Une utilisation originale des graines de Plantains, t. XXIII, p. 343-346.
— et André Haudricourt. — Une Labiée adventice et cultivée qui se
répand, t. XXIII, p. 243-246.
J.-F. Leroy, Assistant. — Les Piments, Rev. Bot. Appl. et d’Agr. trop., t. XXIII, 1943, p. 196-218.
André. Haudricourt, Boursier du C. N. R. S. et L. Hédin. — L’Homme et les plantes cultivées, Gallimard, 1943, in-8°, 240 p.
— Solanum sarrachoides Sendt. adventice en France, Bull. Soc. Bot. Fr.,
t. 90, 1943, p. 89-90.
— La culture du Kok-Saghyz, Rev. Bot. Appl. et d’Agr. trop., t. XXIII,
p. 165-166 (d'après A. Demangeot et J. Le Conte).
— La classification des Avoines cultivées en France. Ibid., p. 166-167
(d’après R. Friedberg).
F. Chesnais, Boursier du Muséum. — Recherches sur l'anatomie du genre Hoplestigma Pierre, Bull. Mus. Hist. nat., 2e sér., t. XV, 1943, p. 226-230.
— Anatomie du système végétatif du genre Heberhardtia H. Lee. Ibid.
i
37 —
— Sur la formation de la cicatrite des graines de Sapotacées, Bull. Soc.
Bot. Fr. , t. 90, 1943, 5 p., 1 fig.
M. Peltier, Boursier du Muséum. — Anomalies florales des Moutardes causées par les Brevicoryne Brassicæ. Rev. Bot. Appl. et d’Agr. trop., t. XXIII, 1943, p. 246-249.
— Zoocécidies foliaires sur le genre Manilkara. Bull. Soc. Bot. Fr ., t. 90,
1943, 4 p., 1 fig.
P. Henry, Boursier de l’Institut de Recherches pour les Huiles de Palme. — Anatomie des feuilles de VElaeis guineensis, Rev. Bot. appl. et d’Agr. trop., t. XXIII, 1943, p. 219-225.
V
38 —
L'Évolution de la chaire D’Ethnologie du Muséum National D’Histoire Naturelle
(Leçon inaugurale faite au Muséum le 27 mai 1943}.
Par Henri Vallois,
Professeur.
C’est une respectable tradition que de commencer une leçon inaugurale en remerciant ceux aux votes desquels on doit sa chaire. Mes premières pqroles seront donc pour exprimer ma reconnaissance aux Professeurs du Muséum et aux Membres de l’Académie des Sciences qui ont bien voulu me faire confiance et me désigner pour la chaire d’Ethnologie. Et je tiens aussi à remercier tout particu- lièrement M. le professeur Carcopino, alors Ministre de l’Education nationale qui, en signant ma nomination, m’a permis de me consacrer définitivement à une science à laquelle je m’étais voué depuis déjà nombre d’années.
Il est encore deux professeurs du Muséum, tout récemment dis- parus, dont je désire à cette occasion prononcer les noms : MM. Raoul Anthony et Marcellin Boule. Il y a plus de 30 ans que le premier m’accueillait dans son laboratoire, comme j’arrivais à Paris, jeune licencié frais émoulu de la Faculté des Sciences, attiré par le prestige qui s’attache à la maison de Cuvier. C’est R. Anthony qui m’a poussé dans la voie, alors toute nouvelle pour moi, de l’anthropologie. Nos relations, qui étaient d’abord celles de maître à élève, sont très vite devenues, malgré ou peut-être à cause de la très grande diffé- rence de nos caractères, celles d’ami à ami. Un autre prononcera ici son éloge dans quelques mois. Mais je dois dire la vive peine que j’ai à ne pas le voir parmi ceux dont j’ai maintenant l’honneur d’être le Collègue.
Et c’est aussi avec un profond sentiment de regret que j’évoque la mémoire de celui qui fut mon autre maître au Muséum, le profes- seur Marcellin Boule. C’est beaucoup plus tard que je l’avais connu, à un moment où, déjà nettement orienté vers l’anthropologie, j’avais voulu approfondir la paléontologie humaine. M. Boule m’a dirigé dans cette science dont il était le maître incontesté ; il m’a pris comme collaborateur dans l’Institut qu’il dirigeait. Les nombreux contacts que j’ai eu avec lui m’ont permis d’apprécier à toute sa valeur cette profonde et puissante intelligence, aux sages avis de laquelle je n’ai jamais eu recours en vain.
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1944.
La chaire d’ Ethnologie du Muséum a ce rare privilège de provenir directement d’un des trois enseignements qui furent créés en 1635, lors de l’organisation définitive du « Jardin royal des Plantes médi- cinales ». Seize professeurs s’y sont succédés jusqu’en 1941. Durant les 306 ans que représente ce laps de temps, elle a changé plusieurs fois de nom, et ses titulaires se sont appelés tour à tour : Démonstra- teur et Opérateur des opérations pharmaceutiques, • — Professeur en Anatomie et en Chirurgie, — Professeur d’ Anatomie humaine, — Professeur d’ Histoire naturelle de l’Homme, — Professeur d’ An- thropologie, — et, finalement, Professeur d’ Ethnologie des Hommes actuels et des Hommes fossiles. Son orientation, on le voit, s’est modifiée mais, très vite, elle a eu l’étude de l’Homme comme objet et, depuis, elle ne s’en est jamais départie. On peut sans peine, dans son évolution, distinguer deux grandes périodes que séparerait la date de 1838. Avant celle-ci, l’Homme y était étudié surtout à un point de vue pratique et dans sa structure anatomique. Après 1838, l’Homme y est étudié d’une façon beaucoup plus générale et le développement de la chaire se lie directement à celui de l’anthro- pologie et de l’ethnographie en France. On comprendra que je ne m’étende pas beaucoup sur la première période ; la seconde, au contraire, me retiendra, puisqu’elle me permettra de vous montrer comment s’est progressivement constituée la conception actuelle de la chaire d’ Ethnologie.
Lors de sa création, en 1635, l’enseignement qui est à l’origine de celle-ci portait un nom qui ne laissait pas prévoir son futur développement. Son titulaire était en effet qualifié de « Démonstra- teur et Opérateur des Opérations pharmaceutiques ». Mais il semble que, très vite, cet enseignement ait dévié vers l’anatomie humaine. Bien qu’une preuve directe n’ait pu en être fournie, certains auteurs ont en effet écrit qu’une ordonnance royale, postérieure de quelques mois à peine à la création du poste, spécifiait déjà qu’au lieu d’en- seigner les opérations pharmaceutiques, son titulaire « ferait la démonstration oculaire et manuelle de toutes et chacune des opéra- tions de chirurgie, de quelque nature qu’elles puissent être ». Le fait a été controuvé. Il n’en reste pas moins qu’en 1718 le titre de « Professeur en Anatomie et Chirurgie » était officiellement donné à celui qui l’occupait. Il devait subsister jusqu’en 1793.
Le premier démonstrateur du nouvel enseignement fut Marin Cureau de La Chambre. Il était Docteur en Médecine de la Faculté de Montpellier, titre que devaient porter après lui et jusqu’à aujour- d’hui quatre de ses successeurs. Il est assez piquant du reste de constater que, d’une façon constante, tous les titulaires de l’enseigne-
40
ment inauguré par Marin Cureau de La Chambre furent Docteurs en Médecine. Bien que nous soyons dans un Muséum d’ Histoire naturelle, un seul jusqu’ici avait eu le titre de Docteur-ès-Sciences naturelles : De Quatrefages. Encore l’obtint-il après le Doctorat en Médecine et avoir exercé la pratique médicale pendant un certain temps. L’ethnologie ne serait-elle donc qu’une branche de la Médecine rattachée par erreur aux Sciences naturelles ? Malgré l’apparence, il y aurait quelque paradoxe à le soutenir.
Marin Cureau de La Chambre conserva son poste 34 ans ; si aucune trace ne nous reste de son enseignement, du moins nous a-t-il laissé quelques écrits dont l’un sur « les inondations du Nil » et un second sur « l’amour par inclination » nous montrent qu’il ne dédaignait pas de sortir du sujet de sa chaire. Mais un autre travail sur les « Caractères des passions » est illustré d’une figure représentant un vieux savant qui mesure un buste devant une tablette chargée d’autres bustes dont un de Nègre. Ainsi, déjà, l’anthropologie inté- ressait ce premier précurseur de la chaire.
François Cureau devait succéder à Marin ; puis vinrent, jusqu’en 1777 : Guichard et Maurice Duverney, Hunauld, Winslow, Ferrein et Petit. La plupart de ces noms sont bien connus des anatomistes. C’est que, très vite, l’enseignement du troisième démonstrateur du Jardin royal avait constitué une véritable école qui concurrençait, et souvent victorieusement, les cours de la Faculté de Médecine. On s’y pressait pour entendre les professeurs. Dionis, qui suppléa François Cureau pendant 8 ans et y exposa la découverte, alors toute nouvelle, de la circulation du sang, avait jusqu’à 500 auditeurs. Au cours de Duverney, on compta une année 140 étrangers, et 40 Ecossais n’étaient venus à Paris que pour l’entendre. Il n’était pas jusqu’aux comédiens qui assistaient à ce cours pour prendre des leçons de diction !
Le plus grand nombre de ces savants ont laissé des traces de leurs recherches. Une ouverture de notre péritoine, en arrière de l’estomac, porte encore de nos jours le noms de Winslow. Certains amas de tubes de notre rein portent celui de Ferrein. Vicq d’AzvR, qui suppléa quelque temps Petit, a donné son nom à une des couches de notre écorce cérébrale. Enfin il ne faut pas oublier que les deux traités d’anatomie humaine qui eurent le plus de succès durant 100 ans, furent ceux de deux des démonstrateurs de la chaire : Dionis et Winslow. L’un et l’autre de ces ouvrages eurent de nombreuses éditions et furent traduits en plusieurs langues.
En 1777, A. Portal était nommé professeur. Il devait le rester jusqu’en 1832, soit 55 ans. Il a, par là, établi pour cette chaire un record de durée qui n’a pas été dépassé et ne le sera sans doute pas non plus dans l’avenir. C’est sous Portal qu’en 1793, lors de la réorganisation du Muséum d’ Histoire naturelle, son enseignement
— 41
fut définitivement appelé « Chaire d’ Anatomie humaine ». Son suc- cesseur ne fut cependant pas un anatomiste. Flourens, qui prit la chaire en 1832, était surtout physiologiste et quitta l’anatomie six ans plus tard, lorsque la Physiologie comparée fut devenue libre.
Jusque là, on le voit, l’enseignement réalisé dans le troisième des postes de démonstrateur du Jardin royal avait bien comme sujet d’étude l’Homme, mais au point de vue à peu près exclusif de l’ana- tomie, et sans considérations d’ordre général. L’ethnologie, si elle avait pu y être enseignée, ne l’avait été que d’une façon tout à fait épisodique. C’est au point qu’en 1800 et 1801, il y eut au Muséum un cours d’ « Histoire naturelle de l’Homme », mais ce ne fut pas Portal qui le fit. C’est Lacépède, titulaire de la chaire d’ Erpé- tologie.
En 1838, les choses* se présentaient différemment. Sous l’influence, semble-t-il, d’un mémoire récemment publié par Wiliam Edwards, le frère aîné d’Henri Milne-Edwards, l’intérêt commençait à se porter vers l’histoire des races humaines. On comprenait de plus en plus que l’étude de l’homme n’aurait qu’à gagner si elle était faite dans le cadre général de la zoologie. Déjà, en 1832, au moment où la chaire de Portal s’était trouvée libre, les Professeurs du Muséum avaient spécifié qu’il fallait que « cet enseignement, qu’ils considéraient « comme le pivot sur lequel roule l’ensemble de l’enseignement zoolo- « gique, soit entièrement dégagé de toute application médicale et « chirurgicale ». Flourens, l’année suivante, intitulait son cours, avec l’approbation de ses collègues « Cours d’ Anatomie et Histoire naturelle de l’Homme ». Ce n’est qu’à son départ que le titre devenait officiellement celui de la chaire, en consacrant par là la nouvelle orientation.
C’est Etienne Serres qui succéda à Flourens. Il avait alors 51 ans. Médecin comme tous ses précédesseurs, il était déjà membre de l’Académie des Sciences et de celle de Médecine. Avec lui, la chaire devait nettement s’engager dans la voie qu’elle n’a plus quitté. Mais ce ne fut d’abord que d’une manière timide. Spécialisé de longue date dans l’anatomie comparée, Serres continuait à donner à cette science la majeure partie de ses efforts. Le seul travail notable qu’il ait publié sur l’Histoire naturelle de l’Homme date de 1853, 15 ans après sa nomination à la chaire et deux ans seulement avant le moment où il devait la quitter pour prendre celle d’ Anatomie comparée. Si les idées qu’il y expose sont maintenant quelque peu désuètes, il faut cependant retenir que c’est dans ce travail qu’il créa le terme de « Paléontologie humaine ». C’est là aussi qu’il exposa une conception qui, depuis lui, a fait fortune : que les événements dont une nation a été le théâtre auraient leur source principale dans la nature physique et morale des races qui les ont accomplis. Par là Serres s’est montré, sans le savoir, le précurseur de l’an-
— 42 —
thropo-sociologie et de la thèse que devait, l’année suivante, soutenir Gobineau.
Un autre mérite de Serres est le développement qu’il a donné aux collections du Laboratoire dont il avait la charge. Plus ou moins mélangées jusque là à celles d’anatomie comparée, elles étaient encore très restreintes mais, au moment de l’arrivée de Serres, un rapport du Muséum déclarait que « le nouveau professeur serait tenu « de continuer la collection déjà commencée et de proposer à l’admi- « nistration les moyens les plus convenables pour l’entretien et l’ac- « croissement de cette collection ». Serres s’y adonna avec beaucoup d’énergie. Il fit reproduire sur vélins différents types de races humaines ; il réunit la première série connue de daguerréotypes de races. Il fit préparer de nombreux moulages 5 il rassembla des crânes et des squelettes. Il fit pratiquer des fbuilles dans les sépul- tures préhistoriques. A son départ, les séries du Laboratoire compre- naient 3.500 objets de toute nature dont 860 crânes environ. C’était la plus belle collection anthropologique de l’époque. C’est sans doute son existence qui détermina l’Assemblée des Professeurs à changer à nouveau le titre de la chaire. En 1855, elle prenait le nom de Chaire d’ Anthropologie 5 elle l’a gardé jusqu’en 1936.
Deux compétiteurs se présentaient : Gratiolet et de Quatre- fages 5 c’est le second qui l’emporta. Il s’y consacra jusqu’à sa mort en 1892. C’est sans conteste à lui que la chaire d’ Anthropologie doit la réputation qu’elle a acquise en France et à l’étranger.
Jean de Quatrefages de Bréau était né dans le Gard, au pied du Mont Aigoual, près de la petite ville de Valleraugue où son buste se dresse aujourd’hui. Il ne semblait pas d’abord devoir se destiner aux sciences naturelles car, étudiant à Strasbourg, il y passait, en 1829 et 1830 deux thèses de Doctorat ès-sciences mathématiques intitulées, la première « Théorie d’un coup de canon », la seconde « Du mouvement des aérolithes considérés comme des masses dissé- minées dans l’espace par l’impulsion de volcans lunaires. » Il n’avait encore que 20 ans. Mais en même temps, il étudiait la médecine et, sitôt docteur en cette discipline, se rendait à Toulouse pour exercer la pratique médicale. C’est là qu’il commença à se passionner pour les sciences naturelles. Très vite, il leur consacrait toute la partie de son temps qu’il pouvait dérober à ses exigences professionnelles. Finalement, en 1840, il abandonnait Toulouse et se rendait à Paris où il passait, à 7 jours d’intervalle, sa licence et son doctorat ès- sciences naturelles.
Les recherches de Quatrefages portèrent dès lors sur la zoologie des Invertébrés et elles furent de valeur puisqu’en 1852, il était nommé membre de l’Académie des Sciences. Aucune cependant ne touchait, même de loin, à l’anthropologie. On doit donc d’autant plus
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admirer la maîtrise avec laquelle, dès sa nomination au Muséum, ce savant pût s’adapter à son nouvel enseignement. Il s’y imposa comme peu ont su le faire.
La charge que prenait de Quatrefages était cependant lourde. Non seulement le nouveau titre de la chaire impliquait définitive- ment sa future orientation, mais les conditions matérielles du service qui lui était légué par Serres étaient très défectueuses. Les collec- tions étaient entassées dans les petits bâtiments qui s’étendaient alors entre la maison de Cuvier et la cour de la baleine. Elles étaient très en désordre. Le laboratoire était réduit à un ancien atelier abandonné par les employés du moulage, mal clos et mal chauffé. Dédaigneux de l’anthropologie, l’aide-naturaliste du laboratoire concentrait les quelques efforts qu’il était susceptible de fournir à disséquer des serpents : c’était là, disait Serres ironiquement, le rameau erpétologique de l’anthropologie.
De Quatrefages tenta en vain d’améliorer tout cela. Il ne put y réussir et ce n’est qu’en 1872 que son futur successeur, Hamy, qui venait d’être nommé aide-naturaliste, assisté lui-même de celui qui, à son tour devait lui succéder, le Dr Verneau, qui venait d’être nommé préparateur, pût définitivement organiser les collections, grâce à l’attribution à l’anthropologie d’une partie du logement de Cuvier. Mais le laboratoire proprement dit ne fut vraiment en état de fonctionner que lorsque l’anthropologie eut à sa disposition les nouveaux locaux de la rue de Buffon. Jusque là, de Quatrefages en fut réduit à travailler chez lui.
Professeur d’anthropologie, et le premier semble-t-il en Europe à porter ce titre; de Quatrefages eut à cœur de définir la science qu’il avait à enseigner. L’anthropologie, dit-il, n’est qu’une branche de la zoologie et de la mammalogie en particulier ; c’est Y Histoire naturelle de l'Homme et des groupes humains. L’anatomie et la phy- siologie en constituent les bases, mais elle doit s’appuyer aussi sur les manifestations de l’intelligence, sur les mœurs, les industries et les arts, sur les langues et les croyances religieuses. Ainsi de Quatre- fages comprenait l’anthropologie dans son sens le plus vaste, et ceci correspondait bien à la conception qui était alors générale : c’était dans le même esprit que Broca fondait en 1859 une société d’anthropologie qui embrassait la totalité des caractères par lesquels se distinguent les groupes humains et que, quinze ans plus tard, le même savant créait une Ecole d’anthropologie qui comprenait des cours d’anatomie et de physiologie, de sociologie, d’ethnographie et de linguistique. L’anthropologie, c’était alors pour tous l’ Histoire naturelle de l’Homme. Le mot a par la suite dévié de ce sens et peut- être eut-il été plus sage de conserver à la chaire son titre primitif ? On ne pouvait cependant prévoir les confusions qu’il entraînerait.
Ainsi compris, le domaine de l’anthropologie était extrêmement
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vaste. Il ne pouvait, à lui seul, être embrassé par un seul homme et de Quatrefages dut se limiter. Gêné d’autre part par la quasi- absence de laboratoire, il se donna avant tout aux questions générales : l’origine de l’Homme, la place de l’Homme dans la nature, les grandes lois de l’évolution et des transformations des races, tels étaient les sujets qu’il devait traiter avec prédilection. Natura- liste avant tout, il s’efforçait d’appliquer à l’homme les lois qui régissent les autres organismes animaux et végétaux. Il étudiait l’influence des milieux sur le squelette, les muscles, le cerveau et les différentes parties du corps. Il indiquait comment les variations ainsi produites avaient pu donner naissance à des races. Faisant acte de précurseur dans la science qu’il enseignait, il montrait qu’un anthropologiste doit être avant tout un zoologiste. Appliquant ses idées à l’étude des origines humaines, il défendait avec grand talent deux thèses auxquelles il a attaché son nom, celle de l’unité de l’espèce humaine, et celle, corrélative à ses yeux, du règne humain : l’Homme aurait formé dans la nature un règne spécial, qui doit être ajouté aux trois règnes animal, végétal et minéral définis par Linné.
On était alors à cette époque où l’Histoire naturelle allait être renouvelée par la publication du livre de Darwin. Ses profondes connaissances zoologiques rendaient de Quatrefages particulière- ment apte à comprendre les nouvelles théories. Il “ne les accepta cependant pas mais par un paradoxe curieux, lui qui a été en France un des chefs de l’école antitransformiste, a été en même temps un de ceux qui ont le plus contribué à faire connaître chez nous les idées de Darwin. Et quand l’illustre savant fut présenté pour être membre de l’Académie des Sciences, il défendit avec la plus grande énergie sa candidature.
A côté de ses études générales, de Quatrefages a encore considéré plus spécialement certaines races, notamment les Polynésiens dont il a approfondi les migrations, et les races les plus inférieures en civili- sation ; mais ces travaux l’intéressaient moins et il les abandonna rapidement. Ceci n’empêche que, sous son professorat, les collec- tions s’accrurent d’une façon notable. J’ai dit qu’en 1855, elles com- prenaient 3.500 objets. Un recensement fait à l’occasion de l’expo- sition universelle de 1867 montre qu’elles s’étaient alors élevées à 4.200 dont 1.500 crânes environ. En 1892, à la mort de Quatre- fages, le nombre total des objets atteignait 22.000, dont 9.650 dans les collections publiques. La très grande majorité de ces pièces appar- tenait à l’anthropologie, mais d’importantes séries préhistoriques s’y étaient jointes. L’ethnographie par contre n’y était pas repré- sentée ; c’est, qu’entre temps, en 1877, était né le Musée du Trocadéro dont je parlerai plus loin.
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Lorsque de Quatrefages mourut, en 1892, Hamy, qui était son aide-naturaliste depuis 20 ans, devint sans discussion son successeur. Agé alors de 50 ans, il était déjà membre de l’Académie des Inscrip- tions et Belles- Lettres et avait derrière lui une brillante carrière. Lui aussi avait commencé par la médecine, mais concuremment à ses études médicales, il avait étudié l’anthropologie et la préhistoire et, dès qu’il eut passé sa thèse, en 1868, il avait été pris par Broca comme préparateur du Laboratoire d’ Anthropologie de l’Ecole des Hautes Etudes. L’année suivante il publiait un livre, Précis de Paléontologie humaine, qui était une remarquable mise au point de nos connaissances sur les Hommes fossiles.
En 1872, de Quatrefages prenait Hamy comme aide-naturaliste. J’ai dit plus haut comment aussitôt, avec l’aide du Dr Verneau, celui-ci se consacra à l’aménagement des collections et réussit en six mois une œuvre devant laquelle avait reculé son maître. Au début, il se donna presque exclusivement à l’anthropologie. C’est à ce titre qu’il entreprit, en 1870, l’ouvrage monumental des Crania ethnica. Basé essentiellement sur les riches matériaux des séries anthropolo- giques du Muséum, cette œuvre lui prit 10 ans de travail. Elle a été publiée en collaboration avec de Quatrefages mais celui-ci reconnaît lui-même dans la préface qu’à peu de choses près, sa réalisation est toute entière due à Hamy. Il est inutile de souligner l’importance de ce livre, œuvre classique que, maintenant encore, les anthropologistes du monde entier consultent avec profit.
En 1876, Hamy avait inauguré des conférences pratiques où il exposait aux voyageurs les desiderata de la science anthropologique pour les pays qu’ils allaient visiter. En même temps qu’il leur enseignait les éléments de la technique, il leur indiquait l’état de nos connaissances anthropologiques sur ce pays, suggérait les recherches qu’ils pourraient y faire, spécifiait la nature des objets à recueillir. Cette manière de faire valut au Musée de notables acquisitions. Parallèlement aux dons, de plus en plus nombreux à mesure que la réputation du laboratoire allait croissant, elles augmentaient dans d’énormes proportions les collections anthropologiques. Un recense- ment fait par Hamy en 1907 indique plus de 49.000 objets. En 50 ans, les richesses du laboratoire avaient plus que décuplé !
En 1898, les collections furent transférées dans la monumentale galerie qui venait d’être construite près de la place Valhubert. Là, elles disposaient de beaucoup plus de place et leurs belles séries anthropologiques et préhistoriques pouvaient être mieux mises en valeur. Mais il y avait aussi des inconvénients qui furent plus d’une fois soulignés par Hamy. D’abord l’éloignement de la galerie du laboratoire d’anthropologie, ce qui rendait le travail très difficile. Puis, dans son nouveau local, l’anthropologie faisait figure de parent pauvre à côté des deux belles salles dévolues à l’anatomie comparée
et à la paléontologie : presque toutes les collections étaient disposées autour d’un balcon, en séries linéaires qui ne permettaient pas de faire ressortir leurs diverses affinités. Il n’y avait pas de place pour présenter des pièces horizontales ; pas ou pour ainsi dire pas de sur- faces murales pour exposer des panneaux verticaux. S’il y avait un progrès incontestable par rapport aux anciens locaux de la cour de la baleine, on était loin encore d’une solution satisfaisante.
Quand fut effectué ce transfert, Hamy dirigeait du reste la majeure partie de son activité d’un autre côté. Frappé, dès son entrée au Muséum, de ce que seules l’anthropologie et la préhistoire étaient représentées dans les collections du Laboratoire, il avait voulu déve- lopper parallèlement l’ethnographie. C’est grâce à ses efforts et à son infatigable persévérance que fut fondé en 1879, avec l’appui de son maître de Quatrefages, le Musée d’ethnographie dit du Tro- cadéro dont il devenait aussitôt le directeur. Je reviendrai plus loin sur l’origine et l’histoire de ce Musée dont, en dépit de difficultés sans nombre, Hamy sut assurer le splendide développement.
La nécessité d’étudier les collections qui affluaient dans le nouveau Musée détourna peu à peu Hamy des recherches anthropologiques. Progressivement, ses travaux se dirigeaient vers l’ethnographie. C’est dans cet esprit qu’il fonda, en 1882, une Revue d' Ethnographie, qui parut jusqu’en 1889. Elle devait fusionner à cette date avec les Matériaux pour VHistoire générale et naturelle de V' Homme , dirigés par le préhistorien Cartailhac, et la Revue d1 Anthropologie, dirigée par Topinard : de cette union sortit le périodique U Anthropologie, dont Hamy était un des trois directeurs.
Agé seulement de 66 ans, encore en pleine activité intellectuelle, Hamy disparut brusquement le 18 novembre 1908. La liste de ses travaux se montait alors à plus de 1.200, qui touchaient à toutes les branchés de l’ethnologie et s’étendaient même à des sciences voisines, principalement l’histoire de la géographie et celle du Muséum. L’énorme labeur de ce savant avait largement ajouté au prestige que possédait déjà la chaire d’anthropologie.
En 1909, René Verne au lui succédait. Elève et ami d’Ernest Hamy, j’ai dit qu’il était entré presque en même temps que lui au Muséum en 1873 ; il est resté professeur jusqu’à sa retraite, en 1928 : il a donc été attaché au laboratoire d’anthropologie pendant 54 ans.
Le souvenir de ce maître, qui ne s’est éteint qu’il y a cinq ans, est certainement présent à la mémoire de beaucoup d’entre vous. Les circonstances ont fait que sa vie et ses travaux n’ont pu être retracés dans cet amphithéâtre. Vous me permettrez de développer un peu plus longuement ce qui a trait à sa personne.
Né le 23 avril 1852 à La Chapelle-sur-Loire, en Touraine, René Verneau venait faire à Paris en 1869, ses études de médecine ;
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externe des hôpitaux l’année suivante, il préparait déjà le concours d’internat quand un événement survint qui allait l’orienter dans une voie nouvelle.
Dès le début de ses études médicales, M. Verneau avait suivi le cours libre que professait alors Hamy à la Sorbonne, sur l’anthropo- logie préhistorique. Séduit par cette science nouvelle, il se fit pré- senter à Broca qui l’accueillit dans son laboratoire. Il suivit aussi les leçons de de Quatrefages au Muséum d’Histoire naturelle. Ce savant remarqua son jeune auditeur et l’assiduité avec laquelle il prenait des notes. La place de préparateur dans son laboratoire étant devenue libre en 1873, il l’offrit à Verneau qui accepta sans hésiter. Nommé le 24 octobre de la même année, celui-ci faisait par là, son entrée dans le grand établissement scientifique où il devait rester jusqu’à 75 ans. Le 1er juin 1892, il était nommé assistant. En 1907, Hamy lui abandonnait la direction du Musée d’ Ethnographie du Trocadéro. Le 30 avril 1909 enfin, il succédait à celui-ci dans la chaire d’ Anthropologie du Muséum. Il a occupé celle-ci jusqu’à sa retraite en 1927 et, conjointement pendant toute cette période, il a dirigé le Musée du Trocadéro.
Mais ces fonctions ne sont pas les seules qu’a accomplies ce savant. Sa profonde érudition, l’aisance de son élocution l’avaient désigné à maintes reprises pour occuper des postes où il pouvait exposer les diverses disciplines qui ressortent de l’anthropologie. Nommé en 1879 professeur d’anthropologie à l’association polytechnique, il contribua largement par ses premiers cours à répandre dans le grand public les connaissances, alors toutes nouvelles, sur l’origine, le passé et le présent de l’humanité. En 1892, le Conseil municipal de Paris créa un enseignement populaire supérieur. Une chaire avait été réservée à l’anthropologie, qui fut attribuée à M. Verneau. Pendant 10 ans, il l’occupa avec un succès qui témoigne de l’intérêt qu’il avait suscité chez ses auditeurs : certains jours, il lui arriva d’en avoir plus de 2.000 !
En 1892 également, il avait été nommé professeur à l’Ecole coloniale et y inaugurait un enseignement sur l’anthropologie et l’ethnographie des colonies françaises.
En 1905, il avait été chargé de conférences sur la paléontologie humaine à l’Ecole d’ Anthropologie de Paris. En 1922 enfin, il avait été nommé professeur d’ Anthropologie préhistorique à l’ Institut de Paléontologie humaine et, malgré son âge, il a assuré régulière- ment cette fonction jusqu’à sa mort.
Comme pour ses deux prédécesseurs, l’activité scientifique de M. Verneau s’est portée vers toutes les branches de l’anthropologie, mais avec une prédilection manifeste pour l’anthropologie physique. La liste de ses publications se monte à plus de 300. Certaines sont des ouvrages de vulgarisation car M. Verneau était de ceux qui
estiment que le rôle du professeur n’est pas seulement d’approfondir et de chercher à résoudre les problèmes de la science 5 il doit en faire connaître au grand public les données essentielles. A ce point de vue, son rôle dans la divulgation en France de l’anthropologie a été très grand.
Le premier mémoire de M. Verne au est sa thèse sur les caractères raciaux du bassin. Couronnée par la Faculté de Médecine et la Société d’anthropologie de Paris, cette œuvre de début, qui lui avait coûté deux ans de recherches, montrait déjà les qualités de méthode et de clarté qui marquent tous ses ouvrages. C’était le premier travail complet publié sur l’anthropologie de cette partie du sque- lette. Le meilleur éloge qu’on puisse en faire est de constater, qu’a- près 68 ans, ses conclusions sont restées classiques.
Peu après sa nomination au Muséum, M. Verneau avait été envoyé en mission aux îles Canaries. Il y séjournait en 1877 et 1878, puis de 1884 à 1887. Durant ces cinq ans, il visitait toutes les îles, dépouillait les documents historiques sur leur peuplement, explorait les grottes funéraires et fouillait les tumulus, étudiait les vestiges archéologiques laissés par les anciens Guanches, notait les mœurs et les coutumes des habitants actuels, collectait pour le Muséum d’importantes séries de squelettes et de documents ethnographiques. Il a ainsi accumulé une masse de matériaux grâce auxquels, dans une série de mémoires, il a analysé d’une façon magistrale, le problème de l’origine des Guanches. Reprenant l’hypothèse émise par de Quatrefages et Hamy, il a démontré l’étroite ressemblance entre les vrais Guanches et les Hommes de Cro-Magnon de l’âge de la Pierre taillée. Certes il y a eu, par la suite, apport d’autres races, mais le fait de la persistance aux Canaries d’un très vieux stock paléoli- thique est une notion fondamentale auxquelles ses recherches sont les premières à avoir fourni une base solide.
Malgré l’importance des résultats auxquels il était ainsi arrivé, M. Verneau estimait que la question n’était pas encore épuisée. Dès que sa retraite l’eut dégagé des obligations de sa chaire au Muséum, et bien qu’il fut alors âgé de 75 ans, il retournait aux Canaries pour étudier les nombreuses séries ostéologiques recueillies depuis ses deux voyages. Son plus vif désir était de pouvoir, malgré sa santé défaillante, terminer la large synthèse qu’il voulait écrire sur un problème auquel il n’avait cessé de penser durant 60 ans. Huit jours avant sa mort, il travaillait encore au mémoire qu’il lui avait con- sacré et dont il avait rédigé près de 300 pages.
Un autre groupe de recherches a contribué à rendre célèbre le nom de M. Verneau, celui sur les Hommes fossiles des grottes de Menton. Chargé par le Ministère de l’Instruction publique, en 1892, d’exami- ner les squelettes paléolithiques trouvés dans la Barma Grande, il les rattachait à la race de Cro-Magnon. Quand, en 1902, les belles fouilles
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du Prince de Monaco exhumèrent, dans une grotte voisine, de nou- veaux squelettes, c’est à M. Verneau qu’en fut confiée l’étude. Celle-ci lui permit de constater, sur deux sujets, des caractéristiques négritiques assez prononcées pour qu’il se crût autorisé à décrire une forme nouvelle, la « race de Grimaldi ». A la suite de recherches poursuivies en Italie, en Suisse, et dans la vallée du Rhône, il con- cluait que ce type existe encore au Néolithique et qu’il a joué un rôle dans le peuplement ancien de l’Europe occidentale. Le nom de M. Verneau est resté attaché à cette importante découverte.
Il serait trop long de résumer les nombreuses autres recherches de M. Verneau. J’indiquerai seulement que tout un groupe concerne l’étude des races néolithiques de la France. D’autres envisagent les races des colonies françaises et des pays avoisinants, toutes contrées dont il a examiné de nombreuses séries : Négrilles, Noirs de l’Afrique occidentale et de la région du Tchad, Marocains, Ethiopiens, Mal- gaches, Birmans, Indochinois, etc. C’est au cours de ces études, entre autres, qu’il a, le premier, signalé l’existence en Indochine d’un élément indonésien. Il faut aussi faire une place à part à ses belles recherches sur les anciens Patagons, auxquels il a consacré un gros volume, et à ses études sur l’ethnographie de divers peuples de l’Afrique et de l’Amérique, et sur l’archéologie préhistorique de plusieurs régions.
Pour terminer ce court exposé d’une œuvre qui fut nombreuse et diverse, je mentionnerai le volumineux traité sur les Races et Coutumes de V Humanité, que publia M. Verneau à 79 ans et qui a déjà dû être plusieurs fois réimprimé, ainsi que l’importante contri- bution, près de 3.600 articles, qu’il donnait l’année suivante au Dictionnaire Larousse.
Enfin, en 1894, il avait succédé à Hamy comme rédacteur de la revue U Anthropologie. En collaboration avec le professeur Boule, il dirigea jusqu’en 1930 cet important périodique dans lequel il était chargé de l’anthropologie physique et de l’ethnographie. Durant les 36 ans dont il en a été le rédacteur en chef, il y a écrit plusieurs centaines d’analyses critiques et de nouvelles, et publié près de cinquante mémoires.
Dirigeant à la fois le Musée du Trocadéro et le Laboratoire d’ An- thropologie du Muséum, M. Verneau avait à s’occuper des collec- tions. Nous avons vu que, dès 1873, il avait aidé Hamy à classer le vieux fond des galeries de la cour de la baleine. En 1898, il prit une part importante au rangement des séries anthropologiques de la nouvelle galerie de la place Valhubert. Dès qu’il fut professeur, il s’efforça de développer les collections dont il avait la garde. Mais si, au Muséum même, il put le faire en toute facilité, l’accroissement des collections ethnographiques se heurta à des obstacles contre lesquels il dut souvent lutter. A maintes reprises, dans ses conversa-
BuUetin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1944.
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tions et dans ses articles, il s’éleva contre les entraves qui bridaient l’expansion du beau Musée fondé par Hamy.
Durant ses dernières années, M. Verneau eut plus particulière- ment à souffrir de la maladie à laquelle il devait succomber. Sa volonté était cependant plus forte que le mal et, en dépit de la dou- leur, il continuait à travailler. Ce savant qui, depuis le moment où il était entré au Collège, n’avait pour ainsi dire pas pris une minute de repos, qui à 85 ans, écrivait d’une plume aussi alerte que jamais, les chapitres de son mémoire sur les Guanches, ne devait être arrêté que par la mort.
En 1928, le professeur Rivet succédait à M. Verneau. Je n’ai pas à vous tracer le portrait de celui qui, pendant treize ans, s’est dépensé sans compter pour cette chaire, et à la tenace volonté duquel elle doit les profondes transformations qu’elle a subies. Je n’ai pas non plus à vous parler d’une œuvre scientifique' dont il faut espérer que le cours est loin d’être terminé. Ce que je désire vous montrer, c’est l’impulsion qu’a imprimé M. Rivet à la chaire d’anthropologie du Muséum, et ses répercussions sur l’évolution de l’Ethnologie à Paris.
Quelques mois à peine avant la nomination de M. Rivet, un fait nouveau et très important venait de se produire : le Musée d’Ethno- graphie du Trocadéro avait été rattaché au Muséum d’ Histoire naturelle, et plus spécialement à la chaire d’anthropologie. J’ai déjà, à plusieurs reprises, mentionné ce musée qui, bien que dirigé auto- matiquement par le professeur d’anthropologie, était néanmoins indépendant du Muséum. Je retracerai maintenant son histoire.
L’origine du Musée d’Ethnographie a été longuement exposée par Hamy. Un fait avait péniblement étonné ce savant : c’est, qu’alors qu’un grand nombre de musées de province avaient des salles con- sacrées à l’ethnographie, qu’à l’étranger de larges et beaux musées lui étaient dévolus, il n’y avait rien de pareil à Paris. Les collections rapportées par les voyageurs étaient dispersées soit dans le Musée de la Marine, soit dans celui de Saint-Germain, ou encore à la Biblio- thèque nationale, dans celle de l’Arsenal, au Musée algérien, ou dans différents laboratoires du Muséum. A plusieurs reprises, on avait essayé de les réunir en un Musée unique. Toutes ces tentatives avaient échoué. La chose était d’autant plus regrettable qu’avec l’extension de nos colonies et la multiplication des missions en pays étranger, le nombre de collections ethnographiques apportées en France croissait cKaque année ; les caisses s’accumulaient dans les magasins du Ministère de l’Instruction publique sans qu’on sût que faire de leur contenu. Le besoin s’imposait d’un organisme dont ce serait le rôle de les recevoir.
Hamy s’y employa de toutes ses forces. En 1877, un arrêté minis-
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tériel décidait enfin la création d’un Musée d’Ethnographie. Mais où placer celui-ci ? La commission nommée à cet effet hésita longtemps. La galerie des machines qui s’élevait alors au Champ de Mars paraissait indiquée. Mais son aménagement aurait coûté trop cher. On se décida finalement, malgré l’avis des architectes compétents, pour le Trocadéro, dont le nouveau Musée occuperait les salles et galeries de la partie centrale.
Dans les délais prévus, Hamy se mit à l’œuvre. En 1880, le Musée était inauguré ; dépendant directement du Ministère, il disposait d’un crédit matériel de 8.500 francs et son personnel comprenait deux conservateurs, cinq gardiens et un mouleur. Les collections se montaient déjà à 6.000 pièces.
Sous l’énergique impulsion d’HAMY, leur accroissement fut rapide. Peu après la mort de ce savant, en 1910, il y avait 75.000 pièces ; en 1920, M. Verne au en dénombrait plus de 100.000. De splendides séries furent offertes au Musée, qui le classaient très vite parmi les plus riches du monde. Mais si, de ce côté, ses deux directeurs suc- cessifs avaient la joie de voir leurs efforts récompensés par l’afflux des dons, ils eurent, en contre-partie, à soutenir une lutte très dure contre les obstacles administratifs et financiers.
Le palais du Trocadéro n’avait pas été créé pour être un Musée. Mal éclairé et mal chauffé, il ne se prêtait guère à l’exposition des collections. Très vite, les salles furent envahies, et on dut mettre des vitrines sur les paliers privés de lumière Puis, on déborda sur la galerie demi-circulaire placée en avant de la salle des fêtes et on y plaça les collections d’Asie. Mais les baies de cette galerie n’étaient pas vitrées : malgré les demandes réitérées des conservateurs, on ne put obtenir la pose de fenêtres. Les objets se détériorèrent à tel point qu’en 1890 il fallut se décider à supprimer les collections qui y étaient contenues : elles furent transférées au Musée Guimet et dans divers musées de province, mesure regrettable qui fit que, dès lors, l’ethnographie de l’Asie a été exclue du Musée ! Le seul agrandisse- ment qu’en 40 ans put obtenir celui-ci fut l’aménagement de deux nouvelles salles dans les combles du palais. Il était bien insuffisant puisque les collections, elles, étaient devenues plus de 15 fois plus nombreuses.
Une situation plus tragique encore venait de l’exiguité des crédits. Non seulement la dotation annuelle primitive de 8.500 francs n’avait pas été augmentée, mais elle était progressivement tombée à 3.500 francs, dont 200 francs seulement pour l’accroissement des collections ! Pour organiser et entretenir leur Musée, Hamy et Verneau furent obligés de faire des prodiges, comme par exemple d’utiliser les planches des caisses dans lesquelles parvenaient .les objets, pour fabriquer sur place les vitrines qui pourraient les recevoir. De tels meubles improvisés ne préservaient guère les col-
lections de la poussière et des insectes. Le défaut de personnel était aussi manifeste, et les travaux d’étiquetage des objets, de leur net- toyage périodique, de surveillance des plus périssables, étaient impossibles à effectuer. Une Société des Amis du Musée du Tro- cadéro avait, sous l’inspiration du professeur Verneau, été fondée en 1914 ; mais, si elle a apporté quelque aide pour l’accroissement des collections, elle ne pouvait remédier à l’accumulation de celles-ci dans des vitrines trop étroites, à l’absence de bureaux et de salles de travail, bref à tous les inconvénients résultant de l’abandon dans lequel le Ministère laissait le Musée.
Une réorganisation, voire une refonte totale, s’imposait. C’est à cette tâche urgente que se consacra d’abord M. Rivet. Il put le faire avec d’autant plus de force que le rattachement du Musée au Muséum d’Histoire naturelle lui permettait de s’appuyer sur l’auto- rité de ce grand organisme scientifique. Il sut montrer à ceux qui en étaient responsables la nécessité d’une transformation nécessaire au prestige* de notre pays, et obtenir d’eux les crédits indispensables. Une forte subvention votée par le Parlement sur le projet d’outillage national de 1931, l’aide effective du Musée des Colonies, l’appui financier de la Société des Amis du Musée du Trocadéro réorganisée, l’assistance directe du Muséum qui consentit de nombreux sacrifices pour le nouveau Musée, venaient s’ajouter à ceux-ci. Grâce à tous ces concours, grâce aussi à l’aide désintéressée de collaborateurs dont il avait su susciter l’enthousiasme, M. Rivet réussit, là où Hamy avait fini par se décourager et où les efforts de Verneau étaient toujours restés vains.
Vous savez quel fut le résultat de cette première entreprise. En moins de quatre ans, le Musée d’Ethnographie était totalement transformé ; des salles nouvelles étaient ouvertes, des vitrines modernes remplaçaient les vieux meubles désuets ; des ateliers, une bibliothèque, une phototèque, étaient instaurés. Une réorganisation complète des collections était entreprise, leur placement dans les vitrines fait suivant les conceptions les plus modernes, et le classe- ment des objets établi suivant une technique rigoureusement définie. Le chauffage et l’éclairage étaient installés. Six techniciens ou gardiens nouveaux étaient affectés au Musée. Les crédits enfin permettaient à celui-ci de tenir son rang et d’organiser des expédi- tions qui devaient être pour lui une source sans pareille d’enrichisse- ment. En 1935, le Musée était non seulement devenu un des établisse- ment les plus populaires de Paris, mais le plus moderne et le plus au point de tous les Musées d’Ethnographie du monde. 150.000 objets s’y trouvaient réunis, dont 30.000 déjà avaient été remis en état et pourvus d’une fiche individuelle.
Cette complète réorganisation ne suffisait cependant pas. Partie intégrale de la chaire d’Anthropologie du Muséum, le Musée d’Ethno-
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graphie était très éloigné du laboratoire de la rue de Buffon. On a vu d’autre part, que les collections ostéologiques et archéologiques de celui-ci étaient elles-mêmes à distance de ce laboratoire, état de choses dont Hamy s’était plaint à maintes reprises. La concentration de l’Ethnologie dans un même local représentait la solution idéale. Elle semblait irréalisable lorsque l’Exposition internationale de 1937 offrit une occasion inattendue : la démolition du vieux palais du Trocadéro et son remplacement par de nouveaux bâtiments, mieux adaptés à leur destination.
Ceci impliquait la destruction du Musée auquel M. Rivet et ses collaborateurs venaient de consacrer tant d’efforts. Le sacrifice était lourd. Mais en échange, on obtenait de nouveaux locaux, corres- pondant étroitement au but qu’on attendait d’eux et suffisamment vastes pour loger non seulement ce qui avait été le Musée d’ Ethno- graphie, mais encore le laboratoire et les collections d’anthropologie et de préhistoire. C’est de cette réunion que naquit le Musée de V Homme, organisme de synthèse qui groupait pour la première fois en un même bloc les trois grandes disciplines que l’on réunit mainte- nant sous le nom de Sciences de l’Homme : l’Anthropologie physique, l’Ethnographie et la Préhistoire. Cette réunion répondait à ce qui avait toujoùrs été l’esprit de la chaire. Pour qu’aucun doute ne sub- siste, le nom de celle-ci était une nouvelle fois changé et elle devenait Chaire d' Ethnologie des Hommes actuels et des Hommes fossiles. Mais pas plus que le précédent, ce nouveau titre ne modifiait sa destina- tion : elle restait ce qu’elle était effectivement depuis Serres, une chaire d 'Histoire naturelle de l'Homme.
Je ne veux pas insister sur un passé tout récent, sur le travail énorme qu’a représenté l’installation du nouveau Musée, sur la richesse de ses collections, qui comprennent plus de 200.000 objets dont le classement et l’étude se poursuivent sans arrêt, sur l’impor- tance de ses laboratoires et des services techniques et scientifiques qui leur sont annexés. Il me semble plus indiqué de jeter un coup d’œil sur la réalisation qu’il représente et sur sa valeur dans le cadre global de l’ethnologie.
La conception réalisée par le Musée de l’Homme a été parfois critiquée. On lui areproché de grouper artificiellement dans une même maison des sciences totalement différentes. On a déclaré que, si l’appartenance de l’anthropologie proprement dite aux sciences naturelles ne pouvait faire de doute, il en était autrement de l’eth- nographie, qui relève plus des sciences morales, comme de la pré- histoire, dont le nom même indique qu’elle se place à la base des sciences historiques : la réunion de ces trois disciplines sous le cou- vert des sciences naturelles ne pourrait se faire qu’au détriment des deux dernières. S’appuyant sur ce raisonnement, on a proposé de
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dissocier l’œuvre de synthèse qui venait d’être si laborieusement réalisée.
Une telle conception peut-elle se soutenir ? Bien qu’elle n’ait jamais eu que peu d’adeptes, elle mérite d’être examinée car c’est de son acceptation ou de son rejet que dépendra l’évolution ultérieure de la chaire.
Je noterai d’abord l’artifice qu’il y a à vouloir séparer complète- ment des sciences sous prétexte qu’elles appartiennent à des groupes généraux différents. Chacun sait l’arbitraire de nos classifications et qu’il est des disciplines qui, par leur nature même, sont en quelque sorte intermédiaires entre des catégories voisines. La géographie, qui est chez nous du domaine de la Faculté des Lettres, est, dans d’au- tres pays, de celui de la Faculté des Sciences. La psychologie animale relève autant du zoologiste que du philosophe et les géologues, qui sont des naturalistes, disputent la minéralogie aux physiciens. Vouloir dissocier les trois sciences qui étudient les groupes humains sous le seul prétexte que l’une est une science naturelle, la seconde une science morale, la troisième une science historique, est illogique car- ce sont là trois faces d’une même entité qu’elles se partagent. D’ailleurs la base même de l’argumentation invoquée est-elle exacte ? Jusqu’à quel point le fait de la race n’agit-il pas sur les mœurs ? Et une très importante partie de la préhistoire n’est-elle pas du domaine direct de la géologie et de la paléontologie ? Avant de tirer des conclusions, il faudrait prouver les affirmations émises à priori. Cela n’a pas encore été fait.
Toute l’histoire de l’ethnologie est d’ailleurs une réponse aux critiques ainsi formulées. Non seulement la chaire du Muséum s’est vouée, dès qu’elle s’est dégagée des applications médicales, à l’étude de l’Homme dans ses diverses manifestations, mais il en est de même des organismes parallèles existant en France : l’Ecole d’Anthropolo- gie de Paris étudie côte à côte l’anthropologie physique, l’ethnogra- phie et la préhistoire ; les deux grandes sociétés que sont celle d’ An- thropologie de Paris et l’Institut français d’ Anthropologie ont les mêmes objectifs, et les diverses revues françaises dédiées à l’Anthro- pologie traitent, elles aussi, de l’Homme sous toutes ses faces. Cette juxtaposition se retrouve en maints pays étrangers où les Musées d’anthropologie, d’ethnographie et de préhistoire sont jumelés, où les mêmes congrès et les mêmes sociétés savantes discutent parallèle- ment des trois disciplines, où les mêmes périodiques acceptent des mémoires relevant des unes et des autres.
Il suffit du reste de considérer le Musée de l’Homme pour se rendre compte à quel degré, du point de vue pratique, l’union ainsi effectuée a été profitable à toutes : la communauté des services techniques, la concentration en une seule bibliothèque et une seule photothèque de tous les matériaux de documentation, simplifient à la fois le
j.
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travail de muséologie et la recherche scientifique. Leur dissociation ferait beaucoup plus perdre à chacune des sciences qu’elle ne leur ferait gagner. Et la faveur dont jouit auprès du public le Musée de l’Homme, dans la formule selon laquelle il a été réalisé par le pro- fesseur Rivet, constitue déjà, à elle seule, le meilleur des referendums.
A tous ces arguments, faut-il encore ajouter que la séparation demandée par quelques-uns ne serait pas une nouveauté, mais un retour à ce qui s’était passé entre 1877 et 1928, période où nous avons vu que le Musée d’ Ethnographie était indépendant du Laboratoire d’ Anthropologie ? J’ai signalé les difficultés de tout ordre qui avaient alors entravé son fonctionnement. C’est son rattachement au Muséum d’Histoire naturelle qui a été à l’origine de son admirable développement. Après les résultats qu’il a donné, revenir à l’état de choses antérieur serait un véritable non-sens.
Il paraît donc logique de maintenir la chaire d’Ethnologie dans la direction qu’elle a toujours suivie jusqu’ici. Mais, pour que cette direction reste conforme à son programme, il faut que chacune des disciplines qu’elle embrasse puisse se développer librement, et qu’il y ait entre elles équilibre. Or, la concentration réalisée au Musée de l’Homme est récente et les tragiques événements de 1939 ont empêché certains aervices de s’étendre comme ils l’auraient dû. Si les moyens d’action donnés à l’ethnographie et l’énergique impulsion qu’elle a subie, assurent pour de longues années son essor, si la préhistoire, longtemps négligée elle aussi, a pris maintenant, dans le nouvel organisme, l’autonomie qu’elle mérite, l’anthropologie physique n’a pas une place en rapport avec son importance primordiale. Le fait est d’autant plus regrettable que les collections du Musée de l’Homme en cette matière comptent parmi les plus belles du monde et que le rôle de l’ancien Laboratoire d’ Anthropologie du Muséum y a toujours été de premier plan.
Tout en coordonnant les efforts accomplis dans les divers labora- toires de la Chaire et en assurant entre eux la liaison nécessaire, la tâche immédiate du professeur d’Ethnologie doit donc être, semble- t-il, de rendre ici à l’anthropologie physique la place qu’elle doit avoir parmi les Sciences de l’Homme. Ainsi sera réalisé un équilibre grâce auquel le Musée de l’Homme pourra mieux prétendre au but que s’était proposé son fondateur : être un organisme où races et peuples sont étudiés parallèlement, dans leur structure physique et dans leurs manifestations intellectuelles. *
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Rapport sur la Mortalité et la Natalité enregis- trées au Parc zoologique du bois de Vincennes en 1943.
Par Ach. Urbain, P. Bullier et J. Nouvel.
A. — MORTALITÉ
I. — Mammifères.
Le nombre total de mammifères morts pendant l’année est de 74, il comprend 47 adultes et 27 jeunes animaux nés au Parc. La répar- tition de la mortalité dans le temps est exprimée par le graphique ci-dessous, qui accuse un maximum en avril.
JFMAMJJASOND
Portions pleines : mortalité adultes. Portions claires : mortalité jeunes.
La liste des morts, établie selon l’ordre zoologique, est la sui- vante :
Ordre des Primates.
v
Famille des Anthropoïdés.
1 Chimpanzé (Pan satyrus (L.)).
Famille des Cercopithécidés.
1 Cercopithèque de Brazza, ( Cercopithecus neglectus Schlegel). Bulletin du Muséum, 2e Bérie, t. XVI, n° 1, 1944.
57
1 Cercopithèque mône ( Cercopithecus mono (Schreber)). 1 Cercopithèque moustac ( Cercopithecus cephus (L.)).
1 Magot (Macaca sylvanus (L.)).
Famille des Papioldés.
4 Babouins (Papio papio Desm.).
Ordre des Carnivores.
Famille des Canidés.
1 Chien viverrin (Nyctereutes procyonoides (Gray)).
Famille des Félidés.
3 Lions (F élis leo L.).
1 Guépard (Acinonyx jubatus (Schreber)).
1 Tigre (F élis tigris L.).
1 Puma ( Puma concolor (L.)).
Famille des Ursidés.
2 Ours bruns ( Ursus arctos L.).
Ordre des Ongulés.
Famille des Suidés.
1 Sanglier d’Europe (Sus scrofa L.).
4 Sangliers d’Indo-Chine (Sus cristatus Wagner).
1 Phacochère ( Phacochserus æthiopicus Pallas).
Famille des Bovidés.
3
1 Bison d’Amérique ( Bison bison L.).
1 Gayal (Bibos frontalis Lambert).
6 Chèvres naines d’Afrique.
1 Mouflon de Corse (Ovis musimon (Pallas)).
1 Mouflon à manchettes (Ammotragus lervia (Pallas)). 1 Guib harnaché (Tragelaphus scriptus (Pallas)).
1 Gnou à queue blanche ( Connochætes gnu Zimm.).
2 Gazelles cervicapres ( Antilope cervicapra Pallas).
3 Gazelles de Perse ( Gazella subgutturosa Guld).
1 Cobe defassa ( Kobus defassa (Ruppel)).
Famille des Camélidés.
4 Lama (Lama glama glama (L.)).
1 Vigogne (Lama glama vicugna (Molina)).
1 Alpaca (Lama glama pacos Gray).
Famille des Cervidés.
1 Daim ( Dama dama (L.)).
1 Muntjac (Muntiacus muntjac Zimm.).
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Si l’on classe maintenant ces 47 animaux selon la cause de leur mort, les quelques rubriques principales suivantes se détachent :
Contusions graves : 14 cas : 1 Babouin, 1 Ours brun, 1 Sanglier d’Europe, 1 Gayal, 4 Chèvres naines, 1 Mouflon de Corse, 1 Mouflon à manchettes, 1 Guib harnaché, 1 Gervicapre et une Vigogne.
Tuberculose : 13 cas : 3 Cercopithèques, 2 Lions, 1 Tigre, 3 San- gliers d’Indo-chine, 1 Phacochère, 1 Bison d’Amérique, 1 Gnou à queue blanche, 1 Cobe defassa.
Autres maladies microbiennes ou virulentes : 3 cas : 2 Babouins, de Pseudotuberculose; 1 Lionceau, de typhus des carnassiers de ména- gerie.
Maladies parasitaires : 2 cas (1 Babouin, distomes, 1 Puma, asca- ridose et teniasis).
Affections diverses : 15 cas comprenant :
6 altérations de l’appareil digestif : 1 carie dentaire avec nécrose du maxillaire (Magot), 2 indigestions gastriques (Chèvre naine et Gazelle de Perse), 1 entérite (Sanglier d’Indochine), 1 nécrose du foie (Guépard), 1 péritonite (Chèvre naine).
3 lésions du système nerveux : 1 Hémorragie méningée (Chim- panzé), 1 Kyste de l’encéphale (Lama), 1 Paraplégie (Chien viverrin).
2 lésions de l’appareil circulatoire : 1 myocardite chronique (Alpaca), 1 rupture d’anévrisme de l’artère iliaque interne (Gazelle de Perse).
1 affection de l’appareil respiratoire : pleurésie (Ours brun).
1 affection de l’appareil génital : metro-péritonite (Gazelle cervi- capre).
La mortalité des jeunes intéresse les espèces suivantes : 1 Babouin ( Papio papio Desm.), 5 lionceaux ( Felis leo L.), 6 Sangliers d’Europe (Sus scrofa L.), 5 Sangliers d’Indochine ( Sus cristaius Wagner), 3 chèvres naines, 1 Mouflon de Corse ( Ovis musimon (Pallas)), 1 Mou- flon à manchettes ( Ammotragus lervia (Pallas)), 1 Gazelle cervicapre (Antilope cervicapra Pallas), 1 Lama (Lama glama glama (L.)), 2 Daims (Dama dama (L.)), et un Cerf axis (Axis axis (Erxleb)). Elle peut être considérée comme fortuite pour les espèces qui ne figurent dans cette liste que pour une unité, pour les autres, elle relève de causes que nous n’avons pas toujours pu déterminer.
Les jeunes daims au sevrage s’alimentent difficilement dans le troupeau, il importera d’isoler les femelles suitées à cette période. Il en est de même pour les chèvres naines.
La mortalité des jeunes sangliers d’Europe et d’Indochine ne relève ici ni de cause microbienne, ni de cause parasitaire, il s’agit probablement, là encore, d’une cause alimentaire : avitaminose ou carence minérale.
La mortalité des lionceaux a été constatée dès la naissance, ou
quelques semaines plus tard, soit que les mères aient abandonné leurs petits, soit pour d’autres causes indéterminées.
II. — Oiseaux.
Le nombre total d’oiseaux morts est plus élevé que celui des mammifères ; il atteint 90 unités dont 77 adultes et 13 jeunes.
Sa répartition dans l’année accuse un maximum en août (12),
JFMAMJJASOND
Traits pleins : mortalité adultes ; traits clairs : mortalité jeunes.
mais celui-ci, encadré des chiffres les plus faibles en juin (6), sep- tembre (6) et octobre (5), est probablement fortuit ; c’est alors le chiffre 10 atteint en mars et avril, qui semble devoir être pris comme maximum saisonnier.
Voici par ordre zoologique la liste de ces 90 oiseaux :
Ordre des S^ruthioniformes.
Famille des Struthionidés.
2 Autruches (Struthio camelus camelus L.).
Ordre des Steganopodes.
Famille des Phalacrocoracidés.
6 Cormorans ( Phalacrocorax carbo carbo L.).
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Famille des Pélécanidés.
3 Pélicans ( Pelecanus roseus Gmelin).
Ordre des Ardéiformes.
Famille des Plataléidés.
1 Ibis à tête noire ( Threskiornis melanocephala (Latham)).
1 Ibis falcinelle ( Plegadis falcinellus falcinellus (L.)).
Famille des Ciconiidés.
1 Jabiru du Sénégal (Ephippiorhynchus senegalensis (Shaw)). 1 Marabout ( Leptoptilos crumeniferus (Lesson)),
1 Tantale asiatique (Ibis cinereus (Rafiles)).
Famille des Ardéidés.
2 Hérons cendrés (Ardea cinerea cinerea L.). »
2 Aigrettes garzettes (Egretta garzetta garzetta (L.)).
1 Héron garde bœufs (Bubulcus ibis ibis (L.)).
Ordre des Ansériformes.
Famille des Anatidès.
10 Cygnes blancs (Cygnus olor (Gmelin)).
1 Cygne noir (Chenopsis atrata (Latham)).
2 Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus cygnus (L.)).
3 Oies empereur (Philacte canagica (Sewast)).
1 Oie hybride.
1 Oie céréopse (Cereopsis Nooæ-Hollandiæ Latham).
1 Oie d'Egypte (Alopochen ægyptiaca (L.)).
2 Bernaches nonettes (Branta leucopsis (Bechstein)).
1 Tadorne (Tadorna tadorna (L.)).
1 Péposaca (Metopiana peposaca (Vieillot)).
4 Canards sauvages (Anas platyrhynchos platyrhynchos L.).
1 Sarcelle d’été (Anas querquedula L.).
2 Sarcelles d’hiver (Anas crecca crecca L.).
1 Sarcelle formose ou Sarcelle élégante (Anas formosa Georgi). 1 Canard carolin (Aix sponsa (L.)).
1 Siffleur du Chili (Mareca sibilatrix (Poeppig)).
Famille des Phènicoptêridés.
2 Flammants roses (Phoenicopterus antiquorum Temminck).
1 Flammant rouge (Phoenicopterus ruber L.).
Ordre des Lariformes.
Famille des Laridés.
1 Mouette rieuse (Larus ridibundus L.).
1 Goéland argenté ( Larus argentatus argentatus Pontop.)
»
Ordre des Ralliformes.
Famille des Rallidès.
1 Poule d'eau ( Gallinula chloropus chloropus (L.)).
1 Poule sultane du Maroc (Porphyrio porphyrio (L.)).
Famille des Baléar-icidés.
5 Grues de Numidie (Anthropoïdes virgo (L.)).
1 Grue à cou blanc ( Grus vipio Pallas).
5 Grues antigones (Grus antigone antigone (L.)).
1 Grue couronnée (Balearica pavonina pavonina (L.)).
Ordre des Galliformes.
Famille des Phasianidês.
1 Faisan hoki (Crossoptilon auritum (Pallas)).
2 Faisans dorés (Chrysolophus pictus (L.)).
1 Faisan argenté (Gennæus nycthemerus nycthemerus (L.)).
2 Paons bleus (Pavo cristatus L.).
1 Paon blan (Pavo cristatus L. var. : albus).
1 Pintade huppée (Guttera Edouardi barbata Ghigi).
1 Pintade du Maroc (Numida meleagris Sabyi Hartert).
1 Pintade sp.
1 Dindon sauvage (Meleagris gallopavo L.).
Ordre des Columbiformes.
Famille des Columbidès.
1 Tourterelle à collier (Streptopelia decaocto decaocto (Frivald)).
2 Gouras couronnes (Goura cristata cristata (Pallas)).
Ordre des Psittaciiformes.
Famille des Psittaciidés.
1 Cacatoès des Moluques (Kakatoe moluccencis (Gmelin)).
1 Jaco (Psittacus erithacus erithacus L.).
Ordre des Coraciiformes.
Famille des Bucèrotidès.
Calao d'Abyssinie (Bucorvus abyssinicus (Boddaert)).
Si l’on classe maintenant ces oiseaux selon la cause de leur mort, on observe la répartition suivante :
Traumatisme grave ou fracture : 19 cas : 1 Marabout, 1 Héron cendré, 1 Cygne blanc, 1 Cygne musicien, 1 Canard sauvage, 1 Canard carolin, 2 Flammants, 1 goéland, 3 grues de Numidie, 1 Grue à cou blanc, 1 Grue antigone, 1 Faisan hoki, 2 Faisans dorés, 1 Paon blanc, 1 Tourterelle.
Tuberculose : 14 cas : 2 Pélicans, 2 Aigrettes garzettes, 1 Héron garde-Bœufs, 1 Poule sultane, 2 Grues de Numidie, 1 Pintade huppée, 1 Pintade sp., 4 Cormorans.
Aspergillose : 6 cas : 1 Cormoran, 1 Oie empereur, 1 Oie céréopse, 1 Sarcelle d’hiver, 1 Grue antigone, 1 Goura couronné.
Autres maladies infectieuses ou virulentes : 7 cas : 5 Cygnes blancs (Protéose), 1 Poule d’eau (Rouget), 1 Paon bleu (Diphtérie aviaire).
Maladies parasitaires : 2 cas : 1 Grue couronnée, 1 Pintade du Maroc. '
Affections diverses : 42 cas, comprenant :
9 myocardites : 1 Tantale asiatique, 1 Cygne noir, 2 Oies empereur, 1 Canard sauvage, 1 Sarcelle formose, 1 Sarcelle d’été, 1 Tadorne et 1 Jaco.
14 cas d’inflammation catarrhale ou congestive de V intestin dont la cause est restée inconnue : 2 Autruches, 1 Cormoran, 1 Pélican, 1 Ibis à tête noire, 1 Ibis falcinelle, 1 Jabiru du Sénégal, 1 Cygne blanc, 1 Canard sauvage, 1 Sarcelle d’hiver, 1 Flammant, 2 Grues antigones, 1 Calao d’Abyssinie.
8 cas d’inflammation aiguë ou chronique du péritoine : 1 Cygne blanc, 1 Oie hybride, 1 Sifïleur du Chili, 1 Canard sauvage, 1 Pépo- saca, 1 Paon bleu, 1 Dindon sauvage, 1 Goura couronné.
2 Abcès du foie : 1 Mouette, 1 Grue antigone.
4 morts accidentelles au cours de l’élevage : 1 Héron cendré, 1 Oie d’Egypte, 2 Bernaches nonettes.
1 noyade accidentelle : 1 Faisan argenté.
4 sujets non autopsiés : 2 Cygnes blancs, 1 Cygne musicien, 1 Caca- toès des Moluques.
Ce rapport montre en tout premier lieu le rôle important des traumatismes divers et des fractures, comme cause de mort dans les collections vivantes d’animaux sauvages.
Ces accidents surviennent, dans la plupart des cas, du fait même des animaux, sans que la responsabilité du personnel qui les soigne puisse être invoquée.
La seconde cause de mort qui joue un rôle important est la Tuber- culose, qui frappe aussi bien les oiseaux que les mammifères.
Enfin l’étude des maladies microbiennes et parasitaires et l’intérêt qui s’attache à la connaissance de la durée moyenne de vie en capti- vité, montrent l’importance de l’identification des animaux à l’aide de bagues ou de marques ; malheureusement celles-ci résistent parfois imparfaitement au temps et avec elles disparaissent les ren- seignements particuliers que l’on pouvait avoir sur l’animal qui les p ortait.
63
B. — NATALITÉ
Au cours de cette même année nous avons enregistré 101 naissances se décomposant comme suit : Mammifères : 75 ; Oiseaux : 26. * ,
Ces chiffres, comparés à ceux des années précédant la guerre, sont satisfaisants. En effet les chiffres moyens du temps de paix
sont : Mammifères : 70 ; Oiseaux : 23. Nous avons donc en 1943 un excédent sur la moyenne de 7 % pour les mammifères et de 7,6 % pour les oiseaux.
Si nous comparons les chiffres des naissances de 1939 à 1943, nous pouvons, sur un diagramme, constater une augmentation constante depuis 1940, année ou les naissances sont tombées à 0 pour les oiseaux et une vingtaine pour les mammifères. Ces chiffres sont les suivants :
Pour les Mammifères : 1939 : 57 ; 1940 : 21 ; 1941 : 39 ; 1942 : 51 ; 1943 : 75.
Pour les Oiseaux : 1939 : 1 ; 1940 : 0 ; 1941 : 18 ; 1942 : 18 ; 1943 : 26.
Ajoutons que ces chiffres ne comportent que les naissances d’ani- maux ayant vécu au moins huit jours. Voici la liste de ces nais- sances.
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I. — Mammifères.
Obdre des Primates,
Famille des Papioidés.
9 Cynocéphales babouins (Papio papio Desm.). Ces animaux sont particulièrement bien acclimatés, ce qui explique l’augmentation constante du nombre des naissances. Les jeunes sont suffisamment vigoureux pour vivre l’hiver à l’extérieur sous le climat parisien. Ils naissent en toute saison.
Ordre des Carnivores.
Famille des Félidés.
2 Lionceaux (Felis leo L.). Ces animaux sont nés de lionnes nouvelle- ment importées.
Ordre des Ongulés.
Sous-ordre des Artiodactyles ruminants.
Famille des Bovidés.
3 Nylgauts , 1 £ 2 Ç (Boselaphus tragocamelus Pallas).
3 Antilopes cervi câpres Ç ( Antilope cervicapra Pallas).
1 Cob de Bufîon Ç ( Adenota ko b (Erxleben)).
5 Chèvres naines du Sénégal (espèce domestique).
5 Mouflons à manchettes 2 3 $ (Ammotragus lervia (Pallas)).
6 Mouflons de Corse 3 3 $ ( Ovis musimon (Pallas)).
1 Buffle de l'Inde $ ( Bubalus bubalis L.).
2 Buffles de Roumanie 1 1 Ç (espèce domestique).
Famille des Cervidés.
5 Daims 2 3 $ ( Dama dama L.).
2 Cerfs rusas 1 1 $ (Rusa unicolor Kerr).
3 Cerfs axis 1 2 $ (Axis axis (Erxleben)).
3 Cerfs d'Eld 3 Ç (Rucervus Eldi Guthric).
1 Cervule muntjac $ (Muntiacus muntjac Zimmermann).
Famille des Camélidés.
1 Dromadaire $ ( Camelus dromedarius L.).
1 Lama $ (Lama glama glama (L.)).
3 Guanacos 1 2 Ç (Lama glama huanacus (Molina)).
1 Vigogne (Lama glama vicugna (Molina)).
SoUS-ORDRE DES ARTIODACTYLES NON RUMINANTS.
Famille des Suidés.
9 Sangliers d'Europe (Sus scrofa L.).
8 Sanglier d’Indo-Malaisie (Sus cristatus Wagner).
y
— 65
II. — Oiseaux.
Sous-classe des Ratites.
Ordre des Struthioniformes.
Famille des Struthionidés.
Nous avons enregistré, comme tous les ans, des pontes chez les Autru- ches ( Struthio camelus camelus L.). Nous ne possédons pas de couveuse permettant de les faire incuber.
Famille des Casuaridés.
Un couple d’Emeus (Dromiceius Novæ-Hollandiæ Latham) a produit 7 œufs qui après une durée d'incubation de 59 jours ont donné 3 poussins, sur ces 3 sujets l'un est mort dès la naissance.
Sous-Classe des Carinates.
Ordre des Galliformes.
Famille des Phasianidés.
2 Paons bleus (Pavo cristatus L.}.
1 Paon blanc ( Pavo cristatus L.) variété albine.
Ordre des Ansériformes.
Famille des Anatidês.
3 Cygnes muets [Cygnus olor (Gmelin)). s,
5 Cygnes chanteurs (Cygnus cygnus cygnus (L.)).
3 Oies céréopses ( Cereopsis Novæ-Hollandiæ Latham).
3 Oies empereur (Philacte canagica (Sewast)).
5 Oies d'Egypte (Alopochen ægyptiaca (L.)).
1 Bernache nonette ( Branla leucopsis (Bechstein)).
Les naissances ainsi constatées en 1943, en augmentation très sensible sur les années précédentes, seraient dues à une meilleure surveillance des accouplements facilitée par la diminution de l’effectif et à l’alimentation en graines germées riches en vitamine E, appliquée à tout l’effectif des mammifères herbivores et des oiseaux.
En résumé les naissances enregistrées en 1943 compensent numé- riquement pour les mammifères la mortalité observée pendant cette même période ; mais les espèces qui se reproduisent appartiennent presque toutes à l’ordre des Ongulés, dont l’effectif augmente donc par rapport à celui des autres ordres. Pour les oiseaux : la balance est très défavorable, puisque 90 morts ne sont remplacés que par 26 naissances, celles-ci appartenant à part les Emeus à quelques espèces des ordres des Galliformes et des Anseriformes.
Laboratoire d’ Ethologie des animaux sauvages, Parc zoologique du bois de Vincennes,
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1944.
«
5
Essai de biometrie sur la Chauve-Souris Murine.
Par P. Laurent.
L’observation d’une importante colonie de Murins, résidant dans la grotte des Fées près des Baux-dé-Provence 1, nous a laissé mettre en doute l’existence de l’espèce Myotis oxygnathus Mon- ticelli, ramenée au rang sous-spécifique par Trouessart 2, et dont l’extension serait « probably coincident with that of M. Capac- cinii and Pipistrellus Kuhli 3 », intéressant ainsi d’ailleurs assez peu la faune française 4, d’où la récente littérature en rapporte cependant une station, située également dans la France méridio- nale 6 : nous n’avons malheureusement pas pu la visiter au cours de nos récentes missions de baguage.
En effet, les chiffres des mensurations exécutées sur l’avant- bras et le cinquième métacarpien d’un grand nombre de Chauves- Souris adultes 6 de cette colonie englobent largement ceux qu’a publiés Miller pour M. oxygnathus (figures 1 et 4) ; et il y a de l’un à l’autre ce passage insensible qu’avait déjà relevé Cabrera sur 86 Murins de diverses provenances espagnoles, et qui lui avaient également fait mettre en doute le b\en fondé de la forme de Mon- ticelli 7 ; toutefois deux Murins de Velletri ont donné à Miller pour le total de leur troisième doigt des chiffres inférieurs à ceux que nous avons relevés sur nos 138 sujets de la grotte des Fées (figure 3), et les collections du Muséum National d’ Histoire Natu- relle de Paris ne contiennent rigoureusement aucun individu des provenances énumérées par le Catalogue of Mammals of Western Europe, qui nous en eût permis la comparaison : ce qui d’ailleurs n’aurait pas éclairé définitivement cette question, puisque son auteur admet la coexistence géographique des deux formes 8.
Mais si l’on devait dépasser l’autorité de Miller jusqu’ici incon- testée et remonter aux sources, c’est-à-dire au type et aux cotypes
1. Bulletin du Muséum, 2e s., t. XIII, n° 6, 1941, pp. 513-516.
2. Faune des Mammifères d’Europe, 1910, pp. 32-33.
3. G.-S. Miller. Catalogue of the Mammals of Western Europe, 1912, p. 202.
4. Didier et Rode. Faune des Mammifères de France, 1935, p. 131.
5. La grotte de Peyroche [Biosp. 447], Ardèche, où Jeannel l’aurait trouvée isolée, tandis qu’il l 'aurait rencontrée mélangée à M. myotis dans les Pyrénées Espa- gnoles (Faune Cavernicole de la France, 1926, p. 57).
6. Qui d’ailleurs étaient toutes (à l’exception de quelques des Ç nourrices appar- tenant à la même wochenstube (ibid., p. 515).
7. Mamiferos de Espana, 1914, pp. 96-97.
8. Ibid., pp. 197-201 : Finalborgo (Ligurie), Rome, Cagliari (Sardaigne).
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1943.
— 67
de Monticelli actuellement hors de notre portée, on devrait se demander si le savant mammalogiste américain a bien eu con- naissance de ces pièces, car :
1° aucune des provenances originales, Matera, Girgenti, Staf- farde, ne figure dans les listes d’origine du Catalogue , à l’exception de celle du type ;
2° les dimensions rapportées pour celui-ci ne sont pas identiques 1, ce qui est plutôt étonnant, comme si cette Chauve-Souris, conservée au Musée de Naples, et que Monticelli prêta à son collègue d’outre Atlantique 2 n’eût pas en réalité fait l’objet de son examen. On se doit de croire en effet que Miller, au relevé de dimensions diffé- rentes de celles publiées par le naturaliste Italien sur la même pièce, n’eut pas manqué de le signaler, et qu’il n’aurait pas publié les siennes sans remarque. Il est d’ailleurs évident que si le crâne avait été examiné, ses dimensions eussent également été figurées, aussi le Catalogue of Mammals of Western Europe n’est-il pas fondé à donner pour Myotis oxygnathus Monticelli des chiffres qui sont certainement celles de Chauves-Souris murines recueillies en Europe méditerranéenne, mais que rien ne prouve avoir convenu à cette forme localisée par son auteur, si elle existe vraiment, à la seule Italie et dont la diagnose repose sur des caractères exclusivement morphologiques (étroitesse du museau, forme de l’oreille, taille d’une prémolaire 3, couleur de la robe) ; tandis que les dimensions du type et de ses co-types, ayant l’amplitude de Myotis myotis Bor- khausen ne sauraient justifier le terme différentiel de smaller et l’extension géographique qui en résulte.
Sans donc infirmer définitivement l’existence de la forme M. ou M. m. oxygnathus Monticelli 4 et puisque Cabrera, qui l’avait aussi suspectée, n’a pu mettre en évidence, à défaut, le mélange supposé des deux formes en Espagne 6, l’étude biométrique de la colonie de la grotte des Fées, située dans les limites géographiques du mélange, eût pu donner la preuve de celui-ci. Mais nos men- surations, qui ont porté sur ces 138 Murins adultes, dont l’âge
1. Dimensions du type, d’après Miller (ibid, p. 199), tête et corps, 63; Oreille, 23 ; Tragus, 10,8 ; Avant-bras, 59 ; — d’après Monticelli, tête et corps, 70 ; oreille, 24 ; tragus, 9 ; avant-bras, 57 (Ann. Accad. O. Costa aspiranti naluralisti, III, 26-xi-1885,
p. 82). \ ‘
2. Note on the Vespertilio oxygnathus of Monticelli, Ann. Mus. Zool. Univ. Napoli III, 3, 23, IV, 1909, pp. 1-2.
3. Il n’est pas inutile ici de confronter Monticelli : « I premolari superiori sono più grandi (ibid., p. 82) et Miller «the teeth are not peculiar except their small size » (ibid., p. 202), contradiction qui vient à l’appui de nos doutes : Miller n’a pas dû examiner le type.
6- Possible seulement lorsque nous disposerons à la fois du type, des co-types et d’une notable série comparative de Chauves-souris de même provenance.
5. Parce qu’ayant mesuré l’avant-bras de 86 sujets, il n’en avait pas reproduit schématiquement les résultats, ni même donné la liste des chiffres qui nous eût permis de l’établir après lui.
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1944.
5.
*
[cRcKcdeo fangurnsm
Ftg. 1 à 4. — Représentation graphique des mensurations effectuées sur 138 des Murins adultes de la grotte des Fées (en blanc) et par Milleh sur 7 Myotis oxygnathus de diverses provenances (en grisé).
— 69 —
avait été soigneusement vérifié par l’examen de la livrée et de l’ossification des épiphyses métacarpiennes et phalangiennes, tout en nous montrant, après Cabrera, que les plus grands sujets sont régulièrement les plus âgés — souvent même des individus séniles, à la denture abrasée et à la robe jaunâtre — nous fournissant la preuve de l’extrême homogénéité de cette population.
Les représentations des dimensions linéaires les plus courantes et les plus faciles à prendre directement (avant-bras, fig. 1, 3e méta- carpien, fig. 2) ou par simple addition (total du 3e doigt, fig. 3, du 5e, fig. 4), sans être superposables, sont si comparables entre elles par l’amplitude et le sens de leurs variations que celles-ci ne sau- raient qu’être que strictement individuelles, à l’intérieur même des limites de variation actuellement connues et publiées pour M. myotis Borkhausen, l’ancien Vespertilio murinus L. des auteurs. Le mélange de deux formes, l’une plus petite, l’autre plus grande, eut donné l’aspect d’un polygone de fréquence bimodal dont on ne peut même soupçonner l’ébauche, car il est évident que tous les individus mesurés se répartissent autour d’une moyenne — qui n’est peut-être d’ailleurs que la moyenne de la colonie étudiée, et non de l’espèce, — et que plus on mesurera, plus le clocher de la moyenne sera aigu ; l’aplatissement relatif de la figure 3 prouve seulement que c’est sur le troisième doigt qu’on a constaté la plus grande amplitude de variation, mais qu’on peut s’attendre à le voir ressembler aux trois autres figures proportionnellement aux mesures effectuées
Enfin on ne manquera pas d’être frappé — ce qui n’est peut- être qu’une coïncidence — que la dimension chaque fois présentée par le plus grand nombre de sujets1 ait été rapportée par Miller pour M. oxygnathus, comme s’il eut, parmi les 7 Chauves-Souris dont il rapporte les mensurations, mesuré au moins une fois, un individu, qui loin de s’éloigner par sa taille de l’espèce typique, eût exactement correspondu à la moyenne d’une colonie typique de celle-ci.
La colonie de la grotte des Fées parmi laquelle eussent pu se confondre tous les M. oxygnathus de Miller (et même, au seul regard de leurs dimensions, tous ceux de Monticelli), est donc parfaitement homogène, et, comme aucune autre colonie n’a été semblablement étudiée en France, rien ne permet d’affirmer ou de soupçonner que la forme oxygnathus y soit représentée avec les dimensions que lui a assignée Miller ; il est donc beaucoup plus raisonnable de limiter à l’Italie l’extension d’une forme dont les seuls caractères différentiels restent de l’ordre d’une morphologie des plus douteuses.
Laboratoire de Zoologie (Mammifères et Oiseaux ) du Muséum.
1. Pour l’avant-bras, 58 mm., pour le 3e doigt, total 97 mm., pour le 5e, total’ 76 mm.
«
— 70
Catalogue des Types de Gastéropodes marins
CONSERVÉS AU LABORATOIRE DE MALACOLOGIE. IV. — Fusidae, Buccïnïdae.
Par E. Fischer-Piette et J. Beïgbeder *.
Génre Fusus Bruguière 1792.
Fusus australis Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool. II, p. 495, pl. 34 fxg. 9-14.
La coquille figurée. Long. 77 mm. Port du Roi Georges. Et trois paratypes, de 77 ; 76 ; 72 mm., même provenance.
[Fusus conulus Risso. Voir Euthria ].
Meyeria decorata Locard 1897, Exp. Travailleur Talisman, I> p. 337, pl. 16, fig. 31-34.
Holôtype. Long. 20 mm. (tronqué). Açores 5 un paratype, long. 19 mm. ; Açores ; et le type de la var. ecaudata, long. 19 mm.
Cette espèce est synonyme de Fusus Grimaldii Dautz et H. Fis- cher (Voir Dautzenberg, Camp. Monaco, fasc. 72, 1927, p. 76).
[Fusus dilatatus Qoy et Gaimard. Voir Siphonalia ].
Murex fortis Risso 1826, Hist. nat. Eur. mérid., IV, p. 195, pl. 7, fig. 100.
Un exemplaire. Long. 21 mm. Ce n’est pas la coquille figurée pl. 7, mais elle est figurée sur la pl. 43 inédite (voir Th. Monod, inventaire manuscrits Risso, Arch. Mus., 6e s., VII, 1931).
Cet exemplaire est un Fusus syracusanus Lamk., et on peut très bien admettre que la figure de la planche 7 représente aussi cette espèce.
[Fusus fragilis Risso. Voir Aporrhais .]
[Fusus glaber Risso. Voir Columbella .]
[Fusus lineatus Quoy et Gaimard. Voir Euthria .]
Fusus Rissoianus Locard 1891, Coq. mar. côtes Fr., p. 106 (sans figure).
1. Suite des notes parues dans le t. XV de ce Bulletin. Pour la façon dont a été conçu ce catalogue, et pour le sens donné aux mots holotype, syntype, paratype, voir t. XV, p. 203. Nous rappelons que ce catalogue comporte l’identification des types de Savigny et de Risso.
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 1, 1944.
Parmi les 8 exemplaires étiquetés sous ce nom dans la collection Locard, 4 peuvent être considérés comme les syntypes de l’espèce : ce sont 3 coquilles de Cette (28 5 33 j 40 mm.) et 1 du golfe de Fos (45 mm.).
[Fusus rufus Hombron et Jacquinot. Voir Euthria.]
Fusus sectus Locard 1897, Exp. Travailleur-Talisman, I, p. 331, pl. 17, fig. 1-4.
Holotype. Long. 25 mm. Dragage 72, Ouest du Sahara.
Fusus turris Valenciennes 1833, Coq. univalves, Voy. de Hum- boldt et Bonpland, p. 287 (sans figure).
Deux individus d’Acapulco, marqués comme types, ont 180 et 173 mm. de long, donc plus que n’indique Valenciennes (près de six pouces, soit environ 160 mm.).
[Fusus vittatus Quoy et Gaimard. Voir Euthria .]
[Fusus ZELANDicus Quoy et Gaimard. Voir Siphonalia.]
Genre Meyeria Dunker et Metzger 1878.
[Meyeria decorata Locard 1897. Voir Fusus.]
Genre Fasciolaria Lamarck 1801.
Fasciolaria Savignyi Tapparone-Canefri 1875, Muricidi Mar Rosso, Ann. Mus. Civ. Genovay Vil, p. 612. Figuré par Savigny, Expéd. d’Egypte, Coq. pl. 4, fig. 14).
Holotype (Collection Savigny). Long. 30 mm. Cette espèce s’iden- tifie à Fasciolaria lignaria L.
Fasciolaria sulcata Lesson 1842, Revue zoologique , p. 212 (sans figure).
Un paratype. Long. 30 mm. Acapulco.
Genre Peristemia Môrch 1852.
Turbinella clathrata Valenciennes 1841, in Kiener, Coq. viv., p. 46, pl. 18, fig. 4.
Holotype. Long. 27 mm.
— 72
Turbinella iricolor Hombron et Jacquinot 1854, Voy. Pôle Sud, p. 112 ; pl. 25, fig: 25-27.
Holotype. Long. 25 mm. Détroit de Torrès.
Turbinella maculata Hombron et Jacquinot 1854, Voy. Pôle Sud, p. 113 ; pl. 25, fig. 32-33.
Holotype. Long. 32 mm. Mangareva.
Turbinella tigrina Hombron et Jacquinot 1854, Voy. Pôle Sud, p. 113, pl. 25, fig. 30-31.
Holotype. Long. 21 mm. Amboine.
Genre Neptunea Bolten 1798.
Neptunia antiquata Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 356, pl. 17, fig. 18-19.
Holotype. Long. 83,5 mm. Dragage n° 9 du Travailleur.
Neptunia ecaudis Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 368, pl. 18, fig. 5-6.
Holotype. Long. 27 mm. Dragage n° 2 du Travailleur.
Neptunia Nicolloni Locard 1891, U Echange, Revue linnêenne , n° 77, p. 34 (sans figure).
Six exemplaires, collection Locard, long. 69 à 74 mm., provenances Belle-Isle, Saint-Nazaire, Ile d’Yeu.
Neptunia peregra Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 371, pl. 18, fig. 8-11.
Holotype. Long. 29 mm. Et un paratype de 24,5 mm. Dragage n° 2 du Travailleur.
Neptunia pupoidea Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 363, pl. 17, fig. 26-28.
Holotype. Long. 22,5 mm. Dragage n° 2 du Travailleur. Et nom- breux paratypes.
Neptunia torra Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 361, pl. 17, fig. 26-28.
Deux exemplaires, l’un de 41 mm., mentionné p. 362, l’autre de 38 mm. qui est la coquille figurée. Dragage n° 9 du Talisman. Et de nombreux paratypes.
Genre Siphonalia A. Adams 1863.
Purpura baccata Hombron et Jacquinot 1854, Voy. Pôle Sud, p. 87, pl. 22, fig. 9-10.
Holotype. Long. 18 mm. Provenance : Ternate.
Fusus dilatatus Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool., Il, p. 498, pl. 34, fig. 15-16.
Holotype. Long 75 mm. Provenance : Nouvelle-Zélande. Et 7 para- types, de même provenance, mesurant : 120 ; 102 ; 84 ; 76 ; 58 ; 55 j 38 mm.
Fusus zelandicus Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool., II, p. 500, pl. 34, fig. 4-5.
Deux paratypes, long. 36 et 27 mm., Nouvelle-Zélande.
Genre Pisania Bivona 1832.
Purpura variegata Risso 1826, Hist. nat. Eur. mérid., IV, p, 167 (sans figure).
Quatre exemplaires de 23, 22, 21 et 20 mm. Ce sont des Pisania maculosa Lamk. La figure de la planche inédite n° 32 (voir Th. Monod, Inventaire manuscrits Risso, Arch. Mus., 6e s., VII, 1931) représente cette même espèce.
Genre Euthria Gray 1850.
Purpura alba Risso 1826, Hist. Nat. Eur. mérid., IV, p. 167 (sans figure).
Un échantillon, que sa longueur (43 mm.) désigne comme étant celui que mentionne le texte (45 mm.). C’est un Euthria cornea L. roulé. La figure de la planche inédite n° 32 (voir Th. Monod, inven- taire manuscrits Risso, Arch. Mus., 6e s., VII, 1931) représente également un exemplaire roulé de Euthria cornea L.
Euthria cerealis Rochebrune et Mabille 1889, Miss. sc. Cap Horn, Mollusques, p. 60, pl. 2, fig. 4. .
Nombreux échantillons provenant de la Mission du Cap Horn.
— 74 —
Fusus conulus Risso 1826, Hist. nat. Eur. mérid., IY, p. 207 (sans figure).
Deux exemplaires. Long. 37,5 et 36,5 mm. Ce sont des jeunes de Euthria cornea L. La figure de la planche inédite n° 48 (voir Th. Monod, inventaire manuscrits Risso, Arch. Mus., 6e s., VII, 1931) représente cette même espèce.
Euthria g racilis Locard 1891, Bull. Soc. Malac. Fr., VII, p. 215 (sans figure).
Parmi les 3 échantillons étiquetés sous ce nom dans la collection Locard, deux présentent les dimensions indiquées dans le texte 23,5 mm. Nice ; 25 mm., Marseille), et peuvent être considérés comme les syntypes de l’espèce.
Fusus lineatus Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool. II, p. 501, pl. 34, fig. 6-8.
La coquille figurée. Long. 30 mm. Nouvelle-Zélande. Et quatre paratypes, de 27, 26, 25, 22 mm., même provenance.
Euthria major Locard 1891, Bull. Soc. malac. Fr., VII, p. 209 (sans figure).
Cette espèce est fondée sur des citations d’autres auteurs, et sur la collection Locard qui en referme de nombreux exemplaires mesurant de 29 à 66 mm.
Fusus rufus Hombron et Jacquinot 1854, Voy. Pôle Sud, p. 107, pl. 25, fig. 1-3.
Holotype. Long. 29 mm. Provenance ; Magellan. Et deux para- types, de 24 mm. chacun, même provenance.
Euthria saharica Locard 1897, Exp. sc. Travailleur-Talisman, I, p. 326, pl. 16, fig. 17-20.
Holotype. Long. 45 mm. Et un para type de 34 mm. Dragage n° 71 du Talisman.
Fusus vittatus Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool. IL p. 504, pl. 34, fig. 18-19.
La coquille figurée. Long. 20 mm. Nouvelle-Zélande Et deux paratypes, de 17 et 14 mm., même provenance.
Genre Cantharus Bolten 1798.
Buccinum bolivianum Souleyet 1852, Voy. Bonite, p. 610, pl. 41, fig. 22-24.
Deux syntypes, mesurant tous deux 7 mm. Provenance : Bolivie. Murex haneti Petit de la Saussaye 1856, Journ. Conchyl., V» p. 90, pl. 2, fig. 7-8.
— 75 —
Un paratype, long. 37 mm., provenance Brésil, mentionné par Poirier (Révis. Murex Mus., p. 187). Le type est dans la collection du Journal de Conchyliologie.
Purpura reticulata Risso 1826, Hist. Nat. Eur. mérid., IV, p. 167 (sans figure).
Cinq échantillons, de 22, 18, 18, 17 et 16 mm. Ce sont des Can- tharus Orbignyi Payr.
Murex sulcatus Gmelin 1790 (non Born), Syst. Nat. éd. XIII, p. 3549.
Espèce fondée uniquement sur « Le Tafon » d’AüANSoN (1757, Hist. Nat. Sénégal, p. 133 ; pl. 9, fig. 25). Cinq échantillons ont été retrouvés dans la collection d’Adanson. La coquille figurée n’est pas parmi eux.
Genre Buccinum Linné 1767.
Buccinum affinis Lesson 1842, Revue Zoologique, p. 237 (sans figure).
Holotype. Longueur 38 mm.
Tritonium Bayani Jousseaume 1883, Bull. Soc. Zool. Fr., p. 191, pl. 10, fig. 5.
Holotype. Long. 129 mm. Provenance : Japon.
[Buccinum bolivianum Souleyet. Voir Cantharus .]
[Buccinum cancellatum Quoy et Gaimard. Voir Phos ]. [Buccinum Charcoti Lamy. Voir Harpovoluta .]
[Buccinum Delalandei Kiener. Voir Cominella .]
[Buccinum floridanum Lesson. Voir Nassa ].
[Buccinum globosum Quoy et Gaimard. Voir Nassa]. [Buccinum miga Bruguière. Voir Nassa.]
[Buccinum miran Bruguière. Voir Bullia.]
Buccinum Monterosatoi Locard 1887, Contrib. Faune malac. Fr., X, Monogr. Buccinidae, p. 109, pl. fig. 15.
Quatre exemplaires, collect. Locard, long. 47 et 46 mm. (Mar- tigues), et 41 et 38 mm. (Saint-Henri, B. d. R.).
[Buccinum muricatum Quoy et Gaimard. Voir Nassa]. [Buccinum nifat Bruguière. Voir Clavatula.]
[Buccinum Quoyi Kiener. Voir Cominella.]
[Buccinum senegalicum Gmelin. Voir Cassis.]
[Buccinum soni Bruguière. Voir Chauvetia.]
Buccinum tulipa Lesson 1842, Revue Zoologique, p. 238 (sans figure).
Holotype. Long. 20 mm. Provenance : Acapulco.
Genre Cominella Gray 1850.
Buccinum Délai, andei Kiener 1834, Coq. Viv., p. 15, pl. 5, fig. 14. Holotype. Long. 36 mm. Provenance : Le Cap. Et deux paratypes, de 31 et 27 mm., même provenance.
Buccinum Quoyi Kiener 1834, Coq. viv., p. 16, pl. 5, fig. 13. Holotype. Long. 41 mm. Provenance : Nouvelle-Zélande.
Genre Clea A. Adams 1855 (Sous-genre Canidia H. Adams 1862).
Canidia harmandiana Rochebrune 1881, Bull. Soc. Philom., 29 oct., p. 60 (sans figure).
Holotype. Long. 16 mm. Et quatre paratypes, de 15, 14, 13 et 12 mm.
Melania helena (Meder) Philippi 1847, Abbild. Beschr. Conch., p. 20-170, pl. 4, fig. 4.
Cinq échantillons, Mr Meder 1842, Java, probablement para- types. Long. 20,49, 18, 17 mm.
Canidia stomatodonta Rochebrune 1881, Bull. Soc. Philom., 29 oct., p. 61 (sans figure).
Holotype. Long. 19 mm.
Genre Eburna Lamarck 1822.
♦
Eburna immaculata Jousseaume 1883, Bull. Soc. Zool. Fr., p. 192, pl. 10, fig. 2.
Holotype. Long. 33 mm.
77
Genre Phos Montfort 1810.
Buccinum cancellatum Quoy et Gaimard 1832, Voy. Astrolabe, Zool., II, p. 449, pl. 32, fig. 30-31.
Cinq exemplaires de Vanikoro. Parmi eux, deux mesurent 20 mm,, et paraissent correspondre, l’un à la fig. 30 et l’autre à la fig. 31. Les autres exemplaires ont : 21,5 ; 18 ; 16 mm.
Genre Donovania Bucq.„ Dautz. et Dollf. 1882. Voir Chauvetia. Genre Lachesis Risso 1826. Voir Chauvetia.
Genre Chauvetia Monterosato 1884.
Donovania Bourguignati Locard 1892, Coq. mar. côtes Fr., p. 72 (sans figure).
Holotype. Long. 7 mm. Provenance : Cette.
Donovania Dautzenbergi Pallary 1926, Explic. pl. Savigny, Mém. Inst. Egypte, XI, p. 71 (Figuré par Savigny, Expéd. d’Egypte, Coquilles, pl. 4, fig. 20).
Holotype : l’exemplaire de Savigny, sur la figuration duquel est fondée l’espèce de Pallary. Long. 5,5 mm.
Buccinum soni Bruguière 1789, Encycl. méth., Vers. I, p. 283.
Espèce fondée sur « Le Soni » d’ADANSON (1757, Hist. nat. Sénégal, p. 151, pl. 10, fig. 6), dont 8 exemplaires ont été retrouvés et étudiés par E. Fischer-Piette (1942, Les Moll. d’Adanson, p. 247, pl. 8, fig. 11-14).
Chauvetia Turqueti Vélain 1876, C. R. Ac. Sc. ; Arch. Zool. exp. gén., VI, p. 107, pl. 2, fig. 18-19.
Holotype. Long. 4 mm. Provenance : Ile Saint-Paul.
Genre Savatieria Rochebrune et Mabille 1885.
Savatieria frigida Rochebrune et Mabille, 1889, Miss. Scient. Cap Horn, Mollusques, p. 65, pl. 2, fig. 5.
Deux échantillons de la Baie Orange. L’un a les dimensions indi- quées dans le texte (7 mm.), l’autre celles de la figure (6 mm.).
(A suivre.)
Laboratoire de Malacologie du Muséum.
Contribution a la Flore de la Nouvelle-Calédonie
LXXXIV. — PLANTES DE COLLECTEURS DIVERS (suite). Par A. Guillaumin.
Agation Pancheri Brong. — Houaïlou (Vieillard).,
A Vieillardii Brong. — Balade ( Vieillard 112 pro parte).
Calophyllum caledonicum Vieill. et Planch. et Tr. — Pouébo, Wagap ( Vieillard 174).
Sida rhombifalia L. — Nouméa ( Vieillard 140 a).
Hugonia Deplanchei Vieill. ex Guillaum. — Sans localité ( Pancher 606).
H. neo-caledonica Vieill. ex Guillaum. — Sans localité (Vieillard 16).
Tristellateia australasica A. Rich. — Ponérihouen (Vieillard 2195).
Celastrus paniculata Willd. var. Balansæ Loes. — Nouméa (Deplanche 92 in Vieillard 3076).
Acronychia lævis Forst. — Wagap (Vieillard 285).
Murraya exotica DC. — Gatope (Vieillard 312).
Acacia spirorbis Labill. — Balade, Touho, Canala, Nouméa (Vieil- lard 412).
Eugenia ericoides Guillaum. — Sans étiquette.
E. ploumensis Dânik. — Canala (Vieillard 782).
Casearia Melistaurum Spreng. — Balade (Vieillard 873, 874).
Melodinus Balansæ Baill. — Pouébo (Deplanche 65 in Vieillard 2978).
M. phyllireoides Labill. — Wagap (Deplanche 69 bis in Vieillard 2976), Gatope (Vieillard 2977, 945 ?), Gomonen ( Vieillard ), Paaba (Deplanche 88).
Rauwolfia semperflorens Schltr. — M’bée (Deplanche 63), Canala (Vieillard), Poume (Vieillard 915), Poume, Tanlé (Deplanche 458), Cap Tonnerre (Vieillard 196).
R. viridis Guillaum. — Gatope, Témala (Vieillard 2971).
Psychotria collina Labill. — Sans localité (Vieillard 696).
P. deverdiana Guillaum. — Gatope (Vieillard 3050).
P. nummularioides Guillaum. — Lifou (Deplanche 29), « Feto ».
T apeinosperma wagapense Mez ? • — Balade (Vieillard 1035). Inflo- rescence atteinte de phyllomanie.
Leptostylis filipes Benth. — Cap Tonnerre (Deplanche 209). C’est à tort que Bachni indique en Nouvelle-Calédonie le Plancho- nella antheridifera White et Francis, Busna ou Lane-Poodle Ta découvert est en Nouvelle-Guinée.
Bulletin du Muséum, 2e 6érie, t. XVI, n° 1, 1944.
79 —
Podochrosia Balansæ Baill. — Sans localité ( Vieillard 2975 in Pan- cher), Wagap ( Vieillard 2948).
Cerhera Odollam Gaertn. — Très commun ( Deplanche 55 in Vieillard 962), Gatope ( Vieillard ).
C. obtusifolia von Heurck et Müll. Arg. — Gatope ( Deplanche 240), Gomonen ( Vieillard ).
Cerberiopsis Candelabrum Yieill. ex Panch. et Seb. — Wagap [Vieillard 971).
Ochrosia miana Baill. • — Canala ( Vieillard 2954), Balade ( Vieillard 969).
O. parviflora Hemsl. — Nouméa, Gatope, etc. ( Vieillard 1073), Balade ( Veillard 967), Tanlé [Deplanche 130), Mouac, Tanlé Deplanche 100).
Alyxia affinis v. Heurck et Müll. Arg. — Sans localité [Vieillard 11, 949 pro parte).
A. breviflora v. Heurck et Müll. Arg. — Sans localité [Vieillard 314), Balade [Vieillard 953, 933 = 951), Tanlé [Vieillard 124).
A. brevipes Schltr. — Gatope [Vieillard 954 pro parte), Lifou [De- planche).
A. caletioides Guillaum. — Sans localité [Pancher).
A. Johnsoniæ S. Moore — Sans localité [Deplanche 32), Nouméa [Vieillard 2961), Canala [Vieillard 2962 et sans n°), Wagap [Vieil- lard 2963), Pouébo [Deplanche 31 in Vieillard 959), Gatope [Vieil- lard 2961, 2965), Wagap, Gatope [Vieillard 2961).
A. leucogyne v. Heurck et Müll. Arg. — Wagap [Vieillard 944), île Grand Tupiti [Vieillard 958, Deplanche in Vieillard 944).
A. Microbuxus Guillaum. • — Gatope [Vieillard 2967, pro parte 2969, Deplanche 429 in Vieillard 2969), Gomonen ( Vieillard ), Tupiti [Deplanche 429 in Vieillard 2969).
A. nummularia S. Moore. — Wagap [Vieillard 2964), Gatope [Vieillard 2965).
A. podocarpa v. Heurck et Müll. Arg. — Nouméa [Vieillard 959), Pouébo [Deplanche 454).
A. rosmarinifolia Guillaum. — Gatope [Vieillard 2966 pro parte, 2967 pro parte, 2970), Gomonen [Vieillard 2970).
A. torqueata Guillaum. — Canala, Gatope [Vieillard 2968), Gatope [Vieillard 2966 pro parte).
Alstonia Balansæ Guillaum. — Sans localité [Vieillard 758).
A. cfr. A. Balansæ Guillaum. ? — Gatope [Vieillard 2947).
A. coriacea Panch. ex Guillaum. (nomen) S. Moore (descript.) ? — Canala [Vieillard 708).
A. filipes Schltr. ex Guillaum. — M’bée [Vieillard 930), Balade [Vieillard 926), Poume [Deplanche 462).
A. Legouixiæ v. Heurck et Müll. Arg. — Sans localité [Pancher in Vieillard 2943), Ounia [Vieillard 918), Wagap [Vieillard 920).
— 80
A. lanceolata V. Heurck et Müll. -Arg. — Balade ( Vieillard 928).
A. Lenormandii v. Heurck et Müll. Arg. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2956).
A. linearifolia Guillaum. - — Poume ( Vieillard 202), Poume, Gomonen [Vieillard 221), Cap Tonnerre, Néhoué [Vieillard 2950, Deplanche 466 in Vieillard 2950 et in Mus. néocal. 115).
A. plumosa Labill. — Sans localité [Vieillard 929), Wagap ( Vieillard )> Balade [Vieillard 916, 923, 970).
A. quaternala v. Heurck et Müll. Arg. ■ — Sans localité [Vieillard 324). Canala [Vieillard 2942), Wagap [Vieillard), Pouébo [Deplanche 157, 459, 456 = 452 in Vieillard 2944), Diaoué [Vieillard 932). Pagiantha cerifera Mgf. — Canala [Vieillard 972), Balade [Vieil- lard, 967), Hienghène [Vieillard 2957), Schio [Deplanche! 4).
Ervatamia orientalis Turrill — Sans localité [Vieillard 763).
Personsia cfr. P. affinis Baill. ? — Sans localité ( Pancher ).
P. angustifolia Baill. — Balade [Vieillard 984 bis).
L’échantillon : Balade [Vieillard 982) sans fleurs dans l’herbier de Paris y est rapporté par Bâillon à cette espèce ; en réalité c’est une Asclépiadacée ainsi que le montre l’échantillon de Caen qui est fleuri.
P. Balansæ Baill.
C’est par suite d’un lapsus que l’échantillon : Dumbéa [Le Rat 2623) a été indiqué comme « Marsdenia » Balansæ, c’est « Par- sonsia » Balansæ qu’il faut lire.
P. brachiala Baill. ex Guillaum. — Sans localité [Pancher 29, Vieil- lard 2984 ?, Deplanche 474 in Vieillard 2984), Balade [Vieillard 944).
P. cfr. P. brachiata Baill. ex Guillaum. — Sans localité [Vieillard 979, Deplanche 72), Balade [Vieillard 936, 938), Gatope [Vieillard 2992).
Le type du P. brachycarpa de Bâillon : Poume [Balansa 3283) est en fruit ; les échantillons de Caen ont quelques fleurs et montrent évidemment qu’il s’agit non d’une Apocynacée mais d’une Asclé- piadacée du genre Marsdenia, ce sera le Marsdenia bracycarpa. Guillaum. nom. nov. — Wagap [Vieillard 3002), Canala [Vieil- lard 3002).
P. calophylla Baill. ex Guillaum. • — Canala [Vieillard 2981), Wagap [Vieillard 2982), Balade [Vieillard 942).
P. carnea Panch. ex Guillaum. — Sans localité [Vieillard 975, 979), Mont Mou [Deplanche 73 in Vieillard 2993), Néhoué [Deplanche 472 in Vieillard 3005), Canala [Vieillard 2987), Deplanche 71 in Vieillard 2985).
P. cfr. P. carnea Panch. ex Baill. — Sans localité [Pancher 270 in Vieillard 2994), Balade [Vieillard 940).
P. catalpæcarpa Baill. - — Sans localité ( Deplanche 72 in Vieillard 935), Sommet d’Arama ( Delpanche 72 in Vieillard 935, Deplanche 150).
P corymbifera Baill. ex Guillaum. — Balade ( Vieillard 941).
P. edulis Guillaum. • — Nouméa ( Vieillard 2983).
P. Francii Guillaum. — Wagap ( Vieillard 3001).
P. glaucescens Baill. ex Guillaum. ? — Poila ( Vieillard 985), île des Pins ( Pancher 268 ?).
P. populifolia Baill. — Canala ( Vieillard 939).
P. rigida Baill. — Paulotche ( Vieillard 2986).
P. scabra Guillaum. — Sans localité ( Vieillard 943).
P. sp. nov. ? Canala {Vieillard 972), Gatope ( Vieillard 2989).
P. sp. nov. ? — .Tanlé ( Deplanche 43 et 473 in Vieillard 2988).
P. sp. nov. ? — Sans localité {Deplanche 227), Canala {Deplanche 228). Marsdenia Balansæ Baill. — Sans localité {Vieillard 382), Poila {Vieillard 973).
M. Billardieri Dcne. — Sans localité {Vieillard 983), Yaté {Vieillard 983), Gomonen {Deplanche 68 in Vieillard 984).
M. ! lyonsioides Schltr. ?? — Poila {Vieillard 985).
M. microstoma Schltr. — Canala {Vieillard), Tanlé {Deplanche 128, 468 in Vieillard 984 bis pro parte et 120 in Mus. néocal.), Gomonen {Deplanche 68 in Vieillard 984), Gatope {Vieillard 984 bis, 2992 pro parte, 3004). Gatope, Néhoué {Vieillard 3004).
M. oubatchensis Schltr. — Nouméa {Vieillard 981), Gatope {Deplan- che 470 in Vieillard 982 pro parte).
M. Pseudo-Parsonsia Guillaumin sp. nov.
Sarmentosus, ramis gracilibus, flexuosis, cito glabris, foliis linearibus vel angustissime ellipticis (3,5-7 cm. X 0,8 — 0,3 cm.), apice acutis, rariu , rotundatis, basi rotundatis, rigide membranaceis , glabris, nervis inconspicui s petiolo circa 5 mm. longo, primum sparse puberulo. Umbellæ axillares, paucifloræ, pedunculo puberulo, pedicéllis æquilongo, circa 3 mm. longo, calyce segmentis ovatis, 1 mm. longis, apicem versus, sparse ciliolulatis, corolla urceolata, 3 mm. longa, lobis ovatis, tubo fere æquilongis, extra glabra, intus fauce dense rigide barbata, infra sparsius molliter pilosa, coronæ foliolis dimidio superiore liberis, lanceolatis membranaceisque, stigmatis apicem superantibus, infra incrassatis, dorso antherarum adnatis, appendice hyalino apice truncato erecto, pollinis oblongis, retinaculo cylindrico dimidio bre- viore, caudiculis brevissimis, stigmate actue umbonato.
Montagnes {Vieillard 988), Balade {Vieillard 982), Balade, Gatope Vieillard 982), sommet d’Arama {Deplanche 149 et 471 in Vieillard 988).
L’échantillon: Balade {Vieillard 982), sans fleurs dans l’herbier de Paris, y est rapporté par Bâillon à son Parsonsia angustifolia et cité {Bull. Soc. Linn. Paris I, p. 776) comme l’un des types de son espèce.
— 82
Secamone insularis Schltr. — Nouméa ( Deplanche 70 in Vieillard 981), Wagap ( Vieillard 2998), Wagap, Arama ( Vieillard 2998), Bondé [Vieillard 986), Poume ( Deplanche 467 in Vieillard 2997), Gatope [Vieillard 986).
— Var. angusla Schltr. — Wagap [Vieillard 2996), Tanlé [Deplanche 135), Poume [Delanche 467 in Vieillard 2997).
Sarcostemma australis R. Br. — Gatope [Vieillard 976).
Sarcolohus lifuensis Guillaum. — Yaté [Vieillard 974), Lifou [Vieil- lard 974).
Tylophora micrantha Guillaum. sp. nov.
Sarmentosus, ramis minutissime puberulis, foliis ovatis (3-4,5 X 2-3 cm.), apice rotundatis, basi rotundatis truncatis vel subcordatis, glabris, mem- branaceis, triplinerviis, petiolo gracili, 1,5-2 cm. longo. Inflorescentiae axillares, paniculatim umbellatae, parce ramosæ, multifloræ, ad 3 cm. longæ, floribus minutis, pedicello tereti, circa 2 mm. longo, calycis segmen- tis ovatis, obtusis, 0,5 mm. longis, corollae lobis lanceolatis 1 mm. longis, intus rigide pilosis, extra glabris, tubo 2 -plo breviore, glaberrimo, coronae foliis tubo staminum alte adnatis, carnosis, lanceolatis, staminibus aequi- longis, antheris quadratis, appendice hyalina rotundata brevi, polliniis obovoideis, translatorribus brevissimis, glandula lineari, brevi, stigmatis capite umbonato.
Balade [Vieillard 987).
Remarquable par ses fleurs minuscules, sa corolle à poils raides formant brosse en dedans et la grande longueur des pièces de la coronule. Diffère des Tylophora typiques par ses pollinies atténuées vers le caudicule qui est extrêmement court et s’en distingue mal.
T. anisotomoides T. tapeinogyne T. insulincola
T. micrantha
T. tapeinogyne Schltr. ■ — Sans localité [Deplanche 62 in Vieillard 2993, Pancher 271).
Hoya neo-caledonica Schltr. • — Sans localité [Vieillard 975), Balade, Canala [Vieillard). *
Mitrasacme nudicaulis Reinw. < — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2332).
*M. polymorpha R. Br. — Lifou [Deplanche j.).
Correspond à la forme très velue qu’on a appelée M. cinerascens.
Geniostoma Balansæanum Baill. — Mont Koghi [Pancher 543).
G. densiflora Baill. — Paulotche près Gatope [Vieillard 3006).
G. Deplanchei Vieill. — Nouméa [Vieillard 3014), île des Pins [Pancher 623).
G. fœtens Baill. — Nouvelle-Calédonie [Vieillard 2470), Lifou [De- planche 59 in Vieillard 3015).
Corolle glabre, pièces de la coronule plus courtes que les anthères
Corolle velue en dedans, pièces de la coronule aussi longues que les anthères
C. glaucescens Schltr. ■ — Pouébo ( Deplanche in Vieillard 3015).
G. oleifolium S. Moore — Baie de Tupiti ( Deplanche 476 bis, in Vieillard 3016).
G. oleifolium S. Moore ? — Wagap ( Vieillard 3018, 3019, 3019 bis), Tupiti ( Deplanche 476 bis), Tupiti, Poume ( Vieillard 212, 3016), Touho ( Vieillard 3017,) M’bée ( Vieillard 704).
G . Pancheri Baill. — Sans étiquette, Nouvelle-Calédonie (. Deplanche 18 in Vieillard 3009), Canala ( Vieillard 3020), Balade ( Vieillard 701), Poume ( Pancher 130).
G. Vieillardii Baill. • — ■ Pouébo ( Deplanche 476 in Vieillard 3013 et 131 in Mus. néocal.).
G. sp. cfr. G. Vieillardii Baill. — Nouvelle-Calédonie ( Deplanche 17 pro parte in Vieillard 3021).
Fagræa Schlechteri Gilg et Ben. — Canala ( Vieillard 963), Balade ( Vieillard 963).
Nymphoides indicum O. Ktze.
Il semble qu’il y ait 2 types, l’un à grandes feuilles atteignant 15 cm. de diamètre : Paita ( Balansa 1378), Gatope ( Vieillard 3022), l’autre à petite feuilles de 2-6 cm. de diamètre : Nouvelle-Calédonie (. Deplanche 76, Vieillard 991, Védel), Canala ( Pancher 590), Wagap ( Vieillard 991) « Warrenedo ».
La petite forme serait spéciale aux mares, fossés et cultures irri- guées tandis que la grande ne se trouverait que dans les mares.
Erythræa spicata L. — Nouméa ( Vieillard 76), Wagap ( Vieillard 990).
*Cordia Cumingiana Vidal — Wagap ( Vieillard 3033).
C. Myxa L. — Wagap ( Vieillard 1022), Pati, Pouébo (Deplanche).
C. subcordata Lam. — Balade (Vieillard 1023), île des Pins (Pancher in Vieillard).
Ipomæa Baiatas Lam. • — Balade (Vieillard 1009).
I. biloba Forsk. — Balade, Gatope (Vieillard 1015).
I. Bona-Nox L. — Nouvelle-Calédonie (Vieillard 1016), Gatope (Vieillard 3029).
I. campanulata L. ■ — Nouvelle-Calédonie (Vieillard 1010).
I. congesta R. Br. • — Port boisé (Vieillard 3030).
I. digiiala L. - — La Conception (Pancher 622).
I. palmata Forsk. — Gatope (Vieillard 1008).
Jacquemontia paniculaia Hallier f. — Nouméa (Deplanche 482 in Vieillard 1014), Gatope (Vieillard 1014).
Polymeria pusilla R. Br. — Nouméa, Gatope (Vieillard 1017).
Solanum auriculatum Ait. — Boulari (Pancher).
S. sp. voisin de S. austro-caledonicum Seem. mais probablement dis- tinct. — Nouvelle-Calédonie (Vieillard 3036, Védel), Néhoué (Deplanche 143 in Mus. néocal. et un Vieillard 1025), Balade (Vieillard 1025).
*S. Deplanchei Guillaum. sp. nov.
Frutex 1 m. altus, ramis gracilibus virgatis, fere omnino inermibus, glaberrimis, foliis ovatis (1,5-2, 5 cm. X 0,5-1 cm.), apice rotunatis vel obtusis, basi æquilater rotundatis, glaberrimis , membranaceo rigidis, nervis immersis, petiolo brevi (2-5 cm. longo), glaberrimo. Flores albi, ad ramulo- rum apicem, 1-2-3 -ni, pedicello 1 cm. longo, capillari, ad apicem incrassato erecto, calyce cupulato, fere ad medium fisso, lobis 5, triangularibus, breviter acuminatis, glabris, circa 0,5 cm., longis, corolla ad medium fissa, lobis ovato-triangularibus, 4 mm. longis, intus glabris, extra stellato-pilosis, staminibus 5, fertilibus, antheris linearibus, 4 mm. longis, fîlamentis bre- vissimis, corollæ tubi 3» infima parte insertis, ovario minimo, globoso, glaberrimo, stylo sigmoideo, glaberrimo, antheras superante, stigmate vix incrassato.
Néhoué ( Deplanche 484 in Vieillard 3040 et 142 pro parte in Mus. néocal.)
Uarai ( Pancher in Vieillard 1032).
En partie confondu par les collecteurs avec le S. Pancheri Guil- laum. mais fleurs du type 5 et feuilles différentes.
*S. linearisepalum Guillaum. nov. sp.
Frutex 1 m. altus , ramis nigris, glabris vel pilis stellatis aliquis tantum sparsis, foliis ovatis (usque ad 10 cm. X 5 cm.), apice obtusis vel breviter acuminatis, basi =j= inæqualiter rotundatis, junioribus ad basin Costa tantum sparsissime stellato-pilosis, petiolo 1-2 cm. longo, supra stelluto piloso Racemi terminales, usque ad 5 cm. longi, pedicellis glabris, usque ad 1,5 cm longis, floribus albis, calyce fere usque ab basin fisso, lobis 5, linearibus, ad 3 mm. longis, glabris, corolla extra in alabastro deinde medio tantum dense puberula, lobis 5, triangularibus, ad medium fissa, 10-11 cm. longa, stami- nibus 5 fertilibus, fîlamentis brevibus, glabris, antheris obclavatis, glabris 5 mm. longis, ovario globoso, glaberrimo, stylo recto, ad basin sparsissime stellato piloso, antheras superante. Fructus globosi, 1 cm. diam.
Balade ( Lahaie 1355), Tanlé (Deplanche 77, 423 et in Vieillard 3038, Pancher 141).
Bien caractérisé par la forme des lobes du calice.
S. nigrum L. — Gatope ( Vieillard 3044), Lifou (Deplanche 230).
S. noumeanum Bitter — Nouméa (Vieillard 25), Koé (Brousmiche 120)?, Balade (Vieillard 3034) ?
S. pseuderanthemoides Schltr. — Nouméa (Vieillard 3042).
S. sp. aff. S. pseuderanthemoides Schltr. — Nouméa (Vieillard 3043). S. Vieillardii Bitter — Lifou (Vieillard 3025).
Physalis minima h. — Gatope (Vieillard 1024).
Duboisia myoporoides R. Br. • — Balade, Wagap (Vieillard 1031). Coronanthera barbaia C. B. Clarke — Wagap (Vieillard 2827).
C. sericea C. B. Clarke — Balade (Vieillard 872).
Depanthus glaber S. Moore — Wagap (Vieillard 3235).
Periomphale ! Pancheri Baill. ? — Balade (Vieillard 871).
85 —
Pandorea austro-caledonica Bur. — M’bée ( Vieillard 1005).
Diplanthera Deplanchei F. Muell. — Nouvelle-Calédonie ( Pancher 253), Nouméa ( Pancher in Vieillard 3024), Wagap {Vieillard 1036), Kokingone près Wagap ( Vieillard 3023).
D. sessilifolia Vieill. ex Guillaum. — Poindalou près Gatope ( Vieil- lard 3026).
Dolichandrone spathacea K. Schum. — Hienghébane {Deplanche in Vieillard 1001).
Utricularia cyanea R. Br. — Baie du Sud {Pancher).
Hemigraphis reptans T. Anders. • — Nouméa {Vieillard 63), Lifou {Deplanche 61) « Kouamezé ».
Graptophyllum pictum Grifï. — Wagap {Vieillard).
Pseuderanthemum incisum R. Ben. — Nouméa {Vieillard 3047).
P. majus Guillaum. — Touho près Gatope {Vieillard 2080).
P. tuberculatum Radlk. — Lifou {Deplanche 16 in Vieillard 3049).
P. variabïle Radlk. — Canala {Vieillard 3052'), Gatope {Vieillard 1044, 3053), Gomonen près Gatope {Vieillard 3053).
Justicia pinensis S. Moore — Wagap {Vieillard 1042).
J. sp., cfr. J. pinensis S. Moore — Wagap {Vieillard 3048).
Dicliptera cœrulea Schinz et Guillaum. — Canala {Deplanche 83), Lifou {Deplanche in Vieillard 3054).
Myoporum crassifolium Forst. — Baie de Tupiti {Deplanche 476 bis), Poume {Deplanche 61), île des Pins {Vieillard 48).
M. tenuifolium Forst. — Pouébo {Vieillard 3070), île des Pins {Deplanche 5, 312 in Vieillard 1051).
Ocimum Basilicum L. var. purpurascens Benth. • — Lifou {Vieillard).
Plectranthus parçiflorus Wildd. — Nouméa {Vieillard 1056).
Coleus scutellarioides Benth. — Sans localité {Vieillard 3071), Canala {Deplanche 85 in Vieillard 3071).
Salvia occidentalis Sw. — Canala {Deplanche 88 in Vieillard 3072).
Leucas decemdentata Sm. = L. flaccida R. Br. — Lifou {Vieillard 3073).
Le Gérant : Marc André.
ABBEVILLE. — IMPRIMERIE F. PAILLART (c. O. L. 31.0832). 25-1-1944
Autorisation S. 4
SOMMAIRE
Pages
Actes administratifs 5
Allocution prononcée aux obsèques de M. le Professeur E.-L. Bouvier, Membre de l’Institut, Professeur honoraire au Muséum, à Maisons-Laffitte, le 17 jan- vier 1944, par M. le Dr René Jeannel, Professeur au Muséum 7
Allocution prononcée aux obsèques de M. le Professeur P. Allorge, Paris,
25 janvier 1944, par M. le Professeur Ach. Urbain, Directeur du Muséum. 11
Liste des Associés, Correspondants et Attachés nommés en 1943 . . 14
Travaux faits dans les Laboratoires pendant l’année 1943 16
Communications :
H. Vallois. L’évolution de la chaire d’Ethnologie du Muséum national
d’Histoire naturelle (Leçon inaugurale faite au Muséum le 27 mai 1943).. 38
Ach. Urbain, P. Bullier et J. Nouvel. Rapport sur la Mortalité et la
Natalité enregistrées au Parc zoologique du Bois de Vincennes en 1943. . . 56
P. Laurent. Essai de Biométrie sur la Chauve-Souris Murine 66
E. Fischer-Piette et J. Beigbeder. Catalogue des Types de Gastéropodes marins conservés au Laboratoire de Malacologie. — IV. Fusidae, Bucci-
nidae 70
A. Guillaumin. Contribution à la Flore de la Nouvelle-Calédonie. LXXXIV.
Plantes de collecteurs divers (suite) 78
ÉDITIONS
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
36, RUE GEOFFROY- S AI NT-HILAIRE, PARIS Ve
Archives du Muséum national d’ Histoire naturelle (commencées en 1802 comme Annales du Muséum national d’ Histoire naturelle). (Un vol. par an, 300 fr.) .
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle (commencé en 1895). (Un vol. par an, 80 fr.).
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle, nouvelle série com- mencée en 1936. (Sans périodicité fixe ; un vol. 230 fr.).
Publications du Muséum national d’Histoire naturelle. (Sans périodicité fixe ; paraît depuis 1933).
Index Seminum Horti parisiensis. (Laboratoire de culture ; paraît depuis 1822 ; échange).
Notulæ Systematicæ. (Directeur M. H. Humbert, Laboratoire de Phanéro- gamie ; paraît depuis 1909 ; abonnement au volume, 65 fr.).
Revue française d’Entomologie. (Directeur M. le Dr R. Jeannel, Laboratoire d’Entomologie ; paraît depuis 1934 ; abonnement annuel France, 60 fr., Etranger, 70 fr.).
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum national d’Histoire naturelle à Pinard. (Directeur M. E. Fischer-Piette, Laboratoire maritime de Dinard ;suite du même Bulletin à Saint-Servan ; paraît depuis 1928 ; prix variable par fascicule).
Bulletin du Musée de l’Homme. (Place du Trocadéro ; paraît depuis 1931 ; prix du numéro : 5 fr. ; adressé gratuitement aux Membres de la Société des Amis du Musée de l’Homme : Cotisation annuelle, 30 fr.).
Recueil des travaux du Laboratoire de Physique végétale. (Laboratoire de Chimie ; Section de Physique végétale ; paraît depuis 1927 ; échange).
Travaux du Laboratoire d’Entomologie. (Laboratoire d’Entomologie ; paraît depuis 1934 ; échange).
Revue de Botanique appliquée et d’ Agriculture coloniale. Directeur : M. A. Chevalier, Laboratoire d’Agronomie coloniale ; paraît depuis 1921 ; abonnement pour la France, 130 fr. ; Etranger, 145 et 160 fr.).
Revue Algologique. (Directeur M. R. Lami, Laboratoire de Crypto- gamie ; paraît depuis 1924; abonnement France, 150 fr., Étranger, 200 fr.).
Revue Bryologique et Lichénologique. (Directeur M. N., Laboratoire de Cryptogamie ; paraît depuis 1874 ; abonnement France, 60 fr., Étranger, 80 fr.).
Revue de Mycologie (anciennement Annales de Cryptogamie exotique ). (Directeurs MM. R. Heim, J. Duché et G. Malençon, Laboratoire de Cryptogamie ; paraît depuis 1928 ; abonnement France, 60 fr.. Étranger, 80 et 100 fr.).
Mammalia, Morphologie, Biologie, Systématique des Mammifères, (Directeur M. Ed. Bourdelle ; paraît depuis 1936 ; 50 fr. ; Étranger, 55 fr.).
BULLETIN
' y '
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
2e Série — Tome XVI
RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM * N° 2. — Mars-Avril 1944
V
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE 57, RUE CUVIER
PARIS-V® 1
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BULLETIN
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ANNÉE 1944. — N° 2
34R RÉUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM
30 mars 1944
PRÉSIDENCE DE M. Ach. URBAIN
DIRECTEUR DU MUSÉUM
et
A. GUILLAUMIN
PROFESSEUR AU MUSÉUM
ACTES ADMINISTRATIFS
Par Arrêté ministériel du 22 février 1944, la délégation de Maître de dessin accordée à MM. Hissard et Reboussin, a été renouvelée pour l’année 1944.
M. J. -F. Le Roy est nommé, à titre provisoire, Assistant au Labo- ratoire d 'Agronomie coloniale en remplacement de M. Trochain, appelé à d’autres fonctions.
M. Poujade et Mlle Jouin ont été nommés Attachés au Muséum, au titre du Musée de l’Homme, par Arrêtés du Directeur du Muséum en date du 20 mars 1944.
M. le Président a le regret de faire part du décès de M. Paul Ber- trand, Professeur d’Anatomie Comparée des Végétaux vivants et fossiles (décédé le 24 février 1944).
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 2, 1944.
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Allocution prononcée aux obsèques de M. le Professeur P. Bertrand, paris 28 février 1944.
Par M. le Professeur Ach. Urbain.
Directeur du Muséum.
Madame,
Mesdames, Messieurs,
Le Muséum continue à être douloureusement éprouvé ; il y a quelques semaines nous conduisions, en effet, à sa dernière demeure le Professeur Allorge et voici qu’aujourd’hui, c’est un autre de nos collègues, le Professeur Paul Bertrand qui disparaît brutale- ment, en pleine activité scientifique.
Monsieur le Professeur Paul Bertrand est né à Loos-les-Lille (Nord) le 10 juillet 1879. Il fit toutes ses études à la Faculté des Sciences de Lille, où il prépara de 1899 à 1903 sa licence ès-sciences, puis ensuite sa thèse de doctorat. Ses travaux furent dirigés et guidés par son père, le Professeur Charles-Eugène Bertrand qui fut un des fondateurs de l’Anatomie Comparée des Végétaux vivants et fossiles. Monsieur Paul Bertrand eut aussi comme maîtres M. Charles Barrois, sous la direction duquel il commença ses recherches houillères et notre Collègue, le Professeur R. Fosse, qui l’initia aux techniques de la Chimie et contribua à développer sa culture générale.
Monsieur Paul Bertrand fut successivement préparateur du Musée Houiller de Lille en 1906, Docteur ès-Sciences naturelles en 1909, Maître de Conférences de Paléontologie et Conservateur du Musée Houiller de l’Université de Lille en 1910, Professeur titulaire de Paléobotanique à la Faculté des Sciences de Lille en 1919 et enfin, Professeur au Muséum en 1938. Plusieurs fois lau- réat de l’Institut, il était chevalier de la Légion d’Honneur depuis 1933.
La création en 1906, près de l’Université de Lille, d’un Musée houiller, dont il fut l’organisateur, devait décider de l’orientation des travaux de Paul Bertrand vers la Paléobotanique. C’est de cette époque, en effet, que datent ses premiers travaux sur les plantes fossiles. En 1909, il présenta comme thèse de doctorat ès-sciences un important mémoire sur la fronde des Zygop- téridés dans lequel il a mis en évidence ses caractères très parti- culiers. Dans ce mémoire et dans ceux qui ont suivi, Bertrand a
Bulletin du Muséum, 2e série, t. XVI, n° 2, 1944.
montré que les Zygoptéridés et d’autres genres qu’on leur rattache, présentent des particularités de structure que l’on ne rencontre nulle part chez les plantes actuelles. Devant ces structures si par- ticulières, beaucoup d’auteurs, surtout en Angleterre, se deman- daient si on n’avait pas là, ou bien les fameuses formes de passage entre les Fougères et les Phanérogames, ou bien les formes ances- trales communes à ces deux groupes. A la suite de ses études con- duites avec rigueur, Paul Bertrand a montré qu’il fallait étudier ces plantes pour elles-mêmes et il a pu conclure que toutes étaient de vraies Fougères.
Ses recherches sur l’anatomie des Cladoxylées du Dévonien et du Carbonifère inférieurs, poursuivies de 1907 à 1935, offrent aussi un grand intérêt scientifique. C’est grâce à elles que ces plantes primitives ont pu être rangées dans les Fougères où elles forment une classe spéciale à côté des Zygoptéridés.
Paul Bertrand s’est occupé aussi des Algues fossiles (Pila et Reinschia) qui entrent dans la formation des bogheads ou char- bons de gelées d’algues du permien d’Autun et de l’Australie. Complétant les travaux de Renault et de son père, il a montré les conditions biologiques dans lesquelles vivaient ces algues et comment elles se sont multipliées jusqu’à former de volumineux dépôts de charbons.
M. Paul Bertrand a consacré d’importants travaux aux végé- taux houillers conservés à l’état d’empreintes. Il a publié dans les Annales de la Société Géologique du Nord divers mémoires accompagnés de planches sur les Plantes du bassin houiller du Pas-de-Calais et du Nord de la France. En 1930, il a publié aussi, en collaboration avec Corsin, un Atlas des plantes du bassin houil- ler de la Sarre et de la Lorraine,
Enfin, il faut mentionner ses travaux de Paléontologie strati- graphique consacrés aux principaux bassins houillers de France, de Belgique, de la Sarre, du Maroc, puis ses investigations sur les flores houillères des Etats-Unis poursuivies en 1933, lors du 16e Congrès International de Géologie. A la suite de cette explo- ration, une corrélation précise a été établie entre la série houillère de Pensylvanie et celle des gisements français. La plupart des travaux de Paul Bertrand se sont poursuivis non seulement au Laboratoire, mais aussi sur le terrain. Il a visité les collections et les Instituts paléobotaniques du monde entier, plus particu- lièrement d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique et de Tchéco- slovaquie. En relation avec les savants d’Europe et d’Amérique spécialisés dans l’étude des plantes fossiles, M. Paul Bertrand a acquis parmi eux une juste notoriété. Aussi fut-il choisi comme Vice-Président de la section de Paléobotanique aux Congrès Inter-
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nationaux de Botanique de Cambridge en 1930 et d’Amsterdam en 1935.
A cette œuvre scientifique si importante, Paul Bertrand a ajouté une œuvre muséographique qu’il s’efforçait d’étendre à notre établissement. C’est lui, en effet, qui avait organisé le Musée Houiller de Lille où il avait constitué des collections paléobota- niques remarquables. Enfin, avec la collaboration de ses élèves, il avait organisé aussi le stand des Plantes de la Houille dans la salle de l’Evolution des Plantes au Palais de la Découverte. Mj
D’une haute conscience professionnelle, très affable, d’une grande bonté, Paul Bertrand sera regretté de tous ceux qui l’ont connu ou approché.
Madame, au nom des Professeurs du Muséum, du Muséum tout entier auquel votre mari était si attaché, permettez-moi de vous adresser, ainsi qu’à votre famille, l’expression de mes condoléances- les plus émues.
Paris, 28 février 1944.
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COMMUNICATIONS
Néoformations cutanées et osseuses de la tête
CHEZ LES GlRÀFES
Par Ach. Urbain, J. Nouvel et P. Bullier.
La tête des girafes porte au-dessus et un peu en avant des oreilles, deux protubérances tronconiques, longues de 20 cm. environ, qui sont constituées par une masse osseuse recouverte de peau et coiffée à son extrémité d’une couronne de poils foncés. Malgré l’absence d’étui corné, ces organes sont couramment dénommés cornes ou cornillons.
Une troisième protubérance, située dans l’axe de la tête, appro- ximativement au niveau de l’angle interne de l’oeil, donne à la ligne du chanfrein à laquelle elle s’unit insensiblement la forme caractéristique du profil des girafes. Le poil, ras sur toute la tête, est un peu plus rude et un peu plus long au niveau de cette protu- bérance frontale.
A ces caractères essentiels on peut ajouter ceux énoncés par Brehm 1 qui écrit que « le mâle se différencie de la femelle par un développement extraordinaire du cou et de la nuque » et que « le crâne des vieux mâles peut être entièrement recouvert de néofor- mations osseuses en forme de mamelons ou de fausses cornes ».
L’apparition de néoformations au niveau de la région frontale et des cornillons a été d’autre part observée par Antonius 2 sur une girafe mâle âgée de 11 ans. Pour cet auteur ces néoformations débutent par de simples épaississements cutanés, sous lesquels se développent plus tard de véritables exostoses. Une touffe de poils clairs, semblant être rapportée sur le pelage primitif se développe au niveau de chaque aspérité et, simultanément, la teinte générale de la robe se modifie, elle devient plus foncée.
Au Parc Zoologique du Bois de Vincennes, il existe actuellement
1. Brehm : Brehms Tierleben. Bibliographisches Institut, Leipzig u. Wien, 1916, t. 13, p. 151.
2. Otto Antonius, Bilder aus dem früheren und jetzigen Schônbrünner Tierbes- tand, III, Girafïen. Der Zoologische Garten, 1939, t. 11, p. 135.
Bulletin du Muséum, 2e sérient. XVI, n° 2, 1944.
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une girafe mâle importée en juin 1936 des territoires du'Tchad et âgée d’environ 11 ans, sur la tête de laquelle nous avons remar-
Fig. 1. — Jeune mâle, les comillons ne sont pas encore soudés au crâne, les incisives ne sont pas rasées, les canines sont celles de la première dentition.
Relief frontal très réduit, pas d’exostoses.
qué en avril dernier, l’apparition d’aspérités localisées à la région frontale et à la base des cornillons.
Ces néoformations sont comparables à celles décrites par Anto- Nius, mais nous n’avons pas constaté à leur niveau la poussée de
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Fig. 2. — Mâle âgé de 15 ans, la soudure des cornillons est parfaite, les symphyses"ne sont plus perceptibles, les incisives et les canines sont dans le prolongement du maxillaire inférieur, leur table est rasée.
La protubérance frontale est développée et couverte d’exostoses ainsi que les cor- nillons.
Bulletin du Muséum
2e Série, T. XVI, fasc. 2
Cl. Buliier Photo Parc Zooîogique
Girafe male âgée de 10 ans
du Parc Zoologique du Bois de Vincennes
Phototypie Mémin, Arcueil (Seine)
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poils clairs, quoique les néoformations osseuses soient déjà bien développées sous la peau.
A la suite de cette constatation nous avons examiné les girafes des collections du Muséum National d’Histoire Naturelle 1 : à la galerie de Mammalogie, où sont conservés les sujets naturalisés ; seul, un mâle adulte présente des néoformations semblables à celles que nous venons de décrire.
Les crânes conservés dans les collections du laboratoire d’ Ana- tomie comparée sont à ce point de vue plus intéressants, après avoir écarté les pièces manifestement trop jeunes, nous avons examiné 16 crânes dont nous résumons ci-dessous les caractères : r
Crâne N° 1858-9. Mâle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : moyenne, exostoses peu accusées.
Crâne N° 1880-764. Mâle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : moyenne , exostoses peu accusées.
Crâne N° 1919-125. Femelle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : très faible, pas d’exostoses.
Crâne N° 1920-35. Mâle, 8 ans, Protubérance frontale : peu développée, exostoses : peu développées, localisées au sommet des cornillons.
Crâne N° 1920-130. Mâle, 15 ans, Protubérance frontale : très déve- loppée. exostoses : très développées, tant au niveau des cornillons que de la protubérance frontale et descendant à 6 cm. de l’extrémité des sus-naseaux (figure 2).
Crâne N° 1925-386. Sexe et âge inconnus, Protubérance frontale •* moyenne, pas d 'exostoses.
Crâne N° 1928-307. Sexe et âge inconnus, Protubérance frontale : très faible, pas d 'exostoses.
Crâne N° 1934-62. Femelle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : très faible, pas d 'exostoses.
Crâne N° 1934-63. Mâle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : déve- loppée, pas d’exostoses
Crâne N? 1934-64. Mâle, âgé, Protubérance frontale : développée, ainsi que la base des cornillons, exostoses : à la base des cornillons, aans le pro- longement de la protubérance frontale selon l’axe de la tête et au niveau ae l’aicade sourcilière droite.
Crâne N° 1934-65. Femelle, âgée, Protubérance frontale : très faible, pas d’exostoses.
Crâr e N° 1934-66. Mâle, jeune, Protubérance frontale : très faible, pas d’exostoses (figure 1).
Crâne N° 19354-41. Mâle, adulte, Protubérance frontale : développée, exostoses ; très abondaxites recouvrant la protubérance frontale et toute la surface des cornillons, surtout accusées à leur base, léger développe- ment aux aicades orbitaires.
1. Nous devons à l’extrême obligeance de Messieurs les Professeurs Bourdelle et Millot, d’avoir pu examiner ces pièces, nous tenons à les en remercier ici très vivement.
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Crâne N° A-7977. Mâle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : moyenne, exostoses : légères, localisées à la protubérance f ’ontale.
Crâne N° A-14-074. Femelle, d’âge inconnu, Protubérance frontale : moyenne, portant à son sommet une' légère exostose.
Crâne N° A-14-383 ou 1913-523. Sexe et âge inconnus, Protubérance
Fig. 3. — Cette pièce ne porte aucune indication de sexe ni d’âge, mais sa grande taille permet de l’attribuer à un mâle, d’autre part la soudure des comblons aux os du crâne n’est plus perceptible, les incisives sont situées dans le plan du maxil- laire inférieur et usées jusqu’au collet, ce crâne est donc celui d’un sujet très âgé.
La protubérance frontale est développée, les comblons sont épaissis à leur base et le développement des exostoses atteint sur cette pièce un degré que nous n’avons noté sur aucune autre.
frontale : très développée, ainsi que la base des cornillons, exostoses : sur les cornillons, entre ceux-ci et îa protubérance frontale et dans l’axe de la tête sur la ligne du chanfrein, une saillie isolée sur la joue gauche, et de gros développements en choux-fleur au-dessus des orbites (figure 3).
L’examen de ces pièces nous permet d’admettre que la protu- bérance frontale est peu développée chez les femelles, qu’elle est notablement plus développée chez les mâles, et que son déve- loppement dépend de l’âge de ceux-ci, enfin, que les néoforma- tions osseuses, exceptionnelles chez les femelles, sont fréquentes chez les mâles et que leur développement dépend de l’âge de ces animaux.
En résumé, l’apparition à partir de l’âge de dix ans de néofor- mations cutanées et osseuses sur la région frontale et sur les cor- nillons des girafes mâles a été constatée à plusieurs reprises dans les parcs zoologiques 1. Ce phénomène s’accompagne généralement
1. L’un de nous a pu constater ces exostoses sur un vieux mâle de girafe tué dans la région de Bousso (Tchad).
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d’une modification de la teinte générale du pelàge, qui devient plus foncée.
L’examen des pièces conservées dans les collections du Muséum confirme l’influence du sexe et de l’âge sur ce phénomène qui est probablement un phénomène sexuel secondaire, et qui mérite à ce titre d’être rapproché de ce que l’on sait des mœurs de cette espèce dont les mâles, à la période du rut, se livrent, à coups de tête„ de violents combats.
Laboratoire d’Ethologie des" animaux sauvages, Parc Zoologique du bois de Vincennes.
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Notes critiques sur quelques Turdidés de la faune
ÉTHIOPIENNE Par M. J. Berlioz.
Au cours d’une récente révision de la collection de Turdidés du Muséum, j’ai été amené à faire quelques remarques inédites sur plusieurs espèces de cette famille représentatives de l’avifaune éthiopienne. Les études systématiques de cette faune ont été déjà poussées très loin : en ce qui concerne entre autres l’Afrique occi- dentale et l’Afrique équatoriale françaises, les deux ouvrages récents de G.-L. Bâtes ( Handbook of the Birds of West Africa, 1930) et de D. Bannerman ( The Birds of tropical West Africa, 5 vol., 1930-1939) témoignent d’une qualité documentaire et d’une importance telles que toutes additions et modifications, si légères soient-elles, ne sauraient être considérées comme négligeables pour la valeur exceptionnelle de leurs informations. C’est donc à ce titre surtout que ces remarques me paraissent devoir être con- signées ici :
1° Thamnolœa