BULLETIN. ÿ | \
DES SCIENCES NATURELLES do | à _ ET DE GÉOLOGIE, Le
1 néDIGÉ PAR MM. DE LAFOSSE, GUILLEMIN,
_ LESSON ET LUROTH.
2% SECTION DU BULLETIN UNIVERSEL,
SOUS LES AUSPICES De AMonseiqueur le Hauphin, | PAR LA SOCIÉTÉ.
POUR LA
À PROPAGATION DES CONNAISSANCES
"SCIENTIFIQUES ET INDUSTRIELLES,
Le ET SOUS LA DIRECTION
5) DE M. LE BARON DE FÉRUSSAC.
PAR RAIERRRRRE RR R RL RR S LAR LATE RARES LORS
NN? 6.7) AOUT 1929.
LA SR RAR ER IAE LA ÉLEVEURS eee
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CR l 4 "4 2$ DÉSIGNATION AA PRIX D'ABONNEMENT. £ 2 m < |2 ; \ ml EE des. HE D » 8 à |£ < , Les [l'étranger Æ 2 | SUIETS DE CHAQUE SECTION. 4 ÿ = Panis.| départemens , port a I 12 port franc. franc. fr. fr, oc. fr. s Sciences mathématiques, phy: Pehe N L siques et chimiques... .: 5 2 22 25 * |r228 ER 2 2 | Sciences naturelles et géolo- | 10 al 42 |. 4 FE # | Bies............u...... ) " Û 3 | Sciences médicales , ete... | 10 4 42 48 b4 Sciences agricoles, économi- | 4 | ques ;relc.. 1 pe ot 6 3 25 29 33 4 5 | Sciences technologiques... 6 3 | 30 34 50 . 839 | et I pl Sciences géographiques, éco- } , | nom. publ. , voyages..... { 17 4 46 no on Sciences historiques, anti- } F | 7 | quités , PAoIogre ie 1 te 0 . * _ ” 484 8 | Sciences militaires Ce Ve | 4 2 17 19 650 D 1 TOTAUX...... .-[ 60 |25 | 258 | 296 » 334 \ Prix des 7 premières sections £ prises ensemble..,...:..|......!,... 213 249 » 284 D Prix du Bulletin complet. ... | ......|.... 230 268 » : 306 ÿ, 4 Un voit , par ce tableau , qu’on peut prendre le ‘Bulierin complet, pee | on sans la section des Sciences militaires, et que, dans l’un et l'autre cas, | les prix offrent une économie de 28 Bat par au sur le prix total des de sections prises séparément, L On s’abonne aussi spécialement pour chacune de ces 8 sections : ! ‘© ‘AS Pourla rrechez M. Bacmertxr , quai des Angastins , n° 55; $. 2 M. Levraust, rue de la Harpe, n° 81; À FA À 3e M. Barrièrx, rue del École- de-Médecine ; n° 13 bis; +9 4° Mme Huzarp , rue de l'Éperon, n° 75 : x h É 36 M. Canirur Goes , quai des Augustins, 2 n° 41; En 6° M. ArrTaus BERTRAND, rue Fautefeuille, n° 23; Fo 7° MM. Doxney-Durré père et ‘ie, rue Richelieu, n° 47 bis; ; A. 8° - M. Axseuin, rue Dacphine, n° 9 : 4 NA
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BULLETIN _ DES SCIENCES NATURELLES
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ET DE GÉOLOGIE.
» PO a Te M Te UT Te TE TE ARR ARR TR TR A A RE RE QAR OR RE BR de
j GÉOLOGIE. f 6. Rerer vom HarzcrrinGr. — Relief du Harz; par Kror- pen ct Scuucrr. Berlin, 1828 ; Schropp et Ci. !
+. Berc-Monrezr iN Girs.—Modèles en plâtre des montagnes, je avec des directions, destinées au géologue, au mineur, etc., pour retrouver l’affleurement d’un filon, d’une couche, ete., dans différentes stratifications ; par H, À. Scmirpax. Freiberg,
ge t: 1828; Crazet Gerlach.
L F1 N Heinricusgan, etc. — Le bain de Henri, près d'Herisau, ans l’Appenzell; par Scæeirrin. Constance, 1828; Wallis.
. EinracnE CoNsrrucriox , etc. — Simple Construction pour _ déterminer'la ligne d’entrecroisement de deux filons, avec la manière de retrouver par cette ligne un filon déjeté; par le prof. Hrcur. Avec 2 lithogr. In-8°. Leipzig, 1825.
. CONVERSATIONS ON GroLOGYx. — Entretiens sur la Géologie;
comprenant une explication familière des systèmes de Hutton
et de Werner , de la géologie mosaïque, telle qu’elle est ex- pliquée par M. Granville Penn, et des dernières découvertes faites par M. le prof. Buckland, par le baron de Humboldt, par le D° Macculloch et autres savans. In- 12, avec grav., 37 « pag. Londres, 1828; Maunder.
. OBSERVATIONS GÉOGNOSTIQUES PENDANT UN VOYAGE D'Ir- KUTZK PAR HER 4 Kiacura; par le D° H. Hrss. ( Zeit- schrift für Mineral.; n° 10, 1825, p. 3271, avec une carte.)
Les environs d’Irkutzk sont formés de grès fin reposant sur lu ipoudingue à à cailloux granitiques, et sur du granite qui de- quelquefois du gneis. À l'embouchure de l'Hanza, il y a
B, Tome XVIII, 10
146 Géologie.
des bancs de diorite dans le granite. Entre ce point et la Selenga, on trouve du marbre blanc. Les hauteurs qui séparent la vallée d'Itanza du Baikal sont granitiques ; ces roches vont jusqu'ätla Turka et aux sources chaudes, à 9 verstés de son débouché : ces eaux sont imprégnées d'hydrogène sulfuré, ont 45° R. et sortent du gneis. Elles renferment en outre de l'acide carboni- que, des sulfates de soude, de magnésie et de chaux. A Wer- chne-Udensk , il y a du granite et des agglomérats granitiques. Entre l’Uda, l'Ona et le Popereschna, les roches granitoides dominent ; dans le vallon de Mora, il existe des sources miné- rales froides qui sont à 3° R.et renferment de l'acide carbonique, du fer, de l'acide sulfurique et des terres. À Pogromnaya, il y a une source acidule sortant du granite et semblable à celle de Carlsbad. La chaîne appelée Scheide-Gebirge forme vers le Baikal une terrasse ; ses premières crêtes sont granitiques et le granite passe au leptinite et au diorite. Il y a aussi du gneis. Le granite reparaît sur le revers sud. Dans la vallée d’Ingoda , il y a du granite jusqu’à 16 milles au-delà de Tschita, puis vient du gneis, des schistes chloriteux, du micaschiste à lits de feldspath { Hornstein ). À 5 verstes de Krutschinsk, la route longe des rochers de micaschite et de granite. Avant Tu- rinsk, il y a du porpliyre couvert de granite. À Bcresof, on revoit le granite qui repose sur le gneis à Garaschany, et le mi- caschiste supporte le gneis. La ville de Nertschinsk est située dans un bassin granitique et sablonneux. Entre Kawikutschi et Gasimur, il y a de la grauwacke schisteuse recouverte près de Gasimur de schiste argileux et de granite. Le calcairesuccède à ces roches et s'étend dans le district minier de Nertschinsk. 11 renferme des minerais de plomb. A l'O. de Nertschinsk, il alterne avec du schiste argileux et de la dolomie, et à l’est, il y a du granite. A Bulduruisk , on trouve un agglomérat et du calcaire compact recouvert d’amygdaloïde au sud, et ensuitele granite re- paraît et va jusqu'à Zuruchai. A l'O. d’Altaganskoi, il repos ” sur du schiste quarzeux passant au schiste à rognons de sil L’auieur parle des lacs salés de Borsa et du mont Odontschalon, entre lesquelsil y a une plaine de schiste argileux ; cettemontagne est composée d’une roche feldspathique, porphyrique, quarzi- fère, verte et à topaze, lithomarge, chlorite, béril, étain oxi- dé et schéelin ferrugineux. C'est, en un mot, un amas très-voi-
Géologie. 147 sin de la roche de topaze de Saxe. Les topazes y offrent surtout la forme soustractivé et ont quelquefois 2 pouces de long. Le lac Borsa contient dans Go parties 8,20 de muriate de soude, 3,07 de sel de Glauber et 0,73 de carbonate de soude. À Ak- Schinsk, il ÿ a du schiste et de la grauwacke à silex. Dans Ja vallée de l’Ila, du schiste argileux ; entre l’Aga et le Tura, une chaîne dont la partie sud est aussi composée de schiste et le revers nord. de granite à Argalia. À 23 verst. de Werchne- Udinsk, il y a du granite et des sources salées; et dans les environs des minerais de cuivre et de la marne bitumineuse. Le granite continue jusqu’à Selenginsk; mais au-dessus de lem- bouchure du Tschikoi, sur le côté S.-E. du Selenga, il y a du porphyre épidotique; près Kalinischni, et au-delà, du por- phyre, du grunstein et des amygdaloïdes à mésotype, stilbite et chabasie. Près de Kiachta, du granite grenatifère. Les dépôts précédens observés, sur une route de 1500 verstes, incli- nent vers le nord au nord, vers le sud au sud, vers l’ouest à l'ouestet vers l’est à l’est. Le granite paraïîtrait entourer des gneis, Mes grunsteins, des micaschistes, des schistes argileux ét des Sfauwackes à calcaire. De Kiachta à Irkutsk, l'extrémité sud du lac Baikal offre du granite, de la siénite, du porphyre, du micaschiste, du basalte et même des laves. A. B.
92. SUR LES GRÈS VOLCANISÉS DU VOGELSGEBIRGE ; par KLIPSTEIN. (Hertha; Vol. 10, cab. 4, p.354.)
Le Vogelsgebirge consiste en basaltes, dolérites etlaves basal- tiques placées sur du grès bigarré, du muschelkalk et du grès tertiaire. L'auteur décrit sous le nom de grés du trapp un grès qui est fort siliceux et en partie fritté, et qui se trouve sur les limi- tes N.-E. et $S. du basalte. Ces grès sont quelquefois en blocs épars et séparés du basalte. On ne les trouve près de ce dernier u’à Budingen etentre Rudlos et Angersbach. M. K. attribue leur rmation à une altération ignée du grès bigarré, et il place ans la même classe des grès blancs décolorés. Il décrit le petit cône igné de Wildenstein, près de Budingen, qui est composé de basalte columnaire et a 300 pas de tour et 80 p. de haut. Cette roche contient des fragmens de grès blanc, altéré et divisé en partie en jolis prismes. Ces grès, que nous connaissons, sont évidemment frittés et zônés en vert-noir ; ailleurs ils passent à
X0,
148 Géologie.
une porcellanite ou au jaspe basaltique, ou même à une roche vitreuse foncée, comme à Eschwege, L'auteur croit que le basalte ne contient pas de ces fragmens dans sa partie inférieure, Ilcom- pare ces produits altérés par le basalte à des substances pro- duites par l'art, et il propose le nom de Buchite pour ces roches changées, A. B.
93. OBSERVATIONS SUR LA CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DE L'ÎLE D'ARUBA, ET DE SON OR; par ReiNwanpr. (Journ. de Chimie de Schweiger; 1827, vol. 3, cah. 3, p. 330; et Mieuwe Verhandl. van het Nederland. Instit. v. Wetensch. ; part. 7, 1827:)
Le sol d’Aruba, comme celui de Curacao, est intermédiaire et comprend des siénites, des diorites, des serpentines et du fer oxidulé en lits dans la serpentine. Il y a aussi du cuivre na- tif et vert. La partie sud et sud-ouest d’Aruba est composé de serpentine et de siénite ; la serpentine borde la vallée aurifère de Barbacoabery, à Matividiri, dans la partie nord-est. Dans la portion sud-est , entre Barbawa et les Monts-Rouges, il y a du calcaire à coraux et du poudingue, ainsi que de la serpentine à filons de quarz, du schiste siliceux, du silex corné , du cuivre vert, de l'or, etc. L'or alluvial a l’air fondu; les plus grandes pépites pèsent de 5 à 6 livres; elles paraissent être contempo- raines des blocs et du terrain meuble et ne pas provenir des fi- lons. A Curacao, il y a du cuivre oxidulé. A. B..
9h. SUR QUELQUES NOUVELLES DÉCOUVERTES GÉOLOGIQUES DANS
LA PLAINE DE L'ALLEMAGNE SEPTENTRIONALE; par F. Horr-
man, (Annal. der Physik, de Poggendorff ; 1828, cah. 1, p.
109.)
M. Ocynhausen a découvert une proéminence gypseuse à Lubtheen en Mecklenbourg , à 2 milles de l’Elbe et entre les villages Probst, Jesar et Trebs. Cette éminence s'élève à 30 p. sur la plaine, qui, elle-même, n’est pas fort haute, puisque le ni- veau de l’Elbe à Boizenburg n'est qu'à g p.sur la Baltique. En 1825 , on commenca à découvrir ce banc gypseux sur une éten- due de 200 toises carrées. On le perça complètement, et on ar- riva à une marne calcaire bitumineuse. Ce gypse est grenu, non stratifié et mêlé de calcaire bitumineux, Il croit que c’est un dé-
Geol ogte. s 49 pôt igné tertiaire ou alluvial. 11 y a en Mecklenbourg beaucoup d’affaissemens qui proviennent d’un semblable dépôt. Autour du lac de Muritz, situé à 216 p. d’élévation, il y a des ro- ches crétacées à silex et à fossiles. Cette formation tertiaire s'é- tend depuis Roggentin, près de Mirow, par Gotthun et Wend- hof, jusque sur la côte nord du Fleesensee et vers Nossentin, Elle borde en général la côte sud du bassin commun des lacs de Muritz, de Fleesen , de Kolpin et de Plauen, et se remontre çà et là sur la côte nord. Les dépôts suivent la direction géné- rale du S.-E. au N.-0., comme tous les terrains allemands. Les rivages occidentaux de Bornholm et de Schonen laissent aper- cevoir le grès , la marne et le calcaire du lias qu'on revoit dans les rochers d’Helgoland. Des oolites jurassiques inférieurs res- sortent sous la craie de Rugen et de Wollin, à Fritzow , près Cammin. M. Oeynhausen a décrit une grande étendue d’ar- gile tertiaire à lignite et ambre sur les côtes de la Poméranie. M. de Schlotheim a dénommé les fossiles tertiaires des environs de Sternberg. Autour de Domitz en Mecklenbourg, l’auteur a trouvé près de Bockup un grès calcaire coquiller renfermant des lignites et ayant 10 p. d'épaisseur. Eu général, il est plutôt en rognons dans le sable qu’en bancs. Cette roche compacte, mi- cacée et grise-brunâtre, et à particules de lignites lui a offert ( ainsi que l'argile sous une couche alunifère ) le Rostellaria pes carboni ( Strombites speciosus Schloth.), une Pleurotoma voi- sine du Murex thiara Brocchi, un Fusus, deux Cones très-voisins l’un du C. deperditus Lam., et l’autre du €. antediluvianus Broc- chi, une Ancilla Lam.? un Buccinum ? ou Camellaria, le Pectun- culus pulvinatus var. pyrenaicus, les Nucula lævigata Sow., et une voisine du N. lanceolata Sow., une Vénus ressemblant au V. islandica Brocchi, un Cardium voisin du C. fragile Brocchi, la Fungia Guettardi Brong. A. B.
9. ESQUISSE D'UN VOYAGE FAIT EN MAI 1827 DANS LES STEPPES sup pu Vorca; par le D° Ed. Eversmann. { Nour. Annal. des Voyag. ; juin 1828, p. 281. — Hertha ; vol. 12, cah. 3, p. 322.)
L'âge relatif des formations diminue à mesure qu'on va d'O- renbourg à l’ouest ou au sud. La roche la plus ancienne autour d'Orenbourg est le grès rouge fin ou grossier, qui s'élève à 80 p.
190 Géologie,
sur l'Ouxal et contient du bois pétrilié ct cuivreux, duminerai de fer et beaucoup de cuivre carbonaté et pyriteux. Cette for- mation secondaire et en alternats horizontaux de grès et de schiste sablonneux, se prolonge jusqu’au-delà de Sakmara et forme le chaïnon d'Obtscheï Syrt, Sur ce grès se trouve un cal- caire compacte feuilleté, bleuâtre, coquiller, et peut-être secon- daire. À 70 verstes au sud d’Orenbourg, est la saline de Ilets- koi, où une couche de sel de 4 à 6 p. est recouverte de gypse et forme des monticules isolés. Près d’Ouralsk, il y a des buttes crayeuses et de marne à pyrites sur la rive gauche du l’Oural; plus loin, en descendant à Inderskoï, le fleuve est bordé de col- lines marneuses à gypse compacte et spathique. A l’est de la steppe des Kirghis et le long de la mer Caspienne, le terrain argileux salifère recouvre un grès blanc, fin, très-récent , avec des rognons ferrifères ; et à l’ouest de l'embouchure de l'Oural, il y a des lits de sélénite dans du sable argileux. À Solénaïa, il y à une rivière salée, et il en est de même de la rivière de Gor- kaïa. Depuis la rive droite de l'Ouseen, la steppe est sablon- peuse, et le terrain est salé dans la plaine de Naryn et autour du lac de Kouchoum. À Merghenef, les bords escarpés de l'Oural offrent de l'argile très-coquillère ( Cardium, etc.) placée sur de l'argile endurcie. A. Eu
96. VoyacE Aux COLONLES RUSSES DE L'AMÉRIQUE En 1821-93 ; par A. Semasezsei, St-Pétersbourg, 1826, 1 vol. in-8°; p- géologiq. ( Hertha ; vol. 12, cah. 2 ,août 1828, p. 178.)
L'auteur décrit son ascension en septembre au volcan Avat- cha , au confluent du fleuve du même nom, en Kamtchatka. À 900 toises de hauteur, il trouva de la neige et beaucoup de ra- vins, et, à 1040 toises, il était au milieu de la neige, qui fond entièrement en juillet et août par la chaleur intérieure du vol-
can. Le pic a 9000 p. de hauteur. Il est composé principale- ment de porphyre trachytique, et il offre çà et là du soufre. Le pic volcanique voisin, le Stréloschnoï-Pik, a 8200 p. d’éléva- tion. Le premier volcan a rejeté beaucoup de cendres dans l'hiver de 1822 à 1823,et le 8 août 1827. Cette dernière érup- tion était accompagnée d’une forte odeur de soufre, et elle con- tinua jusqu’au 17, où l’on crut que le volcan s'était écroulé. Les volcans du Kamtchatka ont de longs intervalles de repos,
Géologie. dr
Le plus grand est le Kluitchi, dans le milieu de la presqu'ile de la côte orientale; après celui-ei, vient l’Avatcha , dont la plus forte éruption fut celle de 1737. Le Kluitchi fut très-actil en 1819 et fuma toujours en 1822, L'auteur croit que tous ces volcans sont liés ensemble, et on entend un bruit sourd en frappant du pied sur le sol de schiste argileux autour du port de Peterpaul. A. B.
97. NOTICE SUR LES BLOCS DE ROCHES PES TERRAINS DE TRANS- PORT EN SUËDE; par M. Alex. BronGniarT ; lue à la Société philomatique le 12 avril 1828.(Annal. des sciences naturelles; Tom. XIV, mai 1828, p. à)
M. Brongniart a pour but , dans cette notice intéressante, de faire connaître d’une manière un peu complète les circon- stances les plus remarquables qne présentent dans eur gise- ment ces blocs que l’on trouve dispersés à la surface du sol et loin des roches d’où ils proviennent, et principalement ceux qu'on remarque en grande abondance dans les terrains de trans- port de la’ Suède. Il nomme ces blocs erratiques , pour indiquer leur état d'isolement et leur éloignement de leur lieu origi- naire, On n'a pu former jusqu'à présent que quelques conjec- tures sur la cause qui a pu disperser de telles masses, les trans- porter à des distances souvent très-considérables, sur la di- rection qu'elles peuvent avoir suivie, et surtout sur leur point de départ. On sait que M. Hausmann et M. Brongniart ont dé- montré la grande ressemblance des blocs erratiques qui cou- vrent les plaines de la Séelande, du Holstein et des rivages méridionaux de la mer Baltique; avec les roches granitoïdes de la Suède, le 1° en faisant voir qu’ils contenaient les mêmes espèces minérales, et notamment la Wernérite ; le 2° en appre- nant qu'ils renfermaient, comme les roches calcaires, des Tri- lobites et autres débris organiques, caractères géologiques en- core plus certains que les espèces minérales ; en sorte qu’on ad- met presque généralement que ces blocs proviennent de ja presqu'île scandinave, quoiqu'il ne soit pas possible jusqu’à présent de concevoir leur passage à travers la mer Baltique. C’est pour appuyer cette opinion que M. Brongniart, dans la notice dont nous offrons l'analyse, cherche à établir la route que ces blocs lui semblent avoir suivie, à l’aide des traces qu'ils
259 Géologie. N° 97 ont laissées sur lei passage depuis leur lieu or iginaire jusqu'à celui de leur gisement actuel.
Le sol sableux du Holstein est couvert de blocs erratiques; celui de la Séelande en offre peut-être encore davantage; leur volume est énorme; ifs abondent aux environs de Copenhague; on ne les quitte pas de vue jusqu'à Elseneur, Ce sont les seules pierres de construction pour les mouumens publics qu'on puisse trouver dans les collines entièrement sablonneuses de ces cantons. Le Sund est étroit, mais profond; néanmoins les blocs l'ont franchi, et quand on a traversé ce détroit pour en- trer en Suède par la Scanie, on retrouve ces blocs à Elsinborg; on ne les a perdus de vue que sur mer. Le sol de la Scanie en est couvert comme celui de la Séelande; mais ici ils ne sont que faiblement engagés dans le sable; le terrain sur lequel ils reposent est visible dans beaucoup de points; et, quoique d'une époque géologique, qui n’est peut-être pas très-cloignée de celle de ces blocs, et qui semble indiquer qu'on approche de leur source, les roches de ce terrain sont cependant encore d’une nature très-différente de la leur. Ils se continuent bien au-delà de la Scanie, et couvrent plusieurs parties des provinces suédoises; ils sont si abondans dans certains lieux, qu'ils sont accumulés les uns sur les autres, et s’y élèvent en collines d’une forme particulière, auxquelles les géographes suédois ont donné le nom de ése et de sandosar, suivant la prédominance du sable ou des blocs. Ces collines très-remarquables, que M. Brongniart a observées plus particulièrement dans les provinces de Scanie, de Smolande, de Sudermanie et d'Uplande, ont une forme, une disposition et une composition qui leur sont propres. Elles sont peu élevées en général, puisqu'elles attel- gent rarement 100 mètres; leur forme est longue et étroite ; elles sont un preu plus larges et un peu plus élevées à une de leurs extrémités qu’à l’autre, et on ne peut en donner une idée plus claire qu’en les comparant à ces prismes alongés de fonte de fer qu'on nomme vulgairement gueuses. Elles présentent , suivant les licux, quelques différences dans leur composition. En général, dans les provinces méridionales, elles sont compo- sées de sable ou de gravier, soit granitique, soit simplement quarzeux , et de blocs de roches granitoides d’un volume géné- ralement péponaire. Dans les provinces septentrionales , no-
Géologie. 153 tammont au N. d'Upsal, où elles sont plus abondantes, elles pa- raissent plus sableuses; mais ce qui est plus remarquable, c’est leur constante direction du N.N. E, au S.$. O.,sur une étendue très-considérable et avec un parallélisme parfait; c’est, en ou- tre, la constance de leur largeur et celle de leur hauteur. Ce ne sont pas des buttes de sables à la suite les unes des autres, mais ce sont de véritables trainées de matières de transports, dont la crête est tellement de niveau, que, dans un grand nom- bre de cas, on a placé la route sur cette crête comme sur une chaussée de sable qu'on eût faite exprès. Ces trainées ressem- blent assez bien à ces petites collines de sable qui se forment dans les cours d’eau au-dessous , et, pour ainsi dire, à la queue d’un corps solide qui modifie le mouvement de l'eau, comme cela s’observe à la suite des grosses pierres qui se trouvent däns le fond des rivières, et encore mieux à la suite des piles des ponts. M. Brongniart a vu en Suède une de ces collines ou se dont le dépôt semble dû à l'obstacle encore sur pied, qui, en ralentissant derrière lui la vitesse du cours de Peau, aurait permis à ce liquide de déposer les corps qu’elle entrainait. C'est au S. de cette colline basaltique, fort remarquable sous bien des rapports, qui est située sur le bord S.E. du lac We- nern, et qu'on nomme le Kinnekulle , que se présente cette disposition instructive. Lorsqu'on est placé sur le bord méridio- nal du plateau basaltique, on voit, au pied de ce plateau, une colline composée de sable et de blocs noirs qui semblent comme une queuc dirigée du N. au S., en partant du pied du plateau. Ici énigme des blocs n’est pas difficile à trouver; ils sont tous de basalte; ce sont les débris du plateau basaltique qu’une force puissante de transmission lui a arrachés, mais qu'elle n’a pas portés au loin.
On trouve donc, dans la forme et la direction de ces ése ou collines de matière de transport, les traces de la force qui a transporté ces blocs, et de la direction qu’elle a suivie. Il sem- ble qu’à mesure qu'on approche d’un des points du départ de ces débris de montigne, ils soient plus rassemblés et rangés d’une manière plus instructive. Mais il y a une autre sorte de trace moins évidemment liée, il est vrai, avec le phénomène en question, et qu'on ne peut cependant se défendre d'y rap- porter:æ€ ne sont plus les restes de matières de transport aban-
254 Géologie. N° 97 donnés sur la route, et indiquant elles-mémes leur passage; ce sont comme les orniéres produites sur les roches en place, par le passage des roçhes transportées. En effet, on remarque dans plusieurs parties de la Suède (provinces de Gothebourg et con- fins de la Suède et de la Norvége, dans les environs de Strom- stadt, Hogdal, etc.), que les sommets en plateaux de ces collines de gneis et de granite, comme à Hogdal, semblent composés de buttes arrondies ou de mamelons. Ces plateaux font voir de. nombreux sillons placés à côté les uns des autres, de largeur et de profondeur assez inégales; dont le fond et les parois sont unis, lisses, presque polis; ces sillons remplis de terre et de végétaux sont quelquefoi$ en partie caches par ces matières; mais dans les lieux où ils ont été mis à nu, leur surface polie est encore plus frappante, parce qu’elle n’a perdu son éclat ni par la végétation des lichens, ni par l'influence des. météores atmosphériques. Ce qu'il y a encore de remarquable dans ce phénomène, et ce qui porte à le considérer comme étant lié avec le précédent, c'est la direction parallèle et constante du N. N. E. au S. S. E de ces sillons. Ce phénomène du polissage des roches dures a étéobservé dans d’autres lieux que la Suède, comme dans la Haute-Égypte, les États-Unis d'Amérique, le Westmoreland et le Cumberland en Angleterre. |
Les montagnes basses et arrondies, de granite, de siénite et de calcaire compacte, de la partie moyenne et méridionale de la Suède , semblent donc avoir été comme démantelées par une cause violente; leurs débris ont d’abord couvert les collines peu élevées du terrain de sédiment qui les avoisinait, et, dans ce cas, le transport des blocs ne présente rien d’extraordinaire; mais quand on suit ces blocs à travers la Scanie jusqu'en Sée- lande, de l’autre côté du Sund, et qu'on les y retrouve avec la même nature, le méme aspect, le même volume, de manière à ne pouvoir douter que ceux-ci ne soient la suite de cette sé- rie ou traînée de blocs, on éprouve un grand embarras pour leur faire traverser le Sund qui, quoique peu large, l'est encore assez et est surtout assez profond pour ne pas laisser concevoir comment de pareilles masses ont pu le franchir.
M. Brongniart signale un autre ordre de disposition de blocs erratiques, et même de ceux qui ne paraissent pas venir de loin. Il a remarqué sur quelques parties des collines subalpines
Géologie. 159
ct subapennines composées ou seulement recouvertes de ter- rains de transport, qu'à mesure qu'on s'élevait de la base de la colline vers son sommet, la grosseur des blocs allait en augmen- tant, Ainsi, en montant au sommet de la Supergue, montagne assez élevée près de Turin, les roches de transport qu’on ren- contre à $on pied sont au plus pugillaires ; vers le milieu, elles deviennent céphalaires, et le sommet est couvert de blocs pé- ponaires et métriques. Il à fait les mêmes observations en montant sur les premières collines de la partie orientale du Ju- ra, du côté de Lausanne, au-dessus d’Orbe. La même disposi- tion se remarque sur le sommet des collines subapennines des environs de Castel-Arquato, non loin de Plaisance, et dans les terrains de transport de la Pomérauie, d’après M. Schultze. Cette espèce de triage est produite par une cause tout opposée à celle qui agit dans le lit des torrens et dans le fond des vallées, où les blocs deviennent d'autant plus gros qu’on remonte plus haut dans le vallon. Il est assez difficile d'expliquer ce fait, qui semble une anomalie dans le moment actuel, et qui cessera d’en être une, sans douté, lorsqu'il aura été observé plus fré- quemment , et qu'on pourra apprécier d’une manière certaine toutes les circonstances qui l’accompagnent.
Le mémoire de M. Brongniart est accompagné d’une planche comprenant 4 figures. La 1°° est une vue d’une colline de blocs et de sable sur les confins de la Scanie et de la Smolande. La 2° est la copie réduite de la partie des cartes de Suède , d'Her- meïin, qui représente, par des trainées ponctuées, les collines étroites et longues de sable et de blocs au N. et à l'O. d’Upsal. Les 3° et 4° sont une carte et une coupe ou profil de la mon- tagne de Kinnekulle. Voici la composition de cette montagne non encore figurée et décrite.
Plateau de basanite compacte pyroxeneux, absolument sem- blable à la dolérite presque compacte du sommet de Meissner en Hesse. Il est déprimé dans son milieu et renferme un grand marecage.
Schiste marneux renfermant quelques empreintes végétales, et les petits corps nommés graptolites par Linné.
Calcaire compacte brunâtre, verdâtre, jaunâtre, envelop- pant une grande quantité de Trilobites (4saphus expansus) , d'Orthocératites, etc.
156 Géologre.
Ampélite alumineux, exploité à Hellekis, et renfermant d'au- tres Trilobites, des Paradoxites et des Agnostes,
Grès inférieur ou de transition, montrant quelques em- preintes qui paraissent être de végétaux , mais qui sont indé- terminables.
Colline basse de sable et de bloc de basalte ( toutes les cou- ches sont à peu près horizontales ).
Gneis. J. GinaRDiN.
98. SUR LA CONSTANGE DES FAITS GÉOGNOSTIQUES qui aCCOMpa- gnent le terrain d’Arkose dans l'Est de la France; par M. de Bonwarp; extrait lu à l’Académie royale des sciences, le 4 juin 1827. ( Jbid. ; Tom. XII, nov. 1827, p. 298.)
Ce travail fait suite à celui que l’auteur a publié sur la géo- logie de la Bourgogne; il est destiné à le compléter et à confir- mer la plupart des faits que l’auteur n'avait exposés qu'avec doute. Il résulte de l’ensemble des renseignemens communiqués à M. de Bonnard, et des observations nouvelles qu’il a faites, que le terrain d’arkose, qu’on pourrait regarder comme une sorte d’anomalie ou d’exception aux lois générales de la géognosie, en raison des singularités que présentent, soit les circonstances de sa superposition au granite avec apparence de passage in- sensible, soit celles de son gisement en général, comme seul entre le granite et les terrains secondaires supérieurs , et tenant ainsi la place de toutes les formations dites de transition et se- condaires anciennes ; il résulte, disons-nous, que le terrain d’arkose se présente lui-même avec une sorte de généralité, au moins à l'Est de la France, dans les localités où le granite est en contact avec les terrains jurassiques. Il en résulte aussi la | preuve d’une constance remarquable, dans la série des terrains dont l’arkose est le premier terme, et dans l’ensemble des cir- constances géognostiques que présente cette série.—Telles sont les conclusions que l’auteur tire des faits nombreux qu’il rap- porte dans le mémoire dont il est ici question. Pour en donner une idée exacte, il faudrait le reproduire textuellement, tant il est substantiel; aussi nous nous contenterons d'indiquer les points principaux que l’auteur discute, et nous renverrons pour les détails au mémoire même. Il a reconnu que, depuis la pointe de Morvan jusqu'à Lyon et Saint-Étienne, il n’y a ni
Géologie. 157 terrain de transition, ni anciens calcaires secondaires ; que le granite, le gneis et le porphyre, qui constituent les terrains cristallins primordiaux , ne sont recouverts que par des bassins de terrain houiller, où par les formations d’arkose , de marnes, de caleare à gryphées , et de marnes et calcaires jurassiques ; que, dans le N. de la Bourgogne, cette dernière série de forma- tions se présente seule sur le granite, et qu'il paraît en être ainsi jusqu'auprès de Langres; qu’en approchant d’Autun, on trouve, au contraire, sur le granite beaucoup de grès houil- lers, et que les terrains d’arkose et de calcaire à gryphées ne se montrent plus qu’en petits ilots épars. Plus au midi, le long du canal du Centre et dans le Charollais, on passe fréquemment du terrain primordial à la formation houillère où à la forma- tion d’arkose et de calcaires, mais toujours immédiatement à l'une ou à l’autre. On ne peut trouver de points de contact cer- tains entre le terrain d’arkose et le terrain houiller.— L'auteur a reconnu la superposition de l’arkose au porphyre, avec des circonstances tout-à-fait semblables à celles que présente la su- perposition de l'arkose au granite. — Lorsque le terrain pri- mordial est formé de roches feuilletées, gneis ou stéaschiste, les circonstances de la superposition paraissent être fort différentes. On ne voit pas de passage apparent d’une roche à l’autre; on ne voit plus qu'une arkose tout-à-fait areracée , qui recouvre le terrain inférieur , soit avec une allure à peu près parallèle (Chessy), soit, au contraire, en stratification transgressive (Re- sille, près d'Épinac; Bois-Franc, près de Blanzy). —— La con- stance que présente la succession des divers terrains calcaires superposés à l’arkose est, suivant M. de Bonnard , un fait éga- lement important. Cette constance est générale, et les appa- rences contraires qui se montrent quelquefois sont reconnues pour n'être que des apparences quand on les observe avec soin. L'auteur décrit, à l’appui de son assertion deux loca- lités différentes, celles de Château-Neuf sur les bords du Sornin, et de Limonest, à 3 lieues au N. de Lyon. — Il parle ensuite de Chessy, localité d'autant plus intéressante que le gîte important de cuivre carbonaté qu'on y exploite fait par- tie du terrain d’arkose, et que ce terrain de marnes et luma- chelle est remplacé par un ensemble de couches calcaires de couleur claire, très-différentes de tout ce qu'il a vu ailleurs.
158 Géologie. Il rapproche du gîte métallifère de Chessy ceux du Cliarollais et du Beaujolais, ceux de Romanèche, plusieurs autres de là Bourgogne, ete.; et il lui paraît de plus en plus probable qu’une partie au moins des gîtes métallifères connus autour du groupe granitique du centre de la France appartient au terrain d’ar- kose, Enfin, il cite plusieurs faits remarquables qui ont confir- mé la généralité de ses observations précédentes sur la con- stance des relations des terrains de la formation dé l’arkose avec les terrains jurassiques qui leur sont superposés. J. GiRARDIN. 99. NOTICE SUR LA CONSTITUTION GÉOGNOSPIQUE DE LA TOURAINE; par M. Dusarnin. (Jbid.; févr. 1828, p. 122. ) M
La Touraine était depuis long-temps célèbre par ses faluniè- res. Dans la description géologique des environs de Paris, elle fut citée pour la craie auprès d’Amboise, et pour le terrain d’eau douce sur les bords de la Loire; plus récemment encore, M. Au- guste Duvau, dans une courte notice sur trois dépôts coquillers, avait signalé le calcaire de Savigné comme se rapportant à la formation tertiaire, de même que les falunières; mais cesnotions étaient isolées, et ne donnaient aucune idée de la constitution de ce pays. M. Dujardin, occupé sans relâche à étudier le pays qu'il habite, a été assez heureux dans ses recherches pour trouver quelques faits nouveaux. D'abord, l'existence d’une nou- velle falunière dans le N. du département, qui présente dès le premier instant, des coquilles qu'on n’a point trouvées dans celles du S.; ensuite, la présence des polypiers des environs de Caen et de beaucoup d’autres, mélés dans la craie avec les Po- dopsis, les Catillus, et d’autres fossiles caractéristiques. D'un autre côté, les Crustacés décapodes qu'il a trouvés dans les par- ties compactes de la craïe grossière, où il n’en reste que des moules, lui ont présenté des fragmens avec leur test conservé et blane, dans un calcaire crayeux , jaune et friable, semblable à des échantillons de la montagne de Saint-Pierre, et offrant à la fois des Gryphæœa columba avec des moules de Trigonies et d'Univalves turriculées ; et, enfin, ses conjectures sur un calcaire d’eau douce qui couronne les côteaux de la Touraine, se sont trouvées confirmées par lopinion de M. Brongniart, et par la comparaison avec d’autres terrains, autant que le permettait toutefois l'absence des fossiles,
Géologie. 159
La Touraine, traversée de l'O. à l'E, par la Loire, qui la par- tage à peu près également, contient au N. un vaste plateau de 8 à ro lieues de largeur, borné par le Loir, qui coule sur la li- mite des départemens de la Sarthe et de Loir-et-Cher. La ligne de faîte de ee plateau, élevée d’environ 5o toises au-dessus du niveau de la Loire, est dirigée parallèlement; c’est de là que coulent les ruisseaux qui se jettent dans lune et l’autre rivière; c'est là aussi que se trouve la nouvelle falunière, Dans la partie méridionale , quatre rivières considérables divisent également le terrain. Le Cher n’est séparé de la Loire que dans un espace de 6 lieues vers l’'E., par une colline qui finit en pointe à trois lieues de Tours, et passé laquelle les deux rivières coulent dans la même vallée. L’Indre est séparée des précédentes par un plateau large de 3 à 5 lieues, et qui s'approche obliquement de læ Loire au confluent du Cher, à 4 lieues O. de Tours. Enfin, la Creuse et la Vienne, qui se réunissent à Pextrémité méridic= nale du département, sont séparées de l'Indre par un plateau plus élevé et plus large que le précédent, et dirigé, comme ces rivières, du S.-E., où il est plus large, au N.-O., où il aboutit à la Loire : c'est sur ce dernier plateau que sont situées les an- ciennes falunières.
Dans. tout le pays, la craie tufeau, caractérisée par une ap- parence de stratification et par des paillettes disséminées dé mica, forine le fond du sol; elle contient des peignes et des spa- tangues. Partout, on la trouve, si Fon creuse assez profondé- ment. À Roche-Corbon , deux lieues FE. de Tours, sur la Loire, elle se montre à la surface du sol dans un petit vallon, au des- sous de la craie grossière qui forme le côteau; en allant au nord, On la retrouve à Monnaye, sur la route de Vendôme ; elle se montre encore près de Montrichard, sur le Cher (10 lieues S.-E. de Tours). Là, on lexploite sous le nom de bourré, en pierres légères qui servent à construire la partie supérieure de tous les édifices de la Touraine. Elle est aussi exploitée à Candes-sur-la-Loire, à Poncé sur-le-Loir; on la voit au-des- sous des falunières du S., en sorte qu’on peut dire que tout le sol de la Touraine repose sur la craie tufeau. Au-dessus, la craie présente les caractères les plus variables quant à son aspect, mais ses fossiles restent encore et suffisent pour la caractériser, Dans les parties les plus basses, elle est parfois dure et semée
160 Géologie. de grains verts et sableux ; cette couche est la plus riche en fos- siles ; elle contient des Baculites, des Térébratules, des Podo- dopsis, Cidarites et Polypiers. Sur cette seconde variété de craie, repose quelquefois un calcaire crayeux, friable, jaunâtre, qui présente une grande ressemblance avec certains échantillons de la montagne de Saint Pierre; on y trouve le Gryphæa columba dans un état de conservation parfait avec ses couleurs. C’est aussi dans cette partie que se voient le mieux les couches hori- zontales de silex corné, souvent en plaques continues de 4 à 6 pouces d'épaisseur. De plus, c’est dans les endroits où ce calcaire, sur le bord des côteaux , est abrité de la pluie par des corni- ches de pierre moins frinble que se forme le salpêtre; on l'y trouve souvent comme un enduit solide, épais d’un demi-pouce, et cette circonstance vient à l'appui de la théorie de M. Long- champ; car les matières animales, à moins qu’elles ne fussent dans la craie, n’ont pu contribuer là à une nitrification aussi abondante, Enfin, en quatrième lieu, les parties les plus élevées de la craie, celles qui forment le couronnement à arètes vives des côteaux de Roche-Corbon, de Vouvray et d'Amboise, pré- sentent un calcaire grossier plus compacte, quelquefois très-s0- lide, avec quelques points spathiques, et souvent les petits grains verts des parties inférieures. On y trouve des moules de Gens- tacés, d’Arches , dé Vénus et de Trigonies,
Après avoir passé en revue tout ce qui dépend de la craie, qui se trouve immédiatement sous la terre végétale dans la ma- jeure partie de la Touraine, M. Dujardin parle ensuite du ter- rain qu'il appelle d’eau douce. Dans quelques endroits, et seu- lement près des grandes vallées, on trouve dans une largeur d’une à deux lieues, la craie recouverte par des poudingues si- liceux ou par des blocs de silex plus où moins caverneux, qui contiennent une argile ferrugineuse dans leurs interstices. Ils séparent de la craie une masse sans stratification d'un calcaire compacte blanchätre, gris, ou d’un beau jaune, susceptible de poli, renfermant toujours des fentes irrégulières ou des tubes sinueux garnis de spath calcaire; de petites cavités qui ressem- blent à des traces de racines fibreuses, et des dendrites le carac- térisent encore.
Ce calcaire très-dur a servi à la construction du pont de Tours, un des plus beaux de France. J1 a quelquefois une épaisseur de
Géologie. 161 plus de 10 pieds. Il est toujours à la surface du sol. Situé près du bord des vallées, ilne s'élève pas généralement à plus de 20 toises au-dessus des rivières, tandis que la craie, au point le plus élevé des plateaux, est à plus de 5o toises. Cependant, M. Desnoyers pense avoir observé le terrain d'eau douce à des ni- veaux très-faiblement inféricurs à celui des falunières, ce qui ne doit pas empêcher de considérer celles-ci comme plus mo- dernes, puisqu'on y trouve méêlés au dépôt marin des débris de calcaire d’eau douce, percés par des coquilles lithophages. C’est une observation importante qui sera développée prochainement dans un travail que, depuis plusicurs années, MM. Desnoyerset de Tristan préparent sur les terrains tertiaires du bassin de la Loire, et sur ceux de la Touraine en particulier.
M. Dujardin parle ensuite des falunières : et d’abord de celles du $. On s’est formé une fausse idée de leur étendue; le falun n'y compose pas un véritable banc;sa forme est très-irrégulière. Son épaisseur ne dépasse jamais 8 à ro pieds. La nouvelle falu- nière situce au Nord est à 3 lieues et demie de Tours, entre la Gagnerie et Semblancay. Ce falun est près de la surface du sol et paraît reposer immédiatement sur la craie de la seconde va- riété. Il contient, avec des coquilles communes aux falunières du Sud, d’autres fossiles qu'on ne trouve pas dans ces dernières, notamment la Turritella imbricataria, un Pectunculus analogue à l'Angusticostätus, et une espèce d’Auricule. M. Auguste Du- vau a signalé à Savigné un calcaire marin tertiaire; il est en assises minces formées de débris de coquilles et de Zoophytes, mélés de grains de quarz arrondi, et doit sa solidité à un dépôt calcaire qui encroûte et lie ses parties. G. Der.
100.SUR LES TERRAINS TERTIAIRES DE LA TOURAINE ; par M. Frzix Durarpix ; déc. 1828, pag. 412.)
Dans le travail dont nous venons de rendre compte, M. Du- jardin avait signalé un calcaire d’eau douce analogue à celui de Chäâteau-Landen ; mais il n'avait point alors trouvé de fos- siles pour confirmer ce qu’il avançait à ce sujet. Depuis cette époque ses recherches lui ont présenté des résultats plus sa- tisfaisans. Il a trouvé, au nord de Tours, dans une des prin- cipales localités où le calcaire est entièrement dépourvu de coquilles, une grande quantité de Gyrogonites adhérentes à la
B, Tome XVIII IL
162 Géologie.
surface des blocs; à Pérenay, il a trouvé des Lymnées et des Pa- ludines ; dans une autre fouille, des empreintes de Lymnées, de Planorbes, de Paludines et de Maillots; en outre, au-dessous de ce calcaire et dans les intervalles des blocs, une argile d’un gris verdâtre, qui accompagne les silex meulières de Cinq-Mars, que M. Brongniart rapporte au 3° terrain d’eau douce. Quant au calcaire d'eau douce, on ne peut le rapporter à une forma- tion plus récente que le calcaire siliceux; car on trouve dans les falunières des blocs de ce calcaire percés de trous de Pho- lades, êt cette circonstance tend aussi à faire placer ces dé- pôts coquillers dans la formation des grès et sables marins supérieurs. G. Der.
© 101. OBSERVATIONS GÉOGNOSTIQUES ET MINÉRALOGIQUES SUR LES MONTS QUI ENTOURENT LE GOLFE DE LA SPEZIA, par G1Ro- LamO Guipoxt, lues à la Société de géographie, statistique et histoire naturelle de Toscane, le 25 février 1829. ( Gior- nale ligustico di scienze , lettere ed arti ; juillet et août 1828, : p.335; septembre et octobre 1828, p. 427.)
M. G. Guidoni commence par faire l’énumération des auteurs tant anciens que modernes qui ont écrit sur le golfe de la Spezia. Parmi ces derniers, Vallisnieri, Tar- gioni Tozzeti, Spallanzani, le baron Luigi Isengarde, lo Spa- doni, Giuseppe Mojon, Dominico Viviani, M. Çordier, le ba- ron Chabrol, le baron de Zach, Rossi, l'ingénieur Lepère, le professeur Bertoloni de Sarzana, le chevalier Cordero di San- quitino, enfin M. Brongniart, ont successivement étudié ce pays sous le rapport de l’histoire naturelle. L'auteur se con- tente de rappeler le point de vue sous lequel chacun de ces naturalistes a envisagé la contrée qui fait le sujet de son mémoire. Il passe ensuite à la description topographique des montagnes qui environnent le golfe de la Spezia, explique comment les îles de Tino et de Palmeria ont été détachées du continent dont elles fesaient jadis partie, présente quelques considérations générales sur tout l’ensemble de la montagne della Castellana ( point le plus élevé du golfe ) et des vallées principales, et fait ensuite connaître les chaïnes ou rameaux secondaires qui coupent transversalement la ligne primitive qui s'étend depuis la montagne de la Castellana jusqu’au canal
Géologie. 163
de Pignone où au promontoire de! Mesco. Après des détails topographiques assez étendus, mais qu'on ne peut suivre que sur une carte, l’auteur traite des roches qui composent les montagnes du golfe. Ces roches sont : le calcaire primitif ou saccharoïde, le calcaire de transition où compacte, le calcaire poreux ou rauchwacke, le grés intermédiaire où grauwacke, le grès schisteux , le phyllade intermédiaire où schisteux , Va chlo- rite compacte, la serpentine, l'euphotide, le jaspe compacte et le jaspe argileux. La seule énumération de ces roches fait voir que ces montagnes appartiennent, à la classe des terrains inter- médiaires, et non aux terrains secondaires, comme l’a pré- tendu M. Cordier dans sa Statistique minéralogique du départ. des Apennins (Journ., des mines, n° 176, 1811). Jusqu'ici on n'avait cité le calcaire primitif qu’en membres isolés dans les Alpes et les Pyrénées; les Alpes apuennes sont le premier exemple de grandes montagnes entièrement composées de cette roche. Ce calcaire forme la masse principale de ces montagnes; il n’est jamais superposé à aucune roche et ne présente aucun vestige de corps organisés. Le terrain schisteux micacé re- couvre et entoure en grande partie la base de ces montagnes ; la végétation s’y développe de préférence, et elle s’amoindrit là où le calcaire est à nu.
L'auteur examine successivement les diverses roches men- tonnées plus haut, et indique les particularités qu’elles offrent dans les diverses circonstances géognostiques où on les observe. Le calcaire saccharoide se présente à l'extrémité du Capo- Corvo, au lieu dit La Bianca , s'élevant au-dessus du niveau de la mer de 20 mètres environ. Bien qu'il ne possède pas tous les caractères du marbre de Carare, il en diffère si peu, cepen- dant , qu'on doit croire qu'il a avec ce dernier une commune origine ; ses lames cristallines sont un peu plus petites ; il est moins dur et moins blanc que lui. 11 parait éprouver à la sur- face une décomposition continuelle par suite de l’action de l’a- cide muriatique ( l’auteur ne dit pas d’où provient cet acide), ce qui le recouvre d’une poudre mélée de quelques paillettes de mica et lui fait acquérir l’aspect de la dolomie. Il n'est pas phosphorescent par la chaleur. Il est souvent mélé de quarz, de tale, de chlorite, et présente dans une très-petite étendue Presque toutes les roches propres aux Alpes apuennes. Après
LT:
164 Géologie. N° 107 ce calcaire on trouve un banc de chlorite compacte ou schiste talqueux , roche qui appartient aux terrains primitifs, et dans laquelle on observe des indices de fer oxidulé : vient ensuite un schiste chloriteux contenant beaucoup plus de fer, et enfin l'on voit immédiatement la grauwacke. Celle du Capo-Corvo simule un granite ; Spadoni l’a regardée comme telle, et cette erreur a été commise par beaucoup d’autres géologues célèbres. Les fragmens de quarz dont elle est presque entièrement composée sont de la grosseur d’un pois, mais il y en a de la grosseur du poing ; ils sont de couleur de chair, anguleux et réunis par un ciment calcaire avec un peu de mica. On la prendrait pour une brèche, sans sa position sur le terrain primitif et ses autres caractères géognostiques. Auprès de la forteresse de San Te- rearo, elle est placée sur le calcaire de transition : le quarz di- minue de volume, mais il conserve sa couleur de chair, et l’on ne voit plus de ciment calcaire entre les fragmens ; ceux-ci sont réunis sans l'intervention d'aucune substance quelcouque. Cette circonstance pourrait faire regarder le dépôt de cette lo- calité comme un quarz compact, mais en le rapprochant de ceux que l’on voit sur d’autres points du golfe, on se convainc que c’est bien la grauwacke intermédiaire on traurnate de d'Au- buisson. Cette grauwacke, en se mêlant à beaucoup de mica et de fragmens de phyllade, et en perdant de plus en plus du quarz, prend les caractères du macigno dont on se sert pour paver les routes. Ce macigno compose presque pour la moitié les montagnes du golfe; il alterne souvent avec le phyllade et le calcaire de transition. Le mica augmentant encore, tandis que le quarz diminue, ce macigno passe à la grawvwacke schis- teuse, où grès schisteux, qui présente aussi un assez grand dé- veloppement. Après le dépôt de grauvracke qu’on remarque au Capo-Corvo, et qui n'est pas trés-Ctendu, paraît le calcaire compact où de transition, qui est un membre assez important parmi les forma- tions du golfe. Au premier coup-d’æil, il ne paraît pas différer sensiblement du calcaire primitif, offrant souvent une struc- ture laminaire , une couleur plus ou moins blanche et une lé- gère transparence; mais généralement :l présente une grande variation de couleur. Il devient tantôt schisteux, tantôt plus compact et à cassure grenue; il est parsemé de veines spathi-
Géologie. 165 ques blanches, qui prennent souvent une belle couleur jaune, et, dans ce cas, il constitue les marbres les plus estimés de Portovenere. Cette roche s'étend du Capo-Corvo jusqu'au canal
_de Lerici, et forme le sommet du Caprione, Sur la partie gau- che du golfe, elle commence à la petite île de Tine sous forme d'une large bande qui poursuit sans interruption jusqu’au ca- nal de Pignone, et peut-être beaucoup plus loin. Cette forma- tion présente quelquefois une configuration singulière. Sa sur- face est hérissée de pyramides arrondies ou de mammelons diversement disposés et criblés dé fentes ou de trous ronds. On dirait une mer agitée dont les ondes ont cté solidifices in- stantanément. Cette forme bizarre du terrain ne peut s’expli- quer dans les idées des Neptuniens. Presque toujours on trouve dans les fentes de a roche une terre d’un rouge obscur qui les remplit; mais, ce qu'il y a de plus singulier, ce sont des es- paces arrondis qui ressemblent à autant de petits cratères ; on en observe 3 ou 4 sur le sommet du Fabbiaro, sur celui de -Parodi et sur les monts de Carpena. Le calcaite dont il est ici question est accompagné de fer suluré hépatique où fer oxidé épigène d'Haüy, qui se présente en grande quantité sous une multitude de formes et avec des circonstances de gisement assez remarquables. On en trouve des amas considérables au sommet extrème de beaucoup de montagnes du golfe ( cime du Core- gua , du Fabbiano, monts de Valdepino, de Pignone, etc). Il est toujours à la surface de la roche, jamais dans l’intérieur ; à peine en voit-on quelques morceaux enfouis à moitié au milieu d'elle. La forme la plus commune sous laquelle il se présente _est celle de morceaux arrondis, plus au moins gros, d’une cou- leur brune ou noirâtre à l'extérieur, quelquefois ayant un éclat métallique à l'intérieur. Ce fer sulfuré est fréquemment accompagné de fragmens de plusieurs espèces d’4mmonites et de Bélemnites, qui ont la couleur brune et la densité de ce mi- nerai, ce qui prouve que ces coquilles ont été pénétrées par la substance métallique. M. Cordier dit avoir trouvé des dé- bris organiques sur le sommet du Tine, à la pointe de Porto- venere, ct dans la mine des Gréces ; ces débris étaient des ver- miculaires et de petites bivalves. M. G. Guidoni prétend n’en avoir rencontré aucun dans les lieux indiqués par M. Cordier, et la plus grande partie de ceux qu'il a recueillis viennent du
166 Géologie.
sommet de Coregna et du Fabbiano; il n’a jamais observé de bivalves. Ces débris sont toujours à la surface des couches , de même que le fer sulfuré; à peine si quelques bélemnites tien- nent au calcaire. Dans l’intérieur de cette roche, comme dans le marbre de Portovenere, il n'y a aucun vestige de corps or- ganisé, ce qui prouve d'une manière évidente, outre ce qui a été dit jusqu'ici, que ces roches appartiennent aux terrains de transition.
Le calcaire poreux ou cellulaire { Rauchwacke) ne se trouve qu’en un très-petitnombre de localités, principalement auprès de la forteresse de Sainte-Thérèse, où il semble s'élever du fond de la mer. Il est subordonné au calcaire de transition ; sa cou- leur obscure et les fragmens arrondis dont il est formé peuvent, au premier coup-d'œil, le faire confondre avec une brèche. C’est la roche qui, lorsqu'elle est recouverte par les eaux de la mer, sert d'asile de préférence au Myulus lithophague. Le Phyllade ou schiste ardoise, qui présente aussi peu de déve- loppement, est subordonné au calcaire de transition et au grès schisteux; son passage à cette dernière roche est presque in- sensible ; dans quelques-unes de ses couches on trouve de petites masses d’anthracite, comme au sommet della Foce et dans quel- ques autres lieux; mais cette anthracite n’est point propre à la combustion, et ne présente jamais d'indices de substances or- ganiques. On exploite une grande quantité de schiste ardoise près le canal de Pignone.
Parmi les roches considérées jusqu'ici et qui forment la ma- jeure partie des terrains du golfe, deux surtout prédominent, savoir le calcaire de transition et la grauwacke. Ces forma- tions intermédiaires ne sont aucunement liées,'suivant l’auteur, avec la serpentine, l’euphotide et le jaspe compacte et argileux qui paraissent appartenir à la grande formation de serpentine de la vallée di Levanto et des montagnes de Bracco.—La ser- pentine ne se remarque que dans deux localités seulement, au promontoire del Mesco et dans le canal de Pignone. Elle ne forme que deux bancs de peu d’étendue, mais elle renferme une foule de substances intéressantes. Dans la première localité on voit clairement que ces bancs ne sont que la continuation de ceux qui sont en si grande abondance dans la vallée 4 Le- vanto,—Le jaspe compacte del Mesco est d’un beau rouge foncé
Géologie, 167 à veines blanches et verdätres. Il est entièrement subordonné à la serpentine. Le /aspe argileux se trouve dans des gise- mens différens. Il est toujours au contact du terrain de grau- wacke, le plus souvent sous la forme d’une terre d’un rouge vineux, qui sert d'indice pour l’oxide de manganèse ; 'et il est probable qu'il ne constitue pas une formation spéciale, On l'observe en plusieurs endroits, dans les collines d’Arcote et de Pitelli, et près de la mer, au lieu nommé Za Rossa, (La suite à un prochain cahier ). J. GirARDIN.
102. ESSAI GÉOLOGIQUE SUR LE BASSIN TERTIAIRE D'ALBENCA ; par Acosrino Sasso. (Zbid.; septembre 1827, p. 467.)
La vallée du Centa, située à 6o milles à l'O. de Genève, se détache bien de la chaîne centrale des Apennins, et du côté de la mer s’élargit en une plaine où est bâtie Albenga et plusieurs autres villes. Les roches qui se trouvent dans cette vallée sont un calcaire compacte brun de transition, alternant souvent avec un schiste argileux, et un dépôt d’origine marine, qu’on peut regarder comme un lambeau de cette vaste formation ter- tiaire qui s'étend par toute l'Italie. Ce dépôt se prolonge depuis le cap S. Spirito jusqu’au pont S. Martino; on ne le voit pas du côté de l'O., parce que des alluvions limoneuses l'ont re- couvert sur une assez grande étendue; du reste, il couvre la plaine dans toute sa largeur jusqu’à la base des montagnes qui l'entourent , et se termine à Garlenda , pays distant de 3 lieues de la mer, en sorte que ce dépôt marin occupe une superficie de 12 milles, développement auquel n'arrivent jamais les au- tres terrains de semblable formation qui se trouvent dans la Ligurie. Le torrent Torsero, dont le lit est encaissé dans ce dépôt à la profondeur de 200 pieds, fournit des données assez précises sur la nature et la disposition des matériaux qui le constituent. On observe constamment l’ordre suivant en allant de bas en haut.
1° Argile grise, terreuse, plastique, effervescente, plus ou moins siliceuse, avec des parcelles de mica, remplie d’une in- finité de coquilles. L'auteur la regarde comme reposant immé- diatement sur le calcaire de transition, bien que nulle part on ne voie la superposition directe. Elle n’est pas straufiée; les coquilles s’y rencontrent éparses confusément , tantôt entière-
168 Gcologie, N° 102 ment brisées , tantôt dans un état d'intégrité tel, que leurs par- ties les plus délicates sont conservées, On peut rapporter cette argile à la marne bleue de Brocchi, qui est l'assise la plus in- férieure de la formation tertiaire, et qui constitue presque toutes les collines conchylifères de la Romagne et de la Tos- cane.
2° Argile jaunâtre en strates puissantes, présentant des ca- ractères physiques et minéralogiques différens suivant la hau- teur à laquelle on l’observe. Brocchi l’a nommée sable calcaire ( sabbione calcareo). Elle repose partout sur la marne grise; souvent clles alternent ensemble. La ligne de séparation, un peu inclinée à l'horizon , est bien distincte, parce que ces deux argiles ne passent pas de l’une à l'autre par graduations inter- médiaires. L'auteur regarde ce second membre de la formation marine comme composé de 3 parties différentes qui passent in- sensiblement des unes aux autres. A. La partie la plus inférieure est d’un jaune clair, effervescente, sans mica ni silice. Les co- quilles , très-communes dans la marne grise précédente , com- mencent à devenir plus rares; c’est le genre Zerebratula qui prédomine ; épaisseur de do pieds. B. À mesure qu’on s'élève, de petits grains blancs quarzeux se mélent à la masse, aug- mentent de plus en plus et finissent par changer l'aspect du terrain, lequel passe à un véritable grès à ciment marneux. Les coquilles continuent à devenir plus rares; on y distingue en- core des Peignes et des Huîtres. Épaisseur, 20 pieds. L'auteur rapporte à cette seconde partie la péerre de Finale qui acquiert avec le temps assez de dureté pour servir aux constructions. Brocchi a considéré cette pierre comme un travertin, d’autres géologues l'ont rapportée à la formation du calcaire jurassique; mais ces deux opinions sont fausses. C. À mesure que le grès disparait, l'argile prend une couleur plus sombre; du jaune clair elle passe au jaune-orange presque rouge; il n’y a plus de co- quilles. Cette dernière partie acquiert en général une grande élévation; elle forme près le pays de Bastia des cimes élevées de plus de 300 pieds; son épaisseur égale au moins la moitié du dépôt d’argile jaune. On trouve à la surface des cailloux quarzeux, du silex et du jaspe, substances qu'on ne voit pas dans les montagnes environnantes.
3°. Le 3° membre de la formation sédimenteuse est un dépôt
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Geologie. 169 post-diluvien, c’est-à-dire produit sous l'influence des mêmes cau- ses qui agissent encore à la surface du globe. IF a pris surtout un grand développement dans la partie septentrionale du bassin près Cisano. Il consiste en une roche fragmentaire où poudingue à ciment marneux, dont les morceaux roulés sont ordinairement quarzeux et calcaires, d’un volume variant depuis celui d’une noisette jusqu'à celui du poing. À mesure que les morceaux quarzeux deviennent plus rares, les morceaux calcaires aug- mentent , et ils ressemblent au calcaire des montagnes voisines. Il s'élève à la base des deux montagnes de transition séparées par un bras du Centa, jusqu'à la hauteur de 200 pieds et plus, sur une tendue de mille environ. Il alterne inférieurment avec de petits bancs d’argile orangte, qui est la dernière et Punique partie du dépôt marin qui se soit prolongée jusque là, et il se dirige de l'E. à l'O., en inclinant légèrement vers la mer. On n’y à jamais rencontré de débris organiques. Il est à observer que la pierre de Finale ne présente plus de coquilles dans ses strates supérieures, et qu’elle passe peu-à-peu à un véritable poudingue composé de fragmens quarzeux, calcaires et argileux, ce qui démontre encore bien qu’on doit la rapporter à la partie supérieure des formations tertiaires.
L'auteur passe ensuite à l’énumération des fossiles qu'on rouve principalement dans le premier membre du terrain ter- tiaire, c’est-à-dire dans l’argile grise ou marne bleue de Broc- chi. Parmi les 174 espèces qu'il cite, il en est plusieurs nou- velles dont il donne les caractères spécifiques, Nous allons les reproduire ici.
Caryophytllia pilcus. Agostino Sasso. Turbinata, leviter com- pressa, extlerné strüts numerosis scabris, ad intervalla majo- rilus erosis exarata, basi attenuata lateraliter éncurva, apice sénuoso serrato, stella valdé concava, lamellis numcrosis ün- æqualibus tuberculatis in corpus centrale, alveolaturn, ellip- ticum cocuntibus. Parvient à la grandeur de 1 pouce à 1 p. 172, et le plus souvent est marquée de sillons circulaires qui indi- quent clairement les accroissemens successifs. Se trouve aussi
dans le Plaisantin.
Caryophyllia cuneata. Ag. Sasso. Valdé compressa ; cuneifor- mis cæterius costis remotis inæqualibus notata, basi brevi-acumt-
nala ad margines appendiculata erosa , apice regularé, stella
170 Geologie.
elongata concava, lamellis numerosis inæqualibus tuberculatis » corpore centrali nullo. Plus rare que la précédente et beaucoup plus grande, puisqu'on la trouve de 4 à 5 pouces, a beaucoup d’affinité avec la Turbinolia appendiculata de M. Brongniart,.
Limopsis. Ag. S. Cardo arcuatus, dentibus numerosis alterna- tèm insertis patum parietibus extrorsum declivibus cum foveola triangulari ligamentum excipiente.
Limopsis aurita, Ag. S. Arca aurita. Brocchi.
Nerita edentula. Ag. S. Testa solida lævi, maculis oblongis nigris confestim tragsversé picta, apertura utrinque nuda , labio lævigato in medio sdbsinuato. Dans les petits individus les taches sont disposées par zônes transversales au nombre de 4 bien distinctes ; dans les adultes elles occupent le fond de la coquille, sans conserver aucun ordre. Les lèvres sont dépourvues de stries ou dents , et la lèvre gauche est creusée jusqu’à la moitié du bord. Diamètre d’un tiers de pouce.
Natica raro-punctata. Ag. S. Testa subglobosa lœvi maculis atro-rufis latis atque remotis conspersa ; umbilico pervio.
N.— undata. Ag. S. Testa subglobosa ampla lœvi lineis longt- tudinalibus rufo-fuscis læviter undulatis picta ; umbilico amplo pervio.
Fusus crispatus. Ag. S. Testa fusiformi longitudinaliter cos- tata, sulcis transversis crebris obtusiusculis cauda elongata. Lon- gueur 1 pouce environ.
Triton apenninicum. Ag. S. Testa ovato-conica reticulata , tuberculis acuto-spinosis ad sectionum angulos , apertura ovali utrinque dentata, cauda brevt ascendente.
Rostellaria pes ardeæ. Ag. S. Testa turrita , anfractibus trans- versé striatis, medio carinato-tuberculatis labro palmato stricto ën tres digitos partito,digitis acutis divaricatis superius subarcuatis, extremo spiram longé excedente, canali baseos recto lineari inapendiculato.
Mitra flexuosa. Ag. S. Testa turrita subulata transversim striata , costellis longitudinalibus arcuato-flexuosis, anfractibu s marginatis, columella triplicata, cauda elongata. Longueur , deux tiers de pouce.
Les espèces déterminées par M. Agostino Sasso se retrouvent également au-delà des Apenrins et probablement aussi dans les autres parties septentrionales de l'Italie. Les espèces nou-
Géologie. 17 velles se trouvent vivantes dans l'Océan austral, ce qui confirme encore l'opinion des géologues qui pensent que la température de nos climats s'est abaissée graduellemgnt. De ce que l'on ren- contre la Citheræa ericinoides et le Parmophorus elongatus dans l'argile grise d’Albenga, coquilles qui passaient pour caracté- riser particulièrement les parties les plus anciennes du terrain tertiaire de la France, il faut en conclure, selon lauteur, que quelques espèces ne suffisent pas pour distinguer les diverses espèces de formations, comme quelques géognostes le préten-
dent; mais qu'il faut avoir égard à l’ensemble de tous les ca- ractères. TJ. GIRARDIN.
103. FRAGMENT D'UNE LETTRE pu PROr. CaTuLLo à M. Boué, de Berne. (Giornale sulle scienze et lettere delle provincie Venete; n° XC, 1828.)
"
Dans cette lettre, M. Catullo fait connaître la position géog- nostique de la Pierre verte ( sasso verde, des Italiens ), et la constitution du mont Peajo, dans le duché de Cadore. — Le mont Peajo est entièrement formé de calcaire alpin criblé de cavités assez grandes, dans lesquelles se trouve un minéral très- blanc, très-friable, d'aspect terreux, composé en grande partie d’alumine pure et probablement de magnésie. Ses couches sont très-relevées et paraissent comme déplacées de leur position primitive, si ce n’est qu'elles suivent tout-à-fait la direction de la roche schisteuse , dont M. Catullo ne peut en ce moment in- diquer Vâge, bien qu’elle lui paraisse contemporaine du Thon- schiefer des Alpes du Bellunais. Cette roche se laisse attaquer par l’acier ; elle développe une odeur argiléuse par lhaleine; elle est d’un gris bleuâtre ; elle offre des paillettes très-petites de mica, tantôt ternes, tantôt brillantes , et là où elle se divise elle offre la structure feuilletée. Les couches de calcaire de teinte obscure qui se voient au contact du schiste, ne présen- tent pas les cavités qu’on remarque dans les strates supérieures, et, ce qui est plus important, elles conservent leur compacité ordinaire, sans devenir marneuses. M. Catullo en conclut que les parties intégrantes des deux roches n'ont exercé les unes sur les autres aucune action mutuelle au moment de leur jonction, et qu'il est très-probable que le schiste était complètement refroidi alors que la mer apporta dans cette localité les maté-
172 Géologie.
riaux du premier calcaire secondaire. Ce licu est le seul. du duché de Cadore où l'on voie le calcaire reposer immédiate- ment sur le schiste argileux, plutôt que sur le grès rouge ( Rothe todte liegende ), ou sur la pierre de touche (Kieselschiefer), comme cela se remarque dans d’autres localités du Bellunais, — M. Catullo n’admet pas que les couches du mont Peajo aient été bouleversées par des éruptions volcaniques, l’obser- vation étant contraire à cette idée. Il lui paraît indubitable que les produits volcaniques de ce lieu sont du nombre de ceux qu'on regarde comme des coulées, qui proviennent des cra- tères placés au sommet ou sur tes flancs des monts plus élevés, et qui se sont ensuite répandues sur le plateau et sur la pente septentrionale de la montagne. Les roches qu’il regarde comme ignées appartiennent à deux formations différentes. La pre- mière, qui forme les crêtes qui couronnent la cime du Peajo, est un porphyre pyroxénique. La 2°, qui est adossée au flanc de léminence qui regarde le pays de Peajo , ne diffère en rien de la Pierre verte de l’Agordino et du Zoldiano décrite dans la Zoologie Jossile des provinces vénitiennes de Pauteur. — La couleur du porphyre est tantôt le gris obscur , tantôt le noir; sa pâte offre des lames minces de feldspath grisätreet de petites paillettes de mica noir très-brillantes; il est très-dur et fait feu sous le briquet. Dans quelques morceaux on ne voit pas aussi facilement le feldspath, et on dirait que ceux-ci, pour devenir Dolérite, ne demandaient qu'un peu plus de chaleur. Lorsque cette roche porphyrique était fluide, elle a pu envelopper des corps étrangers , comme des petits morceaux de quarz-agale , d’une forme anguleuse, substance qu’on peut considérer comme accessoire, et que l’on trouve aussi dans plusieurs autres roches du caractère de celle-ci, comme l’'Ophite, le Diorite granitoide, le Porphyre rouge antique. Cette roche couronne les sommités du Peajo et présente le même aspect que les cimes Dolomitiques du Tyrol. _ La Pierre verte, qui occupe le flanc nord de la montagne , a paru, d'après M. Catullo, après la solidification du porphyre, avec lequel elle se trouve en jonction latérale, sans que la coulée porphyrique ait pu la recouvrir. Celle-ci, comme il a été dit, s'étend sur tout le plateau calcaire, et elle se serait certainement répandue à la surface de la Pierre verte,
si elle eût paru après elle. Mais l'endroit où l’on peut mieux
Géologie. 173 juger de l'ancienneté relative du porphyre, est celui où les deux roches ignées se réunissent, et surtout au point où elles forment ensemble le sommet de la montagne. Là, la Pierre verte re- couvre de quelques pieds la surface du porphyre, et elle se serait certainement étendue de ce côté, si elle n’eût rencontré sur son flanc la vallée qui lui sert de lit, etoù elle a pu descen- dre sans trouver aucun obstacle. M. Catullo pense qu’on doit regarder cette roche comme une lave, et non comme une argile marneuse fortement endurcie, ainsi que l'appelle M. Boué. Il rappelle que Saussure a remarqué entre Breno et Rovere dans le Brescian une roche qui, sous plusieurs rapports, ressemble à la Pierre verte, et qui, comme celle-ci, coupe les couches d’un calcaire noir à la manière des Dikes volcaniques. Brocchi a également trouvé cette picrre en morceaux isolés sur la cime du mont Zudica en Sicile, et la regardée comme le #etschiefer des Allemands, auquel on rapporte le basalte vert égyptien, dont on voit beaucoup d'anciens monumens dans les musées de Rome. FE
104. MÉMOIRE SUR LA NATURE DU SOL DE LA MONTAGNE DE CASSF1, ( Nord ); par M. J. Desmirrer. ( Société des sci., agricull. et arts de Lille; 1825, p. 500.)
Ce mémoire à été imprimé dans la première partie de l’ou- vrage publié en 1828 par le même auteur, sous le nom de Topographie historique, physique , statistique et médicale de la ville et des environs de Cassel ( Lille, Vanackère père et fils ). —Le terrain de la montagne de Cassel, argileux dans quelques endroits, parait être généralement composé de couches sablon- neuses, horizontales ou régulièrement inclinées selon le plan du mont, blanches ou colorées en jaune ou en rouge-orangé, Quelques-unes sont mélangées de cailloux siliceux et de pierres friables d’un rouge brun-foncé, formées d’oxide de fer et d’un sable agglutiné ; d’autres sont parsemées de coquilles fossiles plus ou moins bien conservées. Des couches profondes enfin sont entièrement composées de coquilles marines, réunies en une masse grossière et parfois difficile à rompre. Ce terrain est de composition tertiaire. Un plateau sableux supérieur recou- vre évidemment un plateau de craie, dont les assises sont la plupart horizontales. Une couche dans plastique, onctueuse,
17 4 Géolog le,
tenace et renfermant de la silice, recouvre dans certains en- droits le plateau crayeux ; et cette argile renferme parfois de la pyrite rayonnée, Ainsi, le terrain de la montagne fait partie du terrain parisien, Les coquilles fossiles qu'on y a recueilliés sont semblables aux espèces que présente Montmartre près Paris. En examinant le pied de la montagne, du côté oriental surtout, on rencontre des coquilles nombreuses et intactes, pour ainsi dire, qui paraissent être des produits d’une formation marine récente; leurs analogues se trouvent vivantes dans la Manche.
G. De.
105. RECHERCHES GÉOLOGIQUES SUR LES ENVIRONS DE CASSEL, département du Nord, en France ; par LE MÈME; faisant par- tie de la ToPOGRAPHIE DE LA VILLE ET DES ENVIRONS DE Cassez. Un vol. in-8° de 396 p. avec 3 pl. Lille; Vanac- kère, père et fils.
C’est en 1825 que l’auteur communiqua à la Société savante de Lille son mémoire sur la nature du sol de la montagne de Cassel ( voyez l’article précédent ). Vers le même temps, M. Poirier de Saint-Brice, ingénieur des mines, envoya à cette So-- ciété un savant mémoire sur la nature des terrains de tout le département du Nord; ce mémoire fut couronné. Le résultat de ses observations s'accorde avec celui des recherches de M° Smyttère. Dans l’arrondissement d’Hazebrouck, comme dans le reste du département du Nord, les terrains primitifs et inter- médiaires n'existent pas; les terrains secondaires sont rares; les terrains d’alluvion se rencontrent plus fréquemment; et quand on arrive dans les environs de Cassel, on les voit prendre une grande épaisseur, et remplacer les terrains secondaires, dont on ne trouve plus au-delà la moindre trace à la surface du sol. — Terrains tertiaires. La formation des sables et grès sans coquilles est la seule appartenant à la classe des terrains ter- tiaires, qui existe dans le département du Nord. Eile s’y repré- sente d’une manière uniforme sur des points différens. On la remarque recouvrant tout le calcaire fétide et le schiste argi- leux, et toute la craie. Elle forme, sur ces deux formations, de grands dépôts entièrement isolés et indépendans les uns des autres, mais dont les parties correspondantes sont les mêmes,
4. *4
Geologie. 179 et ont toujours une disposition analogue, Ces dépôts de terrains tertiaires constituent quelquefois des collines assez élevées, ou bien elles remplissent de grandes excavations formées au milieu du terrain plus ancien qu'ils recouvrent,
Terrains d'alluvion. Le département du Nord présente sur toute sa superficie différens terrains d’alluvion ou de transport, qui tous se rapportent aux plus récens, rangés sous la déno- mination d’Alluvions modernes des plaines. Pour en donnerune idée, M. Poirier de Saint-Brice en fait trois divisions, établies d’après la disposition qui leur est propre, et la nature des ter- ains plus anciens qu’ils recouvrent.
- Ces divisions sont: 1° Terrain d’alluvion recouvrant par in- tervalle la formation du calcaire fétide et schiste argileux. Celui-ci n'existe pas dans l’arrondissement d'Hazebrouck. 2° Ter- rain d’alluvion, recouvrant par intervalle la formation de craie. Une partie de cet arrondissement en est couverte, Ce sont des couches d’argile , et au-dessous du sable plus ou moins pur, auquel succèdent encore quelquefois de nouvelles couches d'argile en partie sablonneuses. Son épaisseur va souvent jus- qu'à 12 et 15 mètres. Il est presque partout recouvert par un mètre d’une terre végétale très fertile. 3° Terrain d’alluvion continu, recouvrant la formation de craie. Ce dernier terrain commence dans l'arrondissement d'Hazebrouck, aux environs de Cassel, où il prend une très-grande épaisseur, et occupe au- delà toute la surface du sol, sans interruption jusqu’à la mer. La formation de la craie doit se prolonger au-dessous; mais elle ne se manifeste en aucun point de la superficie. Ce terrain se compose en majeure partie d’un sable quarzeux, dont les couches horizontales sont de diverses couleurs, et renferment assez fréquemment des cailloux roulés. Ce sable est d’ordinaire un peu mélangé d’argile à la surface ; il fait aussi place parfois à des dépôts argileux, qui ont, ainsi que le sable, une grande profondeur. — 11 existe sur quelques points, au milieu des couches de sable, un grès ferrugineux de .couleur brune, qui présente une sorte de stratification horizontale. Au mont Cassel on trouve, outre le grès, une autre roche arénacée, àgros grains, un véritable poudingue, dont le grès ferrugineux micacé est la pâte , et les noyaux sont des cailloux siliceux roulés, jaunes ou blanchâtres, parmi lesquels il en est plusieurs qui sont de quarz hyalin, gras et translucide. G. Dex,
170 Géologie.
106. DESCRIPTION MINÉRALOGIQUE DE L'ÎLE DE PARGAS; par M. Sokoror. { Gornoï Journal.— Journal des mines de Rus-
sie; m°a, 1825, p. 1.)
L'île de Pargas est située dans la Finlande, nouvellement ac- quise par la Russie, au S. 0. d'Abo, dont elle est éloignée de 30 verstes (7 lieues : )par terre, et de 1h par eau. Sa circon- férence est d'environ 2 milles et : de Suède, ou 25 verstes.
Elle se trouve à la place même où le golfe de Finlande se réu- nit à celui de Bothnie, et où la côte septentrionale du pre- mier, finissant de s'étendre de l'est à l’ouest, commence peu à peu à incliner vers le nord, Pargas est une de ces nombreuses îles qui forment les rives des deux golfes, et occupent une éten- due d'environ 150 verstes. Ce groupe d'îles s’appelle les Écueils Finois. Sa largeur est variable ; elle est en quelques endroits, par exemple vers le point où le groupé se réunit à l'Aland, de plus de 100 verstes {25 lieues.) Ces iles forment d’une manière visible la-prolongation immédiate des montagnes de Finlande, qu’elles rattachent à la chaîne des monts scandinaves. Ce sont les sommets très-élevés de ces montagnes sous-marines qui composent ce grand nombre d'îles, et leurs vallées, couvertes d’eau, forment ces petits détroits qui les séparent l’une de - l’autre. Le détroit d’Aland est la vallée principale entre deux hauteurs dominantes, dont l’une est formée par les Écueils Fin- nois, et l’autre par Aland, qui présente une réunion de beau- coup d'îles ressemblant à des rescifs. ji
La mer entre les îles a une profondeur diverse. Elle est rem- plie décueils, dont la plupart sortent entitrement de l’eau, d’autres sont seulement à fleur d’eau.
La hauteur de Pargas, à compter de la superficie du golfe, est de 10 sagènes (20 mètres) sur les côtes, et de 20 au milieu: ses bords sont escarpés. Le sol de l'ile est composé de terrains d’ancienne formation. Le granite y domine, ainsi que dans toutes les montagnes de la Finlande, Vers le milieu de l'ile on trouve deux rangs de buissons de plantes grimpantes; tous deux gissent surle granite et forment des éminences assez étendues, ayant l'apparence d’une coupole, et séparées par des vallées peu profondes. On n’apercoit plus en ces lieux ces traces de destruction qui frappent l'observateur dans toute l'étendue du
Géologie. 177 terrain, depuis Viborg jusqu'à Helsingfors. Elle est le seul ob- jet de distraction sur un chemin triste, à travers des sables ct des pierres. Depuis St-Pétersbourg jusqu'à la route de Fin- lande, le sol s'élève d’une manière perceptible. À peu de dis- tance de la capitale on aperçoit déjà des monts de sable, qui s'élèvent par degrés en raison du grand éloignement ; à 50 verstes de la ville 1ls paraissent assez élevés. Jusque là on n’a- vait vu que des sables, on commence alors à apercevoir de pe- tits cailloux, qui sont comme semés dans ces sables. Plus on avance , plus on en voit et plus leur grosseur augmente. Enfin les monts de sable disparaissent et, à leur place, apparaissent des montagres de granite, nues, lisses, et complètement cou- vertes de cailloux. Les cavités intermédiaires sont remplies de sable à une grande profondeur. On voit des amas de pierres (r), arrachées et arrondies, à la hauteur de 10 sagènes (20 mètres) et plus, puis de petites parcelles de pierre et de cailloux, en telle quantité que chaque vallon en est couvert: on ne trou- verait pas un espace de 5 sagènes carrés (ro mètres carrés ) où il n’y en eût pas, sans parler de celles qui sont enterrées dans le sable, et demeurent invisibles (2). Plus près de Viborg, les montagnes s'élèvent assez considérablement; des monceaux de pierres arrachées, semblables à des monticules, gissent en quan- tité, entassées diversement l’une sur l’autre, et laissent à peine une route étroite ct tortueuse pour le roulage. Dans l'étendue, entre Fridericsham et Helsingsfors, environ 300 verstes (75 Hi.)
(1) Une des plus énormes pierres de cette espèce est appelée la Xazak. Elle git au-delà de Viborg, au milieu d'une vaste plaine, comme un mo- nument élevé en l'honneur des merveilles de la nature. Les Finnois des environs font une fête autour de cette pierre, la nuit de [a St-Jean, Sur son sommet ils allament un grand bücher, et sur la plaine ils font les cé- rémonies de la fête.
(2) Les paysans purgent leurs champs de ces pierres et en font des murs. Après quelques années les mêmes champs sont de nouveau cou- verts de pierres, et les pauvres Finnois croieut qu'elles poussent comme des pommes de terre. La cause de cette singularité est, que les pierres en- terrées dans le sable, s'élèvent peu à peu par la force de l’eau, lorsqu'au printemps, et vers la fonte des neïigcs, elle pénètre la terre encore froide, s’écoule sous les pierres et y gèle de nouveau, comme sous des moteurs de chaleur (car l’eau se dilate en gelant). Cet effet a lieu facilement dans une terre mouvante et labourée.
B. Tome XVIII, 12
178 Géologie. N° 106 les montagnes s'élèvent par degrés. Au-delà de Helsingfors les amas de pierres détachées cessent ; les monts deviennent tout- à-fait unis, assez escarpés et hauts; mais tous leurs intervalles sont encombrés de sable, etils continnent ainsi à travers Abo, se prolongeant sur la côte du golfe de Bothnie. Les rochers com= posent la prolongation de ces montagnes ; l’île de Pargas leur ressemble et ne présente que des rocs nus, sur lesquels il n’y a ni monceaux, ni cailloux.
Le géologue observateur a devant lui le livre de la nature. II y voit comment s’est formé le sable et ce qui a donné naissance aux cailloux dont il est parsemé. — D'où viennent ces amas monstrueux , et quelle force a pu les réduire en sable ou les en- tasser si merveilleusement l’un sur l’autre ? Pourquoi ces amon- cellemens se trouvent-ils en quantité entre Viborg et Hel- singfors, et par quelle raison ne les voit-on pas de l’un ni de l'autre côté? En quoi consiste la cause de cette graduation d’ap- paritions qu'on rencontre en s’éloignant de Pétersbourg , et en pénétrant dans les montagnes de la Finlande? D'abord on s'en- fonce dans des abimes de sable, ensuite au milieu d’une im- mensité de cailloux ; plus loin, d'énormes blocs de pierre fer- ment le passage et menacent d’écraser le voyageur sous leur poids, et enfin il continue sa route près des rocs polis de gra- nite. — Dans les temps les plus reculés, lorsque la mer était plus haute que l'horizon actuel, et embrassait une étendue plus vaste qu'aujourd'hui, la Finlande et tous les terrains bas qui l'entourent, en composaient le fond. Les montagnes de la Fin- lande, bien plus basses que la chaîne de l'Oural, de l'Atlas et autres, restèrent encore long-temps sous l’eau, d’où celles-ci s’étaient déjà élevées. Défendues par l’eau, de l'inflüence de atmosphère, elies ont été préservées de destruction, Lors de l’abaissement de la mer, les montagnes de la Finlande commen cèrent à se découvrir. On aperçut d’abord les sommets, tandis que leur pied restait sous l’eau. Ces sommités soumises à l'in- fluence de l’atmosphère commencèrent à se détruire. En quoi consistait cette destruction, quelle fut sa marche et quelles en furent les suites? — La terre minérale se changea en argile, l'argile s’endurcit par le fluide atmosphérique, et de là com- mença un lien entre les autres parties des diverses espèces de montagnes, L'eau pénétrant dans leurs crevasses et gelant pen-
Geologie. 179 dant l'hiver, les fendit. Ce fut la cause de leur morcellement et de leur division en grands blocs. Du premier naquit le sable, et la seconde forma des masses de pierres de diverses grandeurs. La pesanteur s’unissant avec l’eau, de grands blocs furent arra- chés des montagnes, et suivant l’inclinaison du sol roulèrent dans les cavités et dans les vallées. Les petites pierres et le sa- ble restèrent sur le lieu de leur formation; ou, emportés par l'eau, tombèrent dans les cavités voisines, les remplirent et les comblèrent. Ces effets eurent lieu de diverses manières. Le sa- ble s’introduisit dans les tas et parmi les pierres, et sur le sable se jetèrent des monceaux et des pierres. Des amas de pierre se précipitèrent sur d’autres tas, à la fois, ou l’un après l’autre; ou bien se trouvèrent dans cette position, parce que le sable qui les séparait s’écoula avec le temps, étant entraîné par l’eau.
Ces amoncellemens eurent lieu, ou sur terre, ou au fond de la mer encore haute, qui, baissant continuellement, diminuait de profondeur de plus en plus, et enfin, lorsqu'elle se fut arré- tée dans ses bornes actuelles, de son sein apparut la Finlande avec les montagnes qui l’'environnent, ainsi que ses pierres , ses sables, ses lacs et ses marais. Les monceaux de pierres et le sable s’écroulèrent. Les premiers tombèrent sur le second qui se dissipa par l’eau. Les tas de pierres, couverts de sable, souffrirent peu, et soumis à l'influence de l’air s’écroulè- rent avec plus d’impétuosité. L’écroulement fut plus fort dans les angles et encoignures qu’à la superficie, et c’est ce qui donna à ces masses la figure ronde qu’elles ont aujourd’hui. Les plus petites parcelles, entrainées par l’eau, se frottèrent mutuelle- ment et s’arrondirent davantage; de cette manière sont pro- venus les cailloux. Pourquoi ces monceaux de pierre ne se trou- vent-ils qu'entre Viborg et Helsingfors, et nullement ailleurs, même dans les endroits où 1l y a des montagnes de granite? — Peut-être parce que le sol en cet endroit, où il présente les tra- ces d’une très-grande destruction, avait une grande hauteur ; en conséquence il a dû former beaucoup plus de débris, du grand nombre desquels une quantité s’est perdue, tandis qu’une autre s’est conservée. Sans doute l’escarpement des mon- tagnes, en cet endroit, aida à la pesanteur pour produire un plus grand effet, et des blocs de pierre purent se détacher en plus grande quantité que dans ces parties du sol où il consistait
12,
180 Géologie.
en montagnes polies, séparées par des vallons peu profonds. Entre Viborg et Helsingfors, les montagnes sont composées de granite brut et tendre, abondant en minéral, ct par cette raison moins durable; plus loin, vers Abo, elles se composent dun granite ferme, abondant en quartz, et moins sujet à la décom- position. La plus grande quantité des moindres parcelles en- traînées par les eaux, des hauts-lieux dans les bas-fonds, fut couverte par les masses, La destruction des monceaux de pierre continue aujourd'hui. On peut s'en convaincre à la vue des masses qui ont été arrachées, et faire des rapprochemens plus facilement que d’après la superficie des montagnes; puisque l'eau et Pair frappent de tous côtés sur les premières , et seule- ment d'en haut sur les secondes, Lorsque, dans quelques siècles, les montagnes de la Finlande seront débarrassées des monceaux de pierre qui les couvrent, la superficie du sol prendra une ap- parence égale partout.
Au centre de l’île on trouve un vaste terrain de pierre cal- caire, blanchâtre et éblouissante, tantôt en feuilles épaisses, dont on peut enlever des couches longues de quelques pieds, tantôt plus minces, semblables au marbre de Carrare. Dans ce terrain on voit cinq à six trous d'où l’on tire la pierre pour en faire de la chaux. On emploie la mine dans ce travail. La cir- conférence de cet endroit est très-étendue. Le sol de Pargas of- fre l'exemple le plus convaincant de l'espèce de celui que Wer- ner appelle de forme de mortier. I] n’est pas couvert par en haut, sice west par une terre sablonneuse, et, dans beaucoup d’en- droits, montre à nu ses blanches montagnes, qui de loin pa- raissent ètre autant de groupes de neige.
Il ya peu de sites dans le monde qui réunissent dans leurs branches une si grande diversité. Ses veines même, quoique re- présentant une formation plus tranquille et plus graduée dans limmensité des crevasses , offrent encore une différence bien plus grande que celle du sol lui-même. Iei le voyageur curieux est frappé de la diversité des genres rassemblés par la nature dans ce petit espace, €t récompensé de l’ennui de w’avoir ren— contré jusques là qu’un granite blanchi par le temps. La par- gasite noire ; blanche et verte, cristallisée, grenue ou rayon- nante, le spath bleu, le quartz résinite ou opale ; la s/ioude (verre minéral ) de la couleur du tomback, la condrodite, la scapolite,
Géologie, 181 le spath fusible, l'apatite, etc., sous diverses formes et diffé- rens mélanges, sont parsemés dans ce sol calcaire. La pargasite est plus commune que les autres. Les veines et les sinuosités qui se perdent dans le sol coûtent à l'observateur autant de peines qu'il a de ‘plaisir à contempler la superficie du terrain. Le scrutateur de la nature n’y descend qu'avec de grands dan- gers et beaucoup de difficultés, par des échelles; à la super- ficie il se promène sur un fonds de pierres. En bas, l'humidité pénètre le corps, et des vapeurs suffocantes oppressent la poi- trine : en haut, l'air est très-sec ct fort sain. Là , une lumière factice éclaire à peine, ici les rayons du soleil reflétés par la blancheur des murs donnent une clarté éblouissante. En bas, les minéraux sont épars dans la profondeur et l’espace; en haut, ils sont sur le même horizon comme les rayons d’un cabinet.
L'ile de Pargas offre au minéralogiste un vaste champ scien- üfique à parcourir; il y passera de longues journées et plu- sieurs semaines même; et à son départ il désirera y revenir pour l’étudicr encore. DE T,
107. RÉFLEXIONS SUR LES ALLUVIONS AURIFÈRES DE L'OURAL; par M. Sokoror. (Gornoi Journal. — Journal des Mines; dée, 1826, n° 12, p. 3-55).
Depuis l’époque (1819) où les alluvions aurifères de l'Oural ont fixé l'attention du gouvernement, et que le trésor de l’état s’est enrichi des cristaux et lingots d’or qui s’y rencontrent, les employés des mines s’obstinent à rejeter l’idée que la for- mation primitive des alluvions, ainsi que les mines et métaux qu'elles renferment, provient de la destruction des montagnes aurifères environnantes, et qu'elles ne sont que les débris de leurs étages supérieurs. Leur incrédulité s’est accrue lorsque dans les alluvions on à commencé à découvrir le platine et les autres métaux auxquels il est associé, et surtout lorsque derniè- rement on a trouvé dans la mine de Tsarévo-Alexandrof des masses d’un poids extraordinaire, et entr’autres une pépite d’or pesant 2/4 livres 69 zolotniks.
Si les alluvions aurifères de l'Oural proviennent de l'éboule ment des montagnes environnantes et des filons qu’elles renfer, maient, pourquoi ne rencontre-t-an jamais dans ces mêmes flous, pi ces cristaux d'oy réguliers ct massifs, ni ces psseng
182 Géologie. N° 107 morceaux de même métal qui se trouvent dans les alluvions ; pourquoi For que l’on en extrait est-il plus pur que celui que l'on tire des filons ; et pourquoi dans ces veines ne trouve-t-on ni le platine, ni les métaux qui l'accompagnent ? Telles sont les circonstances qui empêchent les employés des mines d'adopter l'opinion ci-dessus énoncée; telles sont les questions qu'ils font ordinairement aux géognostes.
Mais par quels autres moyens ces alluvions ont-elles done pu se former avec l'or, le platine et les autres métaux qu'elles recèlent, demande à son tour M. Sokolof? La raison qui doit tenter toutes les voies pour parvenir à découvrir la vérité, ne connaît que les moyens suivans qui soient conformes aux lois de la nature.
1° Ces alluvions ont pu être produites par des décomposi- tions chimiques dont les phénomènes se manifestent dans l’orga- nisation de la terre; cependant on n’y trouve aucun des indices qui pourraient leur faire douner cette origine. Tout, au con- - traire, atteste qu’elles se sont formées mécaniquement : car elles sont composées de débris anguleux de silex, de galets, de sableet d'argile, élémens qui prouvent par leur aspect qu’ils ont été arrachés des profondeurs terrestres par les seules forces de la nature; en un mot, la formation des alluvions par la destruction des montagnes est tellement évidente, que ne pas adhérer à cette vérité, c’est vouloir n’en reconnaître aucune.
2° Ces alluvions ont pu être apportées par les eaux des con- trées éloignées, comme l'Amérique, l'Afrique, les Indes. Mais plusieurs causes s'opposent à l'adoption de ce principe, parce que les alluvions, en parcourant des espaces aussi immenses, ont dû rencontrer des chaînes de montagnes et les profondeurs de la mer, dont les unes les auraient arrêtées à leurs pieds, et les autres les auraient englouties dans leur sein pour les déro- ber pendant des siècles à la connaissance des hommes. Cette opinion ne peut être recue parce que les morceaux considéra- bles d’or et d’autres minerais, qui se trouvent dans les allu- vions, n’ont pu, en raison de l’énormité de leur poids, être en- traînés par les eaux à travers ces mêmes espaces; et enfin parce que les alluvions de l'Oural renferment les mêmes sortes de mi- néraux qui constituent l'essence des montagnes environnantes, minéraux que l’on rencontre également dans les veines de l'Ou-
Géologie, 183
ral, Que l’on examine attentivement les alluvions aurifères des mines de Zlatooust, l'on y trouvera quantité de morceaux de la même couche de tale, dont se composent les montagnes de ces contrées, qui renferment les filons d’or; on y trouvera quan- tité de ce fer brunâtre, de forme cubique et dodécaèdre, con- tenu dans toutes les montagnes susnommées, dans toutes les veines des mines de Bérésof, et qui en forme le caractère dis- tinctif. Si l’on explique la possibilité de la formation par les éboulemens des montagnes en Amérique, en Afrique et dans les Indes, quel droit aurait-on de ne pas admettre la même cause de leur origine et de leur présence dans l'Oural, puisque les actes de la nature sont uniformes pour tout le globe ter- restre ?
« Nous accordons que l'essence principale des terrains d’al- luvion provient de cet éboulement des montagnes, disent les adversaires de M. Sokolof; mais l’or, mais Île platine et les mé- taux accompägnans qu'ils renferment, ont dù s’y former par d’autres voies. Ces métaux, disent-ils, ont pu y naître par une opération chimique qui en aurait précipité les parties des an- ciennes eaux de la mer dans les alluvions mêmes. »
Il ne faut que jeter les yeux sur la forme des paillettes d’or et des lingots extraits des alluvions pour éviter de s’adonner à de fausses suppositions, et pour n’y voir que des corps arra- chés par l’eau de leur séjour primitif, et entrainés par elle-même dans les alluvions. La surface usée et comme rivée de ces pail- lettes et de ces lingots atteste clairement l’action de cette force extérieure sur eux ; et le quartz ainsi que le fer noirâtre , dont ils sont chargés et qui caractérisent essentiellement les filons de l'Oural, ne laissent plus aucun doute sur leur formation dans ces mêmes filons. Il est vrai que ces compagnons sus-nommés de l'or se rencontrent rarement ; mais il suffit qu'il s’en rencontre, pour attribuer leur apparition à un principe commun. La fria- bilité du quartzet la facilité avec laquelle se casse le minerai de fer, attestent que cette apparition ne peut être que très-rare. Au nombre des cent soixante quatre lingots d'or qui se trou- vent dans le Muséum du corps des mines à St.-Pétersbourg, et qui composent ensemble plus de huit pouds, il y en a quatre où cinq qui contiennent une assez grande quantité de minerai de fer et de quartz; plusieurs, et entr’autres le fameux lingot
184 Géologie. N° 107 de 24 livres et 69 zolotniks, sont couverts presqu'entiérement d'une croûte de minerai de fer noirâtre. L'un d’entr'eux pré- sente un bloc où il entre plus de quartz que d'or.
Il est plusieurs personnes qui, bien d'accord sur tous les points, ne peuvent accorder la même origine aux morceaux compactes d’or, par la seule raison que l’on n'en rencontre point dans les filons des mines. Elles s’imaginent que ces mor- ceaux proviennent des paillettes d’or si abondantes dans les al- luvions, qui y auraient été fondues par l'action de je ne sais quel feu souterrain, cause qu'ils n’expliquent pas entièrement, mais dont ils donnent des raisons en dépit de toutes les lois de la physique et de la chimie,
Les phénomènes dont on vient de parler, une fois bien exa- mivés, ajoutcra-t-on, il est impossible d'admettre la forma- ton des cristaux d’or et des morceaux compactes du même métal dans les alluvions elles-mêmes ; mais il faut, ce semble, convenir qu'elles sont provenues de filons détruits par Fair et par l’eau. Mais pourquoi dans les filons qui, non seulement dans FOural, mais partout ailleurs, servent de gîte à l’or, ne rencon- tre-t-on jamais des morceaux compactes de ce métal? Pour- quoi les cristaux d’or s’y treuvent-ils plus fréquemment, mais seulement en petite quantité; et pourquoi, au contraire, ne découvre-t-on presque jamais dans les alluvions des lingots semblables à ceux des filons ?
Il est facile de répondre à ces questions : toutes les veines aurifères ne sont que les parties inférieures (les queues ) de celles dont les étages supérieurs sont détruits: le peu de pro- fondeur des filons de lOural n’est proportionnée, ni à leur étendue, mi à leur épaisseur; et la grande quantité des alluvions aurifères situées dans leurs environs, qui contiennent des dé- bris des mêmes minéraux dont se composent les veines et les montagnes susdites, servent de preuve convaincante de la jus- tesse de cette opinion. L'expérience a démontré que les parties inféricures des veines ne ressemblent point aux supérieures; elles s’en distinguent par la pauvreté de leurs élémens, et sou- vent même par la quantité des minéraux qu'elles renferment, Si donc le haut des veines primitives est plus riche en or que Jes queues, et si lui seul contient de l'or cristallisé et des mor- ceaux compastes du même métal, il est inutile de pousser plus join la discussion.
Géologie. 189
Mais pourquoi l'or extrait des alluvions de l'Oural estil d'une qualité supérieure à celle de l'or que l'on tire des veines ? Trois causes peuvent servir d'explication à ce phénomène assezextraor- dinaire, D'abord, il peut provenir de ce que les veines qui ser- vent de racines à l'or renfermé dans les alluvions, se trouvaient dans leurs parties supérieures déjà détruites, et de ce côté beaucoup plus riches que dans leurs extrémités. Secondement, peut-être parce que la partie considérable de cet or pur, prove nant de la destruction de la montagne mère, a augmenté toute la quantité de ce métal contenu dans les alluvions, Enfin lon peut attribuer le titre supérieur de l'or à l'action de lacide hy- dro-chlorique de la mer, qui en couvrant ces masses, à produit cet effet, que la plus grande partie d’entr’elles s’est formée dans ces temps reculés où le pied des monts Ourals constituait le fond de l'Océan. Tout le monde sait que l'argent et le cuivre composent l’alliage de lor: M. Davy a prouvé, par nombre d'expériences, que le cuivre s’était précipité dans les eaux de la mer : ainsi donc si l'on se représente l'or mélangé, enseveli dans la mer pendant plusieurs siècles, il est facile de concevoir que cet or doit être plus pur, étant débarrassé du cuivre avec lequel il se trouvait combiné. De semblables effets ont pu être produits par l'acide sulfurique , qui se sera manifeste lors de la destruction des blocs primitifs renfermés dans les alluvions à l'époque où la surface de l'Oural s’est desséchée. Cette action doit même , selon toute apparence, se prolonger jusqu’à pré- sent, car la cause sus-mentionnée de la formation de l'acide sulfurique n’a point encore cessé.
On connait le moyen employé par les orfèvres pour hausser Ja couleur des objets qu'ils confectionnent. Ils les font bouillir dans un composé épais d’antimoine, de sel de cuisine et de sal- pêtre; ce procédé tend, à ce qu’il paraît, à faire combiner l’a- cide sulfurique de l’antimoine avec les alcalis du nitre et du sel commun. Les acides nitrique et hydro-chlorique, en se sépa- rant, dilatent le cuivre qui constitue presqu’uniquement l’al- liage de l'or fabriqué, s’il s’y en trouve quelques parties, et g'est ainsi que l’on parvient à élever le titre du métal sur la su- perficie la plus mince des okjets en er. Tel est, prétend M, So- kolof, l'action que produit la nature sur For des mines, mais seulement par d'autres moyens, Que l'on admette maintonans
186 Géologie. N° 107 que l’action de ces moyens artificiels soit de longue durée, et l'on conviendra que la hausse du titre d’or s'opérera , sinon sur toute la masse, du moins sur les couches superficielles d’une épaisseur assez considérable. Pourquoi ce phénomène ne se se- rait-il pas réalisé sur l'or des alluvions exposé pendant une lon- gue suite de siècles, tantôt à l’action de l'acide sulfurique, tan- tôt à celle de l'acide hydro-chlorique ? Il serait curieux de ten- ter cette expérience sur quelques-uns des gros lingots, et de s'assurer si la partie de leur masse qui se rapproche le plus de la surface, deviendrait d'un titre supérieur à la masse inté- rieure : si l'expérience démontrait l'évidence de cette vérité, la théorie que l’on vient de présenter ici sur la cause de la richesse de l’or des alluvions, n'aurait plus à redouter d’adversaires.
Comment expliquer la présence du platine et de liridium dans le sol d’alluvion ? Tant que l’on ne découvrira point ces métaux dans les veines de l’Oural ou dans les masses minérales de ces montagnes , la science ne pourra pas résoudre ce problème d’une manière satisfaisante. La présence du platine dans la mine d'argent de Guadalcanal dans l’'Estramadoure, reconnue par Vauquelin, peut donner à penser qu'il se trouvera égale- ment dans les autres mines qui renferment de l'or. La mine aiguil- lée, située dans les veines de Bérézof, et composée, d’après l’a- nalyse chimique qui en à été faite par Iohn, de bismuth, de plomb , de cuivre, de nickel, de tellure et de soufre , contient peut-être également du platine et les métaux accompagnans qui auront échappé aux observations de ce chimiste : jusqu’à pré- sent l’on ne saurait rien dire de positif sur leur présence dans les mines de l’Oural; mais quand bien-même elle resterait tou- jours problématique, la théorie de la formation des alluvions anciennes, et de l’or qu’elles renferment, n’en demeurerait pas moins vraie et conforme à toutes les lois de la physique et de la chimie.
Maintenant il s’agit de résoudre les questions suivantes : 1 ) Pourquoi connaît-on encore si peu de veines auriféres dans l'Ou- ral, bien que la plus grande partie de sa surface soit couverte d'alluvions ; et peut-on espérer d'en découvrir de nouvelles, qui méritent la peine d'étre exploitées ?
En comparant la faible quantité d’or que l’on retire des veines de l’Oural, tant de celles de Bérésof que de celles de Néviansk,
Géologie, 187 avec la masse du méme métal que l’on extrait aujourd’hui sur un espace bien plus considérable, il est vrai, des alluvions au- rifères, on est obligé de convenir que le nombre des veines de l'Oural est effectivement peu considérable, relativement à la mul- titude des alluvions, et que l'espérance d’en découvrir de nou- velles est au moins fort douteuse.
Les seules mines de Bérésof renferment cinquante veines presque parallèles, épaisses de trois, dix et vingt sagènes sur deux verstes et demie de long, et qui occupent un espace d’en- viron quatre-vingt-dix verstes carrées. On connait en outre, au-delà, dans les domaines de la Couronne, plusieurs veines dont les unes ont été exploitées , et les autres soumises seule- ment à de légères investigations, de telle sorte que tout l’arron- dissement sud-est d'Iékaterinbourg, qui s'étend jusqu’à la chaîne méme de l’Oural et renferme dans sa circonscription les mines du Bérésof, présente une surface d'exploitation d'environ 2,000 verstes carrées.
M. Sokolof établit quatre systèmes d’alluvions aurifères dans lOural. Le 1° renfermant, à l'Est de cette montagne, les mines d’Iékaterinbourg, de Verkh-Josetsky, de Schaïtan et de Syssertsk; à l'Ouest celles de Bilimbaïef et de Rewdin, est celui d’Iékate- rinbourg, et la quantité des alluvions aurifères qu’il contient sur un espace d'environ six milles verstes, surpasse de bien peu celle des veines que l’on y connaît.
Le second système se compose du plateau situé au nord d’Ié- katerinbourg et sur lequel se trouvent les mines de Névianski et de Niiné-Taguilksy, auxquelles il est également convenable de joindre les alluvions des mines de Goroblagodat, appartenant à la Couronne. Tout ce système est disposé le long de la rivière de Taguil et séparé du premier par une hauteur qui établit une ligne de démarcation entre le cours des eaux; car FIsset coule au Sud-Est, tandis que le Taguil se dirige vers le Nord-Est. Ce système porte le nom de Goroblagodat. Les alluvions qui en dépendent n’ont point de racine apparente proportionnée à leur immensité. On n’en connaît que des ramifications dans les veines de Néviansk et les fouilles de Schouralin.
Le troisième système se trouve dans les terres dépendantes des mines de Bogostof. Ce sont les faibles traces de sa racine qui constituent les filons découverts dans l'arrondissement de ces mines.
188 Géologie. N° 107
Le quatrième système enfin est celui de Miassk, dans lequel il faut comprendre, à ce qu'il paraît, les alluvions de Miassk et les mines particuliéres de Kischtimsky , de Kaslin, et de Verkh- né-Oufaleisk. Quelques indices de sa racine composent les vei- nes auriféres qui ont été découvertes dans les environs de la mine de Miassk, et plus loin est la source de la rivière Ouia ; de même dansle voisinage dés mines de Soukhoviasky et d'Ou- faleisk.
On voit évidemment par là que lenombre des veines aurifères de l’Oural n’est pas aussi peu considérable qu'il le paraît, com- parativement à la grande étendue de l’espace occupé par les al- luvions. Si le premier système n’est pas le plus vaste, il est du moins, selon toute apparence, le plus riche en alluvions, et ne présente aucunement cette disproportion:et bien qu’elle se mon- tre dans les autres systèmes, il existe cependant dans tous des traces qui peuvent en faire découvrir la véritable racine.
On peut en tirer cette seconde conséquence, que l'espérance de découvrir de nouvelles veines aurifères ne promet pas partout les mêmes chances de succès ;mais qu’elle doit croître en raison de la disproportion sus-mentionnée, ou, pour parler plus claire- ment, dans lesarrondissémens de l'Oural, abondans en alluvions, mais où l’on connaît peu deveines; elle est bien plus fondée encore dans ceux où l'on n’en connaît point du tout. Ainsi les terres des mines de Bogostof, de Goroblagodat, de Nijnétaguil, de Kis- chtinski et de Zlatooust doivent exciter bien davantage l'envie de les exploiter,que celles d’Iékaterinbourg, de Verkh-Issetsk , de Syssertsk, de Bilimbaiïef et de Néviansk.
Peut-être objectera-t-on que les alluvions des arrondissemens, dans lesquels il se trouve peu ou point de veines, y ont été ap- portées par les eaux, de contrées fort éloignées de l'Oural, dans lesquelles ces alluvions ont leur racine , et que ce serait un soin inutile que de chercher à découvrir des veines aurifères dans des lieux où elles n’ont jamais existé. Il suffira, pour répondre à cette objection tant sur les alluvions même que sur les hau- teurs qui séparent les masses minérales del'Oural, des systèmes de mines établis dans cet article et des réflexions suivantes:
Les alluvions des différens arroudissemens pourraientelles, en pareil cas, être ausei disparatos entr’elles, et evoir tant d’inala- gie avec Îles masses minérales des districts où ils s0 trouvent,
Géologie. 189 que l’on peut facilement reconnaître de quels arrondissemens ont été extraits les corps qui les composent? Comment, par exemple, les alluvions appartenant au système d'Iékaterinbourg pourraient-elles passer dans les territoires de Néviansk et de Taguil, lorsque la nature a établi une barrière si forte entr’eux qu’elle force les rivières à couler en sens opposé ?
2° question : Peut-on espérer découvrir des veines qui égalent en richesses les alluvions déjà connues ?
Il importe avant tout de déterminer ce qui peut servir de proportion à la véritable richesse des lieux qui renferment les métaux à exploiter : ce n’est certainement point le volame plus ou moins grand des lingots, mais bien le contenu moyen des parties métalliques, si ce n'est dans la masse entière, du moins dans les parties principales. Dans ce sens, on con- naît fort peu de riches mines d’alluvions. La mine de Tsarévo-Alexandrof elle-même, si fameuse par la grosseur de ses grains d’or, ne mérite point ce nom, car la masse moyenne d’or qu'elle contient sur cent pouds de terrain ex- ploité n’est communément que de cinq à six zolotniks; la plus grande partie des alluvions de l’Oural n’en donne guère que x, 2et au plus 3 sur le même volume de mine, On en exploite même un grand nombre dont on ne retire qu'un demi zolotnik d’une pareille masse. L'on connaît, au contraire, passablement de filons aussi riches dans l’Oural. Tous ceux qui sont mainte - nant exploités où qui l'ont été précédemment ont produit ou produisent encore trois zolotniks. Quelques filons des mines de Bérésof ont rapporté jusqu'à à + zolotniks : ceux de Néviansk en rapportent quatre maintenant, d’où il suit que l’on a connu antérieurement, et que l’on connaît encore aujourd’hui des veines aussi riches à proportion que les plus riches alluvions, et que l’on ne doit point désespérer d’en découvrir encore : tandis que si l’on considère la magnificence qu'ont étalée dans ces derniers temps plusieurs des alluvions de l'Oural, qui ont donné des glèbes d’or d’une et de plusieurs livres pesant, il ne faut point s'attendre à en découvrir d'aussi riches; car, dans l'Amérique même , qui, jusqu'ici, avait passé pour la patrie des lingots les plus riches et les plus volumineux, on n’en a jamais tiré de semblables des entrailles de la terre.
3° question : Ne serait-il pas avantageux d'exploiter les masses minérales des montagnes elles-mêmes, afin d'y découvrir de l'or ?
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Jamais, et dans aucune contrée, on n’a retiré de l’or des mas- ses minérales des montagnes; on l’a toujours et partout extrait soit des filons, soit des alluvions. Il est vrai que plusieurs cir- constances ont prouvé que les élémens des veines métallifères avaient suivi, pour se former, les mêmes voies que les plateaux métallifères et les masses minérales des montagnes, c’est-à-dire provenaient de la précipitation des substances des eaux de l’an- cienne mer; et ceci pourrait faire supposer que l'or et tous les métaux contenus dans les veines, le sont également dans les pla- teaux et dans la masse minérale des montagnes. Quoique lex- périence ait prouvé cette vérité, et que la théorie de l’origine des filons en ait tiré ses raisonnemens les mieux assis, cette méme expérience n'en atteste pas moins que tous les métaux rares de la nature sont renfermés principalement et quelques- uns même exclusivement dans les veines. En parlant de l'or, il est impossible de nier sa présence dans les masses minérales des montagnes, témoins plusieurs glèbes de Diabase, trouvées dans les alluvions des mines de Goroblagodat; et cependant il faut convenir que la recherche de ce métal dans les montagnes ne promet pas beaucoup de chances de succès.
4° question : Les alluvions composent-elles une source sufft- sante d’or, et pendant combien de temps espére-t-on en retirer ce précieux métal?
M. Sokolof suppose que le plateau occupé par les montagnes aurifères de Bérésof soit de 90 verstes carrées, compte rond, et que ces montagnes ne se soient annuellement affaissées que d’un 8° de pouce. Depuis 7333 ans que le globe terrestre existe, cet af- faissement présentera un résultat de 916 pouces ou 76 pieds. La masse de terre occupée par ces montagnes doit composer un volume de 247,500,000 de sagènes cubiques. En supposant que le poids spécifique des alluvions soit de 2 à 5, ce qui est fort près de la vérité, la sagène cubique pesera 1500 pouds. En mul- tipliant par ce nombre les 247,500,000 sagènes cubiques ci-des- sus mentionnées, on obtiendra le poids total de 371,250,000,000 pouds. Qu'on admette maintenant que les alluvions aurifères qui sont exploitées, et doivent leur origine à l’écroulement des montagnes circonscrites dans l'arrondissement des mines de Bérésof, forment le — de cette énorme masse; le rapport entre le nombre des veines de Bérésof et l’espace qui les renferme,
mnt tete
Géologie. 101 en supposant chaque veine longue de deux verstes et épaisses de dix sagènes, permet d'établir la supposition que la quan- tité des alluvions aurifères susdites, constitue une masse de 18,562,500,000 pouds. En 1825, cet espace des montagnes de l’'Oural a fourni à l'hôtel des monnaies de St-Pétersbourg 237 pouds, 17 livres, 22 zolotniks, 48 gros d’or; mais comme il yen a dans ce nombre quelques livres qui ont été extraites des vei- nes, que l’on prenne le compte rond de 230 pouds. En admet- tant que toutes les alluvions actuellement en exploitation dans l'Oural, aient fourni 1+ zolotnik, terme moyen et effectivement réel, on verra que la masse qui a été exploitée dans cette année constitue un volume de 58,880,000 pouds. Que l’on se figure maintenant que toute cette quantité n’a été extraite que dans cette partie de l'Oural dont les alluvions ont pour racine les veines des mines de Bérésof, et dont on peut évaluer l'étendue à 400 verstes carrées; il est évident que si toutes les années on exploite un aussi grand nombre d’alluvions, cette partie de l’Oural pour- ra fournir de l'or pendant plus de 315 ans encore; dans le cas, bien entendu, où les alluvions contiendraient les élémens qui en ferontconsidérer l’exploitation comme avantageuse : mais comme cela n'est point ct ne peut point être, on fera la supposition que sur cinq alluvions aurifères, une seule mérite seulement de fixer l'attention des mineurs, leur exploitation pourra encore durer environ 65 ans.
Qu'on se rappelle encore que cette immense quantité d’allu- vions exploitée en 1825, n’est pas seulement disséminée sur l’es- pace de 400 verstes carrées précité, mais bien sur l’espace en- tier de l’Oural, dont la longueur, depuis la mine de Miask jus- qu'à celle de Bogoslof est d'environ 600 verstes, et la largeur est à l'est de 60, et à l’ouest de 30, de sorte que le total général de ceite surface s'élève à 36,000 verstes carrées.
Afin de résoudre une supposition aussi difficile que celle qui vient d’être présentée, diminuons les données sur lesquelles re- posent les avantages que l’on peut retirer de l'exploitation des alluvions de lOural; ou plutôt que l’on réduise leur masse gé- nérale dans tout l'Oural à 5, 10, 15 et même 20 fois moindre que de fait; dans cette hypothèse même, les alluvions de ces pré- cieuses montagnes promettent encore à la Russie pour 1190, 595, 396 ou au moins pour 297 ans. Outre cela, les richesses de
192 Géologie.
l'Oural ne se bornent pas à l’espace de la surface des mines dont on vient de parler; au-delà des forges de Bogoslof, dans les terres appartenant au chambellan Vsévolojsky, on a dé- couvert des alluvions dont l'exploitation doit offrir les plus heu- reux résultats; et dès aujourd’hui même la superficie des terres propres aux mines d'or dans l'Oural, surpasse mille verstes, Qui peut répondre que la nature n’a pas accordé la même source de richesse à la partie septentrionale de l'Oural, et que tôt ou tard l'homme ne trouvera point le moyen de surmonter les obstacles qu’elle semble leur avoir opposés pour leur interdire l'accès de cette contrée sauvage qui paraît condamnée à un oubli éternel, L’extremité méridionale de ces montagnes donne aussi les plus grandes espérances sous ce rapport, tant parce que les plus ri- ches alluvions de Miask font supposer que leur racine se pro- longe fort avant vers le sud, que parce que ‘cette partie de la chaîne de l’Oural se trouvant sous un climat bien plus favora- ble, cet dans des contrées bien plus peuplées, présente plus de facilités pour l'exploitation de lor. A.J.
108. PFLANZENVERSTEINERUNGEN, €te, — Sur les plantes fossiles du grès à bâtir de Stuttgart; par G. F. Jarcer. In-/4° de 40 pp., avec 8 pl. lithogr.; prix, 6 fr. Stuttgart; Metzler.
Ces fossiles se trouvent dans lekeuper, quioffre aussirarement deslits de mauvaise houille. Ils existent surtout dansles grès grisä- tres, et se trouvent depuis Sulz à Tubingue autour de Stuttgart, a Marbach et entre Ilsfeld et Heïilbronn, à 909, 11 ou 1200 ou même 17 à 1800 pp. au-dessus de la mer. L’auteurindique dans le keuper une assise de grès blanc quarzeux et quelquefois à par- ties feldspathiques. À Waldenbuch, on y a vudes fragmens d’os et des rognons de silex rouge, et des traces de cuivre carbonaté. Il y a des calamites dans le grès rouge de cette formation, que l'auteur figure sur les planches 1 à 4 ; il y décrit au long divers arundinacées, leurs nœuds, etc. Il pense pouvoir distinguer un Calamites arenaceus major et minor, et appuie ses descriptions de 3, figures de différentes parties de ces fossiles. Il décrit en- suite une Marantoidea arenacea de Heilbroun. Cette impression, voisine du Pzyllites scitamineæformis Stern., est de la même fa- mille ou du même genre que certaines impressions de Stones- field, Un 3° fossile porte le nom d'Osmundites pectinatus, et est
Géologie. 193 voisin du Polypodiolites pectiniformis de Sternberg, quoiqu'il soit d’un genre différent. Un 4° fossile est l'#spidioides stutt- gardiensis, voisin du Félicites aquilinus de Schloth. I décrit plus loin un Æilicites dubius de Heïlbroun, un Onocteites lanceolatus d'Essling, un Confervoides arenaceus d'Hsfeld, et il soupçonne avoir trouvé aussi des racines de fougères ou de Nymphæa , et des restes de végétaux arborescens ferrugineux. Il donne les ca- ractères des 8 fossiles en latin; des phrases si courtes ne peuvent suppléer à la figure, ainsi chaque géologue doit avoir à la main éet opuscule intéressant, Tous ces fossiles sont monocotylédons à l'exception du Zithoxylon arenaceum. H pense que ces plantes ont du rapport avec celles qui végètent au bord des lacs d’eau douce où des marais, et il penche pour croire qu'elles ont été enfouies par une débâcle d’eau douce. Les ouvriers prétendent qu'on a trouvé à plusieurs reprises des crapauds vivans dans le grès. Il termine par l’annonce de la découverte d’ossemens d’un reptile dans le même grès, il lui donne le nom de Phytosaurus comme se nourrissant probablement de végétaux, et il compte continuer la description des reptiles fossiles du Wurtemberg.
109. Essar D'UNE FLORE pu GRÈès BiGarré; par M. Adolphe BroncnrarT. { 4nanal. des sc.natur.; déc. 1828, pag. 435.)
M. A. Brongniart a déjà fait remarquer dans ses Considéra- tions sur les changemens successifs de la végétation du globe, (voyez Bulletin d'avril 1829, p. 1), que le dépôt du grès bi- garré répondait à une période pendant laquelle la végétation de la surface terrestre présentait des caractères particuliers, propres à la distinguer de celle du terrain houiller qui l'a pré- cédée, et de celle qui l’a suivie, et dont les restes sont envelop- pés dans le keuper ou les marnes irisées. L'espace de temps pendant lequel cette végétation croissait sur la terre, constitue sa seconde période de végétation. Les plantes qui composent la ilore de cette époque, ctant encore toutes inédites, il est im- portant, pour qu'on puisse saisir les caractères essentiels de cette végétation, de les faire connaître avec quelques détails. Tous les fossiles de cette période que M. Brougniart a vus, pro- viennent des carrières de grès de diverses parties des Vosges; le nombre des espèces bien déterminées, trouvées jusqu'à pré- sent dans ce terrain, est de vingt. L'auteur donne des descrip-
B. Tome XVIII, 13
2 ,
194 Géologie. :
tions succinctes de toutes ces plantes, en y joignant des figures des plus remarquables d’entre elles. Ce sont, parmi les Équisé- tacées, trois espèces du genre Calamites; parmi les fougères, une espèce du genre Anomopteris, deux du genre Mevropteris , deux du genre $phenopteris, et une du genre Æïlicites. Dans la famille des Conifères, qui paraît pour la première fois dans ce terrain, cinq espèces d’un nouveau genre, que l'auteur distingue par le nom de Foltzia, en l'honneur du savant auquel on doit la connaissance de la flore de cette époque; parmi les Liliacées , deux espèces d’un genre nouveau nommé Convallarites ; et en- fin trois autres plantes, qui paraissent appartenir encore à la grande classe des monocotylédons, sans qu'on puisse déterminer avec quelque probabilité la famille dont elles devaient faire partie; elles diffèrent assez des plantes connues, pour que M. Brongniart croie pouvoir en faire trois genres distincts, sous les noms d'OEtophyllum, de Palæoxyris, et d'Echinostachys.
G. DE.
110. PIERRE MÉTÉORIQUE TOMBÉE DANS L'INDE. ( Edinb. Journal of scienc. ; juillet, 1828, p. 172.)
Cet aérolithe tomba le 27 février 1827, dans le district d’A- zim Gerh, à peu près à à milles du village de Mhow, à 3 heures de Faprès-midi, par un temps clair et parfaitement serein. Il fut accompagné d’un bruit semblable au roulement de pièces de canon. Quatre ou cinq fragmens furent trouvés à 4 ou 5 milles; un d’entr’eux brisa un arbre et un autre tua un homme. Les gros morceaux pesaient trois livres. Cet acrolithe est parfaite- ment semblable à ceux quitombèrent près d’Allahabad en 1802, et près Mooradabad en 1808. Sa densité est de 3,5. 11 contient du nickel et du chrôme.
111. PIERRES MÉTÉORIQUES TOMBÉES PRÈS DE BALOSTOCK EN RuS- SIE. ( /bidem ; p. 172.)
/
Le 8 octobre 1827, une masse de pierres tomba d’un gros nuage noir, accompagnée d’un bruit comme un feu roulant de mousqueterie. La chüte eut lieu entre 9 et 10 heures du matin. Quatre pierres seulement furent trouvées; la plus grosse pesait
. quatre livres, et la plus petite trois quarts de livre G. Der.
et D.
Géologie. 19
112. TREMBLEMENS DE TERRE À KomarOM en Hongrie; par Mi- cnaer Hozeczy. ( T'udomanyos Gyiijtemény , 1824), n° v, p. 56-61.)
Le tremblement de terre du 28 juin 1763 a détruit un grand nombre d’édifices de la ville de Komärom, entr'autres plusieurs églises avec leurs clochers. Celui du 11 avril 1983 a achevé la destruction de la forteresse de Komärom, qui avait déjà beau- coup souffert de la catastrophe précédente. Il y en eut un aussi le 22 sept. et le 28 nov. 1806. Ensuite, le 21 janvier 1819; mais l’année 1822 fut surtout remarquable par les nombreux tremblemens de terre qui paraissent caractériser cette contrée, On en observa de plus ou moins violens les jours suivans : le 26 janvier, les 6, 18, 19, 22, 23, 24, 26, 27, 28 février, les 1°° et 3 mars, les 8 et 23 avril, les 3 et 22 mai,le 29 juin, les tr, 15, 22 et 25 juillet, les 9, 12, 21,22 et 25 août, le 13 sept. le 5 nov., et enfin le 24 déc.
113. DATES EXACTES DES TREMBLEMENS DE TERRE DES ANTILLES, communiquées, en 1926, à l’Académie des sciences par M. MoREAU DE JONNES.
7 janvier, à 7 heures du matin, deux secousses, dont la der- nière a été très-violente.
2 mai, à minuit 35', une secousse très-longue et assez forte.
12 août, à 5 heures du matin, une secousse unique mais singulièrement prolongée,
Ces tremblemens de terre, qui se sont fait sentir dans le cours de 1826 à la Martinique, à la Guadeloupe, et très-vraisembla- blement dans toute la chaîne des Antilles, n’ont causé aucun accident notable, Mais leur souvenir et leur date précise sont dignes’ d'intérêt, parce qu'ils peuvent servir à déterminer, en les réunissant à d’autres observations du même genre, l’éten- due, la direction et la rapidité de ces phénomènes géologiques, dont l’histoire laisse encore tant à désirer.
114. TREMBLEMENS DE TERRE,
Trazre. — Le 2 mai 1827, à 49° du matin, on a ressenti à Trente la plus forte secousse de tremblement de terre que l'on y ait éprouvée de mémoire d'homme. Elle n’a heureusement causé
23
196 Géologie. N°ir14 aucun dommage. (Journ. de Savoie; 4 mai 1827, p. 338.)
Le 8 de juillet dernier, on a ressenti à Palerme trois secous- ses de tremblement de terre, qui, heureusement, n'ont causé aucun dommage. ( Zbid. ; 3 août 1827, p. 629.)
Le 7 avril, on a ressenti à Forli une légère secousse de trem- blement de terre. Le 11 du même mois, sur les 11 heures du soir, on à éprouvé une semblable secousse tout à la fois à Ve- nise, à Bologne et à Florence. ( Zbid. ; 26 avril 1828, p. 504.)
ANTILLES. — Un tremblement de terre s'est fait sentir à la Martinique, le 3 juin 1827, à 2 heures du matin: il n’en est point résulte d’accidens. Une sécheresse désastreuse, qui durait depuis plusieurs mois, a cessé à l’époque de ce phénomène , et des pluies abondantes ont commencé à tomber; mais les récul- tes étaient déjà presqu'entièrement perdues; depuis un temps immémorial, il n’y avait point eu d'exemple aux Antilles d’une période de 66 jours sans aucune pluie. La quantité d’eau qui tombe ordinairement dans les îles de cet archipel pendant les mois d'avril et de mai excède celle que les campagnes de la France recoivent pendant l’année entière. (Revue Encyclop. ;
oct. 1527, p.211. )
Suisse. — On mande de Zurich : Le 15 décembre 1856 , au soir, vers 3 heurés et demie, un tremblement de terre assez fort s’est fait sentir ici et dans nos environs, ainsi que sur les deux rives du lac, à Winterthur, etc. La secousse à paru être dans la direction du N.-E. Dans les appartemens, le craque- ment des murs a été plus ou moins fort, et le mouvement des meubles plus ou moins sensible; les oiseaux ont volligé avec ef- froi dans leurs cages. Plusieurs personnes s'étaient déjà aper- cues d’une secousse plus faible entre 7 et 8 heures, etil yen a eu encore une troisième aujourd'hui, vers 4 heures du matin.” (Moniteur ; 3 janv. 1827.)
France. — À Mortagne, le 2 de janvier, on a ressenti une vio- lente secousse qui, heureusement, n’a duré qu’une seconde, sans quoi la ville entière aurait pu être bouleversée; des carreaux de vitre ontéte cassés, les vases et les verres placés sur les tables ont été renversés, les habitans dansaient sur leurs chaises, des portes et des fenêtres ont été ouvertes. A la Mule sur Sarthe, à 5 lieues de Mortagne, trois cheminées ont été renversées et la couver- ture d’une maison arrachée. La commotion s’est fait sentir à Alençon, On à remarqué que ce jour-là le ciel était sombre,
Géologie. 107 le temps lourd et orageux , on éprouvait, dit-on , une certaine pesanteur qui n’est pas ordinaire. (Constétut., 10 janvier 1827).
ALLEMAGNE. — On mande de Stuttgard : Dans la matinée du 29 janvier 1828, on ressentit à Ohnastetten, bailliage d'U- rach , une forte secousse de tremblement de terre dont la direc- tion était de l’ouest à l'est. Cette secousse se fit aussi sentir, € avec non moins de violence, dans la vallée de Honaur, bailliage de Reutlingen. Un bruit sourd souterrain accompagna ce mou- vement, qui dura deux secondes, et ébranla les habitations. Le baromètre marquait alors 27 p. 7 1.; il descendit aussitôt de 3 1. Les Alpes, sur le penchant septentrional desquelles Ohnastetten est situé, à 2700 pieds au-dessus du niveau de la mer, furent toute la matinée enveloppées d’un épais brouillard ; la température se tint tout ce temps de 2 à 3 degrés au-dessus du point de congellation. ( 4/gem. Konst en Letter - Bode ; 22 fev. 1828.)
BecciquE. _— De violentes secousses de tremblement de terre se sont fait sentir le 23 février 1828, dans les provinces méri- dionales du royaume des Pays-Bas. On les a éprouvées le méme jour à Louvain dès 7 h. 3/4; à Tirlemont, Waterloo, Loddigue, Namur, Liège, Maestricht, Huy, etc., de 8 à 9 heures, accom- pagnées du même bruit. Dans plusieurs endroits elles ont ren- versé des cheminées , détaché des croisées; il y a partout des murs lézardés, des glaces et porcelaines brisées. ( Nouv. Journ. de Paris ; 28 févr. 1828.)
Ces secousses se sont étendues non-seulement à quelques par-
ties septentrionales de ces provinces, mais encore dans les dé- partemens francais de la Meuse , de la Moselle et du Nord. A Commercy, on en ressentit deux dans la direction du sud au nord. À Longuyon, on n’en éprouva qu'une seule, mais elle fut très-forte. De semblables secousses ont eu licu à Avesnes et à Dunkerque. Indépendamment de ces secousses, on en avait déjà éprouvé de légères à Beek près de Nimègue ; et à cette occasion le baromètre se tint à 28,95 pouces , mesure anglaise , le ther- momètre de Fahrenheit à 32°, et l'hygromètre de Deluc à 32° d'humidité par un vent du sud et un air sec. Les mêmes sc- cousses s'étaient fait sentir à Middlebourg, et surtout à Fles- singues. (4lgem. Konst en Letter-Bode ; 14 mai 1828.)
Le tremblement de terre de la Belgique s'est fait ressentir à
Tervueren et à Stokkel, où le dégât s’est borné à des volets
198 Geologie. N° 114 sortis de leurs gonds; à Glabbock, où l’on évalue à 5oo florins les réparations à faire à l’église dont les murs ont été lézardés à cinq ou six endroits différens. Des paysans de Seneffe en Hes- baye, trois lieues de Liège, sont sortis précipitamment d'une grange où ils travaillaient, et ont vu la terre s’entrouvrir.
Les églises de Sclayen, route de Huy à Namur et Andenne, étaient pleines de fidèles qui assistaient à l'office divin. Ces édi- fices ont paru s’ébranler avee un bruit souterrain qui a jeté l’ef- froi parmi les assistans et les a mis en fuite, non sans un grand désordre, dans lequel plusieurs ont été renversés et foulés aux pieds. — Il en a été de même à Tongres (Limbourg }, où la grande croix de la tour a été si considérablement agitée que l’are d’oscillation , décrit par son extrémité extérieure, avait au moins trois ou-quatre pieds de développement. Tous les ha-. bitans sont sortis de leurs maisons, où s’entendait le craquement des poutres, l’entrechoquement de la batterie de cuisine , le tin- tement des sonnettes; on prétend même y avoir entendu la cloche de l'horloge de Saint-Jean sonner trois coups.
A Vezin, sur la rive gauche de la Meuse , un vent impétueux, qui s’est élevé au moment de la secousse , a renversé un homme; un mur s’y est fendu de bas en haut; un plafond s’est affaissé, —- Il y a eu également de fortes ondulations à Hasselt, S. Trondherve, Henry-la-Chapelle et à Venlo, à Longuyon (Mo- selle ), et à Commercy. On ne dit rien de Spa, Stavelot et Mal- medy ; Verviers et les provinces septentrionales paraissent avoir été à labri du tremblement; à Bruges, quelques personnes prétendaient l'avoir ressenti; la multitude n’a ajouté foi à leur rapport qu'à la lecture des journaux de Bruxelles du 23, Il parait même qu’il s’est prolongé jusqu’en France, car voici ce qu'on lit dans le journal de Valenciennes.
« Voici un événement qui fera époque dans les Annales du dé- partement du Nord. Un tremblement de terre s’est fait sentir à Avesnes, samedi dernier 23 février, à huit heures du matin. La secousse, qui n’a duré qu’un instant, était néanmoins assez forte. Les vitres des maisons ont été ébranlées ; plusieurs per- sonnes ont cru éprouver un étourdissement; celles qui étaient couchées ont ressenti un mouvement bien marqué, l’une d'elles s’est levée pleine de frayeur. On a remarqué qu’une montre sus- pendue contre un mur avait une oscillation trop précipitée.
,
Géologie. 109 Tous les baromètres étaient à tempête. On croit communément que le mouvement a eu lieu de l’est à l’ouest. »
Enfin on écrit de Naples, au commencement de ce mois : « Une violente secousse de tremblement de terre, avec un mou- vement d'ondulation successif, qui s’est fait ressentir à onze heures du matin, le 2 de ee mois , dans une commune appelée Camicciola , de l'ile d’Ischia ( dans le golfe de Naples), y a fait des dégâts horribles. Cette secousse a duré 4 secondes. Une partie des édifices publics et des maisons s’écroulèrent jusque dans leurs fondemens , et une autre partie, par le dommage qu’elles ont éprouvé, menacent ruine, Le nombre des individus ensevelis sous les ruines s'élève à 29, dont 19 ont été extraits jusqu'ici des ruines; mais le nombre des blessés est encore plus considérable. La population , dans sa consternation, a d’abord pris la fuite dans les campagnes. » ( Nouv. Journal de Paris ; 1° mars 1828.)
Le 3 décembre, vers six heures du soir, on a éprouvé un nouveau tremblement de terre dans les environs de Liège. Ce phénomène s’est fait ressentir particulièrement à Spa, Verviers, Stavelot, Aix-la-Chapelle , Liège, etc. Plusieurs habitations ont été endommagées ; il paraît qu’on a ressenti deux secousses successives qui n’ont duré que quelques secondes ; la dernière a été accompagnée d’un bruit sourd semblable àune détonnation souterraine. Le mouvement semble avoir été vertical. Une cir- constance particulière a accompagné ce phénomène et mérite d’être rapportée; c’est que le baromètre était fort élevé, tandis que le contraire a eu lieu d’une manière très-prononcée lors du tremblement de terre, le 23 février dernier ( voyez p. 185 de ce volume). Je regrette qu'on n'ait pas donné d’une manière précise la hauteur du mercure à Liège, lors des dernières se- cousses ; elle était à Bruxelles, vers neuf heures du matin, à o",7741; et, la veille du tremblement de février dernier, à 0",7377. Le 21 mars de cette année, vers trois heures de l'après midi, le baromètre a été un peu plus bas encore, et le lendemain matin des secousses se sont fait ressentir dans les en- virôns de Wavre,comme nous l'avons aussi annoncé à cette épo- que (voyez p. 203). { Correspondance mathémat. et phys., de Bruxelles; Tom. 4°, p. 400, 1828.)
1 , 200 Géologie. 110. TREMPLEMENS DE TERRE EN ÎTALIE.
La nuit du 8 au 9 octob. 1828, sur les 3 heures et un quart, on à éprouvé à Turin une secousse de tremblement de terre qui à duré près de 30 secondes. Il y à en deux secousses bien distinctes, assez fortes pour réveiller beaucoup de monde, Les elochettes ont sonné dans les appartemens, et plusieurs pendules se sont arrêtées. Sur les collines voisines, les secousses ont été beaucoup plus fortes, et plusieurs habitans sont sortis de leur maison dans la crainte d'être écrasés. Dans la ville, on a entendu hurler les chiens dans les rues. Heureusement il n’est rien arrivé de fàächeux. (Journal de Savoie ; 18 oct. 1828.)
Ibid, oct. 1828. — Les nouvelles des différentes provinces sont rassurantes relativement aux cffets du tremblement de terre que l’on a éprouvé généralement partout ces jours der- niers. On n’a pas à déplorer la perte d’une seule personne, ni aucun accident fâcheux.
Malheureusement, des nouvelles postérieuresapprennent qu'à Voghère et dans les environs, le tremblement a fait beaucoup de mal : plusieurs personnes ont péri sous les décombres de maisons qui s'écroulaient, et un grand nombre ont été griève- ment blessées. (Zbid.)
On à ressenti à Turin, dans la nuit du 9 au 10, vers les 2 heures du matin, deux nouvelles secousses de tremblement de terre, dans l’espace d’une demi-heure, mais plus légères toutes les deux que celles de la nuit précédente; de sorte qu’elles n'ont pas causé le moindre dommage.
Les secousses du 9 se sont fait sentir à Verccil, à Asti et dans les environs à-peu-près à la même heure. Il paraît que le phé- nomène a eu un degré d'intensité beaucoup plus fort au-delà du Po, c’est-à-dire sur la droite du fleuve, que sur la gauche. Plusieurs personnes assurent avoir vu un météore igné un mO- ment avant la première secousse. À Gênes, le 9, vers les 10 heures ct demi du soir, on a éprouvé une légère secousse, qui a été suivie sur les 3 heures ct demie après minuit, d’une autre très forte qui a occasioné beaucoup de dégâts et laissé les ha- bitans dans une grande crainte pour la nuit suivante. On à aperçu encore un nouveau mouvement dans la matinée, (7bid.)
Ibidem, 25 octobre 1828, — Dans la province de Voghère
Géologie. 201 on à éprouvé, jusqu'au 17, une suite de secousses plus légères que celle du 9. On continuait à entendre un bruit souterrain dans les vallées voisines. La vallée de Staffora présentera 1dng- temps les traces des désastres que le tremblement de terre y a causés. Le village de Saint-Paul sur Godiusco a été entièrement renversé; plusieurs personnes ont péri sous les ruines, ct un grand nombre sont grièvement blessées. (Zbid., 1°° nov. 1828.)
Gênes, le 9 octobre 1828. — Cette nuit, après une légère secousse de tremblement de terre qui s’est fait sentir vers les dix heures du soir, mais qui fut inaperçue pour le plus grand nombre, une plus forte vint ébranler toute cette cité pendant plus de 30 secondes ; les oscillations, accompagnées d’un horri- ble fracas, nous ont jetés dans une terreur affreuse, qu'aug- mentait encore l’obseurité de la nuit; il était alors trois heures et onze minutes. Une grande partie de la population, éplorée et à demi vêtue, fut portée hors des murs, dans les places et les jardins , et y a attendu la clarté du jour pour rentrer dans les maisons. — Une 3° secousse s’est fait sentir de 8 heures à 8 h. ct demie du matin; enfin on espère que la crise est passée, et que le sol restera en repos. Un grand nombre de maisons sont lézardées du haut en bas, et entre autres le palais ducal, dont la belle salle, qui passe pour une des plus belles de l'Europe, est fendue dans toute sa hauteur; un grand nombre de chemi- nées, des fractions de tourelles qui ornent nos églises , des pans de mur et le clocher de Saint-Pierre d’Arena se sont écroulés. Toutefois, personne n’a péri; mais l’on attend impatiemment des nouvelles des environs; car il semble qu'au couchant la se- cousse doit avoir été encore plus terrible. (Journal des débats, 20 octobre 1828.)
— Je 9 octobre, à 3 heures 10 minutes du matin, on à res- senti à Marseille une secousse de tremblement de terre qui a duré quelques secondes. La secousse et le craquement des meu- bles ont réveillé plusieurs personnes; mais on n’a pu détermi- ner la direction des ondulations. ( Courrier francais; 18 octobre 1828 , p. 3.)
1106, TREMRLEMENS DE TERRE EN ESPAGNE.
Dans la nuit du 14 au 15 du mois de septembre 1828, la ville de Murcie et quelques autres communes de cette province,
202 Géologie.
ont éprouvé une secousse de tremblement de terre qui a occa- sioné de grands désastres, surtout à Lorca, à Orihuela et à Tor- r@vicja, où les bâtimens des fabriques de sel ont été considéra- blement endommagés ( Gaceta de Bayonu ; 30 octob. 1828.)
Des secousses de tremblement de terre continuent à se faire sentir à Torrevieja et à la Mata, et cependant les habitans de ces malheureuses villes viennent d’être obligés d'y rentrer au
risque d’être ensevelis sous les décombres de leurs habitations. R: paraît que dans les champs où ils avaient fui, en emportant leurs objets les plus précieux , des misérablés qui ne respectent aucune espèce de malheurs, sont accourus, attirés par l'espoir d'un pillage facile, et sont devenus pour ces infortunés plus re- doutables encore que le fléau qui leur avait fait prendre la fuite. (Moniteur univ.; 20 oct. 1828, p. 160b.)
Les tremblemens de terre continuent toujours dans le port de Torrevieja; dans le courant de janvier il y a eu quatre ébran- lemens successifs en un seul jour. Ce fléau finira probable- ment comme autrefois dans la saison des chaleurs, ( Gaceta de Bayona ; 30 janv. 1829.)
117. SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE LONDRES.
Séance du 20 juin 1828. — On lit un mémoire sur la géolo- gie de Bundelcund, Boghelcund, et les districts de Saugor et Jabalpoor dans la partie centrale de l’Inde, par le cap. James Franklin, de l’armée du Bengale. Voy. le Bulletin de juillet, p- 29, où il a été rendu compte du voyage de ce naturaliste, et . des résultats de ses travaux. — On lit ensuite l'extrait d’une lettre de Samuel Hobson au D° Roget, datée de la Nouvelle- Orléans le 6 avril 1827, et renfermant des détails sur la décou- verte d’ossemens gigantesques par Samuel Logan. Cette lettre ne dit pas dans quel lieu on les a trouvés. Suivant le D° Logan, ils consistent en un os du cräne, quinze ou vingt vertèbres, deux côtes entières et une portion d’une troisième , un fémur et deux os de la jambe. L’os du crâne avait vingt pieds et quel- ques pouces dans sa plus grande longueur, et environ quatre pieds de large, il pesait douze cents livres. Le D° Logan est porté à croire que c’est un temporal. Les vertèbres, composées du corps et des apophyses transverses et épineuses, ont pour moyen diamètre seize pouces ; le corps a douze pouces d’épais-
Geologie, 203 seur, et le canal pour le cordon médullaire offre neuf pouces sur six. Les apophyses épineuses ont quatorze pouces de lon- gueur dans les vertèbres dorsales, et un peu moins dans les lombaires. Les côtes, qui sont très-bien conservées, ont envi- ron trois pouces d'épaisseur. Le fémur, mesuré dans sa lon- gueur, donne seulement un pied six pouces, mais il est très- épais. On croit que l’animal auquel ont appartenu ces ossemens était amphibie, et peut-être de la famille des crocodiles. 11 pouvait avoir, lorsqu'il était vivant, vingt-cinq pieds de circon- férence et environ cent trente pieds de longueur. — On lit une lettre du duc de Buckingham au professeur Buckland , datée de Naples le 3 avril, et donnant des détails sur certains phéno- mènes qui ont suivi la dernière éruption du Vésuve. L'auteur prétend que la solfatarre ne fut aucunement affectée par cette éruption.
Séances des 7 et 21 nov. 1828. On lit un Mémoire sur la géo- logie de Nice, par M. de la Bêche. L'auteur, après avoir décrit Ja position de Nice, entre dans quelques détails sur le diluvium ct les couches de ses environs. Le diluvium prend générale- ment la forme de brèche ; il est répandu d’une manière irrégu- lière ou remplit des excavations. La plupart des fragmens qu'il contient répondent, par leur nature minéralogique, aux roches sur lesquelles ils reposent ; quelques-uns sont roulés et parais- sent avoir été transportés d'une distance éloignée. Les fossiles que l’on trouve sous cette brèche semblent avoir été déposés par une mer tranquille, dont le niveau était de plusieurs pieds plus élevé que celui de la Méditerranée. Pour se rendre compte de cette difficulté, quelques auteurs ont imaginé que cette mer a baissé subitement, en forcant le passage à travers le détroit de Gibraltar; mais cette supposition ne parait pas très-probable à l’auteur. Les roches tertiaires composées de sa- ble, de grès, d’un conglomérat de cailloux roulés , de diverses natures, de marne à coquilles etmarnes grises, et de brèche cal- caire , occupent un espace étendu à l’ouest et au nord-ouest de Nice. Les roches secondaires consistent en deux grandes for-
_mations : la supérieure.est un composé de parties siliceuses, ar- gileuses et calcaires, intimement mélées, mais en proportions très-variables ; quelques-uns des lits abondent en grains verts, circonstance qui, jointe à la nature de leurs fossiles, a conduit
204 Géologie.
l’auteur à ranger la formation à laquelle ils appartiennent avec le sable vert de l'Angleterre. Cependant les Nummulites que l’on trouve dans le sable vert de cette contrée, abondent dans les environs de Nice. Les couches sont très-tourmentées et con- tournées, de telle sorte qu'un observateur peu attentif pourrait croire qu’elles sont inférieures à des roches sur lesquelles elles reposent en réalité. Au-dessous du sable vert vient une forma- tion que l’auteur rapporte au calcaire du Jura ou à loolite. Sous les rapports minéralogiques, elle est très-différente des terrains de l'Angleterre qu’elle représente; ses membres princi- paux sont des calcaires compactes, avec silex, dolomie et gypse. La dolomie et le calcaire compacte sont intimement liés; mais les rapports de ces deux lits avec le gypse sont moins évidens. A Sospello, le gypse présente abondamment des petits cristaux de dolomie ou de carbonate de magnésie; mais ces deux substances se rencontrent dans un trop grand nombre de for- mations pour pouvoir être considérées comme caractéristiques. Les couches auxquelles le calcaire compacte, la dolomie et le gypse de Nice sont les plus analogues, sont celles du Tyrol, de la Carinthie, de la Styrie et du nord de l'Italie. L'auteur admet la théorie de M. de Buch, relativement à la dolomisation du cal- caire ordinaire par le moyen des laves pyroxéniques.l La ren- contre de la dolomie et du gypse dans ce que l’auteur considère comme la formation oolitique , et l'impossibilité de reconnaître dans cette formation, aux environs de Nice, aucune des roches individuelles dont elle se compose en Angleterre, sont de nou- velles preuves du danger de juger de la nature de grandes éten- dues de terrains, d’après les règles déduites de l'étude de lieux détachés.
Séances des 5 et 16 décembre. On lit un mémoire de MM. Lyell et Murchison sur le creusement des vallées expliqué par les roches volcaniques de la France centrale. Nous rendrons compte âvec détail, dans un de nos prochains numéros, de cet important mémoire, qui vient d’être livré à l'impression.
Séance du 2 janvier 1829. On lit une lettre adressée à M. Murchison, secrét. de la Soc., par G. W. Featherstonehaugh sur la série des roches des États-Unis, M. Eaton à publié dans le Journal des Sciences de Silliman un synopsis des roches de l’A- mérique du nord ; l’auteur de la lettre établit son opinion , que
Histoire naturelle générale, 205 les roches de l'Amérique qui paraïitraient, d’après le tableau de M. Faton, se succéder dans un ordre tout-à-fait incompatible avec celui qui a été observé dans les îles britanniques, suivent réellement un ordre tout-à-fait semblable, Voici cet ordre, sui- vant M. Featherstonhaugh : le diluvium , le basalte, les Coa/ Measures de l'Angleterre (3° grauwacke de M. Eaton); le cal- caire carbonifère, le Lower Limestone Shale; le vicux grès rouge, semblable à celui de Monmouth, la grauwacke schisteuse, le calcaire de transition avec encrinites, madrépores, coraux, trilobites, productus, spirifères, etc.; le schiste coticule et le schiste alumineux; le schiste argileux, le calcaire primitif, le schiste talqueux, le micaschiste , le granite.
On lit une lettre adressée au docteur Fitton , président de la Société géologique, par Samuel Woodward, concernant quelques fossiles remarquables trouvés près de Cromer, dans le Norfolk.
D
HISTOIRE NATURELLE GÉNÉRALE.
118. DES SYSTÈMES ETIDES MÉTHODES EN HISTOIRE NATURELLE ; Par J. E. Bicmeo. { 7ransact. of the Rinnean Society of London ; 4 € "n Lu vol. XV°, part. 2, p. 479.)
L'auteur fait observer combien il est important de se choisir une bonne méthode d'histoire naturelle, puisque de là, sou- vent, résultent les vues vraies ou fausses qu’on se fait des rap- ports naturels des objets entre eux, et du plus où moins de so- lidité des hypothèses qu’en tirent des esprits aventureux.
Déjà M. Roscoe avait traité des avantages comparatifs que la botanique peut recevoir d’un arrangement systématique artifi- ciel ou d'une classification naturelle. (Transact. linnéen., Tom. XI, p. 50), etil avait donné la préférence à l’admirable tra- vail de Jussieu sur le système sexuel de Linné; M. Robert Brown adopte aussi fortement l’ordre naturel, quoique per- sonne n'oublie les immenses services rendus à la science par l’il- lustre naturaliste suédois. Sans doute une méthode artificielle peut faire plus vite trouver une espèce, d’après certains carac- tères, mais il s’agit d'attribuer une disposition conforme aux rapports les plus naturels aux diverses formes des genres voisins,
206 Histoire naturelle générale.
par exemple pour classer les Rosa, les Rubus, les Saxifra- ga, ete., il y a des passages imperceptibles qu'il faut savoir éva- luer dans l'habitude générale des individus, chose impossible à décrire, mais que le vrai naturaliste aperçoit du premier coup- d'œil, et qu'aucune Flore ne peut faire connaître si l'on n’a pas pratiqué la botanique, Et de plus, combien d'êtres ambigus qu'on peut tout aussi bien ranger sous tel genre, que sous tel autre voisin , dans les familles les plus homogènes ?
Les plantes cultivées comme les céréales et autres espèces nourricières ont-elles conservé d’ailleurs leur véritable type na- turel? Combien de fleurs trompeuses déguisent sous la forme de leurs vêtemens la bassesse de leur extraction!
Beaucoup d’autres remarques montrent la difculté d'établir des genres fixes sous un caractère immuable et com#un. De là l'incertitude et le vague qui font aujourd’hui découper si ar- bitrairement des séries végétales et animales au gré des natu- ralistes. Car la généralisation n'est qu’une abstraction. De plus, . si la méthode est un fil d’Ariadne dans le labyrinthe , comme on le dit, aujourd’hui ce labyrinthe est bien autrement compliqué en tous sens qu'autrefois. Linné voulait que les genres fussent dans la nature, et selon lui les ordres naturels expriment la na- ture des êtres, tandis que les distributions artificielles ne ser- vent que pour leur diagnose; mais à force de créer des subdivi- sions, l’on embiouille la science.
Il faut avouer cependant que, pour atteindre les classifica- tions naturelles , il fallait rassembler d’abord artificiellement plusieurs masses, pour les comparer mieux ensuite.
M. Bicheno n’approuve pas les subdivisions variables et nom- breuses faites par plusieurs naturalistes français, comme dans les familles naturelles du règne animal, de M. Latreille, en ce qu’elles empêchent la fixité des idées et déroutent sans cesse, en sorte que l’étude de la nomenclature devient plus laborieuse que celle des objets, et que, comme dit Bacon, c’est aux livres à donner la science et non à la science à donner des livres.
En résumé, ce mémoire critique sur les classifications n’en montre que les inconvéniens, sans étendre beaucoup les vues sur ce sujet. Re Le
119. NOTICES DIVERSES RELATIVES À L'HISTOIRE NATURELLE ; Pal EF. Boié, ( sis ; Tom. XX, n° 8 et 9, 1827, p. 726.)
Histoire naturelle générale. 207
L'auteur donne quelques extraits d’un manuscrit inédit con- serve à la bibliothèque du jardin botanique de Copenhague, et intitulé : Déarium Surinamicum , quod sub itinere exotico con- scripsit Daniel Rozanper. Parmi plusieurs autres faits relatifs à la zoologie , ce voyageur parle aussi d’un Reptile Batracien dont la peau sécrète une humeur phosphorescente pendant Ja nuit, C'est la Rana thyphonia L. (Seba Thesaur., XL. p. 114, pl. 7 1,/.3,4 ). I a observé le phénomène à différentes reprises ; l'humeur phosphorescente est un peu épaisse, laiteuse, inodore, etsans âcreté. Rolander assure aussi avoir observé que la Myzala avicularia prend de petits oiseaux dont elle fait sa nourriture, fait que plusieurs naturalistes modernes ont mis en doute. Enfin il attribue aussi aux Larves de Cousins la propriété de purifier l'eau de pluie que les habitans de Surinam recueillent dans des réservoirs pour leur usage. Rolander décrit deux espèces de Cousins qu'il rapporte aux Culex pipicus et pertinax. M. de Humboldt a fait connaître le premier, qu'il y a parmi, les Dip- tères incommodes de l'Amérique, quelques espèces de vérita- bles Cousins; l'observation de Rolander, quoique antérieure, vient confirmer ce fait.
L'Actora æstuum Meigen ( Tetanops æstuum Wiedemann }, espèce de Diptère découverte par M. Boié , a été trouvée par
Jui dans la mer du Nord , sur le sable blanc des bords des îles de Syltet de Fanoë, Le vol rapide de cet insecte et tous ses mou- vemens sont fort semblables à ceux de la Cicindela hybrida et de plusieurs autres espèces de ce genre. L. G. L.
120. DIE VERSAMMLUNG DER DEUTSCHEN NATURFORSCHER UND ÆRZ2TE 1N BERLIN , 1M J. 1828. — Réunion des naturalistes et médecins allemands à Berlin, en 1828. 58 p. in-16. Leip- zig, 1828; Brockhaus.
C'est un amateur, mais un amateur en état de juger les hommes et les choses, qui, après avoir assisté à la réunion des savans d'Allemagne, qui eut lieu à Berlin, au mois de septembre dernier, publia une petite revue critique de tout ce qui s’est
* passé à ce congrès scientifique, unique dans son genre, et très- louable dans son but, parce qu’il met dans des rapports plus intimes des savans répandus sur une grande surface de terrain, et qui sentent le besoin de se connaitre et de se parler, K,
. La . 208 Minéralogie. LE
121. PENSÉES ET OPSERVATIONS SUR PLUSIEURS OBJETS très-Cu— rieux et importans qui se rencontrent sur les côtes de Portu- gal et au fond de la mer; par Jose Joachim Soarez DE Branco. ( Memor. de Mathem. e Physica da Acad. real das Sciencias de Lisboa; Tom. HT, 2° part., pag. 73 ).
L'auteur parle d'abord de plusieurs Algues, et de différens animaux inférieurs qu’on rencontre sur les côtes de Portugal, et notamment près Coimbre ; pnis il recommande à ses com- patriotes une Algue saccharifère et l'Ulva Lactuca comme ali- mens dans les temps de disette. Le mémoire est terminé par des remarques sur le Taret, dans lesquelles nous n’avons rien
trouvé d’un intérêt général. L. G. L. F MINÉRALOGIE.
199. Carrciswus per MINERALOGIE , ete. — Catéchisme de Mi- néralogie à l'usage des commencans et des amateurs de cette science; par J. H. Gorssez. Tom. II, in-8°, de 470 p. Leipzig, 1826; Baumgærtner.
123. À PRACTICAL TREATISE ON THE USE OF THE BLOW-PIPE. — Traité pratique sur l'usage du chalumeau dans les, analyses chimiques et minérales; comprenant un arrangement systé- matique des minéraux simples; par Joux Gnirrin. In-12, de 308 p. Londres, 1827 ; Bumpus.
124. LenrnBucx DER MiNERALOGIE. — Manuel de minéralogie ; par le D°C.F. Naumaxw, prof. à l’école des mines de Frey- berg. Petitin-8° de xvr et 641 p. avec un atlas de 26 pl.; prix, 3 thal. Berlin 1828; Rücker.( A//gem. Lier. Zeitung; dé- cembre 1828, supplém. 1113).
Le prof. Naumann, qui enseigne avec le prof. Breithaupt la minéralogie à Freyberg, à la place de Mohs, est connu très- avantageusement par ses Mémoires sur la Norvége, son Essai de Cristallographie , et sa Lithurgique. Le nouvel ouvrage qu'il vient de publier, et que l’on peut considérer comme un véri- table service rendu à l’enseignement, fait partie d’une encyclo-
Mineralogie. 209 pédie des sciences naturelles, entreprise par lui de concert avec les docteurs Reichenbach et Thicnemann. Voici quel est le plan de cet ouvrage. Après une courte introduction vient la première partie, comprenant la Physiologie et la Terminologie; elle se partage en deux chapitres : la physiologie des Individus ou la Crystallologie, et la physiologie des Agrégats. La Crystallologie à son tour se subdivise en Crystallographie, Crystallophysique, et Crystallochimie. La différence entre l'individu et l'agrégat a été long-temps négligée, ct l’est encore par beaucoup de minéralo- yistes, quoiqu’elle soit essentielle. Deux des plus grands minéra- logistes de notre âge, Beudant et Mobs, ont les premiers attiré l'attention sur cette distinction importante. La crystallographie est exposée dans ce manuel à-peu-près comme dans l'Esquisse publiée par le méme auteur. Après avoir traité de ce qui con- cerne les formes des systèmes Zesseral, Tétragonal, Rhombique, Monoklinométrique, Triklinométrique et Sexagonal, 1 parle des groupemens et des imperfections des cristaux. Un septième système , que l’auteur a mentionné dans son Æsquisse, que Mitscherlich et Mohs ont pareillement indiqué, et auquel très- vraisemblablement se rapporient les formes du feldspath , est encore trop peu connu, pour qu'il ait cru devoir lui con- sacrer un chapitre à part dans cet ouvrage élémentaire. Dans la Crystallophysique, l'auteur traite des rapports de clivage des minéraux, de la double réfraction, de la polarisation de la lumière, cet de l’influence de la chaleur sur les cristaux ; ici sont exposées les belles observations de Mitscherlich sur ce sujet. Dans la Crystallochimie, il expose les lois fondamentales de la Stœchiométrie, et tout ce qu'il est nécessaire de savoir pour l'intelligence des signes et formules minéralogiques. La seconde partie de l’ouvrage comprend la Systématique et la Nomencela- ture : elle traite en quatre chapitres, de l’espèce minérale, d’un aperçu du règne minéral, de la méthode d'exposition des espèces par des noms systématiques. Dans la 3° partie, dont l’objet est la Physiographie, l'auteur donne une courte description des espèces minérales les plus importantes et les plus connues. II divise le règne minéral en sept classes : les Aydrolytes, où miné- raux solubles dans l’eau; les Aaloides, ou sels insolubles; les silicides ; les métalloxides , les métaux ; les sulphurides ; et les anthracides. | G. Der.
B, Tome XVIII, 1
4
210 Minéralogie,
195. ANALYSE DE La CYANITE Er DE LA FienouTE, et leur réu- nion en une seule espèce, sous le nom de Disthène; par Lanpner Vaxuxem, prof. de chimie et de minéralogie en Co- lombie. (Journal of the Acad. of. natur. sc. of Philadelphia; juin 1827, p. 41).
Presque toute la confusion qui existe en minéralogie vient du peu d'attention que l’on accorde aux caractères que l’on peut regarder comme vraiment spécifiques; de là cette multi- tude innombrable d'espèces créées dans ces derniers temps, qui répand de l'obscurité sur la science, et arrête à chaque pas les progrès des élèves. M. Vanuxem ne reconnaît que quatre carac- tères qui puissent être employés à la détermination des espèces ; le 1% est la composition chimique, la base de la minéralogie; le 2° la cristallisation qui comprend, non-seulement le système des formes et les angles des cristaux, mais aussi la double ré- fraction et la polarisation ; le 3° la pesanteur spécifique ; et le 4° la dureté. L'objet de son mémoire est la réunion en une seule espèce, sous le nom de Disthène, de deux substances minéra- les, désignées dans la minéralogie du prof. Cleaveland, sous les noms de Cyanite et de Fibrolite. Leur identité est établie par leur composition et par leurs autres caractères; la seule différence qui existe entr elles est la diversité du if d’aggré- gation de leurs particules. L'auteur a été conduit à analyser la Cyanite du Saint-Gothard, à cause de la différence dans les proportions de la silice, obtenues par Klaproth et Laugier. Il ne trouve aucune autre matière appréciable que la silice et l’a- lumine ; il a seulement obtenu quelques traces de manganèse et d’eau. La Cyanite du Saint-Gothard lui a douné: silice, 42; alumine, 54,Bo; perte, 0,50. — Celle de Chesterfield, dans le Massachusetts, a donné : silice, 42,56 ; alumine, b7; perte, 044.
La noi spécifique de la Cyanite du Saint-Gothard est de 3,60; et celle de Chesterfeld , de 3,57. L'auteur a dans sa col- lection des échantillons de Fibrolite de trois localités des États. Unis : un des bords de la rivière Schuylkill, derrière la taverne deRobin Hood; un autre trouvé sur la route au Cooper’s Gap, dans le comté de Rutherford, Caroline du Nord; un 3° de Wil- mington, dans l'état de Delaware. Dans toutes ces localités, la Fibrolite se rencontre dans le Guneiss. Ces Fibrolites présen-
Minéralogie, 214 tent les mémes caractères que ceux que le comte de Bourbon a assignés à celles du Carnate et de la Chine. La Fibrolite de la Delaware est la plus remarquable et la plus pure. Elle se rap- proche de la Cyanite dans quelques parties; elle est blanche avec un éclat perle. Ses fibres sont fines, et coupées transversalement par de nombreuses fissures. Sa pesanteur spécifique est de 3,21; elle est infusible. M. Vanuxem donne ainsi sa composition : si- lice, 42,77; alumine, 55,50; perte, 1,73. L'auteur compare entr'elles les deux substances, sous le rapport de leurs princi- paux caractères, et les identifie en une seule espèce; il pense que la Bucholzite est aussi une variété du Disthène. G. Der.
126. ANALYSE DU SPATH EN TABLES DE BUCKSs-COUNTY EN PEN- SYLVANIE; avec une Notice sur différens minéraux trouvés dans la même localité; par S. G. Morron. ( Zbéd.; juin 1827,
p. 46.)
Ces minéraux ont été trouvés en Pensylvanie, à 3 milles O. d’Attleboro, et à 7 milles N. de Bustleton, Ils se rencontrent dans un petit lit de calcaire blanc primitif, traversé par deux veines étroites de hornblende, et çà et là par d’autres veines de quarz, de feldspath et de siénite. Cette dernière roche est celle qui domine à plusieurs milles'à la ronde. Les minéraux que ce gite a fournis sont les suivans. 1° Le Spath tabulaire. Ce minéral, ordinairement assez rare, se tronve dans cette lo- calité en masse pesant plusieurs tonneaux; il est bien carac- térisé sous tous les rapports, et ressemble parfaitement à la variété du lac Champlain; comme celle-ci, il se présente en masses tabulaires groupées, à structure fibreuse, translucides et douées d’un bel éclat nacré. Il se désagrège par son exposi- tion à l'air. Sa pesanteur spécifique est de 2,92. L'auteur la soumis à l’analyse , en suivant le procédé employé par M. Va- nuxem, dans l’examen qu'il a fait de celui du lac Champlain. Il l’a trouvé composé de silice 51,50; chaux 44,10; oxide de fer 1,00; perte par calcination ,75; total 97,35.
2. La Scapolite; én masse et cristallisée. La première va- riété se rencontre en grandes masses de couleur grise, à texture compacte, Les cristaux sont des prismes quadraugulaires, ter- minés par des pyramides à 4 faces.
3° Le Pyroxène; en prismes hexaèdres et en masses cristal -
14.
212 Mineralogre.
lines de différentes nuances de vert, et en masses granulaires ( coccolites ) disséminées dans le spath en tables.
4° Le Zircon, en cristaux de la variété soustractive.
5° Le Mica brun, couleur clou de girofle, et le Mica vert d’émeraude, tous deux en petites lames dans la scapolite mas- sive. 6° Le Quarz bleu en petites quantités. 7° Le Feldspath massif, d’un bleu foncé et très-éclatant, et aussi en prismes rhomboidaux de la variété unitaire, Les cristaux sont très-nets, et ont d’un demi-pouce à deux pouces de longueur. 8° Le Grenat granulaire, et en petits cristaux dodécaèdres, d’un rouge pâle, disséminés dans le quarz bleuâtre et le carbonate de chaux. 9° Le Phosphate de chaux massif et en prismes hexaè- dres, et aussi en petits grains bleuâtres ( moroxite ). 10° Le Graphite massif et en tables minces hexagonales, disséminé dans tous les autres minéraux. 11° Le Suifate de fer massif et en cristaux octaèdriques d’un demi-pouce à denx pouces de diamètre. 12° Le Titane silicéo-calcaire en prismes obliques à quatre pans, d’un demi-pouce à un pouce de longueur.
G. DEL.
127. ASSOCIATION ANGLAISE POUR L'EXPLOITATION DES MINES DW MEXIQUE.
Une Association pour l'exploitation des mines et minéraux du Mexique a été formée dans le mois de février 1824, sur la base d’un capitalde liv.st. 140,000, divisé en 6,000 actions, dont la moitié a été versée par les propriétaires. Plusieurs documens importans ont été publiés à Londres par cette Association, dans le cours des années 1825, 1826 et 1827. 1° Un rapport de la cour des directeurs adressé aux actionnaires ( in-8° de 56 p- 1825). Les matériaux de ce rapport sont tirés de quatre sources principales : les communications directes, faites par Don Lucas Alaman, président du Conseil d'administration ; les rapports sur les mines des états de Mexico, Valladolid et Zaca- tecas, faits à M. Alaman par ses propres agens; les communi- cations faites par M. Mornay sur les mines des états de Oaxaca, et les rapports recus de temps à autre du Conseil d’adminis- tration à Mexico. Les mines dans lesquelles l'Association a un intérêt, sont situées dans les états de Mexico, Valladolid, Guanaxuato , Zacatecas et Oaxaca. L'état de Mexico comprend
Minéralogie. 213 les districts d’Atotonileo el Chico, de Temascaltepec et Tetela, celui de Valladolid comprend le district de Rancho del Oro; l'état de Guanaxuato, les mines de Veta Madre, de Zode ; l'état de Zacatecas comprend les districts de Zacatecas et de Sombrerete; et celui d'Oaxaca, les districts de Capulalpan et Teoxomulco. Ce rapport contient quelques détails sur la na- ture de ces mines et de leurs produits. Il est accompagné de plusieurs plans, indiquant lun la position des districts de mines situés au N. O., N. E.etS. O. de la ville de Mexico; un autre, le district de Capulalpan; un 3° celui de Rancho del Oro; et un 4° celui de Guanaxuato.
2° Un rapport de Don Lucas Alaman aux Directeurs, daté de Mexico le 28 mai 1826, avec une lettre du baron de Hum- boldt adressée au Secrétaire (in-8° de 83 p. 1826 }. Ce rapport contient des détails sur les mines de l’état de Guanaxuato, savoir : Cata, Secho , Trinidad et San-Juan de la Calera, Gua- dalupe, Rayas, etce.; plus une notice de M, William Glennic sur celles des districts de Zacatecas et Sombrerete; plusieurs coupes et projections l’accompagnent.
3° Un rapport de la Cour des Directeurs, du 17 juillet 1826, et contenant des détails administratifs. 4° Une circulaire adres- sée aux propriétaires, le 11 nov. 1826. 5° Un rapport du 7 mars 1827, sur l’état des travaux et l'accroissement du produit des mines. 6° Une lettre de Don Lucas Alaman, datée de Mexico le 8 mai 1827. 7° Enfin un rapport de la Cour des Directeurs ; daté du 13 juin de la même année, G. DEL.
128. SUR LE SULFATE D’ALUMINE NATIF, OU LA DavitE. (Quar- terly journal of sciences ; avril 1828, p. 382. )
Ce sel minéral se trouve dans le voisinage d’une eau thermale contenant de l'acide sulfurique en liberté, à Chiwachi; village indien situé dans les Andes, à une journée de Bogota, en Co- lombie. Il est en masse de couleur blanche, verte ou jaunätre. Ces différences de couleur indiquent quelques variations äans sa composition chimique. La variété jaune contient du sulfate de fer; la verte renferme en outre du sulfate de cuivre; mais la variété blanche est du sulfate d’alumine pur. Le cuivre et le fer peuvent être considérés comme des substances étrangères. On voit dans la cassure une multitude de petites aiguilles
214 Mineralogie.
soyeuses, qui ressemblent à des cristaux de sulfate de quinine, Sa saveur est nauséabonde et fortement astringente. Traité sur le charbon au feu du chalumeau, il commence par donner de l’eau, puis de l'acide sulfureux et sulfurique, et il finit par se réduire en poudre blanche. Il est composé de : sulfate d’alu- mine 38, eau 51,8, sulfate de fer 2,4, acide sulfurique libre 4,6, substances étrangères 3,2. G. DEL.
129. SUR UNE SOURCE DE BITUME minénAL À Donnacny dans les environs de Genève; Note par M. L. Parero. ( Giornale Li- gustico di scienze, lettere ed arti; mai 1827, p. 239.)
Une grande partie du pays qui s'étend entre la chaîne des Alpes et celle du Jura, et qui est traversée en diverses direc- tions par le Rhône, l’Aar et ses affluens, présente la constitution géognostique des terrains de grès ou de macigno à lignites. On y trouve de fréquens dépôts de combustibles, et en beauconp d’endroits on y exploite du lignite; mais ce n’est que dans quelques-uns de ces dépôts qu'on a découvert du bitume mi- niéral ou pétrole; une source à été trouvée dernièrement près de Genève. M. Pareto fait connaître les principales circonstan- ces de son gisement. — Une excavation a été faite dans une des collines voisines de Dordagny, village à 2 lieues au S. ©. de Genève, placé entre la rive droite du Rhône et la route qui conduit de Genève à Lyon, afin d'y découvrir du lignite, qu’on espérait y trouver en grande quantité. À une certaine profon- deur, on a rencontré une couche imprégnée de bitume. Pour y arriver, on a traversé un lit de grès d’un gris jaunâtre, un peu micacé, d’une médiocre consistance et de 8 pouces d'épaisseur, puis un autre lit de grès un peu plus dur, gris bleuâtre ou verdâtre, effervescent par les acides, de 20 picds d’épaisseur. Immédiatement au dessous se trouve la couche d’où découle le pétrole. Elle est encore formée par un grès, qui, à cause du bi- tume dont il est imprégné, a une couleur brune. On remarque dans sa partie supérieure seulement des nodules non pénétrés de bitume, d’un gris verdâtre, plus durs, avec des petits nids d'argile de la même couleur ou rougeätre dans quelques points. Ces nodules ont cela d’intéressant, qu'on y a rencontré des restes de coquilles bivalves d’eau douce assez remarquables, que l’auteur rapporte au genre Anodonte. Le bitume qui dé-
Mincralogie: 219 coule de cette couche et qu'on recueille journellement dans de petits bassins pratiqués à cet effet dans le fond de la mine, est d’une couleur brune, opaque, de la densité et de la consistance de la poix fondue; il brûle assez facilement, répand une fumée assez épaisse et une odeur fétide semblable à celle du pétrole de Sasso près Parme.
Au-dessus de cette couche, on a encore découvert deux bancs : l’un de marne ou mieux de psammite ou grès macig- no-marneux , grisätre , effervescent , contenant dans sa partie supérieure seulement quelques traces de bitume disposé par petits lits; l’autre, formé par un grès plus dur, de couleur grise, effervescent. Les travaux n'avaient pas dépassé ce dernier banc, au moment où l’auteur a visité l’excavation : c’est au-dessous qu'on espérait y trouver le lignite, but de cette exploitation.
Le bitume de Dordagny découle donc de roches qui font partie de la grande formation du grès à lignites ( #Molasse et Nagelflue-Sand ). Pour mettre ce point hors de doute, M. Pa- reto décrit deux localités, l’une où cette formation a pris un grand développement, l’autre où l’on trouve, avec les roches indiquées plus haut, des restes organiques semblables à ecux qui accompagnent le bitume. — Le 1° exemple est dans les collines qu sont situées immédiatement au-dessus de Lausanne, là où un profond vallon, qui descend du Jorat, met à nu une coupe très-intéressante, Voici la composition de cette coupe en allant de bas en haut, à partir d’une masse de grès macigno dont on ignore l'épaisseur et sur laquelle est bâtie la ville. 1° Marne un peu sableuse, de couleur bleue; 2° deux ou trois alternances de macigno ( psammite-mollasse, Brongn.) et de marne en lits de médiocre épaisseur; 3° banc considérable d’un grès fin, de couleur grise, d’où on tire des pierres de construction pour la ville, et dans lequel se trouve intercalée une veine de combustible, avec des feuilles de plantes dicoty- lédones et des coquilles d'eau douce ; 4° strate d’argile un peu marneuse , d’un brun chocolat, présentant un commencement de structure globulaire; 5° strate d’une autre argile également marneuse , mais d’une couleur bleue avec taches rougeûtres ; 6° banc de grès; 7° deux bancs d’argile marneuse, qui font la ré- pétition des deux précédens. Le tout est recouvert par des strates d’une espèce d’agrégat à petits grains, souvent inter-
216 Mineralogie.
rompues par de petits lits de marne. — Le 2° exemple est pris des environs de la ville, à une petite distance du 1°", à la wine de lignite de Paudé, On y remarque les mêmes roches, seulement il y a de plus un calcaire brun , qui accompagne le hignite, dans les interstices duquel on voit des coquilles d'eau douce univalves, comme Planorbes, Lymnées; et bivalves, comme Amodontes. M. Pareto y a aussi observé, dans une strate de marne de diverses couleurs, placée au-dessous du lignite, du gyp£e fibreux, comme on en voit à Varnier près de Genère, sous le lignite, à Celle et Albizzola sur le lac de Genève, où il est en petites veines dans une marne de diverses couleurs et accompagné d’une argile d’un brun chocolat à structure globu- laire. Il s'ensuit que la même formation, dans quelques lieux qu'elle se présente , offre toujours les mêmes caractères géog- nostiques, et l’auteur regarde la formation de Cadibona et celle de Celle comme contemporaines de la Aolasse de Suisse. L'auteur conclut de ces exemples et de l'identité des roches et des êtres organisés dans les différens lieux cités, que c’est la même formation dans tous, et qu'on peut penser avec raison que le bitume de Dordagny s’est formé au milieu d’un fond lacustre en même temps qu'apparaissait le terrain de grès à lignites. On sait que M. Beudant a reconnu que les différentes sources de pétrole de la Hongrie, ainsi que celle de Seyssel en Savoic, appartiennent au même terrain. Il ne faut pas conclure de là, comme le remarque M. Pareto, que toutes les sources de ce bitume doivent appartenir à une seule époque de forma- tion ; car on sait que dans plusieurs localités, les terrains ter- üaires que nous avons nommés plus haut , sont réunis à d’autres d’une plus grande ancienneté, à un calcaire, par exemple, de formation intermédiaire où au moins secondaire; et, jusqu’à présent, aucune observation ne permet d’en séparer le grès qui l'accompagne. bte ca
130, DESCRIPTION D'UN DÉPÔT MIXTE DE GYPSE FIBREUX SECON- DAIRE ET DE ROCHES PYROGÈNES ,; À SAINTE-EUGÉNIE, DANS LE DÉPARTEMENT DE L'AUDE; par M. Tousxas fils. (Art, commu- niqué par l'auteur. )
On n'avait pas encore observé sur le versant septentrional des Pyrénées des roches d'origine ignée , cependant il en existe
Mineralogie. 217 un grand nombre sur le versant septentrional. Quelle que soit la cause de cette différence, le fait est extrêmement remarqua- ble, aussi allons-nous décrire avec quelque détail le seul ex- emple qui soit à notre connaissance de roches ignées sur le versant français des Pyrénées.
Au sud-ouest de Narbonne, à la hauteur de Peyriac, en quittant la grande route de Perpignan pour suivre le ravin des Pigeonniers, à peine a-t-on quitté les formations d’eau douce pour marcher sur le calcaire marneux secondaire { Lias }, que l’on rencontre subitement un amas de gypse fibreux secondaire à couches sinueuses, et bariolées de plusieurs couleurs, renfer- mant quelques eouches subordonnées de marne et de nombreux cristaux de quarz prismé bipyramidal; ces couches de gypse, quoique flexueuses, sont, en génét ral, verticales, et dirigées au nord-ouest, c’est-à-dire de tr même manière que les roches qui établissent la continuation géognostique des Pyrénées avec les Cévennes.
Le terrain gypseux de Ste-Eugénie a la plus grande analogie avec tous ceux que l’on observe dans les Corbières à Ornaisons, Gleon, Durban, Couiza, etc., etc., aussi je n'hésite pas à les lui assimiler.
Plusieurs auteurs ne sont pas encore bien d'accord sur la véritable position géognostique de ces gypses. Les uns en font une couche subordonnée au lias, tandis que quelques autres pensent qu'ils sont contemporains du grès bigarré. Mais cette distinction, comme nous l’a très-bien fait observer M. Reboul, correspondant de l'Académie, qui a eu la bonté de visiter avec nous ce gite intéressant, n’est pas d’une aussi grande impor- tance qu’elle le paraît d’abord, car le Muschelkalk n'existant pas dans les Pyrénées, le lias et le grès bigarré s’y trouvent à- peu-près en contact.
Avant d’atteindre la campagne de Ste-Eugénie, on observe un amas de tufs et de wacke, qui ont la plus grande analogie avec ceux des volcans anciens de la France méridionale. Ces tufs ne font pas effervescence avec les acides; ils sont ordinai- rement rougeàtres , souvent gris ou verdätres, traversés par de petites veines de g gypse, et renfermant de petites boules de zéolithe blanche, et des fragmens roulés de gypse; quelquefois les mêmes roches ignées sont extrêmement compactes, et ren- ferment du péridot disséminé., .
218 Mineralogie. N° 130
Cette formation, qui repose immédiatement sur le lias ; Se prolonge au-delà de Ste-Eugénie, dont les murs sont assis au- dessus : sa plus grande longueur a environ 2 ou 300 toises, Au- delà de Ste-Eugénie, ce gypse reparaît encore et empâte des amas de wacke, renfermant des masses de basalte arrondi, qui se décompose en couches consactriques, €t qui renferme des cristaux de péridot ; les mêmes boules basaltiques ont aussi été observées dans le gypse.
Aux environs de ce dépôt basaltique, en allant vers le oc du Chevrier, on observe des amas d’une roche verte analogue à quelques mélaphyres ou à quelques roches serpentineuses ; ces roches d'origine ignée paraissent avoir été soulevées en même temps que les wackes et les basaltes; elles reposent sur le cal- caire secondaire ( Lias).
M. Pareto, observateur infatigable, dont les importans travaux sont connus de tous les géologues, et qui a visité der- nièrement avec moi Ste-Eugénie, a observé un fait extrême- ment intéressant, et qui peut aider à expliquer le mode de for- mation de ce terrain : il a vu que quelques-unes des roches se- condaires qui supportent le gypse et les wackes étaient recou- vertes d’un enduit igné verdâtre, ressemblant à une couche de vernis que l’on aurait placé sur la roche. Ce phénomène s’ob- serve très-bien en suivant le ravin qui conduit à la fontaine.
À quelques pas de ce ravin, en se dirigeant vers Pechredon, le gypse avec les amas de roche ignée qu’il contient , reparaît encore dans cette localité ; il renferme de petits filons de fer spathique, et quelques cristaux de fer oligiste.
Cet ensemble de dépôts est inséré entre deux sommités de lias, dont l’une, plus voisine des étangs (Pechredon ), est con- fusément stratihiée, et l’autre, se liant et adhérente à la masse des Corbières, montre des strates inclinées d'environ 45° vers le nord-est; on l'appelle roc du Chevrier.
Le calcaire qui circonscrit et domine le dépôt gypseux, est généralement marneux, traversé par de petites veines spathi- ques, et se décompose en marne rougeûtre. Les fossiles y sont très-rares: j'y ai cependant observé des fragmens de Madré- pores, quelques individus de l'Orbitolites concave, et les genres Térébratule et Podopsis.
Il est très-difficile d'expliquer la cause qui a formé le terrain
Mincralogie. 210 mixte de Ste-Eugénie, et cette difficulté tient aux nombreuses explications que l’on peut en donner, Ainsi il est possible que le lias recouvrit d’abord le gypse, et que, par une expansion ba- saltique qui agissait de bas en haut, le lias ait été brisé, et le gypse soulevé avec lui.
On peut encore admettre que le gypse et les roches volcani- ques aient été apportés par des alluvions qui auraient ainsi comblé une vaste faille existante dans le lias. Aussi cette opi- nion ne me paraît pas soutenable parce que les roches de Ste- Eugénie, ne ressemblent nullement à des matériaux transpor- tés, mais bien à des roches formées en place, il faudrait d’ail- leurs, pour que cette théorie füt admissible, qu'il y eût dans les environs quelque roche d’origine ignée.
Il n’est pas également probable, mais je dois exposer cette opinion, par suite de la tendance que l’on a aujourd’hui de faire jouer un rôle important aux actions chimiques dans les phénomènes volcaniques, il n’est pas également probable, dis-je, que l'expansion volcanique des boues et des basaltes de Sainte- Eugénie, ayant été accompagnée d’un dégagement acide, phé- nomène assez commun dans les éruptions, le gypse se soit formé aux dépens de la roche calcaire.
Enfin ne se pourrait-il pas que les choses existant dans l’état où elles se trouvent aujourd'hui, les roches ignées se fussent mises à jour à travers la masse du gypse, qui, dans ce cas , se- rait de beaucoup antérieur au phénomène volcanique ?
Lorsque je visitai la première fois le gite de Ste-Eugénie, M. Boué venait de publier son opinion sur l’origine ignée qu'il at- tribue à quelques dépôts gypseux des Alpes. Je crus que la nou- velle observation que je venais de faire, pourrait donner un grand poids à cette manière d'expliquer les faits; mais depuis lors , et à force de visiter dans les plus grands détails la même localité, mes idées se sont beaucoup modifiées, et il me semble que la première opinion que j'ai émise est seule soutenable.
Je me résumerai donc en disant qu'il est probable que le terrain mixte de Sainte-Eugénie s’est formé par une éruption boueuse et métallique, qui agissait verticalement de bas en haut, et qui a redressé le calcaire et le gypse qui lui étaient in- férieurs.
220 Minéralogie.
131. FORMATIONS HOUILLÈRES DANS L'Inpe. Lu à la Société asia. tique de Calcutta, 14 mars 1827. ( Asiat. Journal ; oct. 1827,
P-. 477.)
On à reçu du lieutenant Cantle, sous-inspecteur du canal de Doab, une relation de là découverte récemment faite de veines de charbon de terre dans le lit de la rivière de Jajur Nadi; couches qui auraient été mises à découvert par l'effet de faf- faissement de la partie inférieure du sol de la rive droite de cette rivière : au point de la séparation des deux parties de ce sol , l'élévation de la rive est de 70 à 80 pieds. L’épaisseur des lits varie d’un à environ trois pouces. Ces couches alternent avec des couches d'argile bleue endurcie, et de grès micacé. La direction générale des lits de houille forme avec l'horizon un angle d'à-peu-près 80 degrés; mais ils se trouvent fréquem- ment entrecoupés par des épanchemens partiels des couches contigues. Cette houille est schistoïde , cassante et noire ; elle a un lustre qui tient de celui de la résine, et ne se ternit point au toucher. Elle exhale en brülant une odeur de bitume et de soufre, et laisse un résidu d'une couleur brun-rougeâtre. Sa contiguité avec l'argile bleue donne lieu de supposer, d’après l'expérience acquise dans ce genre d'exploitation, que des exca- vations ultérieures feraient découvrir une couche plus considé- rable de cette substance. Dans tous les cas, on recommande l'usage de la sonde pour reconnaître la constitution du sol. Le site de cette formation charbonneuse, sur les bords de la ri- vière, favoriserait singulièrement le transport du minéral, s’il se trouvait en quantité suffisante; et de ce point, situé près du village de Silani, dans la zône la plus basse des montagnes, à l'ouest de la vallée de Karda, à environ quatre milles du point d'où la rivière de Choura Pani débouche dans les plaines, il parviendrait en peu de temps dans les parties inférieures du pays.
On soumet aussi à la Société quelques spécimens d'os fossiles trouvés récemment à Ava. Faute de moyens suffisans pour éta- blir une comparaison exacte entre ces spécimens et ceux de plusieurs autres espèces d’animaux découverts en Europe et en Amérique, il est difficile de leur assigner une place fixe dans la classification ; mais le fait est que ces os sont plus grands que
Botanique. an1r
ne le sont ceux des éléphans ordinaires, et les dents fossiles des individus dont il s'agit présentent des différences frappantes avec celles de ces derniers. 4
132. MINE DE MERCURE NATIF.
Il paraît, d'après une gazette du Canada, que quelques In- diens ont découvert, prés la rivière Maurice, une mine précieuse de mercure, environ à 3 journées de la ville des Trois-Rivié- res. On porta à Montréal une bouteille de ce minéral, et on dé- cida qu'il était d’une excellente qualité. Le shérif du district et quelques habiles minéralogistes se préparaient à se rendre à cette mine dans le dessein de examiner. { Morn. Chronicle. — Galignanis Messenger ; 18 juillet 1829.)
BOTANIQUE.
133. ADDITIONAL REMARKS ON ACTIVE MOLECULES. —Remarques additionnelles sur les molécules actives ; par RoBrrr BrowN. In-8°. 7 pp. Londres, juillet 1829.
Ces remarques font suite aux observations microscopiques publiées en 1828 par M. Robert Brown, sur l’existence de mo- lécules en mouvement dans les corps tant organiques qu’inor- ganiques, et dont nous avons rendu compte dans le n° de sep- tembre de cette année 1828 , p. 100. L'auteur résume ainsi son mémoire précédent : « J'ai établi queles particules extrémement tenues d’un corps solide, obtenues d’une substance organique ou inorganique, lorsqu'elles sont suspendues dans l’eau pure ou dans quelqu'autre fluide aqueux, montrent des mouvemens dont je ne puis rendre compte, et qui, d’après leur irrégularité et leur indépendance apparente, ressemblent, à un degré re- marquable, aux mouvemens moins rapides de quelques-uns des: plus simples animaux infusoires : que les plus petites particules mouvantes observées, et que j'ai appelées molécules actives , paraissent être sphériques ou à peu près, et avoir de diamètre de —!— à! de pouce anglais, et que d’autres particules d’un volume considérablement plus grand et varié, et d’une
222 Botanique.
forme soit semblable, soit très-différente, présentent aussi des mouvemens analogues dans les mêmes circonstances. » |
Voilà ce que M. Brown a exposé et ce qui a été confirmé par des observations ultérieures. L'opinion que ces molécules en mouvement étaient animées lui a été prêtée par des lecteurs qui l'ont mal compris; celle que les plus grosses étaient un composé des plus petites a été avancée comme une simple hy- pothèse dans une question où il était presqu’impossible de les exclure constamment.
Les expériences ultérieures ont été faites dans le but de ré- péter les essais faits précédemment, et de manière à écarter les causes extérieures auxquelles ces mouvemens étaient attribués par ceux qui n’admettent pas cette propriété comme inhérente à la manière. Une manipulation plus habile la fait re- trouver dans le soufre, la résine et la cire, où on ne la- vait pas reconnue. Une précaution simple et ingénieuse a été imaginée pour vérifier si les causes du mouvement pouvaient être, comme quelques personnes l'avaient cru, des attractions et répulsions de molécule à molécule, les variations d’équilibre dans le fluide qui les tient en suspension, leur action hygro- métrique ou capillaire et, dans quelques cas, le dégagement d’une matière volatile ou de petites bulles d’air.
Cette précaution consiste à plonger la gouttelette d’eau qui contient les particules en observation dans une goutte d’un fluide spécifiquement plus léger, avec lequel elle ne puisse se méler, et dont l’évaporation soit extrémement lente, l’huile d'amande par exemple. On agite les deux fluides ensemble; la gouttelette d’eau se partage en plusieurs autres gouttelettes inégales qui sont comme emprisonnées dans l’huile. On suspend ainsi l’éva- poration, et on prévient la formation des courans qui en résul- tent, ainsi que les dégagemens gazeux : cependant, le mouve- ment des particules persiste avec la même activité. On peut ob- tenir ainsi des gouttelettes qui ne contiennent qu'une particule unique, et son mouvement, qui continue à avoir lieu, ne peut être attribué alors à une action réciproque.
M. Brown finit par un exposé historique des observations qui ont été publices antérieurement aux siennes et qui, offrant quelqu’analogie, pourraient lui faire refuser la priorité. Nous ne pouvons donner ici l'analyse. de ce rapide exposé : il en ré-
Botanique. 223
sulte que les observateurs, dont quelques-uns ont des noms et des ouvrages fameux dont la science, dont quelques-autres sont moins connus, surtout des lecteurs francais, ou bien ont vu les molécules actives, mais les ont confondues avec des animalcules, et dans tous les cas ne les ont reconnues que dans certains corps organisés, où bien ont admis l'existeuce de ces molécules, mais sans les avoir vues réellement, et trompés par des illusions d’op- tique. An. Juss.
134. NOUVELLE EXPLICATION des directions que prennent la ra- cine et la tige d’une jeune plante mue circulairement dans un plan, soit vertical, soit horizontal, ete., etc.; par M. Por- rEau. (Annal. de la Soc. d’horticult. de Paris ; T. IV, p.297)
On cite dans tous les ouvrages élémentaires de physiologie végétale, mais pas toujours avec exactitude, les expériences de M. Knight surles directions des radicules et des tigelles du ha- ricot en germination et placé à la circonférence d’une roue ver- ticale et mise en mouvement au moyen d’une eau courante, La direction des radicules vers l’espace en dehors de la roue, et celle des tiges vers l’axe de celle-ci, a suggéré l’hypothèse que la seule cause de cette direction était la gravitation. M. Poiteau a répété les expériences de M. Knight, lesquelles d’ailleurs avaient déjà été confirmées par celles de M. Dutrochet, et il a indiqué les précautions à prendre pour qu’elles réussissent. I] figure ici un double appareil rotatoire dans lequel les graines sont fixées aux roues de manière à germer avec facilité. L’un de ces appareils représente une roue horizontale qui a donné les mêmes résultats que la roue verticale. M. Poiteau expose tous les détails de la germination du haricot et de la vesce, et il in- siste principalement sur un point qui ne parait pas avoir frappé avant lui les expérimentateurs, savoir : que la radicule est plus pesante que la tigelle, et qu’elle se projette, en conséquence, vers le centre d’attraction, par la même cause qui fait que, dans tout corps alongé dont l’une des extrémités est plus pesante que l’autre, c'est cette extrémité pesante qui se dirige vers l’ob- jet où on lance le corps, tandis que l’extrémité légère reste en arrière. Nous ne donnons ici qu’une faible partie des idées et des raisonnemens de l’auteur, sans prétendre aucunement les juger ; nous devons, à plus forte raison, nous renfermer dans le
524 Botanique.
rôle de narrateur, au sujet de l'hypothèse qu'il substitue à celle de M. Knight. Voici les propres expressions qu'il a consignées dans une note : « Je pense qu'une graine se polarise toujours dans sa germination; que sa radicule devient l'un de ses pôles, et sa plumule l’autre pôle; qu'il s'échappe de son pôle radicu- laire un fluide qui tend à se mettre en rapport avec un autre fluide répandu dans la terre, et que c’est ce fluide, en s’échap- paut, qui entraine la radicule avec lui, et la détermine à s’en- foncer en terre; que le pôle opposé ou caulinaire dégage un fluide différent , qui tend à se mettre en rapport avec un fluide répandu dans l'atmosphère, et que c’est ce fluide, en s’échap- pant, qui entralne la tige, et la détermine à s'élever dans l'air. D'après quelques expériences applicables au sujet qui m'occu- pe, on peut croire que ces fluides sont de la nature du fluide magnétique ou électrique, et qu'ils s ÉcHappeni des YéGéIaus de la même manière que dans les métaux polarisés.
«Non-seulement la polarisation des végétaux ne répugne pas à plusieurs phénomènes bien connus, mais elle sert, au con- traire, à les expliquer. Ainsi, on admet que les végétaux sont des espèces de tubes, de soupiraux, par lesquels les fluides de la terre se mettent en rapport avee les fluides de l'atmosphère et vice versd ; on admet que la sève mortante produit l'élonga- tion supérieure des végétaux, et que la sève descendante produit leur élongation inférieure; on admet qu’un arbre est condue- teur de l'électricité, puisqu'on reconnaît qu'il y a du danger à se mettre à l’abri sous ses branches pendant un orage; on ad- met qu’une forêt dissipe les orages, parce que les innombra- bles pointes qui la couronnent soutirent le fluide électrique en détail, ete. Ces faits et plusieurs autres, reconnus en physique, mais non encore expliqués;-.le seraient aisément en admettant la polarisation dans les végétaux. »
M. Poiteau termine son mémoire par l'adoption, sans aucune restriction, de la théorie de M. Du Petit-Thouars relativement à l'accroissement des végétaux. Il cite de nombreux et de nou- veaux exemples en faveur de cette théorie, et il en donne des figures qui démontrent assez clairement, ce nous semble, que les fibres ligneuses sont les racines des bourgeons, et qu'un arbre ne doit pas être regardé comme un être unique, mais comme l'aggrégation d’un grand nombre d'individus greffés les
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uns sur les autres. Parmi les plantes que M. Poiteau signale comme très-propres à démontrer cette explication, on remar- que les Rhizophora des bords du Mahuri, à Cayenue, dont le tronc produit des racines en divers points de sa hauteur, ét qui s’oblitère à sa partie inférieure, parce que les fibres des bour- geons supérieurs, au lieu de descendre jusqu’au bas de l'arbre, dévient de leur route ordinaire et constituent ces racines aériéen- nes. Le Zudovia funiculifera, plante de la Guiane, décrite par M. Poiteau dans les Mémoires du Muséum, émet, en plusieurs parties de sa tige, des racines qui ne sont autre chose que les fibres des- cendantes des bourgeons, lesquelles se font jour au travers de l’é- corce. Enfin, plusieurs palmiers ont leurs stipes soutenus par des racines aériennes dont les plus récentes sont les plus inférieures, et M. Poiteau explique ce fait en rappelant que l’accroissement des palmiers a lieu de l'extérieur à l’intérieur; conséquemment, les plus jeunes fibres ligneuses sont situées à l’intérieur, et leur prolongation doit être inférieure à celle des plus anciennes fi- bres. Ga sfr
139. ESsal SUR LES LOIS DE LA FLORAISON ; lettre de M. WakkEr- NAGEL à M. Bucholz. (4rchiv für die gesammte Naturlehre ; vol. VI, pag. 257. — Linnæa; 1826, 1°° c., p.272-3.)
L'auteur propose un système floral établi d’après des lois ma- thématiques et dans le genre des systèmes de cristallographie. Après un tableau des lois générales de la symétrie, et celui des formes de la fleur, il donne une esquisse de son système, d’après laquelle toutes les fleurs sont rangées en quatorze classes, selon le nombre symétrique des membres ou parties dont elles se composent. Des travaux de ce genre ont toujours un grand intérêt; ils contribuent à faire remarquer les rap- ports des organes entr’eux; or, on sait combien cette partie de l'anatomie végétale est loin d’être éclaircie. Mais l’établis- sement d’un système sur la considération de quelques fleurs est une œuvre au moins prématurée. En effet, plusieurs des propositions absolues de M. W. paraissent être soumises à des exceptions.
136. OBSERVATIONS SUR L'ACTIVITÉ DX LA VÉGÉTATION dans sesrap- ports avec les différentes époques de la journée; par M. E.
B. Tome XVIII, 15
226 Botanique.
Mesen, directeur du Jardin botanique de Kæœnigsberg. (An- ral. d'hortic. de Berl,; Tom. V, 1°" cah., 1828, p. 110-1.)
M: Meyer ne communique des observations que sur l'A4maz ryilis Belladonna. Elles ont été faites au commencement de sep- tembre, à 6 h. du matin, à midi et à 6 h. du soir; et il en ré= sulte que la plante a pris, pendant les 12 heures de jour , un accroissement presque double. de celui de la nuit. Cette diffé- rence doit être attribuée à l’action de la chaleur et de la Jumiè- re. Celle de la chaleur est démontrée par le ralentissement de la végétation en raison de la diminution de la chaleur, et vice versä. Quant à l’action de la lumière, il est difficile de l'appré- cier, parce qu'elle ne peut être diminuée , sans qu’il en résulte en même temps une diminution de chaleur, et parce que cette opération nuit à la santé de la plante ; par conséquent, Pexpé- rience est incomplète.
Les observations de ce genre ne peuvent être trop multipliées; et M. Meyer indique en peu de mots celles qu'on peut y join- dre dans l'intérêt de l’horticulture, de la physiologie végétale et de la physique. D-uv.
137. SUR LE MOUVEMENT PROPRE DE LA Sèvé dans les cellûles des plantes; par M. F. Meyex. ( Nova acta Acad. natur. Curios. ; vol, XIIL, part. IL.)
Les naturalistes ont reconnu depuis long-temps les mouveméns des sues dans les végétaux; mais ce n’est que d’après les recher- ches des savans de nos jours que l’on peut, suivant l’auteur, éta- blir trois types essentiels de cette fonction végétale ; ces types une fois admis, il restera encore aux physiologistes la tâche de les bien distinguer en étudiant à fond et en comparant l’ensem- ble des phénomènes que chacun d’eux présente.
Ces types sont :
1. Le mouvement d’ascension et de descente des sucs nourri- -ciers des plantes.
2. Le mouvement propre du suc cellulaire (1).
3. La circulation des sucs propres des plantes.
(1) C'est-à-dire d'un suc particulier dans les cellules du tissu.
va
Botanique. 27
Ce mémoire n’a pour objet que le second type, savoir, le mouvement propre du suc cellulaire. Bonaventura Corti, qui, en 1972, le découvrit dans le CAara , ne tarda point à le com- parer à la circulation chez les animaux, et lui donna cette dé- nomihation, impropre selon les auteurs, quoique ce soit là, en effet, le phénomène auquel la langue vulgaire attache rigoureu- sement lé sens de circulation; du reste, rien de commun entre ces deux phénomènes, si ce n’est la marche dés fluides.
C6 mouvement des sucs dans le Chara a été souvent observé et décrit depuis Corti, d’abord par Fontana, puis par L. Tré- Vifanus , Gazzi et Amici, et, enfin, par le prof. Schulz, de Ber- lin, qui arassemblé ces matériaux épars dans son ouvrage De la nature de la plante vivante, Berlin, 1823. Toutefois, le phéno- mène n’est réellement connu dans tous ses détails que depuis un mémoire d’Agardh, inséré dans les Nov. act. nat. curios., vol. XIII, part. I, et un travail de Pauteur Iui-même, publié dans là Linnæa, Tom. IL, cah. 1, p. 5.
* Corti, étranger du reste à la botanique, crüt pouvoir étendre à tout le règne végétal la découverte qu'il avait faite dans le Chara ; il dirigea ses observations sur une foule d’autres plan- tes ; mais celles-ci ayant malheureusement été déterminées d’une manière vague ou fautive peut-être, il est impossible d'en re- connaître aucune d’après ses seules planches, si ce n’est le Cauli- nia fragilis Wild. C’est surtout l'observation physiologique de ce végétal qui l'amena aux résultats suivans :
r. Chaque cellule de la plante présente un mouvement parti- culier du suc. (Il nomme les cellules des tubes ou des vaisseaux.)
2. La circulation dans une cellule est indépendante de celle qui a lieu dans toute autre cellule.
3. Le courant du fluide tourne sans cesse le long de la face interne des parois cellulaires.
4. La direction de ce courant est invariable.
5. Le cours des sucs a lieu dans toutes les cellules suivant le même mode.
Corti observa en outre beaucoup d’autres faits moins impor- tans, que nous passerons sous silence, renvoyant le lecteur à ouvrage même : Lertera sulla circolazione del flutdo scoperta in varie piante, Modena, 1775, dont on peut trouver une tra=
"1
228 Botanique. N° 137 duction dans les Observations de Rozier sur la phys. et l'hist. nat., Tom. VIII.
Les recherches de Corti, si recommandables par leur exacti- tude, tombèrent cependant dans un oubli complet. L. Trévira- nus, sansen avoir eu connaissance, en fit de semblables en 1807, et découvrit les mèmes phénomènes dans le Chara; plus tard le savant Prof. Horkel rendit à la lumière les écrits, si injustement oubliés, de l'observateur italien.
Enfin, MM. Schulz de Berlin et Annci dans ces derniers temps, ont à leur tour repris ces mêmes observations, et les ont confirmées; il ne semble pas qu'ils y aient ajouté des faits bien importans. s |
Tel était l’état de la science sur ce point de physiologe, lorsque M. Meyen l’aborda. Ce fut en vain , que pendant 5 ans, il soumit une foule de végétaux à l'investigation microscopi- que : enfin, au printemps de l'an 1827, il parvint, pour la pre- mière fois, à voir un mouvement particulier de la sève à linté- rieur des cellules, dansle Fallisneria spiralis. Cette plante, que les botanistes ont fait errer cà et là dans des familles si diver- ses, est d’unestructure fort simple; elle n’offre que les cellules du tissu élémentaire, sans vaisseaux spiraux, pores, etc. Après une description détaillée de sa structure anatomique, l’auteur passe à l'examen du phénomène principal. La sève se met au- devant de chaque cellule, dans une partie quelconque du vé- gétal: ce mouvement a lieu circulairement le long-des parois de la cellule, et, dans le Chara, il s'exécute suivant la direction d’une spirale à hélices assez lâches. Les cellules de la Vallisne- ria, de même que les entrenœuds du Chara, étant complète- ment remplies du fluide , il s’en suit que dès qu’un seul globule, nn atôme de ce fluide se met en monvement, toute la masse y prend bientôt part, et vice versà ; il suffit de l'inertie d’une de” ces molécules, pour mettre obstacle à la circulation d'une cel- lule.
L'auteur n’a point négligé l'influence des agens physiques sur le mouvement de la sève; il a trouvé que le froid le ralentit considérablement, que sa rapidité est en raison directe de la vigueur de la végétation ; qu’il cesse au moment où l’on détache une parcelle de la plante pour la porter sur l'objectif du mi- croscope, mais qu'il ne tarde pas à reparaître pour plusieurs
Botanique. 229
jours; qu'il est plus faible dans les cellules extérieures que dans les aréoles plus intimes de la plante, ete.
Quant à ces molécules contenues dans le fluide séveux dont nous venons de parler, M. Meyen les a observées en détail; ce sont des globules (des vésicules dans la plante adulte) d’un vert plus ou moins intense, nageant dans la sève cellulaire de tout le caudex ascendant. Les mêmes corps, examinés dans la racine, semblent beaucoup plus gros, et occupent parfois des cellules entières; du reste, transparens ct parfaitement ho- mogènes, jamais vésiculeux. Les réactifs chimiques prouvent que la couleur verte des premiers globules est due à une ma. tière résineuse; quant aux molécules contenues dans la sève des racines, que l'eau chaude dissout fort bien , leur coloration en brun par l'iode, ne laisse guères de doute sur leur nature amylacée.
L'Hydrocharis de nos mares a présenté à l’auteur une circu- lation semblable à celle des Chara et des F'allisneria.
M. Meyen donne ensuite, d’une manière fort détaillée, lex- posé des phénomènes qu'offre la génération des globules, et cherche ainsi à pénétrer le mystère de la vice végétale, de cette force organique qui anime les plantes et en dirige les sucs. Y au- rait-il, dans la composition de cette force , un principe pure- ment physique, analogue à l'attraction qui régit les corps cé- lestes dans leur marche et leur position? Fondé sur ses obser- vations, l’auteur résout cette question par laflirmative, et se trouve ainsi conduit à comparer le mouvement de la sève à ce- lui des astres qui composent le système planétaire. Dans ces deux sphères, en effet, si différentes, toutes les masses sont dans un mouvement circulaire continuel, le centre seul paraît immobile; les masses les plus denses, les plus pesantes se por- tent le plus en dehors, en fuyant le centre, lequel dans la cellule végétale est la partie la plus transparente, etc. Si M. Meyen parvenait à prouver que les lois qui président à lun et l’autre phénomène, sont parfaitement identiques, peut-être le lecteur aurait-il à retenir un sourire trop tôt échappé. Sans doute, l'explication toute mécanique du mouvement de la sève, ne saurait satisfaire complètement l'esprit, il faut y reconnaitre en outre un élément vital, organique. Mais l’attraction céleste, à son tour , est-elle donc un phénomène entièrement mécanique,
230 Botanique.
une propriété morte de la matière? Il est permis d'en douter, pour y voir de plus une sorte de principe organique qui échappe à nos sens, surtout lorsqu'on voit un Kepler pencher sers cette opinion.
Quoiqu'il en soit, M. Meyen, après plusieurs considérations de philosophie physique, dans lesquelles nous ne le suivrons pas, prie le lecteur, en terminant son intéressant mémoire, de ne point étendre encore à tout le règne végétal le résultat des observations rapportées. Les faits dont il a été question sont communs aux - genres Chara, Caulinia, Vallisneria et Hydrocharis; Ja circulation de la sève cellulaire, telle que nous l’avons exposée, n'appartient donc encore, aux yeux de la science, qu'à ces quatre genres, représentans de groupes plus où moins différens : espérons que l’observation ne tardera pas à venir accroître nos données sur ce point, et peut-être à rendre cette loi générale pour l'organisme végétal. F.Carorre.
138. SUR LA FÉCONDATION ARTIFICIELLE DE QUELQUES PLANTES ; par C. F. Gænrwner. ( Linnæa ; 1826, 1°° cah., p. 616-8.)
Depuis que la sexualité des plantes est, non pas remise en question, mais soumise à un nouvel examen, nous devons nous féliciter de voir des hommes aussi distingués que M. Gaertner par leurs lumières et leur expérience, consacrer leur temps à des observations d’un aussi haut intérêt. En attendant que nous soyons en état de rendre un compte détaillé du présent ouvra- ge, nous signalerons, d’après la Linnæa, quelques-uns des ré- sultats les plus importans qu'il renferme.
L'auteur a fait environ 600 expériences sur 30 espèces ap- partenant à 16 genres et à 4 familles. Le pollen étranger s’at- tache moins aisément au stigmate que le pollen propre ,et cette différence est en raison du plus où moins de rapport des espè- ces entr’elles, ce qui pourrait néanmoins souffrir des: excep- tions. Dans le premier cas, le stigmate se fane moins prompte- ment que dans le premier, C’est le contraire pour la corolle. L’accroissement qui résulte de la fécondation se manifeste d’a- bord sur le pédoncule et le calice ; le gonflement de l'ovaire n'a lieu qu’au bout de quelques jours, et plus tard dans la fé- condation hybride ( Bastarde Befruchtung ). Cette dernière ne produit point autant de graines que la fécondation naturelle
Botanique. 231
( Befruchtung ), excepté dans les Datura lœws et metel. Dans l'une et l’autre, les fruits et les graines ne présentent aucune différence ni pour la couleur ni pour la forme... « La fécon- dation est le résultat d’une action lente et non d’une action instantanée, telle que celle de l'électricité. La substance maté rielle, le contenu fluide du pollen, combiné avec la matière fluide sécrétée par le stigmate, pénètre dans les ovules pour y donner naissance à l'embryon, qui, formé par un corps fluide, re préexiste point dans l’ovule, mais devient un produit de la fécondation. » Aug. Duvau,
139. SUR L'HYBRIDITÉ DANS LE RÈGNE VÉGÉTAL; par le D° Wrec- MANN de Braunschweïg. ( Ærchiv für die Naturlehre, von Kastner ; Vol. XV, cah. 2, 1828.)
L'Académie des sciences de Berlin avait proposé un prix pour la solution des questions les plus importantes relatives à ce su- jet : ce prix fut accordé, en juillet 1826, au Mémoire de M. Wiegmann, quoique, suivant le jugement de FAcadémie, il ne présentât pas de résultats assez généraux, que les expériences ne portassent pas sur un assez grand nombre d’espèces de plan- tes , etc. Cependant, entr’autres résultats importans de ce tra- vail, la même Société remarquait celui-ci, savoir : que les plan- tes hybrides venant à se féconder entr'elles portent des fruits fertiles , contre l’assertion de Koelreuter.
M. Wiegmann, dans une lettre à M. Kastner, cherche à re- pousser les objections de l’Académie ; il rappelle que son Mé- moire contient ce résultat général que chez les Légumineuses le pollen étranger agit plus sur les caractères généraux de l'espèce que sur les formes individuelles , et qu’ainsi les plantes mêmes sont moins altérées dans leur port que dans leurs fruits, semen- ces et oignons (1); que les essais faits sur des espèces un peu “éloignées les unes des autres n’ont pas réussi, parce que le stig mate se refuse à l’assimilation du pollen pris sur une plante trop hétérogène, Ce fait avait déjà été observé par Koelreuter,
(x) M. le prof. Henschel a présenté à la Société de culture patriotique de Breslau , 3 plantes hybrides (Digitales ) offrant un résultat analogue, quoïqu’elles appartinssent à une toute autre famille. Nous-même, avons ex à Berlin, en 1828 , occasion de voir le mème fait sur des échantillons
(Molëènes, Digitales , etc.) , que nous communiqua le fils de l'auteur. F. Ç.
232 Botanique.
et récemment par M. Gaertner de Calwe, qui a fait un beau travail sur le méme sujet ( Voy. l’art. précédent, p. 230), en ré- pétant les expériences de Koelreuter. M. Wiegmann s'applau- dit de voir ce physiologiste confirmer ses recherches en plus d'un point (1).
L'auteur, poursuivant ses essais, a voulu en outre reconnai- tre si la formation de plantes hybrides peut être favorisée par les insectes et le vent, et il a trouvé qu'il en est réellement ainsi : il a dû renoncer à cette opinion que les masses polliniques n’a- gissent que par l'émanation d’un fluide gazéiforme, du moins en partie, pour admettre avec les expérimentateurs les plus ré- cens, tels que MM. Gaertner et Brongniart, que la matière même du pollen, ou le fluide qui s’en exhale en certains cas, est ab- sorbé par le stigmate pour être conduit sur l’ovaire. C’est ainsi que, après avoir déposé de l’indigo sur le stigmate de FHeme- rocallis alba, M. Wiegmann l’a vu, 24 heures après, au micros- cope, traversant les vaisseaux spiraux du style.
On concoit quelles difficultés présentent des expériences sur un sujet aussi délicat et encore peu étudié; il fant donc savoir gré à l’auteur de ses recherches intéressantes et applaudir à la décision de l'Académie de Berlin, qui, tout en indiquant les vides que laisse-encore dans cette partie le Mémoire de M. Wiegmann, lui a rendu le plus bel hommage auquel il püt prétendre.
F. CATOIRE.
240. Boraxicaz Macazixe. Nouvelle série, par M. W.J. Hooker. N. XXV-XX VIT; janvier-mars 1829. ( Voyez le Bulletin de juillet 1829, p. 69.)
2876. Calceolaria connata : herbacea subpubescens, foliis -ovatis basi attenuatis connatis grossè dentatis, superioribus sub- cordatis sessilibus, bracteis cordatis integerrimis, paniculä tri- chotomä patentissimä. » Cette nouvelle espèce est, ainsi que la plupart de ses congénères, originaire du Chili. — 2877. Bro- diæa grandiflora Smith. — 2878. Brassavola tuberculata. Le genre Brassavola a été établi par M. Brown sur le Cymbidium
(x) Qu'il nous soit permis d'ajouter ici notre témoignage à celui des deux eélèbres botanistes allemands. Dans le mémoire que M. Damas et moi avons publié en 1823 ( Mém. de la Société d'hist. nat. de Paris, Tom. I, p.89) sur les Gentianes hybrides, nous avons établi formellement la même pro- position. GE “.
Botanique. 233 cucullatum de Swartz et Willdenow. La plante ici décrite et fi- gurée est une espèce nouvelle qui croît sur les troncs des ar- bres, dans les endroits rocailleux, à la baie de Botafogo, d'où elle a été apportée en 1828 par M. H. Harrison. Elle a beau- coup de rapports avec le Brassavola cucullata ; maïs elle en diffère d'une manière remarquable par la forme et la couleur de ses fleurs, et particulièrement de son labelle, Voici au sur- plus sa phrase caractéristique : « B. caule unifloro, laminä la- belli integrà, pedunculo petalisque exterioribus tuberculatis. » — 2879. Abronia mellifera Douglas mss. : « foliis ovatis subsi- nuatis glutinosis, floribus glabris, perianthii limbo undulato ( albo ). » Cette plante a été découverte dans le nord de la Ca- lifornie par M. Douglas. _ 2880. Horkelia congesta. C’est une nouvelle espèce trouvée par M. Douglas au cap Mendocena sur la côte nord-ouest de l'Amérique. Elle appartient à un geure établi par MM. Chamisso et de Schlechtendal, dans le second volume de la Linnæa.Cette nouvelle espèce est ainsi caractérisée : «H. foliis radicalibus pinnatis, laciniis enneato-oblongis apice incisis, calycis laciniis exterioribus integerrimis, petalis calyce longioribus. » — 2881. Ælychrysum incanum : incano-tomento- sum , foliis longè linearibus acutis basi attenuatis, caulinis re- motis supernè sensim minoribus, caule simpliei unifloro (squa- mis albis rubrisque ). » C’est une belle plante, originaire de la terre de Van-Diemen; elle fait un joli effet dans les jardins, à cause de ses fleurs qui durent long-temps, et qui s'ouvrent et se ferment plusieurs fois dans le jour, selon la température et l'intensité des rayons solaires. — 2882. Fesicaria arctica Ri- chardson #2 Franckl. append. bot., p. 743. — 2883. Gilia in- conspicua Douglas mss. Cette espèce avait été placée par divers auteurs dans les genres Cantua et Ipomopsis. — 2864. Poin- ciana regia Bojer mss.: « inermis, foliis bipinnatis, pinnulis ovali-oblongis muticis, petalis longè stipitatis crenato-undula- tis, superioris ungue marginibus involutis. » Cette magnifique espèce a été trouvée à Madagascar par M. Bojer. — 2885. Por- tulaca grandiflora : caulibus diffusis ramosis, foliis cylindraceis ‘acutis, axillis pilosis, floribus terminalibus congestis, petalis -calyce longioribus. » Cette espèce est originaire des pays situés entre le Rio del Saladillo et le pied des montagnes de Mendoza .dans l'Amérique méridionale. Ses fleurs sont grandes et varient du jaune orangé au rose; ces deux variétés de couleur sont fi-
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gurées avec les analyses des organes de la fructification, 2886. Zris tripetala Walt. et Eliott.— 2887. Eschscholzia Cali; Jornica Chamisso, déjà figurée dans le Zotan, Regist., n° 1168, — 2888 Pæonia albiflora Pall., var, rosea, flore plenissimo. — 2889. ŒEnothera decumbens Douglas mss.:« caule pubescente basi decumbente, foliis lanceolatis glaucis, petalis calyce vix longioribus, stigmate globoso, capsula subeylindracea suleata pubescente.» Originaire du nord de la Californie, — 2890. Es- calliona rubra Persoon. — 2891. Hibiscus liliiflorus Cavan., var. hybridus, ex Æ. dilifloro et H. Rosasinensi. — 2892. Bülbergia cruenta Graham. in Edinb. philos. Journ. — 2893. Collomia li- nearis Nuttall. — 2893. Collomia grandiflura Douglas. Cette belle espèce, destinée à l’ornement de nos parterres, a déjà été figurée dans le Botanical Regist., n° 1174. (Voy. le Bulletin, Tom. XVIII, p. 73.) — 2895. Collomia heterophylla : « pubes- cens, caule erecto ramoso, foliis inferioribus bipinnatifidis su- pernè sensim magis integris, involucris omnino integris, capi- tulis paucifloris. » Cette plante, ainsi que les deux précédentes, a été trouvée par M. Douglas dans le nord-ouest de l'Amérique, près de la rivière Columbia. — 2896. Frankenia pauciflora. D.C.— 2897. Calceolaria polifolia : « suffruticosa, caulibus erec- ts ramosis, foliis ovatis oblongisve crenatis in'petiolum attenua- tis , pedunculis dichotomis, floribus rotundatis. » Cette espèce, originaire des Cordillières du Chili, a beaucoup de rapports avec le C. zana de Cavanilles. Géo sls3
141. Boranica Recisrer. N° XI-XIII, janvier-mars 1829. ( V. le Bulletin de juillet 1829,p.72.)
1203. A. et B.—Conocephalus naucleiflorus. C’est le nom d’une belle plante de l’Inde orientale, faisant le type d’un genre éta- bli par M. Blume, dans ses Bijdrag. flor. nederl. ind., p. 484. M. Lindley donne ici une description très détaillée, ainsi que deux belles figures de cette plante, description faite en partie d’après les manuscrits de Roxburgh, qui ont été communiqués par le D° Wallich. L'une des figures représente la partie infe- rieure de la plante, et qui porte les fleurs; Pautre le port de la plante, avec l'analyse des organes de la fructification. Le Co- nocephalus naucleiflorus fait partie de la familledes Urticées, section des Artocarpées. — 1204. Hosta cærulea Jacq., Hort.
4
Botanique. 235
Schænbr. t. 114.—120h. Salvia involucrata Cavan. Le S. lœvi- gata de M. Kunth se rapporte à cette espèce, — 1206. Maxil- daria ciliata Ruiz et Pavon. — 1207. Pyrus angustifolia Wild. — 1208. Pæonia hybrida, Pallas. — 1209. Hedychium cocci- new Hamilton. Cette magnifique scitaminée porte le nom d'A. dongifolium, dans la monographie de M. Roscoe.— 1210. Calar thea grandifolia : « petiolis longis cylindraceis basi vaginantibus,, foliis oblongis apiculatis subundulatis lucidis glabris concolo- ribus, capitulis oblongis, bracteis undulatis obtusis floribus bre- vioribus, labello cuneato apiculato. » Cette espèce nouvelle de la famille des Cannées, a été apportée en 1826, de Rio de Janeiro. M. Lindley donne à la suite de cet article, énumération des es- pèces qui entrent dans le genre Calathea, savoir: 1. Calathea zebrina. Lindley; Syn. Maranta zebrina. Bot, Reg. vol. 5, fol. 385. 2. Calathea flavescens. Lindley, Bot. Reg., vol. EL fol. 932. 3. Calathea violacea. Lindley, Bot. Reg., vol. 12, fol: 961. 4. Calathea longibracteata, Lindley ; Bot. Reg., vol. 12, fol. 1020. 5. Calathea grandifolia. Hujus loci. 6. Calathea macilenta. Tindley. C. petiolis marginatis vagi- nantibus, foliis oblongo-lanceolatis concoloribus glabris, capi- tulis ovatis subcernuis compressis, bracteis subrotundis pla- nis floribus brevioribus, labello et stamine petaloideo opposito subæqualibus. Cette espèce, à fleurs blanches, est originaire de Rio-Janeiro. 7. Calathea discolor, Meyer. Syn. Maranta Casupo. Jacq-. 8. Culathea Casupito Roemer et Schultés. Syn. Maranta Ca- _supito. Jacq. 9. Calathea luteu. Roemer et Schultes. Syn. Maranta lutea. Lam. 10. Calathea juncea. Roemer et Schulter. Syn. Maranta jun- .cea. Lam. Maranta arouma, Aubl. Maranta petiolata Rudge. 11. Calathea capitata. Lindley. Syn. Maranta capitata, F1. -Peruv. | | 12. Calathea lateralis. Lindley. Syn. Maranta lateralis , F1, Peruv. où oh vi | 13. Calathea Allouia. Lindley. Syn. Maranta Allouia. Aubl. .… 14. Calathea Cachibou Lindley. Syn. Marania Cachibou. Jacq. Maranta lutea. Aubl.
236 Botanique.
16. Calathea ovata. Lindley. Syn. Phrynium ovatum. N.et M,
17. Calathea dubia: Lindley.Syn. Maranta dubia. N. et M.
1211. Chelone nemorosa Douglas : « Foliis ovatis acuminatis serratis, superioribus amplexicaulibus cordatis, pedunculis me- diis trifloris pubescentibus, » Espèce originaire des bois mon- tueux du nord-ouest de l'Amérique. Elle tient le milieu, par son port, entre les plantes des genres Pentstemon et Chelone.—19212. Kæmpferia Roscoeana Wallich, ined. : tuberibus fasciculatis sub- sessilibus; caule nullo; foliis terræ decumbentibus suborbiculatis acutis supra variegatis; floribus paucis radicalibus fasciculatis crectis sessilibus; limbo exteriore breviore, interiore plano patentissimo, laciniis obovatis obtusis, anticâ profundè bi- lobä. M. Wallich à communiqué la description de cette plante remarquable, qui est native du Barma au Bengale. — 1213. Pholidota imbricata Lindi. ir Hook, exot. flor. f. 138. L'excellente description de cette Orchidée est due à M. Wallich. — 1214. Calceolaria floribunda Kunth. Le C. connata du Bota- nical Magazine, n° 2876, estun simple synonyme de cette plante. — 1210. Calceolaria ascendens : « Caule suffruticoso ascendente, foliis ovatis petiolatis rugosis denticulatis pubescentibus ; infe- rioribus basi acutis, caule glabro piloso, umbellis paucifloris sub. ramosis longè pedunculatis. » Cette espèce se rapproche du €. integrifolia; ses graines ont eté récoltées dans les Cordillières par M. Mac-Rae.— 1216. Lupinus ornatus Douglas. mss. : « Pe- rennis, floribus verticillatis appendiculatis, calycis labio supe- riore bifido : inferiore integro elongato, foliolis 7-12 lineari- lanceolatis undique argenteis sericeis leguminibus 4-5-spermis. » Belle espèce à grandes fleurs d’un bleu d'azur, recueillie par M. Douglas dans les vallées des montagnes près de la rivière Columbia. — 1217. Lupinus plumosus Dougl. mss. : « Perennis, villosissimus , floribus alternis breviter pedicellatis bracteolatis, calycis labio superiore bifido; inferiore integro, foliolis 5-7 lan- ceolatis, leguminibus glabris 3-5 spermis, bracteis floribus lon- gioribus villosis deciduis. » Espèce très commune dans le nord de la Californie. — 1218. Zrès tenax, Douglas, mss. : « Imber- bis, foliis lineari-ensiformibus tenacissimis cauli unifloro sub æqualibus, corollæ tubo brevissimo, ovario longipedunculato nudo, petalis exterioribus obovatis acuminatis venosis, stigmati- bus bilobis abbreviatis. » Cette plante croît abondamment
Botanique. 237
dans le nord de la Californie et le long de la côte de la Nou- vellæGeorgie. Outre sa beauté, qui doit la faire rechercher comme plante d'ornement, elle est intéressante en ce qu'elle fournit d’excellens cordages aux habitans des environs de la rivière Aguilar en Californie; ces cordages se fabriquent avec les fibres longitudinales des feuilles, — 1219. Amaryllis cora- nica. Cette belle Amaryllidée est origi- naire du Cap de Bonne- Espérance ; elle a déjà été décrite n° 139, et M. Herbert l'a pla- cée dans son genre Ammocharis. — 1220. OEnothera viminea Dougl. — 1221. OEnothera decumbens Doug. Ces deux espèces ont été décrites et figurées dans le Botanical Magazine! n° 2873 et.2889. — 1222. Spiræa chamædrifolia L. — 1223 Tupistra nutars. M. Wallich donne ici la description très dé- taillée de cette plante, originaire des Indes-Orientales, for- mant un genre qui appartient probablement aux Aroïdées section des Taccées. Les caractères de ce genre ont été exposés dans le Botanical Regist., n° 704. E... jm
142. SYLLOGE PLANTARUM novarum itemque minüs cognitarum, à Societate regià botanicâ Ratisbonensi edita. Tom. 2, cum tabulà lithogr. In-8° de 256 p. Ratisbonne, 1828.
Le premier volume de cette collection de Mémoires sur la botanique a été annoncé dans le Bulletin de l'année 1824, Tom. I, p. 351. Il contenait un grand nombre de dissertations d’une étendue fort inégale, sur une foule de sujets, mais par- ticulièrement des _ descriptions de plantes phanérogames et cryptogames, sur lesquelles nous avons présenté quelques ob- servations qui peuvent s'appliquer au second volume. Celui-ci renferme des mémoires plus importans que ceux contenus dans le premier, et c’est avec regret que nôus nous voyons obligés de n’en indiquer pour ainsi dire que les titres, tant ce petit ou- vrage contient de choses nouvelles, que, pour indiquer conve- nablement , il faudrait presque transcrire en entier. D'ailleurs, parmi ces mémoires, il y en a plusieurs qui ont été analysés dans le Bulletin, à mesure qu'ils ont paru dans la Gazette bo- tanique de Ratisbonne.
Le professeur Reinwardt a communiqué au docteur Horn- schuch des notes sur un grand nombre de nouveaux genres qu'il a étudiés pendant son séjour à Java, Les caractères essentiels
238 Botanique. N° 142 de ces genres et des espèces dont ils se composent sont tracés avec une extrême concisionz mais plusieurs de ces genres ayant été adoptés et publiés par M. Blume dans ses Bidragen tot de flora van Nederlands Indie , sont aujourd’hui beaucoup mieux cotinus, Contentons-nous d’en mentionner les noms. Parmi les fougères : Onychium, Ophiopteris, Tegularia €t Dipteris:—Le Salacca est un nouveau genre de Pamiers qui a pour type le Calamus Salakka Willd.__OnemDées : Acriopsis, Schænorchis , Zygoglossum ; et Hysteria.—SciTaAMINÉES : Gean- thus. — Eurnongricées : Coccomelia , Carurmbium ; Erythro- chilus. — Sésamées ou Cyxrranpracées : Xuhlia , genre voisin du Didymocarpus de Wallich. — Mynsinies : Angiopetalum ; très rapproché de lArdisia. — SyxnanTHÉRÉES : Rhyncho- spermum ; Tetraotis. — RuBrACÉEs : Bikkia, Crrtophyllum, Me- phitidia, Myatia, Hæmospermum ; Pomangium. — ON GRAIRES : Problastes , genre ressuscité de Rhéede { Malab. VE, tab. 37). — Merasromacées : Céanitis. — LECUMINEUSES : Aie- sera, genre excessivement voisin du Tephrosia. — TERNSTROE- MIAGÉES : Marumia, genre formé sur des espèces du Saurauia de De Candolle. — Marvacéss : Aleurodendron , Sariava, Pan- gium de Rumph, Pterilema, Schisma ; Cardiocarpus. Lysrma- caiées : Orescia ; Drimyspermum.
M. J. A. Weinmann a donné des descriptions assez étendues des plantes rares, et pour la plupart nouvelles, qui sont culti- vées dans le jardin impérial de Pawlowski. Voici la liste des