' - & V

...

;

.

-

, i

; .

•3

■: ■■

I I ï !..

i

. . . . »

,' . - - '• . ; ' . ,

•-."-■'■■ .

1

Ci

m

%

DES

CHAMPIGNONS

/■ ^

C03IESTIBLES ET VENENEUX

DES

CHAMPIGNONS

COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX

G-. SICS-A-FLID

Préface par Ad. CHATIN, do l'Institut

OUVRAGE ACCOMPAGNÉ DE SOIXANTE-QL'J.NZE TLANCUES COLORIÉES

t.

PARIS

LIBRAIRIE CH. DELAGRAVE

1S, RUE SOUFFLOT, lo

1883

:£sz-

PREFACE

Longtemps délaissées du botaniste et de l'amateur, que n'atti- rait pas à elles l'éclat des fleurs, apanage des phanérogames, les plantes cryptogames, commencèrent seulement à fixer l'atten- tion lorsque l'étude paléontologique du terrain houillier, y mon- trant l'existence presque exclusive de leurs débris fossiles, vint apporter un éclatant témoignage de la prééminence qu'elles occu- pèrent dans la végétation aux premières époques géologiques.

Mais ce n'est que dans la seconde moitié du siècle actuel que les cryptogames cellulaires, et spécialement les Champignons quoique beaucoup fussent anciennement connus s'im- posèrent réellement à l'attention générale, prenant dès lors, dans les travaux des botanistes, une place qui grandit chaque jour.

Le moment de la faveur qui s'attache aujourd'hui à l'étude des cryptogames était d'ailleurs comme marqué par les progrès réalisés dans la botanique phanérogamique.

Pour celle-ci, en effet, abstraction faite de la physiologie,

VI PRÉFACE

de l'histologie et de la philosophie taxinomique qui, durant de longues années encore, solliciteront les recherches des savants, on est arrivé, pour la connaissance des espèces, et surtout des espèces indigènes, à acquérir des notions si précises, si étendues, que de nombreux adeptes de Flore, n'ayant plus à espérer d'ob- servations nouvelles, se sont mis, croyant être dans la voie du progrès, à démembrer les vieux genres, les anciennes espèces, en fragments infinis, tellement multiples et ténus, qu'ils deviennent souvent méconnaissables, même pour leurs créateurs.

Mieux valait et c'est la voie beaucoup, et des plus sages, se sont engagés se tourner vers les cryptogames, étudier les merveilleux phénomènes qui, dominant leur existence, se trou- vaient cependant naguère encore complètement ignorés. A cette introduction biologique succéda naturellement la description do nombreuses espèces, restées jusque inconnues, et, par une marche inverse de celle qui avait guidé trop de phanéroga- mistes, on se trouva conduit à ramener, par l'observation, à un môme type générique ou spécifique, des Champignons considérés d'abord comme distincts, parce qu'ils n'avaient pas été suivis dans le cycle évolutif de leurs différents âges.

C'est ainsi que furent révélés ces curieux polymorphismes, par lesquels passe la rouille du Berberis lorsque, changeant d'hôte, elle va se fixer sur les graminées, ou le Posidonia du Sabinicr, devenant le Bœstellia du Poirier, etc.

Respiration des Champignons. Les expériences de Th. de Saussure ayant montré que les Champignons absorbent constam- ment de l'oxygène et rejettent dans le milieu ambiant de l'acide

PRÉFACE VIT

carbonique, on avait regardé le fait comme exceptionnel, conformément à la croyance généralement admise et suivant laquelle les végétaux eussent du posséder une respiration « inverse » do celle des animaux; les délicates recherches de M. Garreau ont fait justice de cette prétendue dualité fonc- tionnelle. Nous savons maintenant quo la respiration est toujours identique dans les deux règnes et s'y traduit par une absorption d'oxigène et une exhalation d'acide carbo- nique ; nous ne songeons plus à la confondre avec la fonc- tion chlorophyllienne, s'exprimant par une décomposition d'acide carbonique, une fixation de carbone et une exhala- tion d'oxygène, véritable acte nutritif limité aux parties vertes et se manifestant seulement sous l'action de la lumière. Chez les Champignons, la chlorophylle faisant défaut, la respira- tion n'est pas masquée par la fonction chlorophyllienne ; mais il no serait pas plus légitime de séparer les Champignons des autres végétaux que de retirer de la sério zoologiquo les animaux qui, comme l'Euglône ou, comme divers Cœlen- térés et Turbellariés, possèdent de la chlorophylle.

Reproduction. La reproduction des cryptogames forme l'un des chapitres les plus intéressants do leur histoire, étant données les découvertes inattendues auxquelles son étude a donné lieu en ces dernières années.

On sait aujourd'hui que beaucoup de ces plantes possèdent, pour une môme espèce, des moyens de reproduction variés, dont l'un procède d'une véritable fécondation.

Naguère encore, avant les belles recherches de M. G. Thuret,

VIII PRÉFACE

recherches qui., limitées d'abord aux algues, ne tardèrent pas à recevoir une rapide extension et dont le résultat immédiat fut de modifier totalement les idées antérieurement admises sur le mode de reproduction des divers cryptogames, nul n'eut pensé pouvoir admettre une fécondation dans ces végétaux, dési- gnés souvent par le nom d'Agames, ce qui impliquait la néga- tion de toute fécondation.

Et cependant, qu'y a-t-il de mieux étudié, d'aussi certain, de plus admirable que cette fécondation aux manifestations variées : tantôt produite par le développement, sur la même plante, de deux cellules mâle et femelle qui se mettent en contact, ailleurs par le mouvement, réciproque, de deux individus d'abord écartés; tantôt assurée par ces merveilleux anthérozoïdes, sortes de grains de pollen qui empruntent aux infusoires, avec leurs appendices, leur motricité, pour aller à la recherche des archégones au fond desquelles le germe femelle attend d'eux son imprégnation afin d'évoluer en une plante nouvelle.

Moins bien partagés que la plupart des autres cryptogames, les Champignons n'ont guère, jusqu'à ce jour, offert de fécondation que dans leurs petites espèces ; cependant ce phénomène, qui n'a jamais été encore observé dans les Basidiosporés '(Agarics, Bolets, etc.), a été constaté, par divers observateurs (de Bary, Tulasne, etc.), chez des Pezizes; c'est aussi sur une de ces plantes (Peziza nigra) qu'il a été constaté par M. Sicard.

Germination. La germination des cryptogames, celle des Champignons en particulier, entre pour une part importante dans les recherches auxquelles se livrent les botanistes depuis 30 ans.

PRÉFACE IX

C'est en suivant la germination de leurs spores que Ton a surpris, disséminés sur les prolhalles des Fougères, des Equisétacées, etc., les archégones et les anthéridies. C'est aussi sur le mycélium naissant des Bulgaria, Peziza, etc., qu'on a vu se produire les cellules fécondatrices.

M. Sicard a compris toute l'importance qui s'attache, dans les Champignons, à l'étude de leur germination ; il y consacre, dans son deuxième volume, de nombreuses planches.

Aussi facile à observer que rapide à se produire dans beaucoup de Champignons, la germination se montre réfractaire (dans nos expériences, du moins) chez d'autres, dans la Truffe notamment, où, malgré de multiples recherches, elle n'a pas encore été constatée.

Transformisme. Certes, quand on se reporte à certains Champignons, si différents entre eux suivant l'âge, l'organe reproducteur qui leur a donné naissance, l'hôte qui fournit à leur subsistance, on peut être conduit à se demander s'il n'y a pas des faits que le transformisme soit en droit d'invoquer.

Mais, quand on considère que ces formes si diverses se repro- duisent suivant un cycle constant pour la même espèce, on est immédiatement mis en garde contre le courant auquel se laissent aller de nos jours tant de naturalistes les jeunes surtout qui se passionnent pour une hypothèse, rajeunie par Darwin, mais qui date de Lamarck et d'Etiennne Geoffroy-Saint-Hilaire , et fut déjà si victorieusement combattue, de leur temps, par Cuvier, de Blainville et le collaborateur en botanique de Lamarck lui-même, Pyrame de Candolle, qu'on aurait pu la croire aban- donnée pour toujours.

X PRÉFACE

Malgré les assertions des savants paléontologistes qui voient partout des formes ancestrales successivement modifiées par le temps et les milieux, le transformisme n'est pas mieux établi par les faits géologiques que par les observations contempo- raines.

Il suffit, pour s'en convaincre, de rappeler que son action eût s'exercer sur tous les êtres des premiers âges de notre planète, de telle sorte qu'il n'existât aujourd'hui que des êtres perfectionnés, sans nulle trace, nul reste des premières espèces.

Et cependant, que voyons-nous ? des Conifères, des Fougères, des Lycopodes, même des Champignons et des Algues, ces repré- sentants les plus inférieurs de l'échelle végétale, encore organisés comme leurs congénères enfouis dans les terrains les plus anciens; et dans le règne animal, encore des Reptiles, des Poissons, des Mollusques, des Arthropodes, des Vers et des Protozoaires, comme à l'époque de ces formations géologiques, sur lesquelles ont passé tant de siècles et de cataclysmes plané- taires.

Les conséquences de ces faits, qu'il serait facile de multiplier, se déroulent d'elles-mêmes, pleines de force et d'enseignements, s'imposant à tout esprit non prévenu.

L'hypothèse du transformisme car ce n'est qu'une hypo- thèse — suppose que, toutes les espèces créées à l'origine devaient, par mutations et, dit-on, sélections successives, donner naissance à tous les êtres, aux formes encore représentées dans la nature actuelle comme aux formes éteintes avec les époques antérieures ; on serait donc forcé d'admettre que certaines espèces privilégiées n'ont cessé d'être soumises â des perfectionnements

TRÉFACE XI

progressifs dont la période actuelle ne constituo qu'une simple phase, tandis que d'autres espèces, initialement semblables aux êtres perfectibles, sont condamnées, par suite d'une déchéance originelle, à demeurer stationnaires dans leur infériorité pri- mitive

Modifiant profondément le principe môme de leur doctrine, les transformistes sont ainsi conduits à assigner aux premières créa- tions une double destinée capable d'expliquer comment, auprès de l'Homme et des Singes anthropomorphes, ses ancêtres immé- diats, on trouve encore des Protozoaires, des Articulés, des Mollusques et des Poissons, tandis que dans le règne végétal coexistent, avec les Gamopétales hypogynes aux brillantes corolles, des Fougères, des Mousses, des Algues, des Champi- gnons réduits parfois à une seule cellule ou même à un simple globule de proloplasma.

Rappelons, enfin, que les plus fervents adeptes du transfor- misme ne peuvent parvenir à se mettre d'accord sur le sujet, cependant bien limité, que nous examinons en ce moment. Dès qu'on les invite à faire connaître l'ancêtre probable do nos Champignons, ils formulent des conclusions absolument dissem- blables ; les uns croient pouvoir placer cet ancêtre dans le groupe des Siphonées ; pour d'autres, il résiderait parmi les Monôres archégoniques ; enfin, quelques auteurs, désespérant de pouvoir le trouver dans aucun des groupes connus, n'hésitent pas à considérer la classe des Champignons « comme un troi- sième règne intermédiaire aux « deux règnes organisés ».

De telles divergences suffisent à faire apprécier la doctrine transformiste : sachons-lui gré des travaux qu'elle provoque, des

XII PRÉFACE

recherches qu'elle inspire, mais gardons-nous de partager ses séduisantes illusions, ses dangereuses erreurs.

Chimie des Champignons. Nous ne saurions suivre l'auteur de l'Histoire des Champignons alimentaires et vénéneux dans les vues qu'il développe sur la chimie de ces végétaux; quelques mots cependant sur ce sujet :

Considérés au point de vue de leur constitution chimique, les Champignons présentent, à côté de faits bien établis, des incon- nues qui sollicitent les travailleurs, leur promettant, au delà de difficultés qui en doubleront le prix, des découvertes utiles, peut-être brillantes.

Ce que l'on sait bien, depuis les analyses de Vauquelin, c'est que les Champignons sont assez azotés pour qu'on puisse les regarder comme formés par une sorte de chair végétale, analogue aux substances protéiques, ce que justifient leurs qualités alimen- taires, appréciées et utilisées clans beaucoup de pays, ils sont une ressource de premier ordre.

Mais ce que nous connaissons encore mal, malgré les recherches de savants chimistes , c'est la nature du ou mieux des principes actifs des espèces vénéneuses. On a bien indiqué un alcaloïde, Yamanitine, mais ce corps, dont la composition élé- mentaire , les caractères chimiques et les propriétés toxico- physiologiques n'ont jamais été contradictoirement établies, ne paraît pas être le même pour tous les chimistes.

D'ailleurs, les Champignons de genres et d'espèces divers renferment-ils tous le même poison? N'existe-t-il pas plusieurs matières toxiques, les unes fixes, les autres volatiles et se dissi-

PRÉFACE XIII

pant par la chaleur? Avec des alcaloïdes fixes, comme la stry- chnine et la morphine, ne s'en trouve-t-il pas dont la volatilité rappelle la cicutine et la nicotine? Les Lactaires n'ont-elles pas pour principes vénéneux des résines ou des huiles en suspension dans le suc cellulaire, tandis qu'ailleurs existerait un composé albuminoïde que la coction neutralise en le coagulant? Peut-être encore les Champignons vénéneux renferment-ils de ces corps qui, comme l'acide prussique du Laurier-Cerise et des amandes amères ou l'essence sulfo-azotée du Raifort ne se forment qu'au moment du contact de sucs d'abord enfermés dans des cellules différentes ?

Culture des Champignons. Un mot, pour terminer, sur la culture des Champignons.

M. Sicard, à qui la culture, si développée dans la banlieue de Paris et jusque dans l'enceinte de la capitale, du Champignon de couche (Agaricus campestris) est familière, l'a traitée de main de maître. Ce qu'il en dit sera un guide sûr, comme les belles planches de son livre, dessinées par lui-même et coloriées d'après ses types, rendront faciles à tous la connaissance des Champi- gnons, de ceux surtout que chacun doit et veut connaître en raison de leurs qualités, ou nocives, ou alimentaires.

En quelques pays on cultive, mais par des pratiques assez peu assurées, divers Agarics et même, assure-t-on, la Morille. Il en est autrement de la Truffe (Tuber cibarium) dont la production a pris de grands développements , surtout dans la région du Mont- Ventoux , à l'aide des glands tombés sur les truffières et semés dans les terres calcaires des régions propres à la matu-

XIV PRÉFACE

ration du raisin. Les importantes cultures de Truffes de M. Rous- seau, qui s'étendent sur plus de 20 hectares aux portos de Garpentras, seront toujours citées comme des modèles à suivre.

L'observation suivante établit, entre cent autres, la nécessité pour la Truffe des sols calcaires.

Quand on se rend de Poitiers à Périgueux en passant par Limoges, on voit la Truffe disparaître vers Montmorillon , à l'entrée dans le massif granitique, pour ne plus se montrer qu'à Thiviers, après que celui-ci a été franchi.

Etant données ainsi ses conditions biologiques, on voit quels vastes territoires sont réservés à la production de la Truffe , appelée à suivre celle de la vigne sur tous les sols calcaires, comme déjà elle l'accompagne en Provence, Dauphiné, Quercy, Périgord, Poitou, Anjou, etc. Dans la Champagne et la Bourgogne en particulier, l'introduction de l'excellente Truffe noire (Tuber cibarium ou melanosporum) est tout indiquée pour remplacer les médiocres Tuber brumale et T. mesentericum qui y croissent.

Ces considérations suffisent à faire apprécier la haute valeur qui s'attache à l'étude des Champignons. Par les phénomènes qui caractérisent leur biologie, ils s'imposent tout particuliè- rement à l'attention du naturaliste; maison se tromperait étran- gement si l'on regardait leur histoire comme purement spéculative. Nul chapitre , au contraire , de la Botanique générale n'offre d'aussi nombreuses, d'aussi fréquentes applications. Dans ce groupe se succèdent , presque sans interruption , des espèces tantôt utiles , tantôt nuisibles , que rapproche la plus intime

PRÉFACE XV

parenté. Pour les bien connaître, pour éviter ces déplorables méprises qui se renouvellent trop souvent, il importe de les soumettre à un examen rigoureux et pour lequel le beau livre de M. Sicard constituera le guide le plus sûr. Grâce à lui, on parviendra facilement à poursuivre des études fructueuses entre toutes, puisqu'elles nous apprennent à distinguer quelques-uns des auxiliaires et des adversaires que nous rencontrons journelle- ment dans cette incessante lutte pour l'existence qui résume la vie de l'homme comme celle de tous les organismes.

Ad. CIIATIN.

HISTOIRE NATURELLE «w y««*

•OTAN!

DES

CHAMPIGNONS

COMESTIBLES ET VÉNÉNEUX

PREMIÈRE PARTIE

CHAPITRE PREMIER

DISPOSITION DU LITRE

L'étude des Champignons, qui paraît si difficile et si peu attrayante, ne tarde pas à séduire ceux qui s'y livrent. Nous savons tous que ces êtres bizarres, à plus d'un titre, sont univer- sellement appréciés du riche comme du pauvre; ils sont le condi- ment indispensable d'une infinité de mets servis journellement sur nos tables, et môme au temps de disette, l'homme trouve encore dans les champignons une véritable ressource. Mais combien de fois n'a-t-on pas vu ces cryptogames si esti- ez mes , si recherchés, porter le deuil et la mort au sein des *p familles, par suite d'une méprise faite en cueillant dans les bois crj ou dans nos prairies des Champignons vénéneux pour des comes- ct; tibles. Ces malheurs, trop fréquents, sont dus à l'extrême res- semblance que présentent entre elles une foule d'espèces, ce qui rend leur détermination aride et difficile; aussi le but de ce livre

1

DISPOSITION DU LIVRE

est-il de populariser la connaissance des Champignons, et de donner l'habitude et la pratique nécessaires pour distinguer une espèce comestible d'une espèce vénéneuse.

Mais, indépendamment des caractères communs qui leur assi- gnent une place parmi les végétaux, les Champignons en ont de particuliers qui les différencient entre eux, et les rendent suscep- tibles de subdivisions nombreuses. Depuis Théophraste jusqu'à Pline, on ne trouve que l'indice vague de quatre sortes de cham- pignons, non compris les Agarics, qu'on regardait comme des excroissances d'arbres ; de Pline à Tournefort, à peine y a-t-il trace de quelques genres convenablement caractérisés. On les considérait comme des végétaux imparfaits, privés de feuilles et de racines. Nous développons, du reste, ce passage de l'antiquité à nos jours au chapitre II, Considérations générales.

Les Champignons sont tellement multipliés, et de natures si diverses, soit par leur taille, la conformation de leurs parties essentielles et accessoires, leurs manières d'être particulières, le degré de consistance du réceptacle, la nature du tissu hyménial, leur couleur, leur odeur, etc., que j'ai exposer, au chapitre troisième, les diverses classifications proposées par les savants, et celles que la plupart des mycologues modernes ont adop- tées, avec les modifications exigées par la connaissance plus par- faite et toute récente des organes de la fructification.

C'est au quatrième chapitre que le lecteur trouvera la méthode rationelle de Léveillê., qui divise les Champignons en six classes, et permet, en un instant, d'embrasser et de comprendre les rela- tions naturelles qui existent entre tous les groupes.

La manière dont les Champignons se reproduisent, a été long- temps, même chez les savants les plus distingués, un problème difficile à résoudre, bien qu'il fût naturel de penser que ces plantes doivent comme les autres se reproduire de graines. Mais il y a dans cet acte essentiel des phénomènes si singuliers, les spores ou semences sont si difficiles à apercevoir, qu'on ne doit point être surpris que les anciens botanistes aient laissé indécise la question de savoir si la reproduction des cryptogames est l'elfet de la fermentation ou de la germination. Cette question importante est résolue au cinquième chapitre.

La fécondation sexuée et asexuée, le polymorphisme et les gêné-

DISPOSITION DU LIVRE 3

rations alternantes forment trois paragraphes ; la respiration, la nutrition, le développement du tissu cellulaire, nous apprennent comment vivent, respirent et se développent les Champignons : c'est l'objet du chapitre sixième.

Le difficile, dans un livre de la nature de celui-ci, n'est pas d'étonner les esprits, ni de les entraîner pour un moment; c'est de les attacher à l'étude par la solidité des principes, par le nombre et l'évidence des preuves; c'est surtout de le faire si claire- ment, qu'ils puissent voir tous les objets, et chacun d'eux en par- ticulier, avec les caractères qui lui sont propres. Pour atteindre à ce but, j'ai cru nécessaire de décrire séparément les divers orga- nes qui composent les Champignons, et d'étudier ces mêmes organes par rapport à leur forme, leur nombre et leurs situations, comme caractères distinctifs des genres et des espèces. En consé- quence, les chapitres septième, huitième, neuvième, sont consa- crés à l'organisation, à la structure interne et externe de ces plantes.

Le genre Agaric est le plus intéressant pour nous ; c'est celui que l'on consomme le plus communément, que nous devons par conséquent le mieux connaître, et comme les espèces en sont très nombreuses, qu'elles se ressemblent par certains points, mais diffèrent par d'autres , il faut les classer suivant des caractères définis qui permettront de se rappeler leur place et de les trouver facilement. Pour distinguer deux Champignons de diverses espèces on devra donc les connaître tous ou presque tous, et dans tous les détails de leur organisation ; alors seulement nous pourrons les grouper de manière à en former un ensemble, un plan naturel tel que les plus dissemblables soient éloignés les uns des autres.

Au chapitre dix, les grands Agarics sont divisés, selon la méthode de Léveillé, en onze sous-genres. Dans ce groupement, l'étude d'un caractère unique ne suffit point, car elle mène aux erreurs inséparables des systèmes. L'étude de plusieurs carac- tères ne suffit pas non plus ; seule la considération de tous les caractères pourra conduire à une classification avouée par la méthode naturelle ; c'est celle que je suivrai dans ce livre. Au chapitre suivant, le onzième, je décris 87 genres et 415 espèces les plus utiles à l'homme et aux animaux. Ces genres, ces espèces sont dessinés en grandeur naturelle et coloriés d'après

DISPOSITION DU LIVRE

nature, sur soixante-quinze planches soigneusement numérotées en chiffres romains. Les espèces sont numérotées en chiffres ordi- naires, afin d'éviter toute confusion. Les comestibles sont précé- dées de la majuscule C, les vénéneuses de la lettre V, les suspectes se désignent par un S.

DEUXIÈME PARTIE

Dans le premier chapitre de la Deuxième partie, essentielle- ment consacré aux données chimiques, je montre comment la nature opère ses diverses transformations. Après quelques obser- vations sur les champignons comestibles et vénéneux, et les influences que ces cryptogames exercent sur l'homme et les ani- maux, j'indique un moyen presque infaillible de remédier aux accidents produits par ces poisons redoutables et redoutés ; moyen que j'ai eu l'occasion d'expérimenter souvent sur les ani- maux.

Les chapitres cinq, six, sept, sont réservés à la culture des Champignons, qui a pris de nos jours un immense développeront. Presque toutes les carrières et les Catacombes de Paris renfer- ment des couches artificielles de Champignons qu'on exporte en partie au Havre et clans le centre de la France ; exemple remar- quable et peut-être unique d'une substance alimentaire qui sort de Paris au lieu d'y être apportée. Après avoir indiqué pour diffé- rents pays, la manière de construire les couches à l'air libre et dans les caves, j'ai montré comment on prépare le fumierf puis j'ai dessiné une planche spéciale afin que l'on comprît bien les diverses phases de ces opérations (voyez planche LXXV, fig. 406 à 411). Ce simple exposé prouvera que j'ai cherché à faire un livre utile, et à la portée de tous. Je l'ai soumis du reste au jugement de M. Ad. Chatin, professeur de botanique, directeur de l'Ecole de pharmacie et membre de l'Institut, dont les bienveil- lants conseils et les excellents encouragements ne m'ont jamais fait défaut ; et je croirai avoir atteint mon but, si je parviens à rendre moins fréquentes les méprises, à éviter les empoisonne- ments, et à faire adopter comme alimentaires un grand nombre d'espèces réputées dangereuses.

Noisy-le-Sec, près Paris. Décembre 18S2.

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES g

CHAPITRE II

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les anciens botanistes ne connaissaient guère que les Truffes, les Oronges, quelques Bolets, qu'ils employaient comme aliments et comme médicaments. Toutes les autres espèces paraissent leur avoir été à peu près étrangères. Pline, rapporte que, de son temps on faisait déjà une grande consommation de Champignons, et que souvent même on avait de nombreux accidents à déplorer. Les anciens définissaient vaguement ces cryptogames; ils compre- naient quelquefois plusieurs espèces en une seule, et les réunis- saient, d'après leurs caractères communs et suivant leurs proprié- tés alimentaires et médicinales. Nous devons traverser une longue suite de siècles, jusque vers l'an 1550, avant de rencontrer des ouvrages de quelque importance sur l'ensemble des Champignons.

A la renaissance des lettres, tandis qu'on croyait devoir tout découvrir dans les livres des auteurs grecs et latins, on n'y trouva que de longs et pénibles commentaires sur cotte question. Les naturalistes du xvie siècle, en multipliant les espèces, en créant des genres nouveaux sans ordre et sans suite s'égarèrent dans une voie fausse et bientôt le moment arriva l'encombrement, la diversité de tous ces mots nouveaux dépassèrent les forces cle la mémoire humaine. Il fallut lui venir en aide, et établir un certain ordre dans cet amas confus.

Micheli, le premier, dans son Gênera Plantarum, publié en 1729, réunit en une espèce tous les Champignons semblables entre eux. Il examina, il chercha pour les grouper sous une défi- nition commune, toutes les espèces qui offraient entre elles une certaine ressemblance par rapport aux autres.

Ce fut le professeur Link qui, avec sa grande patience et sa sagacité, fit de ces unités nommées espèces par Micheli, des unités d'un ordre plus élevé auxquelles il donna le nom de genres. Quelques naturalistes, comme Medicus, Maerklin, Ackermann, Kaeler, Harerle, ne virent dans ces productions que le résultat d'une combinaison et d'un mélange des sucs pituiteux de plantes,

6 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

modifiées par l'influence de l'air et des agents extérieurs. Comme les Champignons n'ont ni feuilles ni racines, et qu'ils n'en connaissaient pas les moyens de reproduction, ces auteurs les consi- déraient comme des productions fortuites dues à la pituite des arbres, au limon de la terre, à des phénomènes atmosphériques, comme le tonnerre. Ils ont même attribué la Truffe du cerf à certaines humeurs que le cerf, le lynx, le tigre répandaient sur le sol.

Marsili, dans la lettre qu'il écrivit à Lancini, reconnut le premier que les Champignons commencent par une petite moisis- sure. 11 ne s'agissait plus alors que de savoir si cette moisissure appartenait à une génération spontanée, à une transformation des substances animales et végétales, ou à des graines qui échappaient aux moyens d'investigation des observateurs de cette époque. Vers la fin du xvme siècle, Necker, clans un ouvrage qu'il publia à Manheim, sous le titre de Traité sur la Mycetologie, crut voir le tissu cellulaire et parenchymateux des plantes se transformer en un corps radiculaire auquel il donna le nom de carcithe, et qui est le blanc de Champignon proprement dit. Cette opinion n'a été adoptée par personne.

Il était réservé à Micheli de prouver que les cryptogames, comme toutes les autres plantes, proviennent de germes ; la décou- verte des spores ou organes reproducteurs et les expériences qu'il fit dans le bois de Boboli, aux environs de Florence, présentaient alors toutes les garanties que l'on pouvait exiger pour établir la nature des Champignons. Mais l'opinion de Micheli ne fut pas admise, et l'on vit Buttner, Wilke, Weiss, Otto de Manchausen et même Linné les considérer comme des Polypiers. Néanmoins Weisse et Linné n'ont pas osé, dans leurs ouvrages, les séparer des végétaux.

Muller seulement plaçait les Clavaires dans le règne animal, parce qu'il avait aperçu du mouvement clans les spores. Enfin Trattinnick, en nous faisant connaître les propriétés et le mode de formation du Mycélium, a confirmé l'opinion que Micheli avait émise, et, à partir de cette époque, les Champignons n'ont plus cessé de faire partie du règne végétal.

Parmi les nombreux auteurs qui ont depuis étudié les Cham- pignons au môme point de vue et desquels on consultera toujours

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 7

les travaux analytiques avec fruit, je citerai Schmiedel, Gleditsch, Tode, Hedwig, Bulliard, Paulet, Schmidt, Nées d'Esenbeck, DittxMar , Persoon , Link , Fries , Ehrenberg , Kunze , Ad. Brongniart , Corda , Schlechtendal , Montagne , Chevallier , Kickx, DESMAziÈREet surtout Greville dont les analyses surpassent en fidélité et en exécution tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour. Malgré ces nombreux travaux représentant parfois plusieurs années d'expériences et d'observations, on n'avait pas encore une idée exacte et bien arrêtée des organes de la fructification.

Lorsque le 12 mars 1837, le docteur Léveillé lut à la Société Philomatique de Paris un mémoire ayant pour titre : Recherches sur VHymenium des Champignons, il y déclarait que l'opinion sur l'organisation de la membrane fructifère de tous les vrais Cham- pignons, universellement admise par Hedwig était complètement erronée dans la plupart des genres, et particulièrement chez les Agarics, les Bolets, les Clavaires, etc., genres qui ont toujours été considérés comme devant former le type essentiel de cette famille, et qui en renferment la majorité des espèces.

Cette opinion était tellement nouvelle, tellement en contra- diction avec tous les travaux récents des auteurs les plus justement estimés par l'exactitude de leurs recherches, que la Société Philo- matique dut employer une grande réserve avant de l'approuver ou de la rejeter. Les commissaires chargés de faire les rapports, MM. Ad. Brongniart et Guillemin, demandèrent à vérifier sur des espèces de Champignons aussi variées que possible les obser- vations de Léveillé. Ils prièrent Decaisne, aussi exercé dans l'emploi du microscope qu'habile à figurer ce qu'il y observait, d'examiner, de son côté, toutes les espèces qu'il rencontrerait, et c'est après avoir rapproché ces dessins faits séparément, que la commission crut pouvoir établir son opinion sur des bases assez solides pour la soumettre à la Société. Je donne à lire les conclusions du rapport de Ad. Brongniart.

« Après les vérifications nombreuses et très attentives faites « pendant tout l'été et l'automne par vos commissaires et par « M. Decaisne, la commission ne peut conserver aucun doute « sur l'exactitude des observations de M. Léveillé, dans tous les « genres qui ont été soumis à leurs observations, dans un grand « nombre d'espèces différentes d'Agarics et de Bolets, dans

8 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

« plusieurs Théléphores , dans des Chanterelles , dans des « Clavaires, et même dans des Trémelles, ils ont reconnu la « structure signalée par M. Léveillé.

« Ils ont vu presque constamment les sporules fixées à l'extré- « mité de quatre pointes coniques plus ou moins allongées qui « terminent chacune des cellules de l'hyménium ; ils ont reconnu « ces sporules ainsi quaternées à différents âges depuis leur « première jeunesse jusqu'à leur état adulte, sans jamais les avoir « vues dans l'intérieur des cellules qui leur servent de base. En « examinant cette membrane fructifère perpendiculairement à sa « surface, la disposition quaternée des sporules est facile àrecon- « naître, et on voit qu'elle est presque constante, les cas les « sporules sont simplement ternées étant très rares, mais se « rencontrant accidentellement sur les mêmes feuillets ou les « mêmes tubes. La disposition géminée des spores dans les « Clavaires et leur disposition solitaire dans les Trémelles, ont « également été constatées ; enfin ils ont reconnu que dans le « Cantharellus cibarius les sporules sont ordinairement réunies « six par six ou rarement par cinq ou par sept.

« La généralité de cette structure, et le soin que vos commis- ce saires ont mis à la vérifier ne leur laissent aucun doute sur « l'exactitude des observations de Léveillé, et sur les déductions ce qu'il en a tirées relativement à la classification des Chaîn- ée pignons à membrane fructifère en deux ordres, les Helvellées ce thécasporées et les Agaricinées basicliosporées. »

Ce rapport à la plume d'un éminent botaniste , Ad. Brongniart, qui a bien voulu m'honorer de son amitié, eut un grand retentissement. Des observations sur le même sujet, publiées en Allemagne par M. Ascherson d'une part et par M. Corda de l'autre, vinrent confirmer la découverte de Léveillé.

BIBLIOGRAPHIE

Depuis une cinquantaine d'années, les Champignons sont beaucoup mieux connus qu'ils ne l'étaient auparavant, quoique le nombre des espèces ait prodigieusement augmenté. On pourrait croire que cet avantage doit être rapporté aux ouvrages qui ont

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES 9

été publiés ; la littérature y a contribué certainement pour beaucoup, mais il est principalement à Persoon. Ce célèbre botaniste, on peut l'affirmer sans crainte, est le père de la myco- logie ; il en a semé le germe dans tous les pays. Plein de zèle, studieux, doué d'une vue perçante, d'un jugement sain , bon, modeste, obligeant envers tout le monde, il était en relations avec tous les savants de son époque, et chacun d'eux voulait avoir son avis ; des envois de cryptogames lui étaient faits de tous pays, et sa collection précieusement conservée au musée de Leyde augmente incessamment par les soins des professeurs.

La mycologie possède de nombreux matériaux ; malheureu- sement leur prix et leur dissémination les rendent difficiles à consulter, et, pour étudier cette science avec fruit, il faut avoir recours aux livres descriptifs, surtout à ceux qui sont accom- pagnés de figures, les unes noires, les autres coloriées. Dans les premiers on trouve Sterbeeck, Clusius, Micheli, Gleditsch, Battara, etc., dans les seconds, Krapf, Schiffer, Bulliard, Paulet, Bolton, Persoon, Sowerbij, Vittadini, Roques, Krom- bholtz, Berkeley, etc. Avec ces ouvrages, en comparant les indi- vidus vivants aux figures qui les représentent, on parvient à les reconnaître assez facilement. Quelques auteurs, abstraction faite de l'ensemble des Champignons, ont publié des traités parti- culiers sur ceux qui sont comestibles ou vénéneux ; leur nombre est très considérable. Paulet, Bulliard et Persoon, en com- mençant leurs ouvrages avaient principalement ce but; mais plus tard ils n'ont pu s'empêcher d'y ajouter des genres et des espèces qui sortaient du cadre tracé. Les autres, au contraire, comme Kerner, Duchanoy, Lenz, Fries, Letellier, Krombholtz, Roques, Descourtils, Noulet, Cordier, Dassier, etc., sont demeurés fidèles au titre qu'ils avaient adopté. Les docteurs Mougeot et Quelet on rendu un véritable service à la science, en publiant les Champignons qui croissent dans la Meurthe, la Moselle, le Jura; M. Barla a représenté les Champignons des environs de Nice ; et ce qui augmente leur valeur, en a désigné les espèces par leur véritable nom. M. Gillet publie les Cham- pignons de la Normandie, plusieurs fascicules ont déjà paru. En Angleterre, Saunders, Berkeley, Cook et Worthington Smith ont réuni en deux feuilles les figures coloriées des Champignons

10 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

comestibles et vénéneux les plus communs. Outre les ouvrages déjà cités, on pourra consulter avec avantage le grand ouvrage de Corda, sous le titre d'Icônes Fungorum, dans lequel on trouve l'ana- lyse d'un grand nombre de genres. Ce travail recommandable à bien des titres sérieux révèle aux botanistes la structure intime de beaucoup de Champignons. MM. Tulasne, en publiant le Selecla Fungorum Carpologia, et de nombreux articles dans les Ann. des Sciences Nat. ont fait faire un grand pas a cette partie de la botanique; le Manuel de Mycologie de Bonorden est à lire, Quelet, Boudier, De Seyne, Cornu, Boze, Richon, Cordier, etc.; en France, De Bary, etc., en Allemagne, ont écrit des travaux remarquables. Il existe encore beaucoup d'autres livres et des collections qui sont moins connues. La bibliothèque de la rue de Richelieu en possède une superbe qui provient de M. Roussel, ancien fermier-général. On en voit à la bibliothèque du Jardin des Plantes de Paris une autre non moins curieuse, et dont Persoon a de beaucoup augmenté la valeur en désignant par leur véritable nom un grand nombre d'espèces. M. Wallays, de Courtray, a étudié les Champignons de la Belgique; M. Kickx(J.), la Flore cryptogamique des Flandres ; Secretan, la Mycologie suisse, etc., etc. Quelques auteurs enfin ont publié des collections en cire, le Muséum d'histoire naturelle en possède deux : l'une, de Trattinnick , a été donnée par François II d'AuLriche à Louis XVIII; l'autre a été faite par Pinçon. Un de mes anciens collègues des hôpitaux, le docteur Lemoine, professeur à l'Ecole cle Médecine et de Pharmacie de Reims, a essayé de former une nouvelle collection de ce genre ; le peu que j'en ai vu était parfai- tement exécuté; M. Barla, de Nice, vient d'offrir à M. Chatin, pour l'École de Pharmacie de Paris, une fort belle collection en cire de Champignons grandeur naturelle.

DES CLASSIFICATIONS 11

CHAPITRE III

DES CLASSIFICATIONS

Mon livre ne saurait être complet sans quelques notions sur l'arrangement systématique ou classification que ces plantes ont reçu des botanistes. Les Champignons sont., comme les animaux et les autres végétaux, soumis à la loi générale de la nature ; aussi veux-je mettre le lecteur en état de comprendre la valeur et la relation clés différents groupes dans lesquels les Champignons ont été répartis. Nous savons déjà que les botanistes qui ont précédé' Persoon comprennent, et cela pour ainsi dire sans exception, dans un genre unique, le genre Agaricus. Persoon a le premier distingué, avec sa sagacité ordinaire, un certain nombre de séries, de formes analogues, qu'il trouve cependant naturel de séparer les unes des autres sous des dénominations spéciales. En 1797, parut son Tentamen Dispositionis methodicœ Fungorum (Lipsiœ). Quatre ans après, en 1801, le Sinopsis methodica Fungorum (Gottingœ). Il établit trois grandes divisions dans les espèces alors connues du genre Agaricus. Ce sont les genres Amanita, Agaricus et Merulius; le genre Agaricus se subdivise lui-même en plusieurs sous-genres qu'il appelle Lepiota, Cortinaria, Gymnopus, Mycena, Coprinus, Pratella, Lactifluus, Ihissulu, Omphalia et Pleuropus. La création de ces groupes est si natu- relle que la plupart d'entre eux sont encore conservés, et que les parties modifiées ont servi elles-mêmes de point de départ à des sections nouvelles.

En 1817, F. G. Nées d'Esenbeck fit paraître son System der Pilze und Schwaemme ; les fondements de cette classification ne sont pas assez solides. Elle est censée reposer sur les principes réels et déduite de l'analyse des caractères. En l'étudiant avec attention on reconnaît qu'il n'en est pourtant pas toujours ainsi. L'auteur puise dans les ouvrages ce qu'il y trouve de mieux, il en fait un corps sans jambes ; il n'a pas vérifié les observations et plusieurs sont fautives. Cependant son travail renferme des consi- dérations mycologiques élevées, des rapprochements extrê-

12 DES CLASSIFICATIONS

mement ingénieux, un nombre immense d'observations fines et délicates.

Rien d'étonnant donc à ce qu'il ait été pris pour modèle par les auteurs modernes qui ont écrit sur les Champignons. Le professeur Fries notamment, pour établir son Systema Mycologicum lui a emprunté des matériaux précieux.

Nées d'Esenbeck divise ces végétaux en trois familles :

lre Famille, Coniomycètes, renferment trois divisions et cinq subdivisions ;

2me Famille, Hyphomycètes, quatre divisions et huit subdi- visions ;

3me Famille, Gasteromycètes, six divisions et huit subdivisions.

On reconnaîtra sans peine que cette classification en trois familles, treize divisions et vingt-trois subdivisions était tout au moins l'œuvre d'un esprit véritablement classificateur, et qui, pour l'époque, avait réussi à créer un très utile et très ingénieux système artificiel.

En 1825, M. Ad. Brongniart proposait, dans un livre bien connu, ayant pour titre : Essai d'une nouvelle classification natu- relle des Champignons, de diviser cette classe en cinq tribus, les Urédinées, les Mucédinées, les Lycoperdacées, les Champignons proprement dits et les Hypoxylon. En 1845, dans son Enumé- ration Générale des plantes cultivées au Muséum d'histoire natu- relle, M. Brongniart décrit et adopte le système de Fries, sauf quelques modifications; il divise les Champignons en quatre ordres comprenant neuf tribus :

Hyphomycées, Mycélium filamenteux produisant directement sur une partie de ses rameaux les spores ou les vésicules qui les renferment. Mucédinées, Mucorées et Urédinées;

Gastéromycées, Mycélium donnant naissance à des excrois- sances fongueuses dont la partie externe forme une enveloppe, Péridium, contenant dans son intérieur les utricules productrices des spores (Sporanges ou Basides). Tubéracées, Lycoperdacées et Clathracées ;

Hyménomycées, Mycélium produisant des excroissances fongueuses dont une partie de la surface (Hymenium), est formée par les utricules productrices des spores (Basides ou Thèques) : Agaricinées et Pezizées ;

DES CLASSIFICATIONS 13

Sclcromycées , Mycélium produisant des excroissances fongueuses, contenant un ou plusieurs conceptacles durs ren- fermant des Thèques : Hypoxilées.

Persoon avait d'abord été tenté de diviser les Agarics en plusieurs genres, mais il a reculé devant cette innovation ; nous savons trop peu de chose, disait-il, sur la structure et les organes de la reproduction, sur la structure et les fonctions des différentes parties, pour établir des genres véritables. Ce que Persoon n'avait osé, M. F ries le fit dans un ouvrage extrêmement remarquable, publié en 1821 sous le titre de Systema Mycologicum. Il présenta une nouvelle distribution du genre Agaricus, basée principa- lement sur la couleur des spores, ce qui lui permit d'établir six classes, savoir :

Coniomycètes, Champignons qui envahissent les végétaux vivaces : Epiphytes et Endophytes : genres JEcidium, Uredo, Puccinia, Ustilago ;

Hyphomycètes, Champignons qui se développent sur les substances en moisissure : les Mucorécs et les Mucédinées ;

Gasteromycètes, Champignons dont les organes de repro- duction sont renfermés dans des cavités sinueuses : Tubéracées, Lycoperdaeées, Clathracées, etc. ;

Pyrenomycètes, Champignons dont les corps reproducteurs se forment dans un nucléus : Sphêriacées ;

Discomycètes, Champignons dont les corps reproducteurs sont portés par une sorte de disque plan ou en coupe : Pezizées et Phacidiées (Hypoxilées) de de Candolle ;

Hymenomy cèles, Champignons à hyménium : Agaricinées, Polyporées, Auricularinées, Clavarinées et Trcmcllinées.

Son sous-genre Agaricus comprend à lui seul presque toutes les espèces d1 Agaricinées connues. Ces espèces sont réparties en plusieurs groupes ou sous-genres secondaires dans cinq sections, et d'après la coloration des spores, comme je l'ai fait remarquer plus haut. Toutefois, M. Fries ne devait pas s'en tenir là. Assez heureux pour consacrer une longue et laborieuse existence à l'étude des Cryptogames (cinquante-trois ans), dans un dernier volume qu'il vient de faire paraître (Hymenomycètes Europœi, sive Epicriseas systematis Mycologici editio altéra, Upsalœ, 1874), il divise les Agaricinées en vingt genres, et subdivise les Agaricus

14 DES CLASSIFICATIONS

en trente-cinq sous-genres, rassemblés en cinq sections d'après la coloration des spores.

Division du genre Agaricus, de FRIES

A. Leucospori (Sporis albis) : Amanita, Lepiota, Armilaria, Tricholoma, Clitocybe, Collybia, Mycena, Omphalia, Pleurotus ;

B. Hyporhodii (Sporis roseis) : Volvaria, Annularia, Pluteus, Entoloma, Clitopilus, Leptonia, Nolanea, Eccilia, Claudopus ;

C. Dermini (Sporis ochraceis) : Pholiota, Inocybe, Hebeloma Flammula, Naucaria, Pluteolus, Galera, Tubaria, Crepidotus;

D. Pratelli (Sporis atro-purpureis ) : Chilonia, Psalliota, Stropharia, Hypholoma, Psilocybe, Psalhyra ;

E. Coprinarii (Sporis atris) ; Panœcolus, Psathyrella.

Dans cette nouvelle classification, l'illustre Fries dégage de son ancien genre Agaricus, des groupes indépendants : Corti- narius, Hygrophorus, Gomphidius, Russula, Lactarius, etc., qu'il soustrait ainsi à la caractéristique primordiale de la colo- ration des spores. Il en résulte, je ne dirai pas de la confusion, mais un bouleversement général dans cette partie de la myco- logie.

Que vont faire les disciples du maître, ceux surtout qui aiment la clarté et la simplicité des méthodes et des dénominations? Je crois que les savants cryptogamistes, MM. Quelet, Boudier, Richon, Cornu, Roze, etc., constitueront une sorte de famille dont les sous-genres de Fries deviendront des genres principaux.

En réalité mon avis est, qu'il ne doit plus exister qu'un seul grand genre : les Agarics, dont le nom typique Agaricus n'a plus besoin d'être accouplé avec un nom générique de section, suivi d'un terme spécifique pour désigner une espèce connue en Europe. La classification de Léveillé, que j'expose plus loin, a l'avantage de grouper les genres dans un ordre systématique l'importance de tous les caractères différentiels sont pris en consi- dération. M. Bonorden, en 1864 (Abhandlungen aus dem Gebiete der Mykologie), admet douze ordres :

Coniornycètes ; Hyphomycètes ; Mucorini ; Mycélini, Tubercularini, Siilbini, Hymenularii, Isariei, Trichodermacei ; Tremellini ; Hymenomycètes ; Discomycètes ; Myxomy-

DES CLASSIFICATIONS 15

cètes ; Gasteromycètes ; 10° Cryptomycètes {Nemasporei et Pseadiei) ; 11° Sphœronemei, Asterinei, Thyrcomy cètes, Exci- pidini, Leptosporici, Podosporiacei, Sporocadei, Crijptotrichei, Sympixidei; 12° enfin les Pyrenomycès ou Sphœriacei com- mençant par les Erysiphei et finissant par les Tuberacei.

Dans la préface de son Handbuch der Physiologischen Botanik, 1866, M. de Bary, un mycologiste allemand des plus distingués, établit quatre ordres subdivisés en treize familles :

Physcomycètes ou Champignons algues, Saprolegnicés, Pcro- nosporées, Mucorinées; Hypodermès ou Champignons entho- phytes, Urédinées, /Ecidiées; Basidiomycètcs ou Champignons à basides, Tremellinés, Hymenomy cotes et Gasteromycètes ; Asco- rnycètes ou Champignons à thèques (Protomy cètes, Tubéracés, Omjijcnés, Pyrenomycètes et Discomycètes).

M. J. Berkeley, dans ses Outlines of a British Fungologie, suit à peu de chose près la classification de Fries. Après les Hyméno- mycètes, les \ Gasteromycètes, les Coniomycètes et les Hyphomycètes, il adopte un cinquième ordre sous le nom d' Ascomycètes {Asci- thecœ), Champignons à thèques, Thécasporées, répondant à la division des Endosporées de M. Tulasne, et dans lequel il comprend les Helvcllacées, les Tubéracées, les Phacidiées, les Sphériacées, les Perisporiacées et les Onygénécs, plus un sixième ordre, les Physcomycètes pour les Antennariées et les Mucorinées.

M. Bertillon, dans le Dict. encyclopédique des Sciences médicales, a proposé des modifications sur divers genres. Un savant mycologue anglais , M. Worthington Smith, dans le Journal ofBotany, London 1871, eul l'heureuse idée de publier des tableaux synoptiques dans lesquels, en alliant naturellement les divers sous-genres du genre Agaricus de Fries, il se contente de les grouper d'après deux nouveaux caractères, mais il accepte lui, avec empressement, Y émancipation que lui a léguée son maître Fries, et sans se laisser arrêter par une autorité dont il ne connaît plus la voix, il pénètre partout ; à l'aide du microscope il cherche à reviser les sous genres, à les faire concorder avec la méthode naturelle.

Un autre ouvrage intéressant, c'est le volume intitulé : Les Champignons de la France, 1869, qu'a publié avant sa mort mon regretté ami M. Cordier, et dans lequel il a cherché, en fervent

H) DES CLASSIFICATIONS

disciple de Persoon, à subordonner le système de Fries à celui de son savant maître.

M. C. Cooke, savant botaniste bien connu, dans son livre sur les Champignons, Paris 1875, et surtout dans son Manuel des Champignons de la Grande-Bretagne, adopte et suit la classifi- cation de M. J. Berkeley. M. Ernest Roze, dans les séances des 11 février et 10 mars 1876, présenta à la Sociélé Botanique de France son essai d'une classification nouvelle des Agaricinées.

Mais toutes ces classifications sont artificielles et arbitraires. Il n'en est aucune, quelles que soient ses prétentions, qui mérite, quand on veut la prendre dans son ensemble, le titre de classifi- cation naturelle.

En cryptogamie, tout reste à faire. On ne connaît pas môme les fonctions du Champignon, on ignore à quoi servent les éléments qui les composent ; on discute fort sur les organes et sur leur importance, et bien peu pourraient dire ce qu'ils sont et à quoi ils concourent. Comme l'appât d'une gloire vaine a porté bien des cryptogamistes à démembrer des espèces et des genres pour leur imposer leur nom, on devra, ce me semble, réagir de toutes ses forces contre cette tendance, n'admettre des espèces qu'à bon escient et ne point faire des genres de complaisance. Il faudra se rappeler que la classification parfaite présente pour caractère essentiel, une disposition de tous les êtres par passage insensible, les groupements naturels, quelque petits qu'ils soient, contri- buant à simplifier et réunir : tel est le but.

Les descriptions devront être claires, précises, nettes, dégagées de ces termes barbares, dont on s'est plu à encombrer le langage du mycologiste, comme pour rebuter les commençants et les dégoûter de sa science dès les premiers pas.

DIVISION DES CHAMPIGNONS 17

CHAPITRE IV

DIVISION DES CHAMPIGNONS

Par J.-H. LÉVEILLÉ

Les Champignons se divisent en six classes :

Les Basidiosporés renferment les Champignons les plus connus. Leur réceptacle est très variable dans ses formes et sa structure. Les organes de la fructification, qui se composent de basides, sont situés sur sa face externe ou dans son parenchyme, et quelquefois dans des conceptacles particuliers ;

Les ThécasporéSj, très variables aussi dans leur structure, se reconnaissent aux utricules ou thèques, dans lesquelles les spores sont renfermées. Ces petits appareils peuvent être placés à l'extérieur ou dans l'intérieur du réceptacle ;

Les Clinosporés sont extrêmement nombreux et ordinai- rement volumineux, les spores se fixent sur un clinode, et le clinode est tantôt nu, tantôt renfermé dans l'intérieur d'un réceptacle le plus souvent corné ;

Les Cystisporés sont caractérisés par des réceptacles filamen- teux,, simples ou rameux, le plus souvent cloisonnés, terminés par des sporanges vésiculeux dans lesquels les spores sont enfermées ;

5" Les Trichosporés ont des réceptacles simples ou rameux, continus ou cloisonnés, recouverts en tout ou en partie de spores nues. Dans certains genres, elles sont fixées à l'extrémité des rameaux, et, dans d'autres, distribuées plus ou moins réguliè- rement sur un ou plusieurs points de leur surface ;

Les Arthrosporés se distinguent à la disposition des spores qui sont articulées ensemble et placées bout à bout, comme les grains d'un collier ou d'un chapelet. Le réceptacle qui les supporte est quelquefois si court que ces champignons semblent n'être formés que des spores.

Les trois premières classes se partagent en deux grandes sous- divisions, la première de chacune d'elles renferme tous les genres qui ont les spores à la surface du réceptacle, et la seconde ceux

2

18 DIVISION DES CHAMPIGNONS

qui les ont dans des conceptacles particuliers. Pour exprimer ces deux sous-divisions, et prenant la partie pour le tout, afin d'avoir des noms moins longs et plus doux à l'oreille, je distingue : les Basidiosporcs en Entobasides et Ectobasides ; les Thecasporés en Endothcques et Ectothèques ; les Clinosporés en Endocline et Ectoclmes. J'ai cru devoir appeler tribus et sections les divisions qui suivent ; elles comprennent l'énumé- ration des genres. Le nom de famille m'a paru trop élevé et trop bien défini en botanique pour le donner à ces petitsgroupes ; je conserve donc la famille des Champignons dans le même sens que A.-L. de Jussieu l'a établie.

Pour mettre les lecteurs en état de comprendre la valeur et la relation des différents groupes formés par Léveillé, j'ai tenu à la donner textuellement, afin que chacun par une lecture atten- tive pût bien se pénétrer de l'idée de l'auteur, car il est impossible de juger le classement sans avoir l'ensemble complet. Nous pouvons dire seulement que ses groupes semblent plus naturels et mieux liés entre eux que ceux des autres classifications.

DISTRIBUTION MÉTHODIQUE DES CHAMPIGNONS

DIVISION I. BASIDIOSPORÉS (1)

Réceptacle de forme variable. Spores supportées par des basides qui recouvrent sa surface, ou qui sont renfermés dans son intérieur.

Sous-division I. ECTOBASIDES. Basides recouvrant une partie seulement ou la totalité du réceptacle.

Tribu I. Idiomycètes.

Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde, pédicule, sessile ou résupiné, nu ou renfermé dans une volve; face basidiophore lisse ou garnie de lames, de veines, de pores ou d'aiguillons.

(1) Extrait du Dictionnaire universel d'Histoire naturelle, par M. C. d'Orbigny, tome 8, p. 486 et suivantes.

DIVISION DES CHAMPIGNONS 19

Section I. Agaricinés.

Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situés sur des lames.

A. Lames disposées en rayons ou en éventail.

Genres : Amanita, Lam.; Agaricus, L.; Lentinus, Fr.; Montacjnites, Fr.; Plerophyllits, Lév.; Héliomyces, Lév.; Panus, Fr.; Xcrotus, Fr.; Trogia, Fr.; Schizophyllum, Fr.; Cantharellus, Adans.; Lenzi/rs, Fr.

B. Lames concentriques. Genre : Cyclomyces, Klotzsch.

Section IL Phlébophorés.

Réceptacle charnu ou trémelloïde, membraneux ou épais, sessile ou pédicule; face basidiophore parcourue par des plis ou par des veines irrégulières, simples, dichotomes.

Genres : Phlebophora, Lév.; Phlebia, Fr.; Xylomyzon, Pers.

Section III. Polyporés.

Réceptacle charnu, coriace, subéreux, épais, membraneux, sessile, pédicule ou résupiné, nu ou renfermé dans une volve. Pores lamelleux, anastomosés, parallèles, anfractueux, alvéolés, discrets ou réunis, dans lesquels sont renfermés des basides tétraspores avec ou sans cystides.

A. Réceptacle charnu. Pores parallèles, distincts, séparables, tubuleux. Genres : Boletus, Fistulina, Bull.

B. Réceptacle charnu. Pores anfractueux inséparables. Genres : Secotium, Kze.; Polyplocium, Berk.

G. Réceptacle coriace, subéreux. Pores allongés, formés par des lames sinueuses anastomosées. Genres : Hymenogramme, Mntg et Berk.; Dwdulea, Pers.

D. Réceptacle coriace, subéreux. Pores parallèles, tubuleux, insépa- rables.

Genres : Polyporua, Trame/es, Glœoporus, Mntg.

E. Réceptacle coriace. Pores parallèles, inséparables, grands, anguleux, alvéoles.

Genres : Junguhnia, Cord.; Favolus, P. B.; Hexagona, Fr.

Section IV. Hydnés.

Réceptacle charnu ou coriace, épais ou membraneux, pédicule, sessile ou résupiné. Basides situés sur des aiguillons ou des papilles fortement prononcées.

Genres : Bydnum, L.; Hericium, Pers.; Irpex, Fr. ; Radulum, Fr. ; Sistotrema, Pers.; Grandinia, Fr.; Odontia, Fr. = Cymatoderma, Jnghn. Kneiffia, Fr.

Section V. Théléphorés.

Réceptacle coriace, subéreux ou charnu, pédicule, sessile ou résupiné.

20 DIVISION DES CHAMPIGNONS

Face fertile, lisse ou recouverte de petites soies, ou de petites cupules membraneuses.

Genres : Craterellus, Fr.; Thelephora, Ehrbg.; Leptochœte, Lév. = Hymmo- chœle, Lév.; Coniophora, DC; Hypochms, Ehrbg.; Cladoderris, Pers.; Cora, Fr.; Cyphella, Fr.

Section VI. Clavafjés.

Réceptacle charnu, rarement coriace, rarneux ou en forme de massue, recouvert de basides sur toute sa périphérie.

Genres : Sparassis, Fr.; Gomphus, Pers.; Clavaria, L.; Lachnocladium, Lév. = Eriocladus, Lév.; Calocera, Fr.; Merisma, Pers.; Crinula, Fr.; Pterula, Fr.; Pistillaria, Fr.; Typhula, Fr.

Section VIL Trémellés.

Réceptacle gélatineux, sessile, rarement pédicule. Surface fertile, humide, glabre, unie ou plissée, couverte de basides monospores.

Genres : Tremella, L.; Nœmatelia, Fr.; Myxacium, Wallr.; Dacrymyees, Nées; Exidia, Fr.; Guepinia, Fr.; Tremiscus, Pers.; Laschia, Fr.; Lemalis, Fr.?; Hirneola, Fr."?; Phyllopta, Fr.; Pyrenium, Tode?

Tribu IL Asérosmés.

Réceptacle pédicule, renfermé dans une volve, campanule, arrondi ou divisé en étoile, alvéolé ou sinueux. Surface fertile recouvrant toute la surface du réceptable ou située à la partie interne et à la base de ses divisions, se réduisant en un liquide fétide. Pédicule simple, lacuneux ou divisé en différentes parties qui s'anastomosent et forment un treillage à mailles plus ou moins grandes.

Section I. Phalloïdes.

Réceptacle campaniforme, libre ou adhérent, alvéolé ou lisse. Basides situés à la périphérie. Pédicule simple lacuneux, nu ou garni d'un réseau.

Genres : Dictyophora, Desv.; Sophronia, Pers.?; Phallus, Mich.; Cyno- phallus, Fr.; Simblum, Klolzsch; Fœtidaria, Mntg.?

Section IL Clathracés.

Réceptacle globuleux, muni d'une volve et placé au centre d'un pédi- cule divisé et anastomosé en forme de treillage.

Genres : Clathrus, L.; Ilcodictyon, Tul.; Coleus, Cav. et Sech.; Laternea, Turp.; Aserophallus, Mntg.?

Section III. Lysurés.

Réceptacle pédicule, charnu, enfermé dans une volve, divisé en lanières du sommet à la base. Surface fertile située en dedans et à la base des divisions.

Genres : Lysurus, Fr.; Aseroë, Labill.; Calathiseus, Mntg.; Staurophallus, Mntg.?

DIVISION DES CHAMPIGNONS 21

Sous-division II. ENTOBASIDES.

Basides situés dans le parenchyme même du réceptacle, ou dans des sporanges particuliers qui y sont renfermés.

Tribu I. Coniogastres.

Réceptacle globuleux, ovale ou allongé, membraneux, charnu, papy- racé, nu ou enfermé dans une volve, sessile ou supporté par un pédicule qui le traverse quelquefois en tout ou en partie sous forme d'axe. Paren- chyme spongieux, compacte ou mou, se réduisant en poussière et en filaments. Basides tétraspores, discrets, tapissant les vacuoles ou pressés les uns contre les autres.

Section I. Podaxinés.

Réceptacle rond, ovale ou allongé, charnu ou mou, nu, traversé en tout ou en partie par un axe central.

Genres : Podaxon, Desv.; Cauloglossum, Grev.; Hyperrhiza, Bosc; Cycloderma, Klotzsch; Stetnonitis, Pers.; Diachra, Fr.

Section II. Battarrés.

Réceptacle presque globuleux, enfermé dans une volve se réduisant en spores et en filaments à sa partie supérieure. Pédicule long et fibreux. Genre : Battarrea, Pers.

Section III. Tylostomés.

Réceptacle globuleux, déprimé en dessous, papyracé, enveloppe dans une volve fugace, s'ouvrant par un pore régulier, cartilagineux ou se déchirant irrégulièrement. Pédicule allongé, fibreux, plein ou fistuleux.

Genres : Tylostoma, Pers.; Schizostoma, Ehrbg.; Calostoma, Pers.?; Vitremyces, Nées?; Riella, Rafin.; Suspicante, Schweinitz?

Section IV. Géastrés. Réceptacle arrondi, membraneux, sessile ou pédicule, s'ouvrant à sa partie supérieure ou sur plusieurs points de sa surface, renfermé dans une volve persistante, coriace, hygrométrique, qui se rompt du sommet à l.i base sous forme d'étoile.

Genres : Myriostoma, Desv.; Pkcostoma, Desv.; Geas/er, Mich.; Disciseda, Czern.; Actinodermum, Nées? Diploderma, Lk.

Section V. Brooméié.s. Réceptacles globuleux, sessiles, s'ouvrant irrégulièrement à la partie supérieure, et plongés en partie dans une base commune. Genre : Brooméia, Berk.

Section VI. Lycoperdés. Réceptacle presque globuleux, recouvert d'un cortex verruqueux plus ou moins fugace s'ouvrant à sa partie supérieure, sessile ou supporté par

22 DIVISION DES CHAMPIGNONS

un pédicule celluleux en dedans et persistant. Spores sessiles ou pédi- cellées, glabres ou hérissées. Genres : Lycoperdon, Mien.; Bovista, Pers.; Lycogala, Pers.

Section VII. IIippoperdés.

Réceptacle charnu, recouvert d'un cortex fugace. Parenchyme celluleux et persistant, ne se réduisant pas en filaments. Spores rondes, sessiles, glabres ou hérissées.

Genre : Hippoperdon, Mntg.

Section VIII. Phellorinés.

Réceptacle arrondi, ovale, coriace, subéreux, persistant, s'ouvrant en lanières irrégulières à sa partie supérieure. Genres : Phellorina, Berk.; Mycenastrum, Desv.; Endoneuron, Czern.

Section IX. Polysaccés.

Réceptacle arrondi ou ovale, sessile ou pédicule, membraneux ou coriace, puis fragile, s'ouvrant irrégulièrement, divisé à l'intérieur en plusieurs loges qui renferment des conceptables particuliers arrondis ou difformes.

Genres : Polysaccum, DC; Scoleiocarpus, Berk.

Section X. SCLÉRODERMÉS.

Réceptacle presque globuleux, sessile ou pédicule, coriace, indéhiscent, ou se brisant au sommet. Parenchyme compacte, enfin pulvérulent. Basides pressés les uns contre les autres.

Genres : Scleroderma, Pers.; Goupilla, Mér. ?

Section XI. Triciiodekmés.

Réceptacle arrondi ou en forme de coussin, sessile ou pédicule, partie supérieure filamenteuse et disparaissant spontanément pour donner issue aux spores.

Genres : Trichocoma, Jnghn.; Pilacre, Fr.; Trichoderma, Pers., Ostraco- derma, Fr.; Institalc, Fr.; Hyphelia, Fr.?

Section XII. Réticulariés.

Réceptacle arrondi ou en forme do coussin, d'abord mou, diftluent, puis pulvérulent.

Genres : Reticularia, Bull.; JEthalium, Lk.; Lignidium, Lk.; Diphtherium, Ehrbg.; Enteridium, Ehrbg.; Lachnobolus, Fr. ?; Ptycogaster, Gord.?

Section XIII. Spumariés.

Réceptacles nombreux, fixés à une membrane muqueuse commune, recouverte d'une enveloppe molle, diffluente comme de l'écume, et qui se réduit enfin en poussière.

Genres : Spumaria, Pers.; Pitlocarpium, Lk.?

DIVISION DES CHAMPIGNONS gg

Section XIV. Physarés.

Réceptacles de forme variable, sessiles ou pédicules. Parenchyme formé par un réseau solide, sans élasticité et naissant des parois du réceptacle.

Genres : Physarum, Pers.; Didymium, Schrad; Tricamphora, Jnghn; Cupularia, Lk.; Tripotrichia, Cord.; Craterium, Trentp.; Diderma, Pers.; Cionium, Lk.; Leocarpus, Lk.; Leangium, Lk.; Polyckysmium, Cord.; Angioridium, Griv.; Stegasma, Cord.; Cylichnium, Wallr.? Trichulius, Sehmid.:'

Section XV. Triciiiacés. Réceptacle ovale ou arrondi, sessile ou pédicule. Réseau élastique. Genres : Trichia, Hall.; Arcyria, Hall.; Cirrhotus, Mart.?

Section XVI. Cribrariés. Réceptacle globuleux, ovale, pédicule. Réseau solide, persistant, et dépourvu d'élasticité. Genres : Dictydium, Schrad.; Cribraria, Schrad.

Section XVII. Licés.

Réceptacle de forme variable, sessile. Parenchyme sans texture mani- feste, et ne présentant à l'époque de la dispersion des spores que peu ou point de filaments.

Genres: Perichxna, Fr.; Licm, Schrad.; Tubiilum, l'ers.; Vhclonilis, Ghev.; Tipularia, Chev.; Dichosporium, Nées?; Clissosporium, Fr. ?; Asterothecium, Wallr.?; Amphisporium, Lk.'?

Tribu I. Cyophorés.

Réceptacle sessile ou pédicule, subglobuleux ou urcéolé, floconneux, membraneux ou fibreux, renfermant dans son intérieur un ou plusieurs sporanges. Ouverture irrégulière, circulaire ou en lanières, nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges sphériques, ovales, sessiles ou attachés à un funicule, quelquefois lancés au loin avec élasticité.

Section I. Polygastrés.

Réceptacle arrondi, sessile, floconneux ou subéreux, s'ouvrant irrégu- lièrement. Sporanges nombreux et sessiles.

Heures : Polygaster, Fr.; Endogone, Lk.; Gemmularia, Rafin.?; Arachnion, Schweinz; Myriococcum, Fr.; Polyangium, Lk.; Ciliciocarpus, Cord.

Section IL Nidulariés.

Réceptacle arrondi ou urcéolé, coriace ; ouverture irrégulière ou orbi- culaire, nue ou munie d'un épiphragme. Sporanges superposés, le plus souvent lenticulaires, sessiles ou attachés à un funicule élastique.

Genres : Crucibulum, Tul.; Cyathtts, Pers.; Cyathea, Br.

Section III. Carpobolés. Réceptacle arrondi ou urcéolé, sessile; ouverture simple, orbiculaire

24 DIVISION DES CHAMPIGNONS

ou divisée en lanières. Sporange unique, sessile, ovale ou arrondi, lancé quelquefois avec élasticité.

Genres : Atractobolus, Tode; Thelebolus, Tode; Carpobolus, Mich.

Tribu III. Hystérangiés.

Réceptacle globuleux ou difforme, charnu, indéhiscent. Parenchyme compacte ou spongieux, homogène ou veiné. Basides libres ou pressés les uns contre les autres.

Genres: Gaut/iiera,Vilt.; Splanchnomyces, Gord.; Hymenangium, Klotzsçh.; Octaviana, Tull.; Melanogaster, Gord.; Hyperrhiza,, Bosc?; Hydmngium, Wallr.; Hysterangium, Vitt.; Bromicolla, Eichwald.?

DIVISION II. THÉGASPORÊS.

Réceptacle de forme variable. Spores renfermées dans des thèques avec ou sans paraphyses, situées h sa surface ou dans l'intérieur du réceptacle.

Sous-division I. ECTOTHÈQUES.

Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde, sessile ou pédicule, capi- tulé, membraneux et plié, en forme de massue ou de cupule, lisse, sinueux ou alvéolé.

Tribu I. Mitres.

Réceptacle charnu, allongé, en forme de langue, de massue, capitulé. membraneux, sinueux, alvéolé, ou plié.

Section I. Géoglossés.

Réceptacle charnu, pédicule, lisse, en forme de massue ou capitulé. Genres : Spathularia, Pers.; Geoylossum, Pers; Leotia, Pers.; Mitrula, Fr.; Heyderia, Fr.; Vibrissea, Fr.

Section II. Morchellés.

Réceptacle pédicule, charnu ou trémelloïde, sphérique, campanule ou conique, sinueux ou alvéolé.

Genres : Morchella, Pers.; Eromitra, Lév. = Miirophora, Lév.; Gyroce- phalus, Pers.; Verpa, Pers.

Section III. Helvellés. Réceptacle pédicule, membraneux, divisé en lobes plies et rabattus, libres ou adhérents au pédicule. Genre : Helvella, L.

Tribu II. Cyathydés.

Réceptacle sessile ou pédicule, charnu, coriace ou trémelloïde, en forme de cupule.

DIVISION DES CHAMPIGNONS 25

Section I. Gyttariés.

Réceptacle sessile ou pédicule, trémelloïde, présentant à sa périphérie un plus ou moins grand nombre de cellules dans lesquelles les thèques sont renfermées.

Genre : Cyttaria, Berk.

Section II. Pézizés.

Réceptacle charnu, rarement coriace, sessile ou pédicule, en forme de cupule plus ou moins profonde, ou de disque convexe.

Genres : Peziza, L.; Ascobolus, Pers.; Bulgaria, Fr.; Rhizina, Fr.; Patel- laria, Fr.; Helotium, Pers.

Section III. Agyriés.

Réceptacle charnu, sessile, convexe ou plat.

Genres : Agyrium, Fr., Cord.; Pyronema, Carus; Cryplomyces, Grev.; Propolis, Fr., Cord.; Xylographa, Fr."?; Sarea, Fr."?

Section IV. Génangiés.

Réceptacle sessile, rarement pédicule, coriace, déprimé ou concave; ouverture nue ou munie d'un voile membraneux fugace. Genres : Cénangium, Fr.; Tympanis, Tode; Dennea, Fr. ?

Section V. Stictés.

Réceptacle sessile, membraneux; ouverture entière ou divisée en lanières.

Genres : Stictis, Pers.; Cryptodiscus, Cord.; Godronia, Moug. et Lév.; Melittosporium, Cord.

Sous-division IL ENDOTHÈQUES.

Réceptacle sessile ou pédicule, charnu, coriace, subéreux ou charbon- neux, nu; conceptacles isolés ou réunis en plus ou moins grand nombre, sphériques, ovales ou déprimés, s'ouvrant en une ou plusieurs fentes, ou par un pore.

Tribu I. Rhegmostomés.

Conceptacles sessiles, cornés ; ouverture linéaire ou radiée.

Section I. Hystéries.

Conceptacles sessiles, cornés, saillants ou déprimés, orbiculaires, ovales ou linéaires; ouverture longitudinale, linéaire.

Genres : Glonium, Muhlenb.; Hystérium, Pers.; Hysterographium, Cord.; Lophium, Fr.; Aylographum, Libert; Dichœna, Fr.; Oslropa, Fr.; Sporomega, Cord.; Endotrkhiim, Cord.; Schizothecium, Cord.; Chcilaria, Libert; Rhy- tisma, Fr.

26 DIVISION DES CHAMPIGNONS

Section II. Cliostomés.

Conceptacles sessiles, cornés, déprimés, s'ouvrant en plusieurs fentes du centre à la circonférence. Genres : Phacidium, Fr.; Aclidium, Fr.; Cliostomum, Fr.; Pi/idium, Kz.

Tribu II. Stégillés.

Conceptacles sessiles, cornés, aplatis, la partie supérieure se détache en forme d'opercule ou d'écaillé, et met à découvert les thèques. Genres : Stegilla, Rchb.; Schizoderma, Ehrbg.

Tribu III. Sphériacés.

Conceptacles globuleux, ovales, aplatis, coriaces ou cornés, isolés ou réunis en grand nombre, libres ou supportés par un réceptacle 'allongé, pulviné ou étalé, charnu, subéreux, carbonacé ou composé de fibres rayonnantes, indéhiscent, ou s'ouvrant par un pore en forme de papille, ou situé à l'extrémité d'un col ou bec plus ou moins prononcé.

Genres : Hypocrea, Fr.; Hypoxylon, Bull.; Acrosphseria, Cord.; Acroscy- phus, Lév.; Thamnomyces, Ehrbg.; Chœnocarpus, Rebent.; Cordyceps, Mntg., Fr.; Bacillaria, Mntg.; Sphxria, L.; Podostrombium, Kz. = Hypolyssus Hontagnei, Berk.; Aposphwria, Berk.; Depazea, Fr.; Stigmea, Fr.; Sporotheca, Cord.; Dotidea, Fr.; Pyrenochium, Link.; Polystigma, Pers.; Saccothecium, Mntg.; Melanospora, Cord.; Splanchnonema, (lord.; Asterina, Lév.; Pisomyxa, Cord.?; Lembosia, Lév.; Meliola, Fr.?; Microthyrium, Desmaz.; Micropeltis, Mntg.; Pemphydium, Mntg.; Hypospila, Fr.?; Perisporium, Fr.

Tribu IV. Angiosarques.

Réceptacles charnus, arrondis ou tubéreux, sessiles, pédicules ou placés sur une base filamenteuse, le plus souvent indéhiscents; paren- chyme uniforme ou veiné; spores au nombre de six à huit, renfermées dans des thèques arrondies ou ovales, rarement cylindriques.

Section I. Tobéracés.

Réceptacle hypogé, arrondi, tubéreux, lisse ou verruqueux à sa surface ; spores lisses ou hérissées, renfermées dans des thèques arrondies, ovales •ou cylindriques.

Genres : Tuber, Mich.; Choiromyces, Tul.; Pachyphlseus, Tul.; Hydnobo- lites, Tul.; Delastria, Tul.; Sphxrosoma, Klotzsch; Elaphomyces, Nées; Bahamia, Vitt.; Genea, Vitt.; Picoa, Vitt.

Section IL Oxygénés.

Réceptacle sphérique ou en forme de capitule, charnu, compacte, indé- hiscent, supporté par un pédicule plein, charnu ; spores renfermées dans des thèques ovales ou arrondies.

Genres : Onygena, Pers.; Spadonia, Fr.?; Hypochxna, Fr.?

DIVISION DES CHAMPIGNONS 27

Section III. Érysiphés.

Réceptacle charnu, spliéiïque, le plus souvent indéhiscent, supporté par une base floconneuse superficielle ou cachée ; spores au nombre d'une à huit, renfermées dans des thèques arrondies ou ovoïdes.

Genres : Erysiphe, Iledw. fils; Lasiobotrys, Kze.

DIVISION III. CLINOSPORÉS.

Réceptacle de forme variable, recouvert par le clinode ou le renfermant dans son intérieur.

Sous-division I. ECTOCLINES. Clinode charnu recouvrant en tout ou en partie la surface du réceptacle

Tribu I. Sarcopsidés.

Réceptacle charnu, mou, en forme de capitule, de coussin, sessile ou pédicule.

Section I. TUBERCULARIÉS.

Réceptacle charnu, sessile ou pédicule; spores déliquescentes.

Genres : Tubercularia, Tode; Ditiola, Fr.; Ceratopodium, Gord.; Cilicipo- dium-, Gord.; Hymenula, Fr.; JEgerita, Pers.; Epicoccutn, Lk.; Conisporium, Gord.; Sphxrosporium, Sehweinz.; Chromostroma, Gord.; Crocisporium, Cord.; Fusarium, Lk.; Sphacelia, Lév.; Selenosporium, ('.uni.; Stromateria, Cord.; Seimatosporium, Gord.; Sphœrosporium, Schwnz.; Chrooslromu, Gord.; V.owu- laria, Cord.; Gymnosporiutn, Gord.'?; Chromosporium, Cord.?; Amphisporium. Lk."?; Echinobotryum, Cord.?; Coniothecium, Cord.1?; An status abortivu* variatum Sphœriarum? Blennoria, Fr. ?

Section II. Stilbés.

Réceptacle pédicule, terminé en tète, mou, déliquescent, enfin pulvé- rulent.

Genres : Hyalopus, Cord.; Stilbum, Tode; Graphium, Cord.; Melanostroma, Gord.; Gloiocladium, Cord.

Section III. Excipulés. Réceptacle membraneux, excipuliibrme, sessile ou pédicule; clinode convexe, déliquescent; spores continues, cloisonnées, avec ou sans appendices filiformes.

Genres : Excipula, Gord.; Dinemasporium, Lév.; Polynema, Lév.; Chœto- stroma, Cord.

Section IV. Mélanconiés.

Réceptacle charnu, plat, simple ou lobé, caché sous l'épidémie; spores continues ou cloisonnées, mélangées avec une matière gélatineuse, et sortant sous forme de masses, de fils ou de rubans.

Genres : Stegonosporium, Gord.; Asterosporium, Kze.; Didymosporium.

28 DIVISION DES CHAMPIGNONS

Nées; Stilbospora, Pers.; Cryptosporium, Kze.; Dictyosporium, Corel.; Fusi- coccum, Gord.; Nxmaspora, Pers.; Libertella, Desmaz.; Myxosporium, Lk.; Dicoccum, Gord.?; Fusoma, Cord.?; Aptenoum, Cord.?

Section V. Myrothécies. Réceptacle membraneux, sessile, superficiel, marge nue ou formée par des poils dressés.

Genres : Myrothecium, Tode; Psilonia, Fr.; Myrosporium, Cord.; Tricho- teconium, Cord.; Scolicotrichum, Kze."?; Aseimotrihum, Cord.?; Volutella, Tode?

Tribu II. Coniopsidés.

Réceptacle charnu, coriace, trémelloïde, pulviné, convexe, ou lingui- forme, d'abord caché, puis saillant; spores caduques pulvérulentes, sim- ples ou cloisonnées, sessiles ou pédiculées.

Section I. Urédinés.

Réceptacle charnu, en forme de coussin ou subulé ; spores rondes ou ovales, continues, sessiles ou pédiculées.

Genres : Uredo, Pers.; Cronartium, Fr.; Spilocea, Fr.?; Papularia, Fr.?; Phyllxdium, Fr.?; Physoderma?; Protomyces, Ung. ?

Section II. Ustilaginés.

Réceptacle filamenteux, fugace, caché; spores situées dans l'épaisseur des tissus qu'elles détruisent pour se répandre au dehors sous forme de poussière.

Genres : Poltjcystis, Lév.; Ustilago, Dittm.; Sporisorium, Ehrbg; Tcsticu- laria, Klotzsch.

Section III. Phragmidiés.

Réceptacle charnu, coriace ou trémelloïde ; spores pédicellées et cloi- sonnées.

Genres : Puccinia, Pers.; Rhopalidium, Motg. = Puccinia brassicx, Mntg.; Solenodonta, Castg. = Puccinia coronata, Cord.; Melampsora, Castg.; An status abortivus Puccinia1? Polythrincium, Kze; Phragmidium, Fr.; Xenodo- chus, Schlect.; Triphragmium, Lk.; Gymnosporangium, Lk.; Podisoma, Lk.; Coryneum, Nées; Spohdesmium, Lk.; Ceratosporium, Schweinz.; Clasteros- poriuni, Schweinz.; Hymenopodium, Cord.; Didymaria, Cord.; An Puccinia in statu juvenili? Entomyclium, Wallr. ? Bryomyces, Miq.; An germinal io muscorum ?

Sous-division IL ENDOCLINES.

Réceptacles coriaces ou cornés, sessiles ou pédicules, renfermant lu clinode et les spores dans leur intérieur.

Section I. Actinothyriés. Réceptacle sessile, adné, se séparant sous forme d'écaillé.

DIVISION DES CHAMPIGNONS 29

Genres : Actinothyrium, Kze.; Leptostrouia, Leptothyrium, Kze.; Parmu- laria, Lév.; Coniothyrium, Cord.; Lichenopsis, Sckweinz.

Section II. Labrellés.

Conceptacle corné, sessile, s'ouvrant par une fente longitudinale. Genres : Labrella, Fr.?; Endotrichum, Cord.; Phragmotrichum, Kze.; Strigula, Fr.?

Section III. Astéromés.

Gonceptacles hémisphériques, cornés, et s'ouvrant par un pore au sommet, supporté par un réceptacle composé de fibres solides, rayon- nantes et adnées.

Genres : Asleroma, DC, Libert; Ypsilonia, Lév.; Dendrina, Fr.

Section IV. Pestalozziés.

Conceptacle nu, hémisphérique, corné, s'ouvrant par un pore; spores cloisonnées, pourvues d'appendices filiformes.

Genres : Péstalozzia, Dntrs. = Robillarda, Castg.; Discosia, Libert; Dilo- phospora, Desmaz.; Neoltiospora, Desmaz.; Seiridium, Nées; Phhjctidium, Wallr., Dntrs.; Prosthemium, Kze.

Section V. Sphéronémés.

Conceptacle libre, rarement supporté par un réceptacle, globuleux, conique, cylindrique, aplati, corné ou membraneux; spores simples ou cloisonnées, sortant sous forme de tache du de globule.

Genres : Zythia, Fr.; Sphseronxma, Fr.; Herçospora, Fr.; Ascospora, Libert; Septoria, Fr.; Phoma, Fr.; Melasmia, Lév.; Ceuthospora, Grev.; Stigmella, Lév.; Sporocadus, Cord.; Couturea, Castg.; Cryptosporium, Kze.; Hender sonia, Berk.; Acrospermum, Tode; Micropera, Lév.; Cylispora, Fr.; Polyehœion, Pers.; Fumago cifri, Pers.

Section VI. Sphéropsidés.

Conceptacle corné, charbonneux, globuleux, ovale, hémisphérique, isolé ou supporté sur un réceptacle commun, uniloculaire, indéhiscent, ou s'ouvrant par un pore en forme de papille ou situé à l'extrémité d'un col plus ou moins allongé; spores continues ou cloisonnées.

Genres : Acrosphxria, Cord.? Phylacia, Lév.; Corynelia, Fr.? Sphseropsis, Lév.; Piptostomum, Lév.; Sphinctrina, Fr.; Scopinella, Lév. = Scopulina, Lév.; Diplodia, Fr.; Apiosporium, Kze.; Microtheàum, Cord.; Gibbera, Fr.; Spilobolus, Lk.; Coccobolus, Wallr.; Pyrenotrichum, Mntg.; Selerococum, Fr.; Chsetomium, Kze.; Myxotricfmm, Kze.; Angiopoma, Lév.; Vermicularia, Fr.; Schizothecium, Cord.; Apiosporium, Kze.; Dryophilum, Schweinz.; An iticu- nubulu insectorum ?

30 DIVISION DES CHAMPIGNONS

DIVISION IV. CYSTOSPORÉS.

Réceptacles floconneux, cloisonnés, simples ou rameux; spores conti- nues; renfermées dans un sporange terminal, membraneux, muni ou non d'une columelle centrale.

Tribu I. Columellés.

Sporange renfermant une columelle à l'intérieur, se déchirant irrégu- lièrement ou circulairement au-dessous.

Section I. Cratéromycés. Sporange vésiculeux, terminal ou latéral, ouvert à sa partie supérieure.

A. Sporange sans opercule. Genres : Calyssosporium, Gord.; Hemiseyphe, Cord.; Cratéromycés, Cord.; Didymocrater, Mart.; Zygosporium, Mntg.'?

B. Sporange opercule Genre : Diamphora, Mart.

Section II. Ascophorés.

Sporange vésiculeux, s'ouvrant irrégulièrement ou circulairement au-dessous.

Genres : Ascophora, Tode; Rhizopus, Ehrbg.; Mucor, Mich.; Sporodinia, Lk.; Cystopora, Rabenb.?

Tribu II. Saprophilés.

Sporanges terminaux ou latéraux, isolés ou conjugués, continus ou operculés, sans columelle à l'intérieur.

Section I. Mucorinés.

Sporange vésiculeux, sans columelle à l'intérieur, s'ouvrant au sommet.

Genres : Hydrophora, Tode; Melidium, Escbw.; Helicostyluin, Cord.; Thc- Iractis, Mart.; Acrostalagmus, Cord.; Azygites, Fr.; Cepha/euros, Kze.*?; Endodromia, Berk.?

Section II. Pilobolés.

Sporange vésiculeux, terminal, recouvert d'un opercule. Genres : Pilobolus, Tode; Pycnopodium?, Cord.; Chordostylum?, Tode; Caulogasler ?, Cord./

Section III. Syzygités?

Réceptacle floconneux; sporange résultant de la conjugaison des rameaux latéraux.

Genres : Syzygités, Ehrbg.; An alga aerea?

DIVISION DES CHAMPIGNONS 31

DIVISION V. TRICHOSPORÉS.

Flocons du réceptacle isolés ou réunis en un seul corps, simples ou rameux; spores extérieures fixées sur toute la surface ou sur quelques points seulement.

Sous-division I. ALEURINÉS.

H, ptacles isolés ou formés de plusieurs flocons réunis, allongés,

membraneux ou capitules; spores situées sur toute leur surface ou seule- ment à la partie supérieure.

Tribu 1. Isariés.

Réceptacle composé, solide, capitulé ou allongé. Genres : Maria, Pers.; Amphichorda, Fr.; Peribotryon, Fr.?; Tricli- nium, Fée?

Tribu II. Scoriadés.

Réceptacle membraneux, eupuliforme ou rameux, diffluent ou persis- tant, recouvert de spores. Genres : Ceratium, Ub. et Schweinz.; Dacrina, Fr.; Epiehysium, Tode?

Tribu III. Périconiés.

Réceptacle composé, plein ou cloisonné, subuliforme, termine en un capitule arrondi, ovale ou allongé, couvert de spores.

Genres : Periconia, Tode; Sporocybe, Fr.; Paehnocybe, Berk.; Cephalo- trichum, Lk.; Doratomyces, Gord., an genus distinctum?

Tribu IV. Sporotrichés.

Réceptacles floconneux, rameux, recouverts de spores sur toute leur surface.

Genres : Sporotrichum, Lk.; Fusidium, Lk.; Aleurisma, Lk.; Asterophora, Dittam; Mycogone, Pers.; Sepedonium, Lk.; Nemalogonium, Desinaz.; Colle- tosporium, Gord.; Acrothamnium, Nées'?; Plecotrichum, Gord.?; Mainomyces, Gord.; Chrysosporium, Gord.?; Chromosporium, Gord.?; Myxonema, Cord.?; Melanotrichum, Cord.?; Memnonium, Cord.?; Artotrogus, Mntg.?

Tribu V. Ménisporés.

Réceptacles floconneux, simples, cloisonnés, obtus ou aigus au som- met; spores nombreuses, simples ou cloisonnées, ovales, allongées, cour- bées ou anguleuses, terminales et verticillées.

Genres : Menispora, Pers.; Rhinotrichum, Cord.; CamptôUm, Lk.; Arthri- nium, Kze.; Gonatosporium, Lk.; Psilonia, Fr.?; Medusula, Tode?, Bala- iittiin, Wallr.; Spondycladium, Mark; Cœlosporium, Lk.; Ospriosporium, Cord.?; Trichostroma, Cord.?; Œdemium, Lk.

32 DIVISION DES CHAMPIGNONS

Sous-division IL PHYCOCLADÉS.

Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores simples ou cloison- nées, fixées sur une vésicule terminale, ou isolées à la pointe des rameaux.

Tribu I. Céphalosporés.

Réceptacles simples ou rameux; spores continues ou cloisonnées, fixées à la surface des vésicules.

A. Spores continues.

Genres : Phycomyces, Kze.; Acmosporium, Cord.; Cephalosporium, Cord.; Myriocephalum, Dntrs.; Rhopalomyces, Cord.; Cltorefopsis, Cord.; Haplotri- chum, Cord.; Haplaria, Lk.; Gonatobotrys , Cord.; Desmotrichum, Lév.; Chlonostachys, Cord.; Myotrichum, Kze.; Gonytrichum, Nées; Ramulia, Ung?; Actinocladium, Enrbg.?; Capillaria, Pers.?; Chionypha, Thien?; Schinzia, Nag.?; Naegeiia, Rabenb.?

B. Spores cloisonnées. Genres : Arthrobotrys, Cord.?; Strachybotrys, Cord.; Diplosporium, Lk.

Tribu IL Oxycladés.

Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores continues ou cloi- sonnées, fixées en plus ou moins grand nombre, ou solitaires à l'extré- mité des rameaux terminés en pointes.

Section I. Cladobotryés. Spores plus ou moins nombreuses à l'extrémité des rameaux.

A. Spores continues. Genres : Polyaclis, Lk.; Cladobotryum, Nées; Stachylidium, Cord.

B. Spores cloisonnées. Genres : Trichothecium, Lk.; Cephalothecium, Cord.; Dactylium, Nées; Mystrosporium, Cord.; Stachybotrys, Cord.

Section IL Botrytidés.

Réceptacles simples ou rameux, cloisonnés; spores simples ou cloison- nées, solitaires à l'extrémité des rameaux.

A. Sjwres continues. Genres : Botrytis, Lk.; Peronospora, Cord.; Verticillium, Nées; Acremo- nium, Lk.; Pterodinia, Cbev.; Streblocaulium, Chev.; Ampliiblistrum, Cord.; Geotrichum, Lk.?; Zygodcsmus, Cord.

B. Spores cloisonnées. Genres : Blastolrichum, Cord.; Brachycladium, Cord.; Triposporium , Cord.; Acrothecium, Cord.; Anodotrichum, Cord.

DIVISION DES CHAMPIGNONS 33

Sous-division III. SCLÉROCHÉTÉS.

Réceptacles pleins ou cloisonnés, formés d'un seul rang de cellules ou de plusieurs réunis ensemble, simples ou rameux ; spores isolées répan- dues çà et là, ou réunies en plus ou moins grand nombre à la base ou au sommet.

Tribu I. Hélicosporés.

Spores filiformes, cloisonnées, tournées en hélice, fixées sur toute la surface des réceptacles. Genres : Helicotrichum, Nées; Helicoma, Cord.

Tribu II. Gyrocérés.

Réceptacles composés, simples ou rameux; rameaux stériles plus ou moins courbés; spores fixées en grand nombre autour de la base.

Genres : Gyrothrix, Cord.; Gyrocerus, Cord.; Chœtopsis, Grev.; Slrepto- thrix, Cord.; Ceratocladium, Cord.; Circinotrichum, Nées.

Tribu III. Helminthosporés.

Réceptacles solides ou cloisonnés, simples ou rameux; spores cloison- nées, solitaires, fixées à l'extrémité des rameaux ou sur différents points.

Genres : Helminthosporium, Lk.; Podosporium, Schweinz.; Soredospora, Cord.; Azosma, Cord.; Mitrosporium, Cord.; Macrosporium, Fr.; Coccosporium, Cord.; Midonotrickum, Cord.; Septosporium, Cord.; Stemphylium, Cord.; Triposporium, Cord.; Trichxgum, Cord.; Macroon, Cord.; Amphitrichum, Nées"?; Midonosporium, Cord.?

DIVISION VI. ARTHROSPORÉS.

Réceptacles filamenteux, simples ou rameux, cloisonnés ou presque nuls; spores disposées en chapelet, terminales, persistantes ou caduques.

Sous-division I. PHRAGMONÉMÉS. Réceptacles rameux; spores ou articles persistants.

Tribu I. Antennariés.

Réceptacles rameux, étalés, rarement dressés, cloisonnés et atténués

de la base au sommet, articles persistants; spores

Genre : Antennaria, Lk.

Tribu IL Alternariés.

Réceptacles simples, dressés; spores continues ou cloisonnées, sépa- rées par un étranglement bien marqué. Genres : AKeniaria, Nées; Phragmotrichum, Kze.

3

34 DIVISION DES CHAMPIGNONS

Sous-division II. HORMISCINÉS.

Réceptacle formé d'un seul rang de cellules ou de plusieurs réunies ensemble, solide ou cloisonné, simple ou rameux, capitulé ou allongé; spores caduques, continues ou cloisonnées, terminales ou fixées au capitule.

Tribu I. Corémiés.

Réceptacle plein, renflé à son extrémité supérieure en forme de capi- tule ou de massue. Genres : Coremium, Lk.; Stysanus, Gord.

Tribu IL Aspergillés.

Réceptacle floconneux, simple ou rameux; spores fixées sur une vési- cule arrondie ou ovale terminale. Genres : Aspergillus, Mich.; Monilia, Hill.; Pénicillium, Lk.

Tribu III. Oidiés.

Réceptacles simples ou rameux, floconneux; spores terminales, faisant suite aux rameaux ou verticillées.

A. Spores à l'extrémité des rameaux. Genres : Oidium, Lk.; Rhodocephalus, Cord.; Demalium, Pers.; Cladospo- rium, Lk.; Chloridium, Lk.?

B. Spores disposées en verticilles. Genres : Sporodon, Cord.; Gonatorrhodon, Cord.

Tribu IV. Septonémés.

Réceptacles floconneux, simples ou rameux ; spores cloisonnées. Genres : Dendryphium, Cord.; Solenosporium, Cord.; Cladolrichum, Cord.; Trimmatospora, Cord.; Sepioncma, Cord.; Bispora, Cord.

Tribu V. Torulacés.

Réceptacle floconneux, nul ou presque nul ; spores continues.

Genres : Torula, Pers.; Telracolium, Kze.; Cylindrosporium, Grév.; Sporendonema, Desmaz.; Speirea, Cord.; Gongylocladium, Wallr.?; Helico- myces, Lk.

Doué d'une intelligence supérieure et d'un esprit juste, Léveillé n'oublia point la marche suivie avant lui pour arriver à grouper les Champignons ; il remarqua que ces groupes avaient été classés

DIVISION DES CHAMPIGNONS 35

d'après leurs formes extérieures, et comprit tout de suite que les nouvelles divisions, les sous-divisions, les tribus, les sections et les genres doivent être faites d'après l'organisation microscopique des espèces. Il résolut donc de les étudier tous, dans tous les genres, dans toutes les espèces. C'était. un travail gigantesque, mais il sentait qu'il lui deviendrait facile ensuite d'établir les affinités de ces cryptogames en comptant le nombre des caractères semblables et en jugeant leur valeur ; Léveillé se mit donc à l'œuvre, résolument; après plus cle vingt années d'un labeur assidu, il publia sa Méthode, qui fut adoptée par le docteur Mougeot, dans rémunération des Champignons des Vosges (1).

M. Ad. de Jussieu la suivit dans son Cours élémentaire de bota- nique, page 412, chapitre 545 ; Payer, professeur de botanique à la Faculté des sciences, l'accepta dans sa Botanique cryptogai ni- que, 1850.

Les découvertes récentes qui permettent d'établir chez une même espèce de Champignons la faculté de développer dans le cours de son existence plusieurs systèmes de reproduction, nous font encore prévoir la possibilité de séries nouvelles. En effet, chez les Clinosporés, les Champignons varient, l'espèce n'est pas fixe, et cette variété fixée d'une manière durable, constituera une nouvelle série d'êtres avec des caractères anatomiques et physio- logiques qui la différencieront de l'espèce mère. Dans quelques tribus de la division des Clinosporés, l'espèce première se trouvera donc démembrée et divisée ; mais il reste à les étudier espèce par espèce et à les classer; aujourd'hui on ne saurait présumer, même approximativement, ce que pourra être un jour le nombre des genres, qui deviendra certainement considérable et dont par suite le classement sera excessivement laborieux.

(1) Statistique du département des Vosges, partie botanique.

36 GERMINATION DES SPORES

CHAPITRE V

GERMINATION DES SPORES

Les organes reproducteurs des Champignons ont reçu le nom collectif de spores. Ce sont des cellules simples, formées généra- lement de deux enveloppes et d'un contenu proloplasmique ; elles sont le résultat d'une production cellulaire ou d'une reproduction sexuelle. Lorsque la spore porte des appendices locomobiles, on la désigne sous le nom de zoospore; si elle en est dépourvue, elle garde sa qualification de spore. On trouve aussi, chez les Cham- pignons, d'autres cellules reproductrices, avec ou sans appendices locomobiles, qui se montrent analogues aux précédentes mais sont le résultat d'une reproduction sexuelle, et ont reçu souvent des noms particuliers rappelant leur origine

Enfin, il existe encore dans un grand nombre de Champignons plusieurs sortes de petits corps susceptibles de germination, ainsi que d'autres dont le rôle n'est pas suffisamment connu ; tous se montrent indépendamment d'une génération sexuelle, qui, si elle existe, n'a pu du moins être constatée. Ceci posé, étudions la germination des spores dans les Champignons à chapeau.

En beaucoup d'espèces, il n'y a pas de dificulté à étudier la germination des spores, tandis que chez d'autres le succès est fort incertain. Toutefois, la germination s'effectue sous l'influence des mêmes agents qui agissent sur les graines; l'eau, l'oxygène et la chaleur. On obtient quelquefois la germination de spores sous l'eau. Les températures extrêmes entre lesquelles peut se produire la germination varient suivant l'espèce ; elles sont en général comprises entre six et quarante degrés. M. HofFiMann s'est livré à de nombreuses expériences portant sur quarante-huit espèces, et il en a consigné les résultats dans le Pringshcim Jahrbuch. de 1860, page 267. M. de Seynes, qui a fait des Basidiosporés un objet spécial d'études, ne donne aucun renseignement sur la ger- mination et l'accroissement de la spore.

Jusqu'ici on ne sait presque rien de positif ; la plus grande spore de Champignon est microscopique, la plus petite est à peine

GERMINATION DES SPORES 37

visible avec un grossissement de trois cents diamètres , la planche II, fig. V, sp., représente les spores de l'Agaric mouche, Amanita musearia grossies de six cents diamètres. La forme de la spore toujours sphérique dans le principe, persiste ainsi tant que la spore est attachée auxbasides. Dans les Amanites, les Lépiotes, les spores sont ovoïdes, plus ou moins allongées ou atténuées à partir du hile, qui se distingue par sa transparence. D'autres fois les spores affectent l'aspect fusiforme, avec des extrémités ou régulièrement atténuées comme dans l'Agaric couleuvre , Agaricus procerus, planche VII, fig. 21, ou obtuses, comme dans l'Agaric nu, Agaricus nudus, planche XII, flg. 43. Elles sont assez irrégulières, réniformes ou comprimées dans l'Agaric coni- que, Ag. conieus, planche XXXIV, fig. 178. Tous les Coprins ont les spores ovales-ovoïcles, plus ou moins allongées ou atténuées à partir du hile, planche XL, fig. 209. L'exospore est quelquefois rugueux, parsemé de verrues plus ou moins proéminentes, ainsi qu'on peut le voir dans les Russules, planche XLVI, fig. 244, ou dans les Lactaires, planche XLIII, fig. 230. Chez l'Agaric nain, Ag. nanus, il y a un commencement de forme polygonale, planche XXVII, fig. 143, mais les angles sont fort arrondis, et c'est dans l'Agaric satiné, Ag. sericeus, planche XXVIII, fig. 151. L'Agaric velu, Ag. ephebeus, planche XXXIV, fig, 181, que la forme polygonale devient le plus distincte.

Les spores des Champignons sont des cellules qui diffèrent des cellules végétatives, comme nous venons de le voir, par leur forme, leur dimension, leur couleur, la structure de leur mem- brane d'enveloppe et leur mode d'accroissement. Les trois spores les mieux déterminées sont les plus rares, la zoospore, cellule d'origine agame ou masse de protoplasma nu se mouvant avec des cils vibratiles, après avoir pris naissance à l'intérieur d'une cellule mère nommée sporange; ïoospore , née aussi à l'intérieur d'une cellule mère nommée oogone et se développant à la suite d'une fécondalion ; la zijgospore résultant de la conju- gaison de deux cellules qui vont au-devant l'une de l'autre, puis s'accolent par leur sommet, et dont le protoplasma se confond en une seule masse après la résorption de la double paroi mitoyenne. Ordinairement simple, la spore se cloisonne chez certaines espèces et paraît multiple.

38 GERMINATION DES SPORES

Le protoplasma qui la remplit est tantôt finement granuleux, tantôt condensé en une masse très réfringente, homogène ; parfois il présente une, deux ou plusieurs gouttelettes huileuses isolées, à forme de nucléoles, qui doivent clans les premiers temps de la germination servir d'aliment aux jeunes filaments mycéliens. Les enveloppes des spores varient en épaisseur, et le plus souvent il y en a deux; l'endospore intérieurement, l'épispore extérieurement.

Celle-ci, presque toujours colorée et dont les nuances sont aussi variables que la forme, offre les teintes les plus sombres ou les plus délicates; rose, isabelle, jaune, violet, gris cendré, chamois, orangé, olive, cannelle, rouge brique, rouge brun, noir sépia, etc. L'examen de ces colorations constatées sous le champ du microscope par la transparence dans une goutte de glycérine, prouve que la membrane extérieure ne peut pas être modifiée par l'huile, assez souvent colorée, qui s'incorporerait au protoplasma, comme on le prétend sans se rendre compte des teintes vraies de la membrane et du nucléus.

La coloration des spores est un fait physiologiquemenl inté- ressant, et sur lequel repose la division du genre Agaricus du professeur Pries ; mais elle n'est point permanente.

Dans les Agarics à feuillets blancs, les spores sont blan- ches, et chez tous les individus, dans les Agarics à feuillets colorés, la membrane externe de la spore prendra la môme colo- ration que les feuillets; la couleur du chapeau peut subir des variations comme les plantes phanérogames. Il n'est pas néces- saire de signaler ici en détail toutes les modifications que subissent la forme et la couleur des spores chez les différents groupes. Le fait est indiqué en particulier pour chaque espèce.

Quand un Agaric ou un Bolet est mûr, si Ton coupe la tige au niveau des feuillets tournés en bas, sur une feuille de papier noir, et qu'on le laisse pendant quelques heures dans cette position, on trouvera, imprimée sur le papier, l'image du chapeau, avec ses feuillets rayonnants ; c'est que les spores se sont répandues de l'hyménium sur le papier, et en grand nombre. Cette petite expé- rience montre la facilité avec laquelle les spores se disséminent.

Les tubes des Bolets, les pores des Polysporées, les épines des Hydnées, sont des modifications de l'hyménium produisant un résultat semblable.

GERMINATION DES SPORES 39

Pour déterminer les spores ou semences de Champignons qui germent sous nos yeux, il faut les placer dans des conditions convenables de chaleur, d'humidité, et sous une température toujours constante de 15 à 25 degrés, selon les espèces. Ces germi- nations artificielles qu'on peut suivre pas à pas sous le champ du microscope se produisent dans des cupules de verre imaginées par le professeur Van-Thieghem.

J'ai reconnu que le purin obtenu en faisant bouillir pendant cinq minutes trente grammes de crottin de cheval dans cent grammes d'eau distillée, puis filtrant le liquide chaud au travers du papier Joseph pour avoir trente grammes de liqueur, donne des résultats satisfaisants ; mais avant d'en faire usage, on le soumet à l'ébullition afin de détruire les bactéries qui existent toujours et détruiraient les germinations. J'ai semé plusieurs fois avec une goutte de ce liquide, sur le disque de verre mince 2, qui doit être fixé sur la cupule, trois spores d'Agaric champêtre, trois ou quatre d'Agaric sauvage, trois d'Agaric des champs, deux d'Agaric comestible. Tout d'abord, le contenu de ces spores semblait formé de deux parties distinctes, il y avait une grosse goutte d'huile chamois, de la môme forme que les spores, et l'espace compris entre elles et la paroi de l'endospore était occupé par un liquide clair plus fluide et moins réfringent, sans être incolore. Dix heures après, à mesure que la membrane absorbait la liqueur environnante, ceLte quantité de liquide augmentait; au bout de vingt heures, tout le contenu de sept spores, qui jusque-là était resté partagé en deux parties, présentait un aspect homogène ; il n'y avait que des granulations nombreuses, presque de même taille, le remplissant complètement, et atteignant la paroi de l'endos- pore ; la fig. 408, 409, de la planche LXXV, rend compte du développement. Après trente-cinq heures, et sous une tempéra- ture constante de vingt-deux degrés, les sept spores s'accroissent rapidement, devenant parfois irrégulières, et le volume se double, planche LXXV, fig. 410. Dix heures plus tard, se montre à la surface, généralement à un des sommets de l'ellipse, une petite proéminence avec une membrane extrêmement fine, qui ne paraît pas se séparer de l'enveloppe sporale ; il est difficile de dire si c'est un prolongement de Yexospore passant au travers de Yendo- spore, ou simplement un appendice formé par une continuation de Yendospore.

40 GERMINATION DES SPORES

Quelquefois on aperçoit, au point le premier filament mycélien sort de la spore, une marque circulaire semblant indiquer la rupture de l'exospore. Dès lors, un autre changement survient dans le contenu ; le protoplasma qui paraissait huileux, réfringent et liquide, intervertissant les situations, occupe main- tenant la position extérieure, avec quelques parcelles au centre ; les autres spores restent immobiles, ne changent ni de forme, ni de couleur ; elles seront stériles, car celles qui doivent germer commencent à le faire rapidement. Petit à petit, le mycélium ou blanc de champignons forme adroite et à gauche des ramifications ayant môme diamètre que le filament principal.

Il se produit alors une germination dont certaines branches s'étendent les unes à la surface du disque de verre, les autres dans le vide de la cupule. Souvent plusieurs d'entre elles chemi- nent côte à côte, et s'unissent en forme d'écheloir par des anastomoses transverses. Il y a des spores qui, en ne germant que d'un côté, produisent une seule branche de mycélium, quelquefois double ; c'est-à-dire que deux rameaux issus de deux points voisins ou séparés de la même spore se sont anastomosés; ceci est le cas le plus rare.

On observe encore que la germination peut être multiple, formée de plusieurs branches de mycélium douées d'un accroissement commun ; dans ce cas, la branche mère du mycélium émet près de sa base un rameau grêle possédant la même vigueur. Elle se compose alors de deux rameaux n'ayant ni l'un ni l'autre la forme de chaînette et ne se détachant point. Tous ces filaments sont légè- rement colorés, principalement ceux qui proviennent des spores à colorations diverses et d'un purin choisi.

Si, après avoir expliqué comment les spores germent et de quelle manière elles donnent naissance au mycélium, je pousse plus loin mes observations, on assistera à ses différentes ramifi- cations, à ses anastomoses, qui finissent par former un tissu plus ou moins épais, planche LXXV, fig. 411.

Le mycélium est la partie la plus active, la plus vivante du Champignon ; il possède une existence à lui. Sur ses filaments repose la récolte à venir; il est la souche et le tronc du Cham- pignon (fig. 411, m.), qui petit à petit va atteindre son complet développement, pour servir à l'alimentation. Les Bolets,

GERMINATION DES SPORES -il

les Hydnes, les Clavaires, demandent encore à être soumis à des expériences persévérantes et à des études attentives quant à leur mode de germination, et plus spécialement quant aux conditions essentielles à la production d'un mycélium fertile.

Dans les prairies, dans les bois, ces cryptogames étant mangés par des insectes tels que les limaces, les syphildes, etc., les spores subissent dans ces estomacs une incubation, et, les insectes une fois morts, ces spores en voie de germination se trouvent dissé- minées çà et là. Partant de ce principe, j'ai nourri plusieurs lapins pendant quelques jours avec des chapeaux de Bolets, d'Hydnes, de Clavaires, etc., ce qui m'a conduit à des observations que je publierai un jour.

M. Tulasne a décrit la germination de la spore clans le Tremella violacea (Ami. des Se. Nat., 3e série XIX, p. 193), et a suivi égale- ment la germination des pseudospores des /Ecidium violœ, euphorbiœ , ranunculacerum , et les pseudospores de celui-ci émettent trois longs filaments qui décrivent des spirales imitant les circonvolutions de la tige du liseron. M. Cornu, dans ses expériences sur les pseudospores du Podisoma juniperi a obtenu la germination d'un assez grand nombre d'entre elles ; ses communications à la Société Botanique de France ne laissent aucun doute à cet égard.

Dans le Peridermium, les pseudospores plongées dans l'eau germent à n'importe quel point de leur surface. Il en paraît être presque de même chez les Urèdinées.

Les pseudospores et les spores d'un assez grand nombre de Pezizes et d'autres espèces appartenant à différents groupes, ne donnent pas directement naissance au mycélium. Si l'on met, dans des conditions propres à leur germination, d'autres sortes de Champignons Thécasporés, on voit bientôt apparaître une petite éminence qui s'allonge légèrement, se gonfle à son extrémité. Le gonflement s'accroît, devient réni forme comme la spore, dont cette nouvelle cellule reproduit la structure tout en restant plus petite. Une cloison la sépare du filament qui la soutient, mais auparavant le protoplasma qui remplissait la spore s'est porté en entier dans la spore secondaire ou sporiclie ainsi formée qui ne tarde pas à se détacher de la spore mère. La sporiclie est quelquefois beaucoup plus petite que la spore d'où elle provient, et ressemble à une spermatie.

42 GERMINATION DES SPORES

La germination des Ustilaginées s'est enrichie grâce aux travaux du docteur Ficher de Waldheim ( Pringsheim Jarhbucher , vol. VII, 1869), de nouvelles connaissances sur les Pseudospores de Tilletia caries avec les spores secondaires accouplées. Au bout de quelques jours, on voit un petite tube obtus passer à travers l'épispore, portant à son sommet de longs corps fusiformes, qui sont les spores de première génération. Ils s'accouplent au moyen de petits tubes transversaux, et forment de longs sporules de seconde génération portés sur de courts pédicelles ; ces sporules germent à leur tour, produisant sur de petits stérigmates des spores semblables de troisième génération.

Le professeur de Bary a observé, dans le Cystopus candidus (Ann. des Se. Nat., 4e série, XX, p. 5), deux sortes d'organes reproducteurs ; d'abord ceux qui se trouvent à la surface de la plante et crèvent à travers la cuticule en pustules blanches, se disposant sous forme de chaînes, et que de Bary nomme conidies; ensuite certains corps globuleux appelés oogones , qui se déve- loppent sur le mycélium dans l'intérieur des tissus de la plante nourricière. Quand les conidies sont semées sur l'eau , elles absorbent rapidement l'humidité et se gonflent ; le centre de l'une des extrémités devient promptement une grande papille obtuse, semblable au col d'une bouteille. Cette partie se remplit d'un protoplasma se forment des vacuoles.

Bientôt cependant, ces vacuoles disparaissent, et de très fines lignes de démarcation séparent le protoplasma en portions polyé- driques, au nombre de cinq à huit, présentant chacune au centre une vacuole faiblement colorée. Presque aussitôt après cette sépa- ration, la papille se gonfle à l'extrémité, s'ouvre et en môme temps les cinq à huit corps formés dans l'intérieur sont chassés un à un; ce sont des zoospores, qui d'abord prennent une forme lenti- culaire, et se groupent devant l'ouverture de la cellule mère en une masse globuleuse. Cependant ils commencent à se mouvoir, des cils vibratiles se montrent, et au moyen de ces appendices, le globule tout entier se meut par oscillations, tandis que les zoospores se séparent une à une , chacune devenant isolée et nageant en liberté dans le fluide environnant. Le mouvement est précisément le même que celui des zoospores des Algues.

Le mode de germination des Mucors a été étudié par différents

MYCELIUM 43

observateurs, en dernier lieu par MM. Van-Tiiieghem et Le Monnier, Ann. des Se. Nat., 1873, XVII, p. 211, et dans une des formes les plus communes, le Phycomyces nitens. D'après eux la germination de cette espèce n'a pas lieu clans l'eau ordinaire, mais elle se produit facilement dans d'autres milieux, tels que le jus d'orange , etc. La spore perd sa couleur, se gonfle et absorbe le fluide qui l'entoure, jusqu'à ce que son volume se double et que sa forme devienne ovoïde. Alors de l'une de ses extrémités quel- quefois de deux, elle émet un fil épais qui s'allonge et porte des ramifications en forme d'ailes. On obtient ainsi des sporanges, tandis que chez d'autres espèces il se forme des chlamydospores. M. Van-Thieghem décrit pour un autre cryptogame un second procédé de reproduction, qui n'est pas rare dans les Mucorinées. Des fils accouplés sur la matière nourricière élaborent par degrés des zygospores, mais celles-ci, contrairement à ce qui se passe ailleurs, sont entourées de curieux appendices ramifiés qui émanent des cellules, arquées aux deux bouts, de la zygospore nouvellement développée.

Ce que j'ai dit au sujet des divers types, suffit à faire connaître la germination des spores ; les particularités spéciales à iliaque forme ou aux différentes espèces seront indiquées avec tous les détails que comporte une étude pareille, dans mon second volume.

§1

MYCÉLIUM

Nous venons de voir que le premier développement de la spore produit une sorte de filament cellulaire, de couleur variable, mais généralement blanchâtre, plus ou moins allongé, d'abord simple et qui se complique ensuite en se ramifiant et s'anastomosant. Le my- célium est la souche, le tronc des Champignons ; sans lui ils cessent d'être. La meilleure preuve que l'on puisse en donner, c'est que le mycélium a une existence propre, qu'il est annuel ou vivace, et qu'à une époque 'fixe, quand les circonstances sont favorables, on le voit donner naissance à des Champignons. L'époque de sa fructification écoulée, il rentre dans le repos et attend son prin-

44 FÉCONDATION

temps, son automne, sa saison, en un mot, pour donner de nouveaux fruits.

Tout est semblable ici à ce que l'on observe chaque jour et dans tous les végétaux ; pourquoi les Champignons s'écarteraient-ils donc de la règle générale?

Léveillé distingue quatre formes de mycélium :

Le mycélium nématoïde ou filamenteux. C'est le plus fréquent de tous ; il consiste en filaments simples ou rameux, cloisonnés, distincts, diversement colorés, souvent anastomosés ; on le trouve assez généralement à la base du pédicelle des Cham- pignons, sous la forme de filaments blancs ;

Le mycélium hyménoïde ou membraneux ne diffère pas sensiblement du nématoïde ; seulement les filaments sont plus rapprochés , plus confondus , et forment des membranes d'épaisseur variable. On le trouve principalement entre les feuilles, sous les écorces, dans les trous pratiqués par les insectes aux troncs des arbres morts ;

Le mycélium scléroïde ou tuberculeux n'est jamais primitif, il est toujours consécutif ou nématoïde. Sur différents points de celui-ci on voit naître de petits tubercules qui augmentent peu à peu de volume. Soumise au microscope, leur substance est com- posée de cellules étroites et anguleuses. Ces tubercules ont été décrits sous les noms de Sclerotium, Rhizoctonia, etc., et se font remarquer par les dégâts qu'ils causent à certaines de nos cultures ;

Le mycélium malacoïde ou pulpeux, est moins connu que les autres. Il se présente sous la forme de membrane ou de fila- ments charnus, mous, anastomosés. Dans le second état, c'est le Phlebomorpha, de Persoon, dans le premier, le Mesenterica, de Todf; lorsque la saison est favorable, ce mycélium se recouvre de réceptacles de Physariées, de Trichiacées, etc.

FÉCONDATION

Les observations faites sur les Basicliosporés tendaient à démontrer la formation d'un carpogone donnant naissance par une prolifération cellulaire au réceptacle hyménié à basides

FECONDATION 4 b

sporifères; mais l'acte fécondateur n'a pu être saisi. Dans ces dernières années, MM. Reess, Van-Thieghem, Kirchner, Karsten, Œrstedt, ont étudié cette question. Les trois premiers supposent l'existence d'un macvocyte qui rappelle les macrocytes ou les scolecites des Thecasporés ; pour MM. Karsten et Œrstedt, l'organe mâle est représenté par un ou plusieurs rameaux nés du mycélium faisant fonction d'anthéridie ; c'est une illusion qui a pour un moment paru réalité. M. de SEYNEVoit également chez le Lepiota cepœstipes une macrocyste, mais il n'a reconnu aucun organe auquel on puisse attribuer une fonction copulatrice. Dans ces dernières années M. Œrstedt, poursuivant ses recherches, aurait observé dans l'Agaric variable de Persoon , des oocystes ou cellules réniformes allongées, qui poussent comme des branches rudimentaires sur les filaments du mycélium, et renferment un abondant protoplasma, peut-être même un nucléus.

A la base de ces oocystes apparaissent, à un moment donné, les anthéridies supposées, c'est-à-dire un ou deux filaments délicats, qui généralement tournent leurs extrémités vers les oocystes, et viennent s'y appliquer. Dès ce moment, sans éprouver de modi- fication appréciable, Voocyste s'enveloppe d'un réseau de fila- ments de mycélium nés sur le filament qui la porte, et ce tissu forme les rudiments du chapeau.

Si la théorie de M. Œrstedt se confirme, naturellement la totalité du chapeau des Agaricinées sera le résultat d'une fécondation.

M. Worthixgton G. Smith a fait des observations sur le Coprin radies, et les a communiquées au Woolhope Club de Hereford, le 14 octobre 1875. Quand une lamelle de Coprin est placée dans l'eau, dit M. Smith, au bout de trois heures toutes les cellules sont mortes, mais les granules fécondateurs, après une couple d'heures, reprennent vie, sont doués d'un mouvement giratoire, s'attachent aux spores, en percent l'enveloppe et déchargent leur contenu dans la substance de ces organes. Trente-quatre ou quarante heures écoulées,, la spore laisse échapper de son inté- rieur une nouvelle cellule, qui sera la première du chapeau d'une nouvelle plante. Au contraire la spore non fécondée produit un mycélium qui lui est particulier.

Nous n'avons pas à discuter toutes les autres théories, tous les

46 FÉCONDATION

prétendus faits découverts sur les organes de la fécondation des Champignons Basidiosporés. Parmi ces observations les unes sont incomplètes et sans aucun résultat définitif; quant aux faits rapportés plus haut et regardés, à tort ou à raison, comme des fécondations sexuelles, quelques-uns étonnent le naturaliste par leur étrangeté. Pourquoi cet étonnement? Est-ce parce que nous leur donnerions une fausse interprétation? Est-ce parce que ces phénomènes présenteraient une allure à laquelle nous ne sommes pas habitués? Est-ce enfin parce qu'ils n'auraient pas été étudiés avec tout le soin désirable? Mais si la fécondation n'est point encore démontrée, on ne saurait tout à fait admettre qu'elle n'existe pas.

Avant de nier absolument, examinez les œufs de tel ou tel animal dont la structure se rapproche en réalité beaucoup de la cellule qu'on a sous les yeux. Il y a plus, cette anthéridie qui fonctionne, dont le liquide fécondateur rempli de corpuscules se fond dans le protoplasma au sein duquel sont les germes, n'est-ce pas la reproduction de l'acte par lequel se fécondent eux-mêmes les animaux supérieurs.

§111

La reproduction sexuée chez les Champignons est une décou- verte toute récente due plus particulièrement aux travaux de MM. Pringsheim, de Bary, Voronine, Cienkowski, Tulasne, Van- Tiiieghem, Cornu, etc. Elle a lieu par le moyen de conceptacles remplis de spores immobiles ou sexuées provenant d'une fécon- dation. Tantôt l'organe mâle est constitué par des branches laté- rales terminées par une cellule anthéridie qui contient des anthé- rozoïdes ; dans d'autres cas, il n'y a pas de branches latérales, mais des anthéridies qui diffèrent suivant les genres.

La reproduction asexuée s'effectue par le moyen de zoospores, produits dans des cellules mères spéciales qu'on nomme sporanges; les sporanges sont formés par le cloisonnement d'une portion terminale de l'utricule unique, diversement ramifiée, qui constitue l'espèce. Le protoplasma qui s'est accumulé en cet endroit se divise ensuite en petites masses égales, dont chacune devient une zoospore.

FÉCONDATION 47

Prenons comme exemple le Saprolegnia monoiea, auquel M. Cornu, en 1872, a consacré une monographie étendue. Le Saprolegnia monoiea est monoïque comme son nom l'indique. A l'extrémité des filaments cloisonnés qui constituent ces petites plantes se développe un sporange sphérique ou allongé nommé oogone. Au-dessous de Yoogone une cellule présente un proto- plasma plus clair qui se groupe en petits corps ovoïdes ; elle s'ouvre par un pore latéral situé à la partie supérieure, et donne issue à des corps de môme forme que les zoospores, munis comme ces derniers d'un cil vibratile ; ce sont les anthérozoïdes. Ils se meuvent et s'appliquent sur la paroi, puis pénètrent à l'intérieur de Yoogone dont l'extrémité supérieure est à ce moment large- ment béante ; là, ils se confondent avec la masse protoplasmique de Yoogone, qui devient Yoospore.

Une seconde espèce de fécondation, dite par copulation et observée chez les Cystopus, les Peronospora, etc., s'opère ainsi : les oogones se développent au sommet des rameaux du mycélium, la figure 403, k, planche LXX1V, représente la plante, la lettre J, un rameau mycélien avec huit oogones, voy. en L" une oogone grossie de neuf cents diamètres, la lettre L indique le filament mycélien producteur de l'oogone, en même temps se forme sur ce rameau ou sur un voisin une branche plus fine, L', qui s'applique par son sommet L' sur Yoogone, se renfle, et l'extrémité renflée s'isole par une cloison du filament qui la supporte, c'est Yanthé- ridie ; le protoplasma contenu clans l'oogone se concentre en une gonosphère isolée des parois, tandis que l'anthéridie pousse un prolongement tubuleux mince, qui perfore la membrane de Yoogone et prend l'aspect d'une sorte de bec, L'. Ce bec s'allonge dans l'intérieur de Yoogone, arrivée à la rencontre de Yoosphère : celle-ci s'enveloppe d'une membrane de cellulose et devient une oospore , exactement comme chez les monoblepharis, après le contact et la fusion de Y anthérozoïde.

Le troisième mode de fécondation, appelé par conjugaison, est le plus anciennement connu ; il fut découvert par Ehremberg (Silvœ mijcol. Berioliense) . Sur une moisissure primitivement appelée Syzygites megalocarpus, Yoospore appelée ici zygospore, par allu- sion à la jonction des deux rameaux dont elle est née, est une spore hibernante, protégée comme Yoospore par d'épaisses enveloppes.

48 FÉCONDATION

Le phénomène se passe de la manière suivante : deux filaments se rencontrent, chacun poussant vers l'autre un processus de même diamètre que le filament et s'unissent intimement ; ils se renflent au point de contact et deviennent claviformes, émettant entre eux un corps posé en travers des filaments conjugués. Chacun des processus se crée une memhrane transversale qui le sépare du corps médian et s'enrichit de protoplasma, l'un gran- dissant plus que l'autre. Les extrémités de ces corps ou cellules copulatives, dont les membranes formaient deux cellules, se confondent en une seule par destruction de ces membranes, et il en résulte un corps médian à cavité unique. Ce corps, résultat de la réunion des deux cellules géminées, est une spore ou, pour rappeler la manière dont il s'est fait, une zygospore. Cette zygos- pore prend la forme d'un petit tonneau, sa membrane s'épaissit et se compose, à la maturité, d'une épispore solide, bleu noirâtre foncé, couverte de verrues sur la surface convexe, et d'une endos- pore épaisse à plusieurs couches, incolore, couverte de verrues pleines entrant dans les creux internes formés sur l'épispore. Le contenu est du plasma à gros grains avec des gouttes d'un liquide oléagineux.

La famille des Mucorinées offre des exemples nombreux et diversifiés de ce mode de fécondation. D'après MM. Van- Thiegiiem et Le Monnier (Recherches sur les Mucorinées, 1873, in., Ann. des Se. Nat.), quelquefois les deux cellules qui doivent se rencontrer s'arrêtent dans leur croissance avant de se toucher et donnent chacune naissance, par leurs extrémités qui se regar- dent, à une oospore de môme forme et de même structure que la zygospore , d'ordinaire plus petite., susceptible de germer, et à laquelle on donne le nom d'azygospore.

Ces cellules sont différenciées, quoique faiblement, dans les Pliycomyccs et les Rhizopus, et l'on ne rencontre pas d'azygos- pore chez ces Mucorinées.

MM. de Bary et Woronine ont observé dans le Peziza pyronema confluais, Pers., un phénomène que M.TuLASNEa vérifié et auquel il ajoute d'importants détails.

Résumons tout ce qu'on sait de certain sur la fécondation et la sexualité chez les Champignons, bien que nous n'avions rien de précis actuellement sur les Agarics et les Bolets.

POLYMORPHISME. GÉNÉRATIONS ALTERNANTES 49

Dans les Peronosporés, la fécondation semble se rapprocher de celle des phanérogames ; l'extrémité de l'anthéridie, semblable à celle du tube pollinique, s'approche sans se rompre de la cellule à féconder.

Chez le Syzygites megalocarpus, le résultat de la fécondation est une zygospore qui germe à la vérité, mais jusqu'ici nous ne savons pas sûrement ce qu'elle donne.

Dans le Rhizopus nigricans, les Syzygites , c'est presque la production conjuguée des Algues, une sorte de greffe sur un nouveau modèle.

D'autres Champignons Thécasporés ont donné lieu à de nouvelles observations. Ainsi, chez le Peziza Pyroncma, il se produit non pas des spores simples, non pas des sacs à spores, mais du tissu hyménial, des thèques, qui elles-mêmes donneront naissance aux spores. Dans VErijsiphe cichoraceum, c'est une Thèque qui crée de toutes pièces, contenant et contenu, aussitôt que deux filaments se sont rencontrés.

Faut-il s'étonner de la multiplicité des procédés de repro- duction quant on voit la multiplicité des produits ? Dans les exemples qui précèdent, chaque rapprochement amène des effets divers pour les différentes plantes.

§IV

POLYMORPHISME. GÉNÉRATIONS ALTERNANTES

J'ai déjà indiqué les principaux faits qui peuvent établir, chez une même espèce de Champignons, la faculté de développer dans le cours de son existence, soit simultanément, soit l'un après l'autre, plusieurs systèmes de reproduction. Deux catégories distinctes de phénomènes ont été groupées sous le nom de poly- morphisme. Dans la première, deux ou plusieurs formes de fruits se présentent successivement ou ensemble sur le même individu, et dans la seconde, deux ou plusieurs formes se montrent sur des mycéliums différents, sur des parties différentes de la même plante ou sur une substance nourricière entièrement distincle.

Les cas les plus simples sont ceux l'on n'a reconnu jusqu'ici que deux formes de corps reproducteurs, mais ce dimorphisme

50 POLYMORPHISME. GÉNÉRATIONS ALTERNANTES

présente lui-même plusieurs variétés. Chez les Basidiosporcs, M. de Seyne a observé que la Fistuline hépatique, outre les spores portées par les basides, porte des conidies à la partie supérieure du réceptacle, disséminées dans le parenchyme. Une fois développée, la conidie est un peu plus grande et plus régulière que la spore, mais elle s'en rapproche cependant beaucoup par la forme et la couleur.

M. Tulasne a prouvé que les expansions trémelloïdes connues sous le nom de Coryne sarcoidcs Pers, avec leurs fines spermaties et conidies blanches, ne sont qu'une phase reproductrice du Peziza sarcoidcs Pers.

Un des cas les plus anciens de dualisme a été observé parmi les Urédinées. Il y a plusieurs années, on croyait à une relation mystérieuse entre la rouille (Tricobasis rubigo vera) du blé et des graminées, et la Nielle du blé (Puccinia graminis) qui lui succède.

La rouille à spores simples fait d'abord son apparition ; plus tard vient la Nielle à spores biloculaires, et il n'est pas rare de trouver les deux formes dans la même pustule.

Les spores de l'Uredo, toujours simples, restent dans cet état, excepté clans VUredo linearis, l'on a observé chaque phase intermédiaire. Les unes et les autres sont parfaites dans leur genre et capables de germination ; de plus une même espèce peut donner naissance à quatre principales formes.

Prenons comme exemple la Fumagine, qui recouvre d'une suie noirâtre les feuilles de beaucoup de plantes, principalement des orangers; on voit la forme reproductrice conidienne, la plus répandue de toutes, représentée par un mycélium brun qui donne naissance à une grande quantité de conidies formant un chapelet de moisissure, et connue sous le nom de Cladosporium ou Torula.

Plus tard naît du même mycélium un réceptacle noirâtre, contenant des thèques à six spores. Avant l'apparition de ces réceptacles, on en rencontre qui ont l'aspect de bouteilles allongées, s'ouvrant par le sommet, ce sont des pycnides d'où s'échappent des stylospores allongées, cloisonnées, peu différentes des vraies spores. Le même mycélium produit parfois des récep- tacles d'une forme très analogue aux pycnides et donne nais- sance à des spermaties linéaires, ce sont des spermogonies.

POLYMORPHISME. GÉNÉRATIONS ALTERNANTES 51

Enfin il existe un autre type de polymorphisme, dans lequel se rencontrent à la fois une succession de formes alternantes et un réceptacle nouveau. Lorsqu'un Champignon parasite prend toutes ces formes sur un même individu, on le qualifie de monoxène ou autoïque ; lorsqu'il varie en changeant de nourriciers, il est hétéroïque. Je ferai remarquer que le Champignon peut offrir dans ses différents états des moyens de reproduction différents.

M. de Bary a montré comment la Puccinie des Graminées qui se montre sur le chaume des céréales, est hétéroïque. Après FUredo rougeâtre, que l'on appelle la Rouille du blé, du seigle, ce dimorphisme s'est compliqué par l'adjonction d'un troisième terme, YMcidium berberidis, sur les feuilles des Epines-Vinettes.

Voici comment on peut donner une idée du cycle complet de végétation de ces curieux parasites. A la fin de l'été, sur le chaume des Graminées , le même réceptacle possède deux sortes de spores : des uredospores qui peuvent germer sur la même plante en reproduisant des Uredo; des corps d'une grande dimension, arrondis et plus larges vers le haut, à deux loges et prenant une teinte brune, foncée ou noirâtre ; ces corps nommés par M. de Bary téleutospores (spores delà fin) ou spores parfaites, pénètrent après le sommeil hibernal dans les jeunes feuilles de l'Epine-Vinette et y développent un mycélium qui donne naissance à de petites conidies transparentes , ou spores secondaires, connues sous le nom de sporidics.

Ce sont les sporidies issues des téleutospores qui germent sur l'Epine-Vinette et percent les cellules épidermiques pour se déve- lopper dans le parenchyme en Mcidium berberidis.

Qu'une spore d'AZcidium tombe sur une feuille de seigle ou de blé, elle y émet un filament germinatif qui pénètre par un stomate et se transforme en Uredo caractéristique de la Puccinie des Graminées, lesquels se propagent eux-mêmes sous leur forme Uredo.

C'est de même au moyen uredospores et de téleutospores que le Puccinia straminis se reproduit à l'état d'Uredo sur les Grami- nées, à l'état d' Mcidium sur les Borraginées, etc., et 1' 'Mcidium fournit à son tour des spores qui engendrent l'Uredo.

Le cycle comprend quelquefois moins de formes ; tel est celui des JEcidies des Pomacées, que l'on sait aujourd'hui formées par

52 RESPIRATION DES CHAMPIGNONS

la germination de sporidies issues des téleutospores des Gymno- sporangium et Podissoma gélatineux qui se développent sur les genévriers.

C'est à l'instigation du docteur Léveillé que M. Decaisne fit venir d'Alençon un pied de Sabine couvert de Podisoma. Cette conifère fut placée au Jardin des Plantes dans l'école des. Poiriers, arbres sur lesquels on n'avait jamais observé la présence d'Uredo. Peu de semaines après, toutes les feuilles des poiriers placés dans le voisinage du Podisoma se trouvèrent couvertes de taches orangées, premier indice de la présence du Rœstelia. M. Decaisne fit enlever les Sabines; depuis cette époque on n'a plus aperçu la moindre tache de Y JEcidium.

M. Cornu obtenait le même résultat avec Y JEcidium rhamni (Société Botanique de France, séance du 2S juin 1880).

Ce chapitre doit être considéré comme donnant des aperçus et des indications, mais nullement comme traitant la question d'une manière complète.

Dans notre second volume il nous sera possible d'étendre consi- dérablement tous les cas de polymorphisme, en y joignant nos observations, et les exemples énumérés dans les ouvrages des mycologistes d'Europe.

CHAPITRE VI

RESPIRATION DES CHAMPIGNONS

Les Champignons, en contact avec l'atmosphère par la plupart de leurs parties, sont constamment en rapport avec cette enve- loppe gazeuse de notre globe. Tantôt ils absorbent les gaz qui entrent dans leur composition ; tantôt au contraire, ils exhalent des matières gazeuses de nature diverse, suivant les circonstances, et qui, en se mêlant ainsi à l'air, contribuent à modifier plus ou moins les proportions de leurs éléments essentiels. Ce sont ces

RESPIRATION DES CHAMPIGNONS 53

rapports incessants des Champignons avec l'atmosphère, ces exhalations et ces absorptions de gaz opérées par eux qui consti- tuent la respiration, phénomène essentiel à leur existence, entrevu depuis longtemps déjà, mais dont la connaissance exacte ne remonte pas au delà de la fin du siècle dernier.

M. de Humboldt, en 1793, dans le Flora Fribergensis , était arrivé à cette donnée importante que VAgaricus edulis respire comme les parties colorées des Phanérogames, que les Champi- gnons vicient rapidement l'air, en lui prenant son oxygène, pour le remplacer par un autre gaz : l'acide carbonique. Le savant voyageur allemand prouva par de nombreuses expériences que les mômes phénomènes respiratoires se manifestent avec la même intensité le jour et la nuit, et annonça le premier que les Agarics placés au soleil ou dans l'obscurité produisent un second gaz, l'hydrogène.

De Candolle (Flore Française, tom. 11, page 2) confirma cette découverte sur des Champignons de différents genres, et ses recherches nombreuses sur la respiration des Champignons devinrent la base de la théorie moderne de ce phénomène. Au fait déjà reconnu par de Humboldt et de Candolle; Marcet, (Bibliothèque Universelle de Genève, tom. LVII, p. 393, 1834), en ajouta plusieurs nouveaux d'une importance majeure. Ainsi des Agaricus campestris, plongés dans de l'eau privée d'acide carbo- nique, dégagent ce même acide, et diverses expériences de Marcet, faites dans des atmosphères artificielles cette fois, ont amené un égal résultat.

Cet ingénieux observateur fit passer un courant d'air atmos- phérique dans une cloche de verre contenant un kilogramme de Champignons, et obtint de l'acide carbonique, mais en moindre quantité que s'il remplaçait l'air atmosphérique par du gaz oxygène, et moins encore que s'il remplace l'oxygène par l'azote.

L'expérience a démontré que les Champignons expirent aussi de l'azote. M. Grischow ayant mis dans un récipient de quinze centimètres cubes de capacité un jeune Amanita muscaria d'environ six centimètres cubes de volume., et l'ayant exposé au soleil pendant deux heures, après l'avoir laissé préalablement une nuit dans son récipient, remarqua que cette atmosphère limitée avait diminué de trois centimètres cubes, et qu'elle présentait la

54 DE LA NUTRITION

composition suivante, 0,13 d'acide carbonique, 0,0b d'oxygène, 0,82 d'azote, avec des traces d'hydrogène. Nous venons de voir chez les Champignons l'azote et l'hydrogène faire partie du gaz expiré.

M. Muntz (Compt. rend. Acad. des Sciences. LXXX, p. 178), en plaçant un Agaricus campestris dans un courant d'air continu, n'a jamais recueilli aucune trace d'hydrogène, mais en changeant l'air atmosphérique par un courant d'azote ou d'acide carbonique, il a toujours vu se produire de l'hydrogène. L'auteur en tire cette conclusion : dans le premier cas, les Champignons ont joué leur rôle ordinaire ; ils ont brûlé avec l'oxygène de l'air les maté- riaux dont ils disposent ; dans le second cas, cette combustion, devenue impossible, a été remplacée par une combustion inté- rieure, accompagnée d'un dégagement d'hydrogène à la fermentation de la mannite qui se décompose en acide carbo- nique, alcool et hydrogène. En résumé ces Cryptogames, comme les fleurs, ont une respiration analogue à celle des animaux : ils absorbent de l'oxygène et dégagent de l'acide carbonique.

§1

DE LA NUTRITION

La nutrition constitue la manifestation la plus universelle de la vie : c'est la mutation continuelle des particules qui forment l'être vivant animal ou végétal, et la propriété commune la plus générale, la plus essentielle de tout élément organique, qui consiste, pour les êtres vivants, à puiser leurs principes nutritifs soit dans le sol, soit dans l'air qui les environne. Le Champignon se les incorpore pour un temps donné, les élabore et les élimine ensuite, ces Cryp- togames ayant la propriété d'être en relation d'échange constant avec le milieu ils vivent par un perpétuel mouvement d'assi- milation ou de désassimilation ; c'est en quelque sorte une réno- vation moléculaire insaisissable pour nos yeux, mais très visible au moyen d'appareils appropriés et à l'aide des instruments que la science met à notre disposition ; on constate l'entrée et la sortie des sucs nourriciers qui traversent incessamment leur organisme, le renouvellent dans sa substance et le maintiennent en sa forme.

DE LA NUTRITION 55

Nous avons vu que la germination des spores de Champignons produit des filaments connus sous le nom de mycélium, ou blanc de Champignons ; dans sa jeunesse il rampe sous le sol ou sur le fumier, et vient puiser les éléments nécessaires à son existence; ces éléments sont gazeux, liquides ou solubles. Le premier est représenté par l'air, l'acide carbonique, l'ammoniaque, etc. ; le second par la pluie, la rosée, la neige ; le troisième par la masse de matières organiques complexes qui existent dans la terre ou à sa surface. L'acide carbonique de l'air ou du sol pénètre en même temps que l'eau, dans les cellules du mycélium sur le protoplasma qui a la propriété de décomposer une partie de l'acide carbonique, et l'eau, les deux éléments combinés l'un à l'autre forment ce que les physiologistes désignent habituellement sous le nom d'hydrate de carbone.

Les propriétaires qui cultivent artificiellement des Champignons sur couche, se servent de fumier bien préparé qui renferme une importante quantité d'acide carbonique. J'ai, par de nombreuses expériences, la preuve qu'il présente au mycélium une source alimentaire lente et continue. Dans les forêts, dans les prairies le Champignon sort du sol spontanément, sans culture, ces substances se forment par la décomposition des feuilles, des racines, de tous les débris de végétations antérieures qui consti- tuent ce que les agronomes nomment matière ulmique. tout est réuni ; l'humidité, Tair, l'azote même existant dans le sol à l'état de nitrate et de sels ammoniacaux, ou sous la forme de ma- tières organiques complexes.

M. Boussingault est parvenu à démontrer avec une netteté parfaite que tous les végétaux trouvent dans les nitrates que renferme la terre l'azote nécessaire à la reconstitution et à l'ali- mentation de leur tissu. Je conclus de ceci qu'aussitôt la germi- nation des spores, tous les éléments nutritifs viennent, pour ainsi dire, à la rencontre du mycélium, qui se développe sans efforts sous l'impulsion de ces aliments, aidé par une température appro- priée.

Le protoplasma contenu dans l'intérieur des cellules mycéliales agit à son tour sur ces aliments organiques et inorganiques en produisant une action réductrice qui est la base de toute activité organique, et, en présence de tous ces éléments azotés et carbonés,

î)0 DÉVELOPPEMENT DES TISSUS

le mycélium s'étend graduellement, de dislance en distance, se cloisonne transversalement, puis se feutre, et à sa surface on voit apparaître de petits agrégats assez compactes semblables aux petits cônes de sapin, planche LXXV, fig. 411, m. C'est le premier rudiment du Champignon ; les mycologues le nomment stroraa.

Après sa formation, le petit stroma subit un temps d'arrêt néces- saire à son organisation ; il vit encore aux dépens du mycélium générateur qui absorbe les aliments bruts, et les élabore, la chaleur et l'humidité du sol aidant, en sève nourricière. En observant avec le microscope, au moyen de coupes minces et longitudinales, les jeunes tissus du stroma, on constate en effet que les filaments cellulaires sont tous parallèles et qu'ils s'allon- gent ensemble à leur sommet, tandis que la base du cône se constitue par les filaments du mycélium qui leur sert de point d'appui et de nourriture. Remarquons en passant que les matières minérales ne sont pas étrangères à l'élaboration des principes immédiats de nature organique, par rapport au rôle physique et chimique qu'elles peuvent exercer, et que c'est dans des condi- tions extrêmement favorables que les jeunes stromas poursuivent leur développement.

§11

DÉVELOPPEMENT DES TISSUS

Au point de vue chimique, les cellules du mycélium sont cons- tituées fondamentalement par des substances albuminoïdes, de l'eau et des matières minérales, associées pour former une substance à demi solide, à laquelle on a donné le nom de proto- plasma, et qui, clans toute cellule, quelle qu'en soit la complexité d'organisation, représente la seule partie douée des propriétés qui caractérisent la vie. Toute modification apportée dans la compo- sition chimique de cette substance entraîne nécessairement une modification correspondante dans les propriétés de la cellule , et si les changements apportés à sa composition dépassent certaines limites, ces propriétés disparaissent, soit pour un temps plus ou moins long, soit d'une façon définitive.

Ainsi, qu'on enlève par la dessiccation au protoplasma contenu

DÉVELOPPEMENT DES TISSUS 57

dans les cellules du mycélium, l'eau qui est nécessaire à sa consti- tution chimique normale, et l'on verra le jeune stroma cesser de se nourrir, cesser de se reproduire. Si, au contraire, les cellules du mycélium sont placées dans un milieu favorable, elles s'arron- dissent comme un fil, se couchent horizontalement, s'entrelacent et se feutrent de plus en plus. Rien de plus variable que la forme, la taille, la coloration, la structure de ces individualités anato- miques et physiologiques. Sous le champ du microscope, le tissu primitif au sommet du cône du jeune stroma est régulier ; ses cellules sont plates, leur direction toujours parallèle et verticale, et plus on s'éloigne de la base du cône, plus il est facile de recon- naître ce tissu. Pour ce qui concerne la forme, la multiplication des cellules des Champignons, nos connaissances s'appuient sur un grand nombre de sérieuses expériences ; nous sommes beau- coup moins avancés au sujet des filaments du mycélium et de la démarcation entre lui et la première apparition des cellules du Champignon, et nous ne pouvons à cet égard que formuler des hypothèses, plausibles il est vrai, mais non démontrées par des faits positifs.

11 existe, chez le Champignon, un mode de multiplication et de formation des cellules à l'aide de cellules préexistantes : le mycé- lium. Nous pouvons admettre que le protoplasma tout entier d'une cellule se condense, sort de la membrane du mycélium qui l'emprisonnait, et va, sous une forme nouvelle, acquérir de nou- velles propriétés; on a désigné le phénomène sous le nom de rajeu- nissement. En résumé, on distingue parfaitement les filaments mycéliens des cellules du Champignon ; mais le passage de l'un à l'autre est plus difficile à saisir et il y a toute une série d'inté- ressantes recherches à faire. Reprenons l'examen de nos certi- tudes.

Avant d'arriver à la surface du sol, le petit Champignon subit un temps d'arrêt qui varie avec les circonstances et le milieu, et pendant lequel les cellules du jeune cryptogame s'organisent; elles absorbent les éléments nutritifs du mycélium dans un état de simplicité limité mais suffisant pour le développement de toutes les couches cellulaires. C'est la plus externe qui s'organise la première et forme un tissu très résistant qui sera Tépiclerme planche II, fig. T, u', u. Deux lacunes aérifères se sont formées,

58 DÉVELOPPEMENT DES TISSUS

fig. 71, RR, et les tissus filamenteux s'accroissent de telle façon que les parois supérieures des deux lacunes forment déjà en minia- ture la face inférieure du chapeau.

On observe aussi que les filaments cellulaires participant à cet allongement ont subi trois partitions principales ; la première oblique à droite, la deuxième à gauche, la troisième., qui occupe le milieu de l'espace annulaire, semble se diviser en deux parties et se sépare par une petite cloison transversale, fig. 71, P, située juste au centre du jeune Champignon. A mesure que le petit cône se développe, les deux premières partitions en RR forment les bords du chapeau, la troisième couche résistante et compacte devient plus manifeste ; elle s'abaisse en s'inclinant et constitue le pédi- celle qui doit fixer le Champignon au lieu il a pris naissance.

Nous avons dit plus haut qu'au moment de la séparation, il se forme un renflement en P, fig. 7', dans lequel s'accumule un protoplasma granuleux sans noyau ; ce renflement sépare le pédi- celle du chapeau par la formation de la cloison transversale, et l'on peut admettre que celte cloison se produit au dessous de la masse de protoplasma granuleuse, qui s'accumule au-dessus de la séparation.

Vers la partie supérieure de cet amas, on trouve un proto- plasma plus dense, plus incolore, plus transparent, sphérique, représentant le protoplasma de la jeune cellule ; au milieu un noyau punctiforme grossissant peu à peu, mais plus lentement, à mesure que la zone du protoplasma clair qui l'entoure s'élargit de son côté. Ce noyau, d'abord parfaitement homogène, réfracte fortement la lumière, ce qui le fait comparer à une tache d'huile, et, tandis que le protoplasma de la cellule s'accroît, il devient réticulé.

Pendant la première partie de leur existence, ces cellules sont dépourvues d'enveloppes ; c'est seulement lorsqu'elle est complè- tement individualisée, et lorsque la cellule arrive au contact de ses voisines, qu'un dépôt de cellulose s'effectue autour d'elle et lui constitue une membrane. Si on fait une coupe longitudinale de ce petit Champignon avant qu'il atteigne la surface du sol, on distingue adroite et à gauche des bords du chapeau, fig. 72, u,u, deux taches teintées de jaune plus ou moins foncé. Examinant sous le champ du microscope une coupe de ce tissu, on obser-

STRUCTURE. ORGANISATION DES CHAMPIGNONS b9

vera facilement deux espèces de cellules placées côte à côte ; les unes sont polyédriques, les autres, en moins grand nombre, sont sphériques ; mais les deux sortes se remplissent exactement par un protoplasma visqueux, incolore, contenant de petites granulations grisâtres d'autant plus nombreuses, que la cellule jouit d'une activité plus grande.

Ces granulations que beaucoup d'auteurs tendent à considérer comme de nature graisseuse, doivent être soigneusement distin- guées du protoplasma lui-même, et constituent très probable- ment des produits de désassimilation des substances albuminoïdes. Au centre du protoplasma granuleux de ces jeunes cellules, se trouve un noyau volumineux, dont les contours arrondis sont rendus très nets par l'acide acétique ; il est clair, peu granuleux, et offre dans sa partie médiane un nucléole brillant, c'est seule- ment que Ton trouve l'hyménium, et, sur ces cellules seules que se forment les stérigmates, puis les spores nécessaires à la repro- duction de l'espèce ; alors, son organisation terminée, le crypto- game perce le sol et fait son apparition à la surface.

Voilà la simple explication de faits qu'on eût longtemps peine à comprendre. Il semblait impossible que dans les endroits l'on avait passé la veille sans rien apercevoir, on trouvât le lendemain une multitude de Champignons ; le mycélium, caché à tous les yeux, avait préparé sa progéniture, qui n'attendait sous terre qu'une circonstance favorable pour se produire au jour.

CHAPITRE VII

STRUCTURE. - ORGANISATION DES CHAMPIGNONS

Nous venons d'étudier la première organisation d'un Champi- gnon du genre Agaric jusqu'à la surface du sol ; pour connaître maintenant la structure de l'ordre auquel appartient le genre Amanite, un examen de cette espèce sera presque suffisant. Ici

60 STRUCTURE. ORGANISATION DES CHAMPIGNONS

nous trouverons trois parties bien distinctes à examiner ; le pédi- celle, le chapeau, qui portent l'hyménium, et les feuillets insérés à la surface inférieure du chapeau.

Prenons comme exemple l'Amanite mouche, Amanita mits- caria, planche II, fig. 7, qui est le type le plus complet et le mieux organisé. Lors donc que ce Champignon est arrivé presque à maturité, le chapeau se déploie déchirant le voile du bord, qui reste pour un certain temps en collier autour du pédicelle et prend le nom d'anneau, fig. P. Des fragments du voile demeurent souvent attachés sur le chapeau ou au bord, sous la forme d'une membrane plus ou moins consistante qui contient le Champi- gnon dans son jeune âge. Elle existe dans tous les Champignons à chapeau, mais chez un très grand nombre sa texture est si déli- cate, qu'elle disparaît complètement pendant la première évo- lution, sans qu'on puisse en trouver la moindre trace.

On ne doit y attacher d'importance que lorsque ses débris restent manifestes à la base du pédicelle ou sur le chapeau. C'est la volve qui se compose de cellules allongées et rameuses s'anastomosant entre elles, est dite complète quand elle se déchire pour laisser passer le chapeau, le pédicelle, et qu'elle reste à la base de celui-ci ; incomplète quand elle ne recouvre pas le Cham- pignon en entier ; caduque ou persistante , épaisse ou mince , ample quand elle représente un vase dont le bord est largement ouvert, comme l'Oronge véritable, planche III, fig. 8, C, et enfin vaginée lorsqu'elle est longue, et assez étroite, planche VI, fig. 18 à 20.

Cette parlie que Ton rejette souvent comme inutile, est au contraire de la plus haute importance pour la distinction des espèces ; aussi faut— il enlever un Champignon de terre avec pré- caution pour constater l'existence de cette membrane.

§ I

DIT PÉDICELLE

Le pédicelle que certains auteurs nomment pédicule, stipe, pied, etc., est la partie, en forme de tige, qui supporte le chapeau et fixe le Champignon au lieu il a pris naissance.

Selon ses divers modes d'insertion, il est dit central (cas le

STRUCTURE. ORGANISATION DES CHAMPIGNONS 61

plus commun), excentrique, latéral ou ascendant. Sa partie moyenne est nue, souvent munie d'un anneau ou d'une cortine.

Il est court ou long, plein ou fîstuleux, creux quand sa partie centrale vient à disparaître. Dans quelques espèces il est flocon- neux, c'est-à-dire traversé en longueur par un filament byssoïde. La forme du pédicelle, toujours très variable, est simple, rameuse, bulbeuse, fusiforme, atténuée à l'une ou à l'autre extrémité.

Dans un grand nombre d'espèces il est uni, mais chez d'autres il présente des lignes parallèles et longitudinales ; c'est le pédi- celle strié. Si ces lignes sont séparées par de profonds sillons, il est sillonné ; si le pédicelle présente des éminences arrondies foncées en couleur, il est écailleux; quand les écailles s'entre- croisent en circonscrivant des enfoncements irréguliers, on le nomme écailleux, réticulé ; si ces enfoncements sont profonds, il est lacuneux. Parfois dans les endroits sombres et obscurs comme les souterrains, il s'allonge, se ramifie même, et ne produit pas de chapeau ; les Agarics ressemblent alors à des Clavaires.

DU CHAPEAU

Le chapeau, considéré d'une manière générale, forme à lui seul ce que l'on nomme un Champignon ; c'est lui qui frappe la vue et que l'on mange. Une coupe longitudinale, faite dans le chapeau et tout le long du pédicelle, donne la meilleure notion de l'arran- gement des parties et de leurs relations avec l'ensemble. On voit par que le chapeau est la continuation du pédicelle, et que sa substance, moins fibreuse que celle du pédicelle descend dans les feuillets. 11 présente deux faces dont la position varie ; la première regarde en haut, c'est la surface ; elle est lisse, striée, villeuse, écailleuse, rugueuse, sèche ou visqueuse. L'épiderme qui la recouvre s'enlève dans quelques espèces, mais fait souvent corps avec la chair ; sa couleur et sa consistance sont très suscep- tibles de changer. Le chapeau plus ou moins charnu, épais ou membraneux, se dessèche facilement, parfois se pourrit ou tombe en déliquescence. Sa forme peut être aplatie, convexe, hémisphé- rique, concave, en entonnoir ou infundibuliforme. Si le centre

62 STRUCTURE. ORGANISATION DES CHAMPIGNONS

présente une petite élévation, il est mamelonné ; si cette élévation est plus large, on le dit en forme de bouclier, et enfin si le centre du chapeau offre une dépression, il est ombiliqué.

Chez quelques espèces on le rencontre en demi-cercle ou circu- laire ; c'est la forme dimidiée ; dans d'autres genres le chapeau est couvert de poils fins, épars ou rapprochés, on le dit pubescent ; si les poils sont longs et serrés, il est velu ; s'il n'est recouvert que d'un duvet cotonneux, il devient tomenteux.

La seconde face du chapeau regarde en bas ou de côté selon qu'il est horizontal, ou vertical; la marge est aussi très importante à étudier quant à ses formes, surtout lorsqu'elle est roulée en de- dans ou appliquée immédiatement sur le pédicelle. La structure du chapeau est la môme dans tous les Agarics; mais la forme, la taille et la dimension des cellules du chapeau sont tellement va- riables qu'il est presque inutile d'y insister ici ; je me bornerai donc à rappeler les faits les plus importants.

Lorsque les cellules vivent dans un milieu humide, il est fré- quent de les voir affecter la forme arrondie, ou ovoïde ; c'est le cas des Phallus ; c'est le cas des spores d'un grand nombre de Champignons pendant leur premier âge. II est fréquent aussi de voir les cellules du chapeau modifier spontanément leurs formes comme les Russules, cependant nous devons dire que, dans les divers chapeaux que nous avons examinés, les cellules une fois parvenues à un certain état de développement qui correspond à l'âge adulte, ne changent plus d'aspect. Il n'en est pas ainsi pour d'autres cellules libres.

La cellule unique qui forme les basides, les cystides, le tissu hyménial en un mot, s'allonge et se ramifie, émet çà et des pousses latérales qui sans cesse modifient son aspect général. Ces changements de formes, dus à un développement pour ainsi dire incessant, dans cette seule partie du chapeau et du Champignon sont rendus possibles par ce fait que la membrane cellulosique reste sans cesse imprégnée de protoplosma.

Si maintenant nous examinons le plus simple de tous les Aga- rics, le Schizophillum commune, planche LVII fig. 287, nous ne trouverons ni volve, ni anneau, ni pédicelle. Le chapeau est mem- braneux, sessile, résupiné ; les lames naissent d'un point unique situé à la marge du chapeau, et s'étendent en forme d'éventail.

DES LAMES OU FEUILLETS DES AGARICINÉES 63

Ces deux Champignons, si on les compare, ne possèdent donc de commun que le chapeau, les lames, le tissu hyménial, les spores, et se ressemblent si peu que les auteurs en ont fait deux genres différents.

Quand nous passerons en revue les autres espèces intermé- diaires, nous verrons la volve disparaître; le pédicelle, de central devenir exentrique, latéral, puis enfin s'effacer complètement; l'anneau, de membraneux, large et consistant, se réduire en filaments arachnoïdes, et disparaître aussi tout à fait.

CHAPITRE Vin

DES LAMES OU FEUILLETS DES AGAEICINÉES

La partie inférieure du chapeau des Agarics, est constituée par le prolongement membraneux et parallèle d'un tissu rayonnant du centre à la circonférence, planche, II, fig. 7, 0. C'est sur cet te disposition que reposent les caractères du genre. Considérée isolément, une lame d'Agaric varie beaucoup de forme selon le mode d'insertion au pédicelle : si son extrémité centrale n'atteint pas le pédicelle, on la dit écartée, planche I, fig. 1 ; quand les lames arrivent au point commence le pédicelle, elles sont libres, planche I, fig. 2 ; si on les voit convexes près de leur inser- tion sur le pédicelle on les dit sinuées, planche I, fig. 3, si elles s'insèrent perpendiculairement au pédicelle, elles sont adnées, planche I, fig. 4; elles deviennent émarginées planche I, fig. 5, quand elles sont entaillées près de leur insertion sur le pédicelle ; enfin, si les lames s'insèrent en descendant le long du pédicelle, on les appelle décurrentes, fig. 6.

Elles sont composées de trois couches, une médiane ou trame comprenant des cellules qui se continuent avec celles du chapeau, planche II, fig. m. m. ch., et deux latérales formées par l'hymé- nium fig. S, t, t. Cette organisation existe dans tous les Agarics,

64 DES LAMES OU FEUILLETS DES AGARICINÉES

sans exception. Si chez les Coprins, planches XL, XLI, et quelques autres espèces, les lames paraissent dépourvues de trames, c'est que les cellules sont moins abondantes, et forment un tissu moins dense et moins résistant que celui de l'hyménium. Dans aucune espèce d'Agarics ni dans aucun des sous-genres établis, les deux couches de l'hyménium ne sont en contact immédiat ; la trame les sépare toujours, et tout caractère fondé sur l'absence de cette partie est un prétendu caractère anatomique qu'il faut soigneuse- ment éliminer.

On distingue dans une lame d'Agaric deux bords, l'un adhérent au chapeau ou à la base, planche II, fig. SS, m, m, l'autre libre appelé marge ou tranche, fig. S, te; deux extrémités, une interne qui répond au pédicelle et que certains auteurs regardent comme la base, fig. S, ch. ml, l'autre correspondante la marge du chapeau fig. S, S ; deux surfaces parallèles et qui forment les côtés, plan- che II, fig. ba, ba, l'hyménium ou membrane sporulifère recouvre la trame des lames dans toute leur étendue t, t, an, fig. S. Son tissu est composé de cellules superposées en plus ou moins grand nombre, et qui varient de grandeur et de forme suivant les genres d'Agarics.

Si l'on fait une coupe transversale d'une lame d'Agaric, sous le champ du microscope, son caractère se montre immédiatement avec évidence, sur les deux bords de l'hyménium.

La première particularité qu'on observe sont les spores, plan- che II, fig. V, sp, presque uniformément disposées par groupe de quatre; on voit ensuite que chaque spore est portée sur une tige menue ou stérigmate, planche II, fig. V, st, et que quatre de ces stérigmates procèdent du sommet d'un appendice plus gros, inséré sur l'hyménium et appelé baside, planche II, fig. V, an, an, fig. S, S, U. Chaque baside sert de support à quatre stérig- mates et chaque stérigmate à une spore.

Un examen plus attentif de l'hyménium montre que les ba- sides sont accompagnées d'autres corps, souvent plus gros, mais sans stérigmates ni spores, qui ont été nommés cystides, planche II, fig. S, S, ba, ba (ce), et dont la structure et les fonctions ont ame- né bien des controverses. Ces deux espèces de cellules seproduisent sur l'hyménium de tous les Agaricinées, des Bolets, des Poly- spores, des Hydnes, des Clavaires, etc.

UENÈSE DE l'hYMÉNIUM. -- BASIDES. f'.YSTIDES ÎV.\

CHAPITRE IX

ItENÉSE DE L'HYMÉNIUM. - - BASIDES. - CYSTIDES

Si on étudie, sous le porte-objet du microscope, la coupe trans- versale d'une jeune lame d'Agaric en voie de formation on la voit composée seulement d'une série de filaments qui, de la région moyenne du chapeau, forment le corps de la jeune lame ou le tissu de la trame.

Ces fdaments divergent à droite et à gauche en se dirigeant vers les deux faces, les articles des fdaments se raccourcissent, prennent une forme légèrement ovale, et vont créer ainsi une couche nouvelle de tissu sous-hyménial. Si on l'examine avec un grossissement de 600 diamètres, on observe aisément que les cel- lules de la trame procèdent l'une de l'autre, et que les fdaments nouveaux sont de môme nature que les fdaments producteurs ou homologues.

Cette seconde formation est amenée par poussées latérales ; la preuve en est fournie par le filament producteur, qui, poursui- vant sa course longitudinalementparson sommet, développe en- core selon ses besoins, et toujours en se raccourcissant, de nou- velles cellules légèrement ovales, plus faibles que la partie du membre producteur situé au-dessous.

Ces cellules d'égales dimensions au début se développent sans cesse sur les deux faces latérales de la lamelle, et pendant l'accrois- sement progressif de celle-ci ; mais comme elles perdent la pro- priété de se reproduire, de se multiplier par de nouvelles divisions, .au même moment naissent, parla même reproduction, d'autres filaments qui s'insèrent étroitement les uns contre les. autres, et toujours perpendiculairement au bord interne et externe des la- melles. Nous observons ainsi deux sortes de cellules, les basides et les cystides, isolées l'une de l'autre, qui, après leur formation, cessent d'être parties intégrantes de la cellule mère, deviennent un membre nouveau et ne participent plus à aucun accroissement ultérieur. En un mot, c'est la partie terminale d'un filament fruc- tifère, ou d'un organe doué d'accroissement ; c'est la fin du point

06 GENÈSE DE l'hYMÉNIUM. BASIDES. CYSTIDES

végétatif de cette partie cellulaire, encore exclusivement formée par un filament primitif. Le contenu de ces cellules est granu- leux et semble mêlé de particules oléagineuses qui, dans les ba- sides, sont en communication par les stérigmates (planche II, fig. V,s, £), avec l'intérieur des spores (planche II, fig. V,s, /). Lors- que les spores approchent de leur maturité, la communication entre leur contenu et celui des basides diminue et finit par cesser complètement.

Les cystides (planche II, ce), sont ordinairement plus grandes que les basides, varient de taille et de forme avec les espèces, et se montrent égales ou inférieures en taille aux basides, dont, comme nous l'avons dit plus haut, elles se rapprochent par la structure, sauf le développement à leur sommet des stérigmates et des spores. Je ne puis pas discuter ici les idées de Corda, d'HoFFMANN, de Schmitz et de Seyne, mon rôle, plus modesle, consiste à faire observer qu'une cellule qui reste à la place elle est née, qui commence par une petite protubérance vide de tout contenu, qui se distingue d'une manière aussi frappante des autres cellules du Champignon par sa forme, par son contenu, et par ses fonc- tions, doit fixer l'attention des physiologistes; mais il nous est nécessaire de suivre plus attentivement son début, d'étudier mieux son organisation, surtout sa forme variable avec chaque espèce, pour avoir la certitude absolue, et c'est l'histoire complète des Basidiosporés qui serait à faire.

En somme, l'hyménium des Champignons n'est ici qu'une for- mation purement cellulaire, provenant d'une matrice cellulaire, et qui ne doit vivre qu'un moment pour la reproduction de l'espèce.

DU GENRE AGARIC (17

CHAPITRE X

DU GENRE A.GARIC

Le genre Agaric est une des divisions les plus considérables du règne végétal, tant au point de vue de son importance numérique que pour les propriétés nuisibles ou utiles des Champignons qu'elle renferme. Persoon avait décomposé la famille des Agaricinées en trois genres : Amanita, Agaricus, Merulius; ce dernier était divisé en trois sous-genres : Cantharellus, Serpulà, Gomphius. Le genre Agaric forme dix sous-genres, fondés sur l'existence et la nature de l'anneau; les deux genres Lepiota et Cortinaria sont basés sur son absence; le Gymnopus, sur la forme, la consistance du chapeau; les Mycena, Omphalia ont pour cause l'excentricité du pédicelle; le genre Pleuropus, la déliquescence et l'état mem- braneux du chapeau; Coprin/us, la consistance du réceptacle et des lamelles ; Pratellus, Lactifluus, la lactescence de ses organes ; Russula, l'égalité des lamelles.

Cette classification de Persoon groupait les Agaricinées d'après des caractères assez faciles à saisir; mais l'accroissement des espèces connues depuis cette époque l'a rendue insuffisante, et la classification généralement adoptée aujourd'hui est celle de Fries.

Elle est basée sur les trois caractères principaux suivants :

La nature charnue, fugace ou coriace, persistante, du tissu du chapeau et du pédicelle ;

L'absence ou la nature de la trame des lamelles, c'est-à-dire du tissu intermédiaire entre les faces hyméniales, qui peuvent, dans certains cas, se séparer facilement ou être très adhérentes, comme la lamelle peut se séparer facilement du chapeau ou lui être intimement unie ;

La couleur des spores.

Ces considérations ont permis à Fries de ranger les Agaraci- nées en quatre genres et vingt et un sous-genres.

Les caractères des sous-genres, les Cortinaires par exemple, sont tirés de la forme du chapeau, du pédicelle et des lamelles, de

68 DU GENRE AGARIC

leurs rapports mutuels, de la présence, ou de l'absence, de la nature de l'anneau et de la volve.

Quels que soient les services que cette classification a rendus, il est impossible de ne pas reconnaître avec Léveillé que plusieurs des sous-genres de Fuies reposent sur des caractères que l'œil le plus exercé ne saisit pas toujours, et que l'examen anatomique ne démontre pas constamment. La plupart des auteurs qui l'ont adoptée ont cherché à y introduire des modifications destinées soit à la simplifier, soit à la rendre plus fidèle aux rapprochements exigés par des affinités incontestables.

En 1844, Rabeniiorts, dans sa Flore d'Allemagne, a diminué le nombre des genres de Fries, et n'a conservé comme tels que les Russules, Gomphidius, Paxillus et Agaricus. Ce dernier est divisé en six tribus, suivant la couleur des spores et des lamelles, sous les noms de Coprinus, Pratella, Derminus, Cortinarius, Hypo- rhodius, Leucosporus, dans lesquels rentrent tous les sous-genres de Fries, et les autres formés par lui aux dépens de l'ancien genre Agaricus.

M. Cooke, en 1871, dans le Handbook of British Fungi, tirant au contraire des caractères posés par Fries toutes leurs consé- quences, a augmenté le nombre des genres, adoptant même le genre Lepista, de Smith. Il a multiplié les sous-genres et, afin de rendre plus saisissables les rapports qu'ils offrent entre eux, les a fait suivre d'un tableau à MM. Worthington G. Smith, qui les disposent en séries homologues, selon la méthode adoptée en chimie.

Dans les Champignons du Jura et des Vosges, publiés en 1872, M. le docteur Quelet répartit la famille des Agaricinées entre quarante-cinq genres, groupés en un certain nombre de séries basées sur les caractères de la couleur des spores, de la nature et des rapports des lamelles avec le pédicelle, de la consistance de tout le réceptacle ou de l'une de ses parties par rapport à l'autre. M. Quelet a encore élevé au rang de genre les sous-genres de Fries.

M. de Seyne, dans son article Champignon, du Dictionnaire de Botanique de M. H. Bâillon, adopte franchement la nécessité actuelle d'une coupure artificielle, et le savant cryptogamiste pense qu'elle doit être faite en vue de la détermination des espèces.

DU GENRE AGARIC 69

Je renvoie a l'article Agaric de ce Dictionnaire ceux qui désire- raient connaître la division proposée en Chromospores et Leuco- spores, ainsi que les quarante-neuf types mentionnés.

Le genre Agaric, établi par Linné et adopté par tous les bota- nistes, présente les caractères indiqués plus haut. Les espèces étant très nombreuses, tous les auteurs ont senti la nécessité de le subdiviser pour en faciliter l'étude, et d'après Léveillé il pré- sente onze sous-genres :

Ier Sous-genre, Amanita .-Agaric à volve, chapeau charnu, le plus souvent verruqueux; lames membraneuses, serrées; pédicelle allongé, nu ou muni d'un anneau.

2e Sous-genre, Lepiota : Pas de volve; pédicelle muni d'un anneau membraneux; lamelles ni nébuleuses ni fuligineuses, dépourvues de suc.

3e Sous-genre, Gymnopus : Chapeau charnu entier et convexe ; lames unicolores, marcescentes; pédicelle sans anneau ni cortine.

4e Sous-genre, Mycena : Chapeau le plus souvent membraneux, strié, presque transparent, convexe et persistant; lames unico- lores facilement desséchées; pédicelle allongé, fistuleux et nu.

5e Sous-genre, Omphalia : Chapeau entier, charnu ou membra- neux, infundibuli forme ou déprimé au centre; lames d'inégale longueur, ni succulentes ni lactescentes, le plus souvent décur- rentes ; pédicelle nu et central.

6e Sous-genre, Coprinus : Chapeau membraneux ou à peine charnu, fugace, lames noires, se liquéfiant; pédicelle blanc, nu ou muni d'un anneau.

7e Sous-genre, Cortinaria : Chapeau le plus souvent charnu; lames émarginées ou sinuées à leur extrémité interne, unicolores et couleur de cannelle; pédicelle souvent bulbeux, entouré d'une cortine ou anneau arachnoïde.

8e Sous-genre, Pratella : Chapeau charnu ou presque membra- neux, persistant; lames nébuleuses et enfin noires; pédicelle nu ou muni d'un anneau.

9e Sous-genre, Lactarius : Chapeau charnu, le plus souvent, déprimé au centre; lames lactescentes.

10e Sous-genre, Russula : Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre; lames dépourvues de suc et toutes de la même longueur; pédicelle nu.

7|) DU GENRE AGARIC

11e Sous-genre, Pleuropus : Chapeau charnu, déprimé, oblique, entier ou dimidié; pédicule excentrique, latéral ou nul.

Cette distribution des Agarics a été adoptée par tous les auteurs, et malgré les imperfections qu'elle présente, celui qui l'adopte pour étudier les Champignons rapporte avec la plus grande facilité les différentes espèces aux sections qui leur conviennent.

Les chiffres romains qui suivent le nom de l'espèce indiquent les planches, et les chiffres arabes les figures.

Comme le genre Agaric est sans contredit le plus varié de tous, on devra apprendre à le connaître espèce par espèce, comme on agit avec les autres plantes et les animaux, et pour cela il faudra simplement lire avec attention la description des espèces, comparer les figures aux Champignons frais, observer avec soin la forme du chapeau, sa texture, son port aux différents états de développe- ment; sa coloration qui peut varier selon l'âge, le terrain et l'hu- midité; attacher une grande importance à la partie qui supporte le chapeau et que l'on appelle pédicelle ; bien remarquer s'il est bulbeux à sa base; aussi faut-il toujours enlever un Champignon de terre avec précaution pour constater ^'existence de la volve ou du bulbe.

Nous connaissons les caractères du genre Agaric ; mais il faut étudier la structure des lamelles sous le rapport de la propor- tion, de la forme et du mode d'insertion avec le pédicelle, et. muni de ces connaissances, on pourra affirmer que tels caractères sont les indices certains, infaillibles, d'un Champignon comestible ou d'un produit vénéneux.

DESCRIPTION DES ESPÈCES

CHAPITRE XI

DESCRIPTION DES ESPÈCES

Section I. AGARIGINÉS

Réceptacle nu ou renfermé dans une volve. Basides situées sur des lames. A. Lames disposées en rayons ou en éventail.

1" SOUS-GENRE, AMANITA

Le genre Amanite est très nombreux et renferme un grand nombre d'espèces; c'est le Champignon le plus complet, celui clans lequel toutes les parties ont atteint le plus haut degré d'organisa- tion ; le caractère essentiel de ce genre consiste, outre le mycé- lium hyménoïde et souterrain, dans la volve ou bourse (planche III. fig, 8, C), qui dans le jeune âge renferme toutes les parties du Champignon (fig. 9) ; elle ?e déchire de bonne heure pour que celui- ci puisse se développer entièrement.

Dans quelques espèces, le Champignon adulte n'en offre plus aucune trace; mais l'Amanite porte sur son chapeau des débris parfois à peine reconnaissables. La volve acquiert un grand déve- loppement, et avant de se rompre elle s'attache à la base du pédi- celle. Ce caractère est très facile à saisir, mais c'est celui qui exige l'étude la plus attentive, car. sauf quatre espèces excellentes à manger, les autres contiennent des poisons mortels pour l'homme et pour les animaux.

Il existe un caractère vraiment important et de premier ordre pour distinguer l'Oronge comestible de l'Oronge fausse ou Agaric mouche, si abondante dans tous les bois au mois de septembre : Les lamelles sont toujours blanches (planche II, fig. 7, 0), sans variation dans aucune espèce; tandis que la couleur du chapeau passe du rouge ou jaune selon l'âge et les terrains, la couleur blanche des lames ne change pas.

72 DESCRIPTION DES ESPÈCES

Les lamelles de l'Oronge vraie, ou Amanita cœsarea sont tou- jours d'un jaune d'oeuf (planche III, fîg. 8).

Amanite mouche, Amanita muscaria, planche II, fig. 7.

Noms vulgaires : Faux jaseron, Mujolo, Folo, Agaric aux mouches. Tue-Mouches.

Syn. : Mich. t. 78, fig. 2; Schxff, t. 27, 28; Grewscot, Crypt., t. 54; Roq., t. 12, fig. 1, 2; Orf., Med. Leg. t. 14, fig. 1 ; Paul, t. 157; Lenz, Schw., fig. 3; Kroinbh., Schw., t. 9 ; Vittad., t. 5 ; Hoffm., t. 1; DC., FI. Fr., 561, Fr. Epie, p. 7 ; A. Aurantiacus, Bull.; t. 122.

Chapeau large de 10 à 18 centimètres, d'un rouge écarlate, plus prononcé au centre, convexe ou à peu près plan à la maturité, presque constamment moucheté de verrues blanchâtres, angu- leuses, formées par les débris du volva, adhérentes au chapeau, qui est un peu visqueux, et à bord faiblement strié. Feuillets blancs, larges, droits, inégaux, adnés, coupés brusquement à leur terminaison, Pédicelle blanc, long de 10 à 20 centimètres, plein, cylindrique, bulbeux à sa base (planche II, fig. R), se trouvent à peine quelques vestiges d'un volva écailleux. L'anneau (fig. P), est large, blanc, ordinairement rabattu. Spores blanches, fuligineuses (fig. V, sp). Bois en septembre, octobre. Saveur vireuse. C'est un poison actif.

Amanite oronge, Amanita cœsarea, planche III, fig. 8.

Noms vulgaires : Oronge vraie, Jaune d'œuf, Dorade, D'orgne, Rouma- nel, Jaseron, Doumergal, Ounègal, etc.

Scop., FI. dam,, 419; Mich., Nov. Gai., t. 67, lig. 1; Paul, Champ., t. 159; Roq., Phyt. med., t. 13, fig. 1, 2; Pers., Champ, corn., t. 1; DC, FI. Fr., 562; Kroinbh., Schw., t. 8; A. aurantiacus, Bull., t. 120; Vittad, Fung. Mang., t. 1 ; Gord., Champ. Franc, p. 4; Fr. Epie, p. 2.

Chapeau de forme presque plane, orbiculaire, large de 8 à 12 centimètres, à bord striés, souvent incisés, se recourbant en dessus; presque jamais tachetés de verrues. Feuillets larges, épais, inégaux, toujours de couleur jaune d'œuf, très adhérents au chapeau; écartés; leur extrémité centrale n'arrive pas au pédi- celle (planche I, fig. 1). L'Oronge, quand elle est jeune, est renfer- mée dans une bourse plus ou moins ronde et blanche, qui lui donne l'apparence d'un oeuf (planche III, fig. 9); à la maturité la bourse se déchire, une partie reste à la base du pédicelle, qui est jaune en dehors, blanc en dedans, lisse, long de 4 à 12 centi-

PREMIER SOUS-GENRE, AMANITA 73

mètres, plein, bulbeux, pourvu d'un anneau, jaune, large, ren- versé. Août, septembre, dans le midi et près Paris, à Verrières et aux Essarts-le-Roi. C'est un manger délicaL.

Amanite rougeâtre, Amanita rubescens, planche III, fig. 10.

Amanite vineuse, le Rougeâtre, le Verruqueux.

Syn. : Pers., Syn., p. 13; Paul., t. 161; Ag. rerrucosus, Bull., t. 316; Krombh., t. 10; Schaeff., t. 91 et 261; Quelet, p. 30; Fr. Epie, p. 23; Letell, p. 667; Cord., p.

Chapeau d'abord convexe, puis presque plan, large de 6 à 10 centimètres, d'un rouge vineux, plus coloré au centre du cha- peau, à peine strié sur les bords, parsemés de squames d'un blanc rougeâtre. Feuillets larges, nombreux, droits, inégaux; les plus courts coupés assez brusquement, se terminent en s'arrondissant. Décurrents par une strie au sommet, long de 6 à 12 centimètres, ordinairement flstuleux, couvert dans sa longueur de petites pelu- chures; pourvu à son sommet d'un anneau blanc, large et fine- ment strié, conserve dans sa jeunesse l'empreinte des feuillets, bulbeux à la base et peluches. Spores rondes, blanches, fuligi- neuses (fig. C). Odeur nulle, saveur un peu fade. Eté, automne, dans les parties découvertes des bois. Bon comestible.

Amanite ovoïde, Amanita ovoidea, planche IV, fig. 11.

Oronge blanche, Boulé, Goucoumelle blanche, Coquemelle.

DC, FI. Fr. suppl., p. 53 ; Vittad, t. 2, Amanita alba; Pers., Champ.,

p. 177; Fr. Epie, p. 3.

Chapeau orbiculaire, presque plan, lisse, dépourvu de squames, à bord saillants infléchis non striés, auxquels sont sou- vent suspendus des débris de l'anneau, large de 8 à 10 centimètres.

Lames blanches, saillantes, adnées, puis atténuées et comme coupées brusquement. Pédicelle long de 6 à 10 centimètre.-, plein, ferme, cylindrique, à peine renflé à sa base, et tomen- teux. Son anneau est peu consistant, la volve est grande, mince. Très commune dans les bois en août, septembre et octobre en Auvergne. Son odeur est faible, sa chair épaisse, ferme, d'un goût très-agréable. Malheureusement on peut la confondre avec l'Agaric bulbeux, qui est vénéneux. Je conseille de ne pas la cueillir.

, i DESCRIPTION DES ESPECES

Amanite pomme de pin, Amanita strobiliformis, planche IV, fig. 12. Vittad, t. 9; Paul., Champ., t. 162, fig. 1; Bull., t. 593; Berkl., Outl.,t. 3.

fig. 2; Fr. Epie, p. 7.

Chapeau hémisphérique puis plan, chargé de verrues serrées, longues, anguleuses, blanches, puis grisâtres; chair blanche, compacte, à odeur et saveur agréables. Lamelles libres et arron- dies, décurrentes par une courte strie. Pédicelle gros, solide, floconneux, pourvu dans le jeune âge d'un anneau fugace, renflé en bulbe à sa base, il est marqué d'un sillon circulaire, Spores grandes, ovales, sphériques (fig. E). Automne, à Fontainebleau, Chantilly, Saint-Germain. Vénéneux.

Amanite déchirée, Amanita recutita, planche IV, fig. 13. Fr. Epie, p. 7; A<j. bulbosus, Bull., t. 577.

Chapeau compacte, convexe plan, gris fuligineux, couvert d'écaillés larges mucronées, marge lisse, pellicule séparable, chair blanche, humide, à odeur vireuse. Lamelles larges, blanches., libres, décurrentes par une strie. Pédicelle plein, solide, court, atténué vers le haut; anneau blanc membraneux; volva à limbe libre, aigu, ne dépassant pas le bulbe. Spores globuleuses (fig. F). Eté, automne, dans les bois de pin de préférence. Chantilly, Rambouillet, Meudon. Vénéneux.

Amanite bulbeuse, Amanita bulbosa, planche V, fig. 11. Vaill., Bot., t. 14, fig. 5 ; Bull. Champ., t. 2 et 577.

Chapeau convexe, puis déprimé au centre, large de 6 à 12 centi- mètres, n'offre pas de verrues, son bord est sans stries. Pédicelle long de 4 à 8 centimètres, creusé d'un canal par l'âge, se renfle subitement en bas en un bulbe qu'enveloppe une volve lâche et presque toujours bien visible ; l'anneau est blanc ainsi que tout le Champignon. Lamelles décurrentes par une strie, spores grandes, ovales rondes. Odeur non désagréable. Saveur nullement rebu- tante. Mai, juin et septembre, dans les bois. Saint-Germain. Meudon, Chantilly, etc. Vénéneux.

Amanite mappa, Amanita mappa, planche V, fig. 15.

Paul., Champ., t. 158, fig. 1, 2; Vittad., Fuiuj. mang., t. 11 ; Krombh.. t. 28, fig. 1, 12; Ag. bulboses, Bull., t. 577, fig. D, G, H; Amanita venenosà, Pers., Champ, comest., t. 2, fig. 3; Roq., t. 15, fig. 1.

Chapeau d'abord convexe, puis plan, large de (j à 10 centi-

PREMIER SOUS-GENRE, AMANITA 7 H

mètres, citrin ou blanc, humide et recouvert d'écaillés molles, blanches; chair blanche, jaunâtre sous l'épidémie, lamelles blanches inégales; elles atteignent le pédicelle, qui est égal, blanc lavé de jaune, glabrescent, bulbe gros, globuleux, volve ne lais- sant qu'un rebord circulaire sur le bulbe ; anneau large finement strié. Spores oblongues, blanches (fig. D), odeur vireuse. Très commun en automne dans les bois. Très vénéneux.

Amanite petite coiffe, Amanita volvaceus minor, planche V, fig. 17.

A. pusilla, Pers., Syn. 249; Am. parvulus, Weinm.; Volvaceus minor, Bull., t. 330; Fr. Epie, p. 8.

Chapeau mince, sec, hémisphérique mamelonné, blanc, strié de noir, lames ventrues, roses, inégales, assez distantes du pédi- celle, qui est plein, transparent, court, blanc à volva lâche, à quatre ou cinq découpures, soyeux, rougeâtre, sans anneau. Spores oblongues, roses. En automne dans les bois, les jardins sur la terre. Vénéneux.

Amanite ciguë, Amanita phalloides, planche V, fig. 16.

Vaill., Bot. par., t. 14, fig. 5; Vivian, Fungh., t. 15; Wil., t. 17; ly. bulbosus, Bull., t. 2; Roq., t. 23, fig. '.'>; Amanita citrina, Pers., Champ, corn., t. 2, fig. 2 ; Ag. virescens, FI. dan., t. 240 ; Cord., p. 8; Fr. Epie, p. G.

Chapeau convexe, aplati, glabre, large de 8 à 10 centimètres, à bord orbiculaire non strié, chargé irrégulièrement des débris du volva, d'une couleur verdâtre, prend avec l'âge une teinte verl olive ou fauve, un peu plus pâle sur les bords. Lamelles blanches, inégales nombreuses, les plus courtes coupées brusquement, les plus longues adnées. Pédicelle blanc, longde 10 à 12 centimètres, d'abord plein, mais ensuite devenant creux au sommet, cylin- drique un peu renflé à sa base, enveloppé par le reste du volva, pourvu à sa partie supérieure d'un anneau membraneux peu con- sistant. Spores sphériques hyalines (fit;'. F). Très commun dans les bois, été automne, odeur vireuse, saveur acre. Très vénéneux.

Amanite engaîné, Amanita vaginata, planche VI, fig. 18, 19, 20, 20 bis.

Noms vulgaires : Goucoumelle jaune, Coucoumelle orangé, Coucou- nielle grise, Grisette.

Batt.t. S, fig. CD.; FI. dan., t. lu 14; Bull;,i. 98, 512 ; Schseff., t. 8b, 80,

76 DESCRIPTION DES ESPÈCES

95, 244; Krombh., t. 1, fig. 1, S; Fr. Epie, pi. V, fig. 1/2; Cord., p. 12, pi. V; Paul, t. loi, fig. 1, 2.

Chapeau assez mince, peu charnu, campanule, puis plan, large de 6 à 8 centimètres, à superficie lisse souvent chargé des débris du volva ; le chapeau est constamment strié sur les bords. Feuil- lets blancs, inégaux, rétrécis à la base, et adhérents au sommet du pédicelle qui est grêle, fragile, fîstuleux à la maturité, cylindrique, non bulbeux à la base, mais souvent peluché, et entouré d'un volva persistant, plus ou moins allongé en forme de gaîne; toutes ces espèces sont dépourvues d'anneau. Spores oblongues, blan- ches (fig. K). Alimentaire.

Il existe en France plusieurs variétés de ce joli Champignon. Anatomiquement elles se ressemblent toutes, la couleur du cha- peau seul varie, la fig. 18 représente l'espèce jaune, qui peut être orangé; la figure 19, la Grisette, Coucoumelle grise; la ligure 20, l'espèce blanche, encore jeune; la figure 20bis, une espèce à chapeau conique, brun jaunâtre ou livide.

On trouve ces Amanites dans les bois, elles sont très com- munes, de juin à novembre. Aliment délicat. On peut les con- fondre avec YAmanita livida qui est vénéneuse. Mais le pédicelle de cette dernière est communément enfoncé dans la terre jus- qu'aux deux tiers de sa hauteur, puis son odeur est vireuse, sa sa- veur très acre, tandis que toutes les Coucoumelles ont une odeur de bons Champignons, une saveur douce et agréable.

2e SOUS-GENRE, LEPIOTE, LEPIOTA

Ce sous-genre comprend la sous-division Armilaria, de Fries. Champignons charnus, sans volva, recouverts dans le jeune âge d'une membrane, non distincte de l'épiderme du chapeau ; en se déchirant, laisse un anneau persistant sur le pédicelle. Lamelles radiant du centre à la circonférence, simples, parallèles, parmi lesquelles, s'en trouvent de plus courtes vers la circonférence, ne noircissant pas. Pas de volve. Spores blanches, grandes, ovales, hyalines.

CHAMPIGNON TERRESTRE

Agaric couleuvre, Ag. procerus, planche VII, fig. 21.

Noms vulgaires : Couleuvrelle, Cul-crours, Iloupale, Capellon, Coche,

DEUXIÈME SOUS-GENRE, LEPIOTE, LEPIOTA 77

Cocherelle, Parasol, Paturon, Colombette, Escumelle, Commère, Golmelle, Brugaizello, Auvergne.

Scop., p. 418; Sehrefï., t. 22, 23; Paul, Champ., t. 133; A. colubrinus, Bull., t. 7*, 583; Cord., p. 20; Krombh., t. 24, fig. 1, 12; Quelet, p. 32.

Chapeau ovoïde, mamelonné puis étalé, ordinairement proémi- nent au centre, peut atteindre jusqu'à 25 ou 30 centimètres de diamètre. Epidermc épais, lacéré en larges écailles soyeuses et imbriquées, formées par l'épiderme qui se soulève ; elles sont blanchâtres, grises ou brunes. Chair molle à odeur de farine, très parfumée. Lamelles très écartées, serrées, d'un blanc pâle, iné- gales, n'atteignant pas le pédicelle qui est renflé en bulbe à la base, fort long, grêle, cylindrique, fistuleux, muni d'un anneau mobile et persistant.

Ce Champignon remarquable par sa beauté, son odeur et sa sa- veur agréables, vient à la fin de l'été et en automne, dans les en- droits découverts des boisetdans les champs sablonneux, la fig. 22 donne un Procerus jeune encore, mamelonné, et la lettre L, les spores blanches, oblongues.

Agaric excorié, Ag. escoriatus, planche VII, fig. 23. Schaeff., t. 18, 19; Syn., Pers., p. 257; Krombh., t. 24, 30; Vittad, t. 35; Paul, t. 135 bis.

Chapeau large de 5 à 6 centimètres, convexe, puis plan, à centre proéminent, d'une couleur fauve cendré, lacéré en petites écailles soyeuses. Lamelles d'un blanc pâle, minces, nombreuses, inégales, saillantes, n'atteignant pas le pédicelle, qui est cylindri- que, peu bulbeux à sa base, blanc, lisse et creux, muni d'un an- neau large et persistant. Croît l'été, l'automne dansles bois, sur le bord des chemins ; odeur nulle, saveur douce. Comestible.

Ag. couleur d'amiante, Ag. amiantinus, planche VIII, fig. 24.

Fr. Monogr., p. 29; A. flavo floccosus, Batsch., f. 97; A. croceus ; Boit., t. 51, f. 2 ; Sowerb, t. 19; A. ochraeeus, Bull., t. 362, 530; A. murica/us, FI. dan., t. 1015; A. fimbriatus , Schum., p. 261; Krombh., t. 1, f. 12; Fr. Epie, p. 37.

Chapeau de 3 à 5 centimètres, convexe plan, jaune grisâtre; il varie par la couleur du chapeau qui quelquefois est élégamment floconneux. Feuillets libres ou légèrement adnés, blanchâtres. Pédicelle grêle, blanc pâle au-dessus de l'anneau membraneux,

78 DESCRIPTION DES ESPÈCES

floconneux, pulvérulent au-dessous, un peu épaissi à la base. On trouve une variété blanche dans les bois de sapins à Ory, Chan- tilly, Vincennes, juillet à décembre. Comestible.

Agaric en bouclier, Ag. clypeolarius, planche VIII, fig. 25. Bull., t. 405, 506, f. 2 ; Syst. Vye., l,p. 21 ; Kickx, p. 132; Berkl., Outl., p. 94; Fr.Epic, p. 32.

Chapeau mamelonné, mou, soyeux, lisse, à épiderme se rele- vant en petites écailles éparses, rouillées, fauves, jaunâtres ou blanches. Lamelles rapprochées, blanches, libres. Pédicelle un peu long, blanc ou gris fauve, recouvert d'écaillés floconneuses, grêle ; anneau fugace, concolore.

Été, automne. Bois humides. Comestible.

Agaric de moyenne taille, Ag. mesomorphus, planche VIII, fig. 26. Bull. t. 506, fig. 1; Fr. Epie, p. 38; de Seyne, Monlp., p. 115; Kickx, p. 134.

Chapeau presque membraneux, mamelonné, aigu, sec, lisse, d'un jaune pâle. Lamelles libres, assez larges, surtout antérieu- rement, et blanches. Pédicelle grêle de la couleur du chapeau, muni d'un anneau redressé. Sur la terre, dans les prés, de juillet à novembre. Comestible.

Agaric à tête de Méduse, Ag. Melleus, planche IX, fig. 28.

Noms vulgaires : Gassenado en Languedoc, Piboulada en Auvergne.

Ag. annularius, Bull., t. 540, f. 3, 337; Ay. polymyces, Pers., Syn. 19; Fr. Epie, p. 44; Krombh., t. 1, f. 13 et t. 43, f. 2, 6 ; Lenz., f. 7; Mellea, Quelet, p. 30; Mich., t. 81, f. 2; Vittad, t. 3.

C'est un Champignon très commun en Europe ; on le trouve en été, en automne, dans tous les bois, sur le bord des chemins, au pied des vieux arbres coupés, au niveau du sol, par groupes de dix à vingt individus. Chapeau charnu, d'un fauve jaunâtre ou couleur de miel, mêlé parfois de verdâtre, convexe, à centre proéminent, parsemé de petites écailles pileuses, brunâtres; ses bords sont minces, étalés, faiblement striés. Les lamelles sont blanches, quelquefois légèrement jaunâtres, inégales, larges, peu serrées, décurrentes par une dent. Le pédicelle est jaunâtre, lavé d'un peu de noir à la base, long de 6 à 12 centimètres, cylindrique, son pied est légèrement courbé, plein dans le jeune âge, devient fistuleux en vieillissant, garni vers le sommet d'un anneau entier

TROISIÈME SOUS-(iENRE, GYMNOPUS 7y

membraneux, pâle, souvent légèrement sulfurin, évasé en godet étant jeune, puis rabattu. On ne mange que le chapeau qui est charnu. Spores blanches, petites, oblongues.

Agaric muqueux, Ag. mucidus, planche IX, fig. 29. Fr. Epie, p. 40; Pers., Syn., p. 66; Quel., t. 2, f. 1 ; Price, t. 14, f. 91 ; Paul, t. 139 bis; A. nitidus, FI. dan., t. 773.

Chapeau large de 4 à 6 centimètres, convexe, étalé, mince, mou. plan, élégamment ridé, glutineux, d'un blanc brillant; quelque- fois il prend une teinte cendrée, ou légèrement fuligineuse. La- melles larges, inégales, d'un blanc pur, arrondies et décurrentes par une strie sur le pédicelle qui est grêle, recourbé, plein, légè- rement rende à sa base, raide, floconneux, pourvu au som- met d'un anneau, réfléchi, mince, large, strié et blanc. Spores blanches, oblongues. Croît à l'automne en touffes sur les souches du hêtre. Comestible.

Agaric raclé, Ag. ramentaceus, planche IX, fig. 30. Bull., t. 595, f. 3; Pers., Syst. myc, 1, p. 21 ; Berkl, Outl., p. 96; Ag. ambiguus, Lach., n. 36.

Chapeau charnu, convexe plan, blanc, écailleux, à disque et écailles noirâtres ; chair blanche. Lamelles minces, larges, libres, séparables, un peu fuligineuses. Pédicelle plein, inégal, blanc, légèrement fuligineux au-dessus de l'anneau, qui est étroit, flo- conneux, puis oblique et caduc.

Odeur ingrate; donne des coliques. Été, automne.

3e SOUS-GENRE, GYMNOPUS

Ce sous-genre renferme les Tricholoma, Clytocibe, et Collybia de Fries.

Les Gymnopes ont le chapeau, charnu, entier et convexe, les lames unicolores et marcescentes. Le pédicelle est sans anneau, ni cortine. Spores blanches.

Agaric voûté, Ag. arquatus, planche X, fig. 31.

Pers., M. E., p. 174; Bull., t. 44; Fr. Epie, p. 70; Quel., p. 213.

Chapeau épais, compacte puis mou, obtus, de 4 à 10 centi- mètres, marge débordant légèrement ; chair molle, brunâtre ou jaunâtre. Lamelles serrées, étroites, émarginées, décurrentes

80 DESCRIPTION DES ESPÈCES

avec ou sons denticules, arquées en forme de demi-accolades puis planes, toujours blanches. Pédicelle ferme, d'abord écailleux, Obrilleux, puis nu et réticulé, d'une couleur brune, épais et noi- râtre à la base. Dans les bois, les prés, sur la terre, dans les jar- dins. Ce Champignon est très commun en automne ; il varie extrê- mement de forme, de couleur, et de grandeur. Comestible.

Agaric cendré, Ag. cinerasceus, planche X, fig. 32. Bull., t. 428, f. 2; Pers., Myc. Eur., 3, p. 209 ; Berkl., Outl., p. 106; Fr. Epie, p. 100.

Chapeau charnu, campanule, puis plan, quelquefois un peu creusé en entonnoir, d'abord blanc, prend une couleur cendrée en vieillissant ; chair ferme mais cassante; feuillets larges, épais, peu multipliés, libres, très fragiles, se détachant de la chair du cha- peau au moindre effort, d'abord blanc, puis cendré principale- ment sur les bords du chapeau. Pédicelle nu, plein, fibreux, cy- lindrique, d'un blanc cendré, se terminant un peu en pointe à la base. Solitaire dans les bois ou en groupe de cinq ou six. Automne. Pas malfaisant, mais fade.

"i

Agaric cartilagineux, Ag. cartilagineus, planche X, fig. 33.

Fr. Epie, p. 60; A. umbrinus, Pers., Myc. Eur, 3, p. 214; Bull., t. 589, f. 2.

Chapeau compacte, obtus, large de 4 à 8 centimètres, glabre, couleur brune, fuligineuse, marge mince, pruineuse, enroulée, et débordant le chapeau; chair molle un peu brunâtre. Lames serrées étroites, d'un blanc grisâtre, mince et libres. Pédicelle ferme, écailleux, fibrilleux dans le jeune âge, puis nu, épaissi et blan- châtre à la base. Dans les bois, été, automne. Comestible.

Agaric clignotant, Ag. nictitans, planche X, fig. 35. Iïussey, II, t. 40 ; Berkl., Oull., p. 98, Fr. Epie, p. 50.

Chapeau charnu, plan, ondulé, glabre, brun roux, pâle au bord, recouvert au centre de fines écailles plus foncées, marge blanchâtre, villeuse. Lamelles libres, serrées, blanches, quelque- fois tachetées de roux. Pédicelle plein, fibrilleux, un peu recourbé à la base, lavé de roux. Été automne. Comestible.

Agaric gris de souris, Ag. murinaceus, planche VIII, fig. 27. Berkl., Oull., p. 100; Sowerb, t. 106; Bull., t. 520; Fr. Epie, p. 62.

Chapeau campanule, puis étalé, mamelonné, mince, large de

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 81

G à 8 centimètres, soyeux, légèrement squammeux, souvent crevassé sur les bords; toute la surface du chapeau est cendrée, fuligineuse. Les lamelles sont peu serrées, larges, à bords sinueux, un peu plus pâles que le chapeau, adnées, échancrées, à leur base, les plus courtes sont coupées court. Pédicelle ordinai- rement flexueux, fïstuleux, nu, grisâtre, jamais glabre. Croît en automne, dans les bois et les prés. Vénéneux.

Agaric pied rayé, Ag. grammopodius, planche XI, fig. 39. Ag. tabulons, Pers., M. E., 3, p. 73; Bull., 548, 585, f. 1; Fr. Epie, p. 74; Gord., p. 33; Quelet, p. 46.

Chapeau convexe, en cloche, puis mamelonné, plan, puis déprimé, fuligineux ou gris brun, plus ou moins foncé, large de 6 à 10 centimères, luisant par le temps sec; sa chair est brune, son odeur est herbacée. Lamelles serrées, arquées, adnées, décur- rentes, blanches; par l'âge elles deviennent un peu plus pâles. Pédicelle ferme, épais, plein, nu, cylindrique, puis creux, marqué sur sa longueur par de petites raies brunes, un peu renflé à la base. Très commun dans les bois et les prés. Octobre, novembre. Un peu fade au goût cru, mais bien meilleur cuit. Comestible.

Agaric couleur de froment, Ag. frumentaceus, planche XII, fig 42. Berkl., Oui!., p. 144 ; Kickx, p. 137; Bull., t. 571, f. 1 ; Fr. Epie, p. 52.

Chapeau convexe, obtus, puis presque déprimé, toujous sec, lisse, glabre, varie de paille roux jusqu'au brun ; la marge est légèrement recourbée en dessous. Lamelles libres, arquées, adnées, d'un blanc jaunâtre. Pédicelle solide long de 5 à 10 centimètres, égal, cendré, nu, cylindrique, légèrement renflé à la base.

Sur la fin de l'été en groupes, dans les bois. Comestible.

Agaric nu, Ag. nudus, planche XII, fig. 43.

Violaceo rufescentibus, Bull., t. 439; Krombh., t. 72, f. 27, 29; Berkl., Outl, fig. 7, t. 4 ; Hoffm., Anulyt., t. 1 1, f. 1; Fr. Epie, p. 72 ; Quelet, p. 45.

Chapeau d'abord convexe, puis aplani, généralement un peu mamelonné, quelquefois concave ou sinué, glabre, humide, d'une couleur variant entre le violet tendre, le lilas tendre grisâtre et le violet fauve ; ses bords sont légèrement recourbés en dessous ; chair blanchâtre, un peu violacée. Lamelles étroites, serrées, arrondies à leur base et adhérentes au pédicelle par un léger pro-

6

82 DESCRIPTION DES ESPÈCES

longement, d'un beau violet passant au pourpre brunâtre. Pédi- celle égal, farineux au sommet, plein, élastique, cylindrique, nu, long de 4 à 6 centimètres, un peu épaissi à la base. Saveur agréable, odeur de farine.

Eté et automne, dans les jardins, les bois. Comestible.

Agaric mousseron blanc, Ag. albellus, planche XIII, fig. 48. DC, FI. fr., 469 ; Schseff., t. 50 ; Roq., t. 16, fig. 4, 5; Sow., t. 122; Paul, t. 94 et 93, f. 1, 8; Fr. Epie, p. 67 ; Pers., Ch. cornes., 13.

Entièrement blanc, chapeau épais, charnu, compacte, conique ou convexe, quelquefois irrégulièrement arrondi , glabre, large de 6 à 10 centimètres, d'abord blanc, devient d'un gris légère- ment fauve, souvent maculé de petites taches squammeuses non persistantes, ses bords sont lisses, minces, légèrement repliés en dessous; chair molle, floconneuse, blanche, immuable, à odeur fine de farine fraîche. Lamelles nombreuses, serrées, entières, émarginées, adhérentes au pédicelle et terminées par une dent. Pédicelle charnu, compacte, ovoïde, un peu ventru à la base, court, strié, iîbrilleux, enfoncé en partie dans le sol, haut de 3 à 5 centimètres. Avril, mai, sur les bords des bois, dans les prés, les bruyères. C'est le plus délicat des Champignons.

Agaric trapu, Ag. brevipes, planche XIII, fig. 49. Paul, Ch., t. 44, f. 1, 2; Pers., M. E., 3, p. 217; Bull., t. 521, f. 2, Fr. Epie, p. 75 ; Klotsch., FI. bor., t. 374.

Chapeau convexe, plan, large de S à 7 centimètres, mou, lisse, humide, gris fuligineux ou brun, pâlissant en vieillissant, taché par des parcelles de terre ; chair humide, brunâtre, blanchissant par la sécheresse. Lamelles serrées, émarginées, libres, ventrues, aiguës, comme débordées par la marge du chapeau, elles sont d'un gris cendré, échancrées, sur le pédicelle qui est court, nu, plein, fibreux, rigide, brun en dedans comme en dehors, pruineux au sommet, souvent renflé à sa base.

Tard, en automne, dans les allées des jardins. Très délicat.

Agaric à odeur forte, Ag. graveolens, planche XIV, fig. 55. Krombh., t. 2, f. 2, 6 et t. 55, f. 2, 6 ; Pers., Myc, 353 ; Paul, t. 94, f. 5, 6 ; Bail., t. 142; Fr. Epie, p. 67.

Chapeau très charnu, épais, hémisphérique, puis bosselé, ondulé, large de 6 à 8 centimètres, blanchâtre, passant rapi-

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 83

dément au jaune cendré, lisse, mais marqué de lignes brunes ; les bords sont lisses et roulés en dessous; chair compacte, fragile, blanchâtre, odeur de farine. Lamelles terminées en pointe aux deux extrémités, minces, serrées, arquées, adhérentes au pédi- celle, d'abord blanches puis jaunâtres. Pédicelle blanchâtre ou gris fauve, très épais, ventru, longs de 5 à 6 centimètres. Prin- temps, dans les friches, les bois, les prés. Comestible délicat.

Agaric couleur de soufre, Ag. sulfureus, planche XIV, fig. 56. Paul, t. 85, f. 3, 4 ; FI. dan., t. 1910, f. 1 ; Bull., t. 168 ; Fr. Epie, p. 63.

Chapeau charnu, plan-convexe, un peu mamelonné, soyeux, jaune de soufre avec le centre plus ou moins brunâtre ; chair jaune, odeur nauséeuse. Lamelles rétrécies en arrière, émargi- nées, assez épaisses, espacées, d'un beau jaune, pédicelle plein, cylindrique, fibreux, strié, jaune en dedans comme à l'extérieur. Spores oblongues et jaunes. Vénéneux.

Agaric acerbe, Ag. acerbus, planche XVII, fig. 72.

Pers., Myc, 279 ; Vittad, p. 330 ; Bull., t. 571, f. 2 ; Fr. Epie, p. 71.

Chapeau charnu, compacte, convexe-plan, lisse, d'abord blan- châtre teinté de jaune au centre, et enfin un peu roussâtre, strié, mince au bord, fortement enroulé en dessous, marge un peu glu- tineuse. Lames droites, inégales, d'un jaune pâle légèrement décurrentes. Pédicelle cylindrique, plein, nu, épais, blanc, orné de fines peluchures jaunes, quelquefois épaissi à la base. A terre, automne, dans les bois, en groupes de deux à quatre. Comes- tible malgré sa saveur amère, qui disparaît par la cuisson.

Agaric feuillets en coin, Ag. cuneifolius, planche XVII, fig. 76. Berkl., Oull., p. 102; Fr. Epie, p. 61 ; Syst. myc, 1, p. 99; Ag.ovinus; Bull., t. 580, a. 6.

Chapeau charnu mince, plan-convexe, large de 4 à 6 centi- mètres, jaunâtre, villeux, pruineux, marge crevassée, farineuse ; chair blanche par le sec. Lamelles serrées, sinuées, blanchâtres, décurrentes par une dent. Pédicelle cylindrique, mince, subfis- tuleux, lisse, blanc, grisâtre. Spores petites, blanches, oblongues. Odeur de farine. Comestible.

Agaric des pacages, Ag. ovinus, planche XVII, fig. 77. Fr. Epie, p. 61 ; Bull., t. 580; Huss., II, t. 50.

Chapeau convexe-plan, d'un blanc sale ou grisâtre, pruineux,

84 DESCRIPTION DES ESPÈCES

marge striée, large de 4 à 6 centimètres; chair mince, ferme, blanche par le sec. Lamelles sinuées, libres, séparables, à la fin un peu décurrentes. Pédicelle plein, court, 3 ou 4 centimètres, fibreux, blanc, pruineux au sommet. Spores ovoïdes, hyalines. Comestible.

Agaric à odeur de savon, Ag. saponaceus, planche XVIII, fig. 78.

Ag. madreporus, Batsch., t. 36, f. 2U3 ; Ag. murinaceus, Krombh., t. 72, f. 6, 18 ; Ag. fusiformis, Schum., p. 318 ; Ag. argyrospermus, Bull., t. 602 ; Ag. myomices, Pers., p. parte; Fr. Epie, p. S9.

Tous les auteurs qui ont décrit ce Champignon lui donnent un nom différent. Léveillé, à cause de son arôme rappelant le savon, de son chapeau qui est toujours d'un gris verdâtre ou jaunâtre, glabre, taché, puis granuleux, crevassé, et de sa chair souvent rougeâtre et savonneuse, lui a conservé son nom. Les lamelles sont minces, espacées, émarginées en crochet, blanches, rare- ment jaunes. Pédicelle ferme, blanc, souvent rougeâtre d'un côté. Ce Champignon n'est pas vénéneux, mais il communique à l'eau une odeur sodique désagréable.

Automne, hiver. Très commun.

Agaric tête blanche, Ag. leucocephalus, planche XX, fig. 91. Schaeff., t. 236 ; Berkl., Ont/., t. 4, f. 6; Pers., Myc.Eur., 3, p. 113; Ag. albus, Fr. Epie, p. 70 ; Bull., t. 336.

Chapeau charnu, mince, convexe-plan, mamelonné, large de 5 C centimètres, humide, transparent; chair compacte. Lamelles arrondies, libres, serrées, minces et très entières. Pédi- celle creux, fibreux, subcartilagineux, poli, atténué, radicant; odeur de farine fraîche. Spores blanches. Automne dans les bois. Comestible.

Agaric à tète jaune, Ag. chrysentherus, planche XX, fig. 92. Quel., p. 212, S. M., I, p. 126 ; Bail., t. 536; Fr. Epie, -p. 64.

Chapeau charnu, convexe-plan, ondulé, large de S à 6 centi- mètres, jaune foncé lisse; chair un peu jaunâtre. Lamelles serrées, émarginées, adnées, décurrentes par stries, d'une couleur rous- sâtre. Pédicelle charnu fibreux, atténué de haut en bas, strié, jaune pâle, blanc et un peu laineux à la base. Eté, automne, dans les bois, Vincennes, Chantilly, Meudon, etc.; sans odeur. Comestible.

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 85

Agaric violet, Ag. ionidas, planche XX, fig. 94.

Ag. purpuraceus, Pers., Myc. Eur., 3, p. 225; Kickx, p. 140; Fr. Epie, p. 65; Bull., t. 533, f. 3.

Chapeau charnu, campanule convexe, fauve purpurin ou liliacin clair, marge enroulée, pruineuse; chair sapide, blanche. Lamelles blanches puis pâlissant un peu, minces, serrées émarginées, décur- rentes par une dent. Pédicelle charnu fibreux, élasLique, villeux, atténué en bas, d'une couleur fauve pâle. Spores blanches.

Eté, automne. Comestible.

Agaric sordide, Ag. sordidus, planche XV, fîg. 63. Fr. Epie, -p. 70; Quel., p. 47.

Chapeau campanule ou plan ondulé, liliacin, puis brun violacé; chair inodore, grise lilacinée, marge striée en vieillissant, large de 3 à 6 centimètres. Lamelles arrondies puis sinuées, décurrentes, assez serrées, puis espacées, violettes, légèrement fuligineuses. Pédicelle mince, court, 3 à S centimètres, fibreux, blanchâtre, pruineux au sommet.

Octobre à décembre dans les jardins. Comestible.

Agaric couleur de terre, Ag. terreus, planche XXXII.fîg. 171. Sowerb., t. 76 ; Schseff., t. 64 ; Smith, t. 44, f. 2; Ag. argiracens, Bull., t. 573, f. 2 ; Fr. Epie, p. 57 ; Kickx., p. 158 ; Quel., p. 42.

Chapeau charnu, mou, fragile, mamelonné, couvert d'écaillés fibrilleuses, gris fauve ; chair blanche. Lamelles émarginées, décurrentes par une dent, ondulées, blanchâtres. Pédicelle plein, blanchâtre, un peu cendré et écailleux; odeur de plume brûlée. Eté, automne. Comestible.

Agaric géotrope, Ag. geotropus, planche XI, fig. 38. Grev., t. 41 ; Sow., t. 61 ; Batsch., f. 204 ; Bull., t. 573, f. 2 ; Fr. Epie, p. 96.

Chapeau charnu, convexe, puis plan, et en entonnoir, mame- lonné au centre à bord légèrement replié en dessous, surface lisse comme satinée, d'une couleur blanc jaunâtre ; chair blanche. Lamelles inégales, simples, nombreuses, décurrentes, droites aiguës aux deux extrémités, de la couleur du chapeau. Pédicelle blanc, plein, compacte, fibrilleux, atténué en haut, velu à la base. Automne, à terre, dans les bois. Comestible.

86 DESCRIPTION DES ESPÈCES

Agaric pruineux, Ag. pruinosus, planche XI, fîg. 4U. Lascli., e. specc. et descr. Ed. i, p. 75; Icon., t. 57, f. 3; Quel., p. 216, Fr. Epie, p. 101.

Chapeau charnu, membraneux, ombiliqué, puis en entonnoir, large de 3 à 5 centimètres, lisse, cendré, brun couvert d'une efflo- rescence, gris de plomb. Lamelles étroites, serrées, adnées, décurrentes, brunâtres. Pédicelle plein, grêle, fibrilleux, blanc gris, épaissi villeux et blanc à la base. Automne, dans les gazons.

Comestible.

Agaric des bruyères, Ag. ericetorum, planche XIII, lig. 50. Fr. Epie, p. 99 ; Bull., t. 551, f. 1; Quel., p. 53.

Chapeau charnu, plan-concave, souvent excentrique, brillant, blanc. Lamelles brièvement décurrentes, un peu espacées, réunies par des veines blanches. Pédicelle plein, mou, floconneux en dedans, mince, atténué vers le bas. Automne, dans les bois.

Comestible.

Agaric parfume, Ag. fragans, planche XIII, fig. 51. Pers., Mye.Eur.,Z,t 27, f. o; Kroinbh., t. 1, f. 34, 38; Letell., t. 658; A. gralus, Schum., Fr., p. 105 ; Quel., p. 55.

Chapeau charnu, membraneux, convexe, puis plan, lisse, enfin déprimé, à bords striés, d'un blanc terne; chair aqueuse. Lamelles nombreuses, adnées, subdécurrentes, aiguës, peu serrées, blanchâtres ou jaunâtres. Pédicelle d'un jaune clair, court, plein, puis creux, inégal, ordinairement flexueux, souvent velu à la base, un peu pruineux au sommet. Automne, septembre., octobre, parmi les mousses, dans les prés, les bois; odeur agréable se rapprochant de celle de l'anis. Très bon en salade.

Agaric jarre, Ag. obbatus, planche XIII, lig. 53. Berkl., A. br. n. 1200 ; Quel., p. 54 ; Dali., t. 248, f. 6 ; Fr. Epie, p. 101; Ag. tardus cinereus, Pers., Myc. eur., 3, p. 81.

Chapeau submembraneux, convexe-plan, 3 à o centimètres, grandement ombiliqué, glabre, souvent strié jusqu'au milieu, cendré de jaunâtre foncé, très aqueux. Lamelles peu décurrentes, espacées, larges, cendrées obscures, couvertes d'une pruine blanche. Pédicelle cylindrique, fîstuleux, allongé, glabre, nu, d'un jaune cendré, strié de blanc. Dans les bois, en automne.

Comestible.

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 87

Agaric gigantesque, Ag. giganteus, planche XV, fig. 60. Sow., t. 244; Quel., p. 51; Huss., I, t. 79; Fr. Epie, p. 93; Ag. stereopus, Pers., M. E., 3, p. 72 ; Ag. infundibuliformis, Iloffman.

Chapeau charnu, convexe -plan, ondulé, infundibuliforme, villeux par l'humidité, floconneux, crevassé, écailleux, couleur de cuir, blanchâtre; marge mince, enroulée, puis sillonnée et ridée, large de 2 à 3 décimètres. Lamelles peu décurrentes, très serrées, minces, réunies par des veinures blanchâtres, puis rous- sâtres. Pédicelle épais, spongieux, à écorce dure, villeux au sommet, blanchâtre; odeur herbacée. Automne, Chantilly, Fon- tainebleau. Meudon. Comestible.

Agaric à odeur suave, Ag. suaveolens, planche XV, fig. 61. Schum., FI. dan., t. 1912, f. 1; .S'. M. I., p. 91 ; A. nedeosmus, Pers., Myc. Eur., 3, n. 121 ; Quel., p. 54; Fr. Epie, p. 102.

Chapeau charnu, mince, convexe-plan, puis déprimé, lisse, blanc par l'humidité, le centre souvent plus obscur, devenant blanc en vieillissant; chair blanche. Lamelles adnées, décur- rentes, serrées, minces, blanches. Pédicelle plan puis creux, élastique, épaissi et villeux à la base, blanc; d'une odeur et saveur suaves. Eté et automne, dans bois, les mousses. Comes- tible.

Agaric couleur bronzé, Ag. molybdinus, planche XIV, fig. 57. S. M. L, p. 49 ; Bull., t. 523 ; A. fumoso, Pers.; Fr. Epie, p. 89.

Chapeau ordinairement large de 10 à 15 centimètres, marge enroulée, d'une couleur plombée, son sommet est légèrement bistré ; chair jaunâtre, mince. Lamelle d'un gris blanchâtre, très large, et formant avec le pédicelle un angle droit ren- trant. Pédicelle nu, plus ou moins long, légèrement recourbé à la base, écailleux au sommet. Commun en automne, dans les bois. Fontainebleau, Chantilly, Saint-Germain, Meudon. N'est pas vénéneux, mais sans saveur.

Agaric de l'automne, Ag. brumalis, planche XV, fig. 64. Berkl., Outl., p. 112; Secr., n. 1041 ; Bull., t. 278, A. B., Fr. Epie, p. 103; Quel., p. 54.

Chapeau assez mince, convexe plan, puis concave, luisant par le temps sec, puis jaunâtre. Lamelles arquées, décurrentes, ser-

88 DESCRIPTION DES ESPÈCES

rées, d'abord blanchâtres, puis jaunâtres avec l'âge. Pédicelle recourbé, cotonneux, laineux, blanc à la base, blanc grisâtre au sommet, fistuleux, strié, élastique. Odeur et saveur très agréables. Automne. Comestible.

Agaric odorant, Ag. odorus, planche XV, fig. 65. Sowerb., t. 42; Krombh., t. 67. f. 20, 21; A. anisalus, Pers., Ois. et Myc. Europ ; Bull., t. 556 ; Fr. Epie, p. 83 ; Quel., p. 83.

Chapeau peu charnu, mince, d'abord convexe, puis plan, jamais visqueux, légèrement mamelonné au centre. Ses bords sont sou- vent relevés, large de 4 à 8 centimètres, d'une couleur vert cen- dré, plus ou moins pâle, mélangé de gris ; chair blanche ou gri- sâtre. Lamelles minces, adnées, subdéeurrentes; un tiers à peine arrive jusqu'au pédicelle, d'un blanc pâle, légèrement incarnat. Pédicelle élastique, cylindrique, nu, d'une longueur de 4 à 6 cen- timètres, et de la couleur du chapeau, un peu épaissi à la base, recouvert d'un duvet. La figure 66 représente un petit Oclorus à chapeau plan. Odeur très agréable d'anis.

Eté et automne. Comestible.

Agaric en bassin, Ag. catinus, planche XVI, fig. 68. A. suavis, Pers., M. £., 3, p. 59 ; Bull., t. 286 ; Sec?:, 993 ; Fr. Epie. p. 99; Quel., p. 215.

Chapeau plan, puis excavé, large de 4 à 5 centimètres, lisse et blanc, incarnat par la pluie et jaunâtre cuir par le sec; chair flasque, blanche, mince. Lamelles obliques, décurrentes, minces, toujours blanches. Pédicelle spongieux, élastique, blanc, coton- neux à la base; très odorant. Dans les bois.

Automne. Comestible.

Agaric flasque, Ag. flaccidus, planche XVI, fig. 69.

Pers., Myc., p. 82; A. infundibuliformis, Bull., 553, Fr. Epie, p.

Chapeau mince, flasque, à peine charnu, déprimé, puis en entonnoir, lisse, large de 5 à 7 centimètres, d'une couleur fauve ou roussâtre. Lamelles nombreuses, décurrentes, étroites, arquées, jaunâtres. Pédicelle d'un jaune clair, court, plein, inégal, flexueux, velu à la base. Eté et automne, dans les bois, souvent en touffes. Donne des coliques.

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMNOPUS 89

Agaric nébuleux, Ag. nebulosus, planche XVII, fig. 75. A. c/iprolanus, Bull., t. 400 ; Paul, Ch., t, 79, f. 1, 5; A. marinaceus, Goonn, et Rab., t. 10, f. 2; A. canabriculatus, Schum.; Fr. Epie, p. 79.

Chapeau compacte, convexe plan, large de 10 à 12 centimètres, obtus, grisâtre, saupoudré d'une pruine grise, luisant au soleil ; chair compacte, blanche. Lamelles serrées, minces, arquées, adnées, puis un peu decurrentes et égales, d'un blanc pâle. Pédi- celle plein, spongieux, élastique, atténué en haut, blanchâtre. Odeur faible de farine. Donne des coliques.

Agaric visqueux, Ag. viscidus, planche XIX, fig. 83. Agaricus, Linn., Suec, n. 1229; A. lubricus, Scop., II, p. 447 ; A. rutilus, Schseff., t. 55 ; Krombh., t. 4, f. 5, 7 ; A. gomphus, Pers.; Fr. Epie, p. 400.

Chapeau compacte, campanule, puis étalé-mamelonné, large de 6 a 9 centimètres, légèrement visqueux, brillant par le temps sec, brun rougeâtre ; chair jaunâtre pâle. Lamelles très decurrentes, espacées, pâles à reflet olive, enfin brun pourpre. Pédicelle plein, allongé, fibrilleux écuilleux, jaunâtre, couleur cannelle en dedans, cortine non glutineuse, formant un anneau caduque. Spores nébu- leuses. Eté, automne, dans les bois de pins. Comestible.

Agaric ondulé, Ag. undulatus, planche, XIX, fig. 88. Pers., M. E., p. 112 ; Bull., t. 535, f. 2 ; Fr. Epie, p. 82.

Chapeau petit grêle, ondulé, inégal, mamelonné, plan-convexe, zone de blanc, strié sur les bords. Lamelles pressées, decurrentes, argileuses. Pédicelle long, un peu tors, fragile, fistuleux, blan- châtre. Odeur herbacée, sans saveur. N'est pas malfaisant.

Agaric, pied eu clou, Ag. clavipes, planche XXI, fig. 99. Pers., Syn., p. 353 ; A. mollis, Boit., t. 40 ; A. obeonicus, Schum., e. Descr.; Fr. Epie, p. 79.

Chapeau charnu, convexe plan, puis obeonique, large de 4 à 6 centimètres, lisse, glabre, sec, brun fuligineux, cendré livide, la marge un peu blanche, rarement blanc; chair molle, blanche. Lamelles longuement decurrentes, assez espacées, flasques, droites, larges, entières, blanches, souvent jaunes. Pédicelle plein, spongieux, conique, fuligineux livide. Été, automne, dans les bois. Odeur agréable. Comestible.

90 DESCRIPTION DES ESPÈCES

Agaric des caves, Ag. cryptarum, planche XXXII, fig. 170. Lév. Letell.

Chapeau conique, puis sphérique, blanc, couvert de petits tubercules nombreux, irrégu'iers; chair épaisse, blanche solide, ferme. Lamelles inégales, extrêmement étroites, s'insèrent à angle droit sur le pédicelle, qui est renflé en bas et aminci en haut. Vient en touffes, de grandeurs et de grosseurs différentes, sur une souche épaisse de mycélium, toute Tannée, dans les caves, les serres. Donne des coliques.

Agaric laque, Ag. laccatus, planche XIII, fig. 52. Schœff., t. 13 ; Kronibh., t. 43, f. 17, 20 ; Bull., t. 570 ; Batt., t. 18, G. L; Fr. Epie, p. 111 ; Quel., p. 55.

Chapeau charnu, membraneux, convexe, puis ombiliqué, hy- grophane, à épiderme finement écailleux et farineux, violet, lilas, incarnat, jaunâtre ou roux. Lamelles épaisses, adnées, d'un violet foncé, puis concolore et recouvertes d'une p'ruine blanche. Spores muriquées (voyez la figure), sphériques, blanches, un 100e de mil- limètre. Pédicelle tenace, fibreux, lilas, puis incarnat ou roux. Eté et automne, dans tous les bois. Comestible.

Agaric pied en fuseau, Ag. fusipes, planche X, fig. 34. Kronibh., t. 42, f. 9, 11 ; Berkl., Ou//., t. 5, f. 5 ; Ag. crassipes, Sdueff., t. 87, 88 ; Bull., t. 106, 516, f. 2 ; Fr. Epie, p. 108 ; Quel., p. 57.

Chapeau charnu, tenace, convexe, difforme, glabre, souvent fendillé, d'une couleur fauve, rougeâtre, pâlissant. Lamelles adnées, en anneaux, larges, espacées, réunies par des veines, variant du blanc au gris rougeâtre, et tachetées comme le chapeau de brun pourpre. Pédicelle en fuseau, tordu, sillonné, rougeâtre en haut, brun en bas, et longuement radicant. Eté et automne, en faisceaux au pied des troncs d'arbres.

Comestible, mais coriace.

Agaric à pied velouté, Ag. velutinus, planche XIV, fig. 58. Batsch., f. 112; Krombh., t. 44, f. 6, 9 ; Batt., t. 22, c; A. austriacus trait, Austr., t. 7 ; Fr. Epie, p. 115.

Chapeau peu charnu, convexe-plan, jaune fauve, glabre, un peu visqueux, marge plus pâle ; chair molle, jaunâtre. Lamelles libres, arrondies et larges, assez espacées, inégales, jaunâtres.

TROISIÈME SOUS-GENRE, (iYMNOPUS 91

Pédicelle recouvert d'un velours brun, prolongé en racine recour- bée. Automne et hiver, sur les souches. Coriace, saveur aqueuse. Comestible.

Agaric à pied gonflé, Ag. œdematopus, planche XIV, fig. 59. Schseff., t. 259; Fusiformis, Bull., t. 70 ; Fr. Epie, p. 112 ; A. bulbosus, Pall., Ross., L, t. 9, f. 2.

Chapeau peu charnu, petit, pulvérulent, plan, lisse, roux, très hygrophane. Lamelles décurrentes, serrées, blanches. Pédicelle solide, long, pulvérulent, très ventru au milieu, roux, mais plus pâle que le chapeau. D'une saveur agréable. Dans les bois, au printemps et à l'automne. Comestible.

Agaric butireux, Ag. butyraceus, planche XV, fig. 62. A. lejopus, Pers., le, pict., t. 2, f. 1, 3 ; Berkl., Oui!., p. 1 15 ; Batt., 1. 16, c; Bull, t., 572 ; Fr. Epie, p. 1 13.

Chapeau charnu, d'abord convexe, puis étalé, mamelonné, humide et gros, lisse, brun ou fuligineux, pâlissant; chair rousse, blanchissant. Lamelles presque libres, serrées, crénelées, blanches. Pédicelle iîstuleux, spongieux cartilagineux, strié, conique, rous- sâtre ou bistré, renflé et laineux à la base. Été et automne, dans tous les bois. Coriace. Comestible.

Agaric retourné, Ag. inversus, planche XVI, fig. 67. Scop., Car/i., p. 445; Schœll., t. 65; Berkl., Ou//., p. 111.; Bull., t. 553 ; A. infundibuliformis, Fr.Epic, p. 96.

Chapeau charnu, presque fragile, convexe-plan, puis en enton- noir, festonné, large de 5 à 8 centimètres, très glabre, humide, roux ou brique, puis alutacé ; chair mince, compacte, jaunâtre. Lamelles décurrentes, serrées, blanchâtres, avec une arête con- colorc. Pédicelle le plus souvent creux, à écorce rigide, glabre, blanchâtre, à la base il est jaune et villeux. Croît à l'automne en groupe ou seul, dans les bois de pin. Coriace. Non vénéneux.

Agaric dryophile, Ag. driophilus, planche XVI, fig. 70. Berkl., Outl., p. 119 ; Bull., t. 434; de Seyne, Month., p. 144 ; Fr. Epie, p. 122.

Chapeau mince, tenace, plan-convexe déprimé au centre, fauve, roux grisâtre ou jaunâtre. Chair blanche, mince. Lamelles presque libres, décurrentes par une petite denticule, serrées, étroites,

92 DESCRIPTION DES ESPÈCES

planes, blanches ou pâles. Pédicelle fîstuleux, glabre, grêle, épaissi à la base, jaunâtre ou roux. Très commun au printemps, à l'automne, dans les bois. Comestible.

Agaric ventru, Ag. ventricosus, planche XVIII, fig. 79. Bull., t. 411, f. 1 ; Fr. Epie, p. 120.

Chapeau conique, puis étalé, lisse, couleur terre d'ombre pâle. Lamelles concolores, jointes, sinueuses, presque décurrentes. Pédicelle allongé, ventru à la base, qui est fusiforme, allongée, jaunâtre. Assez commun sur la terre, les fumiers, dans les bois. Saveur aqueuse. Non malfaisant.

Agarie contractile. Ag. clusilis, planche XVIII, fig. 80. Secr., n. 1007 ; A. umbilicatus, Bull., t. 411, f. 2; Fr. Epie, p. 129.

Chapeau lisse, convexe-plan, légèrement ombiliqué, à bord réfléchi, d'un blanc chamois, luisant, strié, chair fauve. Lamelles adhérentes, jaunâtres, un peu décurrentes. Pédicelle creux, fîstu- leux, lisse, grêle, d'un blanc grisâtre.

Eté, dans les bois. Comestible.

Agarie aqueux, Ag. aquosus, planche XVIII, fig. 81. Sommerf., Lapp., p. 284, Secr., n. 737; Fr. Epie, p. 122 ; Bull., t. 12.

Chapeau plan, peu charnu, mou, aqueux, d'un blanc jaunâtre, à bord strié, large de 2 à 3 centimètres. Lamelles libres, rousses, presque dentées. Pédicelle fistuleux, d'une couleur fauve, ayant des fibrilles blanchâtres à la base. Septembre, octobre, dans les bois, parmi les mousses. Comestible.

Agaric tortu, Ag. contortus, planche XVIII, fig. 82.

Kichx, p. 147; Paul, Ch., t. 50; Bull., t. 36; Batt., t. 9; Fr. Epie, p. 112.

Chapeau charnu, moyen, d'un roux foncé, convexe, mamelonné, sec au centre. Lamelles blanches, arrondies, adnées, espacées, décurrentes par une dent. Pédicelle flexueux, tortu, dressé, rameux, glabre, plein d'un rouge foncé, noir et épais h la base, presque conique. Saveur amère. Coriace.

Agaric à long pied, Ag. longipes, planche XIX, fig. 85.

Berkl., Outl., p. 112; A. pudens, Pers., M. E., 3. p. 140; A. macrourus, 2; Scop., Bull., t. 232; Fr. Epie, p. 110; Batt., t. 20 ; f. A.; Krombh., t. 1, f. 31.

Chapeau coriace, conique, puis plan, peu mamelonné, couleur

TROISIÈME SOUS-GENRE, GYMN0PUS 93

de cuir ou fauve pâle, muni de poils érigés, roux; chair blanche. Lamelles très espacées, larges, arrondies, blanc de lait. Pédicelle long, fibreux, fragile, couvert d'un velours brun doré, sillonné dans toute sa longueur. Odeur et saveur de noisette. Eté, automne, dans le sol, le bois pourri, bruyères. Comestible.

Agaric des devins, Ag. hariolorum, planche XX, fig. 9b. DC, FI. Fr., 11, p. 182; A. sagarum, secr., n. 735; Bull., t. 585, f. 2; Fr. Epie, p. 117; Quel., p. 59.

Chapeau submembraneux, tenace, campanule, convexe, puis aplani, obtus ou déprimé, large de 5 centimètres, lisse, glabre, blanchâtre, faiblement strié à la marge. Lamelles libres, peu ser- rées, linéaires, blancliâtres. Pédicelle cartilagineux, fistuleux, un peu comprimé, d'une couleur brun roux, et recouvert d'un duvet laineux blanchâtre, nu et pâle au sommet. Bulliard le nomme Agaric des devins.

Été et automne, sur les feuilles, dans les bois. Comestible.

Agaric à pied en forme de lance, Ag. lancipes, planche XXI, fig. 97. Paul, Ch., t. 118; Krombh., t. 42, f. 6, 8; Fr. Epie, p. 112; A. crassipe- dem ducit, Seyne.

Chapeau peu charnu, convexe-plan, puis hémisphérique, glabre, rugueux, brillant par le sec, d'une couleur roux brun, livide, à marge striolée, large de 5 à 8 centimètres. Lamelles émarginées, adnées, libres, ventrues, espacées, distinctes, blanches. Pédicelle long de 8 à 15 centimètres, étroit, flexible, lisse, luisant par le sec, fauve pâle, se prolonge à la base en racine forme de lance, Été, automne, dans les bois, Meudon, etc. Comestible.

Agaric clou, Ag. clavus, planche XXIV, fig. 124. Paul, Ch., t. 97, f. 3; Bull., t. 148, A. C; Cooke, Brit., p. 6U; Linn., FI. suce, n. 1212; Kickx, Bely., p. 150; Quel., p. 63.

Chapeau peu charnu, très mince, convexe, puis plan, avec une papille centrale, large de 5 à 6 millimètres, glabre, brillant, d'une couleur orangé écarlate, avec le disque souvent plus foncé, et la marge striée. Lamelles libres, un peu serrées, blanches. Pédicelle court, filiforme, glabre, blanchâtre, un peu hérissé à la base. Eté et automne, dans les bois, sur les rameaux et les brindilles. N'est pas mangeable.

94 DESCRIPTION DES ESPÈCES

Agaric esculent, Ag. esculentus, planche XXV, tig. 134. Wulf, m. jacq., Coll. II, t. 14, f. 4; Lenz., f. 18; VailL, t. 11, f. 46, 18 ; A. pcrpendicularis, Bull., t. 422, f. 2; Fr. Epie, p. 121 ; Quel., p. 62.

Chapeau mince, convexe-plan, orbiculaire, lisse ou strié par le sec, argileux ocracé, souvent brunâtre; chair tenace, blanche, sapide. Lamelles libres ou décurrentes, très larges, assez espacées, blanchâtres. Pédicelle raide, lisse, brillant, jaune d'argile, terminé par une longue racine perpendiculaire. Printemps. Comestible.

Agaric à pied châtain, Ag. phseopodius, planche XXXVII, fig. 19b. S. M. I., p. 122; Bull., t. 532, f. 2; Secr., n. 653; Fr'Epic., p. 113.

Chapeau charnu, puis convexe-plan, mamelonné, large de 8 à 10 centimètres, glabre ; les bords sont sinués, d'une couleur variant entre le roux et le brun ; chair un peu fauve. Lamelles blanches, inégales, aiguës à la base, presque libres. Pédicelle plein, épaissi aux deux extrémités, glabre, d'une couleur variant du noir au brun. Été, automne, dans les bois. Comestible.

Agaric des collines, Ag. collinus, planche XXII, fig. 102. Schœff., t. 220; A. arundinaceus, Bull., t. 403, f. 1; Paul, t. 104, f. 7, 9; S. M. I., p. 124; Scop., Carn., p. 132; Fr. Epie, p. 119.

Chapeau charnu, membraneux, campanule, puis mamelonné et étalé, large de 3 à 6 centimètres, glabre, un peu visqueux, strié, lisse et brillant, brun ou cuir pâle; chair mince, blanche. Lamelles libres, puis écartées, assez espacées, larges, blanchâtres. Pédicelle fistuleux, assez fragile, lisse, glabre, blanc pâle, pubescent à la base. Automne, dans les herbes. Comestible.

SOUS-GENRE, OMPHALIA

Les Champignons de ce groupe ont le chapeau entier, charnu ou membraneux, en entonnoir ou déprimé au centre, et à marge droite des mycéna. Lames d'inégales longueur, ni succulentes, ni lactescentes, le plus souvent décurrentes, ne noircissant pas, ne se détachant pas facilement du chapeau. Pédicelle nu et central, le plus souvent coriace, absence de collier ; espèce terrestre, de pe- tite taille. Spores blanches.

CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 9b

Agaric hydrogramme, Ag. hydrogrammus, planche XI, fig. 37. A. streptopus, Pers., M. E., 3, p. 82; Bull., t. 674; Letell., le., t. 605; Fr. Epie, p. 154; Quelet, p. 218.

Chapeau membraneux, flasque, fortement ombiliqué, étalé, large de 5 à 7 centimètres, hygrophane, un peu ondulé et strié. Lamelles longuement décurrenles, très serrées, étroites, arquées, inégales. Pédicelle fistuleux, cartilagineux, comprimé, ondulé, allongé, base radicante, laineuse et blanche. Automne, sur les feuilles mortes, dans les bois. Comestible.

Agaric fichet, Ag. fibula, planche XXII, fig. 110. Berkl., Outl., p. 433; Kickx, p. 157; Bull., t. 186, 550, f. 1; Fr. Epie, p. 164; Pers., Myc. Eut:, 3, n. 100, 102; Quel., t. 4, f. 5.

Chapeau membraneux, capuchonné, puis ouvert, ombiliqué, orangé, légèrement strié, moins coloré parle temps sec ; on le trouve encore avec un chapeau gris fauve ou blanc. Lamelles très décurrentes, larges, espacées, blanchâtres. Pédicelle plein, puis fistuleux, filiforme, concolore, pâle. Été et automne, dans les gazons, les forêts. Ne se mange pas.

Agaric ombellifère, Ag. umbelliferus, planche XXII, fig. 112. A. ericetorum, Pers., pr. p. var. a.; Berkl., Outl., p. 132; .4. niveus, FI. dan., t. 1015 ; A., Fr. Espic, p. 160; Quel., p. 65.

Chapeau un peu charnu, membraneux, faiblement ombiliqué, large de 1 à 2 centimètres, aqueux par les temps humides, légère- ment strié, lisse, soyeux, floconneux, marge infléchie, crénelée. Lamelles triangulaires, larges en arrière, assez espacées d'un blanc ocracé. Pédicelle plein, puis creux, glabre, blanc villeux à labase .Sur les bords des mares ,été, automne. Ne se mange pas.

5e SOUS-GENRE, MYCENA

Léveillé comprenait dans le genre Mycena, les Pleurotus, Vol- varia, Pluteus, Enioloma, Clitopilus, Leptonia, Nolanca, Pho- liota, Hebeloma, Flammula, Naucaria, Galera, Crepidolus, de Fries. Ces genres seront décrits par ordres, tout en donnant à chaque section le plus d'indépendance possible, pour la rendre complète en elle-même.

Ces Champignons ont leur chapeau le plus souvent en cloche,

96 DESCRIPTION DES ESPÈCES

membraneux, presque transparent, à peine ombiliqué, marge plus ou moins striée. Lamelles non décurrentes, unicolores se des- séchant facilement, ne noircissant pas en vieillissant. Pédicelle cartilagineux, allongé, fistuleux, pas de volva, pas de collier; Champignons épiphytes. Spores blanches.

Agaric en casque, Ag. galericulatus, planche XXII, fig. 103. Scop., Carn., p. 455; Schœff., t. 32; Bull., t. 518, f. C. D. E., Paul, t. 122, f. 7, 8; Fr. Epie, p. 138; Quel., p. 70.

Chapeau membraneux, conique, en cloche, strié, mamelonné, livide, pâle, cendré ou fauve. Lamelles adnées décurrentes par une dent, assez serrées, blanchâtres ou incarnat. Pédicelle te- nace, lisse, glabre, pâle, à racine olique, courte, hérissée. Toute Tannée sur les souches pourries des forêts. Très coriace.

N'est pas vénéneux.

Agaric rose, Ag. roseus, planche XXII, fig. 104.

A. roseus, Batsch., f. 20; FI. dan., t. 1612; Pers., Syn., 393, t. 5, f. 3.

Chapeau campanule, petit, 1 à 5 centimètres, obtusément ma- melonné, à bord strié, d'une couleur rose. Lamelles adhérentes, adnées blanches, à bord plus obscur. Pédicelle filiforme sans suc, pâle, à base velue. D'août à novembre, sur les rameaux, les feuilles, ou en groupes. Comestible.

Agaric pur, Ag. purus, planche XXII, fig. 107.

Paul, t. 119; A. collinus, Larbr., t. 13, f. 4; Bull., t. 507; Pers., Syn., p. 339; Fr. Epie, p. 133.

Chapeau peu charnu, en cloche, puis plan, faiblement mame- lonné, rose, liliacé, violet grisâtre ou blanc, marge striée. Lamelles sinuées, adnées, très larges, réunies par un réseau, blanchâtres. Pédicelle rigide, lisse, blanchâtre, laineux à la base ; odeur forte, saveur désagréable de radis. Eté et automne. Ne se mange pas.

Agaric rayé, Ag. lineatus, planche XXII, fig. 109.

Pers., S. M., L, p. 152; Fr. Epie, p. 134; Bull., t. 522, f. 3; Quelet, p. 68.

Chapeau capuchonné., campanule, obtus, large de 2 à 3 centi- mètres, sillonné, rayé, glabre, jaunâtre. Lamelles linéaires, adnées, assez espacées, blanches. Pédicelle filiforme, allongé et muni d'abondants poils blancs à la base. Sur les feuilles et les mousses. Été et automne. Ne se mange pas.

CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 97

Agaric fauve blanc, Ag. flavo-albus, planche XXIII, fig. 120. Ed. L, p. 103; Berkl. et Br., n. 989; A. pumilus, Bull., t. 260; A. terreus, Pers., M. E., 3, 403; Fr. Epie, p. 135.

Chapeau peu charnu, campanule-convexe, puis plan, un peu mamelonné, glabre, large de 2 à 3 centimètres, fendillé par le sec, d'une couleur jaune blanc ou blanc. Lamelles blanches, libres et espacées, séparables, ventrues, planes. Pédicelle fistuleux, raide, d'un blanc transparent. Été et automne, dans les bois, entre les mousses. Comestible.

Agaric des écorces, Ag. corticalis, planche XXIII, fig. 121. Schumsaell, n. 4689, S. M., L, p. 159; Mich., t. 74, f. 8; Lasch., in Linn., n. 203; Fr. Epie, p. 153; Hiemalis, Quel., p. 75.

Chapeau très mince, hémisphérique, obtus puis ombiliqué, sillonné, large de 2 à S millimètres, d'une couleur fauve, violacé ou ocracé au sommet, glabre et floconneux, pruineux. Lamelles adnées par une dent, larges, espacées, plus pâles que le cha- peau. Pédicelle grêle, fistuleux, court, courbe, blanchâtre, violacé ou brunâtre. Automne et hiver, sur les troncs, pruniers, chênes, saules, sapins. Ne se mange pas.

Ces Champignons ont le voile non distinct de l'épidémie. Lamelles arrondies, libres. Spores rosées.

Agaric nain, Ag. nanus, planche XXVII, fig. 143. Berkl., Oui/., p. 141; A. pyrrospermus, Bull., t. 547, f. 3; Pers., Syn., p. 357; Fr. Epie, p. 187; Quel., p. 82.

Chapeau campanule-convexe, puis plan, brun, souvent finement et élégamment granulé et ridé, laissant voir un fond jaunâtre, large de 4 à 6 centimètres. Lamelles libres, assez serrées, jaune, pâle ou rougissant un peu. Pédicelle plein, grêle, fibrilleux, jaune brillant ou très pâle, un peu recourbé et blanc, tomenteux à la base. Spores rosées, rondes, petites, un 200e de millimètre.

Été sur le bois mort. Ne se mange pas.

Agaric velu, Ag. ephebeus, planche XXXIV, fig. 181. Syn. myc, L, p. 238; Monag., p. 264; A. villosus, Bull., t. 214; Fr. Epie, p. 186.

Chapeau moyen, campanule, puis plan, un peu velu, d'une cou- leur violet purpurin. Lamelles libres, un peu serrées, arron-

7

98 DESCRIPTION DES ESPÈCES

dies, ocracées, pâles. Pédicelle cylindrique, plein, blanc, un peu recourbé à la base, égal. Eté, automne, sur le bois mort, le chêne. Non comestible.

Champignons à chapeau charnu, fibreux, marge incurvée. La- melles sinuées. Terrestre. Spores grandes, sphériques, rosées.

Agaric ondulé, Ag. répandus, planche X, fig. 36. BerkI., Engl. PL, V., p. 78; Cooke, p. 191 ; Bull., t. 423, f. 2; Fr. Epie, p. 190.

Chapeau moyen, charnu, convexe, puis plan, obtusément ma- melonné, lisse, d'une couleur jaune rougeâtre, sur un fond blanc, à bords sinueux, brisés parfois. Lamelles libres, larges, arrondies, d'un blanc pâle. Pédicelle solide, blanc, fibro-squammeux au sommet, spores globuleuses, ocracé. Mai, juin, dans les bois; saveur désagréable, odeur nauséeuse. Vénéneux.

Agaric rose grisâtre, Ag. rhodopolius, planche XI, fig. 41. BerkI., OutL, p. 145; Krombh., t. 53, f. 17, 22; Fr. Epie, p. 195; Boit., t. 6; Quelet, p. 227.

Chapeau campanule, bossu, glabre, peu charnu, large de G à 12 centimètres, d'une couleur brune ou livide pâlissant, puis isa- belle, soyeux, brillant, marge festonnée, brisée, blanche. La- melles adnées, séparables, un peu sinuées, grossièrement den- telées, blanches puis rosées. Pédicelle creux, glabre, strié, blanc, pruineux au sommet. Eté et automne, dans les forêts.

Ce Champignon a une mauvaise odeur; saveur désagréable. Vénéneux.

Agaric inodore, Ag. inodorus, planche XXII, fig. 111. A. sericellus candidus, Fr. Epie, p. 194; A. sericeus, Alb. et Schic, n. 528; A. molliusculus, Lasch.,n. 265; A. inodorus, Bull., t. 524, f. 2.

Chapeau membraneux, à stries serrées, hygrophane, d'un brun fuligineux, très brillant par le sec, convexe-plan, mamelonné large de 3 à 4 centimètres. Chair fauve pâle. Lamelles sinuées, assez serrées, grises puis brunes. Pédicelle grêle, fibreux, fistuleux, gri- sâtre, brillant. Spores sphériques, rosées. Été et automne. En groupe dans les gazons ; mauvais goût. Non vénéneux, mais pas mangeable.

-

CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYCENA 99

Agaric fertile, Ag. fertilis, planche XXVII, fîg. 142. Berkl., Ont/., p. 142; Pers., p. p.; A. phonospermus, Bull., t. 547, F. 1 et 590; Fr.JEpic.,?. 193.

Chapeau glabre, campanule, mince, mamelonné, d'une couleur livide noirâtre, pâle ou grise. Lamelles adhérentes, larges, dis- tinctes, d'une couleur incarnat, souvent comme dentées. Pédi- celle plein, glabre, blanchâtre, comme pointu à la base, odeur de farine récente; dans les prés, le long des chemins. Comestible.

Agaric sinué, Ag. sinuatus, planche XXVI, fig. 138.

Pers., Myc. Eut:, 3, n. 281; Cooke, p. 90; Oudein., p. 26; Fr. Epie, p. 189.

Chapeau compacte, glabre, sinué, lobé, d'abord convexe, puis se déprimant, d'un blanc jaune, très grand, 8 à 12 centimètres. Lamelles très serrées, presque soudées, très larges, d'une couleur rousse et adnées. Pédicelle épais, plein, à peu près égal, d'une couleur blanche. Automne sur la terre, dans les bois. Comestible.

Agaric ardoise, Ag. ardosiacus, planche XXVII, fig. 145. Berkl., Outl., p. 144; Bull., t. 348; Fr. Epie, p. 191.

Chapeau charnu, humide, conico-campanulé, fragile et se fen- dillant, d'un beau bleu lilas fugace, puis bleu d'acier, à la fin il devient cendré et finement fibuleux. Lamelles sinuées, libres, un peu larges, d'un blanc grisâtre, puis incarnat. Pédicelle épais, fibreux, aqueux, grisâtre, à stries blanches et liliacées ; odeur de farine ou de fruit. Automne, dans les prés, les bois humides. Comestible.

Agaric satiné, Ag. sericeus, planche XXVIII, fig. 151. Berkl., Outl., p. 145; Seyn., Montp., p. 98; Bull., p. 413, f. 2; A. pascuus, Pers., Syn.; A. vulgo, Fr. Epie, p. 196.

Chapeau membraneux, à stries serrées, hygrophane, d'une cou- leur brun fuligineux, très brillante par le temps sec, convexe plan, puis mamelonné, large de 3 à S centimètres. Pédicelle grêle, fibreux, fîstuleux, grisâtre, brillant. Spores sphériques, rosées, un 100e de millimètre. Été et automne, en groupes dans les prés, les gazons. La chair de ce Champignon est fauve pâle.

Ne se mange pas.

Agaric livide, Ag. lividus, planche XXXIV, fig. 177. Fr. Epie, p. 189; Bull., t. 382; Quelet, p. 83.

Chapeau charnu, plan-convexe, bosselé, sec, soyeux, marge

100 DESCRIPTION DES ESPÈCES

jaunâtre en dessous. Lamelles très larges, fortement sinuées, arrondies, décurrentes par une dent, espacées. Pédicelle fort, recourbé et renflé à la base, fibreux, dur et blanc; chair blanche, fibreuse, fragile; odeur agréable, saveur nauséeuse. Spores gran- des, rosées, sphériques. Eté, automne, clans les bois. Vénéneux.

Chapeau irrégulier plus ou moins déprimé ou ombiliqué. Lamelles longues, décurrentes, Champignons odorants. Spores rosées.

Agaric orcelle, Ag. orcella, planche XXVIII, fig. 147. Vittad., t. 12, f. 2; Batsch., f. 216; Bull., t. 573, f. 1 ; Fr. Epie, p. 197; Secr., 558.

Chapeau charnu, mou, convexe, puis étalé, ondulé et difforme, blanc ou un peu grisâtre, glacé et visqueux par le temps humide, marge plus mince, enroulée, blanche, farineuse. Lamelles très décurrentes, serrées, blanchâtres à peine jaunâtres , à reflet incarnat. Pédicelle blanc, épaissi aux deux extrémités, la base est couverte d'un duvet blanc. Printemps, bord des bois ; odeur agréable de farine. Comestible.

Agaric prunelle, Ag. prunulus, planche XXVÏI, fig. 149. A. albellus, Schœff., t. 78; A. pallidu.t, Sowerb, t. 143; Krorubh., t. 55, f. 7, 8; Berkl., OutL, t. 7, f. 7; Quelet, t, 5, f. 3; Fr. Epie, p. 197.

Chapeau compacte, grisâtre au centre, assez régulier, marge farineuse, blanche, enroulée. Lamelles minces, décurrentes, as- sez serrées, blanches d'abord, puis incarnat. Pédicelle épais strié, cotonneux à la base, blanchâtre. Spores rosées, assez grandes. Printemps, été, bord des bois, odeur agréable de farine. Comestible.

Chapeau à marge d'abord incurvée. Lamelles les plus grandes adnées avec ou sans dent. Spores rosées.

Agaric pied brillant, Ag. lampropus, planche XXVII, fig. 146. Berkl., OutL, p. 146; Fr. Epie, p. 202; Quelet, p. 88; A. ylaucus, Bull., t. 521.

Chapeau peu charnu, convexe, étalé, obtus, puis déprimé, écailleux, d'une couleur gris fuligineux ou gris de souris, se déco- lorant par l'humidité. Lamelles adnées, séparables, d'abord blan-

CINQUIÈME SOUS-GENRE, MYGENA 101

ches, puis roses. Pédicelle fistuleux, glabre, lisse, souvent cou- leur d'acier ou violacé. Dans les prés, Tété. Ne se mange pas.

Agaric dentelé, Ag. serrulatus, planche XXVIII, fig. 148.

Pers., Syn.,1., 463; A. columbinus, Bull., t. 413, fig. 1; Berkl., Outl.,

p. 146; Fr. Epie, -p. 203.

Chapeau peu charnu, convexe, puis ombiliqué, écailleux; jeune il a une couleur bleu noirâtre et devient ensuite fuligineux. La- melles adnées, larges au milieu, bleuâtre pâle, avec l'arête noi- râtre puis grise. Pédicelle égal, fistuleux, glabre, blanchâtre ou azuré. Dans les gazons, été et automne. Ne se mange pas.

Agaric papilé, Ag. mammosus, planche XXV, fig. 136. Kickx., p. 103; Batsch., f. 5; Bull., t. 526; Fr. Epie, p. 207.

Chapeau membraneux, campanule conique, mamelon pointu, brun, strié, isabelle et soyeux par le temps sec, un peu glabre. Lamelles libres, séparables, ventrues, non serrées, grises ou blanches, et enfin rosées. Pédicelle fistuleux, allongé, rigide, blanc farineux, un peu épais au sommet. Printemps et été, dans les bois, les gazons. Ne se mange pas.

Agaric variable, Ag. variabilis, planche XXIV, fig. 123. Pers., Obs., t. 5, fig. 12; Syst. mijc, L, p. 27o; Cum. syn., Berkl., Outl., p. 164, t. 10, f. 1; Kickx., p. 171; A. sessilù, Bull.,t.l52; Fv.,Epic, p. 213.

Chapeau très peu charnu, retourné en haut comme le montre la figure, il est fixé au moyen d'un pédicelle très court sur les rameaux morts. Lamelles convergeant vers un point excentrique, assez larges, espacées, d'une coloration variable, tantôt blanches, ou brunâtres fauves. Eté et automne, dans les bois humides, sur le bois mort. Ne se mange pas.

Agaric pygniée, Ag. pygmseus, planche XXIV, fig. 129. Bull., t. 523, f. 2; Fr., 3Ionor/., I., p. 368.

Chapeau membraneux, campanule, hémisphérique, mamelonné, ocracé, brunâtre, striolé, très hygrophane, large de 3 à 4