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TOYSOND'OR

ov LA FLEVR DES THRE^

SORS, EN LAQUELLE EST SVCCIN-Ï

iSlemcnt & mcthodiqucmcnc traid:c delà Pierre des Philofophcs, de fon ex- cellence, effets & vertu admirable,

PLVS

De fon Origine, & duvray moyen de pouuoir parucnirà la pcifcction.

ENRICHI ES DE FIGVRES , ET DES

propres Couleurs reprefentees au^y if ^felo cruelles doiueù necejjairement arrtuer en la pratique de ce bel Oeuure, ET 'BjcutillUs des plus graues mênummts de l^nhquit estant ChaU ^ens. Hébreux y oiegyfîtem ^ arabes , Grecs, que La^ tm$ , c^' étutfes ^uthems 4pproumz,

Par ce Grand Philofophc S A L O M O N T R I S M O S I N Précepteur de Paracclfe.

7radmB d'^lemxtid en François , O* commenté en fsrmt de T^r^phyafe fur chafque Chaùttre par L, /.

'5

A PARIS

Chez Charles Sevestre, rue S. lacques deuantles Machurins.

M. DC. XIL

TRES-HAVLT ET TRES-

I LL VST RE PRINCE, MON- SEIGNEVR FRANÇOIS DE BOVRBON, PRINCE DE CONTY, Souucrain de Chaftcau-Rcnaud, 3c Terres d'oultre Se deçà la Meuze, Gouuerneur ôc Lieutenant General du Roy aux Pays d'Anjou ^ Tou- raine, 5cle May ne. dcc.

ONSEIGNEVRy

Ceux qui popijjtfx de quelque al- \ tiere entrepn je ^fartent mconfide- rement les l^œu^ de leur confiace, foub:^le graue tableau de maintes fantai fies, ne fe donnent rien moins en Fexce:^inuente d^yrt tjprit fort en bouche , qn,'yne ferme aijeurance de tout bon &* heureux fucce:^, lefquelsce ne-* antmoins decheus de cette profperité 'Vainement eflaucheej font maintef ois contraints de chan- ger de propos, (^ iuger autrement , par yn defauantage promftement efmaidè fur la légè- reté des papons immodérées ,que le trifle eue^ nement de cette imprefion ne s en efioit promis -, déplorant à loifir le cours de leus erreurs conceus

i cotre-poil detejjferacequilss*eJloiènt imdgH nt;^ dans l^n fommeil délicieux : lors quan milieu de la carrière ;, cinglant fans y penjer en la plus hdulte mer de leurs conceptions , on les IfOîd enleuer au gré des yents^comme parles aijles cirées de quelque ambitieux Icare^ charmé des ombres /ombres de la mefcognoijjance, ^ courir rifque tant de leur fortune que de leur ^ie:, fur le dos impétueux d'ifn Nepturhc irrité par ïefmeutc des flots ennemis de leur hon-heur^que les tefïes fourcilleufes des bagues Vagabondes ont fiiper bernent ejleue:^ iufquan Ciel de leur mifere ^ pour les précipiter dans les gûlphes profonds des ondes infenfees^fe ioiianf impunément du mal-heur de leur yaijjeau» il Yhy a celuy d'eux qui fe fentant k deux doigts du péage , ne perde tugementy^ n'abandonne au me fme temps les re fies de fa prudence ^ pour céder aux accez yiolens d'yng telle efmotion, ^ tellement altère";^ des intempéries du defefpoir, que leurs premières brifees quittent la prife de cette lice y entreprife pour s'oppofer auxfymp^ tomes rigoureux de la tourmente ^foubs la tutel* le confidente il^n nautonnier expert^ l'indujlrie duquel di^utoit a force ouuerte de leur reflede "yiey refignee entre fes mains , pendant quils faifoient trefue auec le foin de leur Voyage , pour

5 .

rtceuotrdecemonjlre impiteux ^ telle condition

de yiure ou de mourir , que la rigueur defes dip grâces y leur oferoit trijicment imfofer,

^infi cenfws^ & ia quafi réduisis aux ex- trêmes foupirs £yne necepté forcée, les alcyons joyeux auant-couriers des airsfauomemj^faroip fans fur lafpeSi rigoureux de ces fortes fecouf- fes j leurfjl ie6ler les yeux 'y ers l'n nauire heu- reufementyoiiéàlapourjiiitedeleurfalut , qui reuoquant fort à propos du Jepulchre effroyable des eaux , ces corps atténue:^ &* rachepte::^ au prix de quelques ais brife:^^ lesmifi il^ne fa- Meur inêfperee au bord de leurs prétentions. Le naufrage euité les faiSt rentrer dépita belle ^ en [efquipage quils efloient, au premier train de leur 'yoyage 3 ^ l'ef:roi£te bienueillance desa* flresplta tranquilles ^ releuant leur efprits ia ter- rafjex^toubçi^les puiffis ejforts de Capprehenfio, leur ouure le chemin des lauriers l^erdoyans^ quils trouuerent enfin feme^i dans lal^iiêe pépi- nière de leur perfhuerance.

Ce "y if Tableau de longue haleine^ reprefentt fur lemefme théâtre de l imagination y recelle frudemmentfoub:^'ebar^deau de fa figure alle^ gorique ,'\/n mode Ib effaré de mes inquiétudes^. faut mettre au iour ce mien labeur de pénible re- cherche* Ceux qui fe font heureufement fan^

^ iij

6

iiez des pUines mefdifantes en mepnes occafiom^ Ce pourront bien paf tonner aux ejgmllons de monfoucy , après auoir toufiours en crainte fon- de les flots des pointes acérées jinais ïignorice^ la timidité fe rendront mfenfibles aux mouuemts de ma compajiion. Lefeul athlète dont la ya^ leur^ tajjeurance font fouuent mis enproye^ peut décider de nojlre difj^eredpar la dextérité de fon expérience :fiienauoisg^uJlé de ces appas, ie ne pourrois auj?t iuger de t amertume ^0* l'ahfynîhe des ialoufe s rigueurs nauroitpas at- îdauéla douce myrrhe de mes preferuattfs y fi [""océan de ma confiance nauoit courbé tefchine de mes trauauxfur lefablemouuantde leur te^ mérité: In'ay eft que le contentement ^ le loifir mont porté d'I/n plein faut à cette récréation^ d'apprefterleliaifJeAu£'yne haute fcience pour roder toutes les cofles de ce large Vniuers , ^ fecaeillir de chaque fleur des meilleurs Philofi-^ fhes , 'yn cffain de doux miel pour ^ous le pre- fenter : les nochers de mes de(fems enfante:^ danslacuriofité y ^ commandans abfolument auxprepa ratifs de la Toyfon , fe font feruis de ma plume folaire , pour ramer plus légèrement fur l^horofcope yeritable des bons Autheurs:^ . defaiSi mon effrit equippé^ ce mefembloit:,fuf^ fifammentdes chofes neçejfaires ( mais plujiofi

7

êshloUy de mes propres contentemens )sexpof(nt

élu bon yent quii attoit ta conçeu de fon labeur, Jur la mer mefdifarhte de ce monde y fans autre^ ment preuoirt effort de U tempejie, qui fuiuoit de bien près les pas incertains de ma franchip^ far i'tndifcrete liberté des traits ç^ morfures yenimeufes, Sinelfoulufieptu^ enueloppédeces hrufjues rencontres, laijfer pourtant en friche le modefie trafc de mes pretentioSpContr oppofant aux filets de leur rigueur y les rets confecntifs de ma perfeuerance : mais à la fin fuccombant foub:i^le faix importun de tant dorages, ie ^y l'heure que ie tombois entre les ceps calomnieux de leur prefomptiony d^ les toiles rompus de ma frégate , abandonne:^ au gré de m^s cenfeurSy sapprejloientk mon mal -heur k triomphe dt ma captiuitè. Ce fut en cette deniere table, cjuc mon proche naufrage eut befoin de y os faneurs y ce fut en ce combat^ ri on d'yn k^n^ny k perte de yeuë comme les ^ndabates, mais dynfeul contre tous ie me yyfu rpris , n ayant fceu re- contrer Ji foudairh aufecours de mes trauerfeSj Thomme tel que le Sophifie Cinique cherchoit flfoigneufementen plein midy au flambeau eu* vieux defes defirs : mais Cauiron de mon bon-* heur, m* ayant conduit yCn cette partie inejgale^ . éiHX Jjlesfortnncesd c yojlrefcmenancty benh*

s

gnemct me retira du précipice des mal-'yeillanf^ (plujhft nex. àUcenfuredesaâtwnsh-umaines^ au humblementperjuade::^a faire mieux ) fitoji que la r^ecej^tté forçant la loy de ma difcretiorij, me tourna les yeux fixement arrejle^ l/ers les rayons brillans de l^oflre puijjance genereufe, mifçeut au mefrne temps dij?tperles nuages de leur enuie^çomme d^ynefclat foudroyant par la feule mémoire de y oigraues Ifertu^ , me ren- dant l'air auj^i ferain^^* le trident de la marine auSh paifible quau paraduant. Si de fia delture four la première fois de ces vipères danger eu fes,, le fief de ma protection releue en hommage de yojlrepieté s quepourroif- te moins faire en ce fécond deJlroi£i , que d'accourir aux mefmes yœuT^quirnontdefia y ne autrefois eflé Jalu- hres ? ^ ces fins^ Monfeigneur^ te proflerne les fruiSis nouueaux de mon arbre d^ Hermès y aux pieds refpe£tueux deyojire illujfre Nom, fourinîpirer benignemetfur la fmp licite de ces lignes craintiues^ le foufle neceffaire de yoftre authorité ^ t agréable liqueur de y os douceurs^ k ce que le yenin des harpies iniurieufes^gliffant fortuitement fur le fuc de mon ouurage^fe fuiffe heureufement changer en yUtdes exquifes ^ de douce fâueur. Mais comme le fubjeftejh iimportance ^ releue^ aup a il befoinfou^

9

fa, conduite i'ynehmiere plm qu ordinaire ; ^ comme la matière dont nous trai6ios^ excelle les autres tUtres en qualité , leplu4 ^^randfruiôi de lagloire du monde y ejlant contenu j [ejfence glorieufe de fes meruedles ne fe peut maintenir en fa perfeÊHon^quen celle de yofire y nique fa - ueur 3 quifurpajfe'^i^en race ^ en grâce y en renon% ^yertueux courage Hexcellece du monde. Mais quoy >Jïieyoulois entrer en conte flation de ces deux circonfi^nces y ïimpo^ihlede m^n deffein feroitdela partie , drnoferois inuiter yofire grandeur àpredre en bonepart la four ce racour^ cie au petit pied de monfimple dif cours ^ fi /Vx- ce:: excellent de y o:^ertU)i royales nimitoit la clémence des grands Monarques ^ qui fe mefcO" gnoijjans yolontairement en ce qui b font, moulent yn abrégé de leurs puiffances pour les entre- mejler auec la baffe efiofe du commit peU" fle^fe payans difcretement de lamonnoye de nos fnceritez au poids efgal de nos bonnes affe^" £Hons yde forte que t intention fuppleant nojlrc défaut, guide la règle de nos infirmite^^fur le eu* be celefie de leurs fubmip'jns, He qui fans crainte ou sas presoption aborderoitaffeurement ces efftnces diuines , fi (telles mefmes le rang ne fetrans'formoiten Soleils de candeur^ debon'* mireté ? Qw>y que la prefeance que les 'Princes

le

Qntgdî^é fur le rejle des hommes ;, les fui(]e auecraifondîjlraire de nojlre communication, toutesfois ces hauts Mots fe fanchent humaine* tnènt deuersnoHSj^ s'humilient en leur gran-* deur y four ejleuer nojlre fimp le humilité à la participation myjieneufe de leurs frudens fe^ cretSyfçachans afjex. que la Clémence des grands ejl durejJortdeladiuinité.Sur le mo délie de ces fe^ynes a^fuys , iejvahliray U quadrature de me s pour fuite s y ^ ctmenteray tanchre tres^af- feuree de mes humbles f applications , pour ef-* lancer fuccinêiement quelques crayons de mo)f repos y en la protection de yofire œil gracieux, quigrauera benignement fur le front decouuert de mon fetit ouurage ^ Caugufie authoritê de 'yofire illufire nom , niaffeurant en iceluy àe tentrep rife deleftab le de mes Ifaiffeaux embar*» que:2^foubs le Ciel de lios grâces :, attendant au leuer dyne bénigne aurore/ efioille fauorahle de ma nauigation, Q^e file bon augure que te lis en l effigie de Yofire doux Iftfage , me reSfod de t heureux euenement que Yofire bien-yeUla" ce m'en promet , te mecroiray bien plus quefor-^ tune y de pouuoir fans enuie furgir au port ^ en U Ifoye infaillible de cet Oetmre doré, quifert de butte à tous les beaux efj^rits :ft dif-ie, Monr fei^cur^ yoHs me donnc:^ libéralement t entrée

II

tuteUire dcl/OTi dignes faneurs ^ienduraypltss ceneapprehenfiodemefoubjmettreâ la rigueur des flots, pmpjuà [inftant les efcumeurs de ma réfutation ri auront flia le fouuoir demet^ tre a fond lemaz nj le timon de monyaiffeau, Voguât paifiblement fur t eau trancjudle de >o;^ douceurs. Les Satyres de ce temps forceront leur naturel pafionné^ à rechercher de la difcretiorh ^ dufdenceen la Volonté de y os commande* mens y pour nep précipiter eux me/mes dans les difgraces delcos feueritei , ^ mes eTjprits forh- dez fur tefperance de yojlre fecour s ^ fléchir ont les genoux de leurs intentions deuant le liifima'» geae Ifos Héroïques Vertus ^ pour en eternifer fidellement la mémoire a la pojlerité. Ce fera doncfoubx le yoile de y os grâces ^que mes irre^ folutions fe refondront au yoyage préparé ;ne croyant pa^ déformais rencontrer aucun Caryb-* de qui puiffe deftourner ma tramontane (^ [ef- guille nautique de mes deffeins definfétierpar* faiSi ,franchiffant Itbremetfoub i Cafyle de >o- Jire authorité , l effroyable de ftroit des cenfures rigoureufes ,^la brufque carrière des langues ^mefdifantes.La loy de mon deuoir imitant celle ' des Perjes en la jidelle recognoiffance de leurs Seigneurs y ne permettroit iamais que ie yousap^ frochajfe fans ïhrnnblefromfion de quelque pi^

Il

tufeojjrdnde. La yoicy;, Monfetgneur^ queiap^ fends k '^Qx peisÇ^oky cette Toyso^fTeritiere de mes 'yoeu::!^y(]ue ie l'ows lègue en dernière yoton^ y ^ dédie d*yn cœur entier k lafouuenance de lfo:^meritesja yous^qui paroijfez ^n oracle l'f- ri table en ncftre France ^ ^ joub s lequel com^ me yn afl re b'ri liant elle a courageufement yoire miraculeufement trauerfé les nuages ha^anex, qui s efforçaient £ eclyf fer le Mtdy plus luifant ie nojire beau Soleil, Quefi le doux prin-teps de nojlre royal Orifon sejtpaijlblement maintenu en teflat iyn bon- heur y au temps me [me le fias cuifant de fa forte tempefle ,par la pruden^ ce particulièrement admirable ^ neceffaire de '\ojireaduis:^fiyojire genereufe confiance a retiré de nofire Zone y les cataraStes orageufes qui penfoient fondre fur taggreable ^ oaoran^ te fleur de nos Lys y que doifit craindre en mes yeifres Siciliennes de ftmfire accident , you^ ayant pour appuy ? La ruine du Ctelny le chaos fefle-meflè de {yniuers^ne m'attireraient pas au moindre reffentiment de ces horreurs y fi ie fuis obtenir en ma prière fabry ^ le couuert de yoftrefauue-garde. Je (implore donc fur tou- tes chofesy (sP me ^re fente a yo:^grandeurs pour ceteffeft , la yiElime de mes Jufflications en Umain ,aH€clefquellçs (p* de yofirefaueur it

€ondmray ma nef au port délicieux de fa fin de-^ fireex mais k condition que combattant fouh:^ ^ojlre authorite ^ ^ remportant ^ne heureufè ^i^oire fur tous les mefdifans y ill^ous plaifc receuoir les dej^otiilles de ce trophée enfatisfa^ Bion de ma fidélité^ laquelle te conferueray fans fin aux yœuç^perpetUels de y os Royales per^ feêîionsjfihariant humblement à ceiufiedeuoiry ledefirde prier toufiours Dieupour'yoflre pro- Tperité (^ parfai£te conualefcence , me quali* fiante cet ej^e£t, tant que i'auray de ^ie.

MONSEIGNBVR.

De Paris ce ly. Noucmb. 16 lu

Voftrc très -humble,^ tres-obciffarit& très* fidclc feruitcur L, L

PRIVILEGE DV ROY.

OVIS P A R LA

GRACE DE DIE V ROY

de France 5^ de Nauarre^A nez amcz ^ féaux Côfcil- 1ers les gens tcnans noftre CourdcParlcmcnrde Pi'^ris , èc à tous nos autres lufticier^ ôc fficieîs, Salur. Koflrccher^: bicnamc Charles Seuc- ftrc., marchand Libraire demeurant en noftre ville de Paris j nous a taift hum- blement rcmonftrcr,qu'il luy auroit efté mis es mains vn liure intitulé, La Toyfort d'or^, OH la fleur des Threfors enrichies deflmres, C^ recuetllies des f bu grandes monwnens de l'an-» tiquité y far ce grand Philojophe Salomon Trijmofm Précepteur de Paracelfe y Tradm£t d'allemand en François far L, I, L e q u el il defireroit faire imprimera mettre en lumière: mais il doubre qu^autre que luy ou ceux aufquels ledit f uppliant au- roit donne charge de ce fairc^fe vouluC- fcnt ingérer de le faire imprim cr, le fru - llrât par ce moyen de (es trais&trauauXj s*il ne luy cftoit pourucu par nos let- tres fur ce conuenables. POVR CE EST-IL defirantfubucnir à nos fub- icds félon Texigcnce des caS;^ voulans

ledit luppliant cftrc rccompenfé de fes frais ,mifcs , peines & trauaux , luy auôs pctmisô^odroyéjpermettôs&odroyôs^ par CCS prefentes d'im primer oufairc im- primer védreô^diftribucr par tout ncftrc Royaume ledit liure fans qu'autre que le- dit fuppliant ou ayans caufeou pouuoir de luy le puilTe imprimer ou faire impri- mer védrc&diftribueriufquesau terme de fix ans , à compter du iour & datte de rimpreflionjfur peine de confifcaîion&: d*amande arbitraire, & de tous defpens dom mages & intcrcfts enucrs luy: Vou- lons en outre qu'en mettant, ou faifant par luy mettre au commencement ou a la fin dudit liure ces prefentes ou brief extrait dicellcs qu elles foiét tenues pour iîgnifiees ^ venues à la cognoifTâce de to^fâs fouffrir ne permettre luy eftre fait, mis ne dôné aucun empefchemêt au c5- traire, car ainsy kovs plaist 2 L eftre faid , non obftant quelcon- ques lettres à ce contraires. Donne à Paris le huicftiefme iour d'Oi^obre, laa de grâce mil fix cens douze^ôc de noftr^ Règne le troifiefme.

PAR LE ROY.

POYSSEPIN.

PROLOGVE.

Lphidius à bon droid eftimè IVn des plus cé- lèbres & rccomman- dables à la Poftcrité d'entre les anciés & fi- ges Philofophes de fon temps , nous propofc en fes diuins Efcrits , que la Contemplation ordinaire , coniî- dcration myfterieufe & ledure con- tinue des Autheurs approuuez , re- nommez y fuffifamment pour tels recommandez , & qui nous ont à qui mieux diuinemcnt traiôtc de cet œuure 3 admirable &non iamais allez loue , chante ny reuerc àcs, plus rares efprits , qui par curiofîrc digne dVn tel (uiet, ouparcompaf-

t Prologue.

fîon d'y voir tant d amcs aueuglccs y confommcr le temps , ont bien fagement daigne produire au iour quelque brillante eftincelle de Tex- ccllcnce dcnoftre Lion quife co- gnoift à la patte , pour arres feule- ment de l'ardente lumière qu'ils en ont retirée , ou pour iuger pour le moins à peu près, de la pierre preci- cufe par Texamen de cet cfchantilI5 fàcré : Ce fage ditic & preuoyant docteur , dit que la recherche de ce Soleil terreftre , rapporte autant ou plus de fruid & de contentement aux Nourriçons do£lcment efle- uez foubz la prouidente tutelle de cette Science fur-humaine & fans doute celcfte,amiablement nourris de 1 aggreablelaidt de fa mammellc & amoureufe& fauoureufej quelle peutdeme{pris& mcfcontentemct aux oreilles bijearres de ces dodes ignorans, qui n'ont rentendcmcnt

Prologue, I '

affcz radis pour en iuger pcrtincm- mér,&: comprendre rcfFcàdVnmy- fterc fi haut, fi grauc& ferieux j la veuë afTcz fubtile pour en voir le fu- ieâ:, nyle cerueaudcfoy fuffifam- menccymbrcpourarreftcrleprixdc cette perle ineftimable:ainsfeulemêc nourris,efleuez& foulagez^raflafiez, ou pour mieux dire entretenus du fucamerd'ignorâce,ferendét inca- pables de viandes plus folides, pour digérera poin(5t nomé&fe remettre atout propos comme vnobicdde- uant les yeux^lart de la Pierre des Sa- ges, que nous difons le Ciel des Phi- lo fop h es.

Mais à ceux ne confeillcray-ie ia* mais auflîde fempeftrer plus auant dans les vagues replis de la Toifon dorec , non pas mcfine toucher du moindre bout du doigt ny des le- ures feulement ce Dédale incfpui* fable de leur foiblc portée ^ pour

A ij

4 Trologue.

ce que CCS Ceruellcs cfceruellccs ne font pas appeliez au triomphe glo- rieux de ce degté d'honneur , pro- mis & alTeure aux amcs feulement philofophes, non pas à tous venans^ ny s embrouiller Tcfprit , aflcz ca- pricieux d*ailleurs , d'ofer fuccer le mieldcsdehcesdc nosiudicicuxEf- crus : cftantplus à; r )pos , vtiie& profitable à ci:s ttllcj^ ignorantes, d'en préférer lefcuuenirducouftau mérite du gouft , fans f exercer à ce labeur , ny faire quelque efpreuuefî chetiue quecefoit ^ de noftrc ope- ration diumcj ains pluftoft retirer du Verger verdoyant de nozprecieufes He(peridcs , le nez infru6tueux de Icurinfuffifance, incapable despro- pofitions trop fubtiies pour leur chef, de noftreœuure excellente, à refgarddifproportionnédeleursfoi- blcspenfees, Noftrc ccIcftcMufcncfamufcpas

Frologuf. y

âuflî aux caprices mdifFcretsdc tout le monde en gros^ains en détail con- fidere les vns pour mcrprifer les au- tres, faifantvn choix fortable dcfes plus fauoriz & de ceux qu'elle peuc rccognoiftrc vrays cnfansdclal'cic- ce 3 les appcllanc bcnigncmcnt aux plus heureux rayons de fesrameaui dorez , au lieu q u*cllecfloigne les au- tres tant qa*cllc peut de fcs foyers.

Prophanes napprocheT^de nos thrcfors facrcT^ ^ux ejlcu^ feulement fdin£lement confacre^.

Rafis n'en penfe pas moins au Traî- £tc qu'il afaidtdc la lumière des lu- mières. Nulnedoit,cediâ:il,tantdc foy prefumer, fans efpoir afleurè d'c- courir, par le blafmc certain la honte qu'il mérite jcftendantfesdefîrs au delp dcsimprudétcs limites de fa ca- pacité, pour puifer à fon grc dans les toibles rcflbrtsdc fon dcbilc efprit, rcffence pure &nettc des mixtios ad- mirables, quoy qu'à eux inçogtiuës

Aiij

é Prologue.

des parfaids Elcmcns. Aufli qu a vray parlcr^tcllcs fortes de gés y mct- tâc plus qu'ils n'ê recueilleront, fap* prcftent plus de confufîon que de contentement^plus de brocards que de foulagemenc, plus fujeits mille fois à 1 apprehenlîon d'vn tiiftc cha- ftiment, qu'au gain du f ruicSt prémé- dite; fans le reflouuenir de la verge d'Apelle , qui reprit en deux mots la fcicntifiqueprefomptiod*vn rogue ftuetier parla baguette de rigueur, àilnftantqu'il penfoit proprement cftaller fondifcours importun hors les droites cloftures de fon fimple foulier, pour reprendre imprudem- ment, &àrefgal d'vn vénérable ce- fcur,le$trai(5ls&le portraidtdc fon graue tableau.

Tu pomoiSj tuy di£i iU parler de ta pantoufle: Maïs nopdiA (tlin pourpoint ^dlfn bras ou £^ne

moufle. Aufly eftcc pourquoy fortàpro-

Prologue, j

nos , la Bicnfeâcc pour cuitcr le blaf me enuetiimc, & la cenfure dVn pu- blic ombrageux, nous met deuanî les yeux ce poinct de modcftie.

F lus quon ne peut on ne doit ejjayer; Et tel en bruit qui ne fçayt bégayer,

Auec cette autre colomnequiluy fcrt d'eftançon & de (olidc appuy.

Bxercefimplement ce que la cognoijjance De ton Art fa donné, (^faïs expérience T>e ce que tu cognots*

Mais quoy, chacun dorefhauant en ce temps miferablc fen faict tant& tant accroire,& fe flatte tellement en fon opinion , qu'il ne trouue plus rie de trop chaud, que fa main d arroga- ce ne prenne impunément, penfanc bien rencontrer en ce ficelé de fer, quelques cicles dorez , & plus aflcu- rement que la febue au gafteau.

adorant accablé dedans fon ignorance. Veut ores difcourir d^^ne do£te fcience, F enfant mefmefçauoir tout ce qu Une fçayt fa$,

Aiiij

8 Vrologuel

Tellement cfuenccz, que tenant vn grand quartier dos caprices delà Lune, ils fe rompent la tcfteàlapcn- fer faire defcendre auec fcs influen- ces furie corps de la Terre, mère des Elcmens^mefme par vn fentier qu'ils necognurentiamais^ feulement ap- puyez fur les apparences naturelles à\nç> curiofitc concupifcible &dc- fîrcufe de nouueautez. Mais fi tant cfl: que i^oti nulla cupido^ félonie Phi- lofophe, quelle apparence peuuent ils conceuoir des effe£ts tranfcen- dans de noftrc bon Génie?

Leur Eîfritplti^ léger qù^ne légère nue. Ne peut pits bien parler d'y ne chofe inconnue^

Et non plus que les aueuglesqui ne peuuent pas iuger des couleurs cftans priuez de la veuë; ainfi les ignorans ne peuuent ils parler qu'en beguayât ou les pieds foubz la table, duCicldesPhilofophes : sitefatai/o-

Vrologue. 5

cant^aliternon^diâ, Augurcl en fa Chry- fopcc.

Qucfidu Ciellafaueur fe^donneel ^ddonnc toy k cet ^rt précieux y Fuis que bailleurs elle rieft ordonnée ^ux plus fçMikim que par le dondesCieuxl

Aufïî commcnccroif-ic à faire plus d cftatdelcurboniugcmcnt ^ s^ilsfc dcucloppoicnt de cette onereufe re- cherche, quinefclaifrcayfcmct ma- niera hmportunitcde ces brufques auortonsdefcience. Tous ceux qui rimplorent & prefententleur efquif à rembouchcure de ce Golphe, n ar- riuent pas à bordj & la plufpart de ceux qui y font voile ou fembar- quct à ce p ort , rencontrer le naufra- ge au milieu du chemin. Apres mille trauaux les fàges Argonautes, con- duits entre les ondes parla puiflantc main des longues Deftinees , coqui- rent feuls en fin cette riche Toifon^à la pointe delà valcur^armcc &fecou-

10 Prologue.

rue de Hnduftric , de rcxpcricncc &

la patience , vrays condudeurs de

la bonace exprelTctncnc requife à

cediuincfFccSt-

Pauci quos cequus amauit

luppiter, aut ardens euexit ad sethera virtus. Dieu ne ta donne foint quà fes pltisfauQ"

Et à ceux que le Ciel a doucement nour- ris.

Auffi faut il pour aborder cette Ifle renommée , qu'on did noftrc Colchos , mieux preuoir le naufra- ge , & remarquant le poind des caufcs naturelles, fçauoir au bout du doigt les plus fameux efcrits qu'en ont defueloppc les meilleurs Phi- lofophes de nos fîecles paflcz , & iuger de la vérité parla concordan- ce de leurs peintures ieparees ; aur» trementieles voystous bâdezpour vne defenfe eftroitedclaiirer feule-

F*'ologuel II

ment outitir leurs liurcs à tous ces ignorans.

Ofeçt^optâfueilleter d"\fme main facrilege. Le prix de nos cayers fans nojlre frimlege? Non non^ retire:^ ^ous, IfOT^afftu ne font pas FourfurprendreCoyfeau qus nottsjertde repa/i.

Les Philofophcs {ont curieux de comuniqucr auec leurs fcmblables, auflînc parlent- ils que pour les plus fçauâts: ainfî nous le maintiêt la Co- plainte de Nature,^'* f«^/?«^^ïVra^ rouf aï£i , nuxt^fi tu ne lafçays^ ie ne fadudnce en rien. C'elèpourquoyiurtemêtceafurétils leurs liures^fur peine de n'y rie com- prendre qu vn fuc de confufion & de perte de temps, ('ils ne font plu? capables d'en cueillir le doux miel parmy tant d autres fleurs.

Rofîn conforme aux precedens autheurs,n approuue pas non plus le temps qu'ils y employ ent , les bapti- fant du no d'imbecilles d'efprit^pout f appliquer brufqueméc à cet eflay.

fans la cognoifTancc des chofes que les Philofophes en ont mis par efcrir, O u cft Taccord eft la vérité , difenc le Comte de Trcuifc & le grand Ro-

CliïCyConcordaphilofophos 0* benetibi erit,

si de tom tes difcords tn yeux yoir la concorde^ Desja^es les accords accorde fans difcorde.

Le{quels ont inllitué pour fonde- ment de cet Artjvn principe naturel, non pourtant familier mais par vnc opération & fcience cachee:Ccbien qu'il foit manifefte & plus clair que Iciour, que toutes chofes corporel- lesprennentleur fource&leur cftic

de la malTc terre ftrc. Terra enim efi ma- ter Elementorum 'y de terra procedunt ^ adter* ramreuertuntur.diô: le dodcur Hermcs.

Za terre efi t Elément mère de toutes chofes. Que nourrice elle enceint dans fa matrice m'» clofes.

Comme le vafe des générations; aufli bien que leurs proprietez félon Tordre du temps, pari mflucnccclcs

Cicux, (quiluy Icrucntcîc femcncc & de chaleur formatiue à faire ger- mer & produire la matière) des Pla- lîctces, du Soleil, delà Lune ou des cftoiles,& ainfî des autres confecuti- ucmcnt aueclcsquacre qualicczdes Elemens, qui fc (cruans de matrice Ivn à Tautrc^fe mouuent fans cc{rc,& aufquels fe rapportent roures chofes croifTantcs 6c naiflantes aucc vnc ori- gine & forme particulière en leurs propres fubftances , conformément àla toute puiffancc & volonté diui- ne, qui les rendit ainfî des le premier inltant & le commencement delad- mirable création du monde.

Tous les métaux auflirnisau rang des chofes crées tiennétleur origine de la terre, m.ere des Elemés & nour- rice de toutes choies, corne ia cy deC fus l'auons nous déclare , auec vne matière propre & indiuidue,deriuce quât & quant des quatre proprictcz

14 Proto^uf,

des Elemcns, par Tinflucntc concur- rence de la force des métaux & les coniondions de la conftcllation des planètes. Ariftote au 4. de fes Me- theores, eft bien de mcfmc opinion, quand il maintient & diâ:,Que le vif- argent eft bien vne matière commu- ne de tous les mctaux^mais que la na- ture ramafle premieremét & vnit en- sêbîc \rs matières des quatre Elemcs feuls, pour après en compofer vn corps fuyuant Tcffed &la propriété delà matière, que les Philofopheç nomment Mercure ou argent vif^no commun oufai<St par operatio natu- relle, ainsayât vne forme parfaire de Ter & de i'arget, ou pluftoft deri- uant des deux métaux parfaits. Les Nacuraliftes curieux de cognoiftrc Teftatdes minéraux en parlent aflcz clairemêt en leurs liures , sas qu'il foit icybeloind'en cfcrire plus au long, iinon que fur cette afleurec & folide

Prologue! 15

bafc foit proprement fonde le prin- cipe & lartifice delapierre des lages, les commcncemcns de laquelle fc rc- trouuéc dâs le centre & le corps par- faiâ: de la Nature,qui ne releuc d'au- cun eftre viuâtj & d cUemefinc aufli luy voyons nous emprunter les fculs moyens de parfaire forme &lc plusgrad contentement de fa finale perfciStion,

l6

SP E JoHi appelle towSj, Mignons de la Nature, ***^ Ie')fom appelle tous au douxfon de ma 1/oix: Vene^^d'yn œil dt fer et iuger de la peinture ^ Que te yom donne icy telle que te tamis.

si meilleure elle eJloit(meilleurenepeuteJlrâ Z'entreprife d'autruyyyous l'aurte:^ de bon cœur: Qi^yn Théâtre d'amour face ce ieupareflre, Suçcant modefiement les fleurs de mon humeur.

Vous y pourrez cueillir dans la '\iigne dorée De monfacré^erger^quelquegrain de yerjas: Mats fi de longue main la treille e^ préparée. Ces aigreurs s en iront ç^ ne reuiendront plus,

le nempefcheray pM le monde de mefdire, Tlujlofi yeuX'ie près d'eux cette caufe euoquer: le les prens pour tejmoins que te neveux rien dire^ Qmnefoit d'yn hongoufl, ^ non les prouoquer.

Quiconque fera mieux il faut quille publie, Bt donne ce Threfor à la poflerité: J^ats la difcretton ne ai6lp(vs qutls^allie X)*>» yice medifant plein de témérité.

Ze reprendre eflayféje mieux ejl difficHe, Ettoujioursle Cenfeur tient quelque paj^ion: Mais tout confideré,qutls mordent fie a fie» Ferme ie parefiray de bonne intention.

DE

Ld Toyfon d'Or,

LORIGINE DE

LA PIERRE DES^AGES,

ET COMME AVEC ARTIFICE

clic peutcftrc rcduiteà fàpcrfedion.

Tr^itb' frbmibr.

E T T E Pierre des Sa- ges tire les purs Elemcns de fon cffcnccparlavoyo afleuree d Vnc nature fon- damctairc, en laquelle elle f amande, fuiuanttequ*en rapporte Hali^quad il did , Qu^e cefte Pierre finfluc & f imbibe entièrement fur des chofes croifTantes & profondes, fe conglu- cinant^ congelant & refoluanc furU

B

iS LdToyfaniOr.

Nature , qui rend cette chofc meil- leure , plus parfaide & de plus d'ef- ficace, (clon leur ordre & le tepsor- done. Sur lavoye&lemodelledVn tel artifice il faut quVn chacû s'appli- quc,&; fc repofc fur ces principes na- turels s'il defire receuoir fecours &ai- dc en so opcratiô par l*art de la Natu- re, qui fe maintient fi log temps & fc prcferue foy mcfmc iufques à ce que . par fon art naturel le temps vienne à parfaire la droide forme de fon inré- tion. Or cet artifice n'cft autre chofc qu vnc feule opération & parfaidc preparatio des matiercs^que la Natu- re faee & prouidête en la mixtion de cctœuurca raittc: aquoy conuient auflilamediocre proportion & me- furc aficurcc de cette opération auec vn iugement meur & prudence con- fidercc. Car cobien que l'art fc puiiïc attribuer le Solcil& la Lune dcuât vn nouucau commenccmêt pour faire

LdToyfonJ!OT, 19

comc Tor^ n'cil il ncceffaîre que de l'arc du fecret naturel des matières mi ncralcsj&fçauoircommcilsonraux entrailles de la terre , le fond emec de leurs premiers principes : maisiieft trelcertaï que l'art obferuc vne autre voyc que nonpaslaNature^ayancà' cetcffcdvne toute autre & diuerfe opération. Il conuiêcauffi puis après que cet artifice prouenâc des prcce- dêtes naturelles racines au commen- cemêt de laNaturc produife chofcs cxquifes^que laNature ne fçauroic ia- mais d'elle mefmc procréer : car il cit vray qu'il neft pas en fa puiflancedc pouuoir engendrer les choies de (oy parlefquellesles métaux de la nature viennent à fe procréer prefque com- me imparfaidsj&qui ce neantmoins incontinent après & comc en moins de rien peuuent eftrc parfaits ^ par les rares fecrcts de Tartifte ingénieux: ce qui prouient de la matière têp orcl-

B ij

îo LaToyfond'Or.

le de la Nature , & qui fcrt à Partifîcc des hommeslors qu'elle les foulage dcfeslibresmoyêsjpuisdcnouueau l'artifice luyayde par fon opération tcporelle^mais de faço que cette for- me accomplie puiflepuis après cor- rcfpondre & fe rendre conuenablc aux premières intêtions de la Nature & à la d ernierc p erfedHon de {es def- feins. Etquoy quauec grand artifi- ce cela fe doiue fairc^ que la Pierre cy dcfliis mentionnée retourncaupro- pre poind de fa première forme, rcftredelaquelle clic puife des thrc- fors de la Nature^aufTi que toutes for mes fubftantielles de chafquechofc croifient de deux façons diuerfes, brutallement ou par métaux j fi cft ce quelles prouiennéc toutes dVnc puiffance intérieure de la matière, horfmis Tame de l'home qui n'eft au- cunement tenue & ne releuc point, corne les autres chofes,de cette fub-

La Toyfon iO)\ ir

miffio terreftre &céporelle.Mais prés bien garde auffi que la forme fubflâ- tielle ne fe rapporte pas & ne peuc condcfcendre à la matière , n'cltoic qu'elle fefift par vne certaine opéra- tion de quelque forme accidencaire: non toutefois que cela arriuc de fa force particulière, mais bien pluftofl: dequelqu'autre fubftâcc operatiue, corne cft lefeu ou autre sêbkble cha- leur y refpondât a peu pres^parfaiitc- mentadioindtc^quiy doit opérer.

Nous prendrons la fimilitudc d'vn CEufde poulie, pour nous mieux ex- pliquer &rêdre noftrc propoficion plus intelligible, auquel exifte la for- me fubftâticlle deputrefadion fans la forme accidentelle, fçauoir eft vne mixtion de rouget de blanc, parla force paiticuliere d'vnc chaleur in- terne & naturelle qui opère en cet oeuf, quant eft des poulies couuâtes: Maiscôbien que cet œuffoit lama-

B iii

ti ZdToyfond'Or.

tiere de la po ullc , la forme toutefois n'y cft point fubftantiellcment ou accidentellement comprifc, ainscn puifiancc feulement^ caria putrcfa- (Stion qui eft principe de toute acne- lation ^ f engendre auec Tay de & par

\c moyen àc h ch^lcuï. Calora^ens in hu- mido efficitprvno nio^rcdme^ (^ inficco àlbedme» Tout de mefme en eft- il de la ma- tière naturelle de la Pierre fus men- tionnée, en laquelle n'cxifte point la forme fubftanticllc ny accidentel- le fans la putrefaôtion ou decodion, qui la rendent en puifiancc ce qu'elle cllpar après en effed.Rcfte mainte- nant d'entendre & doner à cognoi- Jftre quelle habitu de peut auoir ccftc putrcfadion neceflairc aux pro- créations &d'où principalement clic tire fon origine.

La p ourri ture ou putrefadtion f c- gendre quelquefois parvnc chaleur extérieure^ conferucc en certain lieu

LdToyfoYK^Or, 23

de fa nature chalourcux, ou de l'ar- deur laquelle eft attirée de quelque moyen rendant humidiré. Cette Pu- trefadion fe faid femblablemenc d'vnefroidure fuperflue,lors quela chaleur naturelle vient à dépérir & fc difperfer , débiliter & corrompre dVne froidure fur-abondâte, ce qui cil: propremerpriuatio, carchafquc chofe s'abftient de la chaleur naturel- le^ & fe faiot afTeurement vne telle pourriture enchofes froides & hu^ mides. Les PhiloIophesnetraid>cnc aucunement de cette putréfaction, mais bien de pourriturc,quin'eft au- tre chofe qu'humidité ou ficcité, par le moyen dcfqucllcs toutes chofcs fechesviennêcàfe refoudre, ioignâc le feuauecTeau, comme di6tleTrc- ui{àn,pour rentrer de rechef &:repre- drc leur premier eftre, fur ce qu'ils prétendent puis après fclo le propre de leur nature arrefter la perfedion

B iii)

2.4 Zd Toyfon io/.

âc leur finale forme.

En cette pourriture Iliumiditc (c rcunitauecvBcficcitc^non toutefois tellement aride que la partie humi- de ne conferuc pcfle-mefle celle qui cft fcche quant & foy , & pourtant cft-cç proprement vnecompreffioii âc^ cfprits ou certaine congélation des matières. Mais lors qucWiumi- dc vient a fc defunir & faire entière feparation du fcc, il faut auflî toft di- flraiie la plus feche partie & la rédui- re en cendres. Ainfi les Philofophes cntcnden t que leur pourriture, ficci- té^ diruption ou diflblution & calci- îiation fe facent en forte^que l'humi- de & le fec naturel fe viennent à rc- joindre, diffoudrc & réunir cnfem- ble par vnc abondance d'humidité & deficcitc, & par vne cfgalcpro- portio de température j à ce que plus facilement les chofcs fuperfluës & corruptibles f cuaporent & foicnt ti-

Ld Toyfon iOr] 2J

rées dehors comme vapeurs inutiles & excréments fulii^ineux : Ne plus ne moms que la viande prife dans l'c- ftomach s'afficnilc proprement d:fe conuertit en la mefmefubftance de la nature alimentée , lors qu elle y eft par vnedigefl:iue& louable codlioa aflaifonnee, & que de la préparation &digeftion faille au ventricule elle aftircvne certaine vertu fubilâticllc & humiditcconuenablc : Or par le moyen de cet humide radical la na- ture eft conferuee & augmentée, leurs parties fuligmeufes fuperflues & fur-abondantes comme vn fouU phre corrompu , rejettces d*ycelles. Mais il faut remarquer que chacu- ne defdites parties veut eftre ali- mentée félonie propre de fa nature, en laquelle elle fefîouit& defircdc demeurer &confcrucrfonindiuidu enfesmefmesefpeces. Ce que nous deuons aufli bien entendre de la

i6 LaToyfond'Oyl

Pierre des Sages comme du Corps humain , qui change en pureté de fa lubflancc , les formes inférieures & de différence condition, par le mo- yen de ce feu naturel &ccmperé,qui eft le vray gouuerneur ôc la (eulc conduite de noftre grand vaiileau, minorignïs ommatent,Ccù. le pilote ôcThu- midc radical oiîlcs natures diuerfes viuenc paifiblemenc , plufîeurs contraires qualitcz & différends dif- cords compofent des accords d har- monie , aflemblcz par hnduilrie dVnc conco6tion neccflàirc & dV- ne chaleur humidcjlwfqucls agiffcnt d'vne efgale proportion lur ces Corps mctaniqucs.

Le Corps deo;wfe tout en fd propre nature^

Ce cju on luy 'y eut donner luyferrde nourriture:

Noftre œuure en fai^ amfi des métaux im-*

parfaiftsy Quelle ejgde k tefgd defes Rois plus parfai£is»

ZaToyfond'Or. î/

SECOND TRAIcrë, REVRE- [entant lOeuure des philofophes far le mo-

-^ « L raut içauoir

Moricn , qucnoftrc opération & TArc dont nous defîrons traidcr prefcntcmêt, fc diuifent en deux principales do- ilrincs^lescxtremitez&lesmoyens

2 s Zd Toyfon dOrl

dcfquelles s'attachent cftroitemcnr, s adhérant tellement Tvnc à l'autre & d'vne telle & réciproque entre- fuite , que la fin immédiate delà p re- miere s^allie d vn indiuifible chaif- non^ au commencement de lapo- llerieurc , S^s'cntre-fuccedent mu- tuellement l'vn lautte, la dernière cftant amiablement prouoquee à rimitatiodesmefmes avions quel- le a peu remarquer & attentiuement confîdcrerauprecedentmodelle de celle qui Ta deuancee de quelque es- pace de temps ; & lors tout le ma- giftere cft entièrement fai6t &par- faicSt , mais elles ne fe peuuent pas accommoder en autre corps qu'en leur propre matiere.Or pour mieux conceuoir cecy , &: plus aflcure- ment , il eflneceflaire de remarquer cnpremierlieu y quela Nature, fé- lon Gebcr, fort de laprcmiere cfTen- cc des métaux compofez de Mer-

La Toyfon £0r. 29

curc&r de Souîpllre : laquelle opi- nion eftfuiuicdcl*authorite dcScr- rarius en fa queftion de l'Alchimie &15. chap. àfçauoirque la Nature procède de la fource & pure eflcnce des métaux naturels, laquelle prend au feu vne eau de putrefadio , qu el- le mefle auec vne pierre fort blanche & fubtile , la reduifant & refondant comme en bouillon & certaines va- peurs efleuees dans les veines delà terre , qu'elle bat à force de mouue- ment continuel p ourla faire cuire & fevaporifer enfemble auechumidi- & pareille ficcité, qui fe reiiniffent & coagulent de forte qu'il s'en pro- duit certaine fubftance que nous ap- pelions communémentMercurc ou Argent vif , lequel neft autre chofe que la fource &premicre matière des métaux, comefîdeuantlauosnous déjà dit.Et pource le mefme autheur certifie encor au ;^^.chapit.quc ceux

jo LétToyfoniOr.

la qui veulent en tant qu'il cfl loi- fîblc & polTible/uyure laNature^nc doiuentpass'aydcr de vif argent feu- lement^mais de vif argent & de foul- phre tout cnséblc , lelquels encorne faut il pas mcflcr feulement^mais auf- fi préparer quant & quant & aflai- fonner auec prudence ce que la Na- turea produit &reduitenperpctuel- le confluence. Or eft-il qu auec telle forte de vif argent, la Nature com- mence la première opération ^ &la finie parlcnaturel des métaux , d*e(-^ quels elle s*eft contentée pour l'en- tière pcrfe6tion de fon œuure, car el- le a paracheué ce qui eftoit de fon de- uoir& tout concède à l'artifice , afin depouuoir accomplir fon intention à parfaire la Pierre des Philofophes & la former entièrement de fon dernier période & luftrc plus parfaid : aufli defaid: eft il certain que nous comê- çons l'oeuure fur les lieux ou la Naru-

td Toyfon ior. jl

rea mis fon but ôc la dernière gloire '^GÎnnAmhlrinn. Tondes Phiiofo-

phestiennéc Icvray principe deleur opération de la dernière fin du foleil des métaux , & confeiTent tous libre- ment que ccluy qui prétend quel- que chofe à la cognoiffance de cet ceuurc, ou qui parfaitement defirc procéder au comble de cet artnatu- rcl^lcdoit abfolument Scfansfcru- pûle commencer par la fin &: ccfla- tion de la Nature j &c ou crTfin elle fe repofe ayant acquis lapcrfe£lion de fcs pretenfions^ fe defiftant fiar la iouy {Tance finale de Tes actions ordi- naircsTn faut donc prendre ce Soûl- phre &r ce vif argent que U Nature aura réduit au nombre d'vne trefp_u-- rc&trei-nett^cfûrmej cftantaccom^ 'plie & doiiec d'vne réunion fi fub- tile , qu aucun autre ne lafçauroitfî naïuement préparer , quelque arri^ fice qu ily apporte ^ quoy que la Na--

52 La Toyfon iOrl

turc^comc did ell^poflcdc finaicmet cette matière par la génération for- melle des métaux. Or cette matière ainfi informée par la Nature ^ con- duira Tonuricr à la perfedion defon poind^^&lartificeparce moyen re- iiffira au port du laîut de (es deffeins, par la force qu'elle reçoit proprc- mentimbibec & appliquée en telle matiercjà laquelle les Alchimiftcs ad- iouftétleSolpour le faire difToudrc &diftinguer des Elemés^iufques à ce qu il ayt acquis vnc nature fubtile& Ipirituellc ^ àla pureté des vifs argcts &cn la nature des foulphres : fi bien quecellela donc eft la plus proche matière , & qui retire le plus parfà proximité & voifînance auec TÔr, pourreceuoir la pure forme de cette Pierre occulte^laquelle matière nous appelles MercHrm Philofophorum , puis que les deux fufdids sot ioinds & eftroi- â:cmentallicz rvnàlauac. L'opi- nion

^aToyfcnd^Or, 35

nion d'Ariftote ne répugne point à cette cy , ains luy cft du tout con- forme par laduis qu'il en donnoit au Grand Alexandre.Vouiez vous, luy di<5t'il,adioufl:çr l'or auec les au- tres cliofesprccieufcs^dotlcsRoys font ordinairement parez & riche- ment coronnez, au mérite de no- ftrc Pierre ? ic vous aduertis que ce Mercure eft la matière feule & chofevniquea parfaire noftrefcié- cc, iaçoit quele moyen de TOpe^ ration foit enueloppéde tant de nœuds & de diuerfitcz , que bien peu de perfones fcpeuuétaflcurer d auoir vn fauf-conduit de noftre Roy pour atteindre le Centre de ce Labyrinthe tortu par le fauorable filet d'vne douce Ariadne. Or cet- te obfcurc diucrfité ombragée de mille chemins ambigus ^ & voilée dVnc infinité de nuages efpais , eft vn vray coup de la main des Philo-

C

34 LaToyfon'd'Or.

lophcs & tout expiez fàgcmenc dcfguifcc.-ainfi le tiennent Rofîn,Ie Comte de Trcuife , & tous les au- tres vnanimement y afin que cha- cun par la facilité de TOcuure ne paruienne indifféremment à cette fuprcme marche , &c ne vienne à mcfprifervn fi précieux ioyau^ la- yant fi facilement acquis , & com- me fans peine atteint au pério- de honnorable de noJftreOeuurc parfaiâ: fur tous les autres cru- ures y quenous appelions àcetef- fcdt vne Collcdioa., àcaufe de la multitude mife enfemble , & vnc ferme reprcfcntation de toutes les chofes que comprend la Nature. C*eft pourquoy parlent ainfi les Philofophes. [ FaiiSlesfublimer ce qui en peut relier ^ puis eftant difti- Ic & communique , faidles encore qu'il monte & defcendc , le defici- chantpar dehors & par dedans ]

td Toyfon cHOr. autres do6lrincs infinies entrelaf- feesdemcfmcs ambages & figures Amphibologiques ^ qui doiucn^ toutefois eftre toutes enfemble , & par coniondlion fuyuies &c abfo-^ Jument accomplies pour recueillir cnfinlefruidNedlareendenoftrc moiflondorcercncorequilfemble qu Alphidius s'y vueillc aucune- ment oppofer , en ces termes. [Il faut fcauoir que quand nous fou- dons & congelons , nous fubiimos auffi & alchymifons fans intcrmif* fîon de temps , conioignansparce moyê&purifians noftreOeuure*] Et plus clairement encqre en ce qui Cuyt.[Qijand noftre Corps fera ictté dans Teau & qu*il viendra à e- ftrcracheptc , ilfcra incontinent pourry , noir , ombrageux & ob- fcurcy,puis il s'efuanoiiira & deuiê* dra comme de la chaux qui jfe fu- blime ô^exaltc toft après] eftat ainfî

C ij

3^ ZdToyfoniOrl

fu blimc & diffbult aucc Tc/prit^il fc purifie, lequel eft vn principe & o- rigine trefdigne d'cftrc comparée à toutes les chofes dervniucrs^quia- y ent vie^ou ame,efprit ou non, foie es minéraux viuâs & naiflan$,cs Ele- mens & à leurs comp ofitions y aux chofes froides & chaudes, aux oy- feaux 'y & fommairemêt tout ce qui peuteftrc produit de la Terrt iuf* qu'au Ciel ^ eft contenu & coopère en puiiTance à noftrc Art. Ces deux doctrines cydcflbs mctionneesfî- gnificntfcloalesPhilofophcs, cet-»» ccfemme noire & obfcuie, qui Çcn de clef à toute I'œuure,& qui doibt - dominer en laforce dcnoîbre Pier- re , fcàuoir en la noirceur , bafeaf- feureadc toutlefondemcntjou bie cet homme qui eft la forme de no - ftrc matière, laquelle nous compa- rons fortà propos au Soleil. Cecy foit afrc2l ditpour vn comcncemei:

LdToyfoniOY. 57

de laprcmiere doélrine de cet Art.

FIGVRB DBVXIBSME.

\^

S.

@ iij

8

Ld Toyfond'Orl

DECLARATION DE rOEV-

ure^comme ily faut procéder rufcjues afajîrki- le peyfecl'îQn ^parplufieurs Similitudes ^ji^H- resy colloques 0* interprétations des philofo' fhes.

IIÇTRE TROISIESME.

Ld Toyfon d'Or, T n O r S lE SM E T A^I C T E' dudi6i Oeuure»

^Wa^S^ Egrad Génie de noftre CiSJ^S Sicncc&pere delà plus haute & rare philofo- phie Hermès, s'eflcuant en foy mefme , & entretenant fon efpric fur Fopcration de Tœuure desPhilofophcs, efcloft en finces paroles. [Gecy peut cftrc didl: corne vnefindumondc,encequeIe ciel &la terre produifcnt bienenfem- ble, mais perfonne nepcut parle ciel &:la terre co^noiftre nos deux dodrines précédentes , voilées de tât d'Hiéroglyphes.] PlufieursauC- fi paruenus au labeur y ont beau- coup fué deuant que d'attrapper cette pcrfedion y laquelle ayans at- teinte, ils expliquent après, mais aucc plus d ambiguitez amphibo- logiques y & tellement confufes qu'on ne les peut comprendre , par

C iiij

40 la Toyfdn d'Or.

leurs figures driimilitudes ombra- gces,ains trop oblcurcspour ceux qui pêfcnt fuiure leurs pas^ embraf- fans curieux cette mefme fortune, pour cftre couronnez dVne fem- blable palinc , puis qu'ils veulent aulïi courir vnc pareille rifquc.

La première jfimilicudenousde- monftrequeDieu paria toute-puif- fànce& l'infini de fabonté, acrcé la terre toute cfgalejgrafle &: fécon- de, fans arcnes, fans pierres , fans montagnes, uns vallées, par hn- fluence des allres & opération de la Nature , & neantmoins nous voyons maintenant qu'elle ne re- tient rien de cet antique luftrc ,ains tellement desfiguree de fa perfe- ction qu à peine la peiu on plus co- gnoiikede ce quelle fouloit cftre, changée en diuerfes formes &figu- rcs extérieurement , de pierres for- tes,liautes môtagnes &c de profon-

La Toyfon dOr. \i

des vallccs^intericurement, de cho- fcs terribles & de couleurs comme l'airain & les autres métaux. Quoy que toutes ces chofes confufes & diuerfes fe trouuent à prefent au corps de cette terre, prouient elle entièrement de fa première forme, lors que de treflarge , grolfe , pro- fonde & longue qu'elle cftoit au parauant , elle eft redui6le en vn grand & vafte efpace par la conti- nuelle opération du Soleil, i&: que la ^chaleur s'y efttoufiours conferuce véhémente, ardente Ârvaporeufe, fe meflant confufement iufques au fonddeccftegrofle maflcauec la froideur & l'humidité qu'elle en- ferre en fon corps, dont s'cfleuenc quelquesfois àzs vapeurs froides, nebuleufes & aériennes, qui naiiïéc de la mixtion de ces deux regimens cotraires , dcfquelles renfermées & arreltccs daas h terre , plufîcurs au-

4^ jLdT6yfond*Or.

trcs v.ipeurs confccuriucs naiffcnt par la longueur du temps ^ tcllcmét forces fur la fin, quelle cftfouuent contrainte de leur fairevoye pour les laifler exhaler par Tounerture de fon ventre , leur donnant malgré fo y libre paflage, lors qu elle euft bicndefirc les pouuoir retenir dâs les naturels cachots de (es plus pro- fondes cauernes, oiî plufieurs àla longue fc retrouuant enfcmbic peflemeflcjfaifoienttâtoftammo- ccler plufieurs parties de terre en vn lieu par la force affemblee de fes exhalaifons ,& plufieurs autres en autreslieux. Mais comme lesmon- ragnes& les vallées ont cfté rédui- tes à leur certaine fin, principal- Icmcnt feretrouue auflllaterrcau meilleur point tempère des quatre qualitez, chaleur, froideur, humi- dité &deco6lion deireichec,bouiI- lie^ou aucunement diminuccc \ or

Id Toyfon iOrl 4I

en CCS cndroidsvoid-on Tairainlc meilleur & le plus pur. Pour cette raifon il cil: aifé à croire qu'es lieux oûlaTcrreeftapplanic^iln'yapoit grande quantité de vapeurs , ny tant d*exhalaiions fulphurees , ce qui la tient plus calme & en repos. Celle qui eft graflc/angeufe , & ou l'humidité d*en-haut fe retire vers le bas & au dedâs,deuict plus tédre & mollc^fe châgeant en vnc blâcheur extrefmcjaumoyé principalement d'vnc fîccitc caufce par la chaleur du Solcil^quila rêd plus forte^ plus cuite & plus endurcie apreslonguc efpacedetéps. Mais vnc terre cor- ruptiblc/rangible/ablonneufe, & qui encor aucunement tendre fc pend pièce à pièce comme grappes de raifîns , eft ordinairement plus maigre , & par confcquent ayant moms de nourriture pourTentre- tien de fa fubftance^eft plus tardiue

44 ^'^ Tpyfon i'Orl

&a rcccu trop peu d'humiditc, ôu de vigueur alimcntcufc , ce qui la rêd beaucoup plus difficile à cuire, ne s*entrctenant que comme par forme de roulleaux ou autre,matic* remaladjanccc. Or cette Terre ne fc peut aife ment réduire en pierre, fîelle n'eft extrêmement vaporeu- lc&: remplie de grande humidité: mais il cft bien neceflairc qu'auec le deffcchcmcnt des eaux qui prouiêt des ardeurs véhémentes & conti- nuelles chaleurs du SolcilJ'humidi- tédc la Terre s'y maintienne touf- iours : autrement cette Terre dc- meureroit comme morne & corru- ptible , & fc desfcroit aifcmcnt par morceaux. Ce qui toutefois n'apas cncor cft é en iccllc endurci du tout & parfaid, peut à la longue dcucnir & fc réduire en dure & forte pierre par Poperation continuelle de la Nature afliftee de la chaleur du So-

lA ToyfoYk JtOr] 45

îcil &longue<lex:oâ:ion continuel- le & Tans intermiflion. Ainfi des fu- mées & des vapeurs fufdites renfer- mées dans les pores dcIaTerrcJors qu'elles viennent à fc joindre aux vapeurs aquatiques aucclafubftâ^ ce de quelque terre fort fubtile^^^- gcree &c bien purifiée par la vcrtugg influence du Soleil , desautrcspla- netes^ & de tous les Elemés enfem- BTc^fe peut réduire &mettrc e^peu- urc le vif argent.

Mais dautât qu'il pourroit retirer de quelque durté fubtile & flam- boyante, l'on fe peut bien feruir du foulphre d^sPhiîofb phes^de la for- ce & énergie duquel conclud fort bien ce grand Hermès , quandil dît [que la vertu fera reçenedcs fupc- rieurcs & inférieures- planètes , & qu-auec faforcc^il furpaffe &pene- tre toute autre force , mefmcs iu£^ ques aux pierres precicxi (es. }

Toyfon a Or.

L\A Vr RE SI M I LIT VD B.

HErmcsIepîusgrâd Ouurier& le premier maiftrc de cet Art, dit que Peau de Pair , qui cft entre le Ciel & la Terre , eft la vie de chajp- que chofe,càrparIemoyen de ces deux particulières ^naturelles qua-

Ld Toyjon d Or. 47

lirez, chaud & humide , il mit ces deux Elcnicns contraires , l'Eau & le Feu, comme vn milieu ncceffaire pour accorder ces deux extrcmi- tcz Efei^Cielcomenceàs^efclaircir auffi toft fur la Terre , que cette eau s'eftinfure d'en- haut luyferuant de femence féconde introduite dans le col de fon ventre^dont elle a con- çeuvne douceur' corne de miel ,& vne humidité certainc^qui luy font produire diuerfîté de couleurs &dc fruits^d'od s'eft efleue cncor & crca corne par fucceffion de lignée dans les veftiges de leurs fecrettes voyes, vn arbre de hauteur ^grofTcur ad- mirable auec vn tronc argentin^qui s*cftend amplement & largement par les places , & les quantons du monde. Sur les branches de cet ar- bre fc rcpofoient diucrfes fortes d'oyfeaux , quis*enuolerent tous verslciour ,puis y apparurent des

48 Toyjon iOr.

Corneilles en abondance , infinité d'autres&rarespropriecezencorsy retrouuoient , car il portoit beau- coup de fortes de fruids , dont les premiers eftoient comme graines menues , & lautrc eftappelleedc tous les Vh\\o(^0^\ïtSterYafolidta y la troifîéme eftoit d or le plus pur, en- tremeflé de force fruids qu'on no- me de fanté, refchaufant ce qui eft froid 3 refroidiflat ce qui eft chaud, & ce qui a contracté par vne intem- périe extraordinaire quelque cha- leur exceffiue, rendant le fcc humi- de 3 &l*humiditefecheamoliirant ce qui eft dur^&rafrermiffant ce qui eft mol. Or toutes ces conuerfions de contraires eflences font les plus affleurez pilotis de refperance de noftreOcuurCp»o/îrrf opey'atio efinaturarum

fnmatioydiicntils communément.

Faire le corps eTprit ^ l'eff rit rendre Corps, Les y if s faire mourir ^ remure les morts,

r Ceft

La Toyfon (Ï0r,f 4^

C'cft la Pierre d'Aymar, le cercle parfaidourcpoîeàgarâdîepoinâ: du ma2ifl:crc,d:le commen cernent delà fin prercnduc de rout noftre arcificc.Cetre maxime eft vrâie,quc l'affcurancc d'vn bon principe ne fcrt pas peu à confoler les cfprirs af- feurcz^qui s'embarquer neârmoins cncrainre de ne pouuoir furgirau havre de falurdVne bonne cfperâ- cc, fe voyant afTaillis de tant de d urs cfcueilsqulls font le plus fouuêra- bandonncr la prifc aux meilleurs Nautoniers. Sitoutesfoisnousen- uifagcos quelque doux Alcyon au milieu de noftre Tourmenre, nous nous afleurons au moins d'cftre en- core demeurez en la vraye route nos intentions3& par ce bon augu- re nous commençons à recognoi- ftlZ cx-yngue leoncm ^\zLy on Hz ^2inz^ corne Ton dit^refpirans foubs le dur faix de nos plus grands trauauxga-

D

50 La Toyfon aOr.

ycmctfurmoncez parTcrpcrancc & PaipedaiTeurc d'vn bon heureux & fauo4:able commencement.

DtmidîumfaEli qui benè cœpit hahet .

La clef noire des mutations roci- proques de ces diucrfes formcs^ou- urele Cabinet des fccrcts naturels, pour foder la douceur & la maturi- té du frui6t de Tlfle Colch ique^quc garderie Dragon, &lcLyondeuo- rant^comparezàlapourfuitc deno- ftrcOeuurc.

Tour atteindre le but de nojhe Sacrifice, il faut par efchelons entre -future la lice, S'aàuançant peu k feu,

Salienus parle fuffifamment de la variété & différence deccfruid, nous faifant afiez ample mention dVnc Herbe qu'il nomme en fuite de plufieurs,^«^)^fï'c:^,d'vne tige tou- te autre que les comuncSj&r qui tire fa racine d'vn métal terrien/ougit fantc en partie /mais cnuironnec d'vne noire coulcur^ouproprcmét

Ld Toyjon d'Or. Ji

tachetée ^ facile toutefois àfe cor- rompre &fe deffigurcr^comevou- lantadandoncrfes forces ordinaires pour renaiftre bien plus bclle2x:plus pai'faidle , au rcnouueau de fes plus riches fleurs venues à iuile tcrnie^Ia' quelle fcptâte deux heures après fe rencontrant foubs langle de Mer- cure , fe change au blanc parfaicl dVne trefpurc Lunc^&conuertic derechef, fe laiiTât bouillir quelque peu plus long temps par dccodio, enO r de tel alloy qu il change en fa nature la Centiefmc partie de Mer- cure j mais or bien plus parfai6l que ne le peut produire la force de h Terre dâs fes minières métalliques. Virgile cndidtâutâtaufixiefmedc V fes ^neides, parlât d Vn Arbre aux rameaux d*Or qu'il faid récontrer a fon PrinceTroyê durât Ces longues nauigatiosj arbre de telle excellen- ce quil ûc mouroit iamais^ quVn

D i)

ji x4 Toyjon a Or,

autre en rcnaiflant con tinii cllcm éc de luy, & fucccdant au premier par la mulriplicatio de foy mefmc ajnfi quWn autre Phenix^ncrcntraft en fon lieu.

Ld Toyfon ^Or. 55

Troîfiefme Similitude*

Auiccnnetrai6tant de riiumidi- tc&de toTes Cjffe£ts,dir que l'on ap- perçoit en premier lieu quelque noirceur , lors que la chaleur faid' fon opération (ur quelques corps humides. C*eft: pourquoy les An- cics Sages fâsautremêcdeuelopper l'ambiguité de leurs figures a^nig- mariqucs, difét auoir aduife d e loin vn brouillard qui s'e{leuoit,cnuiro- nant toute la terre & la rendant hu- midcjilsdifentaulTi auoir prcueu la '^grande impetuoGté delà mer & le concours abondant des eaux na- geantes fur toute la face de la terre, de telle forte que laforme& la ma- tière deftituees de leur force pre- * lîiiere & remplies de putrefa6tio,fc vcrron t parmy les ténèbres mefmes cibranler iufqu au Roy de la Terre, qu ils cntédrot ainfi crier &lamêter dVnc voix pitoyable & pleine de.

D iij

54 Toyfon d'Or,

compciflion. Gcluy qui me rache- ptcradela fcruicude de cette Cor- )taptio,doitviurcauecmoy à perpé- tuité trer-content,& régner glori- eux en clarté &brillante lumière par deflusmon fiegeRoyaljfurpaflanc jmelme&dcprix&d'honneur le pré- cieux efclat de mon Sceptre doré. Le bandeau de la nuict mit fin à (a copfainteparvn charmeux fômeil, mais fur le poindl du iour on vid fortirpardcffus laperfone du Roy vne Eftoilie tref replandiffante^&la lumière du iour illumina lestene- bresJcSolcilparoiiïac radieux entre les nues ornées & embellies de di- ucrfes couleurstles cftoilles brillâtes penetroicnt, d'vnc odeur trcs-odo- rifcrantc qui furpafloic toute forte debaufmej&prouenoitde la terre vne belle clarté reluifante de rayos efclatansj tout ce qui peut en fin fer- uirde contentemêtoudeplaifir a-

laToyfond'Or, .j)

grcable à vn grâd Roy qui fe veuc deleder aux rares nouueautcz. Le Soleil aux rays d*or&la Lune argen- tine entouras cette excellôte Beau- té fefaifoient admirer de plufîcurs fpeâ:ateurs,& ce Roy rauy en la co- templatio dVn doux refTentimêt fit trois belles & magnifiques Courô- neSjdontil orna le chef de cette grande Beauté^ IVnedefquellcs c- itoitde Fer, l'autre d'Argent, & la troifiefme d'Or: puis on voyo it en fa main droifte vn Soleil , &c fept Eftoillesàl'entour quiy rendoient vne très- claire lueur j main fcne- ftre tcnoit vne pomme d'Or, far laquelle repofoitvn pigeon blanc, que la Nature efcincellantc vint en- cor embellir d'Argent ,&r décorer fes aiflesd'Or.

Ariftote di£lque la Corruption dvne chofecft la vie & la renoua- tiondvneautre,:cequifepcut en-

D iiij

5^ LaToyfonà'Or

tédre far l'Arc de noftreMagiftcrc & preparatio des humidkez corru- ptibles^ rcnouuelleesparcetteiub- Itance humide, pour afoirer touC- iours à plus de perfedion , & a la cotinuation d'vne plus longue vie.

Flgurç 6. ^ 7

ta Toyfon a Or. J7

QmtYiefme Similitude,

Enaldus dcmonftrc euidemmêc la nccef- iicé&eftroi6le corn- municatio qu ont les chofes viues.auec les mortes, en ces mots. ïc veuX;> diâ:il,& entends que tous ceux qui s addonnent à noftre E- ftudererieufe,& qui défirent en- fuiureabfolumentlemcfmc ordre & la pifte que nous y auos tenue & dciimêtobferuéeànoftrecotente-

ment /tacet en forte que les chofes îpîmûellésfc corporalifenr.&quc IgscQrporelles fe rpiritualifentaufli parvncre^proque conuej:fioîr&: diflipation de - leurs premières i^rmes, afin d'en acquérir vne pTûs^ excellente ^ fc rcleuani: dc^ettc niortvgiâgft lapucrçfa£^ion>feeau- coup pi us gloriciix qu auparaduât

jS ToyfonSOY.

parvnelegcre & feule decodion.

Plufieurs autres des meilleurs Phi- lofophes^ vnanimes en cette pro- pofition ,nous payent tous de ces ou femblables paroles, 5û/;*f (^ gzU^ difl.ous&: congèle, ou du,

Sifixumfoluasfaciafq^ff yoLttilefixumy Etyolacrem fl^as yfadet te Ifiuere tutam,

didl la Fontaine des Amoureux.

Rends la terre légère j & donne poids aufeu^ Si tu yews rencontrer ce qiion rencontre pet^.

Comme ia cy dcfibs nous fauons rcmonftiéendiuers cndroldsrimi' tant cncor en cecy Senior qui nous couicainfi que font tous les autres, aux muances neccflaires des matic- res contraires. [L'Efp rit, didt il,dc^

liïïrclccoTps.&r par cette dcliuran- ccTamcTc tire hors des corps , puis on réduit CCS mêmes corps en Famé; fame~ÏÏonc fe châgc en vn clprît,&: îc^Hcd^^nou^

LdToyfon^Or, J9

Car s'il demeure ferme au corps , & qu'il rende de nouueau les corps de fby terreftres^maffifs&groffiers, fDiriruels par la force de ces cfprics, c'eftiebucdenoftre Ocuurc: que fi le mcfmc n'arriue à ces corps me- taliiques,qu ils ne perdent leur pre- miers.: naturel eftre, pour reprêdrc plus de luftre & de perfection en noftre Ouurage , la première ma- tière d eftruide en intro duifant vnc autre par génération, c'eft en vain trauaiUerj&diflîper fes veilles &fon huillepour abbayer après le vent.

6^

La TayfoniOr,

/■

V

N home infortuné ,defcheu des doux zéphyrs de bon- hcur,& r'enuoy é aux cruels fuppli- ccsd'vn Cloacquetref-ord,paroif foitauffy rvoir qu'vn More confit-

La Toyjo'r) d'Or. 6i

, palpitant en (on mal / & hors de ion haleine^ pour les rudes ef- fortsqu il emprunte de foy mcfme, n'efpargnant rien de fcs forces qu il ne les employé au falut de fa vie , &c à la deliurancc de fon corps relégué auxintaides prifos de ce bourbier fangeux & plein dimmondicitez: mais fa trop foible puiflâce ne pou-

uant féconder le vœu defes defîrs

>

pourrortirdecelieu,& fe voyant en vain auoir importuné le Ciel de cris, &faide de ion induftric pour fe deuelopper d'vn fi vilain cachot, il eut tout le loifîr d'attendre en fi mifere le dernier coup d vne crucl- Icmort^fansmendierplus auantlc fecours fauorable de quelque amc bcneuolc pleine de Charité^ pour fattirer à la pitoyable compaffio de fonpiteuxdefordre- anfly fepou- uoit-il bien refoudre^quoy que par forcera finir triftcmeût l'abrégé de

61 J^aioyjon auY.

fes iours funeftement talonnez des plus fombres malheurs de cet im- monde & ténébreux Efgout, puis quechacûfe rêdoitfourdaus abois de Complainte , monftrant en fon endroit vn cœur plus endurcy & plein de fclonnie^que n'cuft pas faiâ vn Rocher infenfible.

TflindefiréfalutlEfperance eflant^ainey So hutnafffirepliis (jUiilaParcjue inhumâmes JLoYs que tout A prof os l^ne ieune Beauté^ Suruint à fon fecours pleine dhumanitL

CettcDame eftoit belle par cxcel- lence&decorps&dc face, enrichie de fuperbes habits de diuerfcs cou- leurs, ayât de belles plumes blâchcs mais bigarrecscome celles d'vnPao quis'eftendoiétefgalementfurfon dos^àla mercy d'vn vent bénin & ^ephyrefauorable^lcs aiflcrons en cftoientd*Or cntrelaflez de belles petites graines. Sur fon chef bien

Ld ToyfondOr, 6^

ajancc elle aiicit vnc tref-bcUc cou- ronne d'O r,& fur icclle vnc cftoillc d'Argent, à l'entour de fon col clic portoit vn Carcan d'Or, danslc- quel eftoit richement enchaiTé vn précieux Rubis d'excellent artifice, le plus iufte prix & la valeur duquel n'cult pas fçeu payer le plus grand reucnu de quelque puiflant Roy: Elle auoit auffi des foulliers dorez aux pieds , & d'elle s'efpandoit vnc fouefue& tresodorifcrâtc odeur. Tout d abord qu'elle apperçeutcc pauure defolc^d' vnc Contenance gay e &: d'vn ioyeux afpcâ:, elle luy tend la main , & le releuc de fon ex- trême foiblcflc , ia tellement dcfli- tué d e fes premières forces, qu'il ne fe pouuoit plusfupporter, ny ga- ratirfô corps pufîllanime, défia sc- tant la terre: au péril emincnt du fa- lut de fa vie il n cntcnd& n'attédpl* riédalTeuré quclevray Rébus dc^

^4 ^<^ Toyfon a Or.

malheur mifcrablcs,

^ nullam îf^rdrefà luterH.

Cequeftat rccognu auxadiosim- bccillcs de noftre langoureux , cet- te Dame s'aduancc cfmeuë dcco- paflîon, & le retirant benignement d'vn c telle infcdion^elle le nettoyé pur ôc netjluy faid prefent d*vn bel habit de pourpre,&: Pemmeînciuf qu'auCiel auec clle.Senior en parie tout de mefme traidât de ce lub- icd: y voire encore en ternrics bien plus clairs. [Il y a^did-il^vnechofc viuâtc qui n'eft plus mortellc^ayanc vne fois eftc confirmée &afreurec de fa vie par vne éternelle & con- tinue multiplicatioUe .^

Figure 8,

La Toyfon cf On Figure 8.

Cinquiejine Simkuuù.

Es philofophcspournc laiflcr rien en arrière de ce qu'ils doiucnt hon- ncftcmccdcfcouurirdc E

66 laToyfond'Orl

cet art 5 luy attribuent dcuxcorps^ fç^uoircftlcSoleil&laLunc^qu'ils difcnt eftrc la Terre te TEau. Ces deux côFps s appellent auflThom- me & femme ^ lefqucls engendrée quatre cntans , deux petits hom- mes qulls nomment la chaleur & fix>idcur3 &c deux petites £cnimes jjgaifiecs par le fec &: Thumide : de CCS quatre qualitez , il enfortvnc cinquicfine lubfiince , qui eltla Magnefie blanche y laquelle ne porte aucune ride de faufletéfurle front. Et Senior pourfuiuant plus au long cette mefme figure /a con- clud en cette forte. [ Ouand^idb ilTles cinq font affcmblez elïïcm- ble& viennent àeftrc \me meimc chorc3la"pierre naturelle f e fai6t lors de toutes ces mixtions égales i^_qulQ nomme Dianç\]Auicennc àcepro- pos^didl que fi nouspouuons par- uenir iufquau cinquicfmc , nous

Xi Toyfon(ïOr\ èy

obtiendrons ce que tous les Aa- tlieursappellêt l'Ame du mode. Le.s Philofophesnous expliquécfoubz i'cfcorce de cette fîmilitude l'cfTcn- ce&le modellc de leur vérité par la demonftration d vnO euf, pour ce quedâs fo enclos ilyaquatrccho- fes aflTemblccs&enféblc coioinâ-es la première defquelleseft le deiîus qui cft la coquille, fîgnifîant la ter- re,& le blanc qui eft Teau j mais la peau qui cft entre Teau &Ia coquil- le eftl'airqui diuife la terre d'aucc Peaude iaunc eft le feu&a vnc peau fortdcliectoutà Tcntour de foy: maisceluylaeftTair le plus fubtil, lequel cft icyauplus intérieur du trcs-{ubtil,car il cil: plus adherant&r plus proche & voifîn que n'eft le feu^repouflant le feu &i'cau au mi- lieu du iaunc quieftcertccîquicf^ me {ubftance,de laquelle fera for- mée &cngcndrccla pcuHettcqui

Eij

croifl: paraprcs. Ainfî font en vu oeuf toutes les forces &: vigueurs auec la matière, de laquelle nature parfaidtc & accomplie vient à eftrc efpuifce.-orcft ildemefmcnecef- faire que toutes ces chofcs fe ré- tro uuent parfaidcmêt en noftrc Opération.

Z4 Toyfon iOr, figwtt J.

«^

Smejhte Similitude^

Es diTcours des plus diP. crcts font toufî ours âbi- gus,&lcursgraucs cfcrics toufîours entre- meflcz E iij

^o Id Toyfon iOK

de quelque obfcurité^s'entendant fibien tous ea ce forment folcm- nel, que leur volonté n'eft point mieux exprimée des premiers que des autres. Et c eft mefme pour- quoy Rofinus en ce poin6l con- forme aux Philofophes , n'expli- que en FEnigme fuyuant Fopcratio del'Oeuure , que par la face qu'il di(5t auoir veuë d'vne perfonnc morte , mutilée en plufieurs cn- droids de fon corps ^ & tous les membres dlceluy diuifez: mais le gros de la mafle & le tronc dudit corps qui reftoit encere entier pa- roiflfoit blanc comme fel, fon chef fcparc des autres parties dudift corps eftoit d vn bel or^ auprès du- quel eftoit vn homme fort noir, mal compofé de fes membres, ha- ure au regard afTez effroyable de vcùe , q ui fe tenoit tout debout, le yifage tourne vers ce corps mort^

LdToyfonioi. yi

ayant en fa main droidtc vn coute- las tranchant des deux coftcz au- cunement entrcmeflé de fang , du- quel comme cruel &de touttéps nourry au carnage & à l'efFufion dufanghumain ilprenoitpour les plus grands esbats & pour les plus voluptueufes délices de Tes plaifirs, le meurtre violent & l'aflaflîn vo- lontaire, mefme de fang froid do toutes fortes de perfonncs. llmo- droit en fa main gauche la forme dVn bulletin oiî ces mots eftoient cfcrits: le taymeurcry & mis ton corps en pièces^ afin de te beatifiec & te faircreuiured Vnepluslogue &plus heureufe vic^que tu n as ref fenty deuant que la mort cuit con- fpirc contre toy par le tranchant demoncfpecjmais ie cacheray ta tefte à ce que les humains ns te puifTent cognoiftre, & ne te voy êc plus au mefine équipage mortel

E iiij /

yz Zd Toyfon iOvl

que tu eftois au parauant,&brouiI- leray ton corps dans vn vafc de Terre ie Tcînfcucliray, i ce qu'y cftant en peu de temps poiirry, il puiflfe dauantage multipUcr & rap- porter quâtité de meilleurs fruids.

ZAToyfoniOrl

ï^.

7i

' Sefttefm Similitude]

ES Oeuures d'vii Ouidc poctc tref. excellent & grauc Philofophe, nous foxuaflcziuger de

74 ^^ Toyfon dOrl

capacité & de la grande cxpcrié- ce & vraye cognoiffâce qu'il auoit des cfFedts mcrucilleux de noftre Magncfîc , nous mettant en ad- uant la prudente prcuoyance de ces vieux Sages, qui fagemcnt cu- rieux du renouueau de leurs iours fur-annez,s'oppofoient vertueux par vn antidote fouuerain & con- trepoifo delà morr^aux dards enuc- nimez de ces fieres Eumenides, peftes cruelles de la v ie, & de la co- feruation du genre humain, fefai- fans volontairement démembrer le corps en maintes & maintes pie- ces , que Ton faifoitainfî bouillir, iufques à vnc parfaite &jfuffifantc decodiori,pour changer la foiblc confîftance de leur aage débile, en TEftat naturel de force & de vi- gueur,fcfaifant en mourant rajeu- nir plus robuftes,& leurs membres çfpar^ ÔifXïis entaat de j)icccs,plus

Ld Toyjon iOr. 7j

cftroidemcnc rcioindts & reiinis cnfemble,

SlJBL EST LE PROPRE JDE

U Nature par lequel elle prend fon opération,

TR^îCr^ ilV^TRlESME:

E Prince de laPhilofo- phic Pcripatctique & grâdinquiiîtcurdes rc- ccrch cs&curiofitez na- turelles, di6t en ce qu'il a traide de laGencration , quePhommc&la feméceproduifençvn autre hom- me, eftât plus que certain que cha- cun & toutes chofes engendrent leurs femblables , parla force ani- mée & fecretement particulière de chafque femence,qui rend toute forme viuante chacune en foncf- %icc par plufîcurs & diuers mo- yens , mais principalement par la chaleur operatiuc &tempcrcc du

7 5 La Teyfon i 0?l

5 oleil, {ans l'ay d e infu fc & Taflifta- cc immédiate duquel cette opéra- tion viuifiec n agiroit aucun effet. Les Philofophes auflî réglez fur le moule parfaiddVncfage Nature^ font forcez & contrain(5ts de mc- dicr vn fecours fauorable à leurs dcflcins & en la recherche de leur Ocuure,àladifcretionde quelque autre fupport , & dVn ayde em- prunté.

Nulle chofe iamahfut de tout poin£î parfaite Sans le fupport (tautruy^^ nefe l/id lie faite.

Ainfi le did la Nature en fa Com- plainte, si tu ni' ayde ie tayderay. Comme tu feras te feray»

SiTartifte ne féconde les deflcins de la Nature,quoy qu'elle foit plei- ne de bonne intention y fînepeut elle pourtant nous mettre au iour

6 faire paroiftre la volonté qu'elle a de foulager les hommes, & les rê- drcde tout poind au fomaict de

ZdToyJondOr. 77

leur pcrfc(5tion:tout noftrc artifice aufli ne peut pas profpcrer en les rcccrches vaines, ains demcurétin- fru6tueules& inutiles fâs kfaueur que luy fait laNature. Ce qui nous monitre bien qu'ils ont toufiours befoin d'sn entr'ayde IVn l'autre, &quenoftreArtdoibt régir la cha- leur aucc la Têpcraturc du Soleil, pour produire cette fufdite Pierre: mais la pourfuite&lebon fuccez de toutes ces chofcs doiuent cftrc confiderecs de nos Sages Emula- teurs en fept diuerfes façons , qui nous y ouurirotla porte pournous introduire benigncmêt aux Prolé- gomènes neccflaiicsdesparfaiclcs Chaleurs.

'' Za Toyfon d!o r\

REMiEREMENTiîy { faut de neccfTité prati- I qucrvnc tellcChalcur, qu'elle puiffe attendrir, amolir & fondre le plus fort de la

Ld 1 oyjon dur. /y

ccrrCjCuifant cnfemblc & le gros &c le dur par le tcu tcmpcrc d vne cor^

^HË£j£!l^Jjij^i^ le commenccmct de toute f Oçuurg , confirme dës^

^ -bonsAuthcurs. Sifutrid^mnonfucrit,

funài autfolui non foterit,^ fifolutum no fue-»

ritMnMn redigitur^^iCt fort bieilMo-

ricn .PlatO n ^^^^ quodfme conuftione^"

netratiofimnopoteJl.ccO: à quoy, dit-il,

tu te dois efforcer de paruenij^xju'à Ja putrefadio.Àpres Icfquels le Phi- ' :|ofophe ditn'âuoiriamais veu ani- ~ mal croiftre fans la piitrefacStio : &*

opHs^lchymicum, pourfuit-il, inyanum crit nifianteafucritputridii.psir:rncriidQsdiÛ:

auiTi lamcjGnaecIiofe. [Si lecorps . iVcitu^ du tout^gm-^

pu &corrômpupar laputrefadioj cette occulte &: fecrette vertu delà matière 3 ne le pourra tirer dehors/ nyle comoindrc||arfaLaementa^ corps. Le grand Rofaire tient cette _ opinion de tant de bons Authcurs

8o Ld Toyfon a Or.

trcf-aflcuréc^la fouftcnant comme infaillible par cette figure Meta- phoriquc.[Nous tenons pourMa- aimc véritable , que la Tefte de xioftreArccftvn Corbeau, volant fànsaiflesciirobfcuritcdcla nuiiSt auflî bien qu'en la clarté du iour.] Mais par quel moyen elle fepuiflc f^ire,Socrace t'en baille vn bon ad^ ui^^parlantainfî des premières cha- leurs conucnablcs à laCorruptio. [Les pertuis & les petits trous qui ïbnt les meatcs & les pores de ja terre y s'ouurirot^afin qu'elle reçoi- ue en foy kforce & la vigueur tant du feu que des eaux.

BgUYÇl%^

^^ Toyfon d'Or,

u

Figure ir.

'^SSDL ME NT telle

chalcurnous y cft iiccef- faire par la vertu de la- quelle les ténèbres foiéc expulfees de Ja terre, le tout fe rap- portant au proucrbe de Senior. La

F

8i Zd Toyfon d'Orl

chaleur, dit- il, rend toutes chofcs blanches, & toutes chofcs blâches deuiennent après rouges: Tcau pa- reillement par fa vertu rêdaufli les chofcs blanches, que le feu puisa- près illumine , mais la couleur pé- nètre lors &tranfluit la terre fubti- liiec, corne le rubis par l'elpiit tin- gcntdufeu. A quoyconuicnt en- cor Fauihoritc de Socratc en ces mots : Efiouys toy quand tu verras vne lumière adfiiirable fortir àcs obfcures ténèbres.

LaToyfon£or, ligure 13,

A Chaleur diipofcej;^ gortcchafqucchofeàfj^ _plu7grandl^^ JWparlaforce fccrete dont elle peufànimet les cor^aumoye dVn agent de pourriture. Cefl

§4 T^oyfon J!Orl

pourquoyMonen 3î3E^^q^^ fe rend anime qu'aprcTTa putrcta;- {iïo^S>c que toute la force au niâgï^ ftcrcnepcut rien ^ fi cette corru- p û on n a précédé . ainfi que nous raffirmcafleurcmêt la Tourbe âcs Ph'ilofophes , qui d'vn commun confentemcntattribue à cette cha- leur Ja iurifdidion & le pouuoir de rendre les corps animez, en leur donnant vric cffcnce viuâte , après cette putréfaction ; de faire plein d'humeurs & aqueux ce qui eftoit auparauât ferme&foIidc,ou autres femblables &contraires operatios, par ce que la chaleur contient cette propriété que de fixer & refoudre, & qu'en cela eft le nœud de la ma- tière, auquel apertement confiftc lapcrfediodeTouurier. A ce pro- pos deuons nous cftroidtetnent obferuer comme vn précepte d af- icurancepour côceuoii vne dou-

' La Toyfoniôrl sy^

ce apprchcnfîon de pouuoir obte- nir le falaire précieux & prémédité de noftre terre noire, le Solue & <rcU, quedifentiî fouiient les bons au- thcurs & de nous tant de fois re- chantc.Cen'cft: pas peude cognoi- ffrele feu qui faid cette putrefa- dào g^plufieurs beaux diuers eifcts defquels dcpéd toute Pentree & la conclufîon de noftre Saturne.

Si tn yeux proprement cet Ouurdo-e abreg-er^ Rends mol ce gui efi dur;, ^ le fixe léger.

Par ce que PeflTencc de noftre Oeu- ure tire fa force de contraires quali- tez parfaitement vnies. Rahs en di6t autant au trai£té des lumières, parlant de la neceflité de cette mix- tion métallique. Perfone^ dicbil.nc F g^tpas redre légère vne chofe pc- fatclarrccêuoirraydc d^vne chofc légère, nonpjusque trâfmuer vns cKolè pefantc,dVncTflence légère fans^entremifc dVn corps pcfant^

F ii]

u

Zd Toyfan d'Orl

Tt^ure 14,

V quatricfme la chaleur purifie chaflant de fon _^ _ fouyer le moindre ob- jed de quelque impureté. Calid i ce fubied die qu'il faut lauer la

Ld Toyfon iOr. 87

matière par vn Feu chaud , pour faire vne apparente mutation; auffi faut il fçauo ir que les minéraux affortis & alliez enfemble dcfche- ent prompteméc de leurs premiè- res habitudes par la communica- tion réciproque de chacune de leur propre inflaence en l'infufîon éga- lement difpctfeepar la totale maf- fe de leur communauté 3 fe def- pouillans dVn vedement parti-^ culier pour en faire puis après vne proportio efgale& mefureeàtout le gros de la minière, &:quittans les mauuaifes fenteurs de leur infe- âionpar le moyen de noftre Eli- xir renouuellé,duquel traittc fort à propos Hermes^quand il di6t qu'il cft cres-neceflfaire de feparer le grosdufubtiljlaterre du feu & le raredeTeipois. Il me vient à pro- pos de rapporter icy les concep- tions du traidcd'Alphidius qui ne

F iiij

88 Ld Toyfond'Oy.

contredit en rien ce que nous en difons. Vous cognoiftrez par la ledure exadle de fes do6les efcrits^ le mefme aduis qu'il en a du tout blable à tant de bons&renommcz Autheurs^ qui nous ont tous laifle hefitâs au merme chemin. LaTer- re^ diét il, vient à fc fondre, corne vneeau, de laquelle il fort vn feu. Ouy 5 puis qucla terre contient en foylefeu , aufïî bien que lair eft cotenudansleau.Rafîsno^aduer- tit de mefme que certaines moUef fes delartdoiuêt précéder la par- faide opération de fOcuure, lef- quelles nous appelions ordinai- rement &fortàpropo$ , Modifi- cation y pour ce qu'il faut pre- mièrement fondre pour ren- dre la chofc plus maniable , & que la matière foit reduidccn eau qui cft moUafle, & principe de toutes thoics^Exaqmonfniafimt: ce qui fc

LdToyfond'Ofl 89^

fai£t parla putrefadtion: Car des le commencement de cette mondi- ficatio on peut tirer quelque bon prognoftic& ferme refolution de la Pierre d es Sages^ fi les plus fales& diformes parties, come cxcremês nuifibles&fuperflusalapurete de ce bel O euure ^ en font entieremét exclufes &: feparees.

n

Zéi Toyfon d'Ori Figure If,

V cinquième la cha- leur s'eflcuc par la vertu du feu, & Fct prit cache de la ter- re fera renuoyé à

La Toyfon iOr, 5)1

l'Air. Ccft ce que did Hermès dâs fa Table d'Efmeraude en ces ter- ni cs.Il monte fuauement de la Ter- re au Ciel '5 &c derechef Au Ciel il rc- defcêd en Terre , ou lors ilreçoit la force de toute fo<ce.Puis en vn au- tre endroidt .-Fais le gros fubtil & le fubtil ctpois^Sc tu auras la gloîrc. Et Riplà en fcs ii. Portes,^'en diâ: pas moins foubzvne autre figure. Tirez les oyfeauxdunid^&puisles remettez dans le nid ; qui eft efle- uer FEfprit de la terre ^puisleren-/ dre à la terre. A ce mefme fubieâ: difentlcsPhilpfophes,quilsreco- gnoiffêt pour vnmaiftre delà fcié- ceceluy qui peut tirer quelque lu- mière dVnechofe cachée. Morie- nus confirme cette opinion com- me fçauant , & tombant en mefme cadence que les autres , aux doux accords defquels noftrc colone fc fortifie & sa ccorde^ il tire de la cer-

9i LâToyfonJ^Orl

ucllc de tant de différents &rrelcuez cfpritSjFindice le plus fore d' vnc pu- re vcritc. [Ccluy qui peut donner foulaeementàramc Ja tirant hors delaputrcfadipii, fçayt vn des plus grands fetrets de Fœuure.] L*aduis 'iJ'AlphidipseJfl: icy tobèfurlameC- nie rencontre eri ces termes : Fais, di^til^que cette vapeurrhonteen haut, aHire ment tu n'en retireras

ta, Toyfon d'Or, figure iS,

n

iC.

m

A y fixicfme lors que la Cha- leur s'cft tant & potentielle- ment multipliée en la terre , qu'elle ayt reduid les plus fortes parties

54 J.aioyjonaor.

vnicscnfêble&renduëspluslcgcrcs elle furpaffc en pureté les autrcsE- lemés: mais il faut que cette chaleur foit augmentée à l'cigal & propor- tion de la froidure de fliomitie. Ça- lidnousauthorifeen cette opinio^ & nous donne aflcurance de main- tenir ce que nous en auons iugc. [Efteinslefeu, di£til,dVncchofe auec le froid dequelque autre cho- fe.] Si ne faut il pas pourtant que la frigidité excède plus d vn degré cette chaleur naturelle , pour ce , qu'elle la fuffoqueroit du tout, co- rne ledid fort bien fur ce propos Raymond en la Théorique de fon Teftament.

ZaToyfonaOr.

Fl'ure ly.

n

AV fcpticfmc, la chaleur tuë& amortit la terre froide, a quoy le dire de Socrate peut fort bien cô- uenir. Lors que la chaleur pénètre.

$6 Za Toyfon iOrl

clic rend les chofcsgrpflîercs &ter- rcftrcs fubtilcs&fpiritu elles qui s'ac- commodent à la matière, non pas à la forme finale,ne cefTant d'opérer aucccllc moyennant cette chaleur fufdidc.CcqucTcsPhiloiophcsap- pcïïcnt plus ouuertempnt/diftillcr

f'^iarïcpt fois 3 cnteqdât les fcpt coul- eurs qui fc font paria decodion continuccdc^ans vn fcul vaiflcau &lans y toucher_J|aiiïant f^irç k >?aturcquilésdcflic&: mefle d'elle meîmc par les poids naturcIsT

^%Cdr Usage Nature^ ^ffrendfônfpi'àsyfon nombre ^famefure.

A quoy conf6rmcmcnt pouuons nous dire ainfi par lesOracles facrez de leurs bouches véritables. Tu as lors diuifé & feparc les humidités corrompues, le tout fc faifant d'vne feule dccoâ:ion.

Fîiîurc i8.

-«^

LaToyfoniOr, .^7

IlgHrc 18,

9.

/

\%

ACtor au quatricfmadcs Pro- ucrbçs donne vn autre cnfci- gnemcnr,pourfcauoirbienregir& tcmpcrcr la chaleur opiportunc &

G

98 ZdToyfoniOrl

îcfeunecefîaircà noftre opcratiou en CCS termes :Iors que le Soleil s'efl: rétrograde , qui veut dire débilité & remis en fa première matière , il demonftre le premier degré , qui nouseftautantquvnvrayfîgnaldc pufîllanimité infirme & imbecillc, àcaufeprincipallementde la dimi- nution de fa chaleur naturelle, lors qu'il eftà la noirceur: puis il yavn Ordre de Fair auLio qui corrompt cette première chaleur naturelle, faugmentant dVn feu bruflant & plus digérant que le feu commun, &cette ardeur cxcclîiue demonftre le fécond degré, qui prouient de la trop grande chaleur du feu , par le- quel nous entendons la putrefa- dion , qui cft la priuation delafor- me:&: derechef vn autre certain or- dre de Fair gardiê du troifîcfme de- gré fuytdc^pres les deux autres,non plus bruilar^ç, mais de qualité tem-

ZaToyfoniOr. ^^

peree^auccvnc médiocre confti- tution de Fair & vn ordre mieux ré- glé, changeant fa violence en repos & tranquillité'. Voyla le vray mo- y ê de mettre fin à Tocuurc & le fcn- tier afleurcmét fraye pour cultiuer la vigne d'cfpcrancc^&parachcuer auec vn bon fuccez le chemin ia ba- tu dVn air délicieux & de profperi-

té.

lOO

ZaToyfoncTOy,

OPERATION DIVERSE DE toute cette Ouurecomprife en quatre hrief s articles ayfe::^cç en-* tendre.

TR^ICTE' CINQVIESME.

article premicY,

U^^^^^^^â. ites pour parucnir ^^^^^^ ^ I^ Cimedorec de _^f^±:fej noitrc beiouurage,

s'appelle des plus experts en cet arc HermctiquCjSolution, qui requiert fclon Nature mcfme, quclej^orps foTt bouilly iufques à parfaide co- dion. Toutnollremagirtercn'eft

O U C C U i r e Coque ;,coquey ^ iterum roque ^nec

tet^deat^ Plus tu cuiras^plus cu diflou- dx^s^ plus tu cuiras , plus tu blanchi-

La, Toyfon ctOr. lôl

raSj&rpIus tu cuiras^plus tu rougiras: en fin cuis au comencementjcuis au milieu &cuis kla fin^puis que cet arc ne confiftc qu'à cuire : mais dâs vnc caufe doibt parfaire lacodion des matières , c*eft à dire dedans vn vif- arget qui nous fcrt de cette matière, & dans le foulphre qui eft la forme: voulant plus clairement donner à entendre que l'argent vital qui fe congelé demeure adhérant au fouî- phre qui i^c difTout&luy eft annexe. Itin^e ficcum humido & habcbis ma^^ifiermm*

Conucrris l'eau en feu , &:Te tcc en humide y en tîn les Elcmcnslcs vns^ dcdansTcsautrcs,&:tu auras vne pïa^ cjicafreurcc de ce que tu doibs pre-> tendre de rciquit amoureux de no-

ftrcprefcntOcuurc, Conuene e'emcnta &* qHodqu£Yisiniê€mes, Les plus Içauants tcpromettcnttoutcfaueur^ &:tele ligneront quand lu voudras^ fi tu ^^s le moyeu dclôlndre le Mel-^

G iij

19^ IsdTeyfoni'Orl

cîJre"^e |^6tjlpliré crifcmblc. Or ccrtcrolutio n cit autre cho te qu'vn. certain Ordre de quel^;^ humidité conjointe auec le fec^ proprement appeTTcePutrcfacftio.qui corrompt totallcmçntlanuriere&larend du tout noire. Moricnluy donne fem- blâblecffc6t auec pareille neceflîtc de venue, pour efpcrer quelque cliofe de l'Oeuure , dont elle en cfl la Clef & le Içuain des Philofophes. s'il nejiydit'ilypourry ^ noircy , il nefe dijfou^ dvd fas , c^ sHlnefe dijJout,fon eau ne fi fou rra c'ijpyp^^ fout le corps comme il doiht necef- jâirément faire ^ny le pénétrer ç^Ae blanchir.

Iî^j^%tàiôurirporjrrcuiurc comme Ittgiilîii^ bîed q^infe produid & ne germe iamais à profit , fi premiè- rement il ne meurt & ne fe pourrit du tout.

"Xa Toyfon ^Ofl Fleure 19 <

:?

lOJ

[\^/^ \

Zérticle Jecond,

LE fccod râg cft appelle Coagin lation, qui toutefois peut cftrc didevncmcfmcchofe aucc la So- lution , Éùknt mefincs cflFeds , la

G uij

104 i<« Toyfon d^oi.

diucrfîtcqu'ôpeut intermctrrecn^ trc-dcux n'cftant caufee que de tant fcic peu de diftancc qu'il y a à parfai- re les muîatiosdes premières eflen- ces en natures diucrfcs^qu'on quali- fie de diuers nos pours'oppofcrfeu- lemécàlaCofufio des pr entières in- tentions & pour en priuerles igno- ras & y amener les cnfans de noftrc Icicnce à fa vrayc cognoiflâce. Cet- te Coagulation doncqucs remet denouueauTeau dâs vn corps, car en ce congelant il fe diffoult , & en difloîuant il fc congelé , pournous monftrerquc le vif argent qui eft vn difloîuant du loulphre métalli- que, &lequelilattire àfoypour c- iirc congelcjdefire de nouucau fe conioindre à Hiumidité radicale de ce foulphre , & ce foulphre dere^ chef s allie en fon Mercure : & ainfî dVne amitié réciproque ne peuuét ils viurci vn fans l'autre , sarreilant

ZaToyfon iOr. îoj

amiabicmêc cnicmble,comcn cftâc qu'vrie naturCjainfî que tres-docStc- mcntlcpublicCalidfoubzle nom de tous les Philofophes dans les fc- crets defon Alchimie, difant: Na- ture s'approche de nature^ nature fc faid fî^mblable à nacure^iature s'cf- iouy t en fa nature , nature s*amande en fa nature , nature fe fubmergc en fa nature,& fe conioinâ: en fa natu- re^nature blanchit nature, & nature rougit nature. Puis il adioufte,lagc- nerario fe retient aueclagcncratio, &lagcn?ratioferendvi6torieufca" ucciageneratio.Abôdroiddocdi- fons nous que noftre Mercure fut- dit recerche toufîoursl'alliace de ce foulphrc pour luy feruir de forme, duquel il auroit eftefeparcauectat d'in dicibles regrets ^ comenepou- uantpatir la diflblutionde deux a-- mants fi parfaiârs , que ce foulphrc qui fcrt de forme au Mercure le fait

lo^ Ld Toyjon JtOr.

leucnir à Çoy^&c l*atcirc de l'eau de k terre toft q u'il se cft def uny,afin que de ce corps compofe de matiè- re qui eft le Mercure, comme nous auonsjadiâ:, &deformequieftIc foulphre , nous en puiffios tirer vnc cfTcnce parfaiéte, en laquelle on re- cognoilTe ladiuerfîtc des couleurs qu'il eft befoin d'y voir^pource que la propriété deschofcs opérâtes ne comcnce pluftoft àfe changer,quc la pure conduitte & la (eurc entre mife de ces chofes viuantes& ani- mées n'y foiét prudemment régies &do(fl;ement conduites par la main des plus fçauaats qui en ont ja gou- uernele timon &la rame ; n'eftant pas peu de chofc que de cognoiftrc j vn bon pilote à traucrfcr feurcmcnt cette mer quifoit muny d'vn bon ^aiflfcau, c'cft à dire travnillant fur la vrayc matière & fçachant laportec &la mcfurc des chofes opcrarxtesj

La. Toyfon iOr. 107

par ce qu*cnla Solution le Mercu- re cft fai£t (emblable aux operatifs, au lieu qu'en la Coagulation la cho- fccfttolcrce, en laquelle fe fera l'o- pération . Mais il (e faut reprefenter que cette fcience eft fort à propos , & par exccllêce comparée aux ieux des petits enfans,parcequetoutart cft iuftemêt nomme ieu^mais prin- cipaliemêt celuy des Xzttics^i^àmUvte'* rarum^ aufquelsles bons elprits pren- nent plaifir , & les dodes autant de contentemêt fans aucun ennuy que lc% cnfans prennent de gouft aux chofes friuoles félon leur portée , & qui leurfaidl pafferle tempsàTayfc & fans apprehenfîon d'aucune in- commodité , commcla figure pre- fentenousen repVefentc naïuemet robie£t& le portrait:.

îo8

léi Toyfofk iOr*

IiZwe 20-

\Artkle tmfiefmt.

E troificmc degré dcsNa- turaliftcs,cft la Sublima- tion , par laquelle la terre malïiuc&groificrcfcco»

La, Toyfon £0r. ro^

ucrtit en Ton concrairc humide, &: (c peur ayfcmcnt diftiller après qu'elle cft changée en cette humidité: carfî toftque l'eau s'eft réduite frangée fon par influxion dans fa propre ter- rebelle rctiéraucunemétde/îalaqua- Iité de I'air,s*cflcuant peu à peu &en- flâtla terre retenue iufques alors aix petitpicdpour(aficcitebcâte&dc- mefuree , corne vn corps copade & fortpreflc , laquelle ncantmoinsy reprend Ç^s efprits & s'cftend plus au « ' large par Finfluece de cette humeur qui s'mibibe dedans, & s'entretient par Ton infufion dedans ce corps fo- lide err forme dVnenueporeufe, &: pareille à cette eau qui furnage dan$ tœuf 5 c'eft à dire lame de la cîquieC mefubftancequenous appellerons auec bonne xài^onti^^^yfcrmmtum^^ mw/4 .o.W^pour eftre la matière la plus iîeccjfTaire & la plus approchante de ia Pierre des Sag;es d autant que de

î I O La Toyfon i Or.

cette Sublimation il en prouicnt des cendrcs^lcfquclles proprcmét ( mais fur tout moyennant l'aflillancc de Dieu , {ans la bonté duquel rien ne reiiffira ) s'attribuent des limites & me{uresdufeu , cfquellcs ilcftclos & cômc de remparts naturels enfer- mc.RipIa en parle ainfi & du mefmc fcns que nous:Fais,dit il^ vn feu dans ton verre , c'eft à dire d^is la terre qui le tient enferme. Cette bricfue mé- thode dont nous tauons libérale- ment inftruiâ: , me femblc la plus courte voye & la vray e Subhmatioa Philofophique , pour paruenir à la pcrfedion de ce graue bbeur, fort à propos comparé pour fa pureté & candcuradmirable^aumcftier ordi- naire des femmes , c eft à dire , au la- uoir, qui a cette propriété de rendre infiniment blanc , cequiparoiflbit cncfFca:auparauâtfale& plcind'or- durcs^commc la fumante figure te le

La Toyfon d'Or. iir

fera parfaitement cognoiftrc.Mais encore premièrement ce veux-ic ad- moncfter que ic ne fuis point fcul qui donne mefmes cffcâ:s ànoftrc Oeuurc, qu'au meftier des femmes, n'y ayant rien de fi commun dâs les meilleurs Authcurs que cette vrayc fîmilitudc. LudttsfucroYum l'appelle/^i(^ de femme & ieu icnfantyn2.ï ce quc les en-

fans fe fouillent & veautrent enTor- dure de leurs excrcmcns , reprcfen- tant cette noirceur tirée des propres mixtions naturelles de noftte corps minerai , fans autre opération d arti- fice que de fonfeu chaud & humi- de, digérant évaporant y laquelle noirceur & putrefadion eft net- toyée par la blancheur qui vient a- près y prendre place fe faifant mai- fon nette & purgeant de toute or- dure cette première couche impar- faite 3 de mefmc que la femme ic fcrt dVne lexiuc .& d Vne claire eau

lU ZdToyfoniOr.

pour rendre à fon cnfantia netteté rcquife à fon entière conferuation-

L

Zértick QudtYiefne.

E dernier de nos articles aducr- tit le ledlcur que Tcau fe doit

defor-

ZaToyfon £or. 115

déformais feparcr & diuifcr de la terre, puis fe rejoindre & remettre cnfemblc de nouueau, afin que cts deux corps eftroiâemét vnis foiéc vn homogenee^fi ferrez &allicz en- ferablc quela feparation ne s en puiffe pl^ faire: Telle doit cftre auffi hntention de i'ouuricr, autrement fon labeur vainement entrepris ne prendroit iamais fin, ains demeurât toufiours en mefmc eftat , ne laifTc- roitric à fon Autheutquvn regret plein d*cnnuis d*eftrc ferf d'igno- rance 5 n'ayant eu le pouuoir de ré- duire fon ocuurc en Tymon natu- relle d'vn feul corps compofé de chofcs diflEerenteS;, defquelles nc- ccflairement s'cft-on feruy à la con- ftrudion de ce rare Edifice , ne plus ne mois que le fage Architecte, qui drefle vn baftiment de diuerfes ma- tieres^auqucl neâtmoins tant de va- fiétez n enfantent en l'idée qu vnc

H

IÎ4 I-d Toyfon d'Orl

fculc & principale fin , qui cft le ba-

ftimenc , & vn tout aflcmblé de di-

ucrles parties eftroitemêt vny dans

yn corps compafTé de plufîeurs in-

llrumens.

Ce qui fc peut donc dire de no- ftre coîîipofition & des proportios quiIyfautob(ctuer, eftfuccindtc- mêt copris en la brieue metho de de ces quatre Arcicles precedens, fan$ s*alambiquerautreméc l'cfp rit, ren- du confus & efgare par les fcntiers entrelaflTez des vcftiges ambigus, & des difcours hyperboliques de tant d'Authcurs qui n'en parlent qu à taftons ; de lorte qu'ils font errer les autresmoins aduifez/oubs le voile ignorant de mainje obfcu- rite, retenant en ceruelle ceux qui font altérez & quifeicttentàcorps perdu dans la fontaine fans cognoi- ftreIefonds,fitoftquele Soleil lui- fantfaidbvillerdefes rays quelque

LaToyfon £0r. Uj

fuperficie: Si que déjà fe promettent tout au moins des Monts dores, puifq'^il leur rit ain{i,ils trauail- Icnt après tout pantelans pourle penfer fuprendre & prendre la lu- ne aux dents, dont il fe repentet tout a loifir & du peu de preuo- yance de leur bouillâte temerité.

Odi fupillos precocis ingenij

La patience vient a fin de tou- tes chofes,même des plus ardu- es, les quelles font ordineremet de plus de quefbe &: de recher- che parceque VifidUa c^ua pukhra.,

C'efl pourquoi la tourbe dit: pa- tiemment &: continuellemêt:les autres, Me te tadeat ç!s^ augurât, puis patience en fidelle compagne , toujours te fuive &: toujours t' aconipagne ,

Hij

n6

LaToyfonSOr. Vignre 22.

É&

]

DV GOVVERNEMEJSTT DV FEV.

Près tout ces articles nous a- uons a traiter de la vraye ma- nière de bien &methodiqueniêt

la Toyfon iOrl iiy

gouucrner le feu en la proportion de {es dcgreZjla cognoilTance du- quel nous cft il ncccflaire, que fans cette fcicncc toute noftrc opcratio fe rendroit iautilc: affcurcz mefme- mcntdaubirchoify la réelle matiè- re Se de fçauoir le moyen de la fc- mcr en terre defîrec , cela n'eft rien^ puifque, ee^^-^--»--^*^

i^ui manque d'yn manque de toute chop^ Vno auulfo non (Mcitalto^ S'ti ^y c \uciM\Xi^ Vn pulporreame yifa^Hlijfome. /^^ ^-i >

d autant qu on cfpie de plus près le ^U^i moindre vice, qui fuffît pour ternir C^ ^-TÎj & tenir toute la gloire en bride de 1

quelque homme généreux, qu'on ne le lotie de toutes fes vertus , qu ii s'effc acquis par ies graues mérites. Ceft donc pourquoy.

Le Sage inquifiteur ne doibt de rien douhtevy Btqm nefçaitfas tontine payt ïœuuregouper:

Hiij

nS Id Toyfon iOr.

Vn régime defeuparfai Et tesconomicy

Q ui rep-le les erreurs d^ne errante ^Ichlmiç:

C*eft le fidel ^gcnt qui difpofe de tout.

Et qmfcYmeJoujlient le fiege tufquau bout:

Ceji le fetd porte-clef de nofire Citadelle^

Q^ifQur garder fork Roy fm£l bone fentinelleé

Pontanus nous en fçayc bien que dire ^ quand d'vne fîcnne Epiftre il nous veut rendre fages à fcs périls, ( Cûts faiftcs d*aurruy nous peuuenc arreftcr jquipar ce feul défaut s*ef- longnoit àpertcdevcuëdercsdef- fcins^n'auançcantnon plus (on œu- vre en deux cens diuerfes fois qu'il le recomcnça,attache neantmoins furbonnc &deuë matière, que s'il n*ciift iamais rien faid. Cette igno- rance luy coufta cher & de temps&: dcdelpens , quoy qu'il nefuft que trop muny de bcllepatiencerequi- le en ce labeur : mais le feu naturel îieccflaire à ce beau corps ^ ne lay- dantde Ces faueurs ;, ilfutdifgracié

La Toyfon J!Or, np

de profpcrke, autantdc fois qu'il voulut perfifter en fon premier ar- reft y tant ce gouucrneur & pcrc de famille peut au timon réglé & aux reflorts decerichevaifl'eau : Fort à propos en pouuons nous donc icy parler,&dekouurir en peu de mots ce qu il nous en fera permis d'cfcri- re. LorsquVnechofes'apprefteàla chaleur, ce doibt eftre de telle forte qu*on n'y puiïïc recognoiftre aucu- ni: émotion pcrceprible^ains feule- ment vn changement de fon ordre naturel, comme ccluy qui couient au Soleil , auquel cette chaleur fc doibt du tout rapporter^ qui eft au- tant que 11 nous vous difîons quV- nc chofeterreftre & fans cfprit, fc peut rendre animée par le moyen dVne chaleur naturelle & confor- me à celle du Soleil & de la Lune^ non excefliue ny bruflâte , ains feu- lement médiocre, & à Tefgal d'vn

H liij

Ï20 La Toyfon aOrl

corps bien tcmpcrc. Or de quelles qualiccz font ces deux principaux allrcsceleftcs^ Senior le demôflrc, quand iIdi£lquclcSoîeileft:d*vne chaleur modérée, & la Lune froide &humide3maiscommemoinspar- laidle elle monte en hautafpirantà fonbic& empruntât de la plus no- ble partie ce qui luymâque^tâtqu à !a fin elle paroilt autant en force & en vertu, queceluyqui lesluyafa- uorablementcomuniquees,fi quils sgijffcnt puis après cfgallement fur les corps de leurs celeftesinfluéccs, &lesremplillcnt abondamment de leurs douces lumières. Or comme la chaleur & Thumiditè font les gé- nérations , & partant neceflaires à noflrefin^difenttousles Autheurs, fur lefquels s'eft affcureFlamcl en so Sommaire Philofbphique.

Car chaleur ^ humidité EJlnouYritHYC m ycrité.

Ld ToyfondtOr, Izf

T>€ toutes chofes de ce monde ^yant yieyfur ce me fonde ^ Comme animaux &l>egetauXy Et femblablement minéraux, chaleur de bois ^ de charbon. Cela ne leur ejifas trop bon. Ce font chofes trop l/iolenteSy Etnefontpxsfinourriffantes Que celle qui du Soleill>ient. Laquelle chaleur entretient^ chacune chofe corporelle. Pour autant qu'elle ejl naturelle],

Auflîles attachos nousfîeftroidc- mcntaumagifterc desAnciens,que par la renouation de ces deux mo- yens , nousefperons faire fortir les rayons tous brillans de noftrc beau SoIeiljVenant rafraifchir Ton amou- reufe ardeur dans le fein argencia defaLuneefpuree , dont nous vo- yons faillir mille petits foleils , c cft à dire infinis^ & qui fe pcuuent fans fin multiplier j or cela cft la vrayc Pierre des Sages*

121 ZaToyJon iOr,

L'cfchcllcdes Philofophespour monter à la cognoilTance de cette gloire^defcoLiure entièrement que! doibt eflre le feu de noftre Magi- fterc,& de quelle mefure l'Ame des Philofophes veut eftic entretenue, nousenproduiros comme cnpaf- fant quelques diuer(îtezd*opinios: il eft bié di6t en ce lieu fus nomme, que la chaleur ou le feu requis à cet ouurage, cil: compris en vnc forme vnique , mais c'efl: trop fuccin 6î:c- ment dire ce qui en eft, ^^^ ^^'^«i^^

Uhoro^ohfcurtiS fio.

Qmndmondifcours trop court fert la hrlefuçte\ 'yiens ^ demensferfde toute ohjcurité.

Nousnousefclaircironsdccc dou- bte,&dirons maintenant que quel- ques vns de la Tourbe, veulent que la Chaleur du premier appareil ou du premier régime, fc doiue aucu- nement rapporter à la Chaleur de

ZaToyfon d'Ori I2j

quelque poulie couuantc : autres la vculcnc deuoir cftre femblabicàla Chaleur du corps humain, & telle que la parfaidc codlion ou dige- ftion des viandes enuoycesàl'cfto- niachla dcfirc , pour conuertir en fubftance du corps &: en nature ali- mentée, la qualité & quantité nc- ccffairc des chofcs nourrifTantes: d autres cncor la veulent rendre ef^ galle à la chaleur du Soleil , qui (elo les objects produit des contraires effeds^quoy qulmmuable en (a na- ture , ainfî que faid noftre Pierre fufdid:e,qui (ans aucûeoperatiofe pcutparacheucr^changcâtfon pre- mier eftrc&fc iaiflant mourir pour reuiure , àPaide de çeluy quiluy a caufélamort^pourcequelefeudcs ^ Philofophes retient les cfTcdts du Scorpion qui porte la mort&la vie, tuât par fon vcnim celuy auquel luy mefme applique fur la playc donne

12-4 -^^ Toyfor%iOr.

Je dyâ:amc de guarifon. Le feu trop violentruine ce qu il rencontre ^ le mcciiocre rafFraifcbift , & dilfipe in- fcnfiblemcnt ce qu'il veut cncrete- rjir & releucr de fon humidité. Ain(î le dîct Calld , mmorimisomnia terit, C\9t le moyen d'efperer vne loiia- blc fin dés le commencement du la- beur entrcpris^que de luy donner la chaleur têperce , laquelle fans bruf- Jer pcnetrcfi viuementiufques dans les entrailles de ce corps maffif qu*cl le amollit fa dureté & le faidt ployer a toutes fes volontez ^ comme l'eau quicaueàlalongue&par la conti- nue de fa patience les plus fermes Rochers , ce qu'elle ne feroit iamais aforceouucrte. La matière altérée &c pofe'ment cfchauffee ne retient plus fon luftre qu'en puiflance,& changeant fon beau teind: , cllefc couure d Vn voile obfcur infiniméc noir, qui la rend comme lepreufc&

Ld Toyfond'Or. 125

pourrie par tout le corps : auflTi la Fontaine des Amoureux Tappcl- le elle lors, Ormefel& Plomb des Philofophes.

Quantum mutdtus ah lUo.

On le cognoifi plus en fa deformité.

Mais le temps ameinc-touCjdiflipc au z. changement les ténèbres om- brageufes, & retire en fa faifonfoa corps attedié des cachos noirs de {a longue prifon^ luy redonnant vnc nouuelle forme affranchie pour ce coup de cette pourriture^de laquel- le nettoyé il reprend plus luifanc quiln'cftoit, ragreabléfaccdcfoa cnbonpoinâ:.

E t £yn More parfat 61 il deuient Cwne bUnc^

La vraye chaleur requife à ces ef- fcdts ne doit eftre ny plus ny moins ardente que celle du ..Soleil , c'eftà dire médiocre ôc tcmpcrcc,pour ce

14^ la Toyfon èOrl

que le feu lent cft efperancc de fa- lutj &: parfaict toutes chofes ,diél !a Tourbe : mais cctrc Chaleur necet- faire ésprincipesaltcratifs de noftrc operatio eftau Signe des lumeaux, & quâd les couleurs font venues au blanc la muItiplicatioit4oibc paroi- ftrc , iufques à ccqu'vne parfaidlc fîccité fe cognoifTe à laPierre.Or ne peut on mieux iugcr fi ce figncdc- bonnaire y domîap , que quand principalement la'iâi,aleur de noftrc fcun'eften rien différente de celle du Soleil, carc'eftceftela qui y cft furtouteautre rcquife , pourla gra- de fympatie qu'il y a entre les deux, cotraires en eux mefmes &: fe chan- geât félon lesfigncs plus violés ou plus doux quiles gouucrnent,natu* rcllemet toutefois & fans aucun ar- tifice. Mais fi toft que la Pierre eft defl^chec !&^l^ut;reduire en pou- dre^ le £cuîufqucs idy'mcdiocre &

Lit Toyfon i'Or. iiy

tempéré doibt reprendre fcs forces & plus ardcmmêc agir fur ce corps, à ce que par fon ardeur augmentée il luy puiffe faire changer d'habit^d: muerfarobeblâche envnc déplus hautecouleurplusvoyante & plus vermeille , qui font les liurees ordi- naires& les riches vefteinens de no- ftrc grand Roy, deliuré de la prifoa dâs laquelle long temps il s'eftoic vcu ferré & en grande fouffrancc, par la diligente pourfuittc de fon fi- dellegouuerneur qui Ten retira. Le dernier degré de fa chaleur eft tel queceluyqui règne foubz le Signe ardent du Lion plus efclatant& fu- ribond que tous les autres, carc'eft lors que le Soleil efl le plus vehe- mec en fon plus hauc degré de cha- lcur& qu il eft efleué en la plus hau- te digniré de fon celefte domicile. Voila fuffifamméttraide^pour la bricfueté que nous recherchons de

128 Ld Toyfon ctOr]

noftre Inftitution Philofophique du moyen qu'il faut tenir & cftroi- élcmcntobferueraugouuernemêt dufcudesPhilofopheSjfanslcquel tu trauailleras en vain, quiconque fois qui voudras eflayer la dernière pièce, pour remporter la meilleure perfedion de cet œuure : il te doibt neantmoinsfuffirede ce que nous t'en auons diâ:,plus clairement que fi le difcours eftoic cnueloppé de plus longues paroles ; tu m*entens ie t'en dcfcouure aflcz, à la patte on cognoift le Iion,&:l*ouurier à fon ouuraec.

Des

LaToyfoniOr. 1x9

JOES COVLEVRS NECESS^I* res qtd fe demonftrcnt en laprefara^ tion de cette Pierre,

Lufîeurs Authcurs ic nortrc labeur fe femblent contredi- re & deftruire l'va Fautrecnla diuerfi- ccde leurs opinios, &:qainefonderoitdepresIeur co- mune intention , ou les plus fça- uans ne prcuoyoicnt des mieux à quel dcffcin cette variété , ils pour- roicnt bien long-temps fuer à tirer vne efifence d*cfptit de leurs fubtili- teZjtantl'cfcorcenoiieufe de leurs efcritsdoubteux eftforceà efmon- deren toutes (es parties ,& princi- palement lorsqu'ils veulent traider des couleurs denoftre Oeuure,def- quelles fucçi^idtemcntnous dirons quclq; cb^>!fe:n'ayant pas toutefois entrepris de les déduire toutes ^ &

1

ïjo LaToyfoniOr.

retirer de leurs cachots rvncnpres lautre pour les mettre en lumicrc, ains feulemét nous croyronsnous eftre allez defgagez de nos pro- mefles^fînous en tirons des plus ap- parentes & qui retiennent les autres pour s^enferuir légèrement aux af- faires de fimple confequence en leurgouuernemêt , pour fonderie fecretde ces teftcs plus meures &: qui conduifcnt entièrement Toeco- nomic ô^Teftat important de leur Seigneur, par l'intclligêce defqucl- lesnouscognoiftrons afTeurement ce qui eft mefmc referuc au cabinet le plus facrc & plus intérieur dVn Roy fi prcuoyant pour nous en fer- uirau befoin , fans rechercher des moindres offices de faCourJa char- ge &r les qualitez qu*y peuuent ob- tenir les officiers des moyen es co u- leurs. Miraldus IVn de ceux de la Tourbe des Philofophcs , di6b fur

LciToyfoniOr. 131

nofi:repropos,ayanrcn ccltcque- ftion collige le conlcntcmenc de tousjesjuitrcs bons Autheurs^gus nôlTréCorps Mecalliquc noircit deux fois , blanchie deux fois , 5g^ rougit auffi deux fois , bis ni^refcit , bis

albëptybis Yubefcir ^qviiiom Ics pcrnaa- neees & principales couleurs , châ- géant à mefure de la chaleur plus ou moindre : car il cft tres-ccrtaia qu'on y en recognoiftvne infinité d'autres, mais pour ce qu'elles luy font accidentclles^nous ne les mét- ros pas enligne de copte.de peur de broiiiJler les ceruelles légères aufïi bien que le papier ^ & que tant de couleurs que vous vous pourriez imaginer, dépendent entièrement de ces trois cy deflus fpecifiees , &: reuiennent enfin fur la Symmetric proportionneedel'vnedenosfou- ucraines.Etn'cit pas fans raifon que I^sAutheursparTinfoiratiodequcl-

13 1 La Tûyfon d'Or,

que fâinâ; Antoufîafmc racourcif- fcnt cette diucrficé au nombre ter- naire myftique & deïfié ou s abou- tit le terme glorieux de toute félici- te. Entre ces trois pourtant ( pour ne te rie celer de noftre bricfueMe- thodc)qui fot les principales &per- manêtes du Roy terreftre & metaK lique des philofophes,no^en pour- rons bié difcerner quelques autres différentes & entremeflecs^lefqucl- les neantmoins nous taifonsindu- jUrieufement & de fai6t délibéré, pourn'eftre que couleurs imparfai- €ics & non de telle nature & confî- ftcnce qu elles foient dignes,atten- dumefmement noftre copendieu- fe intention , d'eftre mifesau rang de nos trois permanentes , noir, blanc, & rouge , pour les nommer félon leur rang , lefqucUes abfolu- mcnt&immediatcment compren- nent toutes les accidentelles qui y

La Toyfon iOr. 153

puîffent arriucr.partât n' cft il au trc- mêcbcfoin d'en cfcrirc autre chofe, fînoqucpourle contentement des plus curicux^no^produifios les eau- ùs qui nous pcuuent honneftcmec mouuoir à pafler foubs fîlencc le nombre gênerai de celles qui pa- roifTentles vnesfucceflîuementaux autres entre les principales fus men- tionnees , pourcc que leurs efFecls font défi peu d'eflfed:^ al'cfgardau moins des permanentes (noftreœu- ure naturelle n'agifTant rien en vain) & leurs couleurs fipeuapparoilTan- tes, que s'efcoulât comme infenfî- blemét &c quafî hors de veue, nous les laiflbns plus foudainemét quel- les mefmesnenous quittent, car el- les s'y [arreftenc d vne defmarchc û 'légère, que l'ombre à peine de leur fubftâce feulemét n y paroifl:,qu'cl- les ne s'cfuano ùiffêt auflï toft dâs le ]faij(fcau d'ynpas cfgal àl'incoftâce.

Ï34 ^^ Toyfon d*Or.

C'eft pourquoy de s'arrefter plus long temps à difcourir de chalquc efpccc & de leur propriété particu- lière, ce feroic n*auoir autre chofe à faire, ôc prendre hnccrtain pour la chofe certaine , car de routes ces couleurs qui viennent à pas tardifs o^auectantde lentitude qu'on ne les p eut aykment difcerner, nous ny voulôsafTeoir nollreplume^ac- tentiuc à desdefTeins plus releucs, ains feulement fur quelqu'vnc iau- naflre & de Icgere couleur, mais qui retire à peu prés fur la blanche ur parfaide deuant la dernière rou- geur, pour ceque cellela demeure affezlongtemps vifibleenlamatic- re,la comparant à la légèreté des au- tres, & pour cette railon les Philo- foplies luy font ils tenir place de mefme principauté qu'aux àutrcs,la tenant au rang des couleurs necef- faites j non pas, diue, qu'elle s arre-*

Ld Toyfon iOr, 15 j

fie dans le vaifleau lonq-ucmànc que les crois^quiy demeurent per- manences en la maticrc l'efpacc de Quarance jours chacune ^ m^pour autant qu^apres ces autres la ^ elle sy tient le plus: lefquelles on a compa- rées aux 4. Elemens quiinfluent& dominentfur les corps autant hu- plains que minéraux ; la noirceur à la Terre qui elTlc plomb des Phi- loTophes & la bafe ferme pour af- fcurerlcfaix des autres^la blâchcur a Teau y qui fert de fpermc àla feminç du Ciel pour la génération ; la iau- naftre à Pair, qui cil: le père de la vie; & la rougeur au^u^ui cft la fin de rœuurT& (a dernière pcrfedtion. La noire qui s*apparoit deux fois àudi blé que la rou^e, cft beaucoup en crédit entre les plus famèux^pour ce qu elle porte la ctct pour"ouurit lap^rtc^a qui bon luy femblc^jes CQulcurSj^arit yafcu quiTuyadmi-

I iiij

15 g Toyfon iov,

nillrc toutes fes necelTitez & de qui feule clîe rcleue auffi ^ tenant les au- tres foubsTaloy, car fans iccUe on nepeutcfperer aucun heureux ef. fedde toute l'entreprife : fon hu- meur n'eft pas farouche ny fi dur - à plier que la rougeur, ains beau- coup pP maniable & ay fe à traider, ne demande pourrons metsquV- ne douce chaleur qui puiflc faire rouuercure duleuain corrompu/c Jaiflat vaincre à la patiêce&à Fhumi- lité pluftoft qu'à la rigueur & à la violence d'vnrudegouuerncur qui diflîperoit tout au lieu de l'amen- der. Senior fcruât de loy àplufieurs bons Aurheurs qui tous approuuêt volonté fur le poinét que nous traitons, s'accorde à noftre aduis^ quâdilremoftrcenfes efcrits , que la parfaidlc decoâio de la matière fc doibt entretenir d'vne chaleur tem- pérée tant que le corbeau pourry fc

LdToyfon d'Or] Î37

foiccuanoiiy&ayc ccdcfonrangà vnc autre teinture. Puis donc que c'eftlefcu( au rapport de la Com- plainte de Nature parlant ainfî : Le feu eft noble & fur tous maiftrc, Et cft caufe de faire naiftre. Par fa cha- leur&d6nervie&c,)quitiétlamain à Tœuure&le difpofeafon plaifîr, comme vn fidclle Truchement de qui l*œuure préd langue du chemin qu'il luy faut aflcuremêt tenir : ie ne m*cftonne plus files docteurs delà grandeTourbeontannoncé parla dodrinc de Lucas vn de leurs affo- ciez^quils font grande cftime de Tonurier qui cognoift le feu& les faifons de le violétcr. fGardcz vous bicn^ did il 3 d'vnfcuquifoittrop^

tort pour vncommenccmet.j Que fTdeuant le temps, il cft trop violée d^liors de tes mefurcs^il bruflcracc^ qu'il dcuroit pourrir Tprincipe de la yïc7& la pcinç inutile ne nous rap^

Î58 ^ IdToyfond^Of.

porteroit: qu'vn extrême regret co- fus&dcfplaifirindiciblc dWn falaire Vainement attendu par vue voyeil- licite de violence , caufe de rebelliQ & d*opiniaftrcte^Ccft ce que dic5t

fort à proposT^arie Prophète. [Le

feufort^gardc défaire la conion- <5tiQn] &la vraye difTolution de la nature. Et en autre lieu elle did en- cor : [Le feu fort, teind le blanc en rouge dcpauojrchâpcitre. Aquoy s^corde le Treuifan quand ildidl:^ quclefordoux &: tempéré parfaidt rSuiirc^u lieu que le violent le dc- Ifruid:. Srdoncen toutes chofesia fin deltoute entrcprile eft confidc- rablcdés fon commencement, en cette cy principalement fe doibt- on rendre plus attentif, par ce que fitunefcayslareiglede ton feu en chafque faifon,qui efl le plus grand heur de tes pretenfîons & qui mci- îie entièrement lœuure à faperfc-

Ldi Toyfon iOr. 13^

âiion^ccil faidt de ton labeur, car en la cognoilTancc de Tordre des couleurs côfîfte tout lepoindtdV- ne-graueSciécc&derarbre d'Hcr- mes,(elo lesPhilofophes qui nous enchanter fi fouu et cette diuine le- çon. ^es nojirum fihentfcis yjufjïciet tihi mcrcurm & igms.

Le noir ejl le premier qui fai£l brèche au yaif-

fean, Le blanc lefayt de près humide corne yne eau. Et le rouge en coulet^r tient la dernière place»

Baldc en la Tourbe parlant des mefmes couleurs que nous deuons cftroidtcment obfcruer , nous ad- uertit de cuire noftre compofition iufqucsàcequenous la voyons dc- uenir blanche, laquelle après il faut efteindre dans du vinaigre , par le- quel il entend Tcau mercuriale de la maricre qui eft le feu & Tcau philo- fophale £f ^J^^ ^Ji i^^^ comburens foUm

140 La Toyfôn £Oy.

^^^j^^«î;»/V»«^(Jifet: le grand Refaire & la Tourbe \^<]^^ nofirafonioreJUgne quiafacit de corfore aurimcrumj^iritum^quod i^isfacerenonpotefiAiâ. encore Gebci

àmcfmefin. Ilfaut {çaueirauflife- parer le noird'auec le blanc , car la blâchcqreftvnfigne approchât de la fixatio. Or ne les peut on mieux diftinguer que par vn feu de Calci- nation , puis que (ans ladditionSc mulciplication de la chaleur fur la douce temperie de celle qui a pré- cède & dominé fur la noirceur d'y- nc corruption , la diuifîon de nos degrcz de couleur ne fe peut ayfe- ment faire.Ce qu'ayant en fin obte- nu par Imduftrie dVn tel feu , il no^ refte vn gros de terrc,queplufîeurs ont appelle pcre delà matière , en forme d'vne terre noire & rude, qu'ils nomment leurSaturne,T«r4»j leprofam&*nigram^ vne terre lepreufc, ^ourrie^&noirc, que quelques au-

LéL Toyfon iOr. 141

trcsappelléc le monde infcricur,la- quelle ne fe peur plus mefler auecla pare&fubtilc matière de cette Pier- re , car il faut feparcr du fubtil le gros, &: du rare l'cfpois^c© qui (e fait cndcfcuifantfansy toucher ny des mains ny des pieds, pour cequzopta magnum femetiffum foluit , fe fepare & diui- fe de foy mefme, difent Raymond Lulle & le Treuifan: L'HortuIan fur la table d'cfmeraude did le mcfmc, [Tu fepareras^c'eft à dire diifoudras* caria difTolution cft la feparatio des parties, ]& qui fçaytTart de diffou- drc,il eft parue nu au fcaet/elôRa- Çis. Or c'eft le refrain que no^ cha- tentfans ceffetous les bons Philo- fophes , lors qu^ilsnousaduifentfî fouuêtquelerougc& le blanc doi- uent eftre retirez du noir, & lors en luy ne trouuc on plus rien de fur- abondant ay ât refignc toute fa for- ^e aux fufdides couleurs , & n cft

J^t LaToyfoniOri

plus auffî fubicdt à diminution^ains Je cour par après fe rend conforme au rouge trefparfaid: ; & c'eft pour- <juoy le veulent ils tirer à force ôc véhémence de feu , au dire mefmc de îaplus faine part des doflcs de laTourbe,Lorsquele$couIeurs,di> fentils^viainent depluscnplusàfc muer & altérer ^ le feu fe doibt plus violemment augmenter qu'au pa~ rauant fans craindre déformais qu'il puifTe rien gaftcr^ car la matière s'af- fermit fur le blanc^au temps duquel lame fe ioind infeparabicment a- uecle corps,& les efprits defcendus du Ciel en cette terre ne s'en dépar- tent plus. Amfi nous le certifient les parollcs du Philofophe Lucaj. [Quand noftreMagnefie , did il, s*ell tranfmuee au blanc, elle appel- le les efprits àfoy qui l'auoientde- laiffec 3 defqucls elle ne fe feparc plus.] Maiftrc des Piiilofophes

L<i ToyfonîOY'. 14^

Hermès paffc plus oucrej& dit qu'il n*eft ia neceflaire de parachcuer la Magnefîc blanchejiufques à ce que toutes Tes couleurs (oient accom- plies , lefquellcs fe fous-diuifenc ea quactrcdiuerreseauXjC'cftàfçauoir de Tviie à deux & trois à vne^la der- nière dcfquelles parties conuiencà la chaleur , & les trois autres à l'hu- midité.

Retiens aufïî pour afleuré que^ les eaux rufdttcs font les poids des PKilofophcs, &:cesmermes poids font les couleurs de la matierCy&ilcs trois couleurs principales font J£s trois feux des Philofophcs; naturel^ non naturel &: contre Nature.

Lacomparaifon c]uc font lés A- mateurs delà fcicce^de noftre Oeu- urc,à la vigne^n'eft point trop hors dcpropos^iclapropoferay fuccin- âement pour n'ennuyer le Lc<5lcur bencuoleJlfauc fçauoirquelcSar-

144 ZaToyfond'Or»

met ou la vigne qui en cft le fuc ^ comme la couleur blâche de la ma-^ tiere^fcra tire hors de fa quinte eC- fence y mais (on vin fera paracheuc au troifiefmc degré fclon la vraye proportion, car il s augmente en la decodtion ôcCc forme en la pulueri- fation , qui font les feuls moyens pour comprendre en foy le com- mencement &:Ia fin de cette pépi- nière naturelle, Ceft pourquoy au- cuns de nos dodeurs nôusontVif- fc par efcrit, qucje Cuiurc Philofo- pTial lera du tgurpârfaid en fept jours 3 par Icfq uels nous ent^dons IcsTept couleurs métalliques 3 dont la rougeur parfaidte efl: la dernière^ d'autres neluy prolongent fon ter- me de perfection plus adïïânt que dcquattre jours /qui fe^^^ucnt rapporter aux quattre couleurs prï* opales que pluiieursluy attribuent fculemétj Ce dciqucUcs principale^

ment

La Toyfon d'Or, 145

mcntdcpcndtoutcrOcuurc^ d'au- tresnc luydonncnc que trois ioursT^ cjai lont ccrmes attribuez aux trois plus fortes & plus neccfliites cou- leurs permanentes en la matière , &: quelques autres encor moins cfpar- gnans le temps & le liurans abon- ne mefure , luy aflcurent charitable- ment vn an entier pour fe rendre hors de tutelle 3 &pouuoirab{oIu- ment après vferdetous fes droidls^ ians autre gouucrncur que de fa dif- crctio capable d'entretenir vn mode defesbiens fai6Vs& liberalitcz: Ce terme d'an pour fortir hors de page, fepeut encor accômoder aux qua- tre faifons de Tannée , & aux quatre clemés , qui n'ont pas peu de droiâ: furnoftre matière. Aquoyferend dujoutcoforme le jugement queri I fâîdATpKidius^fuiui de plufieurs au- tres de la mclmc iocicte , iugeant la fin de i œuure par la fin des quatre

K

ij^ô La Toyfon SOy\

temps dcTanncc^au printcmpSjàl'c- fté, a l'automne & àThyiier^pourcc que derechef Tan eft compofé des quatre (àisos: Pluficurs autres l'abrè- gent en vn iour , qui ef^Ie temps deladecodion parfaite, métapho- riquement parlant, car vn an philo- fophal eft tout le temps prefiny de la decodio, qui en vn e fcmaine,qui en vn mois. ArnauId,Raymond,Ge- bcr , THortulain &Augurel parla de trois ans,par ce que chafque cou- leur eft coprife pourvn an. Toutes lefqucllesdiucrfitez fc rapportent à vn mefmcbut vn mefme fens, parla do6lrinc,expericncc & dexté- rité des plus capables quilafçauent, mais qui rccelléttoufiours en leur ar- rière cabinet le temps,les noms &Ia maticrerce que ne peuuentpas com- prendre les ignorans , aufquels fagc- ment par ce moyen les Sages intcr- difcnc la vénérable entrée de leurs

La Toyfon J!Or, 147

Efcholcs myftcrieufcs , comme Pla- ton dcfcndoit abfolumcnc la com- munication de Ion éloquence diui- ne , à ceux qui n'auoicntla cognoiP- fance des Mathématiques. Pratique eftroidcment obferuee des Philo- fophcs en ladminiftration de leur ceuure pénible, ne la communiquât par leurs ambiguitez qu'àla capacité des fils de la SciencCjôz à la fonde di- ligêce desefprits releuez&entêdus en telles chofes : que s'ils ne font pas tclsjils ne s'en doiuent point mcfler, ainspluftoft s'efloigner du fueil de cette porte fafchcufe pour eux, de peur d'y choppcr trop lourdement & donncrdunez enterre.

Proculhinc^frocitlejle fro^hani,

Kij

14? ^^ Toyfon ctOr.

DE LA TROFRIETeJ de TOV- te ïœmre ^ de l'entière prépara*^ tionde la pierre.

TraiSié Sixlejme.

A Calcinatio oudc- albatio entre les Phi* lofophcs tiendra le rang quVn bon pè- re de famille faicfl en vnc lignée ^ à laquelle il pouruoit de fes neceflîtez. aufïi luy font ils te- nir le premier degré de fon Occo- nomic dés le commencement de rœuurc^&luycotinuantle principal honneur de cette charge fur l*entie- rcadminiftratiode nosmetaux^iuf- qucs à ce que par fadifcrction pre- uoyantc, (on vice-gouuerneur cfta- bli pour les rager chacun en fon de- uoir, les ait réduits à la fin honora- blcdeleur pcrfcdion. Orayanticy fubied de trai6ler decetteDealba-

Zê. Toyfon iOrl 14^

tio &Icloifîr d'en dire quelque cho- fe, il no^ faut remarquer que les Phi- lofopheseneftabliflent de trois fa- ços, dont les deux premières appar- tiennent au corps^ la troifîefme à Te- fprit. La première eft cncor vne prc- paratio de rhumiditc froide qui prc- férue le bois des iniures du f eu^qu ils appellent leur Saturne , par ce qu© Saturne faidiacogelation desfper- mes : & de celle préparation deue- ment faidtc, nous conccuons en la- me le bon fucGcs dvn heureux co- mencement. La féconde eft vne hu- midité graflc qui rend leboisfufce- ptible du feu,& cobuftible^laquellc on di6t cftrc Thuilc vifqueufe àzs Philofophes , & qui vient après la corruptionror cette huile la eft celle qui donne la teinture, & le premier menftrue philofophal & leur pre- mier vaifTeau. Mais la troifîefme eft comnie vne incinération de terre

K iij

15 o^ Toyfon iOr.

fcichc,quicftaubIimc,doucedVnc pure,vray c, fixe & fubtilc humidité, c|ui ne rend aucune flamme ^ ne laif- fant ncantmoins de fe former vn corps clair^tranfparetjuifanc, & dia- phane come vn verrc,qui eft la pure & parfaide blancheur^& la margue- rite des Philo(ophes3& leur Or blâc, & la moitié de l'œuure : auflî que la Calcination ne leur eft autre chofc que purement blanchir. QudndodeaU

hatumfnerit durum^poft dmigYdùonem einSyno- minamraurum noftrum;, ^ ca'x nojiray^ ma-^ gnefia m^ra;,i&* aqua fermanensy dlCt iu b tile-

ment Morien.Voila donc la maniè- re de calciner félon les philofophes, parle moyen dVne eau permanente oudVn vinaigre fort qui eft la quin- teffcnce de la matière & lame de Ja Pierre. Mais notons en partant que les métaux participent tous de cette humiditcradiicafe^laquellen'cftrien qu'vn commencement de toutes chofes mpllesiauifi cft-cc pourquoi

Ld Toyfon S Or, ijî

tient on affeuremcntlaCalcinatîon des Philofophcs,n'cftrc autre chofc que la blancheur, & la purgation & la reltauration de la chaleur naturel- lc:ou vn indice parfait, deuoycmér, difturbation &expulfion de l'humi- dité fuperfluc,& vne attraûio d vnc ignec humidité, qui eft cette blan- cheur pure que nous nommons Soulphre interne des philofophes, fcparant le foulphre accidentai &fu- perfluquieft la corruption ; autre- ment vnc douce liqueur^dc laquelle prouiennent la fubftancc animée de noftre Oeuurc, la quinteffence fou- ueraine de tout bo heur, le meilleur cfprit&lavie, dcfquclles eft tirée la parfaide rougeur , &rheurcufefîn jderOcuurc.Orcctte liqueur fe fait ordinairement auec TeaudesPhilo- fophes,qui eft proprement la fubli- mationourefolutiondcsfages , ou Tcxaltatio &Ia blancheur^Ôc leur caa

Kiiij

t$l Zd Toyfon iOr.

permanente-mais de telle force par- ticulière 3 qu'elle change bien toft la Amïc ficcité en vn Toupie & mania- ble amollifTement , tirant dehors la quintellencc, qui cft la Pierre admi- rable des Sages , & le M ercurc végé- tal qui fepare & conioind: les Ele- mcns. Ce qui arriue principalement âcaufc que la partie que la violence dufeuaconfommee& comprimée çnfemble cft dcuenue f ubtile par Ic- iprit^qui eft vne eau refoluante & v- ne humidité des corps corrompus auec vne chaleur amaffec &annex ec aucc Tefprit & radicale humeur^tou* tes lefquelles chofes font vne racine detous lesElcmcsPhilofophiques, lefquelsil faut refaire denouueaua- pres la corruption, qui font ces qua- tre couleurs parfaites, dontla rou- ge cflla dernière.

Et fuis te conutentfar bon fins Séparer les quattre Elemens^

La Toyfon ioy. rjj

Zcfque s toips nouueaux tu fer as, Etpm en œuure Us mettrai.

di(St fag-cmêtk Fontaine des Amou- reux de Science. Orlafublimation fc nomme vne vapeurterriennc plus groiïiere, mais fubtillcmcnt faite en vne humidité d*eau &inflammatio ou humidité de I'air,auec chaleur de feu bien tempéré , laquelle chaleur caufe abfolumcnt la mutatio 6c châ- gementneceflairesdesElemens: &c quiconque fçait cette mutuelle con- uerfîondesvns aux autres , celuyla cft affeurément dans la parfaire vo- yc , en laquelle il trouucracequ'ily cherche danslaquintelTenceefpui- feedes Elemens entiers-, &nerete- nans plus de leurs immundicitez fu- perflues & faîes ordures. Or cette quinteflcncc cft vne humidité opc- ratiuc d'excellente nature , laquelle donne luftreatous les quattrcElc- incns fans eftrc comprimée , les triA

154 ^^ Toyfon iOr.

niuanscnGproprc nature dcquin- tcffcncc y & cela s'appelle lame du monde comprife en toutes chofes, cjue nous nommons auflî les feu des Philofophcs. C'eft en cor la vrayc fi- xation de laquelle parle Gebcr. Rie, dic-il^ ne deuiendra ferme ^ foit qu il rcçoiue quelque lumière^ ou deuiê- nevne belle & pénétrante fubftan- ce^ car de viet le foulphre des Phi- lofophcs, &: la cèdre qui en cft tirée, fans la Lune qui efl: toute la maiftrifc & de trcf^grand eiïc(fi , car en icellc fc conferuevnc eau de métaux , la- quelle fe rcfîouy t au corps qu'elle a- nimc & rend viuant : ce qui eft vnc mixtion de blanche & rouge teintu- re, &vnefprit figurant, caria Lune cotient obfcurcment en foy la tein- ture duSoleiI,qu'elle produit en for- me de foulphre rouge fur la fin de la decodion , le tout par le moyen de Tamedumondc&lc feu des Philo-

La Toyfon iorl lyj

fophcs qui fai6t tout de foy incfmc. Placeurs noirceurs ^corruptions (c trouacnt encor en cette ablution, par le feu chaud qui purifie toutes chofes,& blanchit les chofes noires, lefqucilcs vncs fois amorties & re- duidles à néant, rendent en mefmc temps la vie àla matière , en laquelle on cognoift vnepure &entierc cha- leur entremcflee d vne douce humi- dité des métaux, defquels la matière teincce reçoit force & vigueur.

La putrefaétion tant defiree de cous les PhilofopheSjCommerAmc première de leur meilleure eftudc, fera parfaide & accomplie, lors que manifeftemcnt elle fera brifee& dc- ftruite de fa première forme&d'vnc coulcurnoire,quideuicnt blanche attirât le fecret en dehors par la cor- <:Vî:uptio , car ce qui eftoit cache aupa- rauant icellefc monftre en euidccc & fc rachcpce de la mort, tant on

15^ Za Toyjon (Tor.

donne de pouuoir fur noftre ouura- gcàrefTcncenoiredu foulphre des Philofophes. Ccft auffi ce que diâ: Arnauld de Villencufue en fon Ro- {jiitC'M^it^ operisferfeâtio, eft mtur^e pcrma-

tatio. le tout ne confîftant qu'en la couerfiondc diuerfes natures.Ray- mondenla Théorie de fon Tefta- ment eneftdcmcfme aduis [ Larr, did-il , denoIEre mafflfl:erejc£cnd dcTacorrûption, 1 st difjolmmm^ g^^^

ioufte il encore ^ cu>mfutrefa6iiomhHs/Ex en vn autre endroi6t,il di6t que qui- conque fçayt le moyen de pouuoir deftruire, c'eft à dire , difloudre Tor, ileftparuenuiufquaufecrct.Et^no^ ftre^picrrTTpourfuit-il toufiours^nc fctrouueiamais qucdans le ventre^

de la corruption. Ldpti nofier mn^uàni inuemtur nlfi in Centre corruptionwn, h^ TourSc"dcs Philofophes y contri- biîëjufli ces mcfmes paroliesTria

pourriture^ difent ils, eft le premier

La Toyfon JlOrl î J7

afccndantScla plus belle cfpcracc de toute rœuurc^ laquelle dclcouurc & met en veuë le plus haut myftcre de

cette opcration.T Qui eft principale'

ment vne certaine diftindion & vrayc conuerfîon dcsJlciïiens,

En leur ejfence (^ première matière,

ifoi^ fe colline ^feut Ifoir Cœmre emierel

C'cftde ce changement duquel nous aduertiflcnt fouuent ceux de cette dodle Tourbe après tant d autres ancics. [Change les Elemes, & ce qui eft humide fais le deuenir fec & ferme.] Lefquelspaflas encor plus outre, aÎTcurcntquela matière & ce qui cndcpend eft , comme il faut préparée 3 lors que le tout eft dciiemét puIucrife&nefaidquVn corps cnfcmble; qui pour cet efFe£t aulÏÏ eft fort a propos nomme Con- iondion des philofophes.Confîdc- re donc encore vne fois que la Cal- cination fc fai^a en vain , quelque

158 Zd Toyfon iOr.

poudre n*cn cft tirec dehors , la- quelle eft Teau des Philofophcs ^ di- ikc Cendre d'Hcrmcs ou pouldrc de Mercure, félon mefme quenous le monftrc Augurcl en ces termes.

Z^Edu que i entends extérieurement^

D'i^ne ponldre a tejpece frofrement, '^

La decocStion eft auflî vne àcs prîn* cipalles & neceflaircs parties que dôiuent rechercher ceux qui fça- uentemploier la fleur de leur meil- leure vacatio furies cflaysde noftrc magiftcre. Albert le grand cft bien de cet aduis entre les autres Philofo- phcs qui ne font pas moins d'cftat, mais puis qu il s*eft le premier prc- fentc deuâtmesyeux^i'enrapportc- ray les parolier. De tous les Arts, diâ:il,mefme des plus parfaits, nous n'enfçauonspasvnquide plus près imite la naturc^que ccluy des Alchi- miftcs ^ à caufc de la decodion &

L(X Toyfon^Or. 159

formation qui Ce cuifent en vnc eau rougcS: igncc des mecaux^tirans de près les viues qualitcz du Soleil & tant foie peu de la nature jauflfi eft- ce vne affation & comunediiTolutioa des Philofophes, dont Wiumiditefc confommerapeu à peu auec le feu clair:mais il faut bien prendre garde, que Tefprit qui eft ainfî aride & àtÇ- feichc du corps,ou ne correfpondra plus audit corps, ou bien il ne fera cncor affcz du tout efpuré & parfait* LaDiftillation des Philofophes, autrement appcllce Clarification, apporte vn grand aduancementàla conclufîondcnoftre ouurage^quc nous difonseftre vne certaine puri- ficatio de quelque matière auec vnc humidité radicale , lefquclles ioin- ôiCs font efpereraux Sages vne fin dcfiree de toute Toeuure , moyennâc cette coagulation 3 lalliance parfai- élc fc faiâ; & la conception du foui-

ï6o Za Toyfon iOr,

phrcnon vulga! , & Corbeau du Faucon ci'Hcrmes,qui le rienc toufîours,(di6tiljaucc IcTrcuifan) au bouc des montagnes , c'cft à dire, fur la fupcrficie du mcul, quand il eft Tpiritus ni^er non l/rens ^ l'efprit noir 6C

non bruflant,criant fans ccfle: le fuis ^ leblâc dunoir&lerougeduCitrin. La rencontre quei'ayfaiâ: d'vn bel Enigme fur cet Oyfcaù,mc lafaiâ: tecueillirletrouuantafrezfortablc à lioftrefubicâ:,en mémoire duquel il a eftc doctement copofc; puis que lacuriofité modefl:e de noftrc œu- ure myftique y eft comprife /en fe- ray libéralement part à lafouuenan- ce & au mérite du ledeur beneuole^

Bnio-me.

ïhahlte ddns tes mons ;,(<;;* parmy la famre^ F ère deuan t que fils lûy m a mère en^mdréy Et ma merejam père m Jes flancs m'a porte. Sans auoirnu' hefom a aucune nourriture.

Hermaphrodite futi£ym&* a antre nature.

La Toyfon dor, i^l

ï>» plu^fort le '\ainqueiiry du moindre Jurtnomé^ Etncfetrouue riendejjom le CielyoHtéj Defi beau , deji bon , ^ farfai£}e figure.

En moy:, dans moy^fans moy^naifi yn ijirangt OyfeaUi Qm defes os non osfe bdfiit tombedU^ Oàfans aifles Volant , mourant fe reuijle ,

Et de nature Cart en enfuyuantlaloy^ il fe metamorphofe à la fin en ^n jRoy^ six autres fur montant d'admirable hamwniee,

Le Refaire nous parle aufli de la Co.^' agulatio qu'il compare au Corbeau qui volclàns aifles, laquelle fe faict principallemct 'par la diffolutio eau- fce de la chaleijr,& parla congelario caufeepar la froideur ^ qui (ont les deux moyens de la parfaide généra- tion. Hermès parlant de quelle cha- leur toute Tœuure fe peut entretenir di£t en Table d'Emeraude , que le Soleil en eft le père, laLuneeneft la mcrc^Â: le feu tiers le gouuerncur: nousremoftrantquefaforce^

E^ toute parfai6le ^ entière^ Quand il retourne en terre arrière»

L

téL LdToyfoni'Orl

Ec lors que par degrcz cet Elixir viéc à fe muer en terre ferme , laquelle puis âpres peut feruir à ranc de diuer- {cs opérations qu'on ne les peut no- brcr , fur quelque corps propice qu'on la veille appliquer : Ec pour cette raifcn la pouuons nous auiïi comparer a vnc aire bien fournie, qui conferue feurcment tous les grains qu on luy prefente , & faidl profit de toutes chofcs , comme noftre Art eftant parfait conuer- tit tout ce qui rapporte & approche de {a nature en fa mefme nature , & faid eftant fccouru defuffifansma- teriaux^des baftimcns admirables & dignes d'vn parfai6t Arthitedc du Soleil

Ld ToyfonaOr. I^;

VB LA "DIVERSE OVERATlOl^

as lO euure , de la Variété des noms , ^

des similitudes dont yfent les Phi-

lofofhes en cet Art pour

la préparation d'i^

celle Oeuure,

'Eil vn dire comun en- tre les Philofoph es que ^1 celuy la fcayt induftri- ' j! eufcmcnc vn excellent Chcf-d'œuure des mé- taux & fc rend des plus grands mai- ftrcs en cet Art,qui peu t eftcindrc& amortir la viuacité du mercure : fi ne fe faut il pas pourtant arreftcr fur cette lettre il crue, qu'il ne foit au- cunemêtbcfoindV glofer quelque fens^parce qu'ils traident tous di-^ uerfement de leur mercure. Nous mettrons enaduâtpour Tentree de leurs controuerfes mercuriales , ce qu en did Senior, par la préférence aueluy donne fon nom far les au-

Lij

té^4 ^^ ToyÇm d'Or.

très Authcurs. [Noftrc feu ^ did-il^ ^ vnc eau ,mais lors que tu pourras approprier vn feu à vn autre feu, &: vn mercure a vn autre mcrcurc^ccttc fciecctc fuffirapourla fin glorieufc de tes prétentions.] Vous voyez co- jncllappcïlc ce vif>aTgent vn IcnZc vnc eau, & qu'il elt neccflaire que ce feu foit faid par le moyen cTvn au- trcTeujIdit encore que 1 ame fera ti- fcc 3chors par lapourriture^qui eft la^iioirccur &c première couleur du pSaiâ: EUxir y laquelle s'mfluc de fechef dans ce corpslïu>rt pour luy faiic part defon cforit & le faire re- uiure & reflufcitcr, a ce que le Sage philofophe poflcde puis après ,& rEfpnc &lc corps paifîblcmenr en- fcmble de fonccuure parfait. CVft ce que did encore la Tourbe parlât de leur M crcure qu'ils appellent leur feu. [ Prenez, diâ:- elle, l'cfp rit noir non brufiant^auçc lequel il faur dif

La Toyfon iOr. 16^

fcudrc&diuifcrlcscorpsîCCtEfpric cft tout feu , diffbluant toutes forces de corps par fa propriété ignec , Se les diuifant aucc fcs femblables en eflcncc.]

Plufîcurs autres tiennent que ce Mercure cft proprement appelle tjuinteflcnce^l'ame du monde, es- prit , eau permanente , menftruc, & dVnc infinité d'autres nos qui luy rapportent tous félon la diuerfité de fescfFeds y auquel ils donnent tant dcforcc& de vertu , que {ànsl'aflî- llancc de cette amc viuifiecje corps de noftre vaiflcau , ^cftàdirclama- tierc noire qu'ils appellent le Dra- gon dénotant queue ,qui cftJL proprc humidité^ n>btiendroitia- mais la vie , & ne feroit paroiftrc au- cun fîgnc b on effeâ:. Prens, di- fcnt-ils , ce vif argent , Ôc ce corps de Magnefic noire , ou quelque foul- phrepur & non bruflc^quc tu doibs

L iij

i66 la Toyfon cTO/.

puluerifcr & comprimer dans vn vi* naigre très- fort : mais eu n y rcco- gnoiftras aucune apparence de châ- gement ny mutation des couleurs pcrmanentes^quifont les noire, blâ- cHc g>: rougejtourcs trois tref necef- {ScsTfiTcFeun'eitdelapartiequilc vienne à blanchir ^& ncs'approçjiç Recette compofition , carc'efbluy fcuTqui fe referue cette propricte3&;: quHcfçaitbieng^ouuerncr ^ luy fai- fant rcceuoir vne rougeur au dedas, laquelle , did laTourbc des Philo - fophes^peut deuenir en or ^ (c trans- muant en certain Elixir dont on ef- puife vne eau , qui fert à plufieurs teintures , donnant la vie & la cou- leur à toutes celles qui luy font rap- portecs.Maiscommela noirceur efï le premier Qu'il faut cognoiftre en roïïurage , &: qui icrt tellement de marche pied aux ai^tres, Qu*cllcs_y peuuent afleoir fixement quelles

Toyfon iOrl i6y

qu'elles foicnc le urs cnticrcscîemar- chcs , car puis que celle a précédé, toutes lesaucrcs^y pcuuent venir af- fcurememCjaudî les co ntiêt clic tou- tes en ^m{Ç^r\Qc,Qwcunqtiecolor,(i\t. Ar- n a ul d ->po/î ^ igredinem apparebit, landabUis efl.

Et quand tu verras ta matière noir- cTc£ehouis toy &:teconfole cntoy mefinej pource que c'eft le comme- cément de rœuurc. Au grand Rofai- re des Philofophes il dict encor, que toute laperfedlion de cette fciencc confifte au changement de lanatu- re,qui ne fe peut ftiirc que par le che- min que luy fraye h eureufemét czz- teplanche noire tant dcfirce^fans les veftigcs de laquelle ce (eroit , com- me Ton dict ^ compter fans Ton ho- fte , auec lequel il fcroit force de recommencer vnc autre fois , 6c faire cftat de l'autre comme de cho- fenonaducnuc. Mais fi tu peux ap- pçrceuoir dans ton vaiileau le foui-

1 6 8 La *Toyfon â'Or»

phrc noir duquel nous traidons ici^ eji nojivi of>em ferfeSlioy^ vnc attente in- faillible des autres voyes ncceflfaires. Voici ce qu'en eftimc cette grauc & preuoyante Tourbe , à fçauoir, que la couleur Citrinc & la rouge qui paroiftcnt extérieurement , la Boire cftant iapaîîce pourfaireou- uertureà celles qui la fuiuent , font extrêmement bonnes & pleines dcbonfucces ^ après lefquelles vnc autre couleur purpureefortprccieu- fe &de grande efperancc furuient, qui rend tout affeurcrheureuxcuc- nement du triomphe , ou de la ma-^ gniftcencc promifeànoftrcRoy:& cette couleur eft le mcilleur&le plus pur Mercure qui nous fournit les plus exquifcs teintures de noftre ma- giftere toutes remplies dVnc tref- fuaue odeur. Or toutes ces belles & excellentes proprietez iuftcmcnt o- élroyccs à ce dignç Mercure ^ à^^

La, Toyfon ior. i6^

monftrcnc clairement rcftimcqu é doiuent faire les Sages Philofophcs, lefquels luy attribuent aufli dVnc comuncvoix non feulement Phon- neur dVn bon & fauorable com- mencement, mais encor croy ent-ils qu'il prcfide hcureufementàlaper- fcâ:ion& totale coclufîon del'œu- ure, tirant de fon effence vn vray re- mède à toutes lagueurs, & le régale glorieux de la félicité humaine , ap- puyée des fermes pilotis de fon rare pouuoir & cimentée delà fubtile vi- uacitè de cet cfp rit volant.

Hermès ce grand Prince desphi- lofophes n'ignorant rien des chofes naturelles qui fepeuuent apprcdrc, yatantrecognu deproprietez,quc rcxcellencc de ce Mercure a porté fonefpritaudelàde toutes les loua- ges quonpeut modeftement don- ner à vn corps mineral,pour le fauo- rifççd'vn clogc glorieux refpondat

170 jLà T(^yfon d'Orl

àfcs propres mérites & mcrucillcu- fcs pcrfeâions. Voulant donc par vn abrège métaphorique dcfcri- rc {uccinétemcnt les parricuiicres proprietczdcccfufdid mercure, il vfc de CCS mots. [Icmc{uis,did il^ donné de garde dvn Oyfeau , lap- pcllant ainlî pourcc qu'il eft elprit& corps, premier de la terrc^

Trefcommtinytrefcdche\treJyil,trefprcc!cux, Ccn/eruant ,d^firuifant ybon(<;* malt en ux^ Commencement ^fin de toute créature^ C^r,

caria corruptions: la noirceur font lecôrnencemcnt & la fin de toutes chofwS.Ce qu Augurcl en fa chryfo- pee confirme cncor fort à propos quâd i! parle de cet Oyfeau noir diG- foluâc les corps par ces vcxifuiuans.

Et ompltn eji cette nature efforce

Qui d amollir ces deux meta ux s efforce^

En tome chofe efl natmcHement^,

La Toyfon d'Or. Ï71

S.n luy donnant fin ç^ commencement.

Les axiomes & principes naturels nous afleuransque la corruption v- niuericlle eft le fpermc commun^ le ciment & la femencc propre à tou- tes générations. Mais en fin pour rc- uenir au naturel de noftre Oyfeau, nous dcuons remarquer en luy &rc- cognoiftre vnc telle prcuoyan- ce^ qu il a bien Tinduftric d'efquiuer & preuoir ce qui luy eft contraire, prenant fon vol tantoft au fignc du Lion ou de rEfcreui(rc3& tantoft au fîgnc du Charriot & duCapricorne. Mais Cl après tantdefubtiles fuites, tu le peux arrefter & corriger de fcs legeretez retenant le cours delavi- ftelTc , tu pourras obtenir à iuftctil- tre daphyceofe perpétuelle de fore riches minéraux, &ri6uyr àlongues années de maintes chofes precieu-^ fcs, dont Texquife valeurnct'cftoiE cnçor venue à parfaite çognoifiice*

iï7i td Toyfon d'Or.

L ayant cnfinarrcftc tu le peux di- uifer & feparer en diucrfcs parties, faifant en forte que tu t'en puifle re- feruer quelque part^laquelîe tu feras abbaiffcr iufqucs en fa terre morte& pourrie, auflî long temps que cet cf- prit volatil luy vienne aydcràfc re- mettre fus pieds par fa forte nature, la décorant encor dVne variété de belles couleurs agréables , qui font indices trefcertains de fa Clarifica- tion : & lors que tous ces retours luy font ariiucz les bons Autheurs l'appellent, la Terre & le Plomb des Sages, de laquelle on peut heureu- fement vfer , ayant acquife cette propriété que d'efchauffer le vaif îeaud'Hcrmes,c*cftadire,duMer- cure,&: diftiller en temps & lieu, par nombre ou ceiftainc diftribution de la partie, qualifiant cette terre fpiri- tualifee de diuers noms félon la ixxc- «flion des Couleurs & les diucrfc5

La Toyfon ^Of\ î7j

Opérations de cet cipric volant fans aiflcs, en fublimant Se rectifiant iuC» qucs au fond toute la mafle qui fc decroiftjpuisfc purifie, & rend de plus en plus fon tcin6t plus beau, iufqucs a ce qu'elle ay i atteint la pre- mière pcrfe6tioblâchc aueclaquel- le elle fubit la mort vne autre fois, pour retourner derechef , & toft a- presàvncplus glorieufc vic^quieft d Vne teinture rouge.Faisencor pu- tréfier ce corps & le puluerife iuf^ quesàcequeTocculte & caché qui cft le rouge intérieur vienne a fe de- moftrer &manifefteràveuc d'oeil: puis diuifc ôc diflouls les elemcns, de telle fotte que tu les puiflc rcioin- re&reiinir félon les occurrences, &

{)uluerire derechef le tout tant que a chofe corporec & matérielle , de- uicnnc en fon efTcncc animée & {pi- riturllc: ce qu*eftantcomodcmenc faiftiltefâut cncor xctircr lame du

1^4 ^^ Toyfon ^Or.

corps que tu raffembleras & rcdifi»

crasà fon Efprit.

Ccgentilmcflager des Dieux Mer- cure plein d mucntions & de fubti- litcz ainiî tourne de toutes parts, s'efl: acquis force luftre, duquel il faid: librement & largement efgalc portion à fes aflbciez & plus pro- ches voifins ; comme à Venus , à la- quelle il donne vne blancheur^à lu- pitertrop violent il modère & dimi- nue les forces, rend Saturne endur- cy , & faiil que Mars s amolliffc, donne àtla Lune vne couleur Citri- nc , & rcfoult tous les corps en vne parfaide eau , de laquelle on efpuifc la vraye fource dVne admirable ver- tu: ce que le Treuifan déclare ou« nettement en la pratique de fon li- ure de la Philofophie naturelle des métaux , de forte qu*ilnous fufiîra d'enuoyer les lefteurs à ce quil en dcfcrit pertinemment, fans nous y

La, Toyfon ior. E75

arreftcr plus long tempSo

LesPhilofophescncor nous cn- feigacnt fur le doigt les moyens nc- celîaires de pafuenir aux prépara- tions du foulphre noir, iufques à la première nature du rouge, qu'ils ap- pellent diftillacion , tant qu'elle ar- riue à vne gomme oleagineufe ic aquatique, incobuftible, fort péné- trante 5 & du tout femblable au corps , laquelle à cet effcd eft de plufieurs nommée Tamc , pour ce qu*clleviuific,conioinâ:, infère & rend les Natures en Efprit. Cefoul- phre ainfî réduit, furpalTe en excel- lence tous les prix & les valeurs qu'on luy Içauroit donner , auflî l'ont ils grandement prifé & qua- lifie d'vncloged'honneur,quandils luy ont prerogatiuement attribuélc rare nom de laid de vierge ou de pucclie , Ucyir^ineum ^ qui rcuient aur cunenjcnt à la forme de quelque

tyé Za Tqyfon £0y.

fommc rouge, toute d'or & rcffê- lant al*caudcsPhilofophes , trcs- rcplendiflantc, qu'il faut coaguler, communément appcllce des Sages, tm£turafapîenti£,tcinimc admirable de Sapicnce , ou le feu vif des couleurs permanentes ,vne ame &c vn efpric quis'eftend loin par fa vertu fe ren- dant volatil, ouf e retire & reftreint quâd il luyplaift,dVnc teinture fixe dans fes indiuidus,c'efl: à dire dans fa nature propre & homogcnee.

Ce Mercure non vulgal eft cncor appelle Soulphre rouge , gomme d'or, or apparent, corps defirc, or fingulicr, eau de fapience, terre d'ar- gent jterrc blanche, air de fapience, (remarquez que Tenfant des Philo- foplieseftncdans Fair ) lors princi- palement qu*il a rcceu vne infignc & parfaide blancheur. Toute la Tourbe des Philofophcs arrcftec furies circonftances qui doiucnc

paroiftrc

La Toyfon £Or. 177

patoiftrc fur la furfacc & fur le co r ps entier dcleur fruiâ:,en a Icgué ce iu- gcmcnc. Ilfauc^difenc ils, fçauoic qu'on ne peut rendre Tor au rouge^ )qu*il naic paffé premièrement au blanc après la corruption , pourcc qu*il n'y a point de voyc aux deux cxtremitez de l'œuure que parla bla cheurqui eneft le milieu -, afin que vo^ obleruiez toutes les règles qu'il faut tenir en cette méthode , puis que le defordre & le cctre de confu- fio,qui fc faid pluftoft fuiurc par les eftafiers delà defolation que desa- uâtcourcursdeconfolation cfleucx foubsla prudente difcipline d*vn or- dre ncceflaire à cette opération. Or toutes ces couleurs , quoy qu'elles foient d'vne mefme nature , & fe re- trouucnt fuccefliucment en vn mef- me iubied, trainét- elles pourtant diuers cfFcds , carileft vray que le blanc fera faid noir par le rouge ^&

M

17S la Tojfor^ (TOr.

que d'vnc eau pure la couleur criftal line paroiftra du rouge citrin^toutes fcparccs de quclq j fccretc vertu par- ticulière. Moricn te fraye fur les re- plis de fon liure^traidant de la trans- mutation des métaux metaphori- quemétja proportion & les dcgrcz que tu doibs rechercher en la com- pofition de ton labeur .•i^'^odid-il^^f

fumus ruhens fumam album capiat^ac deorjum amhos ejfunde ^ conhmgeX^L fumee t OUgC

doibt comprendre lablanche^&lcs ioindre toutes deux enfemble. Le Code de toute vérité dicSt aufli furie mefmefuieâ::[blanchi{rcz le rouge, & rougiflez le blanc , car e'eft tout Tart 5 le commencement &: lafîn.] Senior parlant encorde cette varié- té des couleurs 5 nous donne à enté- drcaux paroles luiuantes , le grand profit & neceffitc d'iccUes.Ccft vnc chofe admirable que de confiderer les belles fondions & les nobles fa-

LaToyfon iOr. ly^

Plions de cet cipric mcrcurial^lequcl fi eu viens à iccter par deflus les trois autres defaillans 5 il porte aide &fc- cours au blanc , & par deffus le citrin & le rouge , il le rend aulTi parfaite- ment blanc quVne couleur de lys ou argentine, puis il aide adonne couleur au rouge par defluslecitria le rendant comme albaftrc. Morica forme & conforme fon iugemcnc fur le fidcllc rapport des plus experts en cette fcience^authorifant par foa opinion ce quilsen onttraidc, la fentêcedcfquelsapuis après graue- ment p afTe en arrcft de maxime irrc- uocable. Prens garde ^ did-il , au citrin parfaicft qui fc dcucloppe peu à peu de cette citrinicé , pour fc donner &c acquérir vnc plus am- ple & relcuec augmentation de rou- geur,s*eil:ant au préalable demis pre- mièrement d:ync forte &:puiflantc noirceur qu clic auoit obtenue en fa

M ij

iSo Ld Toyfon ^Or\

première faifo , pour fcruir de terre, dcbafe&fondcmcnt afleurcàlafc- mcnce de toute Pœuurc.

De tous CCS Théorèmes irréfra- gables folidcmcnt fondez cnTidec dt^ plus fameux Architeâ:cs qui onu hcuicufemcnt entrepris la fabrique indullncu fe de cette excellétc Pier- re gi&cizelec de leur ouurierc main en cube de Hermès, nous pouuons facilement comprendre , Que For dcsPhilofcpheseft tout autre que For commun ou largent , fon plus proche fuiuant & premier armula- tcurdelaperfcdion, combien que lafîmilicude qu'en donner Icsfagcs enfans de Ja fcicnce, fcmble pouriât auoir quelque communicatio & fa- milière conion£îion auccTor & lar- gcnt comun^aufli bié qu'aucclcs au- tres meraux, qui manquer en cfFe(5t delà mefmc pureté &perfe(5lio àcs pPhauts en coulcur,maisfcmblabIcs

La Toyfon (Tor. 1 8 1

en puiflancc tcdant cous aucc le têps & le (oin preuoyant de la nature à la mcfme faucur & degré de qualité fu- premc de leur Roy trcs-luifâc, quoy queplufîcurs Autheurs foiéc d'opi- nion que les métaux impurs demeu- rée toufiours tels, fans iamaisarriucr à plus haut luftre,&:que le plomb re- tient toufiours du plomb,toutcfois no^voyosqucrexcellêcederœuurc cft fouuêt comparée à ces inférieurs & imparfaits métaux, pour Taffini - te réciproque qu'ils ont cnfemblc, finon d'efFeâ:^ au moins d'cipoir ôc d*efperance.

Confiderezcequc fortàpropos pour confirmer noz efcrits en rap- porte Senior , parlant des impar- faits^ qui neantmoins prétendent quelque iour de venir au pair des plusparfai6ts,n*cftansdcuanccz de leur effence plus noble, que de pri- mogcniturc & de temps iculemcnr^

M iij

l%t Ld Toyfon iOr,

avans autrefois eflé moindres en de- codion^d'extradion aulTi vile , & d'cftofFc autant abicdc que la coni- pofîtion naturelle des imparFaids, les plus paifaids rcllans originaires & Ans aucune différence de noblef- leàlacommunefemence &c princi^- pes vniuerfels de ces abieds &for- dides métaux. le fuis, did il, vn fer, (fcfcruâc dVneProfopopœepourle faire parler d Vn iargon plus que mé- tallique) vn fer, dific dur & (ec, mais tel en puiffance & vertu , que chofc aucune ne fe peut efgaller à moy,car ic fuis vn e coagulation au vif argent dcsPhilorophcs. ] La Tourbe did aufiîquele Cuiure & ic Plomb de- uicndront vne pierre prccicufc,qua- )ifiant mefmc la plus noble & par- faidc couleur de rœuurc& Toeuarc mefme du no de cuiure \ auffi difent ils encor que le plomb cft le comcn- cernent de leur vray magifterc , &

Lit Toyfon J!Orl iSj

fans lequel rien ne peut eftrc faid:. Autâcenontilscxpofé d'vn plomb rouge faid en vn blanc ou vn Ve- nus de Mâi's. Ec d'vn plomb hlznc^ (ont ils continue ) tu en feras vncï teintuce blanche, qui eft le foulphrc lunaire , àc lors ton labeur fera ia paf fe de la noirceur & paruenu au blâc, fccodeliurec des officiers de noftrc Roy , &lc milicuproportionné de Tartificc. Et c'cft pourquoy le Phi- lofophenousa cnfcignc quil n'y a rien de plus voifîn ou qui s appro- chc'plus de For & de fa nature , que leplomb^cn ce qu'en luy confifts la vie, & quil attire àfoy tous les fc- crcts. Mais il ne faut pas prendre ces belles qualitez, de fi près à la lettre, ny rechercher au plomb commua ces rares prééminences , -auquel cc% vcrtuz&proprictez ne fc pcuuent trouucr , ains feulement en celuy qu'on appelle dcsPhilofophcs,d'au-

M iiii

184- La Toyfon J!o/.

tant que parla facilité de fa putrcfa- dlio n & de Finfc6lion de la terre pu- ante, il obtient de Fauantagc fur les autres métaux ccfl pourquoyont Ils rous^iâ: auec Rayiyiond Lulle^ qucIfansTa putrcfadion Tœuure ne Ic^ut tairçj qui c(t 1 eau , le feu & la cicf de la parfaite Ma^ncfie. A cette încfrncmTMoriêradodcrnent qq- p are a l*arfcnic,à Torpimét, à la tutic, àlatcrre pourric&au foulphre puât, àtoutvenin^poifon & pourriture, pour la corrcrpodâce qu'il a auec ces chofes^puis cncor à d'autres corps quinciontpointpourtâtdu nobrc des minéraux, ainsquicn retienne! feulement quelques complexions^ comme au iang & plufîeurs autres fembl'^bles de telle qualité ^ &: finalç- iTicnt à. diuerfes matières mmeralcs, comm c au fcl^alum & autres , toutes ccsvarictczluy cftâf attribuées pour îagfaadc &apparétc diucrlitc qu'il

la. Toyfon iOr] 185

tient en fes cffetts, proprement rap- portez à chafquc cfpccc parcicuîierc de CCS corps fulnômcz. Ccftpour- quoy du Gcbert , que leur Pierre cft cxtraide des corps métalliques pré- parez aueclcur arfcnic , ceftà dire auec la corruption. Et Calid en fon miroir des S ccrets. Vnge folmm toxko : Oingts , did il ^le fucillet de venim, qui dénote cncor cefte rufditc pu-

trcfadion.

Mais fur toutes chofès Alphidiuj nousaduertitdc bien prédregardc^ d^ntretcnir &gouuerner prudcmet vn corps animé y ôcvne Pierre prefq^ morte, qui cft cefte noirceur ^ car en içeux en târ que tels, no^ n'y retrou- ueros aucune voye^aucunepropoii- tiony dclibcratiode noftrc cnquc- fte.pour ce que leurs forces ne s aug- mcccr nullcméc^ains au cctraire s'an- îieantiiTcntperccptiblcmétfâns au- cun frui6t^$*cftaiudcbilitccs & aa-

IÎ6 la Toyfon dOf.

ricantics , comme dicl cil: , parla pri- uation qui leur adulent de leur cha- leur naturelle , laquelle fc diminue iufques à la mort dcftituee de toutes fcs premières fundtios. Quefïpour^ tant tuleurjgcnIe?jonnlr vn trop grândTelTTpour empefcher que la chaleur qïïîTcrnourrit &c entretient^ ncperifle ^ ta matière dcuiendra rou- ge deuant que de noircir ^ quieftla pri^tion de la vie^&rcc tailant tu au- ras perdutoute ta peine : c'cft pour- quoyilteTâUtaydcrd'vnfeutres-let &naturellemct bien dilpoic^afindc rcuifiercequcla priuatio auroit dé- bilite par fa violêcc dommageable. Car comme did Ripla en ïts douze pcrtcs,cent troifiefme chapitrc.Gar- dc toufiours que par trop grande chaleur, tes corps ne foicnt inciné- rez en'poudre fcichc^rougc &inuti' lc,maistafche à tonpoffible de les pouuoir rendre en poudre noire fe-

Téi Toyfon dtOr. 187

blabîc au bec des corbeaux , au baia chaud , ou bien en noftre fient , les tenant auant toutes chofes en cha- leur humide JuCgucs a ce que quatre- vingtnuids foientpauecs, &:quela couleur noire apparoifle en to vaif- feau.qui cft ce premier fcl des Philo- lopncs^&vnctemture attirât com- me certain fcl aîcaly Se autres faumu- rcs des corpsjaquelle fe tranfmuant, fiabtilement es chofes attirées , elle deuiendra pareille aux cfTcnces na- turelles des natures métalliques.

Orlesautheursrraidcntdiucrfe- ment de la variété tant de leurs Pier- res que de leurs fels 3 d'autant que la plus grande partie en conftituc de trois fortes en la perfection dcl'œu- urc entière : fen prends à garand& pour tcfmoignagc aflcuré de ma thc le la proposition defcrite au grand P ofairc en cette forte. TresfuntUpdesy

ISS Ld Toyfon dOr]

confijiit. Lucas Rodargirc en traidc cncor affcz amplement en fa difTo^ lutionphilofophique, arrcftc (urcc mefme nombre ternaire. Mais il ne faut pas oublier que Raymon^Luîtc appelle CCS trois icls, troisméitrues^ trois vafcs.trois vifs ar^és.trois loul- phres,3^ trois feux^qui ne font autre cEofe^ à proprement pârlerT^SZnog pîûsHypcrFolIquement en philofo- plie obfcur 3 qucla couleur noire^ k Flanche &: la rouge 3 lefquellesfont tirées des efTcnccs naturelles~3e la matière dcuë. Lcsfufdiâ:s fels ont tant de puiflance furies parfaiûes eC fences de noftre magiftere , que Se- nior didl en ccstermcs:N oftrc corps dcuicndra premièrement vne cen- dre, qui fe verra réduite en fel, puis en fin paruiendra par fon opération diuerfe à vne mefurc & degré tref- parfai£l du Mercure àt% Philolo» phcs.

Ld Toyfon ior, ïSf

Mais d*cntre tous les fcls cft à no- terpourrin(hudion& totale fabri- C]ue de l'œuurc^qaerarmoniac prin- cipalement y tient le premier lieu, furpafTant en excellence hmpuretc &l'e{Icncc moins noble de tous les aurres^qui pour cet effcâ: le rrouuéc beaucoup moins propres à noftrc ouurage ^ ainfi que nous laflcure A- riftoteen plufieurs endroiâ:sdcfes œuures^nous induifant par {a difertc plume 5 à nous fcruir feulement du fcl armoniac en noftrc opération, d'autant qu il s*eft naturellement ac- quis Fart de difloudre les corps,lesa- mollir & les animer. Or rienn'cft-il animc,ny nay ny engendrc^finon a- près la corruption^comme did Mo- rien, qui eft cette coulcurnoire, ou ce fel armoniac^&rcfprit noir dilTôI- uant les corps, LaTourbe y adiouftc d'abondant cncores ces paroles, co- iîrmantnoftre affirmatiue. Il faut.

î^o LaToyfon iOY.

dicl elle , entendre &: parfaidcm^nc fçauoir , que les corps ne prendront aucune teinture , que l'efprit pre- mièrement caché dedâs leur ventre quieftencorcecefpritnoir, ne foie tiré dehors: ce qu*eil:ant faidt, il en viendra vnceau 5^vn corps qui cft fcmblableàlanatureJiumaineS^rpi- rituelle, car clic contient alors corps, ame & efprit y laquelle cftant dVnc cflcncc & couleur délice , ncpeut parfaiftemét teindre cette grofleur tcrreilre^fî elle n'cfl: fubtilifec par cet efprit & rendu fcmblable à luy, mais rcfprit d'vnc natute aquatique cft teinte en Elixir,qui pour cet cfFeél: produira vne blanche , rouge , pure &entierefixatiod'vne couleur par- faire & teinture pcnetrâte, laquelle femefleentrc touslesmetaux ^ainfi que le Mercure celefte fc ioin£t à chacune planète & fe rêd de Icurna- çurc^s'cftât approche de quelqu'va

Ld Toyfon d'Or. 191

dcfes a(rocicznoblc5 0u:impaifaits. Mais en cor faut il cognoiftre que la pcrfcftion de toute la maiftrifc, dépend de ce poindt vnique ^ qu'il faut tirer le foulprc hors du corps parfaid ayant vue nature fixe, carie foulphreeftlatrcf-âciêne & treflub- tile partie du fcl cryftallin , de faucur douce , deledable au gouft,& d'hu- midité aromatique, lefqucls eftans par rcfpacc dVn an dcdâs le feu , pa- roiftrot toufîours corne cirefôduc, & partant s'en tient quelque partie dans le vif-argét,leteignâtcnvnor trespur^&pource Thumiditconeau que Ton tire des corps des métaux, s'appelle l'ame de cette Pierre , ca- chée dans ladidlc humidité,car cette eau tft didle cfprit , & la vertu dudit cfprit fe didamc & tcindure , qui teint &fixc toute ladite eau en pur or. Mais le Mercure ou la force & vigueur d'icclui s appelle aufli cfprir.

îp^ 7^d Toyfon iOr.

quand il a tire à ioy la nature fulphu» rcufe , & la terre aride eft le corps, SC le corps de la quintcflécc ^ & Tcx trc* me&: abfolue tcîture,c]ui eft la vray c cfTcnce & nature parfaide s'emparât de toutes formes. Orquoy que ces trois ncprouicnnctquc dVneltulc racine, fi ont ils neantmoins diiïe- rentcs&indifFercntesoDcrarionsJes noms defquels font infinis, félon les couleurs qui apparoident , & fi le toutrcuicntàvn,fçauoir à cette fi- nale rougeur, fefcruant comme de chaifnons attachez fi artiftcment les \ns aux autres , qu'on n y peut reco- gnoiftrc aucune fin abfokic , ains rvnefiniffantfon adionordinjure^ lautrcla rccomm*ence , par ce que frima forma deflruSîa introducituY iterum alta^ didlàccpropos Raymond , lequel rappelle encor en fon Tcftament, Cdunadeaurata^qui eft la fociete du vi- fîble aucchnuifiblc, ôc qui lie enfc-

ble

La Toyfon iorl i^

bic tou5 les quatre Eicmcns,

C^ejl la belle chaifhe dorée. Que i^ay circulant décorée.

diâ: la Complainte de Nature, A rai^^ fondcquoy leandcMehun en foa- Romant de la Rofe^ lappclle paillar-' (Je , par ce qu'elle fe conioind: indif- jFcremctà toutes les formes les yncs après les autres.

LES VBltTVS ^DMin^BLE£

^forces fur-humaines de cette noble Teirt-

iure ^fuccinciemcnt rapportées en U

dernière partie de nojire Injlitu-

tio brief-ue fir facile i co-nk^

prendre.

ES teintures, lesplus cxquifes fot volotierg les mieux rcçcucs, fé- lon Tvlàgc des faifons qui leur donne la vo>- gue &c le cours entre les hommes"^

1^4 ^^ Toyfon ior.

par le dcfir non mcfprifabic , ain$ plulloft trcs-Iouable des efprits mo- deltemcnt curieux du prix incftima- blc de quelque honorable nou- ueauté^tantpourles cmolumês qui talonnent de prés cetre curiofîté, quepour les honneurs préméditez &: les bien feances fcantes & conuc- nablcsàlcurs honnelletez , qui les cfpicnt en fin d'vn bon fuccez en Tê- ticrcpodcffio des doux fruits pleins de félicité. Ce fontles deux plus fer- mes rcfrorts&: les moyens plus appa- rcns pour chatouiller iufqucs au vif d'vnc douce efperâcc& dVne calme bonace les airs fauoniens & du tout fauorables àla paifible promptitude de nos foufpirs , que les profits &les contentements de fauourcr à plein fonds, quelque obieâ: meurement propoTe^dansTidee de nos concc- ptîons,prcmieremét méditées qu'at- tachées fixement aux agraphcs du

Toyfôn SOr. î-9 j

bon heur & de Thonncur de cccce dcledablciouyfTancc. Orfî naturel- Icmêc nous foufpirons après la cho- fc autant aymabic que digncmenc aymee & defiree pour les caufcs prï- cipalcmcntcy deffus mentionnées} à plus forte raifon dcuons nous afpi- rer àla poffcflîon parfaidte de noftrc mcrucilleufc teinture. Mais pour ce que malayfcmentnous pouuos no^ portera la recherche pénible d Vnc chofc incognuc , vcu principale- met que la réelle & aducllc conoif- fancedoit premiercmêteftrc occu- pée dans les dcftoursfinucux d Vnc viue imagination , qu elle le puifTe folidcment tenir & arrefter aux grephcsauantcouricres dVnc hon- neftc amitié, & que les fés communs foicnt préalablement diuertis à bica cognoiftrcla chofe aymabic deuâc qu clic foit aymee j ie traidteray en pcudcmotSpScfcionnoftrc portes

.Ni}

1^6 Za Toyfon ê:Orl

des mcts^ délicieux de noftrc ouura- gctiffudclafcicnce naturelle ^ iffuc & fomentée dans la confciéce pure & nette des fages anciens , que ic di- rois volontiers Mages cflcuz à cet office par préférence authorifce de la diuinitc, & aux facrces concepcios de l*aibre my fterieux qui les a fauori- fez d'vn fi fouuerain baumerafin que par la vraye cognoiiTance de fes rares Tarerez & qualitcz particulières, chafaue amc vertucuîc glorieufè- nient cfmeuc àts, raifons cflcuees foubz le vol aduantageux de cette glorieufc teinture, fe rende aufïi toft lesclpritsamoureufeméc épris de fa grandeur admirée 5 que les ailles de- bonairesd'vnc courtoife Renom- mée retient aux gages ordinaires de fa fidélité, pourannoncer à tous les fages Teftime qu'elle faid elle mef- me del*cxccllencc de fes obic<fts , de tout reps vcncrablcs aux yeux plus

La Toyfon iOrl jp7

clairs voyans & mieux iugciins de Todcur treS'fuauc dVnc celle har- monic:ladouccurdelaquclicchâcrc les vagues ondoyantes dVnfi doub- teux naufrage , foubnnis à la mcrcy de maintes craintiucs irrefolutivons, en Phare d'allegrefTe afTeuree,par le(^ guillc nautique de leur dextérité, jfî tort que le tournoy de cet efquif fra- gile , mais de Icntier vaifTeau, niain- tesfoisefchoûc, aborde enfin heu- reufcmantauporcdc falut&dc ca- folation foubz les voiles rians & la doâ:e coduid: des fameux pilotes & bénins Alcyons des Ifles lafoniqucs: ce qui fai£t que leurs cœurs ia tous rauis dans les Maufoles facrcz dVn fainâ; Anthoufîafmc fixement arre- ftczaux doux artraids d'vnc telle mémoire 5 font fumer les Autels de IcurardentedeuotiodansIeTempU d^honneur&derecognoiffànccpar vn adc bien- veillant dVnc picufc

NiiJ

s 9 s LdToyfonèOfl

humilité, en fignc d'allcgrcflc com^ plcttedc leur contentement extati- que jcelcftc& furpaflant la (urfacc apparéte des humaines contempla- tions , dont les graues idées (ont feulement capables dcpouuoir ef- leueriufqu'àlacimefourcilleuredes; plus hauts monts ouure-cieux , les eflenccs formées de leur intelligen- ces , parla viue effigie & naïuç re- prclcntation d vn folell terrien ra- yonnant icy bas autat quele celefle, auprès duquel mefme Tes brillâts cA clairs portentpeudelumiere dans le coeur des h umains , qui luy f ot à qui mieux paroiftre Thommagc qu'ils luy doiuent , leur reprefentant aux vifseflansde fes moites ardeurs^les atomes vniuerfels de hmagc de fa gloire , dans les angles délicieux des minières terrejftres parles profondes perfpedliues & fublimes propor- 4fiosd>nart myftiquc,Philofophi^

LaToyfon <tOr. is^

que & du tout admirable.

Icdicay donc de noftrc Teinture dontl'efpritanimes'eftfcn furte ren- du parfaid^qu'ilparfaidlenticrcmei; les couleurs plusparfai6fces,

Et qu autre femhlahlc afo^j Nefe peut trottu^r d'alloy,

Qu en pt propre ejfence:

Surpajfant heureufement

De [es ejfeEls mefmementi

Za pure excellence.

De cette viucfourcc Icsfagesancics ontprudcment puifc quatre points renaarquable* , extraidls dVn plus grâd nombre de (es propres vertus: mais quoy ? vertus releuees de ma- ximes infaillibles,que laNature mef- me y portant quelque enuie , ferri- bloit quafî fe former vn ombrage en la difficulté de lui fignerpourap- probation de tant de qualités ac- quifcs^

N mi

ParyndCâuiefcement dr libre (^yolontdirèl Cette fwjfkncc en tout toute hors i* ordinaire.

H cftvray qu'elles font celles que ïaplus parc ne les pouuantpas bien coprendrc^luy rcfufenc cectc croan- cc^commc chofe impoiTiblc & hors dVnc conception nacurcUcrde force que Tignorâcc groflîcrc de ces ceftcs légères ^ ne voulant rccognoiftr e en âucruyccqui furpaffeleur commu- ne opinion , penfent tenir en bride les minutes furhumaincs decesper- fc£tions^& leur riuer le cloud d vn fi grâd priuilege par les ajrefts de quel qucame incrédule^

Souhslefoihlecêmpa^ ^yne^aine dppdrmce^ si Fejfeîtd Ifn h on heur^^fi 1* expérience J>ie leur monfir oit au doigt cettefrefomftion.

Ouncreleuoîentlcnez d*outrccuî- danccà ces amcs bijcarrcs , cmpoi- fonecsdVnfcrupuIc volage, &: dVn «rcujrplus qucpanique &profanc.

JLdTcyfoniOr. aoi

au grand mcfpris de noftrc magiftc-^ rcjmais que dif-ic,non pas,ains pluf- toft à la confufîon de la ccfurc phre- nccique de tancdccerucllcs Icgcrc- mcc tymbrees fur l'enclume mal po- lie d'vn monde entier de zoïlcsia- loux,

Qm ne tiennent autre yie^

Que de la à etraCiion:

Maïs U fdîn6ieajfe6Uon,

Dont cet art diuin ienuie, Confent que fans pajiion, Se lajme naymant [tnmel

io2 Ld Toyfon ctOrl

SXPOSITION P^HTICVLIE"

Y€ des ejfeSis merueilleHX de Uyraye médecine des Philofofhes re^ dt^cx. ^w quatre remar- ques générales.

^^^5!,^ E premier poinâr de â^^à^^ la pcrrcdion cft de ^''^^^% prcicrucr la pcrlonc ^^^^^ de quelque maladie ^^^^ quiluypuiircarriuer

en fon entier efîat & falubre con- ualefcence,luy communiquant cet- te bonne Ôc parfaite difpofîtion iuf- qu'à quelque nombre mefme des defcendans defàpofteritç, &chaf- fànt entièrement par fapreuoyantc opération, les caufes mcnaçantts de nos mau% qui pourroient iournellc- ment accabler &matter noftre fra- gile infirmité, fans le prompt remè- de & fouueraine précaution de ce dydame fingulier. Calid en fon mi- roir dcsfccrets d'Alchimie^dit qvich

Ld Toyfon iOr, 105

Icmondific les corps de leurs mala- dies accidcntalcs , &con(cruc leurs faines fubftanccs en Tcnticrc pro- Iperitc exempte de toute altcratio imparfaite.

Le fécond accomplit &r rend par- fait le corps des métaux , felo la cou- leur de la médecine : car elle cft au blanCjcUe les tranfmucra tous en lu * ne fine , & au rouge^ en foleil tref- parfaid.

Le troifîefmc change toute forte ctj pierres en pierres prccicufes , à mefurc delà decodion qu'aura ac- quifc noftrc fufdittc médecine, la dccuifant parfaitement.

Le quatriefmc decuit tout verre, &le rend auffi en f>ierrc precicufe de quelque couleur que Ton voudra, félon que la médecine aura cfté plus ou moins decuide , comme aux au* très précédons poinâ:s , il cft ia rç-^ marqué.

zo^ Zd Toyfon iOK

L'Oeuurc myltiqu^ de noftre Pierre cftant parfait & du touc ac- compli cft vn don de Dieu fi pré- cieux,qu'il furpaflc en fcs merucilles les plus admirables fecrcts des fcicn- ccs du mondcrpour cette caufc auflî rappelions nous après tant d*autres bons AutheurSjlc thrcfor in compa- rable des threfors. Platon latant pri- fc , q ue qui,di(fl il , s'eft acquis ce do du Ciel , il tient tout le meilleur du monde en fa poffeflion , eftant par- ucnu au comble des tichcfîcs , & au thrcfor des médecines. Les Philofo- phes luy donnent la vertu de guérir toutes fortes de perfonnes détenues de lâgueurs ou autres maladies quel- les qu'elles foientrprisenbrcuuage vn peu chauffe &: m cflc dans du via ouaueceautirccdequelquc fîmple &qui ayt la propriété d'ayder à chaf- que mal 3 onTIcra du tout guery en vniQur>s'ilnya qu'vn mois qu'on.

Toyfon iOr. 205

en foicaffligc^cn douze jours si! y a vn an , &: en vn mois^h le mal cft in^ uetcrc: duquel la dote ne doicpaATet Icpoids dVn grain pour en vfer vti- Icmcnc^ car plus grande quantité p o urroit plus nuire que proffiter^ Lt% hydropiques en font guéris ,lcs paralitiqucsJepreux^ideriques,apo- pledliqucs, Iliaques, éthiques , dc*^ moniaques,infenfcz & furibonds-- ceux qui font fuiedts aux tremble- mens de coeur, aux fieures, mal ca- duc, fremiflTemcc de membres, dou- leurs d'cftomach , defluxions tant des y eux que de toutes les parties da corps5incericures & exterieures^cet- te médecine rend Fouy e bonne,for- tific le coeur, reftablit les membres imparfaits en leur entier , chaflc du corps toutes apoftumes , fiftulcs,v!- ceres; en fin pour abréger, c*eft: va vray baume contre toutes fortes <Ic piaux,&vn fîngulicrprefcruatifdcs

lù$ LàToyfon^OY.

infirmitcz corporelles , refiouyfTant l'cfprit, augmentant les forces , con* fcruantlaieunclTc, chafTant la vieil- Icffc&lcs dcmonsjtempcrât les qua- litcz y le fang n'eftant plus (u jcdl à la putrcfacftion, le flegme n'ayant au- cune puiflace fur les autres humeurs, lacholerc fans violéccny prompti- tude paflionncc^ la melancholie ne dominant qu'en fon lieu & récepta- cle ordonne de la nature: bref en cet ccuure on void du tout accomply le grad fecret & le thrcfor incoparablc des pP rares (ccrets d c tous les Philo- fophes. Senior dit que cetteproie- âion,rajcunitrhome^îercnddifpos &ioyeux,rentretenanten parfaidc fantc iufques à dix aagcs.C'cft pour- quoy & non fans raifon Hippocrat, Galien , Conftantin , Alexandre, Auicenne & plufîeurs autres ccic- brçs & fameux médecins , Tont pré- férée à tous leurs mcdicamens ^ l'ap-

^ La Toyfon iOr. tay

pcllans médecine parfaiâ:c& bau- me vniuerfcL

En fécond lieu nous tenons pour maxime arreftcc par les expéri- ences qu'en ont faiâ: les Authcurs, qu elle châge les métaux imparfaits en pure lune& foleil tres-parfaid:, rendant mefme Target en bel or tret pur , plus haut & plus entier que le naturel, confiant U permanent ca facouleur/ubftance &pefanteur.

Pour le troifîcfme il efttrcs-cer- tain que cette pouldre , fai<ît &: en- gendre d autres pierres precieufes par proicdion fur les pierres com- munes liquéfiées , les rendant plus ex cellêtes que leur naturel ne porte, comme iafpes , hyacinthes , corals blanc & rouge , fmaragdes , chryfo- lires , faphirs, cryftalins , efcarbou- clc^,rubis,topafcs,chryfopafes,dia- mans,& toutes auyes différentes ef- pcccs de pierreries , qu'elles rcncl

^98 Ztt Toyfon et Or.

beaucoup meilleures & furpafTantes en force & vertu les naturelles , quo cette médecine peut toutes liqué- fier par fa propriété.

Et pour le quatriefmc & dernier poin d de noftre magiftere, il a cette vertu , que de fe communiquer aux animaux végétaux , & en tous corps infimes pour les rendre parfaifts^n y ayâtmcfmefi fimple reptile icy bas quine férue declairorefonnâtpouE annoncer la gloire de ce prix excel- lent , duquel mcfme fi vous appli^^ qucz tant foit peu fur quelque verre brifc&rompU3ilfcdccoupc3& de- part incontinent en toutes fortes de couleurs , qu il purifie félon fa dcco- âion y car quan"3 il cit permanent ail verd y elle fera des elmeraudcs^ sH paruientà la couleur de Parc ea Ciel qui paroift au vaifTcau deuant le blanç^ il fera des opales , fi au Sa- turne a il produit des diarnans^^.,&Lfi

aurougc.

LdToyfon^Or. 209

211 rQii(Tc\ des eicarbouclcs» ^ "^ *

Mais de peur que les Sages ne por- tent quelque enuic à ma plumc^da- uoiLfinaïfucmcnr,&pcucc(lretrop, auiourà leur gré dépeint le tableau des Philofophcs^qu ils ont tant om- brage de paifagcs obTcurs^quc les fê- tes étrclalTccs de leurs figures hiéro- glyphiques ne fc peuucnt decouurir que par les fens raflis de nos prudens Ocdipes^lalcicce defquels franchijp- (atlesEnygmcsialouxdc ce Sphinx d ignorancc^trop ambigus pour des moindres ccruelksque nos Daucs arguts & fubriîs en la fcicncc d Vnc vrayephilofophic^lesato^heureufc- ment deîiurez des cruelles mifcres delancceflitc^iouilTântpaifiblemcc du Royaume parfaiâ: non plus de Thçbcs feulement , mais du Roy mcfme & des puiffances de la terre vniucrfellc /parla diflblutipn dVa nœud vraycmcnt Gordien ^ propo-.

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21 o Toyjon (tOrl

Çéés cartels de dcfti de ce monftrc irnportun^&par la preuoyâcc hono- rable de leur cTpric, recompéfc dVn grand prix que de poffcdcr tout ce que le mode rient le plus cher en fcs thrcfors, à Tendroit defquels le vœu de Platon efl accomply, d'auoir en fa république des Philofophcs Kqjs&c des Pvoys Philofophes pour régner paiiibicmct. Pour euiterdif- ic^iâ iufte reprimende de nos graues dodlcurs ,icfcray fin à ce dilcours, puiiqu'âufli bien la règle des pro- portions de noftre quarré Geome- ^rtique 3 congédie cette facile inftru- 6lion de parler plus log temps, nous permettant d y impofcr fîlcncc y & clorre nos cfcrits par lauthoritc du miroir tres-luifant des Secrets de Ca- lid. [Qui l'aura fçcuë.didil^lafçachc & quine laura Içeuë , ne la pourra fçauoir.] Aufli croyons nous auoir afrezviucmcntburmepourlcprcfct

les vifs lincamcns de cette bricfuc methodc^augrc des plus fçauans,à la prudence defqucls ic remecs librc- mct la cêfurc de mes defcâ:uofîtc2, s'ils y en recognoifléc quelque mar- que defcritejlesprians neantmoins parles voyes ordinaires de ma lîm- plicitc,dc prêdrc en bone part hnté- tio de mes pieux deffeins qui n'aurot iamais autre defir que de pouuoir' toufioursprofitcr au public. .''

CONCLVSIOK.

'OuuragelcpIusparfai£t, le plus recomcndablc & leplusdcrequeftc^eft ce- luy la qui comble fon ou* urier des iouyffanccsdexe qu il peut fouhaitteràfonvtilité,& qui com- batpour la defFcncc de fon maiftrc preuoyant contre les attaques im- portunes de hndigcnco , merc des

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2A2s LdToyfon ê!OY,

inucncions^dcfqucllcslcs hommes fc fcruent feulement pour réduire au petit pied cette pcftc publique, ennemie coiurce de toute 1 humaine félicité. Orfîparlefortcontrcpoiio de cet homicide venin , Thommc diffipc &: exhale heurcufcm.ent les vapeurs de fcsfouffrances, pour fa- uourertout à loyfîr , les biens que iuy luggcre vtilcmcnt le labeur de fcsmainsjcncnagcrcs, par hnduftric d'vnbelcfpritj curieux de rendre & tcfmoigncr quelque bien -veillant dcuoir de charité au bcfoin de fon compagnon de plus grolTiere eftof- fe,& confcqucrnmcnr de fcns plus hcbcte & de plus lourd iugcment,i cequ*il le puifl'e relcucr du doubcc defuccobcraux pièges langoureux delà neccflué , par Texccllencc de quelque art chaiTe-foin j chafquc perfonnevaincuë dVneiournalierc expérience des artiftcs efFcdis d'vn fi

Ld Tàyfon d'Or. 213

digncouuricrjercucrcenfoymef- mc,&louc en ce qu'il pcuc lauthcur de cette inuention , qui confcrue Tcntreticn de la vie humaine : de- meurerions nous brutalifans fans voir fumer de l'ardeur de nos cœurs des vidimes confacrccs à la viue mémoire de noftrc teinture admi- rable, qui rcd Ton poflcffcur hors du pair de tous les hommes 3 Tefleuant au fômes de la félicite? deuicndrions nousencebon-heurftupides& ia- fenfîbles aux honneurs dcus à cet œuure fublimc? vcu que le fîîencc mal feant & trop ingrat de noftrc bouche indifcrctemêt muette , au- roit en cet endroit mauuaifc gracc^fî d auanturc ce défaut ne fc vouloic purger fur la crainte raifonnablc 8c apparente d auoir la langue moins e- loqucntcquelcfubiecStnous pour- roit fournir de matière en afflucncc^ oufîlcdcfplaifird'cn difcourir trop

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2,14 laToyfon ê!Or.

peu , ne retcnoic noz Icures béga- yantes aux termes fpecieux d vnc modefte taciturniçc : car en ce cas Texcufe d'vne infufhfàncc préten- due , tr ouueroit lieu dâs nos efcrits, quoy que mal ay fement Tingratitu- de vifible de la mefcognoiflancc d'vn artifice 3 fi grand & fi parfai6t qu*il n'y a rien en ce val fiib-Iunairc qui s'y puifTc efgaler^fe peut honnc- llemét couuriràlabry de quelque vaine raifon deuatto^ lesiudicieux, quicondamneronttoufiours d'ana- theme public, ceux qui blafphcmc- ront contre la vrayceflcncc & réelle nature de cet œuure admirable,

Imdge tref-parfdi£t de ht dimnitCy Que le ciel a ux humains a heninfufcite, T>e beau , de précieux , de rare , (^ d^excellece.

Mais pour ce qu'il n*efl: pas à pro- pos de prophanerlesmarguerites^lcs Sages Philofophes ttes-aduife2^^n en

ZaToyfon (Tok irj

ontaufïitraiitc que par figures eny- gmatiqucSjCn paroles obfcures^col- locutions & dialogues hyperboli^ qucs^ou fimilitudcs ombragcei^afia qu'vnc fi belle perle ne peut cftrc contaminée des holocauftesiaipurs de perfonnes abiedes , & non ian- âifiees félon que le requiert ce trcs- fâcrcmyftere.LesamespufîUanimes n ofent pas entreprcdre de fuër 16g- temps après les pas de la Vertu , pau r leurfêblerdc difficilcaccez&: de pé- nible coqucft, au lieu que les efprirs genercufement nais &c ne dcgcne- rans delaigle légitime, qui regarde dVncveucaflcurce les rayons du So- leil, quelques brillans quils foienr, ncrecullcntiamaispouraucune ao- prehcnfîon des chemins efpineuxr Auffi Wionncur prcnâc plaifir à cette viuc pourfuitc , les conduit par la main après maintes trauerfes, & ne les quitte point qulis ne foient arri-

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2.1 5 Id Toyfon ior]

ucz au haut du Mont de leurs félici- tez ^ pour triompher hcureufcmenc de la fertillc moiflô & des labeurs eu- fcmcncez dans le terroir de leur pcr- feuerâcc, qui vient enfinàbout des palmes glorieufcs. La valeur des Ar- gonautes ne peut eftre diuertie de leur célèbre cntreprifc par les Syr- ihes périlleux qui les vouloient fru- Ihcr du bon-heur de leur coquefte, qu'ils ne la pourfuiuiffcnt à la pointe de laconflance^ foubs laquelle leur vertu fe rendoit immortelle: auffi ne furent ils deceus du doux fruiâ: de leur gloire cfperee^puisquele têps amciiie-tout leur remit à la longue entre les. mains le ioyau précieux qu^vne amc calaniere n'cuft ofé fc promettre ny mettre le voile au vent ioubs hncercain des ondes infenfe- cs pour la derpoùillc honorable d'vn fi riche butin, Autat en pouuos nous iugcr de noftrc oeuurc^lc choix ic

1a Toyfon iOrl xiy

faid des Nautonnicrs cflcus à cet- te affaire dans le confeil des Cieur, cncor n'y abordent ils &nc rempor- tent qu après vn log trauail^appuyc depaticncepouramollirlc cœur de noftre Pierre 3 qui fçayt bien diuifer delacommunc&confufcOecono- mie de ce large vniucrs ^ ceux qu elle V eut retenir à Tes gages, & fe donner à eux après auoir premièrement & meuremét examine leurs confcien- ces ou prudemment tire les vers du nez de leur difcretion , pour en faire vn ferment propice a fa grâdeur : car clic prend fon temps pour fc laiiTer vaincre à la fidelle perfeucrance de ces fages Caualliers de la Toyfo^auf- quels fculs elle fe communique^noii indifferamment a tous ,& non touf- iours cncor, ains en certaine faifon, puisqu*ellc attend fon temps ; que les efpics blonds tournent à m^^turi- .tc,quclcfrui6t de la terre fe foit ia

ai8 ' Xrf Tûyfon d'Or.

confcruc plufîcurs années , & que les ccrueaux pofcz de Tes cohéritiers foicnt capables de ce dot nuptiah

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Car Geher diSt que Yieux efloient, Zcs Vhilofofhes qui rauoient: Et toutefois en leur 'yieux iours. Ils ioujrent de leurs amours.

Auquel aage principalement la prudence&lavrayepreud'hommic, ouiamais^fe rendent familières des hommes, quidoiuent en ce temps grifonnantauoirfaid banqueroute auxveftemcns d'vne trop prompte ieuncfle. Et c'eft pourquoy Senior didl que l'homme d*efprit & de bon iugemcntpeutayfcment compren- dre le vray moyen d aborder heu- reufement au Cap d cfperancc de cet art, lors qu'il fe donnera tout à faid & fans difcontinuc à la leâure des bons Autheurs , par le moyen defquels il fera illumine, & trouucra

l'cntrcc facile pour parucnîr en fin àlavraye cognoiffance de ce diuiti Secret: ainfî le tient quelque moder- ne autheur en ce quatrain fîiiuant, conformément à tous les bons c{r fais de la vray e fciencc.

Souvent le foil grlfon deliure les OyfeduXy Que le Saturnien loge dans nos 'yaijpauxi Et layiuacitedii Mercure Ifolage, Nefe dompte iamais que dans teîjiritdufage.

FIN.

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