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REVUE CELTIQUE

TOME XXI

CHARTRES. IMPRIMl-RIE DURAND, RUE FULBERT.

FONDÉE /

H. GAIDOZ

1870-1885

9.

PUBLIEE SOUS LA DIRLCTION DE

H. UARBOIS DE JUBAINVILLE

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France AVEC LE CONCOURS DE

E. ERNAULT J. LOTH G. DOTTIN

Professeur à l'Université Doyen de la Faculté des Professeur adjoint de Poitiers Lettres de Rennes à l'Université de Rennes

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT

L. DUVAU

Directeur adjoint à l'École pratique des Hautes Études Secrétaire de la Rédaction

Tome XXII.

'f Or. Th.SAAOÊR

NI IJN/iEr' !

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'9^

PARIS (2O LIBRAIRIE Emile BOUILLON, ÉDITEUR

67, KUE DE RICHELIEU, AU PREMIER

190 I

581476

TABLE DES MATIÈRES

CONTENU KS

DANS LE TOME XXll

ARTICLES DE FOND.

Pages.

Un descendant de Déjotarus, par Théodore Reinacli i

The destruction of Derga's Hostel, par Wh. Stokes. 9, 165, 282, 390

Glossarial index par le même 404

Les vers à rime interne dans les langues celtiques, par J. Lotli. . . 62

Notes sur le Vannetais, par E. Ernault 69

Sur la prononciation du Gaulois, par L. Duvau . 79

Celtica, par Salomon Heinach 154

De quelques noms de lieux français d'origine gauloise, par A. Thomas 2 16 Sulla popolazione délie Galliae nel tempo di Cesare, par Francesco P.

Garofalo 227

L'in intervocalique en celtique, par H. d'Arbois de Jubainvillc. . 237 L'élément gaulois dans la Langue française, par feu Arsène Darnics-

teter 261

Mélanges brittoniques, p. J. Loth. 330

Notes étymologiques bretonnes, par J. Loth 331

Tesbanat, cétbanim, par H. Kern 337

Barintus, par Arthur G. L. Brown 359

Études Bretonnes, par E. Ernault 369

Corrections au point de vue- métrique au Livre Noir de Carmarthen,

par J. Loth 438

Le mot ORBis dans le latin de l'Empire, par Salomon Rcinach. . . 447

CORRESPONDANCE. 244 I . Par M. Pierre Leroux.

VI

Tahle Jcs nuUièics.

BIBLIOGKAPHIE.

L'Histoire de Bretagne d'Arthur Le Moyne delà Borderie, par J. Lolh. 84 Sur « Lii Ctvilisaiion des Celtes cl celle de l'épopée homèritjue ». . , 247

chkon:

Atkinson (R ), président de l'Acadé- mie d'Irlande. 5 57.

Babelon. Solice sur Domiùanus.i^].

Baring Gould (Rév. S.). Mémoire dans Y Cymmrodor sur Kepius, saint gallois. 3^1.

Bédier (J.). Traduction du roman Tristan et Iseut. 152.

Bloch (G.). Histoire de France. Tome 1. 126.

Blanchet (Adrien). Etudes de numis- matique. :;s2.

Brenmore-Jones (David). VoirRIiys.

Brown (A. G. L). Suppléant à l'Uni- versité de Wisconsin. 558.

Burnell Lewis. Notice sur la plus ancienne inscription lapidaire ro- maine de Gaule. 3 58.

Cai.x (vicomte de) et Albert Lacroix. La Gaule Roni.iini (Tome 11 de l'His- toire illustrée de la France). 126.

Carmichael (.Alexandre). Carmina Gadel.ca. 116.

Carlulaire de Gorze. zyi.

Cathmhaolach (Eoin) mac Giolla Eoin... Éditeur de Keating (G.). 129.

Graig Maclagan (Robert). The Ganics and Diversions of Ar^yleshire. 351.

Gramer (Franz). Rheinisc'ic Ortsia- »en. 1 58.

Groby Quiggin (E.). Die lautliche Geltung der vortoni'ier Wortcr und Silhen in dem Bock oj Leinster Ver- sion der Tain Cualnge. 1 30.

QUE.

Ddnia Aodh.jgain lii Rathaille. 12^.

Didioun.iire général de la langue fran- çaise. I 27.

Dottin (G.). Contes irlandais. 1 26.

Duvau (L.). L.i pro-wnciation duGau- lois. 1 59.

Gaelic Lcague. 129.

Gourcuff (Olivier de). Gens de Bre- tagne. \2^.

Hatzfeld (A.)- Darmesteter et A. Thomas. Dictionnaire général de la Ir.ngue française. 127.

Henry (V.). Étymohgics br tomes.

5S7-

Herbomez (A. d'). Éditeur du Carlu- laire de Gor:e. 252.

Histoire illustrée de la France. 126.

Hogan (le Rév. Edmund). Ou Unes of the Granimar of old irisch with Tixt and Vocahulary. 118.

Liiibhleabhrjn. 120. Hûbner (Emile). Sa mort. 252. Hùbner, Ihm et Mùnzer, auteurs de

la partie celtique dans Pauhs Reai-

enoclopadic. 135. Irische Texte. 1 14. Irisb Tixt Society. 125. Jessie L. Weston. La Légende de Lan-

cclot du Lac. 349. Jo'in(Ivor B.). The mibinogion. 459. K.eating (Gco.Troy). 129. Kuno Meyer. Le roi et l'ermite. 353.

Mémoire sur un texte irlandais, dans Y Cymmrodor. 550.

Lacroix (Albert). Voir Caix.

T.i/'/t' des m.Uiètti.

VII

Lavisse. His'.oire de Fumcc. Tome I.

126. Leite de Vasconccllos (J.)- Monnaies

de la LusiLmii porlu;z^usc. 158. Le Moyne de la Borderie (Arthur).

Sa mort. 2^0. Loth (J.)- ^^ mèlriqu: galloise. Tome

11.554.

Le même, docteur en droit de l'Uni- versité de Glasgow. 545.

Maynadier (G.-H.). Origine du conte de la femme de Bath. 349.

Monnaie de Verica, fils du roi breton Commius 254.

More (A. W.). /l history 0} th: isle of Miin. 124.

Morel. Collection d'antiquités gau- loises. 254.

O'Grady (Standish Hayos). SiIwj Ga- delicj. 116.

C JïÀaûv'.o-j;. 137.

O'Rahilly (Egan). 125.

Paris (G.). Conférence hebdoma- daire sur la Icgendc de s.iint Br.iii- dan. 254.

Paulys Rcal-encyclopaedie. Septième demi-volume. 155.

Plicque. Lug, dieu de l'Or chez les Gaulois. 139.

Prizes for Essays on some Celtic Subject. 128.

Prou (M.) et .\. Vidier. i*;"" fascicule du Recueil des Chartes de l'Abbaye de Saint-Benoit-sur-I.oi'e. 137.

Reinach (S.). Comparaison de vers de Claudien et de vers de Properce.

54S-

Rhys (John). Celtu Folklore, Welsh

and Maux. 1 34. Rhys(John)et David Brenmore-Jones.

The welsh people. 121. Richard Davies. Auteurd'uneversion

galloise des Épitres à Timothée, Titus et Philémon. 254.

Ridgeway (W.). The early Age of Grecce. 347.

Russel (miss). Mémoire sur quelques forts d'Kcosse. 254.

Russel (T. 0.). Traducteur en irlan- dais moderne du Birama. 352.

Le même. Fi'or ChLUrseach na h-Ei- reann. 130.

Samson (Saint), abbé, évèquc et ar- chevêque de Dol. 133.

Schrader (0.). Rcallexicjii der in.io- germanischcn Altcrlunisk n'e., t.

11.357. Le même. Sprachv.rglcichung und

LJrgeschichte. 135. Stokes (Whitley). Le dialogue des

vieillards, Acallamh na Senôrach.

115. Strach.vi. Mémoire sur les temps

passés en vieil et moyen irlandais.

255. Stubbs (William), évèque d'O.xford.

Sa mort. 3 56. Textes gallois. Publication proc'iaine.

Thesauius linguac latinae. i'"'-' livrai- son. 136.

Thomas (D. R.). Éditeur d'une ver- sion galloise des Épîtres à Timo- thée, Titus et Philémon. 254.

Thurneysen (R.). Étude sur les ad- verbes irlandais. 3 57.

Le même. Traducteur de légendes ir- landaises. 459.

Valluni Hadriani et la Holy Island.

558. Windisch. Tâin bo Cûailnj^i. 128. Y Cynmrodor. 5 50. Zanardeli. Annonce d'une publication

prochaine. 3 58.

VIII

Table des matières.

Zimmer (H.). Mémoire sur l'église Le même, professeur de celtique à celtique. 5 54. l'Université de Berlin. 4^8.

PÉRIODIQUES ANALYSÉS.

.Analecta BoUandiana, 259. An Gaodhal, 145-146, 56), 465. Annales de Bretagne, 145-144, 361. An/eiger fur schweizisc'ie Altertums-

kunde, 366. Archaeologia Cambrensis, 565-564. Archeologo Portugues, 566. Athenaeum, 463. Beitrage zur Kunde der indogerma-

nischen Sprachen, 562. Boletin de la Real Academia de la

Historia, 2 56. Bulletin Archéologique du Comité des

Travaux historiques et scientifiques,

•44) 367,4<^2. Celtia, 146, 259,366,462. Entre Camarades, 256-257. Feiz ha Breiz, 1 50 Folklore, 258-259. Indogermanische Forschungen, 461. Journal of American Philologv, 562. Journal of the Royal Institution cf

Cornwall, 145. Journal of the Royal Society of Anti-

quaries of Ireland, 149-150, 254,

360, 461 . Man, amonthly record of Anthropo-

logical Science. 146. Mémoires de la Société royale des

sciences de Bohême, 255-256. Proceedings ofthe Royal Irish Aca-

demy, 145.

Publications of the Modem Language Association of America, 148.

Revue Archéologique, 149, 366.

Revue Bretonne, 142-143.

Revue d'Ardcnne etd'Argonne, 1 jo.

Revue des Études anciennes, 362.

Revue des Études Grecques, 149.

Revue Épigraphique, 148, 362.

Revue Historique de Provence, 149.

Romania. 144-145 ! 259.

Sitzungsberichte des Kais. Académie der Wissenschaften in Wien, 257- 258.

Studies and notes in Philology and Literature, 143.

Supplementi Periodici ail' Archivio glottologico italiano, 146.

The Gael, 145-146, 365, 463.

Transactions of the Devonshire Asso- ciation for the Advancement of Science, 145.

Zeitschrift fur alte Geschichte, 146.

Zeitschrift fur Celtische Philologie, 140-142.

Zeitschrift fur deutsche Wortfor- schung, 147.

Zeitschrift fur vergleichende Sprach- forschung auf dem Gebiete der in- dogermanischen Sprachen, 147, 560-361 .

TABLE, par M. E. Ern'.\ult, des principau.v mots étudiés dans le t. XXII de la Revue Cetlitjuc, p. 464.

UN DESCENDANT DE DEJOTARUS

Au cours de travaux récemment entrepris pour l'agrandis - sèment du local de la Banque ottomane à Angora (Ancyre), on a mis au jour une inscription encastrée dans le mur de la for- teresse, et qui, malheureusement, a été depuis recouverte à nouveau. M.Pons, vice-consul de France, avait pris une copie du texte entier, ainsi que des estampages de la partie gauche seulement. Ces documents ont été communiqués par M. Pons à M. J.-G.-C. Anderson^ et par M. Anderson à M. Mommscn, qui vient de publier et de commenter l'inscription dans les Comptes rendus de l'Académie de Berlin (lo janvier 1901). C'est une dédicace honorifique, consacrée par une tribu d'An- cyre la septième- à son bienfaiteur C. Iulius Severus, qui avait parcouru avec honneur toutes les fonctions municipales. Des inscriptions d'Ancyre anciennement connues (Corp. inscr. f^raec, 4033, 4034) nous ont fait connaître la suite, très bril- lante, de la carrière de ce personnage. Admis par Hadrien au Sénat, il fut successivement légat de la province d'Asie, légat de la lY^ légion Scythique et vice-légat de Syrie au moment de la guerre judaïque (132), proconsul d'Achaïe, adminis- trateur extraordinaire de Bithynie, préfet de VAerariuiu, consul suffect (140 ou 141), pontife, curator openini piihliconim, légat d'Antonin le Pieux dans la Germanie inférieure, enfin pro- consul d'Asie. On a là, comme le dit Mommsen, un exemple

1 . M. Pons a également envoyé une copie à M. HomoUe qui a briève- ment parlé de ce texte devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; sa communication, que je ne connais pas, est encore inédite.

2. Le nom de la tribu Ila/.a. X-'vr) n'est pas certain.

Htvue Celticfue, XXII. i

2 Thiodore Rdnach.

remarquable de l'entrée de la haute aristocratie indigène des provinces hellénisées dans le fonctionnariat romain, phéno- mène bien conforme aux tendantes cosmopolites du gouver- nement des Antonins.

Dans les inscriptions précédemment connues, la carrière lociilc de Julius Sevcrus, antérieure à son admission au Sénat, était résumée d'un mot ; un mot aussi pour caractériser l'illus- tration de son origine: zxzù.iwi /.x'. -i-.zxy/wi ur.i-;z-i^'i. Le nouveau texte, outre qu'il nous fait connaître définitivement le gentilice (Iiiliiis) du personnage, entre dans de précieux détails sur les honnL'urs municipaux qu'il a remplis, et précise un peu les hautes prétentions nobiliaires auxquelles les textes an- térieurs se contentaient de faire allusion. Ce dernier point in- téresse l'histoire générale de l'Orient hellénique et tout parti- culièrement celle de la Galatie; les lecteurs de la Revue Celtique me sauront donc gré de reproduire et de commenter ici les premières lignes de l'inscription qui renferment ces indications généalogiques ' :

y-.i\':\-i:'t zxz'ù.i j mz \\r^:z-y.zzj y. ] 'A \[):yr.zj t;j \\zr;y.-z \ j y.%: 'A;j.>/t;j 5 "J aViIAA I Or-STsasywv 7.X'. IjX-C/.ki) I ; \~'.x: \"xkzj, iv £'!/'. ;v J-aT'.y.wv \z \ j'/J.zj

-.1 KzlpX-ZJ y.X'. ^X7 I (A£0)Ç

'WzZTflpzj-. Y.x: "I:jA | (;j 'A- 10 y.JKZJ /,x\ KX- —iZjTtp I cj, y.r. zr;';vrr, Tr^yXr,-: | y.C>yt -'hîi'-to'J ^ àsîAsi I V 'I:j- /J.zj 'A;rjvT'.av:j, :: | zor.z-> 'F/aat,v(ov, etc.

1. Le tiret vertical sépare la partie gauche, seule estampée, de la droite.

2. Probablement un descendant d'Hérode. Son fils, C. Iulius Agrippa, fut questeur propréteur d'Asie (inscription d'Ephèse, Ihit. Mus., 111, 187, no >S7)- Mommsen propose de l'identifier avec le proconsul d'Asie, C. Iulius Alexander Berenicianus (BCH., I, 192, Ephésc).

Un descendant de Déjotanis. 5

La parenté de Julius Severus est, on le voit, classée sous quatre chefs : ses ancêtres directs (1. 2-6), ses cousins germains' (1. 7-10), ses parents plus éloignés (1. 11), son frère (l. 12). Les ancêtres à leur tour sont divises en trois groupes :

a) rois galates;

b) tétrarques galates ;

c) rois d'autres pays.

C'est d'eux seuls que nous allons nous occuper.

Le groupe (a) comprend un seul nom : « l'ancêtre, le grand homme », le roi Déjotarus, l'ami de Pompée, de Ci- céron, de César et d'Antoine. Inutile d'insister sur ce person- nage célèbre. Mais comment Julius Severus peut-il être son descendant? Nous savons que la femme légitime de Déjotarus, Stratonice, étant stérile, celui-ci prit pour concubine une cap- tive grecque, Electra, qui lui donna plusieurs enfants (-.o-jz -fvn- [j,=v:'j; T.xXix:) que Stratonice consentit à élever-. Parmi ces enfants il y avait plusieurs fils, mais le roi, craignant le mor- cellement de son héritage, les fit tous mettre à mort, à l'ex- ception d'un seul qu'il désigna pour son successeur'. Cette combinaison ne devait pas réussir, car le fils, appelé Déjotarus comme son père, gratifié du titre de roi vers 51, fiancé avec la fille d'Artavasde, roi d'Arménie, doit être mort avant le vieux roi (41), puisqu'il ne lui succéda pas. Il n'est pas da- vantage question d'enfants de ce Déjotarus II. Même en admet- tant qu'il ait eu une fille, ce n'est pas d'elle que Julius Severus peut descendre, car alors il n'aurait pas manqué de taire figurer parmi ses aïeux le roi Artavasde et les deux rois Déjo- tarus au lieu du seul « Déjotarus roi ».

Il faut donc se rabattre sur les filles de Déjotarus le Grand. Nous en connaissons deux : l'une mariée à Castor le Tarcon- darien(?), probablement tétrarque d'un canton des Tecto- sages, l'autre à Brogitarus, tétrarque des Trocmes.

1 . Je crois que M. Mommsen a tort de prendre âvs'^'.o; dans un sens large; l'opposition avec Tjyvjvr;: ne serait plus justifiée.

2 . Plutarque, Mulienim viilutes, Slratoiiiceill, 256, Bernardakis). Cf. Calo niiiior, 15 : ::aoaOE70a'. toJ: -aîoa; aÙToj '^jO-jXo'j.iwo;.

5. Plutarque, De sloiconim lepiignantiis. 32 CVI, 258, Bcrn.).

4 Théodore Rcinach.

La prcmicrc fut, avec son mari, massacrée dans leur rési- dence de Gorbéous par le vieux Déjotarus, vers 45 av. J.-C. ' ; elle laissait un fils. Castor II, qui succéda à Déjotarus, par la grâce d'Antoine, en Galatie et en Paphlagonie (41); il eut à son tour pour successeurs, mais en Paphlagonie seulement, ses deux fils Déjotarus Philopator et Déjotarus Philadelphe^. Il est clair que Julius Severus ne cescend pas de cette branche, car les rois de Paphlagonie et le tétrarque Castor I" ne figurent point parmi ses ancêtres.

Venons à la seconde fille de Déjotarus, mariée à Brogitarus, tétrarque des Trocmes. Le seul texte qui atteste ce mariage î est celui de Cicéron. Dans son discours De hanispicuiii respousis, prononcé en 56 av. J.-C, Cicéron critique vivement la loi tribunitienne de Clodius(58) qui avait décerné à Déjotarus et à Brogitarus le titre de roi et conféré à ce dernier, au détri- ment du prêtre légitime, la possession du riche temple de Pes- sinonte. Cicéron félicite Déjotarus de n'avoir pas accepté cette clause et d'avoir chassé Brogitarus du temple : Ouod Pessi- nuutem pcr scchis a te (Clodius) violalum et sacerdote siicrisque spolialiiiu reciiperavit, ut in prislina religione servaret, qtiod caeri- inouias, ah onnii vetitstale acceptas, a Brogitaro poil ni mm sitiil niavultque genenini sniiiii iiiiiiiere tito quam iUiid faiiuni antiqui- îate religionis carere^. On ne doit pas s'étonner de voir Déjo- tarus en mauvais termes avec son gendre Brogitarus; n'était-il pas à couteaux tirés avec son autre gendre, Castor? On peut même soupçonner Déjotarus de n'avoir pas été étranger à la mort de Brogitarus; en tout cas, lui mort, il s'empara de sa tétrarchie : en 47 il la possédait depuis quelques années 5. Plus tard, Mithridate de Pergame (neveu ex sorore de Brogitarus) la réclama et l'obtint de César. Ce dernier fiiit prouve que Bro- gitarus n'avait pas laissé de fils. A-t-il au moins laissé une

1 . Strabon, XII, 5, 3. Sûrement après le plaidoyer de Cicéron. Cf. mon article delà Rrcuv Kinnisniatiquc, 1891, p. 588.

2. Voir Revue Kuiinsmatique, 1894, p. 414 suiv. (rectiliant mon article de 1891).

5. J'ai eu tort autrefois (/?(r. Xiini., 1891), d'en contester l'autorité ou l'interprétation.

4. De hariispictim respottsis, XIII, 29.

5 . Betlinu itlexandi iiiuin, 78.

[in iicscctiilarit de Dqotaras. 5

fille, de Liqucllc descendrait notre héros ? Pas davantage, car, s'il en était ainsi, Brogitarus devrait figurer sur notre inscrip- tion, sinon avec son titre de roi, qui lui fut contesté", du moins avec celui de tétrarque (des Trocmes) que lui donne officiellement l'inscription d\-Eg:\.^-.

Concluons: C. Julius Severus ne descend ni de la fille de Déjotarus mariée à Castor, ni de celle qui épousa Brogitarus. Déjotarus a donc avoir une troisième fille, qui épousa l'un des deux tétrarques Amyntas mentionnés dans les lignes sui- vantes de l'inscription, et c'est d'elle qu'est issu notre Severus.

Le groupe (b) comprend deux tétrarques, tous les deux inconnus, tous les deux du nom d'Amyntas, nom qui paraît avoir été, nous ne savons pourquoi, en fiiveur dans l'aristo- cratie gallo-grecque à la fin du i''' siècle av. J.-C. : on sait qu'un Amyntas, ancien secrétaire de Déjotarus, finit par de- venir roi de Galatie; certainement aucun de nos Amyntas n'est identique .weccc personnage. Tout l'intérêt de ce couple serait dans les noms de leurs pères, et malheureusement ils n'ont pas été déchiffrés d'une manière certaine. Le premier a été lu BPl- PATOV par AL Pons, LPITATOV par M. Mommsen sur l'es- tampage. Ce dernier nom est certainement plus vraisemblable: on y reconnaît l'élément brig^ qui entre dans la composition de tant de noms géographiques et mythologiques gaulois, et le suffixe afiis qui se retrouve, par exemple, dans le nom du tétrarque Sinatus, le mari de la fameuse Camma. Il fitut savoir résister à la tentation de corriger Bp'.-fx-.zj en Bpsy-ipcj : l'ins- cription, gravée avec soin, ne renferme pas une seule faute certaine et celle-ci serait bien grossière.

Quant au second patronymique, il a été lu \j-xkzj par M. Pons; M. Mommsen propose dubitativement Ajv.aA:j, qui a une physionomie bien peu celtique. La syllabe initiale A j ou Aj-:(?) fait penser à Ij-îj-z;. fils du tétrarque Adiatorix et

1. Cicéron, De hanisp. resp., 29. Pourtant il le prend sur sa monnaie du Cabinet de France (Rev. Kinn., 1845, p. 264).

2. Hernies, XIV, 474. La pierre est encore aujourd'hui encastrée dans la mosquée Rousat-aga, à Ghiouscl-hissar (communication de M. Contoléon).

3. M. d'Arbois me dit qu'il faut distinguer deux racines brig(a) : l'une avec i bref (= forteresse), l'autre avec i long (^= illustre).

6 Théodore Rcifhuli.

grand-prctrc de Comana au temps de Strabon (XII, 3, 35). Quant à la terminaison, je suis bien tenté de lire AA(JV au lieude AAOV; un tétrarque Domnilaus est mentionné par César (Bcll.iiv., III, 4). Il n'est pas tout à fait impossible qu'il faille restituer ou corriger A V.\I(NI)AA()r: la syllabe NI a pu être omise fitcilement après M, et l'initiale Aj;j.v, évidemment équivalente à Doniii, se retrouve dans divers noms gaulois (Dumnacus, Dumnorix', etc.).

Les grandes familles galates, les familles de tétrarques, ne se mariaient guère qu'entre elles; il est donc à présumer que les deux tétrarques Amyntas, dont descendait Julius Severus, étaient respectivement ses ancêtres paternel et maternel.

\'ient enfin (c) « le roi d'Asie Attale ». Il est appelé roi d'Asie (c'est-à-dire de Pergame) pour le distinguer de son ho- monyme, le dynaste de Papblagonie intronisé par Pompée. Mais duquel des trois Attale pergaménicns s'agit-il ? Attale l" doit être écarté, d'abord comme trop ancien, ensuite parce que ses possessions légitimes étaient trop restreintes pour lui mé- riter le titre de « roi d'Asie ». Attale III n'a jamais été marié: sa fiancée Bérénice sans doute une princesse égyptienne est morte mystérieusement avant le jour des noces-. Reste donc le seul Attale II Philadelphe, frère et successeur d'Eu- mène II. Ce prince épousa StratoniceS fille d'Ariarathe IV de Cappadoce, et veuve d'Eumène; il avait même eu des relations avec elle dès 172, alors que le bruit de la mort d'Eumène s'était répandu; on a conjecturé qu'Attale III était de ce mariage putatif. Quoi qu'il en soit, l'histoire ne mentionne pas d'enfants légitimes issus du mariage d'Attale II et de Stra-- tonice, mais nos renseignements sur cette époque sont si fragmentaires que ce silence ne prouve rien en ce qui con- cerne des filles. Je considère comme extrêmement probable: r' qu'Attale II a eu une fille (née entre 159 et 138), que cette fille elle-même a eu une fille ou une petite-fille appelée Stratonice, com.me son aïeule ou bisaïeule, qu'il faut recon-

1 . Le père du or.ind Dcjotarus s";ippclait Dumnorix (C. I. A., III, 544). 2. Justin, XXXVI, 4, I.

5 . Le nom nous a été révélé par les dédicaces deBisanthe (Dittcnberger, Sylloge, irc éd., rn^s 224-5).

Un descendant de Dcjotanis. -j

naître en cette princesse l'épouse de Déjotarus le Grand, dont les historiens donnent le nom mais non l'origine. C'est par elle que Severus rattachait sa généalogie à l'illustre d3'nastie de Pergame, car les enfants de Déjotarus, quoique nés en réalité d'une concubine, passaient sans doute officiellement pour enfants de la reine, qui les avait élevés.

Voici donc, en résumé, comment s'établirait la généalogie de notre personnage :

Attale II de Pergame = Stratonicc de Cappadoce

I

Fille

I Stratonice = Déjotarus de Galatie

Fille = Amvntas, tétrarque

I Julius Severus.

" On me permettra de terminer par une conjecture sur le nom et l'origine de la femme de Severus. Mommsen a reconnu que l'inscription 4030 du Corpus se rapporte à cette dame, et non, comme on le croyait, à la femme du fils de Severus. Elle y est, en effet, qualifiée de y.zr/\izv.T) ... -'jval/.a Izj'/J.zj ^iyjr,po'j ■:z\i -cwTcj Twv E /,/>•(;•/;■)■/. Or l'inscription nouvelle nous apprend : que notre Severus portait le titre de r.ç,ur,zz twv 'EAAr^vojv (1. 13), que sa femme était grande-prétresse (1. 27). Mais quel était le nom de cette femme? L'inscription 4030, qui n'est connue que par une copie de Tournefort, l'appelle Kap- y.jt.yJ.y., nom baroque, d'aspect plus turcoman que grec ou ga- late, et depuis longtemps suspect. Pouvons-nous le corriger? Notons que d'après cette même inscription la femme de Se- verus était de sang royal, i.~'y^;^iz:; [îx-j'./.éwv, donc parente de son mari. Or, parmi les cousins germains de celui-ci, le nou- veau texte mentionne (1. 9) un personnage appelé au génitif '\zjiJ.yj 'Ay.jAOj. M. Mommsen interprète ce nom par le latin Julius Aquila et nous connaissons, en effet, un personnage asiatique ainsi nommé (Prosopog raphia, II, 168, n" 108), mais la forme WvS/.zj est embarrassante, le génitif régulier de 'Ay.jXxr étant 'Ay.j/.x; on pourrait être tenté de corriger en

s Tlicodore Rcinach.

'A/.ja|{J:j. Quoi qu'il en soit, du cognomcii 'A/.j/.a: ^ Aijuila ou W/.j'/.'.t; = Aijuilius on a tirer le nom de femme Aqui- lia. Je soupçonne fort la femme de Severus d'avoir été la fille de Julius Aquila ou Aquilius et de s'être appelée Julia Aquilia, comme la seconde femme d'Elagabale (Julia Aquilia Severa), qui était peut-être sa descendante. Des lettres plus ou moins effacées

loVAllAXAKVAAIAN'

Tournefort a pu fort bien tirer son inonslnini

K'Al'AKrAAIAX.

Je souhaite qu'on en débarrasse l'onomastique gauloise.

Théodore RllNACH.

1. On pourrait aussi soupçonner KA- AKVAAIAN : un autre cousin lie notre liéros s'appelle Cl(audius) Severus, nom porté par beaucoup de personnages connus (/'nw^(Y., I, 598 suiv.). Peut-être encore l'inscription lie Tournefort n'est-elle que la moitié d"une dédicace complète dont l'autre moitié était consacrée au mari; alors la partie conservée commençait par KAlAlvVAAIA.N, cjui se rapproche encore davantage de KaiaxjXa'.av.

THE DESTRUCTION OF DERGA'S HOSTEL

This ancient taie, apart from its pathos and beauty, de- serves attention from the facts that it turns on the primeval beliefin the ruin wrought by the violation of tabus, that it contains some évidence of the survival of totémisme and that it has suggested the noblest English poem ever written by an Irishman-. The following édition is based on eight vellum copies, ail more or less imperfect. They are as follows:

1. LU. The Lebor na hUidre or Book of the Dun, a MS. of the end of theeleventh or beginning of the twelfch ccntury, in the library of the Royal Irish Academy. Hère the beginning of the taie is lost the first words of it bcing ... airiut. Nate cm, ^21 infra, p. 83''ofthe fiicsimile, Dublin, 1870.

2. YBL. The Yellow Book of Lecan, a MS. mostly of the fifteenth century, in the library of Trinity Collège, Dublin, formerly marked H. 2. 16, but now (according to Dr Abbott's catalogue) 13 18. The taie hère begins at p. 91, and ends on p. 104, ofthe photolithograph publishcd in 1896. It omits the descriptions of many members of Conaire's retinue, which are contained in LU. p. 93 et seq. Though YBL. is much later in date than LU. it préserves some Old-Irisli forms which hâve bcen modernised in the elder copy.

3. YBL^. In YBL. are two pages (432, 433) which contain the beginning of our taie in a latcr hand and corrupt spelling.

1. Ncttlau, Rcv. Cclt., XII, 253, and sec Salomon Rciiiach, Rcv. Cclt., XXI, 287.

2. Conary, by the late Sir Samuel Ferguson.

10 W'hithy Stokes.

This fragment commences with the words Biii ri^h aomrui airegihi for Hiriini, and ends \vit!i : dobcrlt s'uihc .u.iii. cuniala, § 8 infra. It will licre be denoted bv YBL-.

4. II. This codex, of varions dates and handwritings, is also in the library ofTrinity Collège, Dublin. It was formcriy marked H. 2. 17, but is now numbered 13 19. It contains three fragments of our taie in a hand, I think, of the fifteenth century. The fîrst begins (p. 477) imperfectly with the words josnaidni ugiall Teinrach. Amra, n-amro, ol imi slogh,^ 15 infra^ and ends: Cia feras an failtei, § 39 infra. The second fragment begins : Atchiusai îet, ol sisi, connch ernaboi cacr na carnai diot, § 62, infra, and ends : gala mathgamna 7 hroihoi Icoman, § 92 infra. The third fragment begins : Ro hoi iariim ina cotlud in maethoclach, §101 infra, and ends imperfectly with : iviaricfi jrl. ni ho, §111. For a loan of this MS. I am indebted to the Board ofTrinity Collège.

5. F. The Book of Fermoy. This fifteenth-century vellum, now in the librarv of the Royal Irish Academy, contains in pp. 213-216 two fragments of our taie. The first begins im- perfectly with: ianim inna codliilh in môetoiclach, §101 infra. The second begins (p. 214), with Adconnarc and nonbor ind inidai, § 216 infra, and ends miperfectly (p. 216) with oencoss 7 licnhuin 7 niHcc, § 136 intra.

6. S. The Stowe MS. 992 (now marked D. _|. 2) is kcpt in the library of the Royal Irish Academy. K. Meyer, Rev. Celt., VI, 173, 190, XI, 435-436, says that it was written at Frankford, King\s Co. in 1300. This excellent MS. contains three fragments of our taie. The first (fo. 85^-90^2) cxtends from the beginning {Bai ri anirai aircgda, etc.) to the end of § III infra. The second from § 126 to the second lineof § 135 (0 gabais trcbad ni ro). The third from a bcn, ar sa, ni ciiil etc. § 161 infra, to the colophon : G';;id é cath na maidne ar Briiidin D.\ Br/g conicc sin. FIXIF.

7. Eg. Egerton 1782, a MS. in the British Muséum, described in M. d'Arbois de Jubainville's Essai d'un Catalogue,

The Dciiniclion of iiJ Deiga's Hostcl. i i

p. xwi, xxvii. The copy of oiir talc contained in this MS. may be said to bclong to a second recension, which was preccded by three Ibretales (rcnisccla), viz. Tcshaid E lui ne in- ginc AilcUa, Tnvndani Echach Aircman and Aisnéis Sicle Maie ind Ôe do Mider Breg Leifh in a sid (LU. 99' 13, Eg. 120'' i). It commences (f. irS-'), with an account ofEochaid's recap- ture of his wife Étdin from the elfking Midtr of Bri Léith'. This incident, according to the second recension, causcd the vendetta hetween the elves and Eochaid's descendants, which resLilted in the cruel death of his great-grandson Conaire. Then (fo. i iS** 2) we hâve the marriage of Cormac « the man of three gifts » to Eochaid's daughter, called, like her mother, Étdin, With his désertion ofÉtain because she bore daughters only, Eg. begins to agrée almost Verbatim with YBL. and St. 4 infra), and from fo. 120'' i (... orut. Nateem, oU seisiunî) with LU. 21 infra). But Eg. contains many additions and variants, which are mentioned in Nettlau's able articles on our taie, or in the footnotes and appendix to the présent édi- tion. On the other hand, it has lost three leaves, one corres- ponding with LU. p. 88^26, another v:ith LU. from 88'' 7, and a third with LU. p. 93, 1. 4 93' 5.

8. Eg.'. Egerton 92, another MS. in the British Muséum written in 1453 (Rev. Celt., XI, 436). This contains (f. 18) two fragments of our taie ; the first extending from the be- ginning to 1. 3 of § 54 (Ta cèin, for Ingeel), the second from iarna rathugud. Teit corranic, § 72, to the end of the de- scription of Conaire, § 100.

So much has been already written about the Bruden Derga that it is hère necessary only to give a list of the chief notices of the subjcct :

Rorannad Heriu iarsin. hi côic, iar n-arcain Contre Môir maie Etarsceoil hi mBrudin Dd Derga, Thereafter Ireland was divided into five , a/ter the desintction of Conaire the Gréa l, son of Etarscél, in the Hostel of Derga, Annals of Tigernach, Rev. Celt., XVI, 405.

I. Sec the Dindsenchas of Rjith Essa, LL. 1651.

I 2 Wliitley Stoks.

Togail BruiJnc Da Bcrga' (ut alii aiunt, scd certc falluntur) for Conaire Môr Tb^ sack of Dergas Hostcl, on Conairc thc Grcat, as sonw say, but thcy are sure l y lurong, Ibid., p. 411.

(According to the former cntry the Destruction took place soon after tlie battle of Actium, B. C. 31. According to the latter, the datewasA.D. 43 or thcreabouts).

Ar bàtar fri hEnv//; cen sniacht rig fo/'ro f/'i rc .uii. nibHa- d(/// iar ndith Conaire i niBrudin Dcrca, LU. 46' 7-9, for the iiien of Irelaud had 110 kiug's aulhorily upon ihemjor the space of sève II years after the death of Conaire in Da Dériva' s Hostel.

Orgain Bruidne l'ii Dcrg.v, LU. 91/ 12 (slicht Libair Dromma sneciua)

Kt Togail Bruidne ùi Dcrgga, list of the priinsceoiJ, LL. 189^ last line.

No Togail Bruidne Derga, Rawl. B. 512, fo. 109'' 2, and Harl. 5280, fo. 47.

Togail Tigi Ner/^/ain ocus Bruidne Da Derg ocus Da Choc. Harl. 432, fo. 3'' 2, printed in Ancient Laïus, I, 46.

GillaCoemàin's chronological poems, LL. 129^37-40, 131-^ 20, 21.

The dindsenchas of Benn Etair, LL. r9)'': of Ràith Esa, LL. 163': of Ràith Cnàmrossa, Rev. Celt., XV, 333.

The Annals of the Four Masters, A. M. 5160.

O'Curry, MS. Materials of IrisJ) Historx, pp. 238-239, Manners and Custoins, I, 20, 72, 74, 219, 306, 335> 350, 35 5, 370» 379,382, 383, 390, 431, 433, 447, 462, 463; III, 1 36-1 51 (with thirty e.xtracts, ail, save two, inac- curate), 165, 183, 184, 189, 190 (with four extracts, ail inac- curate), 367 368.

d'Arbois de JubainviJle, Essai d'un Catalogue, 180-181.

Zimmer, Zeitschr. f. vcrgl. Sprachforschung, XXVIII, 554-585-

I. Horc Bercail (i. e. Bher^'u) is a corruption of Dériva (i. c. Dth'rga) as Iiiiiljal M Jcw » of Iiuilml, etc. The gen. sg. i/.i in Brtiideu di Dcr^a, dd Clwa, Riv (nom. sg. Diiii, Trip. Life 550, 1. 50, LL. 519'-" 17) mav stand for * Dûii, and be cognate, perliaps, with Lat. Dàvus, a comnioii name for a slave in Plautus and Terence. Cf. the names of whicli the (îrst élément \s i^illc, viacJ, uiu.;, Rhvs, Cctlic Brilaiii, 239.

The Dcstnution 0/ /)<! Deii;a's Hosle!. 1 5

Zimmcr, Zeitschr. f. deiitschcs Altcrthum, XXXV, 13.

Nctilau, Rcv. G'//., XII, 229, 444; XIII, 252; XIV, 137.

In tlie présent édition tlie version in the Yellow Book of Lecan has been tblloweJ as far as the first tive words of§ 21. Thence to the end the version in Lebor na hUidre has been taken as basis. Letters and words omitted by the scribe are supplied in square brackets. AU various readings of any im- portance are given in the footnotes. The Appendix contains various illustrative passages, which owing to their length, could not be printed at the bottoni of the pages. The Glos- sarial Index will, I trust, be found a uscful supplément to Prof. Windisch's Wôrterbuch. The transhuion must be regarded as merelv tentative so many are the uzxz '/.i-fiij.vtx m the Irish text, so obvions the corruptions, vvhich I, at Icast, am unable to cure. ^

W. S.

IXCIWT TOGAIL BRUIDNE DA DERGA '^H. 2. 16, col. 716, Facs. 9r\)

I. Bui ri amra airegda for Eriiiii, Eochaid Feidleach a ainm. Doluid' feacht//.<- n-ann dar Aenach mBreg Leith, roiiAcciù in mnai for ur in tobair, 7 cir chuirréil- argit co n-ccor de or acthe 3 oc folcud al-luiiig argit, 7 ceithri heoin oir t///rri, 7 gleorgemai beccai di charrmogul chorcrai hi fortleascuih -^ na liiingi. Brat cas corcra, foloi > chain aicthe^. Dualldai airgdidi ecoirside, [milech | de or oibinniu isi|n] bratt. Lcne lebur- chulpatar/;^ is" i cIiotut[s]lemon dei shitiu uainide fo dc/'ginUud oir impi. Tuagmila ingantai di or 7 airget*^ br a bruindi[b] 7

1. Toluid St.

2. sic Ir. Te.Kte, I, 119. cir chuirrel YBL. St. ci'r coréil YBL^. 5. acce St.

4. forflescaib St.

5. folôi St. foloi YBL2.

6. aicce St. aicc, aica: YBL^.

7. os St.

8. d'or 7 d'argat YBL^.

14 Wliitley Stokts.

A formnaib 7 a guallib isind Icnc di c.ich Icitli. Taitncd ' f;ia in grian cobba fod.-rg- doua fcniib taidicach ind oir f;isin ngn'V// asin t[sjitiu uain[i]di. Da trilis n-orbuidi for a cind. lige ccit/'/i ndual ceachtar ndc, 7 nicll for rind cach duail. Ba cosmail Ico dath ind tbilt sin f/i barr n-ailcstair hi samrad, iw (n d<vg(')r iar ndc 11 a m a dath a.

Bi'ginncth the Desiniction of Derj^a's Hoslel.

1. Thcrc was a fanions and noble kint^ ovcr Erin, named Eo- chaid Et'idlech. Once npon a lime hc came over ihe fairgrecn of Bri Léilb >, and hc saiv al thc cd_^e of a îucll a luonian zcith a hright comb of silver adorncd li'ith gold, ivashing in asilver basin wherein iL'crc four golden birds and liltle, bn'ght gcnis of pnrple carbunck in the riins of thc basin. A niant le shchad, curly and pnrple, a beautiful cloak, and in thc niant le silvery fringes arrangea, and a brooch offaircst gold. A kirtle shc U'ore, long, hooded, hard-smooth, of green silk, zcith red einbroidery ofgold. Marvelloiis clasps of gold and silver in the kirtle on her breasts and her shoulders and spaulds on cvery side. Thc sun kcpl shining upon her, so that the glistcning of the gold againsl the sun froni the green silk zvas ma- nifest to nien. On her head zvere two golden-yellow tresses, in each of li'hich zvas a plait of four locks, zvith a bead at the point of cach lock. The hue of that hair secnicd to theni likc thc fiùiver of the iris in siinnncr, or likc rcd gold after the burnishing thereof.

2. IS and bui oc taithbiuch a fiiilt dia folcud, 7 a da laim tria derc4 a sedlaig immach. Batar gilirhir sneachta n-6en- aidche> na di doit, 7 bat^r maethchoiri, 7 bat^7;- dtrgitliir sian slebe^ na da griiad nglanailli ". Bad^ïr duibithir druimne daeil na da malaich '. Bat^r inand 7 frais *^ do nemannaib a deta ina

1. Taithnidh YBL^.

2. corbo aideirg St. gumba oid«7g, YBL^.

5. Midcr's clfmound, west of Ardagh in tlie co. Longford. See tlie dindknchas. Rov Cclt.. XVI, 78.

4. tre dcirc YBI,:.

5. noenaichde YBL. naonhoidliche YBL-. n-6cnoidch Ir. Texte, I, iiq-

6. si6n slébe St. YBL>.

7. Om. St. gruaid YBLj.

S. kg. frass? inunn 7 fras, YBL=.

The Destruction of Deiga's Hoslcl. i 5

cind. Bat(T/' glasithir hugha na di shuil. B.ntir dcrghhir \x\v- t.iing ^ na beoil. Bawr forarda mine maetligcla na da gualaind. Baw/' gelglana sithfota na niera. Bawr fora na lama. Ba gili- rhir uan tuindi in taeb scng fota tlaith min maeth am<?/ olaiiul. BaM;- teiiiiblaithi sleamongeala na di sliasait. Bawr criiind- Lx'ga caladgela na di - glun. Batar gerrgela indildirgi na de - lurgain. Bawr coirdirgi iaraildi ^ na da4 shail. Cid riagail fo- certa forsna traigtliib sin i is ing m'adchotad egoir^ n-indib, acbt cia tormaisead feoil na fortche foraib. Sol//5ruiJiud inn esce" ina saeragaid, urthocbail uailli ina minmailgib, ruithen suirghe ceachtar a da rigrosc '^. Tibri ainiusa ceachtar a da gruad, co »-amlud indtibsen do ballaib bithchorcra co //deirgi fola laig, 7 araill eile co S0I//5 gili sneachta. Bocmacrdachd banamail ina glor, cem'? fosud n-inmalla'" acci, tochim rignaidi Ic^'. Ba si tra as caemeam 7 as aildeam 7 as coram atco/marcadar ^- suili doine de mnàib domain. Ba doig leo bed a sidaib di. Ba fria asbreth « cruth câch co hEtain », « caem cach co hEtain'3 ».

2. There she îuas, uiiL^oino; her hiiir la ■ivash il, zvilb hcr anus ont tbroiigh the sietvc-holcs of hcr siuoch. JVhile as thc snoiu of one iiighl lUirc thc two hands, soft and eveu, and red as foxglove werc the iu'O clcar-heatUiful cheeks. Dark as thc hack of a stag-lvclle thc tu'o eyebrou's. Lihe a shower of pearis lucrc thc leclh in hcr head. Bine as a hyacinth luere the eycs. Red as roiuan-herries the lips. Very high, smooth and soft-iuhite thc shouldcrs. Clcar-while and kngthy the fngers. Long luere the hands. IVhite as the foam of a luave zuas the flank, shiider, long, iender, smooth, soft as ivool.

1. partaic St.

2. da St.

3. iarslaidi St.

4. di St.

5. sic YBL2. Om. YBL.

6. ma cor ni ccoir St. mat cottat egoir YBL^.

7. Sol»iruided mi«ce St.

8. Tibhra St.

9. ccim St.

10. imfnmalla St.

11. YBL- omits this and thc two preccding sentences.

12. atco//dcatar St. attcoHdcattar YBL-.

13. Cf. cossin n-ôiii .i. co Crisl (gl. usquc ad unum), Wb. 2-' 21 (ad Rom., III, 12).

i6 Wintlty Slokes.

Polishfd aihl iuarni, slcck and îchitc (ivetr) the tivo tbighs. Round ami small, hard and u'hite the Iwo knees. Short and luhite and ruîeslraighl the tivo shins. Juslly straight, ... heaiitifnl the iwo heels. If a nicasure zverepiit on the fect it icoiild hardly bave fou nd theni uncijunl, unh'ss the JJesh of the coverings shouhi groiu upon the m. The bright radia nce of tJje tnoon ivas in her noble face : the loftiness of pride in Ijer sniooth eyebroius: the light of luooing in each of her régal e\es. A d impie of delight in each of lier cheeks, with an amlud ' (?) /;/ tl)em (at one tinie) of pur pie spots zvith redness ofa calf's blood, and at anolJjer irith tlje bright lustre of snow. Soft li'omanh dignity in her voice ; a step steady and sloiu she had : a (jueenly gait ivas hers. Verily, of thezvorld's luonien 'tivas she luas the dearestand loi'eliest and justest that the eyes of nien had everbeheld. It seemedto theni (king Eochaid and his fullowers) that sheiuasfrom the elfniounds. Of her îluis said : « Shapely are ail till (compared ■with) Étâin », « Dear are ail till (compared luith) Êtâin. »

3. Gabais saint in ri[g] n-impe focetoir, 7 daraidc - ter dia muindt/V riam di|a] hastud f();-acind. Imchomarcair in ri scela di, 7 asbtvt f/ia ina sloindiud: « Inum-biasa uair coibligi lat?» ol Eochaid.

Is ed doroachtmar ïon foesam sunn \ or si.

G's/, can dtit 7 can dolud^ ? ol Eochaid.

Ni ansa, ol si. Etain missi, ingen Etair ri eochraidi a sidaib. Atusa siind fichit mbliaJ(7;i o ro gcnar> i sid. Fir in tsidc, cttv rigu 7 chaemu, oc«m chuindchid, 7 ni etas form^ fobithin rot-car//ja [7 tucus] seirc Iclbhan o ba tualaing7 labartha ar th' airscelaib 7 t'ani//^, 7 nit-acca riam, 7 atot-gen^ focr'/oir ar do thuarascbail, is tu doroacht^ iar/mi.

1. Tiie late W. M. Hcnnessy rcndered this word by « dappling ».

2. rohi Ir. T., I, 120. dorriiide, St. dorathte YBL-.

5. Doroclitamar ci ad boisam sunn, St. doroii-/;tamar.. a boisam sunn YBL^

4. doluid, YBL. dokiidh YBL2. dollot. Ir. Texte, I, 120. doUuid, St. v gcnair, YBL. YBL^. St. gonar, I. T., I, 120.

6. ni lictus iuiaim fcss ri fer dib, I. T., I, 120.

7. rotcha;//ia scirc lelbain obsa tualang. St. rocarj/ia scarc lealua opsa tualaing, YBL-.

8. atotathgcn, 1. T., I. 120.

9. doriiaclitaniar I. T.. I. 120.

The Destruction oj Dd Dcrga's Hostel. 17

Ni ba taig' drochcarad hi cciu dait em, ol Eocliaid. Rot- bia [YBL. col. 717, p. 91''] fliilte, 7 Icicfider cach bean do mnaib airiut, 7 is acut t'aen///- biasa cein bas miad lat -.

Mo thinnsc/a coir dam, or si, 7 mo riar iar suidhiu.

Rot-bia, ol Eochaid.

DobéV'thar sccht eu m al a di,

) . A loiii^ii^^ for hcr slmightway sei^ed the King ; so he seul for- ward a Diaii of bis pcoplc la delain hcr. The kitii^ askcd fidings of hcr and said, u'hik aniioiincing hiinself : « Shall I bave an hour ofdalliancewith Ibee? »

« 'Tis for that lue hâve corne hither under ihy safeguard », quoth sbe.

« Query, zvhence art thon and ivbence hast thon conie ? » says Eochaid.

« Easy to say »^ guotb sbe. « Elc'tin ani I, daugbter of Eiar, king of the cavalcade froni the elfniounds. Ibavebeen hère for twenty years since I ivas horn in an elfniound. The nien of the elfmound, botb kings and nobles, bave been luooing me ; but nonght luas gotten from me, because ever since I was able to speak, I bave loved tbee and given tbee a cbild's love for the bigh taies about tbee and thy splendoiir. And thoiigh I had never seen tbee, I knew tbee at once from tby description: it is thou, then, I bave rcached. »

« No « seeking of an ill friend ajar » shall be tbine », says Eo- chaid. (( Thou shah hâve welconie, and for tbee every (other) îuoman shall bc left (by me), and with tbee alone ivill I live so long as thou hast bonour » .

(( My proper bride-price to me ! » sbe says, « and afteriuards my désire. »

(( Thou shah bave (botb) », says Eochaid.

Seven cumals 5 are ^iven to ber"^.

1. tochuiriutli, Ir. Texte, I, 120. ni ba taig .i. ni ba saga/, YBL^. Cf. taigid = to-saigid § 4.

2. an. céin bus miadh latt, YBL^.

3. i. e twenty-onc cows.

4. Thefirst tlircc paragraphs agrcc wilh Toclimarc ÉLiiiie, §§ 5, 4, S, as printed in Ir. Texte, I, 119-120.

Revue Celtique, XXII. 2

i8 WfiilUy Stokes.

4. Atbail in ri iariim .i. Eochaid Fcidhr/;.

lAr cind aimsirc Icicid Coniiac (.i. ri Ulad), fcar na t/i mbiiad|a|, ingin ln\Echiliich, daig ba liaimrit arht ingcn rug do Cl'.ornirtc iar ndeniim in brothchan doUvt ' a niathair di .i. in bcan a sidaib. Is and ashcn si f/'ia a mathair: Is cuil a nda- radais dam-, bid ingcn nos-ber'.

Ni ba bason-», ol a niathair, « biaid taigid rig t//;ri.

4. Tlji'ii thc kiii^, even Eochaid Feidkch, dies (Icavhig ouc daughter namcd , lihc hcr viother, h ta in, and wcddcd lo Comme , king of Ulaid).

A fier ihc nid of a tiinc Corniac, kini;^ of Ulaid, « ihc man of the ihrec gifis », forsahes Eochaid's danghlcr, because shc ivas harren s ave for onc daughtcr tbat she had borne io Cor mac after thc niahing of the pottage -which her nwther thc ivonian froni the eJfmounds gave her. Then shc said to her niother : « Bad is what thon hast given me : it zvill bc a daughtcr thaï I shall bear. »

<( Thaï 'U'ill noi begood »,sa\s Ijcr niolhcr : « a hing's piirsuit (?) iL'ill be on her. »

5. Dober Corni^/c ^ iar/nii arisi a'' mnai .i. Etain, 7 ba si a riar sidc, ingcn na ninà ro leigcad rcmpc7 do marbad. Nis- leicidc^ Cornuzc dia niathair di[a| altronini. Nos-berait iar//ni a da niogaid-scom dochuni chuithi, 7 tibidsi gen gairc tViu oca tabairt isin chuithi ">. Doluid a ng.v.*' n-airriu '" iar//ni. Nos- bcrad il-Uas nganina buachaillc nEtcrscclc maie hi'ti lair righ

1. in brothcliain dombert Eg. iiS^a. in brochain dobert. St. YBL2.

2. Is cuil dorata dam Eg. is cuil doralis dam, St. As cuil a ndorattd/V dam, YBL^. Thc cuit is gen. sg. of col. Strachaii compares the phrase l>a tut i If.

3. nomber Eg. nombcra St.

4. Ni b.iason Eg. nipa son YBL. 124. VBL^. Ni ba son St.

5. Dopcir Cormac (.i. righ Ului/), VBL-.

6. an YBL. a St.

7. ro Icicccdh roimpc, YBL'.

8. Nir'lcig Eg. Xislccidc St.

9. Eor thc Ei^crton version of this and thc following sentence sce Ap- pendix A.

10. Dolliiid a n2;us n-airri, St.

The Destruction of Dd Derga's Hostel. 19

Temrach, 7 rosn-altar ' s/Jc co inbo druinccli maitli, 7 ni bui i iiHcrind in<,v;/ rig b.id cliaimiu - oldas.

/. Thcii Cormac ivcds airain his luifc, even Etàin, and this tuas bis désire, that the daughter of the woman who had before bcen abaudoned [/. c. his own daughter^ shoiild be killed. So Cormac u'ould not leave thegirl to her mother to be niirsed. Then his two thralls take her to a pit, and she smiles a laughing smile at theni as Ihey lucrc piitling her inio it. Then their (kindly) nature came to theni. They carry her inio the calfshed of the cowhcrds of Etirscél, great-grandson of lar, kiiig of Tara, and they fostered her till she became a good enibroideress ; and there luas not in Ireland a hing's daughter dearer than she.

6. Dogni[th] teach fichti forche 5 leosum di, cen dor//5 n- ann cler, acht seinisuv 7 forleas nama. Airighit iX\du munter Ett?rscele an teach hisin, 7 adar leo ba biadh bui ann lasua bua- chailli. Luid fcar dib co ?;dcrcachai-* forsin forless, co n-accai in n-ingin rochaim roalaind isin tig. Adfiadar don rig anisin. Tiagait a munter uadh fochctoir dia breith cen athchomarc [ona buachaillip Eg.] 7 do sharugud in tigi, ar ba haimrit in ri, 7 dorairngiread do no berad bcan mac do 7 nad festa a cenél î.

Asbfrt^ in ri diJ//: Isi in bean sin dorairngiread damsa.

6. A fenced (?) hou se of ivickeriuork luas niade by the m. (the thralls) for her, luithout any door, but onJy aiuindowand askyligbt . King Eierscél's folk cspy that house and suppose that it luas food thaï the coiuherds kepl there. But one of theni went and looked through the skylight, and he saw in the house the dearest, beauti fui- lest niaideti ! This is told to the king, and slraightiaay he sends his

1. rosnaltatar, St. rosnalltatta/- YBL^.

2. bu caimiu, St.

3. fithi force St. fithte forcce YBL2. forcho Eg.

5. .sic St. ro«derca YBL. co/zdcrcaidi YBL^.

4. Et dorairrngcrtsit a druidhi don righ co mberath bcii na tînnfaithea cenel mac dond righ, Eg. 119^ i. 7 dorairrngjred d3iiobjr.id ben na feîta cenel mac do. St. Et dorairngin'th iiobra ben mac nitt fcasta a cinel.

6. Atbs7t, St.

20 W'hilley SloktS.

pivplf lo hreah the hoii.w ami carry ber o(f ivithout askin^i thc anu ht'nis. For ihc kiiitr inis chihUcss, and it bail hecu propbcsied to bim (l>\ bis u'i:^ariis) tlmt a uviiian of iDiioioicn race luouid bear biiii a sivi.

Tl.h'ii said tih' làiig: « Tins is tlje tuoiiiaii iIjuI bas Inrn proplk'sied to nie ! ))

7. INtan di(/// luii ann dadaig ' conaccA in n-cn fcrsin fo;- less addoc/j//ni -, 7 facaib a cncliendaich 3 (or lar in tigi, 7 luid cluiict[li]c t, 7 ardagaihs co ii-cpcn soin tVia : d Dofiltcr clui- ciit on rig do chosc;ad do thigc 7 dot brith chiici ar eigin, 7 bia'' torrach uainisea, 7 bera mac de, 7 ni niarba " eonu in mac sin, 7 bid Cc/niirc [mac Mcsc Buachalla] a ainni, ar ba Mes Buachalla a hainm-si dam'.

7. Noîu u'bili' sik' was tlk're nexl nwrning slje saw a Bird on tl)e sJcyligbt coniing to ijer, and i)e icaves bis birdshin on ibc floor of tlje Ijouse, and went to ber and captiired Ikr^, and said : « Tlk'y are coniing lo tbeefroni tbe king to ivreck tby bouse and to bring tljee to bim perforée. And tbon u>ilt be pregnant by me, and bear a son, and ibat son niust not kill birds9. And « Conaire, son of Mess Buaclmlla » sball be bis name, for bers was Mess Biuuballa, « tbe Cou'berds' fostercbild » '°.

8. Oeiis brcatha-si " cosin righ n-iaruni, 7 lot^r a licite le, 7 aranai[s|si dond /'ig '^, 7 dobtvt side seacht c/nnala disi 7

1 . issin aidhq//i Eg.

2. dar in forlcs dia doclium, Fg.

3. fojfacbaid a onchcnnaig, St.

4. cliuicc, St.

5. luitli cliuici co «dcriia coibligc frie, Eg.

6. aclit chcna atai, Eg.

7. nirra marba Eg.

8. il la saisit et la posséda.

9. cf. § 13. riiis passage indicates thc existence in Ireland of totems, and of the rule thatthe person to whoni a totem belongs must not kill the totem animal: see Rev. Celt., XII, 243, XXI. 2S6 n.

10. nifds À. dalta, O'Cl.

1 1 . ruccuth si, Eg. bretha si St.

12. rohcrnas in ingiun iarsin donJ ricli, Eg.

The Destruction of Dd Dergas Hostcl. 21

seacht ' c/niiahi - aili dia liaitib. Ocus dognithca ' airig doib-i iarsin, comdar reachtaidi ^ uilc, co)iid de ataat in da Fcidlimid Reachtaidi. Ociis Ivrc-si iar/nii mac dond rig .i. Coimrc mac Mcsi Buachalla. Ociis bazar lie a t/i drindrosci ^ forsin rig .i. altroin a inaic ewr [tjheora aicce7 .i. na haiti''^ rosn-altadar 7 na9 Maine Milscothacha, 7 atacomnaicsiflideisin'", 7 adbtrt-si inti dudrastar^' ni don mac so di feraih Herind dobera dinaib teoraib t/ebaib-sea ar ciiomet in maic^-.

S. And thcn she luas brought to thc kiiig, ami with hcr wciit l.vr fosterers, and she ivas hetrothcd to thcking, and hc gave her seven cumals and to her fosterers seven other cumals. And afterwards they ivere niade chieftains, so that they ail hecanie legitiniale, ivhence are Ihe liuo FedJimthi Rechtaidi. And thcn she bore a son to thc king, evcn Conaire son of Mess BiiachaUa, and thèse ivere her three urgent prayers to ihe king, to luit, the niirsing of her son among three hoiiseholds (?), that is, the fosterers laho had nur- tured her, and the (liuo) Honeyworded Mainès, and she herself is (the third) ; and she said that siich of the inen of Erin as shouhi li'ish (to do) aught for this boy shouhi g ive to tijosc three Jjoiiseijolds for the boy' s protection.

9. Alta iarum samlaid, 7 ro feadadar^3 fir Werend in mac so isin laithiu ir-ro genair focMoir, 7 ro alta in vnaic aile lesin .i. Fer le 7 Fer gar 7 Fer rogein, tri maie hui Duind Desa ind fendeada .i. fear sochraidhi '-) do shochraidi a M/<c-lesi.

1. .u.i'ii. YBL2.

2. Hère ends Y BL=.

3. dorighnit, Eg.

4. dib St.

5. rechtairi, Eg. reJ;/aire St.

6. 7 ba hiat a t;i drindruisc, St.

7. i teora aicci St.

8. haiti St. haici YBL.

9. na da St.

10. atcomnaic e bodesin St.

1 1. duthrastar St.

12. coemad in mie St.

1 3. rochûalat(/r Eg.

14. sochraid St.

22 WliitUy Stokes.

5?. Sa in thaï icisc hc icas rcaicd, ami ll.'c iiunof Erin straigljt- way hww t})is hoy on lljf iia\ Ijc icas horn. And otijcr boys were fostercd wili) i.'ini, to wit, Ver Le and Fer Gar and Fer Rogcin, l/jree greal-grandsons of Donn Dësa llje cimmpion, an arniy-nian of tlje ann\ front Mue-iesi(?).

10. Ro batar iXuiu tcora buada for Gmairc .i. biiaiJ cluaisi ^ 7 buaid radairc 7 buaid n-airdmesa, 7 ro muin buaid cach co- iiialta dia tri comaltaib dibsin -. Ocus nach > scre .i. dognitliea dosom dotcigtis di a ccthror-i. Citis tcora scire dognithi dosom no teigead cacli fcar dib dia serc. Inund citiud 7 gaiscead [YBL. col. 718, p. 92 'j 7 dath cach doib a ccathrur.

10. Koïc Conaire possessed lljrec gifls, to ivit, llje gift of l)ear- ing and tije gift of eycsigJjl and tije gift of judgment; and of lijosc lljree gifis l)e iangijt one to caci) of l)is tljree fosierbrotijers. And ■ivikitever nieal was prcpared for inm, llje four of t/.vin ivoitid go to il. Even ll.viiglj ll.u\e nicals icere prepared for Ijini eacij of tijeni luouid go to 1)is incal. Tf}c sanie raiment and arnioiir and colour of Jjorses imd thc four.

11. Marb in ri iar//m .i. Etcrscele. Co;/grenar tairbfeisî la iirii Hcrend À. no marbtha^ tarb leo, 7 no ithead oenfear a saith de, 7 no ibcad a cnbruithi, 7 no chanta or firindi/ f;iir ina ligiu. Fer atchichead^ ina chotlad is e bad ri, 7 atbaildis a beoil intan adbeiread gai.

//. TJjen ti)c idng, even Eterscéie, died. A buil-feasf) is gatJjer- ed(?) b\ the nien of Erin, (in order to détermine their future king) that is, a bull used to he killed l'x tl.'em and thereof one man

1. n-éstechto Eg.

2. .i. buàid rodercc la Fer ngair, bûaid n-oistechta la Fer rogein, buaid n-airdniiiisa la Ferle, Eg. 119*2.

3. cach, St.

4. do teigdis a ceathror co caitis, St.

5. ISinn amsir sin inimorro dognitliea tarbleiss, Eg. iigt i.

6. romrirbtiia Eg. St. noniarbad, YBL.

7. ôr firinde, St.

8. IN fer atcichsed, Eg. Fer atchiced, St.

9. Sec as to this Sergli^e Concutainn, Ir. Te.\tc, I. 200, 213, whence it appears that the bull was white (find).

The Pcslnictioii of IhTij^a's Uostel. 25

u'Oiihi ciit bis pu (iiiii diiuk ils brolh ', and a spcll of Intlh zuas cbaïUcd avcr biin in bis bcd. IVhosocvcr bc luouJd sec in bis sieep woiild bc bing, and Ibc siccpcr ivoiihi pcrisb- if Ijc ullcrcd a falsc- bood.

12. Baei ' Comùn a ccithri ca!rpthig-< il-Lifiii occa cluichiu>, a tri comaltai 7 se baddcisin. Lotar di(/// a aite chuicc^'* co tiiidchis('(/7 don tairbfeis*^. Alchonnairc fcar na tairbicisi intan sin ina chotlud îcr lomnocht'^ indiaid na haidchc iar sligi na Temrach 7 a cloch ina thailm.

Ragatsa dadaig, ol se, in tar ndegaid.

12. Four nicn in ci.mriols urrc on (ll)c Plain of) Lijfcy at t/jcir ganic, Conairc biniscif and bis tbrcc fostcrbrof/jcrs. T/jcn bis fostcr- ers ii'cnt to biin tijat Jjc inigbt repair fo ll.ic hiiU-fcast. TIjc huU- feasler, tboi in bis siccp, al ibc end of ibc nigbl hcJ.icld a nian sliuk- nahcd, passing a long Ibe road of Tara, luiib a slone in bis sling.

« I ivill go in Ibc niorning aficr yoii »^ quolb Ijc.

13. Fanacbasa^° achomaltai occacluchiu, 7 imasai a charprt'/ 7 a arai[d] co mbai oc Ath cliatli'^ Ct'//acae eonu findbreca mora and ecomdighe^- ar met 7 dath [7 coemi^î]. Imsai^4 ina ndegaidh comdar scitha ind eich. No teigtis fot na hurchara^î

1. At Acgira in Achaia the priestess of Earth drnnk thc fresh blood of a buU before she descended into thc cave to prophesv, Frazcr, Thc Golden Bûuoh, I, 154, citing Pliny H. N. xxviii-147.

2. litcrally : his lips would perish.

3. Bui St.

4. a cethror cairpdech, Eg.

5. chluichiu St.

6. altercd in YBL. to chuige.

7. a aiti chuici co tuidched, St.

8. 7 asbertatar fris ara ndeclisad don tarbfcis co Tcniraig. Ragatsa, ar se, himarach dadaig in barndegaid, Eg.

g. faenlomnat/;/. St.

10. leg. P'oracaib seom? Fanacbat a comaltai oca cliluichiu St. they leave him al his gavie.

11. IS annsin dawo ro fhâcaib a t/i comaltai acon cluichi, ocus immarsûi seom ina carpat 7 a ara co liibûi i n-Ath cliath. .\n\al rombai scom ann, Eg.

12. até écomtige Eg.

15. sic Eg. 7 dot»/cimsium St.

14. Gabaid Co«aire Eg.

I). No theigtis fot n-aurchora St.

24 Wliitley Stokes.

riam 7 ni thci^tis ni biid shirc'. Taurbling 7 gaibid a tliailm doib asin chaibad-. Imsui co mbui oc m///V ina ndcgaid \ Fosracmct' iiid coin forsin tuind. Luid-scom cluicu co ta- hnn a laim tairrsiu. Fofacbadî na hcoin a n-cnchcndcha, 7 imda-siiat fair co ngaib ocus claidbib. Aincithi fer dib hc^, 7 atngladastar co n-epen f/is. Is mise Nemglan ri cnlaithi do atiiar, 7 argarad dit dibrug/zd en 7, ar ni fuil sund neacii na pad*^ dir'-^ dait o a athair no mathair'°.

Ni teadarsa, ol seiseam, cosaniu'' sin.

Eirg do Themraig innocht, ol se; is coru deit. Ata tairbteis ann, 7 is tu bas ri de .i. fer loinnacht [ragas Eg.] indiaid na haidchi iar sligi|d] di sligthib na Tcmrach, 7 cloch 7 tailm lais, is e bas ri.

I). He left bis fosUrhrolhcrs at thcir game, aud turned bis cba- riol and bis cbariolecr until be was in Dublin. Tberc be saw greal, wbile-speckled birds, of uuusual si:^e and colour and beauty. He pursues tben until bis borses werc tired. Tbe birds u'ouid go a spearcasl bcforc biin, and would not go any furibcr. He aligbled, and takes bis slingfor tbeni out of tbe cbariol. He goes a/ter tbeni until be was at tbe sea. Tbe birds betahe tbeni selves on tbe wave. He went ta tbeni and overcanie tbeni ". Tbe birds quit tbeir birdskins, and turn iipon biin ivitb spears and swords. One of tbeni protects bini, and addressed bini, saying: « / a ni Nemglan, king of tby father's birds; an! tbon bast becn forbidden to cast at birds ^i, for bere tbere is no one that sbould not be dear to tbee becausc of bis fatber or niotber. »

1. bettcr ni bu s!a St.

2. Tairling CoHaire 7 gabaid a tailm 7 gabaid ior a ndibrucud, Eg.

3. ina ndeadaich YBL. na ndegaid, Eg.

4. Tiagait Eg. Fosrumet, St.

5. Facbait Eg. St.

6. 7 marbaid scom cenmotha oenfer ro cunnig anachul fair, « and he kills them (ail) save one man who asked quarter of him », Eg. 119b 2.

7. etrofôcradduit, arse, nemdibrucJ/Jén, Eg. ardogradditdibrigudén,St.

8. nad na St.

9. duall Eg.

10. o ath(i/r a mâthair, St.

11 . cosinndiu St.

12. Cf. doberait laim tairis, LL. 402'' 31. 15. See C 7 supra.

The Destruction of Pa Dert^ij's Hostel. 25

« Till tcdax y>, says Couairc, « I kiicw noi ihis. » « Goto Tara iouiiihl »^ says Ncni^iJan; « 'lis Jillcsl for ihrc. A btill-fcasl is there, and ihrongh il thou shalt be hing. A )iiau stark-nahed, luho sball go al Ihe end of ihc nighl a long one of ihc roads of Tara, having a stonc and a sling 'lis he ihat sball bc king. »

14. LuiJ-seoin iar/nn in criith-sa, 7 badar tri rig cacha sraitc dina ccithri sraitib dia tiagad do TQmraig oca urnaidc- seom, 7 etach acco do, ar is lomnacht darairngircad a tai- deachd. Co»acce[s] som^ ôiono roiit forsa mbatar^ a aite, 7 dobc/- tatar etach rig do imbi, 7 da[m]bn'tatar hi carp///, 7 forncnaisc a giallu.

14. So in ihis ivisc Conairc farcd jorlh; and on cach of ibc jour roads ivbercby mat go lo Tara Iberc luerc ibrce kings aivailing bini, and tbey bad rainieni for hiin, sincc il bad bcen forelohl ibal he wotdd corne stark-naked. Tben bc luas sccn froui ibc road on u'hichbis foslerers luere, and Ibcy pul royal raiincnl aboul bini, and placcd bini in a cbariol, and bc bound bis plcdgcs.

15. Asbcrtatar aes na Temrach fris: Atar-lind is coll ro coillead ar tarbfeis 7 ar n-ôr firinde, mad? gilla oc amulchach tarfas dunn and.

« Ni méti anni sin4 », « ol seiseam : « ni hainim ri 6c es- labar mar missi do bith ir-rigi, uair5 is cert n-athrtfr7 seanathar damsa fonaidm^ rigiall Temrach. »

« Amrae, n-amrae! » ol in sluag. Saidit" rigi n-Er^;»z^imbi. Ocns asb^rt-som : « Imcaemrosa9 do gaethaib corbom gaeth fodeisin^°. »

1. conaccessom, Eg.

2. sic St. formatar YBL.

3. inad YBL. intan Eg. 1782. inid, St.

4. Ni fircàn âm ar.isin, Eg. 120^1.

5. sic Eg. Hcrc YBL. is corrupt and unintcUigiblc : lii hainim ri oc cs- lobar. ni misi d'idu eis/ie.

6. Hère H. bcgins.

7. saigid YBL. St. suidit St.

8. Sudit iarsin ri'g, Eg.

9. Imcoemrî«a St. s-fut. sg. oi imcomarcim. Dogénsae imconiarcc, Eg. 10. badesin St. fodeissin Eg.

26 Wliillcy Stokes.

I J. The folk of Ta ni said lo biiii : « // sccms to us that our hiillfeast and oiir spcll oj tnilh arc a fa Unir, if il bc onl\ a \t>nnij, hcardlcss lad thaï u'c bave visionai iherein. »

« Thaï is of no moment », quoth hc. « For a youni^, ^encrons /:/««,' li/xi' nw to hc in thc kingship is no disgrâce, since thc binding of Tara' s pledges is mine by right of father and grandsirc. »

« Excel! eut ! excellent ! » sass thc host. The\ set thc kingship of Erin itpon hini. And hc said : « I luill enqnirc of luisc inen that I inxsclf may hc wise. »

i6. Aslv/'t inso luiik- ami?/ roinmuin do in fer ocon tuind : Is cd asbcrt ' tris :

Biaid airmitiu- ion ilaith, 7 bid saincaiiK;// iiid cntlaith, 7 bid si do airmitiu' .i.-< do glics.

Ni tliuidchis dcascah Tcmrach 7 tuaithbiul mBreg.

Nir' taifniciiter^ lat claenniila Cernai.

Ocns nir' echtra cach nomad/ n-aidche scach Thcamair^,

Ocus nir' faei9 i tig as mbi eggna'^ suillsi tenead inmach iar fuineadii ng/vne 7 imbi ccnai dammuig ".

Ocns ni tiassa[t]^- riut t/i Df/ga'3 do thig Deirg'-».

Ocns nir'ragbaiter [YBL. col. 749, p. 92''] diberg'^ id'^ ("laith.

1. asKr YBL. St. Is ed isp^M H.

2. airmitniu YBL.

5. airmitiu H. St. airmitniu dog/cs. St. 4. sic H. 01)1. YBL.

). dcsil H. dcisil St. desel Eg. leg. desipL

6. 7 ni rotaifnithtv H. nir thaibnit/jtr St. Eg.

7. nomaid aidchc St.

8. scch Teniraig St. scoh Tenini/> iar»w; H.

9. foide H. 7 niroi St.

10. asa mbi sprc na soillsi tcne iniach. St.

11. di moigh H. &.\ muig St.

12. liasat H.

I ^ Dcirg H. St.

14. Cf. co tecli nDcirg. LL. 19)».

!>. nir fagbaithcr dlbcirg. St.

it). it H. St.

The Dtstniclion of l\i ncrj;a's Hostcl. 27

0ins ni tac dam acnnina //(icnfir' i tech tort iar tiiincad ng/i'iic. ikiis ni ahurrais- aug/a do da moghud>.

16. (Thcii) hc tiltcrcii ail tbis as hc haJ hcoi lan^hi hy ihc iiudi al thc luave, who said ihis to bini : « Thy reign will hc snhjccl to a rcstriclioii, but ihc hird-rcig-n will bc noble, aud ihis shall hc thy restriction, i. c. thy labii.

Thoti shalt flot i^o righihandwisc roniid Tara aiul hjthaiulwisc round Brcgia.

Thc cvil-bcasts of Cerna iniisl nol be hunled by ihcc.

And thou shalt not go ont evcry ninth night beyond Tara.

Thon shalt not sleep in a honscfroni luhich firdight is inanifcst outside, aftcr sunset, and in luhich (light) is ma ni/est f roui zuitbont.

And ihree Reds shall not go before thec to Red's housc.

And no rapine shall be wronght in thy reign.

And after sunset a conipaiiy of o)ie -avuian or oiie iiian shall not enter the house in ivhich thon art.

And thon shalt not scttle(?) the quarrel of thy tiuo thralls.

17. Ro batar tra dcolatchaire-^ mora inna flaith .i. secht mbarca cach mis 5 mitliemon^do" gab^7/7 oc Inbiur Colhtha cacha h\\2idna, 7 mes co^ gluine cach tbgmair9, 7 imbas ior Buais 7 Boind i medon in mis mithemon cacha hWadna, 7 imbet cainchomraic conixrix bi '" neach in n-aile '^ inn Exinn fria flaith. Ocns ba'- bindithir la cach n-aen guth aroilc inn V.rinn fria flaith'' ocns betis tcta nu^mchrot'^. Ni luaisccad

1. ni thc dàm oenlir no aonmna H. ocnmna St.

2. ug/ois H. aurrais St.

3. mogaid St. For tlic variants of Eg. sec Appcndix § 14.

4. dcolcaire, H. dcolathchaire, St.

5. cacha mi's H. cac/;a mis St.

6. mithcmain, St.

7. da Facs. do St.

8. coii YBL. wherc thc dot is a punctum delcns. g. co glu'uep gâcha foghamuir H.

10. boi H. bai St.

11. cona rabi nech ac boin Eg. co«a rubai, St.

12. comba H.

13. St. omits inn Erin fria jla'uti, wliich secnis wrongly repeatcd froni the preceding sentence.

14. OcHs ba binnithir tctae cach n-ocngulh no chanad, Eg.

2R U7;/7- V Stokcs.

gacth caircccli tiibô o mcdon carraich co nicadon foglimair. Nir'bo thoirncach ainbt|li|incacli a flaith'.

//. N(Ki' ihcrc ivcrc in bis rcign ^rcat bounlics, lo zcit, srcen ships in evcrx Jiiuc in ez'cry year arriving al hiver Colplha ^, and oak- niast up lo tbc knccs in cvcry aulnnin, niul picnty (of Jish) in (ihe rivets) Bush and Boyne in ihe June of each year, and such ahun- dance oj good will thaï no one sleu>anolher in Erin during bis reign. And to every o)ie in Erin bis felloivs voice seenied as siveel as tbe sirings of lûtes. Froni niid-sprino lo mid-autumn no ivind dis- liirbed a coius lail. His reign was neilber tbunderous nor storniyK

i8. Fodordsat iar/nii a chomaltai-scom im gabail dana a n-ath<7/' 7 a scaiiatliar dib .i. Gat 7 Brat 7 Guin dainc-^ 7 Di- bcrg. Gatsat sidc na tcora gâta ar in n-ocntcr .i. niucc 7 ag 7 bo cacha h\\Ml)ia, co ;/-accaitis ca hindeochad^ doberad in ri fiVTLi ind, 7 cia domain doairgebad^ don rig in gat in[n|a flaith.

iS. Ncnu bis foslerhrotbers niunuured al tbe tahing froni tbeni of tik'ir fatber's and tbeir grand s ire' s gifts, nanieJy Tbeft and Rol'bery and Slaugbter of nieti and Rapine. Tbey tbieved tbe tbree ibefls froni tbe sanie nian, to -wit, a swine and an o.x and a coiv, every year, that tbey niigbt see ivbat punisbnient tljerefor tbe king u'ould inflict upoti tbeni, and lubal damage tlje tbeft in bis reign u'onld cause io tlje king.

19. Dothcccd7 d'uiu^ car/m bHa(/;/(/ in fer t/X'bar dia chai- nead9 frisin rig, 7 asberead in ri fris: Eirg co n-arhiit<'r'° tri

1. The entry in the Annals of thc Four Mastcrs at A. M. 5160 seems fasliioned 011 tliis paragraph.

2. Thc mo'Jth of the river Boyne.

3. As to tlie influence of a good king on the seasons, see thc Rolls édi- tion of the Tripartite Life, p. 507, note.

4. duine H. St.

). hindechad Hg. H. hinneciiad, St.

6. no taircébad Kg.

7. noteged Eg. Tcideth H. Do teged St.

8. diu H.

9. écàoine Eg. acaeine H. accaine St. 10. Eirg 7 aceaill, Hg. av/airlaither H.

The Destruction of Dagu's Hostel. 29

m(ïccu ' hi'ii Duind dcsa, it c rota-thuigscad -. Folaimtis a guin 3 cacha fecluais no theigead dia rad friu. Ni tindtadh som cosin rig af/isi-i arnach ruidead^' [Conairc a lott-som. Eg.]

i^. Now a'ery ycar tbe fariner ivould coiiic to ihc Iciiii^' lo coiii- pJaiii, ami îhc hing ivouhi say to bini. « Go thon atid adârcss Doiin désa's thrcc grcat-grandsons, for 'fis they that bave taken tbe beasts. » Wbenever be went to speak to tbem (Doiiii Dcsà's des- cends) they li'onld alniost kill bini^, and be woiild noi reluni lo tbe king lest Conaire sboiiJd attend (l)" bis burl.

20. Onni iar/nn ros-gah miad 7 imtholtu ^ iat, gabsat9 di- bc[i]rg co niiïrcaib Baithi fer n-Erenn impu. T/'i cboecait fear doib. intan badar oc faelad i crich Connacbt occa munud, con- dad acca'° muicid " Maine Milscothaig iat [occa dénam, Eg.J 7 nin-acca'- riam anisin. Luid for teichead^'. Orochualatar '-i som lotar ina deagaid^î. Eigthi in muccid, co tanic tuath'^ in da Maine fae, 7 co n-argabait'7 na ir'x clioecait fer fo;/a fc^rban- naib, 7 bcrtair do Themair'^, 7 fogellsat m ri[g] imbi, co n-Q^en- side : « Oircead cach a m^rc, 7 aincitev mo daltai-seo.

20. Since, tben, pride aud unlfulness posscsscd thein, tbe\ took to niaranding, surronnded by tbe sons of ibe lords of tbe nien of

1. con-arlaiter tn maie St.

2. is siat rod-ucsat Eg. it lié roda tuicset H. it e roda-huicset. St.

3. nguiii YBL. St. guin H.

4. doridisi Eg. afrithisi H.

5. ro fuided Eg. ruitheth H. cruided, St.

6. Cf. ac folmasi agonaLL. 74» 19. fotaimtis 3d pi. 2dy près. o( fotâniiir suscipio, tento, (ï-:/v.^^i'o, Strachaii. Déponent, p. 13, note 4).

7. riiiileud perliaps =-^ ro-lethed (rofuided, Eg.)

8. sic St. imtoltu YBL.

9. gabsait St.

10. conacca Eg. ro;/faca H. conacad St.

1 1. muicidc St.

12. ni aca St.

13. Luith-sim ïor telched rompaib, H.

14. Forochualatar YBL. O ro cnaJolrtr H. O ro cnalatar St.

15. ociis luid for techcd mara a)/;cathar lotar na dcgaid, Eg.

16. Eigis in muccaid co tancatar tuatha Eg.

17. co roergabait Eg. conorgabat H. conorgubàii St.

18. Themraio; St.

;o Whitley Stokcs.

Er'ni. Thricc fif'l\ iiicn l.uul thcv as pupils ïuhcn lhc\ (ihc piipils) u'i'rc îL'cre-ic'olfini^' in tJh' province of Connatight , until Maine Mil- srolhach's su'ineherd sinu iheni, and he had never seen thaï hefore. He ivent in flight. Whcn ihey heard In m they pnrsued him. The szL'itieherd shnuled, and ihe people of ihe Iwo Mainès came to him, and ihe ihrice fifty men iverc arrested, along luilh thcir a a. xi lia ries, and laken lo Tara. They consulled Ihe king concerninar ihe maller, and he said : ■■< Lcl each (father) slay his son, but Jet my fosterlings he spared. »

21. Cet, cet! or c.ich, « dogentar (LU. 83'] airiut.

Natc eni, ol sesseom. ni Iiaurciir- sâegail daip.sa in bretli ron-uc//^. Ni crocii faite/' ind fir, achi eirgct senôri Icôsom cor- ràhif-' a ndibeirg for fn'ii Aipan.

21. « Leave, Jeavc! » sa\s every one: « // sinill he donc for ihee. »

« Nay indeed y>, quolh he ; //o^ « cast of life » by me isthc doom I hâve delivered. The men shall not he hung ; but le! vétérans go îvilh ihem thaï they max ivreak their rapine on the men of Alba. »

22. Dogniat> ani-sin. Tiagait ass forsin farrci co comarncc- târî fri mac rig I3retan .i. Ingcél Câech h//(7 Conmaic^\ t;i .1. fer7 conx senorih Ico co coniarnectar^ torsind fargge.

Dogniat cairdes, 7 tiagait la Ingcel cor-r61sat9 a ndibeirg lais.

22. This they do. Thence they pat to sea and met the son of the king of Britain, cven Ingcel the One-exed, grandson of Conmac: thrice Jijtx men and their vêlera ns they met npon îhe sea.

1. faotalt) .i. foglaim, O'Cl.; but cf. fri j'adad .i. / coiir\i']iicJ}tail>J}, C6ir Anniann, Ir. Texte, III, 376.

2. hurcro H. luircra St. haurchor YBL.

3. co ro laat, St. corolat YBL.

4. Dogenad, St.

$. co comainieachtair YBL. girro comruicsit H. cor comraigset St.

6. mac hui G)«nii//cni YBL. Conniaicne St.

7. triar fer H. t/iar fer YBL.

8. co gur comraicsit H. cur' comraigset St. co comariieachtair YBL.

9. co rolasat Ea, i20'm-'. corrolasat YBL. corrolasaut H. corralasat St.

The Dcstiiiclion of Der^a's Hostel. 51

They niiihc an alliance, ami go wilb Ingccl and ivronghl rajinc ZL'ilh hini.

23. IS i orcain tiic ;x ain tcndosoni. C('//[id]si adaig and sin ro CLirthea a math(//V 7 a ath^r/V' 7 a sccht- ndcrbrathir do thig rig a tluiathe. Ortâ uli la Ingccl i n-6en aidchi. Dolotar 3 trâ forsin flirci-^ anall hi tir n-Eroid do chuingid> oirgne fôn or- guin ro dligestâr^' Ingccl dib.

2^. This is ihc destruction which bis oiun impulse gave hiin. That luas tlh' night that Jjis viotijcr and bis fatln'r and J)is seven hrothers had beoi hidden lo ibc Ijonseof tbeking of bis district. Ail of tbem were destroycd l'y Ingcél in a single nigbt. Tbcn they (thc Irisb pirates) put ont to sea to tbe land of Eriii to seek a destruction (as paxnient) for tbat to wbicb Ingcél bail been cntitlcil froni tbeni.

24. Ldnsid" i n-Erind hi flaith^ Conaire, acht bôi imnesse catha etcr da Corpr^ hi Tûathmumain. chomalta dosom îat. Ni bôi a côrugad co x\acbl9 Conxirc. Geiss dosom techt dîa n-etcrgléod riasiu dorostais'" chuci. Téit iarom ciar'ha geiss do, 7 dogéni" sid n-etarro. Anais côic^- aidche la ccchtar dc^3 : geis dosom daw ani-sin.

24. In Conaire's rcign tberc was pcrfcct pcacc in Erin, save tbat in Tbontond tbere iras a joining oj battle betiveen tbe two Car-

1 . Isi orcain tue Ingcél do adaig rocurctha 7 a mathair, 7 a athair 7 a seaclit ndf/braithri etc. YBL. Isi imwonoargain tue Ingcél doib .i. adaigrocuirthea a athair etc. Eg. IS i oraiiii tug Ingcr/doip agaid ro cuirtlii a mathair etc. H. Issi orcuin tue a ain fén adaig ro cuirthcâ a niathfl/V 7 a atha/V 7 a secht ndcrbrathir do thig ri'g a tuaithe, St.

2. sic H. ui. LU. biii. Eg. a seacht YBL.

3. Tollotar H. Tolotar St.

4. fairrgi YBL. darsin fairgi Eg.

5. chuindchid YBL. cuinncith H. cuindge St.

6. ro dlig. Eg. sin dligistair YBL.

7. Lansith H. YBL.

8. i n-amsir E!g.

9. riacht YBL. St.

10. doroistis YBL. H. dorrostais St.

1 1. dorigni Eg. dogni YBL. H. dognid St.

1 2. .ii. Eg.

15. la ccachtar n-ae dib YBL. la cechtar nae H. la cet/^/ar de dib St.

p Whillty Stûke^.

l'iYs. Tivo fosterhrothcrs oj bis ivcre thcy. And inilil Conaire came il ivas impossible ta make pence between them. 'Twas a tabii of bis logo lo separate ibem before ibey bad repaired lobim. Heiveut, boiL'ei'er, nllbougb (to do so) zvas one of bis Inbus, ami be tiiade peace beiween tbem. He remained /ive nigbts wilb encb of ibe two. Jbal also was a labii of bis.

2). tar nglcod in dd ugrai ro bôi-scom oc saigid' do Them- r.iig'. ISed gabsait^ do Tcmraig, scch Usnech Midi, co ;;-ac- catâr? iarsain a n-indrcd > anair 7 aniar, 7 an[d]es 7 atûaid, 7 co «-accatdr na buidneî 7 na siûagii^ [7 na firu loinnoclit;] 7 ropo nem tened tir/ Oa Ncill imbi"*^.

2j. After sellling tbe two quarreh, be ivas travelling to Tara. Tbis is (tbe iva\) tbey took to Tara, pasl Usnecb ofMeatb; and tbey saw tbe raiding from east and west, and front soutb and north, and tbey saw tbe warbands and tbe bosls, and tbe men starh-nahed ; and tbe land of tbe (soutbern) O'Neills was a cloud offre a round bini.

26. Cid ani sco? ol Co/zaire. Ni onse, ol a muintcr. Nidua- chnid9 son, is i in chdin [rig Eg.] ro mebaid and intan ro gabad (or loscod'° in tire.

G's/", cid gebmani'2?ol C(j;zairc.

Saerthûaid, br a muinteT.

ISs ed ro gabsat iar////z, dcisiul Temra 7 tuaithbiul Breg. OcHS tosessa'î lais clôcnmila Cernai. Ni accai cor-ro scaig a tofond.

1. in da ugrai robui oc soigin co Tomraig. YBL.

2. ro gabsat St. 5. coiiiiicfs YBL.

4. innindred St. in n-indrcdar Maig Breg. Eg.

5. bidbaid St.

6. sluagu moseach 7 nafiru loninacht YBL. 95». Hadds: 7 na fir lotnbno^^;/

7. rop nem tcncd i tir, St.

8. inipodo gach icth, H. ropa neira tened Mag niBreg huli accu. Ocus iss iat robatar ann, sluag side Breg Leth, ociis is iat ro tinoil in n-argain, Eg.

9. duaichni St.

10. rogabad ar toHoscudh, Eg. rogabad for loscad, YBL.

1 1 . Cesc H .

12. gebmaitne St.

13. ro taibfindihea, Eg tossesa YBL. dosesa H. St.

The Dcstntciion of Dcroas Hostcl. ?^

IS iat dodrôni in smùitcliéo ndi'uidcchta sin d'iii bith, si- abnii, fobithiii arrocorpait géssi Confl'//r^

26. « ïrhnt is this} » askcd Conairc. « Easy io say, » /;/.s- peuple ansiuer. » Easy tohioiu that the kiiig's law bas hrokeii clown tberein, siiice the counlry bas begun ta biiru. »

« Wbitber shall tue betakc oiirselves? » sa\s Conairc.

« To tbc Nortbeasl )->, sa \ bis people.

So tben ihey tuent rigbthandiuise ronnd Tara, and Icft-ljand- zu.ise round Bregia, and the cloenmila (^« cvil bcasis? «J oj Cerna ivere bunted by bini. But be saiu it not till ibe cbase had ended.

Tbey that niade of tbe world tbat sinohy inist of nmgic -were elves, (and tbey did so) bccausc Conairc' s tabns had bccn violalcd.

27. IMmusrala^ trà in t-ômon môr-sin? do Chona'ire, con- nach rabi doib con^r dochoistîs4 acbt ior sligi Midliinchm 7 îor sligi Cualrtn;z5.

ISé'c/ ro gabsat iarom, la hairer n-Ert'/af antuâid.

IS and asbt'/t Ccwairc îor slig/J CivxXann : Cid ragma^ in- nocht, ol se.

Domm-dir [a rad], a da[ltai] Condàïd, îor Mac cecht mac Snaide teichid ^, cathmilid Conairi maie Ercrsceoil. Bâtar nit'/iciu fir Herend oc do chosnom-so cach n-aidche9 indâs bith deitsiu'° îor merogod tige ôiged.

2/. Great fcar thcn fcll on Conairc bccausc tbey bad no luay îo

1. is e ri insin loingsige siabrai d'uhi din bith, YBL. IS c ri innsin loing- side siapro din bitli. fobitli H. Is hc ri insin loi»gshide siabrai din bitli, St.

2. Imrola St. im!nrola YBL.

3. iarsin St. YBL.

4. fOMach rabi coimr ra soistis St. conach roba conar dochostis YBL.

5. Ociis ro sôeed iarsin cctfaid 7 ros-lin in t-uaman co/mach rabi accu co- naif dotiastais acht dul hi cend slio;edh Midluachra 7 for sligid Cualand,

Eg. 1200 2 121-^1.

6. ragmait St.

7. CoHid ann atb^rt Conodor mac ceclit mac Snaide seched, Eg.

8. Dommair a rad a Cowaire YBL. gS'i. Domtair, a daltai, a Conaire H. Dominair a rad, a dalta Co«aire, St.

9. ocat cosnamsai H. oc do chosnam so cacli n-aidciii YBL. 10. bcith duitsu YLB.

Revue Celtique, XXII. 5

5 4 Whiilt'y Stokeî.

zucud savc iipon ihc Rond of Midluachair aiid tbe Rond of Cuahi.

So tbey took ihcir zcuiy hv ihc coast of Ireland soutbward.

Thi'ii said Couctire on thc Rond of Ciinlii: « wJjilJjcr sball we go tonight ? ))

<< Max I sitcùrd in tcUiug ihir' ! nix fosicr/ing Couairc » says Mac ccchi, son of Snadc Tcichcd, thc champion of Conairc son of Etcrsccl. « Oficncr havc thc ni en of Erin hccn contcnding for ihee cvcry night than thon hast hccn wandcring abont for a guesthousc. »

28. Totliact mcis fôamsem- ! for Co;/airc. Bôi cara damsa isin tir-sc, îor G'/zairc, acht ro ' fcsmais awair dia thig-).

Cia ainm side ? ior M//c cccht.

Da Dcrga di Lagnib, ol Co»airc. Rànic cuc///;;sa cm, ol G);/aire, do chuingid aisceda [formsa Eg.], 7 ni rhuid- chid co n-cru. Kàn-irn^a im chct mbo bôtliâna. K:x\Vniisa im cet mue [LU. 83''] muccgiassa'>. Ran//7/5a im ciiét mbrat cuiigas^ clitiîctach". Ran/r/n'^/ im chct ngaisced ^ ngormdatha ngubac. Ran/r/^w im dcich ndcilci dcrca9 diorda. Ran//"//.fa im J('/V/;ndabcIiadcolclia dcich donnac'''. Ran/V//.f(7im dcich mo^^u ". Raii/V//.V(/ im dcich mcilc. Ran/V//M im tri .ix. con n-[o]cngcl inna shibradaib argdidib, Ran//7/-W im cet n-ccii mbiiada hi scdiz/waib'- oss n-c/zi7'>. Ni ara maithcm '4 cia rist'^'j beos.

1. literally: « niay saying it corne to me! «

2. Totet meas fo ainiseara YBL. Dotaet m fo aimscruip H. Dotoctt mes foaims^raib St. do thàod mcas 16 aimseara .i. téid an breitheamhnas ris an aimsear, OClcry's Foclôir, s. v. mcas. Rcad : Dothôet mess fôaimseraib

3. co St.

4. dia liibcth ar n-éolas dia thig, Eg.

5. im cet mucclassa, Eg. mucc muccglasa St. mue nuiicci glasa YBL.

6. ciinglas St.

7. clidetach St YBL. Ranirussa im cet mbratt corcarda cumascda cli- thétcaid coui dclgaib dcrgaib diôrdaib, Eg.

8. im cet iigai ngaiscid. Eg.

9. Ow. Eg. H. St. YBL.

10. deolcha dedonda. Hg. ndeolchoi ndcdonna H. deolclia dcicli dond- nse, St.

11. mogodu, Eg. moga St.

12. sediTggaib, St.

13. necennsa YBL. necendas («0 neng), Sî.

14. ar maithim H. airmitheam St. YBL. I). Ni dia maitbiib dia tisad, £g.

The Destruction of Derga's Hostcl. 5 5

Dolv/ad iinaill. Is iiignad ^ nidJ brônach f/ims.i innoclu [oc riachtain a trebe chuici-, Yl^.. |

2S. « Judgiiioit i^^oes îuilh <nwJ liiiies », says Couaire. « I hnd afrieiid in ibis country, if oui y ■wc knav ihe way to bis bouse! »

« IVbat is bis un nie? » asked Mac cccbt.

« Dcrga of Lcinsicr ->•>, ansiuercd Conaire. « Hc cûiiic iinio me îo seek a gift froiii me, and be did not corne luitb a refusai. I gave bim a biindred kiiie of Ibe drove. I gave bim a bundrcd fatted su'ine. I gave bim a biindred mantles made of(?) close clolb. I gave bim a bundred hlue-coloiired lueapons ofhaîtle. I gave bim ien red, gilded hraicbes. I gave bim ten vais... good and brouni. I gave bim ten tbralls. I gave bim ien querns. I gave bim ibrice nine hounds all-wbite in tbeir silvern cbains. I gave bim a binid- red race-borses in ibeberds of deer... >. Tljcre would be no ahaie- ment in bis case ibougb be slwnld come again. He luoiild give ibe oiber ibing (make reiiirn). It is sirange if be is siirly io me ionigbt luben reacbing bis abode. »

29. A mbâsa4 éolach-sa èm dia tliig-side, îor M^c cecht, is crich a tribe chuci i(n)tsligi forsatai. Téit co téit isa tcch5, ar is triasin tech ata in tslige. Atàt seclH ndorais^ isa tcch 7 secbt n-iinda7 ner cach dôr//.f, 7 ni fil acbi ôenchomlaid^ n-airi, 7 imsôith^r in chomlasin in cach ndorwi- dia mbi in gdeth9.

Lin atâisLind ragai liitbrôi^°dirmai co tarblais^^ forlâr in tige.

Masu ed nothcig'-, tiag-sa co n-arl6r'3 tenid and ardochind.

1. ing H.

2. iar roc/;/ain a trcbc cuicc H. ar riachtain a trcibc chuice, St.

3. Compare a similar list of gifts in the Anira Chonrôi.

4. am YBL. H. St.

). ISam colach tra dia tig sidc, cl Mac cecht, Eg. i2i«2. Am coiach- sa etc. YBL.

6. ndoirsi YBL.

7. n-imdatha H. n-inidada, St. YBL.

8. aen comlo H.

9. ni fil acht oencomla f/is, 7 dobcrar in comla sin fri cech ndorus imbi in gaeth, Eg.

10. ragai it broin YBL. St. raga it broin H. eirg it brôin. Eg. But O'Cl. has bro .i. imad.

11. tairhngis, Eg. tarblas St.

12. noteige St. leg. no téig

15. conarlûr St. .Masa ed no tégc tiagsa reonuit co n-adûr tcnid ar do

56 Whitliy Stokts.

2 p. « When I u'ûs aajuainted ivithhis housc », says Mac cccht, « tbc roiul luhcrcoH thon mi (^^oiii<^) knvards hiiii luin; the boundary of bis ahcdc. It continues till il entcrs bis bouse, for tbrougb ibe bouse passes ibe road. Tbere are seven doonvays into tbe bouse, and scveti bcdnwns helween every Iwo doonvays; but tbere is only one door-valve on it, and tbat valve is lurned to every dooriuay ta ivbicb ibe luind blows. »

« Witb ail tbat tbou bast bere », (says Conaire), « tbou sbalt go in tbx great multitude until tbou aligbt in tbe niidst of ibe bouse. »

» If so be » (ansivers Mac cecbt), tbat tbou gocst (tbitber), I go (on) tbat I niay strikc /ire tbere abead of tbce. »

30. INt.in ro bôi G';/airc iar sudiu' oc ascnain iar slige Chûaland rat[h]aiges- in t/iar marcach ' dochoni in tige. Téora Icnc* dcrgac impu, 7 t;i bruit dcrgae impu, 7 t/i sccith dcrs,''^ fc/'aib, 7 tri gae àc^ga ina lâmaib, 7 t;i cich àerga fo a suidib5, 7 tri fuilt àerga foraib. Dcrgae uile et<v chorp 7 folt 7 etgud^', etcr celui 7 daine".

jo. IVben Conaire after tbis was journexing along tbe Road of Cuàlu, be niarkcd before bini tbree borsenien (riding) towards ibe bouse. Tbree red frocks bad tbex, and ibree red niantles : tbree red bucklers tbey bore, and tbree red spears luere in tbeir bands : tbree red steeds tbey bestrode, and tbree red beads of bair ivere on tbem. Red zuere tbex ail, botb bodx and bair and rainienf, botb steeds and inen .

U. Cia rcdcs riand ^ ? for G5;/airc. Ba çreiss damsa in triar

cind. Sôcis Ccv/are inrsin fer sligiJ Cualann, Rg. M.iscth no teig tiagsa riut co H-atar tcinith and ardocind, H.

1. INtan diii boi Conaire H. INtan bui Q)/;aire iar suide, St.

2. rathaigis St. ratliaiges YBL.

3. Eg. inscris renii. St. and YBL. riani

4. léintc Eg. lente H. Icne St.

5. foithib Eg. fouip H. fo suidib St.

6. ct/V (iaclaib 7 fo'.taib, Eg. ro/;a (laclaib 7 foltaib, YBL. coni\ fiaclaib 7 a foltaib, H. cona liaclaib 7 foltaib. St.

7. iteT eacli 7 duine, YBL. in t-ech 7 daine, St.

8. ruind YBL. cia reihess rcomaind etir ? Ei?. Ciai r.\s.as riiiin? H.

Tlic Destruction of Derga's Hostel. 57

ucut do dul rcum', ior Coum'c, na t/i Dcirg do thig Dcirg. Cia ragas inna ndiaid ce taessat^ il-lorg cucwwsa' ? Ragat-sa inna ndiaid, ïor fri^ flaith^ mac Conairc.

)i . « Wbo is il ihat Jarcs hcforc lis? » askcd Conaiir. « 7/ luas a tabu of mine for tbosc Thrcc to i^o heforc nie tiic three Rcds ta thc hoiisc of Red . liljo will follow ihciii ivnl tel! thon lo corne to- ■wards nie in niy track? »

« I ic'ill follow iheni ))^ says Jri jlaiib, Coiiaire's son.

32. Tcit ina ndiaid iart)w fi)/- echlâscad 7 nisn-arraid*^. Bôi tôt n-aurchora 7 etz/rro, aclr"^ ni ructhaisom aire-scom, ni ru- cad som9 ionùh scom.

Asbf/'t f/'iu nad remthiastais in rig. Nisn-arraid, achl ro cha- chain in très fer laid dar a ais :

En a maie, môr a scél, sccl o brudin^° bélot long lùaichet fer ngablach fiangalach" ndoguir cnéd miscad môr bét find fo/'[s]ndestetar deirgindlid '- air. En a maie.

Tiagait ùad iarcm '5 atàrôi an '4 astôd'î.

J2. He i^oes after tbein, lashing bis borse, and overlooh Ibeni uot. Tbere luas tbe lengtb of a spcarcast between tbein: but ibey did net gain iipon bini and be did not gain iipon tbeni .

He told tbeni not to go before tbe king. He overtook tbeni not ; but one of tbe tbree nien sam^ a Ia\ to bini over bis sboulder :

1. rcnium St. rium YBL.

2. taiset St. taescad YBL.

3. Cia ragas iiia ndiaid, ar Co/aire, 7 abar riu bith diarneis co rabat hi long, Eg. Cia rag<u "na ndiaid co tisith al-lorc cugumsa H.

4. fer YBL. St.

5. Lia ier Hatha H. Le fear llaitli YBL.

6. nist.irraid. Eg.

7. n-urchair, Eg. n-urcliuir St. na hurchara YBL.

8. acht Eg. nach St. nachamructais sconi YBL. lo:,^ acht ni ructais som.

9. ni rue som Eg.

10. The rest of this paragraph is obscure to nie. For the lection of Eg. see Appendix §33.

11. fer ngablach fiangahich YBL. St. fiangablach LU.

12. forshdestetar deirind litli YliL. forsndesitaur fir H. 15. The rest of this sentence is obscure to me.

14. sic YBL. om. LU.

I). .\tr6i a n-astath H. Atroi a n-astad, St. ataroi an astod YBL.

î8 WhitU-y Stokis.

" Lo, iii\ son, i^mil ihc ncics, news froni a hostel ... Lo, niy son ! »

Thc\ i^o mrti\ froni h'nn ihcn : hc coiild noi dctain them.

33. Anais in mac ar cind in tsludig, Asbrn £;ia ath<//V a n- asbreth f/is. Ni bo ait laiss. Ina ndiaid dcit, or donaire, 7 tairg tri damu 7 tri tinni doib, 7 airct beti ' im iheglochsa ni bia- ncch ctarru o thcnid' co t/aigid.

j). The box ivaited for ihe hosî. He told his faiber luhat icas said lo hiin. Conaire liked il noi. « A fier them, thon ! » says Co- naire, « and offer them tbree oxen and three bacon-pigs, and sa long as lhe\ shall be in my honsehold, no one shall be among them from Jire lo u'all. »

34. Tcit iar()ni ina ndiaid in gilla, 7 toirgid-* doib anisin, 7 ni.sn-arraid5, achi ro cliachain in très fer laid dar a ais :

l:n, a maie, niôr a scél, gerthiut, gorthiut^ robruth rig eslabrae", tri doilbtiu fer fc>rsaid^ fordàim dâm nc'z/bair. En a maie.

Tintai in mac at/ithisi cor-ragaib in hiid do Chonaire.

).^. So the lad goes afier them, and ojjers them timt, and over- took them not. But one cf the three men sang a lay ta him over his shonider:

« Lt), mx son, greal the neivs ! A gênerons ling's great ardonr u'hets thee, bnrns thee. Through ancien! mens enchantments a Company of nine'^ xields. Lo, mx son ! »

The box liinis bock and repeated the hix to Conaire.

1. mbete YBL.

2. asbia H.

V tlien St. o thein co Oaig YDL.

4. toirgenn St. tairgenn Amat ispr;tanri Iris 7 nis-tarraid H.

j. nis-tarraid St.

6. gertitt gortit H. gerthuit gortliuit St.

7. oes labra YBL.

8. fo/suith II. farsaig YBL.

9. This agrées with the statcment infra that nip.e onlv fell, including (or around) Conaire.

The Dcsliiiction ol Dd Dagas IIo<:lcl. 39

35. Eirg ina ndiaid ', ïor Coiiaivc, 7 toirg dôib se damu 7 jé'tinni- 7 mo fuidell-sa, 7 aisceda? imbârach, 7 airet beite im' thegluch-sa ni bi'a [LU. 84^] ncch et///TU o thein 4 co fraig.

Luid in gilla ina ndiaid iarom, 7 nisn-arraid î, acbt f/'isgart in très fcr^, co n-epen :

Hn, a maie, môr in scél, scitha eich imariadam". imriadam eochu Duind Tetscoraig^ a sidib, ciammin bl amin mairb. môra airdi, airdbi sâeguil. sasad fiach, fothad mbran, bresal nirlig, airliachtad fàebuir9, ferna tulbochtaib'^' trat|h]aib iar fuin. En a tiinic.

Tiagait ùad laroiii.

^j. « Go a/ter îbcm », says Conairc, « and ojfcr ihcm six oxen and six hacon-pigs, and my Icavings, and gifis toniorrow, and so long as ihey shall be in nix househoJd no onc (to be) aniong thcni froni firc to waJl. »

The lad thcn lucnî aficr thcni, and ovcrtook ihem not ; but one of the thrcc moi ansivercd and said :

« Lo, my son, great the news. Weary are the steeds we ride. We ride the steeds of Donn Tetscorach(?) from the elfniounds. Thoiigh u'e are alive tue are dead. Great are the signs; destruction of life: sating of ravens : fceding of croivs^^, slrife of slaughter : luetting of sii'ord-edge, shieldsiuith broken bosses in honrs after sun- dou'n. Lo, my son ! »

Then they go from him.

36. Atchîu ni ro fastâis ^- na firu, {or Conxixc.

1. Ere ina ndeguith H.

2. tindiu YBL.

3. aiscidi YBL.

4. tenetli H. tein St. thcMi YBL S- nisraraid LU. nistarraid St.

6. ro chacli(ainj in t;es fer laeith H.

7. imdarriadam YBL.

8. desscoraig Y13L. tct sgoraig H. dctscoraig. St.

9. airliaclituitli faepur, H. airliachtaid faebur. St. arliachtait facbair YBL.

10. tuilli ochtaib, St.

1 1 . Cf. Fyrr vildalc | al Ficlcasteini \ Jirafna sedly'a ' d luifiiin tliiriiini « First would I at Wolfstone sate ravens with thv corpses », H. H., i, 44 cited by Bugge, Home of tlie Eddie Poeins, p. 210 n.

12. ni rw-astais St nirosastâis LU. nirîwfastais YBL., where tho f is ovcr tlic line.

40 Wlittky Stokci.

Ni nie rod-nicrt ' cm (.i. ro follang ce// in tcclitairccht do dcnam) .i. orLcf/i- fl;iith>.

Radis a n-aitlicsc ndcdcnach aslv/tatâr f/is. Nirptar failtc ■« de, 7 batâr iarsain na mithaurri'issa (.i. drochmenmand) iniônina fc'/aib 5.

Kom-gabsatsa mo gessi uili innocht^, ol G'//aiiv, l'iar oessa (.i. ndrtetad)^ indarbae in t/iar sin.

^6. « / siY l/.kil ihoii hasi nol dctaincd ihc iiicu «^ saysConairc.

« Iiidccd il is nol I thaï hclrayed il » (i. c. cudiircd not ta per- fonii ibe ernnid), says Le fri flailh.

Hc rccitcd ihc lasl ansiver thaï they gave h'nn. Tbey (Couaire and bis retainers) ivere not hlitbe thereat : and aflerwards evil fore- bodings (tbat is, bad spirits) of ténor îcere on tbeni.

« Ali iny tabus bave sei:^ed me tonigbf », says Conaire, « since ibose Tbree (Red s) (are ibe) banisbed folks^. »

37. Dochôtar riam doclioni in tige cor-ragbaiset9 a suide isin tig, 7 coro airgiset ''^ (.i. cot ccngailset) a n-eocho dergae do dor//.<- in tige.

Remthochini na tri nDerg sin isin Brudin.

jj. Tbe\ iveiit fonça rd lo ibe bouse and look their seats tberein, ami fashiied ll.u'ir red sleeds lo llje door of llje Ijonse.

Tikit is ll.h- Forefarim^ of llje Tbree Reds in tbe Bruden (Dâ Derga).

1. rotmbcrt H. rodniuirt YBL.

2. fer St.

3. Ni me im/«('»7(i n.i targaid, ar Le iVi fiaill; mac Coiiaiie, Eg. 121'' 2.

4. failtiu St. failti YHL.

5. Batar [mviorro (01 ro na mituriusa iiiimômna, Hg. mithurassa YBL.

6. Romgabsatarsa 1110 geissi huli 7 nio inicélmaini ar tuideclit cucum liuli hinoclit, ar Conairi, ùaro lessa urbaid in t/iar sin docliotar riam, Eg. Rom gabsat mo gesi uili aniv/.'/, ol Conaire, uaire aes indarbthai in triar iigat, H. liùair roessa indarbie in triur san, St.

7. Tins gloss is obscure to me.

8. oessa = acsa (d.itu), LU. ioi-^i8. They had been banished from the clfmounds, see infra § 1 36, and for them to précède Conaire was to violate one of his tabus. See § 16.

9. corragabsat St. corrogabaiset YBL. 10. 7 ro araigset H. 7 cor choraigset St.

The Destruction of Derga's- Hostcl. 41

38. IS eJ rogab Coii.ûw ûvia skuigaib do Ath cliath.

IS and dosn-araid in fer' mâcldub coin ôenlâim 7 ôensûil 7 ôenchoiss. Mael gârb fo[r]suidiu-. Cia focerta miach do fiad- ublaib (or a muUuch 5 ni toichrcd-* ubuU ior lâr acht no giulad cach ubull dib ior a fmnu'>. Cia focerta^ a srûb ar gésce7 im- matairisfed dôib. Sithremithir cuing n-imechtair^ ccchtar a lurgan. Méit mulaig for gut9 cach mell do mcllaib a drom- ma. Gabollôrg iannn^° inna laim. Mue mael dub dôthi (or a muin, 7 si oc siregim", 7 ben bélmar mâr dub dûabais'- doch- ra'id ina diaid. Cia focherta da»t) a srûb ar gesce folilsad'5. Tacmaicced'-^ a bel ichtarach co a glûn '>.

jS. This is (thc wax) ihat Co)iairc look zcilh bis troops, to Dublin.

'Tis tbi'ii thc uian of ihc hlack, cropt hair, ivithhis ouc haiid and one eye and one foot ^^ , avcrtook theni. Roiigh cropl hair iipon hiin. Though a sackfiil of zvild apph's werc flimg on his craïun, )iot an apple ivould fall on ihe ground, but rach of thcin would stick on his hair. Though his snout iverc flnng on a hranch ihey woiihi rcmain logcîhcr. Long and thick as an outcr yoke ivas cach of his

1. dosn-ârraid araili fer Eg. 121^2. dosfarraig in fer, St. dosiiarraid in fear YBL.

2. Môel garb dub fair, Eg. Maelgarb (or suidiu YBL. Mael garb fair side, H.

3. niiach fiadhuboU for a moil, H.

4. roised, St.

5. Ce rocraithe, miach do fîidublaib ina mullach is tecmaing dia rosed ubull dib ior lâr, acht ro leanfad cach ubull dib for a inda. Eg. (or a findiu YBL. for a innu St.

6. O focerded Eg. o focerta YBL.

7. gesco folilsath 7, H. gescoe imatairisfead YBL.

8. Ba sithitliir cuing n-imcchtraid. Eg. sithremir YBL.

9. for got YBL. mullaig for gut YBL.

10. Ms. iarirn LU. iaraind Eg. iairn YBL. iarnaid St.

11. oc gréchoiig j oc siréigim, Eg.

12. duaibsech Eg.

15. folinsat, Eg. folselsad St.

14. Teccmairged Eg. Taiccmaiccd St.

15. co rucce a glûni, Eg.

16. Sec infra ^ 63, and Rev. Celt., XXL 395, and, as to standing on one foot, Frazer, The Golden Botigh, id éd. H, 32. Was the custom of going with one foot bare and the other sh'id (ibid., II, 298 n.) allied to this magical practice ?

^2 Whiilcy S'.okcs.

tiuo shins. Each of his but lochs luas ihc si:^c of a checse on a ■zi'ilhc. A forked polc of iron black-poinlcd zuas in his hand. A siuine, hlack hrisllcd, singed, îi':is on his back, squealing conti- nnalh, and a ivoman big-moufhed, huge, dark, sorry, hideous, îcas bchind hini. Thoiigh her snout were flung on a branch, thc branch zvonhi support it. Her lawer lipwould rcach her knee.

39. TacLiretliar' bedg ar a chend •'-, 7 ferais fliilteJ fns4.

Foclien uuit, a phopa Conairc 5 ! cian rofess do thichtu sund^.

Cia feras in failte" ? f('/' Conairc.

Fer Caille co muic duib duitsiu do th'occomol^, arnâ rabi9 hi toichntd (.i. hi troscud) innocht. Is'° ri asdcch tànicinn domon. »

Cia ainm do mnà ? ol Conairc.

Cichuil, ol se.

Nàch n-aidche " aile bas dil dûib, îor Conûre^-, « robor- ticba? 7 sechnaid innocht duind. »

Nathô, ol in bachlmV;, ar rot-ficbam '5 co port i mbia in- nocht, a phopan chain Chcv/aire !

J5?. He startsfonvard to nieet Conaire, and inade hini n'elavne. « Welconie to thee, 0 niasier Conaire ! Long hath thy coniing hither been knoivn. »

« Who gives the ivelcome} » asks Conaire.

« Fer Caille '•♦ (hère), luith (his) black swine for thee to con-

1. Docuirethar, Eg. Docurethar H. Tathchoirethar YBL. Tacuirither St.

2. cliind, Eg.

3. failli YBL.

4. fri Co/zare, Eg.

5. a mo popa cain, a Conaire, Eg.

6. Cian cian o rofess do tiachtain sunn. Eg. cian o rofes do ter/;< sonn. H. Ciân ro fes do tiachtain sund, St.

7. failti YBL. Hère there is a lacuna in H.

8. cona muicc duitsco dot [t )restul, Eg. co muicc duitsiu do tliocomul St

9. rabais, Eg. arnar rabai St. YBL.

10. Uair is, Eg.

1 1 . adaig Eg.

12. Nacii n-aidchi n-aile duib, ol CiT/aircr YBL. Xach inn aidcheetc. St. 15. Accctirôn, ratcssemni, Eg.

14. « Man of (thc) Wood », Waldmcns.h? Zimmer, KZ., XXVIII, 358.

The Destnictioii oj Dd Dcvgai Hostil. 43

sume(?) that thon bc iwl /nstini; tonight, (for) 'lis thon art ihe best kiiig ibat bas coinc itito thc luorld ! »

« What is th\ icifcs nanic? » says Conairc.

« Cichuil »^ hc nnsîvcrs.

« Any other night », says Conairc, « ihat pleascs you, I ivill corne to yoii, and Icave us alonc ioniohi. »

« Na\ », say thc chiirl, « for ivc luill go io thcc to thc place u'hcrein thon wilt bc tonight, O [air Jitlh' mastcr Conairc! »

40. Téit iarom dochom in taige % 7 a ben bèlmar mâr ina diâid, 7 a mucc mâel dub dôithi oc sirégim ^ {or a muin. Geiss dosom ani sin^, 7 geis do diberg do gabail i n-Erind ina4 Haith.

40. So bc gocs toivards the housc, ivith bis grcat, big-niouthed u'ifc bcbind bini, and bis swine sbori-bristlcd , black, singcd, sqiical- ing continually, on bis hack. Thaï tuas ouc of Conaire's labus, and that plundcr should bc takcn in Ircland dnriug bis rcign ivas anotber tabii of bis.

41. Gabtha tra diberg la mflccu Duind liDéssa 5, 7 côic cét^ fo churp a ndihcrge, cenmota 'na ra bi do fosliiag Ico. [Ba geiss da//o do Conairc annisin/ Eg.]. Bai laech'^ maith '' isin tir thùaid. Fén dar crinach bast'^i a ainm '°. IS de ro bôi Fén dar c/'inacli fliirsium ^', âr is c/anma no cinged dar a cho- [LU. 84'']laind'- 7 no chessf^'3 fén dar crinach. Gabtha dibc/'g dano la suide, 7 côic cet fo churp a ndibrr_^^(Zc a ôenur ccnmothâ fosIuas[.

1 . Doiaet da«o reompa, Eg.

2. sirgréchaig, Eg.

3. inni sin Yi3L.

4. f;-ia St.

5. dcsa. YBL. The dot in LU. is a punctum delcns.

6. mile, Eg.

7. cenmotha fosluag leo ba ges do Conarc annisin, YBL.

8. primlaech, St.

9. amra Eg.

10. YBL. inserls pnmloech.

11. St. YBL.

12. tara choland YBL. dar comland YBL^. tara chomlanii St. 15. cinged Eg. digsed St. »o teiged tar, St. rochinged, YBL.

44 WhilUy Stokcs.

41 . Kow plnnder luas taken b\ thc sons of Donn Désa, and five l.uiudrcd iberc luere in thc body of thcir marauders, hesides ivhat iindt'rlini^s lucre u'ilh thcnt. This, too, ivas a tabu oj Conaire's. Thcrc was a good warrior in thc norîh couniry, « IVain over ivi- thcrcd sticks », this ivas his natnc. IVhy he luas so callcd was be- causc he iiscd to go ovcr his opponcnt (?) tvcn as a ivain zcould go ovcr ivithcred sticks. Noiv plnnder was taken by hini, and there ■wcre Jii'c hiindred in thc body of thcir niarandcrs alone, bcsidcs undcriings.

42. Bàtàr and iarsin tiallach' bâuir l'iallchu - .i. sccht maie AilcWa 7 Medba, 7 « Mane » for cach fir dib, 7 forainm fer cacli 3 Mani .1. Mani Athrcmail 7 Maiic Màihrantail 7 Manc Mingor 7 Manc Môrgor, Mjinc Andôe^ 7 Manc Milscothach, Mane Co- tageib uli,7 Mane As mô-epcM. Gabtha dibtrgla suidib. Mane Maihraniail dano 7 Manc Andôc, cethri fichit déc fo churp a ndibc/'gae. Man^ Athrcmail cocca ar trib cclaib^ fo chnrp a ndi- hergac. Manc Milscothach côic cet fo churp a ndib^rgae. Mane Cotageib uile sccht^ cet churp a dibtvgae. Mane As epcrt sccht cet fo chnrp a d(i)hergae. Côic ct't fo churp dibcrgae cach hr dib olchenae.

42. Thcrc luas aftcr ihat a iroop of (slill) hanghticr hcroes, nanicly, thc scvcn sons of Ailill aud Mcdb, cach of ivhom was calh'd « Manè ». And cach M a ne had a nicknanic, to zvit, Ma ne Fa- îherlikc and Manè Motherlike, and Manè Gentle-pions, Manè Very- pioiis, Manc Unslow, and Manè Honcxworded, Manc Grasp-theni- all, and Manè the Loqnacions. Rapine zvas wrought by thon. As to Manè Motherlike and Manè Unsloiu thcrc ivere fourteen score in the bod\of thcir niarandcrs. Mane Fathcrlike had thrcehundrcd and ffty. Manè Honeyworded had five hundrcd. Manc Grasp-ihcni-all had seven hnndred. Manè the Loqnacions had sei'cn hnndrcd. Each of the others had five hnndred in the body of his niarandcrs.

1. lucht Eg.

2. uallacha YBL. iialclui St. ',. ccch YBL.

4. Annoe YBL.

5. A. ar .cccc. YBL. caeca ar xccc. St.

6. .ui. St.

Tl:e Destruction of Dcri:a's llostcl. 45

43. Bai t/iar r/cbl;i/;J' (.i. g//.sniar) di tcraib - Ci'ialand di Lagnib .i. tri iNiiadcDui Ci'ialand (m marg. .i. Cithach 7 Clo- tach 7 Conall a n-anmand). Gabtha dibc;;»,'- daz/o la suid///5, 7 fichit deac c\\urp a ndib(Vi,v?(', 7 dam dasachtach Ico. Bàtar dibévgaig t/à t/ian fer n-Hnv/Jbi Haith Cc);/airc. Ro|m]b(')i- seom-» do nirt> 7 c/miachtai a n-innarbai a tir Wcxemî do ath- chor a ndibt'^gae alldnall, 7 tuidccht dôib dochom a tire iar n-athchor a ndib^rgae.

^). There luas a valiant trio of Ihe iiicn of Ci'ialu of Lcinsicr, nameJy, îhe thrce Red Houmis of Cualii, called Ccthacb and Clo- thach and Conall. Noie rapine ivas ivrougbt by tbcm, and iiuclve score ivcre in tbe hody of ibeir marauders, and ihey bad a Iroop of madnien^. In Conaire's reign a tbird of îbe men of Ireland luere reavers. He was of (sufficient) strengtb and power to drive îhem oui of tbe Jand of Erin (so as) io Iransfer ibeir niaranding io tbe olber side (Greaf Britain), but after ibis transfcr ibcy rclnrncd io tbeir country.

44. IXtan ràncatar7 formnae na fairgge, cotregat^ fri Iiigcél Qicch 7 Eiccel 7 Tulchinni, tri maie lii Chtwmaic 9 di Bret- naib, for dremniu^*^ na farrcc. Fer anmin môr liathmar anaich- nid in t-Ingcél". Ôensùil '- ina chind'% Icthidir^-^ damseche,

1. treblang YBL. treblann Si.

2. do Huib Briùin, Eg. di Uib Briuin, YBL. St.

3. leo side Eg. hi suidib, St.

4. Romboiseom Eg. Robaiscom YBL Romboi som St.

5. niurt St.

6. Suggested by the hcrscrkir of the Scandinavians and tb.c fiiior berser- cicus, « whcn tliey howlcd like wild bcasts, foamed at the mouth, and gnawed the iron rim of their shields ».

7. ronancatar YBL. fo/irancatar St. (S. co'/drecait Eg. cotrccat YBL. St.

9. fri hingcel Caech 7 Eiccel, f;i da mac hui Conmaicne YBL. 9^-» 31. f[ri] Incel caech 7 Eicel 7 fri da mac huai C(i;/maicne, St.

10. druimni St. druimne YBL.

11. fear anmin ualhm r St.

12. oentSLiil St. oenshuil, YBL.

13. asa étun, Eg. asa étan YBL. asa etan St.

14. lethir St. Icithithir YBL.

46 Wltitley Siokcs.

diiibithir dcgaid', 7 t;i - maie imlcsscn intc. Tri cliét dcc fo chiirp a dilv/gac. Bàtâr lia dibcrj^rt/V fer n-EnW andâti'.

4^. H'hoi they had rcached ihe shoulJer of ihe sca, thcy tiieel Iiii^cél ihe One-eyed and Eiccel and Tnkhinne, îhree grealgrand- sons of Connuic of Britain, on tbc raging of ihe sea. A man un- geiilli', huge, fcarful, uncouth luas Ingcél. A single cye in bis head, as broad as an oxbide, as hlack as a chafer, icitb tbree pupils tberc- iii. Tbirlccn bnndred luerc in ibe hody of bis marauder s. Tbe marauders of tbe tnen of Erin luere more numerous lljen tbey.

45. Tiagait^do niuirchomruc forsind |f]airrcc. « bad cd dognethi^, ïor Ingcél : brisid fir fer f'rnd^, dâig abtar" lia andûsa^.

Noco raga acbt comlond fo chut/'anim//.f f();tso, ft>;'da[d]9 dibfTga'° Herend ".

Ata ni as ferr dùib, or Ingcél. Dénam côrai ol atobrarbradsi -^ (.i. robar-CLU'cd) a tir Hijrend, 7 atonrârbadni'> a tir Alban 7 Brettan. Dcnam ôcntaid etrond. Taitsi ro »odroldid ^4 {or ndi- beirg imtir-se, 7 tiago-sa'5 libse ronid-ralôr "^' nio diheirg inbar tir-se '". »

!. dethaig YBL.

2. sechi, Eg.

3. OUI. St.

4. Lotar iariim, Eg. Batar St. YBL.

5. dogncth St. YBL. Dia ndernaid (or comracc, Eg.

6. formsa Eg. YBL.

7. ahtar « ye are », itib YBL. St.

8. octts ciamad lia missi andàthisi ni rachad acht comlond fa conilin, Eg. ni raga ach to comland fortso. St.

9. f'ortat YBL. St. In J'oniad (or foni al, ihcl lias beconie <i before the do( diberc^a: see Kuhn's Zeitsclir., XXX. VI, 275, and cf. couattxh\d\ dig, and da- lemaiu ata[d\ dcch, infra.

10. dibcrgaig YBL. ] I . Eg. omits this sentence.

12. ol atarrobradsi LU. oltat dobrarbadse YBL. ol atdobrarbadse St. 1 5. atanrarbadne YBL. atonrarbadhne St., Robar-toibnedsi a tir Herenn 7 ror-taifncdni Eg.

14. ticidsi conralaid Eg. taitsi ro/zatralaid YBL. taitsi (Towathralaid St. leg. conidrolaid.

15. tiagsa Eg. YBL, tiagatsa St.

16. coraior Eg. coind ath/alor YBL. comd athralur St.

17. i far tir, YBL. in far tir si, St.

Tlw Destruction of [\i Dcrga's Hostcl. 47

4). Tl.h'y i^^o for a scii-cucouulcr on ihc main. « Yc should not do tins »^ sa\s Ingccl : « do nol hrcak the Irnlh of nicn (fair play) upon IIS, for ye arc more in uumlh'r than I . »

« Noiighl lui! a combat on equal tcrms sball l'cfall thcc », say ihe rcavers of Erin .

» Thcrc is somcichat bcttcr for yoii », qiiotb Ingccl. « Lct us makc pcacc sincc \c haie hccn casi ont of tbc land of Erin, and wc hâve bec II cast ont of tbc land of Alha and Britain. Lct iis make on agreemcnl bctivecn us. Comc ye and zvreak your rapine in iny countrx, and I will go u'itb yoii and lureak my rapine in your country. »

46. Dogniat^ in coniairle hisin, 7 dobcrtatdr glinni- ind disiu 7 anall. It é ait/re dobretha do Ingcél 6 fcraib Wcrend, .i. Fer gair 7 Gabur? (jio Fer lee) 7 Fer rogain, im orgain bad toguide> do Ingcél i n-Er///J 7 orgain bad zogaidc'y do niiiccaib Duind Dcssa i n-Albain 7 i mBretnaib.

46. They follow tbis counscl, and ibey gave pledges ihcrefor from this sideand from ihat. Tbere are tljc suret ies that were given lo Ingcél by the men of Erin, nainely, Ecr gair and Gabur (or Fer lee) and Fer rogain, for t/jc destruction that Ingcél should choose (to cause) in Ireland and for the destruction thaï tbc sons of Donn Déssa should choose in Alba and Britain.

47. Focres^ crandchor fcrro ài'is cia dib lasa ragtha i tossoch. Dothuit dul la Ingcél dochom a thire. Lotariarom co Bretnu, 7 oirg/Zjf athair 7 mâthair 7 ■xsecht nderbrathir am^/ ro ràidsem reond. Lotar iarsin dochom nAlban, 7 ortatar a n-orgain and, 7 doathlasat/ iar suidi dochom n-Erend'^.

1. Dognither iar»m, Eg. Dogiiith YBL. Dogiiitiicr St.

2. Argit da//o glinni, Eg.

5. .i. Gcr 7 Gabol. Eg. Gcr 7 Gabï/rSt.

4. ba togaide St. f;i togaiiihi YBL.

5. ba togaidi YBL.

6. Doronta cranchor leo, Eg. Focreasa crandclior forru, YBL.

7. athralsat YBL. atralasat iar suidiu St.

8. For this and the prcccding sentence Eg. has only: Lotar iarum la hlngccl docum n-Albfl« oais ortatar a n-orgain and. And so YBL., omitting la l]Iiigcel.

48 [Vhitlcy Stokes.

4/. A loi zi'ijs cast upon thon lo see with ivhich oj ihetn they shoiild go first. Il fcll thaï (thcy) should go ivilh Iiigcél lo his couulry. So ihcy madc for Britain, and (ihere) his fathcr and tno- iher and his seven hrothcrs luere slain, as ice hâve said hefore. Thocaficr thcy uiade for Alba, and ihcrc ihcy wronghl ihe dés- ir uclion, and ihcn lhc\ rehirncd lo Erin.

48. IS andsin tni dolluid Co;zairc mac Etcrscéili iar Slige Chualand dochom |LU. 85'] na Brudnc.

IS and sin tancatar na dibf/ga ' œ mbatâr i n-airiur Brcg co- marda Étuir forsind flirrci-.

IS and aslv/tauir na dibtvgac 5 : Tcilcid^ sis na scolu, 7 dénaid ôenbiidin dibf(Jrsind tarrci arndchbar-accaist^r as'tirS, 7 ctar^ nacli traigéscaid ûaib isa tir, dûs in fugebmdis/ tes- orcain ar n-cncch^ f/'i9 Ingcc!. Orguin fôn orguin dorât dûn^°.

^cV. 'Tis ihcn, noiu, thaï Conaire son of Etcrscékiucnl toiuards lik' Hostel along Ihe Road of CiiaJii.

'Tis then ihat ihe reavers came till ihey zuere in ihe sea off the coast oj Bregia overagainst Howth.

Then said the reavers : « Strike ihe sails, and make one band of you on the sea that ye may not he sighted froni Jand ; and let sonie lightfoot be fonnd froni aniong you to go on shore to see if we conld save oiir honours u'ith Ingcél. A destruction for the destruction he has given us. »

49. Os/, cia ragas dond éistechf isa tirPEirged^- nech las

1. dibcrgaig, Eg. YBL. 94''.

2. facomair Beinni Étair immach ar in[f |airgi, Eg. The comarda of LU. (= comardu YBL. comardda;, St.) seems a deriv. of comair, Cvmr. cyfer, Corn, kever.

3. dibfvgac LU. dibercaig, Eg.

4. Lecid St. telcid YBL.

5. arna aiccithir sib do tir, Eg. aniacliabhaccastar asti'r YBL. na faicther sib don tir, St.

6 cthath St. cththar YBL.

7. fagbaimis YBL. faigbimis St.

8. n-enig St. n-ainech YBL.

9. a leth f/i, Eg. do, St.

10. i. e. mar an argain dorât dun, St.

11. eitseacht YBL.

12. sic Eg. Om. LU. raclna YBL (= rachthai) tcged St.

The Destntclion of Deigas flostti. 49

mbeth' na t;i bûada |and, ol Ingcél, Eg.] .i. bûaid cliuiisse^ 7 bua/J rodairc 7 biu//d n-airdnii/^j'a ?

Atd limsa, ior Manc Milscothach, huaid duaisse.

Atâ limsa dam), forMane Andôe, bua/Jrodeirc 7 airdmi/LU.

IS maith a^ dul duib amlâid, for na dib^rcaig, a n-innas sin4.

4p. « Who îi'ill go on shorc lo listen ? Let soine onego »_, says Ingcél, « luho should bave there the three gifts, n.inidy, gift of hearing, gift of far sight, and gift of judgnicnt. »

« / », says Manê Honcywordcd , « bave tbc gift of bcaring. »

« And I », says Manc Unslow, « Jjavc tbc gift of far sigbt and of judgmcnt. »

« 'Tis zvcll for yoH to go ibiis'ï, » say tbc reavers: « good is that u'ise. »

50. Tôtiagat^ nc5/zbor iarom co mbâtar (or Beind Etair, dûs cid roclôtis 7 adcheds.

Ta (.i. clostid) chein ! for Mane Milscothach,

Cid sin ? (or Mani Andôi.

Fuaim n-echraide fông7 rocluiniursa^.

Atchiu-sa9 tria bûaid rodeirc, (or a chéli.

G's/. cid atci-siu. hi suidiu ?

Atchiu-sa and, for se, cchrada dna aurarddai ailde agmara

1. lassa mbi'ad, Eg. lasa mbcth YBL. lasimbia St.

2. n-éistechta, Eg.

3. For the force of a hcro cf. iinici tk-cljt » in so going », Wb. 11'^ 22, and is J'en- a ledit LU. ioo> 10. a tiiiileebt Wll. Tlie ainhiid is tautologous. YBL. omits it

4. fon mdits sin YBL. IS coir iannn duib dul fon ind^i" sin, ar na di- b^rgaig, St.

5. litcrall}' « it should be gone «.

6. luid St. Dotiagad YBL.

7. Cf. fogur carpait forig, « noise of a good king's chariot », Lismore Lives, 1. 1 163.

8. itcluinimsi, St.

9. Atachiusa YBL. Atciusa daHO St.

10. in nosa St. For the last six lines of § 49 and the first seven Unes of 5 50 Eg 122b 2 has only: Ataat linni a triur, ar meicc Duind Déssa. ochs ragmaitne ann : Missi iib, ol Ingct7.

Luid iarsin Ingcél 7 tri meicc hi Duind Désa cor'gabsat de Scscund liUair- beoil hi tirib Cûaland dond iaircse.

IS annsin ro airigsetar réim Conairi atûaid cuccu.

IS annsin atbivt InghaV ri Fer ngair: Cid et«/' atchisi ? Co*;id ann atbt;rt.

Revue Celtique, XXII. 4

50 Whitley Stokes.

allmarda, foscnga sci'thn sccinnmcclia, fcgi faebordae femmdae. forcim tbcrotha morcht-ltar lalmaii. doriadat - ilardac uscib indLvraib ingantaib.

/o, Thcn niue mcn go on till ihcy lucrc on ibc Hill of HowlJ), to huùw luhal lhc\ iiiighl hcar and sec.

« Be stiJl (i. e. hcarkcn) a zvhile ! » says Ma ni' Honcy-ivordcd .

« Whal îs that? » ash Matiè Unslou».

« The Sound of a good Jcing's cavalcade I hear. »

« By ibe gifl of far sighl, I sec «^ qiiolh bis conirade.

« JVhal seest ihou hère? »

« / see iherc »_, quoth he, « cavalcades splendid , lofty, beautiful, zuarlike, foreign, someiuhat slender, iveary, active, keen, ivhettcd(?), véhément (?) a good course that shakes a gréai cavering(?) oj land. They fare to many heights, with wondrous waters and invers. »

51. « Citnc usr/ 7 ardae 7 inbrra dorriadat ? » « ^xansc. INdcoin, Cuit?, Cuilten4. Mâfat5, Ammat, îar- maflu, Finne, Goiste^, Guistine. Gai glais/ l'ias charptib^. Calga9 dét îors liastaib. Scéith airgdidi ùasa n-ullib'°. Leth- riiith" 7 letbgobra. Etaige cech ôendatha impu.

« Atchiusa iarsin sain[s]labra sainâithe'- remib .i. t;-i côccait gabur ndubglas. Itt é cendbcca, corrdcrga, biruich, basletliain, bolg[s]rôin '3, bruinnideirg, beôlaide, s[o]aitside'4, soga- baldai'5, crechfobdi, fcgi, fâebordac, femr;;dae, con^. t/ib càt:c- taib srian cruanmaith '^ friu.

1. Icg. fô-rcim

2. dorriaghat YBL. 5. Coït St.

4. Tultcn St. Iiincoin coït cuillcnd semot mafotherm, Eg.

5. Madat St.

6. Findi, Goisce YBL. Finiic. Goi.sce St.

7. glas.sac Eg. glas YBL.

8. cairpthib scrutaidi Eg.

9. taga St. calca YBL.

10. os iiillib St. huas uillib YBL.

1 1. Icithrcd Eg.

12. sainigthc Eg. sainaigtlii YBL. sainaigthe St.

13. bolgsroin St. bolcsroin YBL.

14. .soastaidc Eg. saitsidc St. YBL.

15. fogab.iltaidc Eg. sogabaltaigc YBL. sogabalta St.

16. co criian 7 maithni Eg criianmaitlinc YBL. cruanmoethno St. .

The Destruction of Dcrga's Hostel. 5 1

//. « Wbat arc the ivalcrs and hcights ami invcrs that thcy tra- verse ? »

« Easy ta say : Indéoin, Cuit, Cuiltcn, Mâfat, Animât, lar- inâfat, Finnc, Goiste, Guisline. Gray spcars over chariots: ivory- hilted swords on tJjigbs: siivery shields above tljcir ciboivs. Haij red(?) and Jjalf-wljitc. Garmcnls of every coloiir aboiit tljcin.

« Tljcreafter I sec bcforc tJjcm spécial cattle specially kcen, to luit, thrice fifty dark-gray stceds. Small-headed are they, rcd- nosed (?), pointed, broad-hoofed , big-nosed, red-chested, fat, casily- stopt^, easily-yoked, foray-nimble-, keen, iuhctied(?), véhément (1), with their thrice fifty bridles ofred enamel upon theni. »

)2. TongMja5 a toinges mo thûath, îor fer ind rodairc, is slabra4 (.i. is cethir) nach suthchernai insin. Is mo aird- mi//i[s]a de, is é Conairc mac Et^rscéle, co farninaib"^ fer nErend n-imbi, darôer in sligi ".

Tiagait for cùlu iarom co /z-ecsetâr^ dona dibe;'gaib9. jssed inso ro chiialammdr 7 atconnarcmdr, ar iat^°.

)2. « / szuear by luhat my tribe sivears », says the man of the long sight, « thèse are the cattle of sonie good lord. This is my judgment thereof: it is Conaire, son of Eterscéle, with multitudes of the men of Brin around him, who has travelled the road. »

Back then they go that they may tell (it) to the reavers. « Tins », they say, « is luhat -webave heard and seen. »

53. Bdtâr sochaide, ira, eter siu 7 aiiall, in tsluaig-se '^ .i.

1. -ailside for -aisl'uli, part. perf. pass. oi -aslaim.

2. -fobcii, pi. n. fobliaid .i. luath ésgaid, O'Cl.

3. Tungsa, Eg.

4. marcsluag, Eg.

5. issc, Eg. is c, St. IS lii mo airdmcs do, YBL.

6. formna St.

7. do toct clîuccLind issin sligid, Eg 122'' 2. doret intligi YBL. doret in tsligi St.

8. co lidccdetar Eg. ro;/decdatar YBL. (Icg conccatar) 7 indisit St.

9. dibcrgachaib YBL. St.

10. isstv/ so itcualamar 7 atchonncamar, St. adù)/niarcmar, YBL., omit- ting ar iat.

11. Batar sochaidi tra iatsom twr allmarchu 7 ercii.icha. Rob c \mm.i'-ro a lin huli himmalle, Eg. Bai sochaide tra adiu 7 anall in thsluaig, St.

5 2 Wintlty Siokes.

t;-i côccait cluirach 7 côic mi'li ' indib, 7 dcich a'7 in cach mili. Ro thocaibsct- iaroni na scolu forsna curchu5, 7 dos-curcthar-* dochom tire, co ragbaisct5 hi T/acht Fuirbthi.

i). Of this host, ihen, there was a niultilitde, hoîh on this side and on that, nanicly, Ihricc fifiy boats, wilh fivc tbousand tu iheni, and ien hundrcd in cvery tbousand^. Then they hoisted the sails on ihe bonis, and stccr thcm ihcncc lo sborc, till ibcy landcd on tbe Sir and of Fnirblbc.

54. Intan ro[nJgabsat' na curaig tir, is and rom [LU. 85^]- b(')i^ Mac cecht oc béim tened9 i niBrudin Dergae. La fi'iaim na spréde focressa na tn côecaii curach ^°, co mbatâr [or fc/mnu na fairrcc.

Ta chcin ^% ior Ingccl, samailtc latso'-, a Fir rogain ?

Ni fetM/'sa, ol Fer rogain, manid Luchdond'' cainte fail i n-Emain Macba dogni in [m]bosc)rgiiin-se oc gait a bid aire '4 ar ccin, grech ind Luchduinn '^' [tiiiar Hg.J hi Temair Lochrac, ;/(' béini spréde Maie cecht oc dtûd tened n'a rig n- Erend airm hi foi '^. Cach spréd t;a, 7 cach frass doleiced a tene'" îor lar no fonaidfidé'^ cet lôeg 7 di lethorc fria.

1. tri .111. churach 7 .11. mi'li chct LU. u. mili Eg.

2. Arrotliocaibsct St- Read an-ocaihset, and cf. arrocbat LL. 249-' 2.

3. (or na curchaib Eg. for na crundu YBL. ara curacliaib St.

4. nos curethar St.

5. rogaibsct Eg. rogaibseat YBL. rogabsai St.

6. Hcnce, and irom £ 58, it seenis that )////<■, like the Germanie thûsundi, was originalK' a vague abstract noun meaning « niany hundreds ».

7. rongabsat YBL.

8. robui YBL.

9. is ann bai Mac cecht ic bcin teined, St.

10. rascLiichset himmach o thir, Eg. na tri choectu curach, YBL.

1 1. coistid bic, Eg.

12. saniahai lettso, Eg. cid samaha so. St.

13. manib hi Luchtondd, Eg. manc be Luchdon, St.

14. fair St.

15. luchtlioind Eg. luchduind YBL. luchtuinn, St.

16. airm hi fuil hinocht. Eg. airm i loi innocht. St.

17. in sp/vd, YBL.

18. cech frasta |leg. fras t;a| nnviono doleiced in spréd for lar no fonfiii- thea, Eg. for lar fonuinfidi cet laeg 7 de lethorc, YBL.

Cech fras fa dolleicid in tened do spredaib ar lar, no fui[n]feda cet laeg 7 de letorc, St.

The Dcsiruilion of Dcrgd's Hostel. 5j

Ni thuca and in ter sin (.i. Conaire) innocht, tardât mtiic Duind Désa. Is liach a bith [fo dochur namat Eg.'].

Ni bu liachu side limsa-, for Ingcél, indâs ind orcuin do- ratsa diiibse. ba mo lithsa co mbad docorad 5 and 4,

j4. Whcn thc boats reached land, thcn luas Mac ccchl a-siriking firc in Derga's Hosîel. At thc soitnd of thc spark thc ihrice Jjfty boats lucre hiirlcd out, sa fhiil thcy -lucrc on thc shouldcrs of thc sea.

« Be silcnt a zvhUc! » says Iiigccl. « Likcn thon that, 0 Fer rogain. »

« / knoia not », ansiucrs Fer rogain, « lailcss it is Luchdonn thc satirist in Einain Macha'\ who uiakcs Ihis hand-sniiting ivhen his food is taken front hini perforée : or ihc scrcaiii of Luchdonn in Tentai r Luachra : or Mac eecht's siriking a spark, when he kindh's a firc before aking of Erin whcrc he siccps. Evcry spark aiid cvcry shower which his fire luoiihi Ici fall on thc floor would broil a hiindrcd calves and tiuo half-pigs.

« May God not bring that nian (cvoi Conairc) Ihcre lojiighl ! » say Donn Dcsa's sons. » Sad thaï hc is uiidcr thc hnrf of focs ! »

« Meseents », says Ingcél, « // should be no saddcr for me than the dcstrtiction I gave you. This luere niy feast th.it he (Conairc) should chance (to conic) there. »

55. Tos-cuirethar a coblach ''' dochom tire. A ngloim " ro Idsat na tri côecait curach oc tuidecht hi tir forrochrath''^ Briidin Dd Dergae9, connd rabi gai [na sciath Eg.] ior

1. is liach garsecla do, St.

2. ni mo mmorro is liach libcbsi(!) in sgél sin, andàs ropa liach limsa ind orgain doralH^a dùibsi i n-Albam, Eg. nirluga ba liach limsa ind argain ortabairsi limsa 7 doratwj duib. St. ni bud Hacha suidiu limsa, for Ingccl, indas inn orcuin doratsa duibse, YBL.

5. docuired, Eg.

4. Robad he mo lithsa co mbad he nothccmad ann innocht, St.

5. now the Navan fort, two miles west of Armagh.

6. Doscurethar iartain, Eg. Toscuirithir YBL. omitting a coblacli

7. In gloimm 7 in bresmaidm, Eg.

8. ro crithnaig 7 ro crothastar, Eg.

9. Gabsat dochum thire iarsin co fortren feramail na tn coecait c»/'ach, 7 an glom ro lasat na barcu dochom thire ro la in Bruiden uile i cor 7 i crichnagad [Icg. crithnugud], St.

54 Whitlcy Stokcs.

alchaing intc, acht ro làsai grith co mbatàr ior lar in tige uli'.

)). Their.flact is slccrcd toland. The noise that the thrice fifty vessels iiiaiic in noiu'ni^ asborc shook Dcrf^as Hostcl so that no spear nor shiclii reniai uni on rack Iheirin, but tlje weapons ut- teicd a cry and j'cll ail on the floor of the hoiise.

56. Samailte lat-, a Chon^m-, far cdch, Eg.], cia fûaim so5?

Nim-thâsa a samail acht manid talani iinir.id-rôc ■* (.i. ro bris), manid 5 in Lcuidan timchella^ in ndomon adchomaic a crball do thôcliur in betha tar a chcnd^, barc mac Duind Désa ro gab tir. Dirsan nâptar hc bâtar^ and ! Bâtâr comaltai carthanaciia9 diind. inmain in hanlag'°: nisn-âigfimmis ■' innocht.

IS and ranic Co;/aire co mbôi hi'- taichthi na Bruidni''.

)6. « Liken thon that, 0 Conaire », says every one: « what is this noise ? »

« / knoiu nothing like it nnkss it be the carth thaï has broken, or the Leviathan that sur rounds the globe^^ and strikes with its tait to overturn the ivorld, or the barque of the sons of Donn Désa that has reached the shore. Alas that it should iiot be they who are

1. rolaiset armgrith 7 torcratar for lar na Bruidno, Eg. rolaisct g*ith co mbatar ar lar Bruidne Da Dc/gïe, St.

2. Samalta Ictso so, Eg.

3. cid in fuaim atdcûalamar, Eg. Cid so, a Chonairc, ol a muindter, 7 cia samail in fuaimsea? St.

4. niaHib talam dluges ar do, Eg. Ninitha a ishamail, ol Conaire^ manip talam ro mebaid, St.

5. mawib he Eg. manib. St.

6. timccllas Eg. St. timchcl.i YBL.

7. do chor in betha dar cend, Eg. darachcnn St.

8. nach iat ata, Eg.

9. carthacha YBL. Bâtir comalta cartantach, St.

10. fiallach n-isin, Eg. Batar immain in hàWach ann, St.

1 1 . -âigsiwmiSjLU. -âgJimis,Eg. -aigJîinis,\'BL. ni faighmisni inocht damtis iat, St.

12. ar faigthi na bruidne, St. 15. bruidne YBL.

14. Cf. the .Midhgardhsormr, the world-serpent, « whosecoils gird round the whole Midgard ». In old kcLuidic translations of legends Ln'iathan is rendered by Midijgardiisoniir, Cleasbv-Vigfusson.

Tlic DiStnution oj Dcrgas Hostcl. 55

Ihcrc ! Bclovt'il Joslcrbrolbcrs ofour oiun wcrc ihcy ! Dcar lucrc ihc champions. IVe shottld iiol hâve feared thein tonight. »

Thcii came Conaire, so thaï he luas on ihe green of Ihe Hostel.

57. Intan vo clu'iahi' Mac cecht in fothrond-, atar lais roptar ôic tancatâr co a muint/r3. La sodain forling 1 a gaisced dia cobair. Aidblitliir Ico bid> torandchlcs tri a'7 a chluiche oc forlâim^ a gaiscid". Ni bai bàa di sodain de sin^.

jy. When Mac cecht heard ihe tnniiiltnoiis Jioise, il sceiiied ta him that icarriors had attacked his people. Thereat he leapt o}i lo his armoiir to help them. Fast as the thunder-feat of three hiindred did ihex deem his gaiiie in leaping to his îueapons. Thereof there iras no profit.

58. IN barc iarom i mbatar maie Duind [Désa], ba inte bôi in caur mârthrclmach andiaraid inna brainc9 na barce, in léo uathmar andsa, Ingcél Câech mac ui G';/m(7/c ''^. Lethithir damsecbi ind oensùil bôi asa étun. 5(r/;/ m^7/c imlesain inte'% Bàtar duibitliir degaid'-. Meit chori cholbtbaigt''? cechtar a da glûne '-I. Méit chléib bùana cechtar a da dordn '>. Meit mulaig forgut^^ mella a dromnia. Sithithir^7 cuing n-ûarmedoin ^^ cechtar a dd lurgan.

1. ronchuala YBL.

2. foidtrom St. fothronn YBL. In LU. this sentence ends j 56, and Atar lais, etc. begins § 37.

3. andar laiss ropa bidbaig no ecnâmait tancatâr dochum a munt/Ve, Eg.

4. gabais St.

5. Indar léo ba, St.

6. a cuiclige oc forlaimm, YBL.

7. cuiclige ic urtôcbàil a gaiscid, Eg. a cui[cllige a[c] gabail a arm, St.

8. Eg. St. and YBL. omit this sentence, which was, perhaps, a mar- ginal remark.

9. imbraine YBL. St.

10. CoHma/cne, St. Co;mw/Vni YBL.

11. indi, Eg. imblesan inti, YBL.

12. Ba duibitliir déga hi, Eg. 123^' 1. Batû/' dubithir dethaigh, YBL.

13. méit core hi rachad colptach, Eg.

14. glûn Eg. glun St. gluine, YBL.

15. adbrond Eg. dornn St.

16. muUaig ar gut St. for gad, YBL.

17. sithir St.

18. n-imechtraid, Eg. n-iarmedoin St.

56 WliitUy Slokis.

Gabsat t;a [iarsin na .111. curaig ocus Eg.J na côic mili cet sin, 7 dcicli a7 cacha' mili, hi T/acht Fuirbthc-.

;cV. Kinv in thc bcnv of the ship wherein werc Doini (Désa's) sons ziuis thc champion, grcally-accoi4ticd,iL'rathful, thc lion hani and au'J'id, Ingccl tljc Onc-cycd, orcat-grandson of Conniac. Widc as an oxhide was thc single eye protruding froni his forehead, ivith scvcn pupils ihcrcin, which wcrc hlack as a chafcr. Each of his knccs as big as a stripper's caldron ; cach of his tzuofists was the si-^e of a reaping-basket : his buttocks as big as a chccse on a wilhe : each of his shins as long as an outcr yokc.

So after that, the thricc fifty boats, and ihosc Jivc thousands with icn hundrcd in rccry ihousand, landcdon the Strand oj Fiiirblhc.

59. Luid tra Con^m* cono. muint/V isin mBrudin, 7 gab^/V càch a suidc' is'tig, ctcr gess-i 7 nemgess); 7 gabsat [LU. 86*] na t/i Deirg a suide 5, 7 gahais Fer caille cona mine a s[h]uide.

/f?. Then Conaire with his people entcrcd the Hostel, and cach took his seat within, both tabu and non-tabii. And the three Rcds took their seats, and Fer caille with his swine took his seat.

60. Tosn-dnic^ Da Dergae iarsin/, t/i .111. ôclàch^, 7 fotol- b^rrad9 co dais a da chûlad (or cach fir dib, 7 gerrchochoU co mell a ndâ ldrac'°. Berdbroca^' brccglassa impu: tri .111. mag- lorgi^ ndraigin co fethnib^» iarind '-» ina laniaib.

1. in cach YBL. St.

2. Muirbthcn, Eg. F«;bthcn St. Fuirbtcii YBL. 5. imdaid Eg. shuidi YBL. inad St.

4. nemgheis YBL.

5. suidiu YBL. perpcram

6. Tostanic YBL.

7. IS ann sin im»/orrodosn-:inic Da Derga, Eg. Dothact Da Derga cucu istech iar»m, St.

8. tri coecat oclaech a lin St. tri cacctaib oclach, YBL.

9. fothalberrad St. fotalbcarrad YBL. Cf. fotal scéith Lcc. 55-' 15.

10. gerrcochaill impu co mellaib a laracc, Eg. 125^^ i. gerrcochall com- nieilaîb allaarg impe, St. gerrchochaill co mcil a da larcc YBL.

11. berrbrocca YBL. Berrbroca St.

12. màtlorc Eg. Tri A. maglorg St. t/i caecait niaglorg, YBL. 15. cona fethanaib, Eg. co ccndaib St. co fcithnib, YBL.

14. iairn YBL. St. YBL.

Thi Destruction of L\i Pcrga^s Hostcl. 57

Fochcn', a phopa Gi;/airc ! i'or se. Cid icymiia fer n-Uvcnd (iothaistis- latt, ros-biad ' tailtc [tbdcisin, Eg.]

60. Thcrcaftcr Dît Dcrgn came lo ihciii, irith Ihricc fifiy icar- riors, cach of thcni haviug a long hcad ofhair lo ihc holloiv oj bis poils, and a shori cloak to thcir hiilforks. Sfeckh'd-gnrn drawcrs-^ ibey u'ore, and in ihcir haiids wcir ihricc fifiy grcat clubs of thoni iL'ilb hands ofiron.

« Wclcome, O niastcr Conairc! » ijiioth hc. « Thoiigh ihc hiilh of thc nicn of Eriti -wcrc lo coiiic wilh ibcc, tbcy ibcniselvcs ivould bave a wclconic. »

61. INtan > bâtar and rt);/accatar a|n]n'^' ôenbandscail do dorus na Brudw", iar fu;nud ng/r'ne, oc cuinchid al-leicthc issa tech. Sithidir claideb [njgarmnai^ cechtar a da lurgan. Bâtâr dubithir druim ndail9. Brat riabach rolômar impi ^°. Tacmainged" a fés ichtarach cor-rici a glûn. A béoil for k{i]th a cind.

61. Wben ibcy ivcrc tbcrc tbcy saw a lonc woiiian coiuing lo ibe door of tbe Hostcl, aflcr siinset, and seeking lo hc Ici in. As long as a ivcavcr's beam luas cacb of bcr iiuo sbins, and ibcy lucrc as dark as ibe back of a stag-beeilc. A grcyisb, luooUy manlle sbc u'ore. Her hiver bair nsed ta rcacb as far as bcr hncc. Hcr lips zvere on one side of ber head.

62. Tothdet co tard ^- a lethgûalaind fri haursaind in taige, oc

1 . IS niochen duit, Eg. Phochen Y13L. IS ann asbtvt Da Dcrga, Focen, St.

2. tisad St.

3. rosmbiadfaindsea YBL. ros-biathfaindsi, St.

4. See Zimmcr, KZ,, XXX, 84.

5. Amfl/, Eg.

6. inni Eg. co facatar in. YBL.

7. in n-6enmnai cechndiriuch dochum dorais na Erw^we, Eg.

8. ngarmnai YBL.

9. Ba duibithir dega cech n-all 7 ccch n-àgi di, Eg. 7 badir duibith//- de- gaid. St. batar dubithir dethaich, YBL.

10. Araili arait mûscaidi breclachtna impi co/;a imlib iarnaidi si imtronini fri imtecht si aduar f;i anad ctcliig (ri airechtai a aitlii ocnbruitt na araitc sin, Eg. iijb I i25''2.

11. Rasoiched imw/orro Eg. tacmaicead YBL. Ro soiched St.

12. Toct c[o]tarat Eg. Luid co tard, St. tothcit co tard YBL.

^8 Whitley Slokcs.

admilliud iiul rig 7 n.i mf/ccocin ro Ixitarimbi isin tig. Ésseom fcisin ataraglastar ' (.i. ro aicill) astig-.

Maith', a banscal •, or Conaiir, c'id atchî di'ind massât fissid > ?

Atchiusadaitsiu^, \n\morro, olsisi, noco n-érnâba7 ceinn^nd câriia dit asindâitlii tudchad9rtr/.'/ 'na mbt'rat'^éoinina crobaib.

Ni bu doclicl cclsammàr'', a ben, or ésseom'^, ni tLicliélas'> di'in dog/r's '•', Cia do chomainm-siu. or se, a banscal ? '5

Cailb, or sisi.

Ni fc/'c/aid anma son'^\ ol Conrt/;v.

« lichc (.i. ni dorcha .i. is foll//.f) it ili mo anmand'" chcna'«, [ol si YBL.]

« Cade iat-srJc ''-^ ? ol Coiuiirc.

« Ni anse n, or si-°: « Sanion, Sinand, Seisclend, Sodb, [Soéglcnd-', Samloclît-- Eg.] Caill, Coll, Dichôem-^, Di- chiûil, Dithim -■♦, Dichuimnc, Dichruidne->, Dairne, Dârine,

1. sic YBL. leg. ataragJndastar? roboi ica accallaim Eg. aicillestar hi, St.

2. asin tig amach 7 ashvt fria, St.

5. maith sin YBL.

4. maith sin a ben St. Maith sin a banscaL YBL.

). cid dai dùn? indat tîssid? Eg. inda fisid YBL. 7 indat fisid St.

6. duidseo YBL.

7. conach ernaboi H.

8. cern LU. ccrr YBL. cacr H. St. cJcr Eg.

9. co na tirnàba c;icr na carna dit asin tigh hi tai hinocht, Eg. asin taig hi taudchud YBL. asin tig ataei H. asin tigsa hi tanacais St.

10. ambtrat H. ina mbcrat. St. a mbr/tae YBL.

1 1 . carsam Eg. carsamar St. celsamar YBL.

12. ol seiscm YBL

13. celmainigos, Eg.

14. Sce Appcndix § 61.

1 5. Cia do chomainmsco, a banscal, ol Conaiie ? YBL.

16. ni forciad n-anmu son cm YBL.

17. Éché it ilimdoi mo annionnasa H. hc, ar sisi, at ili imdha mo an- mandsa ol sisi, St.

18. Ni (orcraiil. Nach on cm? ol Co/wire. Maith aili at ili imda mo anmandso chena, ol sissi. Eg. 117-1 i.

19. Cit n cisidi, YBL. Cadi iat scn St.

20. ol sisi YBL.

21. Saiglend YBL. Saigicd St. 21. sain locht H. samlocht YBL.

23. Dichcni, St.

24. Dichuil. Dichim YBL.

2j Dicruithnc Eg. Dicurumac YBL.

The Di-stniciioii of Ihi Dngas h'ostcL ^9

Dcnuiinc', Hgcm, Agam-, lùlianiiic, Gnim, Cluichc, Cctluir- dani, Nitlî, Ncmain S Nôcnneii'», Badb, Blosc, B[l]oâr, Huae. 6e Aife la Srutb, Machc, Mcdé, Mod>.

F(V- ôen choiss 7 ôenhiim 7 ôcn anail r[och]achain ^' doib insin uil[e] o don/5 in tige".

[Tungsa na dei dia n-adraiin nad epur ainm dib rit ct/V gar cian biasa bifus, Eg. 171' i 117' 2].

62. Shc Cil nie and pu l oiic ofhcr sbouhh-rs agauist thc ihuvposl of //.'(■ hoiisc, castiiii^ Ihc evil eye^ on ihc kiiii^^ ivui ihc yoiilhs who siir- nmndcd hini in ihc Hostel. Hc hiinsclf addrcsscd hcr froin luilhin.

« Wcil, O li'oiuan y>, says Conaiic, « if ihon art a ivi:{ard, zcbal si'i'sl ihon for us ? »

« Trnly I sec for ihcc », sbe ansiucrs, « îhat ncithcr fclh nor Hcsh of thine shall cscapc from thc place into luhich thon hast conic, save îuhat hirds luill hcar a-way in ihcir claws. »

« It was not an evil oincn -wc forchoded, 0 zuoinan », sailh he: « it is not thon tbat aliuays augurs for us. What is thy natne, 0 luoman? »

« Cailb » , she ansii'crs.

« Tijat is not niucb of a nanie », says Conaire.

« Lo(i. e. notdark, i. e. numifcsl), niany arc niy naines hesidcs. »

« Which be they ? » asks Conaire.

« Easy to say », quoth she. « Sanion, Sinand, etc. ^°.

On one foot, and (holding up) one hand, ami (brealhing) one breath she sang ail that to iheni from the door of ihe hoiise.

1. Der. Uaine St.

2. Ag. Eg. Agam St.

3. Ncmaind Eg.

4. Nocndcn Eg. YBL. Nocndhcn St.

5. Aftcr Bloar Eg. has : Uac Arhuath Soc arath. Srod, Mâcha. Mcdc, and H. has Uath Meiti mod. H. hUaith. Medc. Mod. YBL.

6. rochachain YBL. rochan si, St.

7. For 0 dorus in tige Eg. has: 7 filet na hili huiii annumd sin ainni dib sein bas maith letsu. frecartsa duitsiu. coccrtsa liùatsiu Eg.

8. As to the evil eye, in Ireland, see Irische Texte, IV, 523.

9. The cern, car, caer, câer of the MSS. give no satisfactory nieaning. Read ceinn, whence a'K«/ (gL scaniae) Arm. 176'' 2, and cf. Cymr. ccnii, ON. l)iiina « membrane, fihn ».

10. Compare the strings of mystical names in the charm against thc chiid-steaHng witch, éd. Gaster, Fottdore, XI, 133, 145, 149.

6o Whitley Stokes.

« / swcar l'y thc goih îchoni I adore », (siiys Conaire), « Ihat I irill ciill tbcc by uonc of Ihese uamcs ivhcibcr I shall be hcre a long or a short t'nue. »

65. Cid as àil dait ? ol douaire.

A n-:is ail daitsiu dam), or sisi.

Is gess danisa, ol Conaire, dam ôcnmnà" do airitin iar fuin///^grcnc'-.

Cid gcss, or sisi, ni ragsa co ndeclia' (.i. co fcrur ;/() co rucur) mo aigidecht di ràith^ isind didchi-sc innoclit.

Apraid tria, ol Conaire, IvVthair dam ocus'i tinnc di immach, 7 mo fiiidcll-sa, 7 anad im-magin aile innoclit.

Ma dothanic^ ém dond rig, or sisi, co[na talla iï\r, Hg.] praind 7 lepaid ôenmnâ inna tliig, fogébthar" 'na écmais o neoclî aile ocd mbia ainech^, ma scàig coible9 na flatha fil isin Brudin.

« IS fcochair^° in frecra », ol Conaire. « Dos-lcic " ind, cid gess [LU. 86^J damsa. »

Bûi grain môr ïoraïb iarsin dia haccallaim na mnà 7 mithau- raras'-, acht nad tl'tatàr cmi bôi dôib^'.

6]. « fVhat dost thon désire? » sa\s Conaire. « That li'hich thon, too, desirest », she answered.

1. H inscris: 110 aoinfir.

2. da airithin iar fuin ng/v'nc YBL.

5. co coniailliur Eg. co tomliur St.

4. m'ocilioigt-^:/;/ anorcuinich H. m'oigidec/j/latsa doraith, St. m'aididecht diraith, YBL. ). co H.

6. donanuic H. dodanic YBL.

7. Ma ro scaith |leg. sc>iich] conna talla fair proinn do aeiimnai tio lepaid bes fogebthrj/'. St. niadroscaich YBL. (leg. marodscaig).

8. adetar na aill o nach ailiu oca mbiad ainech YBL. adetar nach aill o nach ailiu oca mbia oinech H.

9. coiplithi, H. enech St. coibl/1/0 YBL.

10. fracchair H. f/echuir YBL.

11. Icicid St. Rcad nos-Icic, or (as in Eg.) uos-Jéicid.

12. mithaurassa, YBL. Boi grain mor fbraib iarsin 0C//5 miturrusa athli acalnia na mna forru, Eg. 1 ij-» 2. Boi grain mor 7 uamain orra t/ia irlabra na mna, 7 ro tliirchan mor do micelniaine. St.

15. H omits this sentence.

The Destruction of Dcrga's Hostel. 6i

« 'Tis a tdbii of mine ^>, sciys Couaire, « /() receivc ihe coiiipauy of oiie ivoiiian afler smiset. »

« Thoiiirh it he a labu »^ slje replied, « / will uot i^h^ tiiilil niy i;;uesling coine al oiice^ Ihis very nigbl. »

« Tell her » , says Couaire, Ihal an ox and a bacon-pig shall he iahen ont lo her, ami niy Jeavings : pravidcd ihat she stays îo- night in some otber place. »

« If in soolh n, she says, « // h as be fa lien ihe king noi to hâve room in his house for the vieal and bcd of a soUlary zvonnin, ibey ivill be gotien apart jrom hini froni some one possessing generosity ifthe hospitality of the Prince in ihe Hostel bas departcd. »

« Savage is the answer ! » says Couaire. « Let her in, though it is a tabn of mine. »

Great loathing ihey felt after that front the îuoman's converse, and ill-foreboding ; but they htew not the cause thereof.

64. Gabsait na dilvrga iarsin tir, 7 dollotar^ co mbdtar oc Leccaibcind slébe. Bithobéle^ tra in Bruit/c;;. Is aire ask'rthea^ « hxnden » di, ar is cosmail (ri béolu fir oc cor bruidtv/. « hruden » .i. bruth-en .i. en bruthe inte 5.

64. The reavers aflerwards laiided, aud fared forth till they were at Lecca cinn slébe. Ever opeii mis the Hostel. Why it ivas called a Bruden luas because il resembles the lips of a niatt bloiving(?) a fire(?). Or bruden is front bruth-en, /. e. en « luater », bruthe « of flesh » (broth) thereiit.

(To be cotiliitned).

Whitley Stokes.

1. Cf. doraith St. H. Cf. ni dessetar da râitli LL. 96^2.

2. Gabsat na dibtTgaig tir 7 luidsct, St.

3. Bith-ocbclcn St. Bidobcla YBL.

4. atberar YBL St. atperar H.

$. For this § Eg. lias only : Lotar \miiioiTo na dib^ga co nibJtar oc Lcccaib cind slcibe d'indsaigid na Briiidni. The second etyniology of /'n///f// does not occiir in the othcr copies, and is certainly an interpolation in LU.

LE VERS A RIME INTERNE

DANS LES LANGUES CELTIQUES

SES LOIS, SON ORIGINE

Depuis la publication de mon article sur la Métrique du moyen-breton (Revue Celtique, avril 1900), la comparaison de la métrique du gallois, du breton et du comique avec celle de l'irlandais, ainsi que l'étude de la poésie rythmique latine, m'ont amené à des vues plus générales et plus précises sur les lois du vers à rime interne et son origine dans les langues cel- tiques (celtique des Iles Britanniques).

Les lois de ce vers, au lieu d'être propres au gallois et au breton-moven, soûl les uiêincs dans toutes les langues celtiques, en faisant des restrictions pour le comique elles ont éga- lement existé mais elles n'ont laissé que des traces:

La coupe principale du vers ou de la longue ligne, ou mieux la syllabe finale du premier membre doit rimer avec la- syllabe accentuée, la pénultième en brittonique, du mot final (tvpe cyi^i^hanedd lusg), ou avec la syllabe finale portant, elle, un accent secondaire (cywxdd deuair hirion) ;

Si la syllabe finale du premier membre ne rime pas avec la syllabe accentuée du mot final du second membre, il y a une seconde rime, le plus souvent dans le second membre, parfois aussi dans le premier membre (loi propre à l'irlandais et au gallois) :

Si cette seconde rime fait défiut, elle est compensée de dif- férentes fliçons : les membres i et 3 des deux grandes lignes riment ou allitérent entre eux, ou le mot final rime avec le

Le Vers à rime interne J.ins les langues celtii]nes. 6]

premier membre de la longue ligne suivante ou du vers sui- vant, etc. Ces compensations ne sont pas restreintes à l'irlandais; on les trouve dans certains types de systèmes gallois, et il y en a des traces en comique ;

La rime interne a d'abord été une rime finale.

Le vers i\ cyughancdd Insg, rapproché du vers breton et d'un type de vers irlandais, nous donne la clef de l'histoire de la rime interne. Ce vers, comme le vers breton, mit rimer, quelle que soit la longueur du vers, la syllabe finale du premier membre (primitivement accentuée), ixicc la pénultième accentuée du vers :

neu'm rodes o'i luD | heb olunias

Cf. breton :

Da gouzoLit scIer [ a liuy ve queniERet

La rime de la syllabe du premier membre se fait avec la finale à accent secondaire (cyzuydd dciiair bin'oii) : Gallois :

Hael Mordaf, hael mawrdec Nûr | haclach, gretvolach GrùffuT L'iandais (s. Paul, II, ro, Irischc Tcxlc, I, p. 316) :

Fuachaid-sem fri Irega f\L j a rose anglése cômlAN fuachimm chein fri fcgi fis | mu rose reil cesu l'mdis

Cette rinie suffit : si elle n'existe pas, il en faut une autre. Gallois (type cywydd odliaidd; Livre Noir, poème II) :

Brcuduid a uelun neithuiu | ys ccluiT ae dclioglho

Irlandais (Irische Texte, I, p. 29, vers 21) :

Ni bu sanct Brigit suanach | ni bu Ih'arach im scirc

Quand le troisième membre du distique à grande ligne (ou le troisième vers du quatrain) ne rime pas avec les autres, on a l'équivalent exact du type gallois dit En^lyn unodl cyrcJr.

Poème du ms. de s. Paul de Carinthie (Goidelica-, p. 176):

Mac Diarmata dil damsa | cid iarfachta nf insa

a molad maissiu niaa;niiî I lûaidfidir laediB limmsa.

64 J. l^oth.

ce qui donne en quatrain :

Mac Diarmata oil damsa Cid iarfachta ni insa A Molad Miiissiu MaasniB lûaidtidir làediB limmsa

Cf. gallois (Dosparlh Ed. Daf. aiir, XXVII) :

Hvnyg hir loyw ci hystlys Gwymp ci llun yn ci llaes-gr\'S Gwynlliw cwvn gwcnndronn iawn Gwvniliw cigi.wvN pan ddyfrys.

Le distique de longues lignes de 14 syllabes avec se:; diverses modifications de rime interne est l'origine de toutes les va- riétés de vers de 7 syllabes que l'on rencontre en moyen-irlan- dais. Parmi ces variétés, je signalerai seulement le quatrain à rimes alternées :

Sruama scrba scimLiDE focliasracliaib dosfEMED muada nierda mcirBLiGE isnalasrachaib iened '

Ordonné en deux distiques de longues lignes, c'est l'équi- valent du type comique de la Pascon agan ArJuth :

Sruama serbe seimLiDE | fo chasrachaib dosfEMED Muada merda meirbLiGE | isnalasrachaib îened

Ici le principe de la rime des membres i et 3 du distique de grandes lignes est appliqué à l'intérieur des petites lignes du vers : serha et merda des vers i et 2, chasrachaib et lasrachaih des vers 2 et 4 riment entre eux.

Cf. comique : dans la Pascon, les quatrains se composent de longues lignes :

Ena un lowarth esE | ha ynno navn io parvs Dcn marow rag rccevE | bytli newyth nyn io usijs Corf lesus Crist yntrcthE | thcn logell a ve degvs Hag a hcvs tlie wrowcthE | ynno ef a ve gesvs

I. Saltdir na raini, p. 120, 8169.

Le Vers à rime interne dans Ls Liniiues cclli.jues. 65

L'ctudc des divers tvpes de rime nilcnic montre claire- ment qu'elle ii d'abord été une rime finale: elle unissait la syllabe tinale accentuée du premier membre de la (grande ligne avec la syllabe accentuée du second membre.

On a eu peut-être d'abord ainsi à la coupe une rime mono- syllabique accentuée, et à la finale une rime dissyllabique ou trisyllabique. Il était impossible de conserver cette rime dissyl- labique ou trisyllabique ; en effet, la coupe rimant, on eût été condamné par la loi de la rime finale dans les deux grandes lignes du distique et dans toutes celles de la laisse galloise à la même rime et au premier membre et à la finale. Il fallait ou sacrifier la rime de la pénultième ou de l'antépénultième du mot final avec la finale accentuée du premier membre et se résigner par conséquent à la rime d'une finale accentuée (premier membre) avec une finale non accentuée et à accent secondaire (deuxième membre), ou se contenter de la rime avec la pénultième et avoir une autre rime finale. C'est la première alternative qui a été adoptée en irlandais et en gallois dans le type cywydd deiiair birion; c'est le second type qui a persisté dans la cyngJjanedd liisg et le vers moyen-breton. Enfin, il y avait un autre parti à prendre : c'était de ne pas faire rimer du tout la finale du pre- mier membre avec le mot final. Mais la loi des deux rimes était déjà établie ; on lui donna satisfaction en faisant rimer la coupe avec un autre mot que le mot final. Dès lors, la rime interne qui de fait existait du moment que la rime de la svl- labe finale n'était plus celle du premier membre de la grande ligne se développa encore davantage. Les membres de la grande ligne arrivant bientôt à l'indépendance, devenant des vers, la loi desdeux rimes fut appliquée dans les vers comme elle l'avait été dans les grandes lignes.

Les Irlandais ont porté les lois de la rime interne dans la poésie latine chrétienne :

Conclamantes Deo diGNUM | hvmnum sanctac Mariac ut vox pulsct omnem aurem | per laude.m vicariam OpporrexAM dédit cura.m ] aegrotanti hotnini'.

I. W. Meyer, Liulus de Antichrislo (Sitzungsbcr. der phil.-philol. und hist. Cl. d. K. b. Akad. der W. 1882, p. 64): cette poésie est de l'époque du vieil-irlandais.

Revue Celtique, XXI l. 5

66 J. Lotli.

Cl. Hymne de Colman {Goidelica^, p. 122, 22) :

Rcgem regum rogamus ! in nostris sermoK'iBUS Anacht Xoc a lucliti.Acii | diluvi tcnipoRiBUS.

L'exemple latin précédent de rime interne est le seul que W. Meyer ait rencontré dans la poésie latine du vi*-' au xi*^ siècle. Il établit ' que si les Celtes n'ont pas inventé la rime, c'est chez eux qu'elle s'est développée. Ce sont les Irl ndais et leurs disciples qui ont notanmient implanté hinme dissyllabique sur le continent. W. Meyer avance que c'est chez les Irlandais que l'on trouve les plus anciens exemples de prose rimée (dans YAntipbonariiiDi Beiichorciisc): c'est une erreur. La prose rimée existe dans Gildas, dans le De Excidio et dans VEpisîola : il y a de très nombreux membres de phrases rimant. Un passage de la fameuse lettre au consul Agitius (il a fallu une forte dose de naïveté pour en accepter l'authenticité) me fait l'effet de deux vers de 10 à 11 syllabes allitérant et rimant aux membres i et 3 : de plus, la coupe du deuxième vers assonne avec la finale de ce vers {De Eiicid., X\'I1) :

Repclkint nos | barbari ad marc Repollit nos I mare ad b^irbaKos

Quelle est l'origine du vers à rime interne ?

Thurneysen {Revue Celtique, VI, p. 309 et suiv.) me paraît avoir raison quand il fait venir la métrique irlandaise, telle qu'elle apparaît dans son type de beaucoup le plus commun, la longue ligne de deux membres de sept syllabes, de la poésie rythmique latine populaire. Le point de départ pour lui est le tétramétre trochaïque catalectique populaire, fondé non sur la quantité des syllabes, mais sur leur nombre et l'accentuation:

César Gallias subcgit ] Nicomcdes Caésarem Eccc Caesar nunc triûmphat 1 qui subegit Gâllias Nicomedcs non triûmphat | qui subcgit Czêsareni.

Cf. Hymne de Secundinus :

Auditc omncs amantes | deum sancta mérita

I. Ibid., p. 63.

Le Vers à rime interne iUins ItS langues celtic]ues. 67

Le type originaire aurait subi deux modifications princi- pales :

i" Les deux longues lignes sont liées par la rime qui d'abord est trisyllabique.

Hymne de Cuchuimnei :

Ciintemus in omni di'c ] conciiicntcs ràric Conclamantes Deo Jigxum | ymnum sanctae Mariac

Le grand scadna en est la reproduction très exacte.

2" Le nombre des syllabes des deux membres devient égal par la chute de la syllabe accentuée devant la césure. Le schéma primitif

devient :

Ce vers ainsi modiiié aurait encore subi d'autres modilî- cations qui, en effet, peuvent servir à expliquer certaines es- pèces ou variétés de vers irlandais, mais qui pour la compa- raison avec les vers brittoniques ne sont pas essentielles. L'important au point de vue brittonique est cette seconde mo- dification. Elle explique en effet partaitement le genre de la cynghanedd liisg qui, parti de la longue ligne de 14 syllabes, aurait envahi tous les vers du brittonique '. C'est bien le type du tétramètre trochaïque catalectique latin modifié, avec son nombre exact de syllabes, avec sa loi d'accentuation des finales, qui est devenu le modèle du vers le plus répandu en Irlande, en Conwiiailks anglaise, en Bretagne armoricaine, et qui a laissé en Galles un type très particulier et très caractérisé de mètre : celui de la cynghanedd liisg et vraisemblablement du cywydd deuair hirion. La rigueur dans le nombre des syllabes, la préoccupation, par-dessus tout, de l'accentuation et du nombre des syllabes du mot final, sont des traits sûrement étrangers à la métrique indigène celtique. Il y a d'autres preuves irréfutables de l'origine latine de ce vers. La longue

I. Il v aurait, au point de vue du nombre des syllabes, une objection sé- rieuse à faire à ce système; mais elle n'est pas insoluble. On y trouvera réponse dans le tome II de ma Méliique galloise.

68 J. Loth

ligne de 14 syllabes d'origine hitine ou de contcxtnrc latine, n'avait naturellement pas l'aH'itération : on s'est contenté de faire rimer les syllabes accentuées du mot fmal des deux mem- bres. Or, tout justement, le vers moyen-breton, qui reproduit exactement le type latin, e-^t totalement dépourvu d'allitération. Il ne connaît que les deux rimes, primitivement finales, la rime de la césure principale avec la pénultième accentuée du mot final. Le comique, qui n'a guère que le vers de 7 syllabes et la longue ligne de 14, n'a pas du tout de cyni^haiiedii : l'al- litération lui est inconnue (il y a des traces, dans ses strophes, de l'ancienne rime interne). En gallois, le vers à cynghanedd lusg, l'équivalent exact du vers moyen-breton, se contente aussi de la rime de la finale du premier membre avec la pénul- tième du second : // se passe, comme l'ont remarqué les mé- triciens, d'allitèraticn. Le cyiuydd odliaidd, Venglyn iinodl cyrch, quatrains qui sont, eii réalité, deux longues lignes de 14 syllabes, se passent également de toute cyngbanedd autre que la rime interne. Il n'est pas jusqu'au style lyrique qui ne soit, en gal- lois, ditîcrent dans ces deux derniers tN-pes.

Je ne fais que résumer ici des lois et des conclusions que le lecteur trouvera développées et documentées au tome II de ma Métrique galloise, en ce moment sous presse.

J. Loth.

NOTES SUR LE VANNETAIS

I . PARCHH-MHUTT

L'article Piirchciiiincr ' de mon Glossaire iiioyoï-bnioii, 2" éd., contient une double erreur dans ces mots: « parchemin ..., parchemcuit (lis[ez] -eiiil) ... l'A. ». Le dictionnaire français- vannetais que Cillart de Kerampoul a signé Monsieur l'A*** porte parche-ineiitt^ ce qui est exact et signifie littéralement « membrane de mouton ».

Le mal vient de ce que je n'ai pas tenu compte de la répé- tition du tiret devant -incult, qui se trouve au commencement d'une ligne. L'auteur observe régulièrement cette sorte de distinction entre la coupe accidentelle des syllabes, dans un mot unique, et celle d'éléments distincts, dans un mot com- posé ; ainsi on lit, à la même page, Lei- \ nein et Gitinérr-er- \ -Grœss, bien que la majuscule rendit ici la précaution super- flue. Il est à souhaiter qu'on se serve encore du même procédé typographique, toutes les fois qu'une précision rigoureuse a sa raison d'être. Un témoignage linguistique ne peut que gagner à être exprimé nettement. C'est, d'autre part, le devoir de celui qui veut s'en servir, de commencer par l'interpréter wcc le soin nécessaire (cf. Gloss., v. picol, 1. 7-10).

2. pouRCÉ; rit; gloestrk.

Dans sa réédition du dict. van. -franc, de P. de Châlons, M. Loth ajoute à l'article « bourçè, chercher »: « Cillart:

I. Rectifié à un autre point de vue, Mémoires de la Société de Linguis- tique de Paris, X, 327.

70 /•-. Krnaiilt.

pourcé et houiré ». Il y a Ki une méprise. Le dict. de l'A. porte « Poiircc .. éll .. boiircé » ; ce qui, d'après une convention de l'auteur expliquée clairement par lui p. xviij {cî. s. v. cabakr) et suivie dans tout le cours de son livre, signifie que le verbe poitrcé, chercher, fait au participe passé pourcéétt, et au présent de l'indicatif hoiircc, je cherche; comme le synonyme qui précède: « Classquc ou Classqucin .. éll .. glassquc » fliit oJassquc (pour a gJask, avec mutation initiale).

Il v a aussi dans le même dict. de Châl. un article <^ pourçéein ou poitiré, chercher » (éd. Loth, p. 74). Le dict. franc. -van. manuscrit de Chai, porte: ne oitra meit pourcein IroekuQAnt fait que chercher midi à quatorze heures); eheJcé é pomrier un ailoiié en ur clnirrat focn, c'est chercher une aiguille dans une charretée de foin; poiirsuiucin, pourcéein, poursuivre; bel é pel... é pciiirsiiin' en affer' man, il a été longtemps à la poursuite de cette affaire; ema e pourcéein, (il y a longtemps qu')il poursuit (cette charge) ; er poursuiiiein a ver, on le poursuit. Il est donc probable que l'auteur a renoncé à l'opinion qu'il a eue d'abord, sur l'existence d'une forme radicale commençant par b. Cette opinion pouvait elle-même être suggérée par l'expression qu'il emploie, bourcé eu Uni, vers le feu, et qui vient de *de boitreé, cf. Gloss., 509.

Le P. Grégoire de Rostrenen donne en vannetais: chercher, clasq, part, clasqei ; chercher avec diligence et exactitude, pource, p. pourcet \ pourcéein, p. pourceel.

S:iuï pou rs ni uein et poursiiiii', les formes vannetaises se ratta- cheraient mieux au v. franc, porseer, porsier, pourseer, pourssaier, poursaxer, etc., posséder, variantes de posscer, qui paraissent d'ailleurs influencées par poursuivre, c(. pourssuer, posséder.

Dans des notes prises autrefois sur l'exemplaire du dict. van.-fr. de la Bibliothèque Nationale, j'ai écrit bourcé sans cé- dille; ce qui semble appuyé par le renvoi que M. Loth a fait sous la même forme, p. 74 de son édition.

Une autre méprise de celle-ci se trouve au mot ril, qui est traduit « source ». J'ai lu « course », ce qui, en tout cas, est la seule bonne traduction. De même gloeslre, p. 39, ne veut pas dire « veau », mais « vœu », comme je l'ai lu ou cru lire dans le texte. Cf. Gloss., xix.

Notes sur le Vannct.ns.

3. RAQUER ; RAYENN.

La réédition de Chàl. donne, à son ordre alphabétique, le mot « nii^iicr, pàti, pratéau, l'issue d'une maison ou d'un vil- lage » ; une note avertit que l'original iporte rag)icr. Il eût fallu ajouter que cet article se trouve entre riingL-iii et raloiiére. En réalité, c'est sa vraie place; on doit lire raquer, cf. GIoss., 559. La note qui suit, dans la seconde édition de Châl., invoque avec raison un argument semblable pour changer royenu, rayon d'une roue, en rayciui; seulement, dans la citation de l'A., au lieu de raycen-rott il faudrait raiccnn-rotl, rûyéiin-rolt et reyann- rott. L'a est indiqué aussi par l'étymologie, du vieux franc. ray, rais, cf. rayon, enrayer. Grégoire ne donne en van. que rayen, ce qui montre qu'il ne s'est pas laissé tromper ici par la fiiute d'impression de Châl.

Moins bien inspiré à « issue, sortie d'un village, espace at- tenant au village », il a ragmer et rûi^iurr; ce dernier repro- duisant évidenmient le ragnér de Châl., et ragucvr n'étant sans doute qu'une correction conjecturale du même, comme l'a été plus tard *ragiiér.

4. DIMEX ; STERT.

La compétence du P. Grégoire, pour le dialecte vannetais, était à cent piques au-dessus de celle des autres lexicographes qui ont, jusqu'ici, prétendu embrasser l'ensemble de la langue; Cillart a eu tort de dire, dans sa Préface, que « ce Gros Dic- tionnaire n'est d'aucune utilité pour ceux qui veulent ap- prendre le Breton de Vannes ». Le savant capucin n'a pu, tou- tefois, échapper complètement au sort commun qui condamne tout auteur de dictionnaire à copier ses devanciers avec plus ou moins d'intelligence, selon que, dans cet aride et délicat labeur, son attention et son esprit critique se trouvent plus ou moins en éveil. Une -de ses méprises à ce sujet est déjà si- gnalée et expliquée dans ledict. de l'A., cf. Rev. Ce! t., XI, 359.

72 !•'. Lrnault.

Lisant, p. )7 du livre de Châl. : « dimen, dimeigneu, fia)i- çaiîles, iiymcn, mariage », il a pris hymen pour un mot breton, et il a donne en van. : himen « himen ou himénée » ; hymenn « mariage » ; Cillart fait observer que dans la copie hymen était en italique, et par conséquent français. La réédition de M. Loth, qui ne reproduit ni ne mentionne cette faute, a une erreur d'interprétation amenée par la même cause, à l'art. « stert etrain, serré, pressé » ; il faut lire, non « stert crean », qui vou- drait dire « serré fort » (?) mais « stert etrain », c'est-à-dire étreiul (Gloss., 652).

Le quiproquo du P. Grégoire sur IjyDien tient aussi en partie à des préoccupations étymologiques: ce mot, devenu pour lui celtique, lui sert à expliquer /;/ peito le franc, hymen, et à décomposer expressément le van. moins fantastique dimenn (s. V. mariage). Des préventions de ce genre se produisent chez Cillart de deux façons différentes.

La plus inoffensive consiste à émettre, en passant, des ré- flexions comme celle-ci: « Suc Sah... (Où va-i'on chercher une antre origine du mot François .?)». Mais il ne s'en tient pas tou- jours là ; il lui arrive encore de prendre à son compte, en les adaptant plus ou moins à son dialecte, et sans citer de garant, des assertions du P. Grégoire relatives à de prétendus mots bretons d'autrefois (âls, alias); par exemple: amni, secours, amnyein, secourir; ritt, gué; dinass, palais; magie, macule, mots dont les deux derniers ont fait illusion à M. Loth, mais qui ne sont autres, je crois, que le gall. amivyn, rhxd, dinas, magl (Etudes vannetaises, III, 5 ; Gh^ss., xiii, xiv).

Voici d'autres cas semblables: « Terre ... (Ter: Tét : Tit : At : Ar: E'r, ne subsistent plus que dans leurs composés.) », l'A.; = « (àls. Ter. tir. tit. at. ar. er. Ces mots ne subsistent plus dans l'Armorique, que dans leurs dérivez, et composez... » Gr., cf. Gloss., XXIV. Grégoire ne donne aucun mot pour du vannetais ancien ; mais par suite de la disposition de son dic- tionnaire, les mots d' « ancien breton » s'y trouvent d'ordi- naire suivre immédiatement ses citations du dialecte de Vannes; il n'en a pas fallu davantage pour engager Cillart, qui le con- damne en bloc avec une injuste sévérité, à lui faire de ces emprunts de détail si peu justifiables.

.\otes sur le WviiietiUs. 75

Il fait cette remarque, s. v. perdrix : « (On a dit, Perd ri) »; cela vient de T « als. pcrdris. pctris » de Grég., qui ne s'ap- puie certainement pas sur un vieux texte vannetais.

Dans « Suit Sinm: autre-tois, SitafJ. » l'A., nous avons un simple écho de « àls. siiajf » Gr. En écrivant ainsi le mot qui était en moyen breton soûff, Grég. le rapprochait instincti- vement du tVanç. plutén que du van., qu'il a écrit siiaii, soéii.

Après avoir rendu, dans son dictionnaire, « noue, noë » par ftondrcnn, l'A. donne au Supplément: « Noue ... Pâture acouatique, bourbeuse, No, f. », et renvoie à marais; ce mot est traduit par Goab, puis No. f. , avec cette remarque : « On n'entend plus ce dernier que chez les Galots ». Nous devons conclure de là, non pas que Cillart a trouvé no dans un texte vannetais quelconque, mais qu'il a attribué au gallo ou haut- breton no (noc) une origine celtique; question toute différente, et sur laquelle son opinion n'a aucune valeur.

Il y a dans son œuvre de nombreux exemples de bretoni- sations arbitraires amenées par une raison différente, et dont il livre franchement le secret, p. xix de la Préflice : « Lors-qu'il y a périfrase ou description, en Breton pour rendre un nom, on pourra aussi le bretonniser. Ex. à la page 427. Chacelas Chacelacc ». A l'endroit désigné, il avait mis rcssin douce ha quénntratt (raisin doux et précoce). Il n'est pas toujours facile de distinguer les mots qu'il a empruntés de cette façon.

). STAIRE.

« Staire, étoile; pi. stairi »; cet article de Châl. a donné lieu à la mention de Grég.: « Étoile. ... (Van. ... siér. p. stéry) »; M. Loth l'a reproduit simplement ; je me suis con- tenté aussi de citer cette assertion, Gloss., 653. Elle est pour- tant fausse. Un examen attentif de cette page 653 montre qu'en van. ster, pi. stcri, veut dire « rivière, fleuve » ; et que, si ster n'est pas impossible au sens d' « étoile», c'est seulement au pluriel.

Ceci est confirmé par Châl. lui-même, qui a un article « siiren, astre, étoile ... [^iX.^^siir, slirét, stirenneii ». Son dict.

74 £". ErnauU.

nis. ne donne que ces formes, aux mots aslrc, étoile, et traduit par sicr l'idée de « rivière », à ce mot et à « rive ». C'est aussi ce qu'il a voulu dire dans l'art, staire de son dict. imprimé, étoile a pris indûment la place de riuicrc.

Ceci prouverait, au besoin, que si dans le métier de lexico- graphe il faut être bon copiste, un talent si estimable et si rare ne sutlit pas encore.

6. DiniIJHIN; DISLRFIMANTT.

1 . Le Lexique étymologique des termes les plus usuels en breton moderne, par M. Henry, donne le cornouaillais dihila (par / mouillé), s'égrener, en ajoutant: « mbr. dis-hil-ya, ... d. cymr. dilnl «sans enfants »... Conjlecture] Ern[ault]»; avec cette note : « Mais ce verbe n'a en vannetais que le sens « ef- filoquer, dégueniller », ce qui rend douteuse l'étymologie par bil (Lotlî) » .

Dishilxa est écrit dans mon Gloss. en capit.\les; il fait donc partie, comme c'est expliqué p. 4, des mots « qui ne se trou- vent pas dans des documents du moyen-breton, mais qu'on peut attribuer à cette époque par suite de leur étymologie ... »; cf. p. VIII : « ces mots ne sont pas au même titre que les autres, et je n'ai pas toujours essayé de rétablir par conjecture la forme qu'ils avaient en breton moyen ; aussi sont-ils dis- tingués par les caractères typographiques ".

Ce genre de méprise est fréquent dans le Lexique, cf. Revue critique, XXXIV , 219. Il rappelle les lapsus gaulois qui échap- pent de temps en temps aux plumes les plus avisées ; ainsi, Rev. Cclt., XXI, 302, « le nom Rhenogcnos et un vers de Pro- perce », au lieu de « * Rhenogenos, nom auquel un vers de Pro- perce paraît faire allusion » ; ici, d'ailleurs, à côté du mal se trouve son remède: la référence. Cf. la remarque malheureuse sur Glûno-màros (lisez *Glunotnaros), dans la Dissimilaiion consonantique de M. Grammont, p. 37, 38.

2. Ainsi l'assertion qu'on lit, Gloss., 180, est celle-ci : dis- hilya, égrener, dishilha, dihilha, s'égrener, attestés seulement en bret. moderne, sont plus anciens, et composés comme le

Xotes sur le Wwnctais. 75

gall. lUhi/, sans postérité. Quelles formes avaient habituel- lement ces mots en bret. moyen ? Si j'avais voulu les rétablir par conjecture, j'aurais pose * ci ishilynff cl *dihilyaf[.

L'étvmologie qui est la raison d'être de cet article dishilya, n'est pas donnée comme conjecturale. Est-ce un tort ? On ne l'a pas encore montré.

3. D'abord l'objection qui v est faite n'est point exacte. Le verbe en question a en van. un autre sens que « effiloquer, dégueniller », puisque dans V Histoer a vuhc Jesus-Chrouisî, Lo- rient, 18 18, p. 90, hint c gueniérai mar à hluchen ac on dihiliai itré ou dehorn cit ou daibeign, veut dire « ils prenaient des épis et les égrenaient entre leurs mains pour les manger » (= saint Luc, VI, i). On peut passer de l'idée d' « égrener » à celle d' « effiloquer, dégueniller » ; le van. présentant les deux sens, il faut, pour décider de la priorité, consulter les autres dialectes.

Ceux-ci montrent aussi deux significations; l'une est comme en van. « égrener », et « s'égrener » : on dit par exemple en petit trécorois disilhan ra 'n ît, le grain tombe du blé trop mûr. G. Milin a ajouté sur un dict.' bret. -franc, de Troude cette note, qui constate l'usage du Léon : « darc co an ed, di^illa a va, le blé est mûr, il s'échappe de l'épi grain à grain ». Le témoignage du P. Grég., qui donne avec le même sens les formes disbilyû (Léon), dishilio (Cornouaille), dishilian (Tré- guier) est donc justifié, et confirmé en outre par le texte van. contenant cf/7;///fl/ (sans doute d'un infinitif *if//;///V/;/). Cf. au fig. é ti::ilJont (les biens) se dissipent, Sauvé, 334; Moal, 37.

L'autre sens de dishilya est, d'après Grég., « tomber en dé- cadence » ; d'où le dérivé disbilyadur, dépérissement, perdition, dégât, dissipation ; ce sont des synonymes de disherya et disJx- ryadur. Or il y a tout lieu de croire que disherya dérive de disbear, dishar, sans hoir, sans héritier, cf. van. disérenianll, déshérence, etc., Gloss., 179; Mil. ms. porte: « en den disijer (h muette) eo, ou disJjer eo, il n'est pas marié, c'est-à-dire il est sans héritier ». Je persiste à croire que l'explication de tous ces faits a lieu aussi bien que possible en admettant un mot breton */;//, graine, race, = gall. /;//, mot qui a donné en v. bret. le nom Hilian, selon M. Loth (Chresloniathie Ivet., 137), mais est resté seulement en composition avec di-, dis-,

76 E- Einaiilt.

comme cchi est arrive à plus d'un autre : et. J/V-;/('5, misère, Gloss., i6) ; dyvalau, laid, i88 {malô, beau, H. de La Ville- marqué, Dict. de Gon. v. divalô est purement hypothétique); (ligiini't\, « (paroles) qui, d'ordinaire, ne sortent pas de notre bouche, en bien ou en mal », i68, etc. Ce dernier, que Troude donne comme de l'île de Batz, a lui être appris par Milin. Celui-ci a écrit sur un exemplaire du dict. bret.-fr. : « Ce mot est de l'Ile de Batz » ; sur un autre, il a ajouté à l'explication de Trd. : « paroles peu communes et qu'on ne comprend pas trop (I. de B.) syn. divoa:^ ». Le Siippl. aux dict. hret., Lan- derneau, 1872, porte, p. 84: « Etranger. Estren, digeuve:^^ »^ forme plus régulière, donnée aussi par M. du Rusquec.

7. DIHEEIN.

Dihéein « distinguer pour séparer » Ch. vis, = dihaicin le~cii cid er pott « éplucher des herbes pour le pot, cf. dibaiàdur, action d'éplucher ainsi, dihaiour, éplucheur, l'A. Ce mot a, je crois, gardé le correspondant van. du cornou. eii:;^, mou, amolli, pet. tréc. hci'i, fade, gall. hazvdd, facile, etc., Gloss., 226. Dihéein lc~t'ii, àt*diheu:^iff lonsou, est proprement « net- toyer des légumes en ôtant ce qui est fade » ; comme en pet. Trég. divreinah ciiii aval veut dire « ôter la partie pourrie (breut) d'une pomme ». Pour le traitement phonétique, qui est très régulier, on peut comparer le van. hegué, hcgucc, pai- sible ; capable d'endurer, dolent, =^ gall. hygawdd, irascible, Loth, éd. de Châl. 102, même racine que le bret. moy. citeu:, regret, Rcv. Celt., XIX, 201.

8. FORHEIX; HELLET; HELHUS; DIH.VLPaL; HAMPREH^l.

I. D'ordinaire, un composé suppose des formes simples an- térieures; mais il y a aussi des mots simples qui sont rede- vables à des composés plus anciens, soit de leur forme, soit de leur sens, soit des deux à la fois.

Le van. forhcin, priver, sevrer, que le Lexique rapporte au

.\otis sur U- Vannetais. 77

léon. fors, cas, estime, du tV. force, est bien plutôt extrait de diforheiii, distinguer, discerner, trier, séparer, mettre à part, bas-van. diforc'h; ci. Loth, éd. de Ctiâ!., 24, 36 ; Rev. cril.,

XXXIV, 222.

Le bret. mod. rahvel, séran à égrener le lin, est tiré par M. Henrv de la même origine française que r'uiiia, riùv'ut, ra - cler, gratter, Gloss., 366; mais les voyelles sont différentes. Ranvel, ranf en pet. Trég. (Rev. Celt., IV, 165) se rattache à raiiva, ranvat, sérancer, Trd., « part, passé ranvet » Mil. iiis, extrait de dirahva, diranvat, id. Trd., diranva, égrener (des épis; une plante), Gr., pet. Trég. diraùvet, amaigri, qui a l'air faible, tatigué, =^ v. fr. dcraïuer, déchirer, démembrer, italien dira marc, ébrancher.

2. Un exemple vannetais du même procédé est beIlcf-011 d'cr schct, je suis mort de soif, Choci^c iichiic a i^aïuicinicii, Vannes, 1829, p. 125, pour *l.k'! bit, cl. dciir hcibits, eau qui altère, qui laisse altéré, 127, de dibcibct, cf. dibclbct c c qiicrbcl, il a tant marché qu'il n'en peut plus, Châl., diJh'lbcin, essouffler, dibcl- bcd-on (je suis essoufflé) l'A., moy. bret. dibclcbnl, -cbajj « estre laz comme chien qui baaille », mod. hcdc diclc'bal, à perte d'haleine, Gr., etc., = '^di-scli^-, « chasser jusqu'au bout, forcer, réduire aux abois », Mcni. de la Soc. de Liiig., XI, 108; ou au sens neutre « perdre la poursuite, s'arrêter de chasser », Lexique, v. diélc'ba. Aux formes voisines que j'ai étudiées à ce propos (cornou. dibelkeiii, pet. tréc. dicbelpah, être essoufflé), il faut ajouter le van. dibaJpdl e bra cr bi, le chien est essoufflé, il a la langue hors de la bouche, Buléon iiis. Ce mot doit être composé de balpeiii, lapper, Châl. iiis, cf. Annales de Bretagne, XIV, 545.

3. Il est clair aussi que le van. baniprein en esqern dibaniprel « remboeter, remettre un os disloqué dans sa boëte natu- relle » Gr., vient de dibanipreHi, « deboeter, disloquer » Gr., dihampréd, disloqué, dianipradnr, rupture, dislocation, divaiii- hrein, diamprein, démembrer, Châl., bret. moy. diucniprajj, disloquer, démembrer, Gloss., 12, cï. le synonyme auseih itn asqorn diauset, etc., Gr. ; mais ici le sens du nouveau verbe simple est l'opposé du composé de di-.

4. Des composés de dis- donnent lieu à des formes simples

78 E. Etnanlt.

1.5"- reste attaché, et qui ont quclquctois le sens négatif: van. siniiiit'iii Qt disscniniein, égrener, cf. scloeret é, (la jument) a pouliné, et ilisrloerein, éclore, Gloss., 605.

D'autres ont le sens du simple primitif, qui se trouve ainsi augmenté d'un s- prothétique: pied et spleil, attention, soin, Gloss., 497, cf. dispicd, abject, dispict, vil, bas, méprisable, misérable, displedded, dispicd nre:^, abjection, displedôny, displc- dadiir, viJeté, bassesse, Gr. Le Gonidec a décomposé distonna, « enlever de dessus la terre l'herbe et les racines que la herse entraîne et accumule » en di -\- stonn « ce que la herse en- traîne », et M. Henry a proposé de tirer ce dernier du v. franc. cstoulc, éteule, chaume. Mais on ne peut séparer sionn du gallo tonne, gazon, van. toiinen, id., etc., Gloss., xviii, xix, 698, 699. xMil. nis remarque qu'à l'île de Batz le verbe est distona, et le nom sto)ien (au mot stonn, stonn « mauvaises herbes que la herse entraîne dans un champ qu'on laboure » Trd.), tonden, en haut Léon tonen (au mot tonncn « couenne, peau épaisse d'animal, peau de la tète de l'homme, ... surface dure et sèche d'une terre délaissée en repos pendant un long temps » Trd.).

E. Erxault.

SUR LA PRONONCIATION DU GAULOIS

Dans le Grundriss de Brugmann, t. I, 2' éd., p. 378, M. Thurncysen a introduit la note suivante : « La transfor- mation de m en spirante nasalisée était pcttl-clrc panceltique. Cf. le Ki\}.').vivi Hpcç de Strabon à côté du nions Ceneniia ou Ce- henna de César (Holder, Sprachsch., col. 880). On doit aussi tenir compte des variantes graphiques Diibno- et Diiiniio-rix (jbid., 1358), car elles peuvent indiquer un son intermédiaire. »

iM. H. d'Arbois de Jubainville s'est formellement prononcé contre cette hypothèse dans un fascicule récent des Mémoires de la Société de Linguistique de Paris (t. XI, p. 324 et suiv.). Il objecte en particulier à M. Th. la présence actuelle de la consonne /// pure, ou d'une simple voyelle nasalisée dans de nombreux noms de lieu français : Liuiours de Lemausus, Ar- genton d'Argentontagns, etc.

Sans prétendre trancher le différend, nous voudrions attirer l'attention sur quelques faits dont il n'a pas été fait état dans la discussion.

Il est nécessaire de ne pas établir tout d'abord un lien trop étroit entre les exemples plus ou moins assurés d'« aspi- ration » du gaulois et ceux que présentent les autres langues celtiques, tant que l'étude de ces faits n'aura pas été poussée plus loin ni traitée d'ensemble d'une manière méthodique. II est bien évident que dans toutes les langues celtiques (le gau- lois mis à part) les causes et les etiets de ces phénomènes sont essentiellement les mêmes, mais trop de détails restent en- core obscurs. La tendance générale à l'aifaiblissement des consonnes a pu être entravée dans chaque langue par des raisons qui lui sont spéciales, en particulier par la nature et la

8o /,. Durait.

place de l'accent dans les mots simples et dans les mots com- posés. Il est à remarquer, notamment, que pour le d, la seule consonne gauloise dont l'artaiblissement soit clairement, bien que très sporadiquement, noté par l'écriture, la lettre K n'ap- paraît qu'à l'intérieur de mots simples, jamais comme ini- tiale d'un second terme de composé; on pourra s'en rendre compte en parcourant la liste de Holder, Sprachsch., I, col. 121 1. D'après cette analogie, un mot formé comme Ar- ilcnlo-)iia^us aurait donc pu garder intacte son /;/ initiale sans qu'on pût rien en conclure pour la prononciation de m dans d'autres positions : l'exemple de Lcniausiis >->- Liiiiours est sans aucun doute plus probant.

2" Toutefois, il n'est pas sans exemple qu'un m ait succédé, dans la forme actuelle d'un nom de lieu, à un son (ou com- binaison de sons) voisin de celui auquel remontent tous les substituts modernes de l'ancien ;// dans les langues gaéliques et brittoniques, c'est-à-dire ;// spirant (i' |ou w] nasal). On a, en eftet, dans le nom de Sûiiil-Bi'rlnvni-dt'-Coiinniiiges (Haute- Garonne), ancienne capitale des Coniioiae, un exemple au moins du passage à /// d'un son plus rapproché de nv latin que de )u, puisque les Romains le notaient par nv. 11 est à remarquer que la capitale des Coiiiietiae portait le nom bien gaulois de Lugdniutiu, et que selon saint Jérôme {Contra Vi- gilanliuDi, 54), ils faisaient primitivement eux-mêmes partie de deux peuplades gauloises, les Vettones et les Arcucui. M. An- toine Thomas, qui a traité du nom de Saint-Bertrand-de-Com- minges dans ses Essais de philologie française, p. i et suiv., et à qui nous empruntons ces renseignements, considère que le nom de Connenae est purement latin (cf. le nom commun cojiuenà); mais les Connenae eux-mêmes seraient des Ibères, qui au- raient accommodé à leur mode de prononciation le groupe nv; or, en basque, nv latin devient ;;//// (conuentus ^->" gonientii). Mais ce peut aussi bien avoir été des Celtes qui auraient pro- noncé dans Connenae (latin ou non d'origine), leur m spirant; puis, par suite des progrès de la romanisation, ce son aura été remplacé plus tard par un son proprement latin. Toujours est- il que si nous ne connaissions pas directement le nom ancien du pays de Comenge, c'est, à coup sûr, Coinfnijenicus et non

Sur la prononciation du Gaulois. 8i

Couuiiiiciis que nous songerions à restituer. Ce pourrait être un indice que Vm de Leniaitsus, Argcntomagus ne s'est pas né- cessairement toujours prononcé comme )ii latin'.

Avant d'arriver à des hypothèses moins incertaines, nous voudripns ajouter une remarque au sujet de l'altération du d en gaulois. Ce d a disparu en français propre, dans la plupart des cas, comme a disparu le d latin intervocalique. Il serait intéressant de rechercher si c'est vrai également dans la partie du domaine roman le d latin est resté intact. Il ne faudrait pas perdre de vue, d'ailleurs, dans cette recherche, que la phonétique des noms de lieu n'est pas nécessairement celle des noms communs, pour différentes raisons, dont la plus simple est que le nom d'un lieu peut être le seul exemple survivant d'un fait de phonétique restreint à un domaine peu étendu, et dont les effets ont disparu dans tous les autres mots, qui ont pris la forme des parlers voisins. Y a-t-il quelque chose à tirer à ce point de vue de la forme espagnole Laceva de l'ancien nom de lieu Adcha (Holder, s. v.) ? Il est probable en tout cas que le ^ gaulois se rapprochait sensiblement de s ou de tSj et que, par suite, il aura pu, dans certaines conditions qui restent à déterminer, se confondre soit avec le c roman devant e, soit (suivant les régions) avec d'autres sons latins.

Revenons à la question de Vm. L'alternance v(b)/>}i se rencontre, non seulement dans Cei{einia/Ki[j.\j.t'tzv , Dulmo-j Dumno, mais aussi, comme chacun sait, dans le nom du dieu BorvojBormo, identifié à Apollon, et dans ses dérivés-. Les deux formes se rencontrent dans des inscriptions trouvées en un même lieu à Bourbon-Lancy (Saône-et-Loire) : il semble donc d'une méthode peu sévère d'y voir des variantes dialectales. D'autre part, Bourbon-Lancy est appelé Aqiiis Boniwnis par la Table de Peutinger. On se trouve donc en présence d'un son noté indifféremment v ou lu, et représente aujourd'hui en

1. M. A. Thomas a l'obligeance de me signaler une forme gasconne co- uteneitsa « convenance » qui prouverait que l'exemple de Coiiiinges n'est pas isolé, et qui affaiblirait encore les arguments qu'on peut tirer, au moins pour la Gaule méridionale, des formes comme Liiiioiirs, Argentan, etc., par laprononciation non spirante de m.

2. Cf. Holder, Altcelt. Sprachschat{, t. I, col. 489-494.

Revue Celtique, XXJI. 6

82 L. Duvau.

français dans Boitrho)t-L:[ncy, Bon rbon-ï Archamh:xu\t, Bour- /'o;;?/r-les-Bains, par un b qui indiquerait un son plus proclie de b ou de v latin (cf. curuus 3^-^ courbe, scruirc ^^^ servir') que de m latin.

On remarquera que le son en question, dans Ceuenna, Diihio-, et dans les cas obliques de Borbo est toujours voisin d'une nasale. Nous pensons que cela indique que l'influence d'une nasale se faisait sentir sur les syllabes avoisinantes, et qu'un groupe schématique tel que *bama ou * vama passait à *ma))ia (màmà) ou r'aiiia (r'àiiià). C'est par une action de ce genre que doit s'expliquer sans aucun doute la forme me- buirÇ-^r-m Dievioria) du vieil-irlandais, mod. meabhair, mais gaé- lique meonihair; dans le dialecte et à l'époque cette forme a été d'abord écrite, un b (bh) proche d'un m ne pouvait se lire que ;;//; ; la notation ;;//; nécessaire pour lainb (làv) pouvait sans inconvénient pour la clarté être remplacée par bh quand le mot contenait une autre nasale.

Nous rappellerons, à ce propos, que M. John Rhys a émis, il y a quelques années^, au sujet du vieil-irlandais Jiem (irl. mod. ncamJ)) une hypothèse qui n'a pas, à ce qu'il semble, attiré l'attention autant qu'elle le mérite. Il est tentant de rapprocher avec lui luin du vieux slave nebo (ciel), et du sanscrit imbhas « atmosphère, ciel, etc. » (gr. v£ç:c). Le rap- prochement usuel du vieil irlandais nem et du sanscrit namas « courbure », n'a guère d'autre mérite que d'expliquer « pho- nétiquement » 2 la présence de Vm : je serais plutôt tenté de voir dans cet ni, avec M. Rhys, le résultat d'une action pro- gressive de la nasale initiale d'un primitif *}ieb-os'^ : les exem-

1. Tbc Outliiies of the Pboiiology of the Maux Gadic, p. 35.

2. Rappelons qu'en bonne phonétique les adjectifs français « haut », « froid » sont inconciliables avec les adjectifs latins altiis ctfrigiJus : pourtant qui voudrait les en séparer? On pourrait multiplier ces exemples à l'infini.

3. Ce qui pourrait plaider en faveur du rapprochement traditionnel, c'est moins un argument phonétique qui le fait que le groupe le plus voisin du celtique avec le latin, le germanique a peut-être emprunté son nom du « ciel » à un ordre d'idées analogues à celui du skr. iiainas : v. h. ail. hiinil, est en effet quelquefois rapproché de gr. xaiXîOsov, u.iÀaO-ov « toit, plafond ». Mais cette étymologie de hitiiiiis n'est pas de celles qui s'im- posent, et, fût-elle certaine, ce ne serait encore qu'un indice. Le latin cae- liiDi, littéralement « creux », pourrait aussi entrer en ligne de compte.

Sur la prononciation du Gaulois 83

pies sporadiqiies Je nasalisation par contiguitc ne sont rares dans aucune langue. Dans iioii ou son prototype celtique, elle aura pu être flivorisée par un faux rapprochement avec nemed, gaulois v£;rr,-::v,qui n'a pas nécessairement la même origine, et 1'/// peut être « phonétique ».

Enfin Vhésilation graphique entre b et m dans Duhno-j Duviiio- n'est en aucune foçon comparable à la substitution phonétique de w à un ancien /' (p) dans le latin soiinnis^. Elle nous semble indiquer aussi presque nécessairement l'existence en gaulois d'un son intermédiaire entre ceux que représentaient les lettres v et ni de l'alphabet latin.

Si ce son spécial a réellement existé, comme les indices re- cueillis plus haut semblent le prouver, ce ne pouvait guère être qu'un V nasal ou, subsidiairement, un v accompagné d'une nasalisation de la voyelle ou des voyelles adjacentes: les ori- gines phonétiques et les notations graphiques de ce son mè- nent nécessairement à cette conclusion.

Louis DuvAU. I. Méiii. Soc. Ling., t. XI, p. 327.

BIBLIOGRAPHIE

Arthur Le Moyne de La Borderie. Histoire de Bretagne, tome premier, 1896; tome second, 1898; tome truisième, KS99. Rennes, Plihon et Hervé; Paris, PicarJ.

Cette œuvre monumentale est le digne couronnement d'une vie consacrée tout entière à l'étude de lu Bretagne sous toutes ses foces : histoire, littérature, art, monuments, coutumes. Il était impossible d'aborder un sujet aussi étendu et complexe, souvent aussi épineux avec une préparation plus scrupuleuse et une érudition mieux informée ; de plus, jamais historien n'a été plus sincèrement épris de son sujet. Aussi l'œuvre de M. de La Borderie, si bien accueillie dans le monde savant, a-t-elle été l'objet, en Bretagne, d'un concert unanime d'ap- plaudissements et a-t-elle provoqué un redoublement de sym- pathie et d'admiration envers l'auteur déjà si populaire dans toute l'étendue de la péninsule armoricaine. Nous avons salué en lui notre historien national. On a senti que l'auteur s'adres- sait surtout à ses compatriotes : c'est une histoire de la Bre- tagne racontée à des Bretons par le plus patriote des enfonts de la péninsule armoricaine. Et je n'use en m'exprimant ainsi d'aucune métaphore : cette histoire a été racontée, professée par l'auteur lui-même à la Faculté des Lettres de Rennes devant l'auditoire le plus nombreux et le plus vibrant qui ait jamais été réuni dans notre grand amphithéâtre. Ainsi s'expliquent le ton de l'auteur, l'allure du récit, certaines f-uniliarités d'ex- pressions, parfois aussi certaines exagérations oratoires dont il est assez surprenant qu'on ait pu se choquer quand on connaît la genèse de l'ouvrage ; de encore des digressions assez fré-

Bibliographie. 85

quentcs qui amusent ou reposent le lecteur sans nuire sérieu- sement à l'intérêt général. Le patriotisme ardent de l'auteur contribue aussi à donner au récit une chaleur communicative sans qu'on puisse dire qu'il ait jamais sérieusement nui, je ne dis pas à son impartialité, mais à sa clairvoyance.

L'époque préhistorique laissée de côté, l'histoire de la Bre- tagne se divisait naturellement en trois périodes : les ori- gines bretonnes; la Bretagne duché; la Bretagne pro- vince.

Les deux premiers volumes vont de l'époque gauloise à l'année 995 et ont ainsi pour objet principal l'établissement des Bretons en Armorique, et la formation de la Bretagne ar- moricaine, formation définitive à la fin du x*^ siècle. Le troi- sième va de 995 à la bataille d'Aurai (1364). Le quatrième ira de l'année 1364 à la réunion de la Bretagne à la France (1532). Le cinquième aura pour objet la Bretagne province.

On a reproché à l'auteur de n'avoir rien dit de l'époque préhistorique. Il a répondu d'avance à cette critique dans son Avertissement : il écrit non la préhistoire mais l'histoire de Bre- tagne. On peut regretter jusqu'à un certain point qu'il ne nous ait pas donné un résumé clair et substantiel de ce que l'on sait sur cette époque ; non pas des théories si nombreuses et si peu appuyées qui éclosent journellement dans ce domaine, mais de ce que nous apprennent les fouilles et découvertes si nombreuses de nos chercheurs et de nos sociétés archéolo- giques. La tâche de l'auteur, il est vrai, était déjà assez lourde pour qu'il ne s'embarrassât pas d'études sans rapport direct avec l'histoire de Bretagne et qui n'eussent peut-être abouti actuellement à aucun résultat bien appréciable.

L'ouvrage débute par une topographie très détaillée de la péninsule armoricaine. Au chapitre des montagnes, l'auteur me paraît avoir oublié un massif indépendant de hautes collines qui partent de Plouray et s'étendent sur le canton de Guéméné et une partie de celui de Gouarec bordant la rive droite du Blavet. En revanche, il me paraît avoir exalté outre mesure la colline de Sainte-Barbe du Faouët « dont les rochers touchent le ciel » (p. 27) : Sainte-Barbe n'a pas plus de 170 mètres d'alti- tude. Il est vrai que la situation est des plus saisissantes ; tous

86 Bibliographie.

ceux qui connaissent ce paysage pardonneront à l'auteur cet accès de lyrisme.

Je retrouve, p. 5, une vieille connaissance: l'étymologie de Hoiiiit, et Hœdic, qui signifieraient la Cane et le Petit Canard. L'auteur écrit Houat, ce qui est exact, mais Hoadic, ce qui est faux. On prononce Houat et Hçdic. Houat, au y." siècle Hoiat, représente Siata de l'époque gauloise et Hedic ou Edic, vrai- semblablement Alica ÇArica dans les textes).

Au chapitre Forets, nous trouvons une description détaillée de la grande foret centrale de Bretagne, dont une des parties conserve encore le nom de Brocéliande. M. de La Borderie l'étend à l'ouest jusqu'aux Montagnes Noires. Il y a en effet en Paul un village de Brecilien; en Priziac, un autre du nom de BreceJien. L'auteur ne doute pas que ce ne soit le même nom. C'est possible, mais point certain. On prononce certainement Breselien, le nom du village de Priziac, en partie situé dans Saint-Tugdual (canton de Grimené-sur-Scorff), et il me semble bien que bre est pour breu, colline.

PERIODE GAULOISE ET GALLO-FOMAIXE

La période gauloise et gallo-romaine occupe une place con- sidérable dans le premier volume. L'auteur définit le territoire des cités de l'Armorique, en décrit les monuments : c'est un excellent répertoire de ce que l'on sait sur cette période de l'histoire de la péninsule. Cependant l'auteur nous paraît avoir accepté trop facilement l'autorité de certains écrivains juste- ment estimés mais dont les affirmations ont souvent besoin d'être contrôlées, par exemple, celle de M. Desjardins en ce qui concerne les Aulerci et la participation des cités armori- caines au soulèvement général provoqué par Vercingétorix. Les Aulerci qui, en 57 av. J.-C, avaient donné des otages aux Romains avec certaines cités armoricaines seraient les ^m- bivariti ou Abr'nicatui. Les Aulerci étaient divisés en quatre groupes : Aulerci Eburovici, Aulerci Cenomanni, Aulerci Brannovices, Aulerci Diablintes. Les trois premiers groupes durent envoyer des contingents séparés à Vercingétorix (Caesar,

Bibliographie. 87

De Bello Gall., VII, 75). Les Aulcrci Diablintcs n'étant pas mentionnés à part sont évidemment compris parmi les cités armoricaines qui elles fournissent en bloc 30,000 hommes: de ce nombre étaient, dit César, les Curiosolites, Redones, Ambibarii, Caletes, Osismii, Lemovices (lisez Lexoviî), Unelli. Pour le contingent à fournir à Vercingétorix, M. de La Bor- derie reproduit l'erreur de Desjardins. Cette erreur vient de ce que Desjardins qui cite les meilleures éditions de César a, en réalité, adopté le texte de Frigellius: tria milia universis ci- vitatihus que Oceanum atiingiint. La leçon XXX universis civi- tatibns est aujourd'hui universellement adoptée.

Pour la lutte des Vénètes contre César, l'auteur préfère la version de Dion Cassius à celle du général romain. Or, dit un critique, César y était en personne. L'argument n'est pas sans réplique : accepte-t-on toutes les affirmations de Napo- léon l" ou de ses généraux au sujet des batailles auxquelles' ils ont assisté ? Tous les critiques sont d'accord pour reconnaître la valeur de Dion Cassius, la loyauté de ses informations. Plu- sieurs soutiennent que pour la guerre des Gaules il a eu à sa disposition des sources aujourd'hui disparues et contempo- raines de cette guerre. Il faut reconnaître cependant que cette opinion aujourd'hui paraît peu probable après les travaux de Melber, un des plus récents éditeurs de Dion Cassius ^

La capitale gauloise des Vénètes aurait été à Locmariaker, mais elle aurait été transférée par César à Darioritum, donnée par Ptolémée et la Table Théodosienne comme capitale des

I . Melber, Der Berichl des Dio Cassins iïbcr die gallischen Kriege Casars (Festgruss an dicXLI Vcrsammlung Deutscher Philologcn and Schulmàn- ner von dem LehrerkoUegium des K. Maximiliansgymnasiums in Mùnchen). Melber établit en ce qui concerne certains épisodes saillants de la guerre des Gaules (la guerre contre les Helvètes, contre Arioviste) que les diffé- rences entre le texte de César et celui de Dion Cassius proviennent de dé- veloppements littéraires ou d'erreurs facilement explicables : il semble bien que Dion Cassius ait résumé de mémoire le récit de César. Pour la lutte contre les Vénètes, le récit de Dion Cassius est plus logique. Il a très net- tement vu quelques invraisemblances dans le texte de César et les a fait dis- paraître, mais en y regardant de près, il n'y a qu'un fait qui paraisse lui appartenir en propre : il nous dit que Brutus arriva de la Méditerranée à l'aide de César avec des vaisseaux rapides. Dion a amplifié: César dit simplement qu'il fit venir des rameurs de la Province romaine et y recruta des matelots et des pilotes.

88 Bibliographie.

Vénètes. Or Darioritum est certainement Vannes, comme le reconnaît d'ailleurs M. de La Borderic. Dès lors, je ne vois aucune raison sérieuse pour supposer que César aurait de parti pris déplacé la capitale. La situation de Locmariaker est, à certains points de vue, préférable à celle de Vannes. Comme cette bourgade est à l'entrée du golfe du Morbihan, on con- çoit très bien que les Romains s'y soient installés et en aient fait un point important d'observation. Le nom de Locmariaker est à ce point de vue significatif; le nom le plus ancien est Caer (Cart. de Red., 856: Chaer plebs ; Cacr). Après la création d'un sanctuaire à Marie, la paroisse prit le nom de Locmaria-Kacr (en 1572 Locmaria-cn-Ker, c'est-à-dire Loc- maria in Castro). On sait que Caer représente très exactemeftt le latin castra. C'est ainsi que Chcster, aujourd'hui encore, en gallois, s'appelle Cacr.

Sur Blabia, l'auteur me paraît avoir adopté une théorie in- soutenable. La station des Djilitiiiii Carronerisiuni, Blabia (A\i///. dignit. imp. Occid., XXXVII, éd. Otto Seeck, p. 204) serait Blavet, c'est-à-dire Port-Louis. La ressemblance, dit l'auteur, est à peu près égale de part et d'autre. Il y a, au contraire, identité complète entre Blabia (Blavia) et Blavc près Bor- deaux, et simple ressemblance avec Blavet. La forme bre- tonne vannetaise, Blawcc'h ou Blàzccc'h (plus anciennement * Blazcelb), remonte à Biavitto-. A priori, déjà, il est bien in- vraisemblable que deux des provinces du Tractus armoricanus et ncrvicaniis, c'est-à-dire VAquitauia prima et sccunda, fussent dépourvues de toute station militaire, ce qui serait le cas dans l'hypothèse de M. de La Borderie. Mais il y a, outre l'identité de nom, d'autres raisons positives de placer Blabia à Blaye. D'abord, le vers d'Ausone ^ :

Q.ua glarea trita viarum Fert viilitarem ad Blabiam.

Dans l'Itinéraire d'Antonin -, le castrum Blautum (Blavium), est placé entre Burdigala et Tamnum. Ce texte est d'accord

1. Epist., X, 15.

2. Anton. Itiner. ed Wcsseling, p. 458.

Bibliogr.iplne. 89

avec la Table de Peutinger ', Grégoire de Tours-, Annales Mettenses 5. La nécessité d'une station militaire dans la zone de Blaye saute aux yeux. Sidoine Apollinaire, alors à la cour wisigothique de Bordeaux, nous montre les pirates saxons en pleine Saintonge-i. Une des raisons qui me paraissent avoir, à son insu, influé ici sur le jugement de l'auteur, c'est qu'il ne paraît pas avoir nettement distingué l'Armorique gallo-romaine à partir de Constantin de l'Armorique gauloise. C'est ainsi que, p. 220, à propos des incursions des pirates saxons, il met la Saintonge au sud de l'Armorique, tandis que ce pays au v'' siècle en taisait partie intégrante. De même, p. 215, nous lisons : « Les cités armoricaines, c'est-à-dire les villes et peuples compris entre la Seine, la Loire et l'Océan, du moins la plupart d'entre eux, se voyant abandonnés par l'Empire, essayèrent de se défendre eux-mêmes. » Or ceci se passait en 409. Il est démontré, au contraire, qu'ici il ne s'agit pas seulement de ces cités, mais de celles qui s'étendaient de la Garonne à la Seine, s'étendant sur les cinq provinces de l'Aquitaine, i""^ et 2% la Lyonnaise sénonaise, la 2" et y Lyonnaise >.

Je retrouve, p. 229, l'assertion d'après Zosime que les Bretons insulaires en 409 auraient chassé les magistrats romains, asser- tion que j'ai reproduite moi-même dans mon travail sur les Mots latins en britionique. Comme me l'a fait remarquer M. Ferdinand Lot, Fustel de Coulange a expliqué de la façon la plus satisfaisante ce passage de Zosime. Les magistrats chassés avaient été nommés par l'usurpateur Constantin.

P. 99 Kerroman, sur la rivière d'Etel, appelé dans une charte villa Romanorum, prouverait l'existence d'établissements romains dans ces parages. Romani, Ronianus eussent donné en breton Ruven ou Ruveun (gallois Rhiifain, Rome, Rhufaïun = Rçtnàniis). Il y a 6 ou 7 Kerroman dans le Morbihan.

1. Tab. Peuting., Segm. I. A-I, éd. Desjardins.

2. Greg., De Gloria Conf., cap. XLVI.

3. Ad. ann. 735 ap. Pertz Mon. Germ. hist. script., I, p. 325.

4. Epist., VIII, 6.

5. Cf. J. Loth, De vocis Aremoricae nsque ad sexlum post Christum natiim saeculiiiii forma atque siguificatioiie, p. 35-38, 48-49.

90 Bibliographie.

P. 124. Yitmhi n'auiMit aucun rapport avec Civitas ; on aurait fait au xiii*^ siècle sur velus Civitas un calque à forme bretonne: Co::^-GueOi1et ou Qiicodct; le premier mot serait breton mais non le second : ce serait un calque assez gauche du latin Kivilat, et s'il a tourné en Guéodcl, c'est pour le rap- procher du nom même Yatidet. En réalité, Kcodct, en cons- truction Geodct, représente sincèrement et régulièrement le latin Civiiatem et est identique à la forme galloise r/ît'^oi ; Yodet en est régulièrement sorti (forme intermédiaire argcodel). Cela ne fait d'ailleurs que confirmer les conclusions de l'auteur qui signale à cet endroit un établissement romain de grande importance. Il y avait un castcUum qui a donné son nom à la région (PouhasicI, pngus rastclli).

Sur la question de Vorgium, \^organium, il est difficile de ne pas être d'accord avec l'auteur pour n'en faire qu'un seul et même lieu. J\vgiui}i-Vorganium est sûrement Carhaix. Il en est de même pour la question si controversée de Coriso- pitiini et CuriosolitHDi dans la Notilia Gallianiin : CuriosoJittim est la bonne leçon explicable peut-être par l'existence réelle d'un Corisopitum à la place est Quimper. Quant à ce Co- risopitum le problème ne me semble pas d'une solution f^icile. Je serais presque tenté de reprendre une des hypothèses que j'ai proposées dans mon travail sur V Emigration bretonne et de croire qu'il n'a jamais eu de Corisopitum que dans une version fautive de la Notitia. Les évêques de Quimper trouvèrent le titre (ÏOsisiiwnses pris par les évêques de Léon et ne voyant plus dans la péninsule aucune appellation qui ne fût déjà la propriété d'un évêque de la province, auraient été chercher dans la Notitia la dernière dont ils pussent encore disposer : les Curiosolites n'ayant pas formé d'évêché, ayant disparu comme cité, leur erreur perd de son étrangeté, quoique je ne me dis- simule pas qu'elle soit quelque peu irrévérencieuse pour la science archéologique des pasteurs de la Cornouaille. Si on admet l'existence de Corisopitum, on se heurte à une sérieuse difficulté. La ville romaine paraît s'être appelée Civitas aqui- loiiia^ ; dès lors on ne comprend pas pour la même cité ro-

I. Hist. de Bretagne, p. 109.

Bibliographie. 91

inainc à la nicnîe époque deux noms différents. L'objection perd de sa valeur si on admet avec l'auteur que le nom de Co- risopitum a été importé par des émigrés bretons. Pour M. de La B. il l'aurait été par une cohorte de Cornovii stationnée à Ponte-Aelii dans le voisinage d'un Corisopifiiiu insulaire. Mal- heureusement la forme même de ce nom est douteuse. La plupart des critiques ont préféré Corslopitiuii, par exemple Hùbner, Liscr. Brit. lat., VII, 464, 3)'. On peut objecter en outre que si Corisopitum est importé parles Bretons insulaires, on ne comprend pas facilement qu'il ait été abandonné par eux presque aussitôt pour le nom de Kemper. Il est vrai que le changement de nom peut provenir d'un déplacement de la cité : elle se serait déplacée de Locmaria, par exemple, au confluent même du Steyr et de l'Odet. C'est probablement ce qui est arrivé à Quimperlé. Le nom ancien et breton à^Anaiiroi a été laissé pour celui de Kemper-Elé {con?i\XQm de l'Ellé et de l'Isole).

LES BRETONS INSULAIRES ; LEUR EMIGRATION EN AR.MORIQUE

L'auteur adopte la thèse que j'ai soutenue dans mes Mots latins au sujet du latin de Grande-Bretagne : c'est que le latin était en somme la langue de l'administration et de l'Éghse et qu'elle a, on peut dire, disparu avec les légions. Personne d'ailleurs aujourd'hui ne soutient que le latin ait été la langue courante de l'île. Les plus disposés à exagérer dans ce sens se bornent à prétendre que le latin a pu vivre encore quelque temps après le départ des Romains dans quelques centres de culture latine. Cependant récemment, Mommsen s'est auto- risé de deux passages de Gildas pour soutenir que le latin était non seulement la langue de Gildas mais même celle des conci- toyens (c/m) auxquelles son œuvre s'adresse ^ Gildas dit en

1. Corstopitum serait Corbridge ou Corclmler. Corslo- eût donne vrai- semblablement Cors-ceastiret probablement Corcheskr ; de même pour Cor- bridge. Corisopitum, si 1'/ avait sa valeur à l'époque de l'invasion anglo- saxonne, fût sûrement devenu Cyr-ceaster.

2. Mon. Germ. Hist Aitct. Antiquies, XXII, p. 9.

92 Bibliographie.

parlant des trois vaisseaux sur lesquels les premiers envahis- seurs saxons abordèrent dans l'île: tribus ut lingua ejus leaenae barbarae, id est, Saxoniae cxprimitur, cyiilis, nostra longis na- vibus (De Excidio, éd. Stevenson et Pétrie, § 23.

Dans le second passage {Epistola, éd. Stevenson, § 32), Gildas explique le nom de Cunoglasos: Cuneglase, romana lin- gua, Lanio fulve. Le second passage ne prouve rien : Gildas écrit en latin : dans quelle langue donnerait-il la traduction du nom breton, si ce n'est en latin, la langue qu'il écrit, celle de l'Eglise? Quant au premier, il pourrait facilement s'expliquer en interprétant nostra, ce qui est légitime, par nohc langue à nous clercs ci lettrés, la langue de l'Empire, ou même simplement la langue dont je nie sers dans cet ouvrage. Mais l'illustre his- torien ne se doute pas en nous invitant à prendre le passage à la lettre qu'il nous fournit la plus éclatante réfutation de sa théorie. En effet, longa (navis) a été adopté par les Bretons in- sulaires dans le sens de vaisseau. Le mot propre encore au- jourd'hui, en gallois, est Hong, substantif /tw////H. Gildas dit en réalité qu'en saxon le vaisseau s'appelle cyula, en britto- nique (dans notre langue) longa (navis) ' : à l'époque de Gildas, lloncr était lon^ra.

Pour la date des grands mouvements d'émigration des Dum- nonii, Cornovii et des Bretons de l'Ouest, l'auteur les fliit coïncider avec la poussée des Saxons sur ces différents peuples. Malheureusement, le texte sur lequel il s'appuie, la Chro- nique anglo-saxonne est pour cette époque un fondement rui- neux. Quelle que soit l'idée que l'on se fasse de la formation de ces annales, on est aujourd'hui d'accord pour convenir que pour l'époque qui précède la conversion des Anglo-Saxons, le fond de la chronique est plus légendaire qu'historique. Si Hors er Hengist ne sont pas des personnages fabuleux -, le

1. M. de La Borderie, I, p. 270, fait remarquer avec raison que le ro- mana îingiia du second passage suffit à expliquer et rectifier le premier.

2. C'est la théorie de Kemble, Thr Saxons ht Englami, 2*= éd., revue par Walter de Gray-Bircli, mais des critiques de grande valeur (MùUenhof, Bc'owiitf, p. 60) soutiennent l'existence réelle de Hengist et de Hors : ce sont des surnoms (Hengist, étalon; Hors, cheval) de personnages réels. Pour la composition de la Chronique anglo-saxonne, v. Ten Brink, Ges- clnciHc der Engi-Litter.; cf. Ebert, Atlg. LÏtt., 111, p. 249.

Bibliographie. 9J

chroniqueur qui nous fait aborder Port à Portsmoutli a vrai- semblablement pris le Pirée pour un homme: port dans ce mot paraît bien le latin poilus devenu courant en brittonique. Hengist et Hors abordent en Kent avec Irois vaisseaux; Aelli en Sussex avec trois autres ; comme le dit Kemble, cela rap- pelle étrangement l'émigration des Ostrogoths, Visigoths et Gépides sur trois vaisseaux à l'embouchure de la Vistule. Le meurtre des chefs bretons par Hengist est raconté exactement de la même façon par Vidukind et d'autres des Vieux-Saxons en Thuringe^

Quelle est la date des premières émigrations ? M. de La B. les fait commencer vers 460 en se fondant d'abord sur le fait que les Saxons n'auraient commencé la lutte avec les Bretons insulaires qu'en 455, puis sur la chronologie de certaines vies de saints.

La lutte avec les Saxons paraît avoir commencé plus tôt, ne serait-ce que d'après ce passage de Prosper Tiron, à l'année 441-442 : Brillannia usque ad hoc tempus variis cladibus even- libusqite latae in dicionem Saxonum rediguntur. L'histoire de l'ile depuis le commencement du v^ siècle jusqu'à cette époque présente peu de dates sûres. C'est une période troublée, de luttes contre les Pietés et les Scots, de guerres civiles. On peut admettre que les premiers établissements des Germains ont eu le caractère que leur attribue Gildas. Connus depuis longtemps des Bretons par leurs pillages, ils auraient été admis sur la côte Est comme alliés et même pris à solde par certains rois comme auxiliaires contre les Pietés et les Scots ainsi peut- être que contre certaines tribus bretonnes. La première in- vasion des Saxons dans l'intérieur au témoignage de Prosper

I. Quelle que soit l'opinion que l'on ait sur la formation et la valeur de la Clnoinqtie, un point reste sur, c'est que la chronologie de ce recueil pour la période d'invasion ne peut être prise au sérieux. Lappenberga démontré que pour les traditions du Kent, la chronologie repose sur un nombre my- thique, 8 et un multiple (période de 8, 16, 24, 40 ans). Kemble a remarqué quelque chose de semblable dans les traditions du Wessex. II est probable, comme il le dit (The Saxons, p. 32), que les généalogies des rois anglo- saxons étaient arrangés par séries de 8 noms, en y comprenant le dieu Woden. Pour la date des invasions germaniques du début, la Chronique suit Bède.

94 Bibliographie.

Tiron a eu lieu vers 409-410 (Britannia Saxoniim inctirsiom dcvastata). Il est également certain que, vers 428-430, les Bretons eurent à lutter contre eux ainsi que contre les Pietés et les Scots, d'après la vie de saint Germain d'Auxerre'. La date de ce voyage nous est connue par la Chronique de Prosper d'Aquitaine l'année 429). Cette date est d'autant plus frap- pante que d'après VHistoria Brillonuin l'arrivée des Saxons au- rait eu lieu en 428. L'Historia donne bien 347 (pour 397) comme la date de l'arrivée des Saxons, mais elle se corrige elle-même en disant que 40 ans s'écoulèrent depuis la mort de Maximus qui arriva en 388-. Quant à la date de 449 donnée par Bède elle est sans valeur comme l'a établi Thurneysen>.

11 est vraisemblable que les Saxons, en admettant la victoire de r Alléluia vers 430, réussirent à prendre pied sur la côte est, à cette époque, ou peu après, et furent renforcés par de nouveaux contingents d'envahisseurs. C'est entre 430 et 441 que les tribus germaniques, au prix de luttes sanglantes, se seraient emparées d'une portion notable de l'île. Les premières émigrations ont se produire vers cette époque, et avoir vite pris des proportions considérables. La présence d'un évêque breton au concile de Tours en 461, celle de Riothamus avec

12 000 combatlants en Gaule en 469, sont très significatives. Il est très vraisemblable que Riothamus ne vient pas directement de l'île, mais que ce sont les Bretons émigrés en Armorique qui ont constitué cette armée. Les émigrations ont con- tinuer jusqu'à la grande victoire du mont Badon (peu avant ou après 500) qui rejeta les envahisseurs sur la côte est. Elles ont reprendre quelques années après lorsque les efforts des tribus germaniques se portèrent plus au sud-ouest. Je montrerai plus bas à propos de la taçon dont s'est tait l'éta-

1. Vita S. Germ., I, 28.

2. Au chapitre lxvi VHistoria Br. ncuis dit que les Saxons vinrent en Bretagne sous le consulat de Félix et Taurus, c'est-à-dire en 428. Comme le fait remarquer Anscombe {Archiv Jïir Celt. Lexicographie, 1900, I, 4 Heft, p 515, note i), la date de 597 est celle de la Passion de J.-C. ; en prenant celle de l'Incarnation, on aurait 428.

3. Ces questions ont été discutées avec beaucoup de sagacité par Tliur- ne3'sen dans son article : JVann siiul die Geniianen nacl} England gekommen (Englische stuJien de Kolbiiig, 1896, p. 163).

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blissement des Bretons en Armorique qu'il est nécessaire, si on veut le comprendre, d'admettre qu'ils étaient en plus ou moins grand nombre déjà installés dans la péninsule au sud-est jusqu'à la Mlaine, et au Nord jusque sur une portion notable du territoire des Redones à la fin du v' ou tout au moins dès les premières années du vi' siècle.

Les vies des saints même les plus anciennes ne peuvent fournir que des dates approximatives. D'abord il est probable que le compui des Bretons émigrés a être assez longtemps celui de l'île. Il y a évidemment une source de confusions et d'erreurs. Mais ce qui rend surtout la tâcbe du critique des vies des saints fort délicate, c'est que presque toutes les vies de saints ont été rédigées plusieurs siècles après la mort du per- sonnage dont elles donnent la biographie. Les interpolations, les erreurs historiques même n'y manquent pas ; mais on y trouve aussi des faits certains, de grande importance, puisées aux sources les plus respectables. M. de La B. a mis en pleine lumière la valeur historique de la vie la plus ancienne de saint Samson, de celles de Paul Aurélien, Winwaloe, Tutwal, Malo, etc. Il s'est efforcé d'établir un synchronisme sérieux entre ces différentes vies. Il y a dépensé autant d'ingéniosité que de science. Y a-t-il toujours réussi ?

Un des problèmes les plus difficiles dans ce sens, c'est le synchronisme entre les vies de S. Brieuc, Winwaloe et Tutwal. Brioc se trouve en rapport à son arrivée en Armorique avec un chef émigré qui porte le même nom que celui auquel a tout justement affaire S. Tutwal. Si c'est le même, il fliut re- jeter ou la vie de S. Brieuc ou celle de S. Tutwal. S. Brieuc aurait en effet reçu la prêtrise de S. Germain d'Auxerre, c'est-à-dire vers 428-430 ? S'il a passé 40 ans dans l'île avant d'émigrer, il n'a pu le faire que vers 470-480. A son arrivée en Armorique il rencontre Riwal. Or le Riwal de la vie de S. Tutwal émigré, lui, du temps de Clothaire. Si on admet le témoignage de la vie de S. Brieuc, il faut qu'il y ait eu deux Riwal. C'est ce qu'admet logiquement M. de La B. Dans sa préoccupation de séparer les deux personnages, il leur a donné deux noms différents, en quoi il a tort. La vie éditée par Dom Plaine à laquelle il renvoit (Anal. BolL, II, p. 181,

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182, 185) ne connaît que Rigital, forme du x'^ siècle très régu- lière de Riwal. Il y a dans la vie de S. Brieuc des interpo- lations et des invraisemblances: par exemple, le pays de Brioc aurait été païen. M. de La B., qui voudrait étayer le plus solidement possible l'autorité de Thagiographe, fait naître Brioc à Coria Otadenorum, au Nord, dans la Valentia les païens ne devaient pas manquer. Il est cependant manifeste que la Coriliciana rcgio, patrie de Brioc, est Ceredigion ou le pays de Cardigan (v. gall. Cerdiciawn pour un plus ancien Coroticiaiun, du pays de Corot ic). Le monastère Landa Magna est probablement Llanfaiur. Le culte de Brioc est répandu en Galles, Cornouaille et Armorique (Llan-d\friog en Cardigan : Tyfriog = *To-Brioc; S. BriavcJs, en Gloucertershire, etc.; gallois Briafael := * Brioiiuiglos = Brigomaglos, nom complet de Brioc), et Brcoc en Cornouailles.

A part deux ou trois faits importants, il n'y a pas grand'chose à tirer de la vie de ce saint.

Pour l'époque de Winwaloe, fils de Fracan, fondateur de Landevennec, M. de La B. réfute de la fliçon la plus péremp- toire l'opinion qui rabaisserait jusqu'au viii'' siècle l'époque de ce saint (I, p. 325-326; cf. Annales de Bret., IV, p. 295-364). La vie de Winwaloe écrite au ix^ siècle suffirait à l'établir. Son père Fracan a émigré à une époque les Saxons sont maîtres de l'île de Bretagne, ce qui est un peu -vague, mais il est pro- bable, d'après le contexte, que l'hagiographe vise le milieu du v^ siècle ^ J'ajouterai que le culte de Winwaloe est très ancien parmi les peuples brittoniques. Trois paroisses de Cornwal portent son nom : Gimwalloiv (Winwaloe), Lan- Dewednac et Tozvednac, c<^s dernières dédiées à S. Winwaloe : Lan-devenec signifie le monastère de To-iuinnoc, nom hypoco- ristique de Win-zuaJoe.

Pour le vannetais, le premier émigrant, d'après M. de La B., aurait été Caradauc Brech-hras (vers 465), sur la foi d'un sermon prêché à Vannes au xii'' siècle. Quant aux relations de S. Patern, évèque de Vannes, avec Caradauc, elles auraient été révélées aux Gallois par des Vannetais fuyant les invasions

1 . Sur la date de la mort de Winwaloe, v. Aual. BolL, VII, p. 248, note.

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normandes du ix*^ siècle. C'est plutôt l'inverse qui s'est pro- duit. L'histoire de Caradauc Breichhras est essentiellement une légende galloise : la forme même du nom est galloise, La vie de S. Patern, comme le reconnaît M. de La B. lui-même, est un tissu de fables '.

Pour les Cornovii, il \' aurait eu deux groupes d'émigrants : le premier aurait quitté les bords de la Tyne (Corisopites et Cornovii de Pons-Aelii) vers 470-475; les autres seraient venus du territoire véritable des Cornovii, des bords de la Severn, vers 509-510, sous la pression des envahisseurs saxons. Ce sont de pures conjectures. En réalité, nous ne sa- vons rien de précis au sujet de la façon dont a pu se taire l'émigration des Cornovii, émigration considérable, puisque les Cornovii forment incontestablement avec les Dumnonii le groupe breton armoricain le plus important. La réalité même de l'émigration du premier groupe repose uniquement sur l'identification de CorisopitiiDi (Quimper) avec une ville insu- laire, identification fort douteuse. Quant au second groupe, a-t-il commencé son mouvement vers le sud seulement au vi*" siècle? Ce peuple paraît s'être disloqué dès l'époque ro- maine, à en juger par la présence de la cohorte des Cornovii de Pons Aelii. On a trouvé aussi dans la région d'York, à Oli- cana (Ilkley) l'épitaphe d'une Civis Cornovia (Ephemeris epigr., 1890, 923). A quelle époque, à la suite de quels événe- ments, les Cornovii se sont-ils établis à la pointe ouest du territoire des Dumnonii, il est diflicile de le dire. Le nom de Cornovia (Coniubia) apparaît pour la première fois, désignant le Cornwal actuel dans une poésie de l'évêque Adhelm de la fin du vil'' siècle. Les Cornovii sont englobés par la Chronique anglo-saxonne avec les Bretons du Sud-Ouest sous le nom de West-Wealas, Bret-Wealas. Ce n'est qu'à l'époque les rois de Wessex prennent pied sur le territoire même des Cornovii - que l'on voit apparaître couramment le nom de Corn-weaJas qui a donné Cornwal, lequel terme par fausse application à la

1. Cf. J. Loth, Vie de saint Teliau (Ami. de Brel., X, p. 71-73).

2. Les Cornovii sont tributaires de Wessex au ix^^ siècle; mais les éta- blissements saxons sur leur territoire même ne paraissent guère antérieurs, d'après les chartes, au x«= siècle.

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