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CATALOGUE DES ACTES

DE

JAIME V\ PEDRO III ET ALFONSO III

ROIS D'ARAGON

CONCERNANT LES JUIFS (1213-1291)

ACTES DE JAIME 1" (1213-1276) [suite*).

213. Jaime I^"" donne quittance à l'aljama des Juifs de Barcelone pour la quête de la Saint-Jean 1263, de 10.625 sous melgoriens, valant, à raison de 13 deniers barcelonais pour 12 deniers melgoriens, 11.500 sous barcelonais, et de plusieurs autres sommes, dont 542 sous barcelonais versés au Juif Ferrer, créancier du roi. Barcelone, 28 août 1263.

Reg. 14, f°' 33 v°-34. Indiq. : Jacobs, 349.

214. Jaime 1*" fait remise aux Juifs de Murviedro (auj. Sagunto) de 200 sous sur les 500 du tribut de la Noël. Barcelone, 29 août 1263.

Reg. 12, f" 106 v°.

215. Jaime h^, en informant tous ses Juifs qu'il leur envoie, pour leur montrer la voie du salut, Fr. Pablo Cristiani,de l'ordre des Frères Prê- cheurs, qui se présentera à eux dans leurs synagogues, dans leurs maisons ou autres lieux, en vue de leur prêcher et aussi de discuter avec eux sur rÉcriture Sainte, leur enjoint d'aller à lui, de l'écouter avec mansuétude et bienveillance, de lui répondre, selon leur degré de savoir, humblement et respectueusement, sans subterfuge, de lui présenter leurs livres, qu'ils

1. Voyez Revue des Études juives, t. LX, p, 161.

T. LXI, NM21. 1

â REVUE DES ÉTUDES JUIVES

seront tenus de faire apporter à leurs frais, quittes à en être indemnisés ensuite sur le tribut royal ; par la même occasion, le roi mande à tous ses ofticiers d'employer la contrainte, si les Juifs se montrent récalci- trants. — Même date.

Reg. 12, r* 107 v. Cop. : Collection Bofarull. Plbl. : Diago, lllslo- ria... de La orden de predicadores, f" 32 v°, 1" col. (d'après reg. 12j ; MeiJiano, Historia... de la orden de predicadores, p. 493 (d'après même source) ; le P. heuitle, ul supra, pp. 23o-23G. Indiq. : Tourtoulou, t. H. 382 (d'après Liiideubrog, Codex leyuni anliquarum, foi. 235, et l'.Vvaiit-prupus de la Dispulalio Nachmanidis, ap. Wageiiseil, Tela ignea Satanœ, t. 11); Is. Loeb, ut supra, p. 10, ii° 4 (d'après le 1». Deriifle) ; Graelz, Histoire des Juifs, t. IV, p. 205 ; Jacobs, 243.

216. Jaime 1er considérant (lu'il importe d'honorer le Christ avec le plus d'application possible et de le défendre de toutes ses forces contre tous ses adversaires, mande à tous les Juifs d'effacer dans le délai de trois mois les blasphèmes qu'ils pourront relever dans leurs écrits contre Jésus-Christ et sa mère, la bieniieureuse et glorieuse Vierge Marie, ou qui leur seront indiqués par Fr. Pablo Cristiani, sur l'avis de Fr. Uaimundo de Pefiafort et de Fr. A. Segarra, tous les trois de l'ordre des Frères Prê- cheurs; tout récalcitrant sera puni d'une amende de 1.000 morabotins et les livres contenant des blasphèmes seront brûlés publiquement; pour assurer l'exécution du présent mandement, le roi enjoint au baile de Bar- celone de faire jurer dans chaque aljama à trente Juifs des plus notables sur leurs âmes et celles de leurs coreligionnaires de veiller à l'observation du présent règlement. Même date.

Reg. 12, f" 111 v"-H2. Cop. : Collection Bofarull. Publ. : Le P. Deniilo, ut supra, p. 237. Indiq. : Diago, ut supra, f" 32 v (d'après reg. 12] ; Medrano, ut supra, jt. 493, col. (d'après même source); Is. Loeb, ut supra, p. 16, 5 (d'après le P. Deiiifle) ; Graetz, Histoire des Juifs, t. IV, p. 205 ; Jacobs, 248.

217. Jaime 1" interdit de contraindre par la violence les Juifs, leurs femmes ou enfants à sortir des calls judaïques pour aller entendre le sermon de quelque Frère Prêcheur ; si un prédicateur de cet ordre veut entrer dans le quartier juif, dans les synagogues et y prêcher, les Juifs seront libres de venir ou de ne pas venir l'écouter; enfin, les Juifs ne sauraient être contraints d'entendre les prédicateurs dans n'importe quel lieu, nonobstant quelque charte accordée aux Frères Prêcheurs en sens contraire. Barcelone, 30 août 1263.

Reg. 12, f ill V". Cop. : Collection Bofarull. Plhl. : Le P. Denille, ul supra, p. 237. Indiq. : Is. Loeb, ut supra, p. 16, n" 6 (d'après le P. Dcnifle) ; Jacobs, n" 2i7.

218. Jaime l*"" donne plein pouvoir à Çulema de Daroca, Juif de Monzon, de vendre ou d'obliger à qui il voudra, aux prochaines calendes, tous les revenus royaux de la juiveric de Lérida, les revenus de l'herbe,

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME P', PEDRO III ET ALFONSO III 3

des maisons à huile de 1' « A 1 macéra ^ », de Lérida, enfin les revenus du courtage du lin et de la laine de la ville. Lérida, 10 septembre 1263. Reg. 12, 115 v°. Indiq. : Jacobs, 249.

219. Jaime l"^, sur la dénonciation qu'il a reçue à Lérida de la part de Juifs jurés et de la majorité des Juifs de cette ville contre certains Juifs, et spécialement contre Bon Blanchart et Bonet Daroquin, ce dernier lieutenant de la cour à Lérida pour le Juif Sulema de Monzon, baile royal, qui auraient confectionné et produit de faux témoignages avec Tappui et la complicité de Suléma, fait procéder à une enquête, qui, tout en démon- trant l'existence de nombreux faussaires, n'a relevé aucune charge contre les Juifs incriminés ; le roi accorde donc sa rémission et. son guidage spécial au baile Sulema. Monzon, 14 septembre 1263.

Reg. 12, f°* 117 vM18.

220. Jaime I^r reconnaît devoir à Çulema de Daroca, Juif de Monzon, la somme de 3.850 morabotins neufs alfonsins, moins 51 sous de Jaca, en garantie de laquelle il lui engage, à partir de Pâques 1264, les revenus des salines d'Arcos. Même date.

Reg. 14, f^ 41. Lndiq. : Jacobs, 351.

221. Jaime I''' accorde son guidage à Bencet, Juif de Lérida, et à Assach, son fils. Saragosse, 24 septembre 1263.

Reg. 12, 117.

222. Jaime le informe ses officiers qu'il a donné licence à son fidèle baile de Tortose Astruc Jacob Xixo de contraindre les Juifs de Tortose au paiement d'une dette de 9.000 sous de Jaca en appréhendant leurs personnes et en saisissant leurs créances. Saragosse, 30 septembre 1263.

Reg. 12, 119. IxDiQ. : Jacobs, 251.

223. Jaime I^"" mande au justice et aux jurés de Tarazona de faire exécuter les habitants de cette ville et d'ailleurs, qui sont obligés pouj^; dettes à l'égard de quelques Juifs de Tudela et d'Agreda. Saragosse, 16 octobre 1263.

Reg. 13, 156.

224. Jaime I*"" dispense tous les Juifs de la ville et collecte de Barce- lone de l'obligation de sortir du call pour témoigner dans une enquête. Saragosse, 3 novembre 1263.

Reg. 12, 120. INOIQ. : Jacobs, 255.

225. Jaime I*"" concède aux Juifs de Barcelone et de toute la Cata- logne que, dans les procès entre Juifs et chrétiens, la sentence ne puisse

1. En castillan, a/7wacer/a signiûe enclos. .

4 REVUE DES ÉTUDES JUIVEà

être rendue que sur la production d'une preuve formelle ou d'une charte royale. Pina, 5 novembre 1263.

Reg. 12, P 120. l.NDiQ. : Jacobs, 254.

226. Jaiine I^"* accorde aux Juifs de la ville et collecte de Barcelone le droit de lui interjeter appel, toutes les fois qu'ils seront l'objet de quelque action ou poursuite. Même date.

Reg. 12, 120. IxDiQ. : Jacobs, 256.

227. Jairne I""" concède à Bica Selvayn, Juif de Monzon, la place {placiam) dite « Cellier du roi » se fabrique Ihuile a Pina, à charge d'un cens annuel d'un morabotin, payable au mois de janvier, avec licence d'y édifier des maisons et autres constructions [stalica], enfin avec le droit de la posséder en toute propriété {ad hereditatem pro- priam^, de la transmettre à ses héritiers, de la donner, de la vendre, de l'engager, de l'aliéner à quiconque, sauf chevaliers, saints, clercs et per- sonnes religieuses. Pina, 6 novembre 1263.

Reg. 12, f 127.

228. Jaime !•'' reconnaît devoir à Ezron, veuve de Bon Blanchart, Juif de Lérida, 200 sous de Jaca, qui lui revenaient sur les biens de feu son mari en raison de son douaire, et qu'il lui assigne sur l'herbage ou le monnayage fournis par les habitants de Tortose ; le roi mande à Astruch Jacob El Xixo, baile royal de Tortose, de faire exécuter la pré- sente assignation. Saragosse, 13 novembre 1263.

Reg. 14, 43.

229. Jaime I'^'' assigne à Gonzalvo de Alagon une rente viagère de 200 sous de Jaca sur le tribut des Juifs d'Alagon. Egea, 30 novembre

1263.

Reg. 12, fo 134.

^ 230. Jaime !««■ confère à un chrétien, sa vie durant, l'office de notaire [scribcwia) des Juifs d'Egea, c'est-à-dire le privilège pour lui ou son substitut de dresser les actes de dettes et tous les autres contrats qui seront conclus entre chrétiens d'Egea ou d'ailleurs et Juifs d'Egea, à charge d'un cens annuel de 20 sous de Jaca, payable en deux termes, uJoitiéàlaSaint-Jean de juin, moitié à la iNoél. Egeajl"-- décembre 1263. lieu. 12, 131 v°. Indjq. : Jacobs, n" 258.

231. Jaime l""" annule, sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins d'amende, l'interdiction d'acheter des chevaux lancée par la confrérie de Calatajud contre Jucef, Juliuda, A(;ach et Abrafim del Calbo, Juifs de cette ville. Saragosse, 15 décembre 1263.

Reg. 12, 134 \\ iNDiu. ; Jucobs, 260.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME T*', PEDRO III ET ALFONSO 111 b

232. Jaime I®»" reconnaît devoir à Benvenist de Porta i 5.000 sons, qu'il l'a prié de verser à Tévêque de Barcelone et au comte d'Ampurias, chargés d'une mission auprès du roi de France. l^*" janvier 1263/4.

Reg. 14, f 47. Cop. : Collection BofaruU. Indiq. : Jacobs, 355.

233. Jaime I^r concède à tous les Juifs de Jaca que les collecteurs de la peite ne puissent appréhender les femmes et les enfants de ceux qui n'auront pas acquitté cet impôt, mais qu'ils puissent contraindre les con- tribuables récalcitrants par la fermeture de leurs portes et par la saisie de leurs personnes. Maella, 2 janvier 1263/4.

Reg. 12, P 138. Indiq. : Jacobs, 261.

234. Jaime 1er promet à Taljama des Juifs de Calatayud de s'abstenir pendant deux ans d'accorder des prorogations d'échéance en faveur de leurs débiteurs du conseil ou de la communauté de Calatayud et des villages voisins. Saragosse, 3 janvier 1263/4.

Reg. 12, f 141. Indiq. : Jacobs, 263.

235. Jaime 1er autorise tous les Juifs établis dans la juiverie de Calatayud à tenir boutique de change, de draperie ou d'autre métier, pourvu qu'ils s'y comportent bien, et leur concède que le juge ou le conseil de Calatayud ne puissent leur infliger des amendes que confor- mément au for, ban ou cote. Saragosse, l*"" février 1263/4.

Reg. 12, f 141. Cop. : Collection BofaruU. Indiq. : Jacobs, 264.

236. Jaime 1er défend aux chrétiens de jeter des pierres sur les Juifs de Calatayud ou sur leurs maisons le jour du Vendredi saint. Même date.

Reg. 12, f 141 v°. Indiq. : Jacobs, n" 265.

237. Jaime 1er autorise le Juif Jahuda de Cavalleria à entretenir à son scn'ice, sa vie durant, un chasseur, juif, chrétien ou sarrasin, mii pourra chasser au filet, sur les montagnes et dans les « hermes «."a perdrix, la tourterelle, la caille et autre gibier comestible, mais à condi- tion de ne pas dépasser quinze paires par jour. Même date.

Reg. 12, 142 v°. Cor. : Colloctiuii BofaruU. Indiq. : Jacobs, n" 267.

238. Jaime 1er confère k Astrug Ascarell, Juif de Lérida, sa vie durant, la « scribanie » du poids royal de cette ville, à charge d"une rede- vance annuelle, payable à la Noël, de 30 sous. Saragosse, 9 février 1263/4.

Reg. 12, f" 142 v°. Indiq. : Jacobs, 268.

239. Jaime I""" concède à Jafias Maymoet à tous les autres Juifs qui viendront peupler la villa de Morella les privilèges insérés dans le for de

6! REVUE DES ETUDES JUIVES

Valence, les autorise à s'établir dans le centre de la ville {in cingula mediana), les exempte, la première année de leur établissement, de toute peite, quête, et autres exactions royales, et ne les impose seulement, pendant les quatre années suivantes, que de 20 sous par maison ; après la cinquième année, les Juifs de Morclla seront soumis au régime de leurs coreligionnaires du royaume de Valence. Saragosse, 10 février 1263/4. Picg. 12, f 143. Cop. : Collection liofaruU. Indio. : Jacobs, n" 270.

240. Jaime 1er concède à l'aljama des Juifs de Jaca de ne pouvoir être appréliendés pour dettes, sauf pour peite et autres exactions royales, et de ne pas être tenus de rembourser les dépenses faites par quebjue Juif sans le consentement de la communauté. Saragosse, 11 février 1263/4.

Ileg. 12, f li3. - INDIQ. : Jacobs, u" 271.

241. Jaime !«■' accorde son guidage à Benvenist Almocacel, Juif de Saragosse, sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins d'amende. Saragosse, 13 février 1263,4.

Reg. 12, f" 143. IxDiQ. : Jacobs, 269.

242. Jaime I^"" donne licence au Juif Acach Trevago de faire sortir du royaume 4 cafices de semence de lin à dcslinalion de Tudela ou d'un autre lieu de iNavarre. Saragosse, 17 février 1263-4.

Keg. 12, r li4 v°. Indkj. : Jacobs, 273.

243. Jaime 1er donne quittance à l'aljama des Juifs de Barcelone de 10.500 sous barcelonais pour le tribut de la Saint-Jean suivante. Même date.

I\cg. 14, f 48. Cop. : Collection Bufarull. Ini.io. : Jacobs, n" 356.

244. Jaime l^"" accorde son guidage ii Jiicef de Mora, Açach Bitales, David Jafa, Abrabim Vallepor, Azacli Azriel, Jabuda Avenyonaz, Mayr Acelemi, Al)rabim Aveupuyii, Abialiiui llaleva, (ils de Jucef Haleva, Aorabim Cadrex, Jucef (iallur, Al)ralum Anajar, Salamon ("lallur, Jucef, fils d'Abrabim (Jallur, Abrabim liamatary, Çicri Braies, Salamon Fedu- zacb, Samuel Trigo, Ezmcl Paz. Juifs de Sai-agosse, (jui lui ont porté plainle au sujet des tailles de leur juiverie ; il interdit, en outre, a l'aljama (l(>s Juifs de Saragosse. sous peine de 100 morabotins d'amende, d'excommunier les |)laignauls et dispense ces derniers de contribuer au paiement des 3.000 sous que les tailleurs des peites de la juiverie de Saragosse doivent verser au roi en dix annuités. Saragosse, 18 février 1263/4.

llog. 12, r 14i. iM.iy. : Jacobs, 272.

245. Jaime hr dispense l'aljama des Juifs de Saragosse de peiter ou de faire (iuelquc taille « par sou et par livre », ordonne que la taille soit

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME r^ PEDRO III ET ALFONSO III 7

faite sur Tavis des tailleurs élus tous les ans par la communauté et choisit comme tailleurs pour la présente taille ceux-là mêmes qui s'étaient plaints de la précédente répartition, Abrahim Churcrixulut, Jucef de Mora et Abrahim Cadan, jeune, et qui devront procéder à la taille dans la quinzaine, à FAljaferia * de Saragosse ; si quelque Juif déclare sous serment qu'il est trop imposé, les tailleurs seront tenus de le dégrever; le roi délie Azmel Yaravel, Mose Albala et Jucef de Mora des obligations qu'ils ont souscrites par albaran à l'égard de l'archidiacre de Valence ; il termine en ordonnant à Taljama de verser 2.000 sous de Jaca à Gili de Peralta, d'Egea, à valoir sur le montant du tribut de janvier. [Egea, février 1263/4].

Reg. 12, f" 148. Indiq. : Jacobs, n" 277.

246. Jaime I" dispense Samuel de Roda, Juif originaire de Roda et habitant d'Alagon, sa vie durant, de l'obligation de peiter avec l'aljama des Juifs d'Alagon pour le tribut et autres exactions royales, à moins que l'aljama ne choisisse pour tailleurs des Juifs qui ne soient pas suspects à Samuel; et le roi défend à quiconque, sous peine de SOO morabotins d'amende, de saisir la personne ou les biens de Samuel, ou de faire prendre quelque autre mesure contre lui dans la synagogue ou au dehors.

Egea, 4 mars 1263/4.

Reg. 12, 151.

247. Jaime I^"" reconnaît devoir à Abrahim Avindino, Juif d'Alagon, 100 cafices d'orge, à la mesure d'Egea, et 700 sous de Jaca, qu'il a payés, sur l'ordre du roi, à l'un de ses créanciers. Même date.

Reg. 14, 48 v°. Indiq. : Jacobs, n* 357.

248. Jaime I*"" dispense la veuve de Jacob Amembruch, ainsi que ses deux fils Jucef et Salamon, Juifs de Huesca, de l'obligation de peiter avec l'aljama des Juifs de Saragosse, leur vie durant. . . , etc. (Voir n" 242).

Egea, 9 mars 1263/4. ^

Keg. 12, 151 1" et v.

249. Jaime 1er mande à tous les Juifs placés sous sa domination d'effacer de leurs écrits, dans le délai de trois mois, tous les blasphèmes à l'adresse de Jésus-Christ ou de la Sainte-Vierge qu'ils y découvrii-ont eux-mêmes ou qui leur seront indiqués par Fr. Pablo Cristiani, de l'ordre des Frères Prêcheurs, de vive voix ou par écrit, sous peine pour tout contrevenant de 1.000 morabotins d'amende; les livres contenant des blasphèmes seront brûlés publiquement, à moins que leurs détenteurs ne prouvent dans le délai d'un mois aux juges nommés par le roi, l'évêquc

1. Palais arabe h Saragosse, résidence des souverains mahométans en Aragon ; on en conserve encore quelques restes.

8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

de Barcelone, Fr. Raimundo de Penafort, Fr. A. de Segarra, Fr. R. Marti et Fr. P. de Genova, que les passages incriminés par Fr Pablo ne consti- tuent pas des blasphèmes à l'adresse du Christ et de la Vierge ; les livres condamnés devront être expurgés dans les trois mois, et vingt ou trente notables juifs, recrutés dans chaque aljama parmi les plus honorables et les plus discrets, devront jurer sur la Loi do Moïse, sur leurs âmes et celles de leurs coreligionnaires, d'effacer les blasphèmes et de ne plus les y réinsérer, sous peine de 1.000 morabotins d'amende. Egea, 27 mars 1264.

Reg. 13, f 156. Plbl. : Documentos ineditos, t. VI. jtp. 164-166;

P. Denifle, Quellen zur Dispulalion Pablos Chrisliani dans Ilisto-

risches Jahrbuch dev Gôrres-Gesellschaft, t. VIII (1887), pp. 238-239. Inhiq. : Diago, Historia... de la orden de predicadores, f" 32 v", col. (d'apiés \\"^. 13) ; le P. Tuuion, lUsloire des hommes illustres de l'ordre de Saint-Dominique, t. I, j). 492 (d'après Diago) ; Is. Loeb, La controverse de 1263 à Barcelone, dans /{. É. /., t. XV (1887), p. 17 (d'après le P. DcDifle).

250. Jaime P"" accorde sa rémission à Jahuda Albala, qui a prétendu à Valence que Mira, fille do .Inccf Almuli, Juif de cette ville, était sa femme légitime et ne pouvait, par conséquent, se marier avec un autre; comme il a agi ainsi pour ompôchor lo mariage de Mira avec un .luif de sa famille ot non dans le dessein de la diffamer, le roi absout Jahuda de toute poursuite ot de toute peine pécuniaire que peuvent lui avoir infligée les Juifs de Tortose ou d'ailleurs. Même date.

Rcg. 13, 157.

251. Jairne I<t fait remise à l'aljama dos Juifs ai' lîarcelone de 1.200 sous melgoriens sur le tribut de 1264. Même date.

Reg. 14, 50 V". \y\wi. : Jarobs, ii" 358.

252. Jaime 1er consent à ce que Aljafa, veuve d'Abrahim Ataz, Juif de i.érida. soit tutrice de ses fils, pourvu qu'elle administre leurs biens convenablement ot vive chastement, sans mari. Egea, 30 mars 1264.

Reg. 13, P 159.

253. Jaime I^r nomme adénantades de Faljama des Juifs de Sara- gosse : Azmcl Almoredi, Azai* Avonbruc, Juoef Avoiicecha, Azmol Pararua, leur confirmant les pouvoirs que leur ont conférés par acte hébraïque Jahuda de Cavalloria, bailo de Saragosso, et la connuunauté juive de cette ville; les ordres donnes parles dits adénantades devront être observés par tous les membres de l'aljatua. Calatayud, 27 avril 1264.

Rc;,'. 13, f" 163. Cor. : Collection Bofaiull. I.noiq. : Jacobs, w" 279.

254. Jaime I" décrète que les actes portanfconstitulion de dots ou de douaires (|(u seront dressés entre membres de l'aljama dos Juifs de Suragosse par un scribe juif non public auront même valeur que les

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I*S PEDRO III ET ALFONSO III 9

actes dressés par un notaire public, pourvu, toutefois, qu'ils soient souscrits, selon la coutume juive, par deux témoins juifs; s'il s'élève quelque plainte, le différend devra être réglé conformément à azuna ^ ». Même date.

Reg. 13, 163. Cop. ; Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n' 280.

255. Jaime h' place sous sa sauvegarde, sous peine pour tout contrevenant de 200 morabotins d'amende, Salomon Albala, Abraym Chimello et Mayl Azelemi, tailleurs de Taljama des .Iiiifs de Saragosse nommés adénantades, aussi longtemps qu'ils rempliront l'office de la taille de la peite, pourvu qu'ils imposent chaque Juif selon leur conscience; aucun membre de la communauté ne devra s'élever contre leur répartition; si un contribuable se juge surimposé, il devra en faire la déclaration sous serment, et si sa plainte est juste, il bénéficiera d'un dégrèvement. Même date.

Reg. 13, r 163. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 281.

256. .laime P"" ordonne à Jucef Avinceyt de jurer devant la cour de Lérida de ne pas infliger de dommage à quelque Juif de cette ville, mais de s'en remettre à la justice, sous peine de 200 morabotins d'amende. Calatayud, 30 avril 1264.

Reg. 13, P 167. iNDiQ. : Jacobs, 284.

257. Jaime le remet à Jucef Abnalfalim, Juif de Calatayud, à Assach et Jacob, ses fils, toute poursuite qu'il pourrait entamer contre eux en raison de la taille faite en 1263 dans la juiverie de Calatayud par Sadoch, Abrahim del Rabi, Juceff Abinnaffia et Açac Aventforma ou en raison du serment qu'ils ont prêté à cette occasion ; ainsi que toute «< alatma' » et excommunication lancées contre eux par l'aljama de Cala- tayud; enfin, le roi leur accorde son guidage sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins. Calatayud, l^r mai 1264.

Reg. 13, 164 V. Indiq. : Jacobs, 282.

258. Rémission et guidage semblables accordés à Jucef Jahuda, Açach et Abrahim El Calbo, fils de feu Mosse El Calbo, Juif de Calatayud. Même date.

Reg. 13, f 164 v°. Indiq. : Jacobs, 283.

259. Jaime 1^ concède à l'aljama des Juifs de Calatayud la tour de Calatayud, ('onnue sous le nom de Tour iMoya, attenante au mur d'en- ceinte de la ville jusqu'au chemin de Soria, ainsi que la hauteur (podium) sur laquelle se dresse ladite tour, avec la faculté pour les Juifs de pou- voir y édifier des maisons, à partir de leur château jusqu'à la tour, y

1. Vazuna,dQ l'arabe asswina, désigne le droit canonique des Juifs ou dcsSarrasins. 3. L'alatma a les mêmes effets que rexcommuuioation chrCtienoe,

fO REVUE DES ÉTUDES JUIVES

élever un mur entre eux et les chrétiens, qui sont établis du côté de Soria, depuis leur château jusqu'au mur de la ville et jusqu'à la tour, sous l'obligation de garder le mur et la tour pour éviter qu'il n'arrive de dommage aux Juifs de la villa de Calatayud; le roi leur fait celte conces- sion avec le droit d'en disposer par vente, engagement, aliénation, etc. Calatayud, 15 mai 1264.

Reg. 13, f" 185. Cop. : Collection Bofarull. Indio. : Jaoobs, 294.

260. Jaime I""" concède à Jucef Alcofol, Juif de Hiiesca, que, toutes les fois que les tailleurs procéderont à la répartition de la peite, il puisse choisir deux Juifs et Taljama deux autres, qui devront jurer de »< tailler son nom » et fixer sa part de contribution en toute loyauté; le roi mande à l'aljama, sous peine de 500 morabotins d'amende, de s'interdire à ce sujet à l'égard du bénéficiaire toute peine, alatma, cote, « lierem * » ou excommunication. Calatayud, 23 mai 1264.

Reg, 13, f" 177 v°. Cor. : Collection Bofarull. Indio. : Jaoobs, n" 288.

261. Jaiuie 1"" assigne à Samuel Avinpesat, Juif d'Alagon, 200 sous réaux de Valence, à prélever chaque année, à deux termes, à la Saint- Jean et à la Noël, sur les revenus des salines royales de Jâtiva. Calatayud, 27 mai 1264.

Reg. 13, P 184. - Im)Io. : Jarol)s, n" 291.

262. Jaime I*"" remet à Astrug de Porta, Juif de Villafrauca dcl Panades, la peine d'exil qu'il a encourue pour avoir proféré, au cours d'une controverse, une parole outrageante à l'égard de J. -G., à l'exception, toutefois, de la confiscation du tiers de ses biens; ce tiers sera prélevé sur ce qui restera de sa l'orlime, après liquidation de ses dettes anté- rieures à la controverse, et après remboursement de la dot et du douaiiHî constitués au profit de sa femme, de ses belles-filles et de sa fille; les deux tiers restant seront confiés aux bons soins de son frère Benvenist de Porta et de ses propres fils; le roi laisse à Astrug le droit de disposer de ses biens. Calatayud, 29 mai 1264.

Reg. 13, 178 V». Cop. : Collection Bofarull. Plhl. : Jarobs, pp. 130-131. iNDiQ. : Jacobs, n" 289.

263. Jaime ]" donne décharge au bailc de Parcelone de 3,000 sous barcelonais, qu'il a reçus des mains d'Aron Abinafia, Juif de Calatayud, lequel les devait à l'infant don Pedro. Calatayud, 2 juin 1264.

Reg. 14, f 56 V".

264. Jaime !•■■ remet à l'aljama dos Juifs de Calatayud, moyennant 2,000 sous de Jaca payés comptant, la peine qu'elle a encourue pour 8*êlre imposée au-dessous de la valeur des immeubles qui lui appar-

1. Les niote herem, alatma^ désignent l'eJicoraniunication juive.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME V, PEDRO III ET ALFONSO III

tiennent dans la ville et les aidées de Calatayiid, et, par surcroît, confirme les privilèges de cette aljama. Calatayud, 3 juin 1264. Reg. 13, 183 v°.

265. Jaime !«'' dispense Jucef Avincabra, fils de feu Mosse Avincabra, Juif de Calatayud, et de Diieyna, sa vie durant, pour l'immeuble qu'il possède dans la « Orta de Algar », près de la rivière du Jalon, de la route de Terrer et près du domaine d'un chanoine de Santa Maria Mayor, de l'obligation de contribuer avec les autres membres de Taljama de Calatayud au paiement des exactions royales ou des tailles communales.

Calatayud, 4 juin 1264.

Reg. 13, f 1S3 \'\ I.NDiQ. : Jacobs, n" 290.

266. Jaime 1er accorde pareille exemption à Dueyna, veuve d'Açach Avincabra, Juif de Calatayud, sa vie durant, pour un jardin ou champ qu'elle possède dans l'oncîosluerga) de Calatayud, au lieu dit u Cristina », près du jardin des Frères Prêcheurs et du champ de son beau-frère Jucef Avincabra. Même date.

Reg. 13, 183 vo.

267. Jaime I®-" autorise Taljama des Juifs de Calatayud à choisir dans son sein quatre prud'hommes, chargés de dresser la liste de ceux qui ne contribuent pas aux services royaux et communaux, et de pro- céder à la répartition d'une taxe de 10.000 sous, qui devra être observée, sous peine de 100 morabotins, sauf par Jucef Avincabra et sa belle-sœur Doyna. Même date.

Reg. 13, f' 184 yo-lSo. Cop. : Collection Bofarull. Inoiq. : Jacobs, n" 293.

268. —Jaime I^"" remet toute peine à Açach El Calbo, Juif de Calatayud, accusé par Jucef, fils de Haron Abinafia, de l'avoir blessé d'un coup de couteau, l'enquête nayant relevé aucune preuve à la charge de l'inculpe.

Même date.

Reg. 13, f 18o. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, w 292.

289. ~ Jaime I" confirme la promesse qu'il a déjà faite à Saragosse aux Juifs de Calatayud de ne plus accorder de nouvelle prorogation d'échéance à leurs débiteurs et annule les chartes de répit octroyées dans l'intervalle. Calatayud, 5 juin 1264.

Reg. 13, r 185. Indiq. : Jacobs, n" 295.

270. Jaime I®"" fait remise aux Juifs de Daroca de 750 sous de Jaca sur les i.bOO du tribut de la Saint-Jean et des calendes de janvier. Saragosse, 11 juin 1264.

Reg. 13, f 186. Indiq. : Jacobs, 296.

<2 REVUE DKS ÉTUDES JUIVES

271. Jaime I^"" fait donation an prienr et au ronvent dos Frères Prêcheurs de Calataynd d'un jardin qu'il a acquis, dans cette ville, de Dueina Avincabra, Juive, veuve de Mosse Avincabra, confrontant la voie publique, la « çegria » communale, le jardin de ladite Dueina et celui des Frères Prêcheurs. Saragosse, 13 juin 1264.

Rcg. 13, 186.

272. Jaime I" fait remise à l'aljama des Juifs dAlagon de 200 sous sur les 4.200 du tribut. Saragosse, 19 juin 1264.

Reg. 13, 189 v°.

273. Jaime I" concède à l'aljama des Juifs d'Uncastillo qu'il ne soit pas permis à l'alcaide ou à quelque autre officier royal de saisir leurs personnes ou leurs biens à l'intérieur des portes du château d'Uncastillo, pour les contraindre au paiement des poitesou autres exaclions royales, d'intercepter les vivres envoyés dans le dit château, pouvu, toutefois, que, sur simple monition de Talcaide, les Juifs récalcitrants sortent du château et lui permettent ainsi de les arrêter, de les détenir dans une maison de la villa et de poursuivre à leur égard la procédure ordinaire; de plus, le roi autorise les Juifs d'Uncastillo à vendre les maisons qu'ils possèdent dans la villa aux « infançons* » et aux « hommes royaux de service •, exemptant les infançons qui viendront du dehors peupler la villa et s'établir dans des maisons acquises de Juifs de toute peile ou autre exaction. Même date.

Reg. 13, 189 V". Coi». : Collection Bofarull.

274. Jaime h^ reconnaît que les secrétaires et l'aljama des Juifs de Barcelone se sont constitués, sur son ordre, débiteurs à Na (ioig de Palafolls de la somme de 1.300 sous barcelonais do tern, qu'il leur assigne sur le tribut de la Noël. Barcelone, 23 juillet 1264.

Rog. 14, r59 V». iNDio. : Jacohs, n" 363.

275. Jaime I*"" accorde sa rémission à Jucef Abinlialin, Juif de Calatayud, ainsi qu'à Azach et Jacob tils de (le nom est etVncé), qui n'ont pas observé la taille répartie par Mosse Sadoch, Abrafim del Habi et Azach Abinceruch sur les héritages, alleux et biens meubles des Juifs de Calatayud, taille dont le rôle a été brûlé pai* Jucef II ibianliya et Azach Avenforna; le roi leur remet, en outre, toute alatma et chalonge, mandant à l'aljama de les laisser pénétrer dans la synagogue, de ne pas permettre aux personnes déjà présentes dans l'édifice de sortir en voxant entrer les Juifs ci-dessus mentionnés et d'aller dire leurs prières ailleurs, enfin, de faire en sorte (ju'on continue à leur parler, à leur acheter du vin et à prier avec eux dans \i\ synagogue, le tout sous peine de 500 mora- botins d'amende. Lérida, 4 août 1264.

Reg. 14, 63. Cop. : Colloctiini Mofarull. Indiq. : Jacob», n" 364,

1. En castillan, iufanzon désigne un gentilhomme,

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I", PEDRO III ET ALFONSO III 13

276. Jaime P*" confirme la taille qui doit être faite dans la juiverie de Galatayud par Acach Abinafian, Açach Alpeffan, Açach Paçagon et Faraig Evencresp des 10,000 sous de Jaca que l'aljama a octroyés au roi, ainsi qu'il est contenu dans la « tacana* » qu'elle a dressée à ce sujet; le roi mande à l'aljama d'observer la dite taille sous peine de 500 mora- botins d'amende. Lérida, 10 août 1264.

Reg. 13, f 211. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 299.

277. Jaime P^ afferme (l'acte dit vend) à Vidal Astrug, Juif de Perpignan, tous les revenus royaux, lods et chalonges des villas el châteaux de Saint-Laurent el d'Estagel, sur terre et sur mer, dans les étangs et les eaux douces, au prix de 1.000 morabotins d'or de juste poids. Barcelone, 29 août 1264,

Reg. 13, f" 21u. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 300.

278. Jaime V^ fait remise à raljama des Juifs de Barcelone de. 1.250 sous melgoriens sur le tribut de 1265. Barcelone, 31 aoiit 1264.

Reg. 13, 226 v°. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Amador de los Bios, t. 1, p. 426, n. 1; Jacobs, 304.

279. Jaime le^ promet aux aljamas des Juifs de Barcelone, Villa- franca, Tarragone et Montblanch, de s'abstenir pendant un an, à partir de la Saint-Michel, d'accorder à leurs débiteurs des prorogations d'échéance. Même date.

Reg. 13, f > 226 v*-227. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 305.

280. Jaime 1^' mande aux consuls de Montpellier de maintenir les Juifs de leur ville dans la jouissance de leurs coutumes et privilèges. Perpignan, 8 septembre 1264.

Reg. 13, 218. Cop. : Collection Bofarull.

281. Jaime !«•■ confirme les privilèges de la communauté juive de Montpellier Perpignan, 9 septembre 1264.

Reg. 13, f" 218. Cop. : Collection Bofarull.

282. Jaime I""^ mande à ses fonctionnaires de Montpellier de ne pas exiger des Juifs qui les requerront de contraindre leurs débiteurs à accjuitter leurs intérêts, à raison de 4 deniers pour livre par mois, selon le taux du siège apostolique, la production et la remise de leurs gages. Perpignan, 10 septembre 1264.

Reg. 13, fo 218 yo et t". Cop. : Collection Bofarull. 1. Rùle d'imposition.

ii REVUE DES ÉTUDES JUIVES

283. Jaime I^' remet toute poursuite à Jnsseff, Juif, fils de Navarro, de Monzôn, inculpé d'avoir « rompu ou brisé » le mont Comtal h Perelada. Perpignan, 11 septembre 1264.

Reg. 13, 218 V . Cop. : Collection Bofarull. I.ndiq. : Jacobs, 301.

284. Jaime l®"" autorise Navarro, Juif, et Jucef, son fils, au cas ils transféreront leur domicile à Girone, à Besalù ou dans un autre lieu du royaume, à contribuer avec les Juifs du lieu ils s'établiront par sou et par livre, à cesser de lui payer 300 sous mclgoriens pour le ti'ibut de la Noël, à la réserve que, si le père et le fils ne changent pas de résidence tous les deux à la fois, celui qui demeurera à Monzôn paiera en tribut la moitié des 300 sous melgoriens, et celui qui en partira contribuera au paiement du tribut avec les Juifs du lieu il ira se fixer. Même date.

Reg. 13, 218 v°. Cop. : Collection Bofarull. - I.ndiq. : .lacohs, n" 302.

285. Jaime I^r, voulant indemniser le Juif Ferrer Bonafos, de l'argent et du bétail que certain chevalier lui a enlevés, s'oblige à son égard pour 30 livres melgoriens, qu'il lui assigne sur les 20 sous de cens que lui doit payer chaque année le dit Ferrer pour le « capital » de sa maison. Même date.

Reg. 14, 65 v». Ind. : Jacobs, n* 366.

286. Jaime 1=^ promet à tous les Juifs de l'aljama de Perpignan de ne pas accorder à leurs débiteurs de prorogation d'échéance pendant un an, à partir de la Saint-Michel. Perpignan, 22 septembre 1264.

Reg. 13, !• 223 v.

287. Jaime 1^^ mande au viguier et au baile de Besalii c|ue, malgré le statut dressé par les habitants du lieu et portant que personne ne pourrait saisir le blé et autres marchandises de ceux qui viendraient les vendre au marché de Besalii, les Juifs créanciers, après avoir au préalable porté plainte au viguier ou au baile, puissent faire exécuter leurs débiteurs, en requérant, au besoin, l'intervention de l'un ou l'autre de ces deux agents. Girone, l»"" octobre 1264.

Reg. 13, f* 227 v°. Cop. : Collection Bofarull. I.ndiq. : Jacobs, n" 303.

288. Jaime I'^' approuve la reddition de comptes faite par Vital Astruch, Juif de Perpignan, au sujet des dépenses de la maison royale durant son séjour à Perpignan en particulier, au sujet de fournitures de draps de lit, et reconnaît qu'il reste son débiteur pour 6.530 sous melgoriens moins un denier, qu'il lui assigne sur les 10.000 sous que l'évoque d'Elne doit verser au trésor royal. Girone, 2 octobre 1264.

Reg. 14, r 66 v°. Indiq. : Jacobs, n" 367.

289. Jaime I^' fait bénéficier les Juifs de r.ironc de la concession

Catalogue des actes de jaiMe V', î^edro iii et alfonso iii iH

accordée aux Juifs de Besalù relativement aux contraintes pour dettes (n" 287). Girone, 3 octobre 1264.

Reg. 13, 229. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 308.

290. Jaime I«r autorise Taljama des Juifs de Besalù à construire une école (synagogue), qui leur appartiendra à titre d'alleu, sera affranchie de toute exaction royale et bénéficiera, de plus, de la sauvegarde royale, Girone, 4 octobre 1264.

Reg. 13, 231 v". I.nuiq. : Arnador de los Rios, t. I, p. 415, u. 2; Jacobs, 315.

291. Jaime h^ fait remise à Taljania des Juifs de Girone et Besalù de 600 livres sur le tribut de l'année 1265. Girone, 5 octobre 1264.

Reg. 13, P 230 v". Indiq. : Jacobs, 309.

292. Jaime I^r reconnaît que les secrétaires et Taljama des Juifs de Barcelone se sont obligés à l'égard d'un scribe royal pour 6.012 sous bar- celonais, payables sur le tribut de la Noël. Yillafranca, 12 octobre 1264.

Reg. 14, f" 17 \\

293. Jaime I^r, rappelant l'interdiction faite aux Juifs de Catalogne de prêter au-dessus de 4 deniers pour livre, concède aux Juifs de Barce- lone, Villafranca, farragone, Montblanch et Cervera qu'à l'avenir, aucun chrétien ne puisse intenter de procès à quelque Juif sous prétexte de taux exagéré. Lérida, 15 octobre 1264.

Reg. 13, f 233 v°. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 316.

294. Jaime 1er f-ùt la môme concession aux Juifs de Girone et de Besalù. Même date.

Reg. 13, f" 233 v°. Cop. : Collection Bofarull. Lndiq. : Jacobs, n" 310.

295. Jaime 1er fait insérer, dans la teneur de l'acte octroyé aux Juifs de Barcelone, Villafranca, Tarragonc, Montblanch et Cervera (voy. n*» 293), que la transgression du taux légal de l'intérêt entraînera la confiscation de la créance, moitié au profit du roi et moitié au profit du débiteur. Même date.

Reg. 13, f 233 v°. Cop. : Collection. Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 306.

296. Jaime I^r fait faire la môme addition dans le privilège accordé aux Juifs de Girone et Besalù. Même date.

Reg. 13, 234. - Cop. : Collection Bofarull.

297. Jaime 1er assigne à une religieuse de Guaso (?) une rente viagère de 100 sous de Jaca, à percevoir chaque année, aux calendes de janvier, sur le tribut des Juifs de Barbastro. Barbastro, 25 octobre 1264.

Reg. 13, r 234.

i6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

298. Jaime I«r assigne deux autres rentes viagères de 100 sous cha- cune à deux religieuses de Guaso (?) sur le tribut des Juifs de Barbastro. Même date.

Reg. 13, 234.

299. Jaime l" accorde au Juif Abraham de Tudela, pour sa maison et tous ses biens, une exemption décennale de peite. Lérida, 29 octobre

1264.

Reg. 13, ^234 V.

300. Jaime \" accorde sa rémission à Braym Abucayre, inculpé de blessures sur la personne de David, fils de Jueces Avinfamit, Juif de Lérida. Barcelone, 3 novembre 1264.

Reg. 13, f 235 v°. In'dk^). : Jacobs, 317.

301. Jaime I" approuve la reddition de comptes faite par Astrug [Jacob Xixô], Juif de Tortose, pour les recettes et les dépenses effectuées depuis sa nomination à la bailie de Tortose et Peniscola, et il reconnaît rester débiteur à Astrug de 200 cafices d'orge, de 133 cafices de froment, et de 10.000 « quarterias ' » de vin à la mesure de Tortose, pour laquelle créance il lui engage les revenus de Morella, les 500 sous que doit verser chaque année Tévêque de Tortose pour les prémices, ainsi que les revenus du château de Peniscola et de la gabelle du sel ; en outre, le roi assigne à Astruc pour son office une rétribution de 1200 sous de Jaca. Barcelone, 7 novembre 1264.

Reg. 14, r 67. iNDiQ. : Jacobs, 368.

302. Jaiu)e I^r confirme au profit d'Astrug de Porta, Juif de Villa- franca, et en son absence, à Vidalon, son fils —, toutes les dettes souscrites à l'égard de son père, feu Vidal de Porta, de son frère Benve- nistde Porta et de ses fils par plusieurs personnes ayant bénéficié de prorogations d'échéance. Barcelone, 11 novembre 1264.

Reg. 13, f" 238. Indiu. : J.irubs, 313.

303. Jaime ^' confirme à Vidal Astrug de Porta, Juif de Villafranca del Panades —, et en son absence, à son fils Vidalon, présent, toutes les dettes souscrites au profit de son père feu Vidal de Porta, de son frère Benvenist de Porta et de ses fils par chevaliers, clercs ou autres, ainsi (jue les intérêts produits, de manière qu'en raison du répit accordé par le roi aux débiteurs du dit Vidal, ce dernier ne puisse perdre son droit de créancier, mais bien plus, qu'il puisse recouvrer ses créances à l'expi- ration du sursis; quant aux chevaliers qui ont bénéficié d'une proro- gation d'échéance pour avoir accompagné le roi dans sa guerre contre les Sarrasins, ils devront acquitter leurs dettes à la fin de la campagne;

1, En cast., cuarlera désigne une mesure «le blé de "2 litres.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I«^ PEDRO III ET ALFOiNSO III il

les chevaliers qui n'ont pas répondu à l'appel devront payer leurs dettes incontinent; enfin, le roi reconnaît aux créanciers juifs le droit de retenir les gages de leurs débiteurs, même de ceux qui ont bénéficié d'une prorogation d'échéance. Même date.

Reg. 13, f" 239 v. Publ. : Pièces justificatives, n" V. Indiq. : Jacobs, II" 314.

304. Jaime I^r reconnaît que les aljamas des Juifs d'Aragon ont payé, sur son ordre, à l'infant don Pedro le montant du tribut de la Noël et de la Saint-Jean prochaines. Saragosse, 6 décembre 1264.

Reg. 14, 69. Indiq. : Jacobs, n" 371.

305. Jaime I^r fait délivrer de semblables décharges à toutes les aljamas de la Catalogne. Même date.

Reg. 14, P 69. Indiq. : Jacobs, 371.

306. Jaime I""" concède à l'aljama des Juifs de Valence qu'à l'avenir aucun agent royal ne puisse exercer à leur égard de contrainte ou de saisie, pour les tributs, peites, prêts, services ou dons qu'ils sont tenus de fournir au roi, que deux mois après la publication du mandement royal. Calatayud, 5 janvier 1264/5.

Reg. 13, f 248 v°.

307. Jaime le»" accorde sa rémission à Çahadia Âberudach, Juif de Calatayud, accusé d'avoir tué son frère Maçan. Même date.

Reg. 13, f" 248 \\ Indiq. : Jacobs, 318.

308. Jaime I««" donne décharge à l'aljama des Juifs de Barcelone de 22,500 sous, qu'elle a payés, sur son ordre, à l'infant don Pedro. Calatayud, 13 janvier 1264/5.

Reg. 14, f" 69. Indiq. : Jacobs, n" 372.

309. Jaime le"*, à la prière du Juif Çulema de Toledos, « almoxerif* » du roi de Caslille, affranchit son cousin Astrug Ravay, sa vie durant, de toute quête, tribut, cène, ost et chevauchée, rançon et exactions royales. Calatayud, 21 janvier 1264/5.

Reg. 13, I" 2j1. Indiq. : Jacobs, n" 319,

310. Jaime I*"" prescrit à l'aljama des Juifs de Gironc de ne pas inscrire Astrug Havay, Juif de cette ville, sur les rôles des contributions royales. Même date.

Reg. 13, r 2.ji. I.MtiQ. : Jacobs, 320.

1. Almojarife^ mot castillan, qui signifie surintendant des finances, receveur des douanes.

T. L.\l, NO 121. 2

*8 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

311. Jaime \^' délivre en faveur d'Astnig Ravay une charle de gui- dage, sous peine pour tout contrevenant de 200 morabotins d'amende. Même date.

Reg. 13, 251. I.xDiQ. : Jacobs, n" 320a.

312. Jaime l'' donne décharge à l'aljama des Juifs de Pcr|)ignan des 4.200 sous melgoriens qu'elle a payés k l'infant don Pedro, et lui mande de payer à Vidal Astrug, Juif de Perpignan, 1.000 sous sur le tribut de la Norl 1265, et 5;)0 sous melgoriens sur le tribut de la Saint-Jean, 1266. Épila, 29 janvier 1264 5.

Reg. 13, 252 v».

313. Jaime F% eu égard aux dépenses supportées par les Juifs de la « villa » d'Uncastillo par suite de la construction de maisons dans le château de ce même lieu, les exempte d'impôt pour l'année courante. Huesca, 12 février 1264/ 5.

Reg. 13, 253 v.

314. Jaime !«'• accorde son guidage à Bendit de I.imoux, Juif de Lérida, sous peine pour tout contrevenant de 300 morabotins d'amende. - Huesca, 13 février 1264/5.

Reg. 13, 254 v°.

315. Jaime I*"' remet à Astrug de Porta, Juif de Villafranca del Panades, moyennant le paiement de 2.500 sous barcelonais, la peine d'exil qu'il avait encourue pour avoir blasphémé contre le nom de Jésus- Christ. Lérida, 22 février 1264 5.

Reg. 13, 1" 255. Cop. : Collection Bofarull. 1m>iu. : Jacolis, n" 321.

316. Jaime I" accoi'de son guidage à Astrug de Porta, sous peine pour tout contrevenant de 1.000 morabotins d'amende. Même date.

Reg. 13, 1' 255. Cor. : Collection IWfaiull. Im.kj. : Jacolis. ii 322.

317. Jaime I^"" concède aux Juifs de Barcelone, Villafranca, Tarra- gonc et Montblanch que aucun baile, viguier, portier ou autre officier royal ne puisse les détenir prisonniers dans leurs synagogues. Lérida, 25 février 1264/5.

Reg. 13, f" 257. Cor. : Collection Bofarull. I.mh«j. : Jacobs, n" 324.

318. Jaime I^r dispense les Juifs de la ville et de la collecte de

Barcelone île l'obligation de répondre à (juelque Fh'tc Prêcheur sur le contenu de leurs livres ou d'en recevoir des écrits. Même date.

Reg. 13. (" 257. Cop. : Collection Bofarull. Indio. : Jacobs, 325.

319. Jaime I»"" reconnaît devoir à Issach, Juif de Barcelone, 300 sous

CATALOGUE DES ACTES DE JÂIME 1°', PEDRO III ET ALFONSO III 19

barcelonais, plus 300 sous antérieurement souscrits à l'égard de [Bonas- trug de Porta], maître Juif de Girone, soit au total 600 sous, qu'il lui assigne sur les premiers tributs de l'aljama de Barcelone. Même date.

Reg^U, f" 70. - IxDiQ. : Jacobs, ri» 373.

320. Jaime P'' assigne à l'aljama des Juifs de Barcelone sur ses propres tributs, entre autres sommes, 2.000 sous barcelonais qu'elle a payés sur son ordre à Jahuda de Gavalleria, baile de Saragosse. Même

date.

Reg. 14, r 7C. - iNDiQ. : Jacobs, n" 374.

321. Jaime P"" se reconnaît débiteur à l'aljama des Juifs de Barce- lone de 26.400 sous barcelonais, qu'il lui assigne sur les tributs de la Noël. Barcelone, 12 avril 1265.

Reg. 13, 264 v°. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 326.

322. Jaime !«■" concède aux Juifs de Barcelone, de Villafranca et Tar- ragone, que si un Juif nanti d'un gage dérobé jure qu'il ignore le larcin, il ait le droit d'être désintéressé du capital et des intérêts de la créance avant d'être dessaisi du gage. Même date.

Reg. 13, 265. Indiq. : Brutails, Populations rurales du Roussillon, p. 76, note (d'après Arch. des Pyr.-Oricnt., B 234, f'M49).

323. Jaime !«■' fait comparaître à Barcelone Bonaslruc de Porta, maître juif de Girone, accusé parle prieur des Frères Prêcheurs de Bar- celone, Fr. R. de Penafort, Fr. A. de Segarra et Fr. Pablo d'avoir pro- noncé certaines paroles et écrit un livre dont il a donné une copie à l'évêque de Girone ; Bonastruc, en présence de l'évêque de Barcelone, de l'archidiacre, d'un sacriste et de deux juristes [jurisperilis], déclare qu'il a prononcé les paroles incriminées dans la controverse soutenue contre Fr. Pablo, à Barcelone, dans le palais royal, et rappelle qu'à Touverture de la discussion, le roi lui avait accordé la permission de dire tout ce qu'il voudrait; fort de cette autorisation, ainsi que de celle de Fr. H. de Penafort, il ne peut être incriminé du fait de cette controverse ; quant à la relation qu'il en a écrite, on ne peut pas lui en faire un grief non plus, puisqu'il l'a rédigée à la prière de l'évêque de Girone. Ko roi, après en avoir délibéré avec l'évêque de Barcelone et les autres dignitaires ou hommes de loi présents, rccormaîtque U. de Penafort et lui avaient vrai- ment donné à Bonaslrug l'autorisation d'argumentei- à sa guise; il l'ap- pelle qu'il avait résolu d'exiler Bonastrug du royaume pendant deux ans et de faire brûler sa relation, mais ([ue les Frères Prêcheurs avaient refusé de souscrire à cette sentence; c'est pour([uoi, Jaime l*"" concède au maître juif que personne ne puisse l'obliger à répondre des paroles et écrits incriminés qu'en son pouvoir et en sa présence. Même date.

Reg. 13, 265. Cor. : CoUeclioii Bufaiull. Plul. : Villanueva, t. XUI, pp. 336-337; Dociimenlos inédi/us, t. VI, pp. 167-169; Ka>s.ilini.:, Die Dis-

20 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

pulation des Bonastruc mit Frai Pablo in Barcelona, dans Monatsschrift fur Gesckichle und Wissensckafl des Judenlhums, t. XIV (i865), pp. 310-311 (d'après Doc. inéd.) : Girbal, p. 69 ; Le P. Denifle, Quellen zur Disputalion Pahlos Chrisliani mil Moses Sachmani. dans Hislorisches Jahrbuch der Gorres-Gesellschaft, t. Vlli (1887), pp. 239-240. I.NDiQ. : Diago, Uistoria... de la orden de Predicadores, 32 v°, 2'" col. (d'après reg. 13); Tourtoulon, t. II, p. 383; Girbal, p. 14: Amador de los Rios, t. I, pp. 433-437 d'après Villanucva); Is. Loeb, La controverse de 1263 à Barcelone, dans H. E. ./.. t. \V (1887 , p. 17, n" 8 (d'après le P. Denifle) ; Graetz, Histoire des Juifs, traduction Moïse Blocli, t. IV, pp. 20.'.- 206; Jacobs, n" 323: Lea, Inquisition of Spain. t. I, p. 91.

324. Jaime I^"" accorde son guidage à Honastrug, maîtrr juif de (iirone, sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins d'amende. Même date.

lieg. 13, 1" 26.J. PiuL. : Le P. Deiiille, ut supra, pp. 2^0. Imhu. : Is. Loeb*, ut supra, p. 17, n" 8.

325. .laime i»"' reconnaît devoir au Juif Benvenist de Porta, l)aile de Barcelone, 10.500 sous barcelonais versés par ce dernier à Tiniant don Jaime, 2.500 sous payés à titre d'intérêt k divers créanciers du roi, etc., soit au total 15.920 sous, qu'il lui assigne sur le tribut des .lu ifs barce- lonais et sur les revenus de la bailie de Barcelone. Barcelone, 13 avril

1265.

\Wiz. 14, 72. Indiq. : Jacobs, 37o.

326. Jaime I^r concède au Juif Astrug-Jacob Xix(», sa vie durant, la bailie de ïortose. Saragosse, 6 mai 1265.

Reg. 13, P 269 v". Cor. : Collection Hoiarull. l.Ni)ig. : Jaiobs, 326 </.

327. Jaime I»"" donne quittance à Taljama des Juifs de Perpignan de tout le ti-ibut des années 1205 et 1260 k lexceplion. toutefois, de 1,550 sous qui lui restent dus sur le tribut de la Saint-Jean , soit de la somme de 8.000 sous melgoriens antérieui-ement versée par raljama n un collecteur des subsides destinés aux galères. Tarazona, 14 mai 1265.

Reg. 14, f" 73 V. Imho. : Jacobs, n" 376.

328. Jaime I'^'' promet aux Juifs de Poi'piguau de nv pas accorder d(! prorogation d'échéance k leurs débiteurs ou obligés, depuis le 20 sep- tembre 12G5 jusqu'au 29 septembre 1200. - Tarazona, 17 mai 1265.

Reg. 13, r- 270.

329. Jaime Ic" concède aux Juifs de Perpignan relalivemrni au pi-d sur gage le même privilège (|u'au\ Juifs de Barcelone, \illalVanea et Tar- ragone (n» 322). Même date.

1. Is. Loeb a mal inUMprétè ce sauf-.ondiiil. en éniv.int que .. Roiiastrnc aurait été puni d'une amende de .jOO niara\édis ».

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I", PEDRO III ET ALFONSO III 21

330. Jaime I^"" affranchit raljama des Juifs de Lérida de lobligation de payer aux « caslars * » de la ville, en raison de deux quartiers de vache, une redevance annuelle de 40 sous de Jaca. Lérida, 28 mai 1265.

Reir. 13, P 272. Cop. : Collection Bofarull.

331. Jaime P"" donne quittance à l'aljama des Juifs de Lérida du trihut des années 1264, 1265, 1266 et 1267. Lérida, 31 mai 1265.

Reg. li, {""74 V". Ixdiq. : Jacobs. 378.

332. Jaime I^^r affranchit pour deux ans les Juifs de Girone et Besalii des tributs, quêtes, mainlevées ou emprunts. Lérida, 3 juin 1265.

Reg. 14, r 74 V». Indiq. : Jacobs, n" 379.

333. Jaime l" reconnaît devoir à l'aljama des Juifs de Girone et Besah'i 8,000 sous barcelonais, qu'il lui assigne sur les revenus et quêtes de Besalù, d'Osor, de Galdas de Malavella, de Llagostera et de Palau- Sacosta. Même date.

Reg. 14, 74 vo. Indiq, : Jacobs, n" 380.

334. Jaime l^r concède aux Juifs de Girone et de Besalii, relativement au prêt sur gage, le même privilège qu'aux Juifs de Barcelone, Villa- franca et Tarragone (n» 322). Lérida, 4 juin 1265.

Reg. 13, f" 273 v".

335. Jaime !«'" accorde sa rémission, moyennant le paiement de 1.000 sous de Jaca, au Juif Jaflfuda Avinemet, inculpé davoir porté cer- taine accusation contre Bahihen Habinahagaren, adénantade, et contre les tailleurs de l'aljama des Juifs de Lérida. Barbastro, 7 juin 1265.

Reg. 13, f" 274.

336. Jaime 1^'' concède aux Juifs de l'aljama de Lérida le privilège de ne pouvoir être appréhendés, le jour du sabbat ou tout autre jour de fête, eux, leurs femmes ou leurs enfants, pour dettes souscrites au profit de particuliers ou pour non paiement d^exàctions royales; le roi défend, en outre, aux portiers et autres officiers royaux de procéder, comme moyen de contrainte, à la fermeture des portes du call. Lérida, 3 juillet 1265.

Reg. 13, r 275 v".

337. Jaime l*"" accorde son guidage à Açacli Avaxqui, argentier, sous peine pour tout (contrevenant de 100 morabotins d'amende. Lérida, 6 juillet 1265.

Reg. 13, fo 274.

1. En Catalogne, le casllti {cafttellanus) est un officier chargé par un seigneur ou le roi de la garde d'un village fortifié {caslell).

22 REVU!-: DES ÉTUDES JUIVES

338. Jaime I^"" affranchit Me Abraam de ïudèle et Açach, son gendre, pour dix ans, de tout impôt royal, les absolvant, par avance, eux et leurs biens, de toute « alatnna, tacana, lioroni >■ ' que les Juifs de Barcelone pourraient leur infliger à l'avenir. Lérida, 8 juillet 1265.

Reg. 13, 1" 2"o.

339. Jaime I^"" accorde sa réuîission à Berengario Durand, marchand de Tiirone, (jui s'est rendu coupable de parjure en entrant dans une maison juive, après avoir juré aux Frères Prèclieurs de ne plus fréquenter- la société d'aucun Juif, et aussi, en soutenant que certain Juif de la ville avait payé comptant quelques deniers à un portier royal; le roi dis- pense ledit marchand de sculpter la statue de bois qu'il est tenu de faire par ordre de V\\ Pr. de Gaderita pour l'église Santa Maria. Montpellier, 7 août 1265.

Reg. 13, P 270 v".

340. L'infant don Pedro se reconnaît débiteur à Astrug Havaya, Juif de Girone, de 1360 sous barcelonais, (|u'il lui assigne sur les revenus de Caldas de Malavella et de lilagostera. Girone, 5 octobre 1265.

Reg. 17, f" 83 V". Indiq. : Jacobs, n" 490.

341. I). Pedro reconnaît devoii- à Astrug Jacob Xixo, Juif de Torlose et bail(^ royal, 2767 sous de Jaca, qu'il lui assigne sur la table de Valence. Valence, 5 novembre 1265.

Reg. 17, fo 3i V.

342. ~ Jaime I^^ engage à linfant don Pedro, pour l'indemniser des dépenses par lui faites à la frontière de Murcie, la bailie de Barcelone, le tribut des Juifs de cette ville, la bailie de Lérida et le tribut des Juifs de Lérida. Même date.

Reg. 13, 284 v"^ et Rog. 17, f" S2 v".

343. Jaime P"" concède aux habitants de Perpignan (ju'a l'avenir, tout Juif ou Juive qui recevra eu gage un objet volé appartenant a iiu chrétien, ou bien engagé sans le consentement du propriétaire, sera tenu de déclarer, enjcas de réclamation, le nom de la personne <(ui lui aura remis ledit objet en gage; s'il ne peut pas faire cette déclaration, l'objet engagé sera restitué à son légitime propriétaire sans indemnité; s'il désigne [la personne (jui lui a remis le gage et s'il est prouvé que cette personne n'y a [aucun droit, le gage sera rendu au propriétaire, qui devra retnbourser au créancier la somme prêtée sur ledit gage, mais seulement le capital, pourvu, toutefois, (jue l'objet ait été engagé secrè- tement et k l'insu du propriétaire. Murcie, 5 février 1265/6.

1. LV//a///m corrospoiul à rexroniiniUHcalinn tatli(ili(|ni', le hrron à l'iiitiMilit. La Idviina est un n;i:leint'iit d<^ police ou iradminislialioii.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I"', PEDRO 111 ET ALFONSO III 23

Indio. : Alart, Privilèges et titres de Roiissillon, p. 276 (d'après Arch . mun. de Perp., Livre vert mineur, T 23); Vidal, Juifsjde Roussillon, p. 11 (d'après même source); Brutails, Populations rurales du Roussitlon, p. 15 n. 6 (d'après même source). '

344. Jaime P'' assigne à un habitant de Saragosse une créance de 2.200 sous de Jaca, valeur reçue en froment, sur les aljamas des .Juifs d'Aragon, et spécialement, de Saragosse, Daroca et Calatayud. Tortose, 26 avril 1266.

Reg. lo, fo 14.

345. .faime l^"" concède à Azim Mardofay, Juif de Tortose, le four royal de Peniscola, ainsi que la maison se trouve ledit four, à charge d'un cens annuel, payable au i^'" janvier, de 10 masmondines d'or, bonnes, « jucefias' » et de poids juste, avec le droit de disposer dudit four par donation, vente, engagement et autres modes d'aliénation, à la réserve des droits de retrait [fatiga), de lods et de cens, enfin, avec le monopole de la cuisson du pain dans l'enceinte de Peniscola, dont les habitants devront continuer à faire cuire leur pain à l'unique four du lieu, sans pouvoir en faire construire d'autre. Tortose, 27 avril 1266.

Reg. 15, 13 y". Cop. : Perg. de Jaime 1*% n" 1840 (copie du 25 mai 1278V, Collection Bofarull.

346. Jaime P"" accorde son guidage, sous peine pour tout contre- venant de 1.000 morabotins d'amende, à Astruc Jacob Xixô et à sa famille, qu'il affranchit, lui et ses biens, dans toute l'étendue du royaume, des péages, leudes, pesages, mesurages, quêtes, tailles, « bovalage, monedage * », osts et chevauchées, et autres services ou redevances, avec défense à toute aljama juive de les imposer en les menaçant de l'herem ou du « malsenuth ^ ». Même date.

Reg. 15, 13 v". —Cop. : Collection Bofarull. Indio. : Jacobs, 405.

347. Jaime l^"" assigne à l'un de ses créanciers 1.040 sous de Jaca sur les aljamas d'Aragon et, spécialement, sur celle d'Alagon. Tortose, 29 avril 1266.

Reg. 14, li V".

348. Jaime l^r consacre les revenus tirés par la ville de Saragosse des bains juifs, pendant deux ans, à partir du 1" mai 1260, à la construc- tion d'un grand pont sur lEbre. Lérida, 16 mai 1266.

1. La jucpfia est la yusofm, monnaie d'or frappée par le sultan almoliade Abu Yacûb Yusof (1182-1184).

2. D'après Du Cange, le monetaticum désigne en Aragon un impût de 12 deniers par livre perçu sur les biens meubles, le bovufjium {boalage) un impôt payé par paire de bœufs.

3. Lq malsenuth était la peine appliquée au dénonciateur calomnieux.

24 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

Inuiq. : KayserliiiLs Les Juifs ù Saragosse, dans H. E. ./.. t. XXVllI (1894), p. HC (d'après Art. de ayuntamiento Pet. 1, 3, 2»i, dat. I.érida, 16 dt^ mayo de I2t)6).

349. .laime I^'*, à la requête de Samuel, gendre de feu Culema de Daroca, Juif do Monzon, qui lui a exposé que son beau-père n'avait pu, de son vivant, se faire rembourser ses créances, et qu'a son tour, lui- même était sur le point de les perdre, attendu qu'elles allaient se pres- crire par vingt ans, mande à ses agents de contraindre les débiteurs de Samuel à s'acquitter de leurs obligations. Lérida. 25 mai 1266.

Reg. 14, i" 1.32 v».

350. Jaime I^"" fait lemise à Taljama des Juifs de Saragosse de 2.000 sous de Jaca sur les 10.000 de leur tribut annuel. Même date.

Reg. 14, 133. INDIQ. : Jacobs, ii" 398.

351. Jaime 1<"" ratifie la reddition de comptes présentée par Vidal Astruch, Juif de Perpignan. Barcelone, 21 juillet 1266.

Reg. lo, f" '25. Lndiq. : Jarobs, n" 40().

352. Jaime K remet à BoUant, Juif de Perpignan, toute peine encourue pour avoir déclaré que le roi et les infants n'auraient pas le pouvoir de faire marier Regina, fille de feu Içach Duret, avec le fils de Mosse Duret. Béziers, 15 octobre 1266.

Rei:. l.i, l" 33 V".

353. Jaime I®"" décrète que tout différend entre Juif et Juif ressortira à la bailie de Barcelone et tout différend entre chrétien et Juif à la vigue- rie. Montpellier, 27 octobre 1266.

Kog. 15, f" 33 v°.

354. Jaime I"" accorde sa rémission, après enquête, à Jabuda de Cavalleria, baile royal, faussement accusé de cacher dans sa maison, entre les pages d'un livre, une croix de cuivre et un crucifix, dont se seraient moqués certains affirmaient l'avoir vu sa femme, sa fille, son gendre Astrug d'en Bonsenyor et autres personnes de la maison. Montpellier, 17 décembre 1266.

Reg. l;i, f ' 36 v°. Cor. : Collection Bofanill. Indiq. : Jacobs, n" '»08.

356. Jaiine 1" donne plein pouvoir aux secrétaires de Taljama des Juifs de Barcelone de lancer l'interdit ou alatma sur tous les Juifs de la collecte, de les faire exécuter et, au besoin, de leur inflii^^er une peine pour les contraindre au paiement de la quête royale; et il mande a leur chapelain [rnppellmio) de lancer, quand il en sera requis par les secré- taires, l'interdit ou excommunication, en hébreu « niduy », ou toute autre peine décrétée par lesdits secrétaires contre les Juifs récalcitrants, à la réserve que la peine sera appliquée par le baile royal. Même date.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME l^S PEDRO 111 ET ALFONSO III 25

Présenté à Jaime II par les délégués de Faljama des Juifs de Barcelone, l'acte de Jaime I^', dont le sceau s'effritait de vétusté, fut repris et lacéré par la chancellerie royale, qui en fit, renouveler la teneur. Valence, 15 janvier 1320/1.

Reg. 219, f 208 r" et v",

356. Jaime 1er règle de la manière suivante la procédure applicable à tous les Juifs domiciliés dans sa juiverie de Montpellier : 1<> Avant le prononcé d'un jugement contre un Juif, le baile lui accordera un délai de quatre jours, pour lui permettre de se concerter avec des hommes de loi; le baile, assisté de deux jurisconsultes expérimentés et loyaux, .ne pourra infliger la question qu'après avoir entendu les arguments allégués par le Juif et la défense présentée par son avoué, et seulement au cas les besoins de la cause l'exigeront; toute enquête contre un Juif doit être faite par le baile de la cour royale de Montpellier; pour être valable, l'information devra se faire en présence de l'accusateur ou dénonciateur, dont le nom sera inscrit en tête de l'enquête; les accu- sateurs ou dénonciateurs seront tenus de présenter au baile deux répon- dants bons et solvables; Q^ à défaut de preuves, l'accusateur encourra la peine du talion, ou dans le cas elle ne lui sera pas applicable, une forte amende; il sera délivré au Juif une copie de l'acte d'accusation mentionnant les noms de Taccusateur et des répondants, et il lui sera loisible d'en délibérer avec des gens de loi ; 8^ aucun Juif ne pourra être détenu pour dette ou crime, à moins qu'il ne soit passible de la peine capitale, s'il fournit des répondants à la cour; le baile de Montpellier sera tenu de jurer chaque année d'observer les dispositions ci-dessus; lOo les curiales et autres qui les enfreindront seront réputés infâmes et privés à jamais d'honneur et de dignité. Montpellier, 1^' février 1266/7.

Reg. 15, f*» 42 v°-43 et 45. Cop. : Collection BofaruU. Publ. : Kahn, Juifs de Montpellier, dans R. Ë. ,L, t. XIX (1889), pp. 270-271 (d'après Arch. mun. de Muntp., cassettes de Louvet, D XX, n" 4 : vidimus délivré, le 2 avril 1269, par Laurent Miquel, notaire, sur les instances de Ferrie r Bonafos, syndic de la communauté juive de Montpellier). Indiq. : Kahn, ibicL, pp. 262-263; Jacobs, 409; Castets et Berthelé, Archives de la ville de Montpellier, Montpellier, in-4°, t. I (1885), p. 142, 1934.

357. Jaime I^"" autorise l'aljama des Juifs de Barcelone à surélever et réparer leur synagogue. Barcelone, 24 mars 1266/7.

Reg. 15, f" 50. Cop. : Collection BofaruU. I.ndiq. : Jacobs, n" 410,

358. Jaime I'^' fait restituer à Nastruc, Juif, une charte mauresque que ce dernier a apportée à la chancellerie royale et (ju'il déclare avoir dressée par ordre du roi, charte écrite sur papier, scellée d'un sceau coupée et contenant des conventions passées entre le roi et l'alcaide Mafumet relativement à plusieurs châteaux, entre autres a celui que ledit Mafumet tenait du roi. [Barcelone], 29 mars lî67.

Reg. 15, 87 v». Cop. : Collection Boiarull.

26 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

359. Jaiine I«^ considérant que la Loi des Juifs tolère la polygamie et léj^itime les enfants qui en naissent, autorise Belshom, (ils dt» Hona- naseli de FJesali'i et de feu Honatilla, cette dernière tille de Jucef, fils d'içach de Barcelone, à recueillir ce qui lui revient de la succession de son père; et ponr renforcer le droit de l'orphelin, le roi le légitime à son tour. Barcelone, l-^"^ avril 1267.

Rpg. 15, i'"" 64 v"6."». Coi'. ; Collection l'.ofnnill.

360. Jaime i*^"" certitie exact le comj)te présenté par le Juif l>en\e- nist de Porta, baile de Barcelone. Barcelone, 8 avril 1267.

Ileg. 15, f»» ;J2 v-oS.

361. Jaime P"" permet aux Juifs de Montpellier daciieter dans la partie royale de la ville des maisons ils puissent faire dresser à leurs frais un étal destiné à recevoir leurs viandes, à charge pour ledit étal d'un cens annuel de CO sous, exigible à la Noël. Hiiesca, 8 juin 1267.

Reg. 15, f 55 v". Indiq. : Germain, Histoire de la commune de Montpel- lier, t. II, p. 31 (sans indication de source]; Kaliti. ?// si/pra, p. 265 ^d'après Arch. de .Monti)., Pelit thalamus, i" 166).

362. Jaime 1^»^ accorde sa rémission à Samuel Passarell, à ses fils, Mosse et Jahuda, à son gendre Mosse Sadoch, pour le procès que la justice d'Aragon allait leur intenter. Saragosse, 28 juin 1267.

Reg, 15, f 58. 1ni>I(.>. : Jacobs, n" 411.

363. Jaime I" concède à titre d'héritage propre, franc et libre ii Jacob Albala, Juif d'Alagon, une terre en friche iscnlium') ou patii sise hors des murs de la ville, confrontant le mur d'enceinte, une tour, le fossé (v(iU) et une terre également en friche, avec l'autorisation d'ou- vrir une porte dans le mur de la ville pour lui permettre de se rendre de ses maisons, qui sont adossées au mur, dans le dit patu, mais à charge de ré{)arer la partie du mui- d'enceinte qui confronte ses maisons. Saragosse, 30 juin 1267.

Roi:. 15, 1" 59. Cor. : Colh^ctiun Bofarull.

364. Jaime I»"" accorde sa rémission à tous les Juifs de Montpellier (]ui ont transféré leur domicile dans sajuiverie.— Barcelone, 11 août 1267.

Reg. 15, 1"64 V"- Coi'. : ('-(diection Holarull. iMun. : .I.i(ol)S, n" llii.

365. Jaime h^ remet toute poursuite à Astrug, Juif de Montpellier, fils de feu Vidal de Carcassonne, (pii a transféré son domicile dans la juiverie royale. Même date.

Reg. 15, t" 64 V". (".op. : Collection liofanill. lM>in. : Jacobs, ii" 413.

1. Escatiu (casl.): friche, terre sans culture.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME 1"', PEDRO III ET ALFONSO III 27

366. _ Jaiine P'' affranchit tons les Juifs de la jiiiverie épiscopale de Montpellier qui ont transféré leur domicile dans la juiverie royale, pen- dant cinq années consécutives, de la redevance annuelle de 20 sous qu'il percevait sur chaque maison de sa juiverie. Même date.

Reg. 15, 64 v°. Cop. : Collection Bofarull. Ixdiq. : Jacobs, 'fl'i.

367. Jaimc 1'^'' assigne au Juif Vives le premier tiers des 1000 sous prêtés par ce dernier à l'infant don Pedro. 13 août 1267.

Reg. 17, f" 23. Indiq. : Jacobs, n" 485.

368. L'infant don Pedro reconnaît devoir 1000 sous au Juif Vives. Valence, l^r septembre 1267.

Reg. n,P 22 v°.

369.— Jaime I*"" concède à Muça, fils d'Açah de la Portella, le privilège de ne contribuer que pour la cinquième partie aux impôts qui seront exigés à l'avenir de raljama de Tarazona. Tarazona, 26 octobre 1267.

Reg. 15, 70 v". Indiq. : Jacobs, 415.

370. Jaime I^"" fait remise à l'aljama des Juifs de Tarazona pour la durée de trois ans de 200 sous de Jaca sur les 900, montant de leur tril)ut annuel. Tarazona, 8 novembre 1267.

Reg. 15, 70 v°. Indiq. : Jacobs, 416. .

371. Jaime I"" donne quittance à l'aljama des Juifs de Tarazona de 700 sous de Jaca pour le tribut de l'année 1268. Tarazona, 9 novembre 1267.

Reg. 15, 70 v".

372. L'infant don Pedro reconnaît devoir à Jucef, fils d'Astrug Havaya, Juif de Girone, la somme de 5360 sous, pour laquelle il lui engage la bailie, cour et sergenterie {sajoniam) de (iirbne, ainsi que le tribut des Juifs de Girone et Besaliï : et il lui concède d'y prélever chaque année une rémunération de 800 sous. Perelada, 21 novembre 1267.

Reg. 17, fo 62. Indiq. : Jacobs, n" 486.

373. D. Pedro se reconnaît débiteur à Âstrug Ravaya de 24.000 sous barcelonais de tern, qu'il lui assigne sur les revenus, cens et tributs de Girone. Même date.

Reg. 77, G2. Ind(q. : Jacobs, ii" 487.

374. D. Pedro reconnaît avoir reçu en prêt de Benvcnist de Porta, Juif de Barcelone, un roussin qu'il promet de remettre au fils de celui-ci, et pour lequel il lui assignera 500 sous sur le tribut di!s Juifs de Giroiu'. Barcelone, 1" février 1267/8.

Reg. 28, 29 v°. Indiq, : Jacobs, 681.

28 RKVUE DES ÉTUDES JUIVES

375. D. Pedro reconnaît devoir au Juif Miisrheto Mardofay, lieute- nant d'Astrng Jacob Sixo, baile de Burriana, pour fourniture du pain consoiumc pai' l'infant à Oroposa 00 sous, 't deniers, quil lui assigne sur la bailie de Burriana. Burriana, 18 février 1267 8.

Reg. 17. f 107 V. I\i>io. : .lacobs, ii" 4%.

376. Jairne I"'" accorde son guidage à Aczmel Avencznnana, Juif de Jâtiva, sous peine pour tout contrevenant de 200 rnorabotins d'amende et autorise la femme dudit Aczmel à revêtir des vêtements de n'importe quelle étoffe {panjw , excepf('' j presseto ', nibeo '«. Valence, 25 avril 1268.

Ilrir. l;i, r 95 V«. Coi'. : Collrrliun lÎMlaïuil.

377. Jaime I^"" mande aux ofticiers du cbàleau et au conseil de Jâtiva de protéger les Juifs de cette ville, leurs maisons et leurs biens, particu- lièrement le vendredi saint, de faire fermer la tour attenante au cimetière juif, près de l'échelle appliquée contre le mur d' Algesna^ », de manière à empêcher que de ladite tour des pierres ne soient lancées sur les maisons des Juifs ; de faire placei-, en outre, à la porte d' Algesna » le vendredi saint, tous les ans, après la célébration de la messe, un homme, chargé de garder la porte, de (Crainte que (luelqu'enfant ou autre ne pénètre dans r « Algesna » pour faire subir des dommages aux maisons juives. Même date.

Reir. 15, P 9o v«.— f-oi». : Collection Bofanill. lNr)in : Jaool)s. 417.

378. Jaime U' concède à l'aljama des Juifs de Lérida que ceux qui seront choisis par les adénantades pour faire la taille (répartition) du tribut devront y procéder selon la manière accoutumée. Valence. 1«' mai 1268.

Rcj,'. 15, f" 90 v°. Cop. : Colh^ctioii Hofarull. 1m>iu. : Jacobs, ii" 418.

379. Jaime 1°'" dispense Taljama des Juifs de l.érida de participer au « commun » et au serment des Juifs de Saragosse ou de quebjue autre ville d'Aragon; il l'autorise, en outre, à envoyer ses délégués au « commun » des Juifs de Catalogne, chargé de la répartition des iiO.OOO sous (jue les Juifs catalans doivent payer au roi pour le tribut. Même date.

Wv'j:. i:;, f" 96 V". 1m. lu. : Jacobs, ii" il!».

380. Jaime I*"" mande aux Juifs créanciers du monastère de Cor- neilla, sous peine de 100 morabotins damendc, de donner (juittance par acte public, toutes les fois qu'ils recevront en paiement des sommes de l'abbaye, et de ne pas en exiger plus de 4 deniers pour livre d'intérêt. Huesca, 23 mai 1268.

1. Kn catalan, ;)ré'.se/ siirnifie t'carlatr

2. EtollV blanrbc comnip la neisîP(?).

:}. Alf/rsmi, nint (roriL-'ini' arabt\ siL'nifiaiil |ilàtri«'n\

CATALOGUE UES ACTES DE JAIME TS PEDKO 111 ET ALFONSU III 29

Reg. 15, f"^ 102 V" et 103 : double enreuistreiuent. - Coi>. : Golleclioii Bofa- rull. Indiq. : Jacobs, ii" 420.

381. Jaime I""" donne plein pouvoir à Jahiida Albanca, Juif, et à ses deux gendres, Junez Abnaxach et Içacb Abrafona, de sortir de la ville et territoire de Monzon, avec leurs biens, leurs familles et leurs titres de créance, pour aller s'établir à Barbastro ou dans une autre cité du royaume, et leur accorde son guidage, sous peine de 300 morabotins d'amende. Lérida, 28 juin 1268.

Rcï. i:j, t" 109 V". Coi'. : Cullectioii Bofarull. Inoio. : Jacobs, n" 421.

382. Jaime l*^"" confirme à Mosse Abenbivag, Juif de Lérida, sa vie durant) la sous-bailie de Lérida, l'allocation de 200 sous que le roi lui a permis de prélever pour sa peine sur les revenus royaux de Lérida, enfin, a concession viagère du poids de cette ville, fonction pour laquelle il l'autorise à se faire suppléer par un peseur. Lérida, 17 août 1268.

Reg. 1."), f" 114 v". Cop. : Collection Bofarull. Ixdkj. : Jacobs, n" 422.

383. Jaime I'^'" reconnaît que Jafuda de la Cavaleria, Astruch Zaporta, Azmel Abenvenist de Torela, Mosse SuUam, Parfait de Zareal et Jamila, veuve de Benvenist de Porta, ont été nommés exécuteurs testamentaires dudit Benvenist, conformément à la coutume des Juifs, par le testament de Benvenist écrit en hébreu; et il les dispense de Tobligation de produire à l'avenir l'inventaire dans un procès ou dans toute autre circonstance. Villafpanca del Panades, 3 septembre 1268.

Reg. 15, 116 V".

384. Jaime I"^'' examine un différend survenu entre Salamon d'en Adret, Juif, tuteur de Belshom, Juif, fils de Bonanascb, Juif de Besalû, demandeur, et Mosse Sulam, Samuel Sulam, Hizmacl de Tudèle, Parfait de Zareal, Juifs, exécuteurs testamentaires de Benvenist de Porta, Juif de Villafranca, défendeurs : Salamon d'en Adret soutient (jue le père de son pupille est mort intestat, en laissant deux enfants Sarra et Belshom, qu'une partie de ses biens est revenue à Sarra et une autre partie à Ben- venist Zaporta, Juif de Villafranca,. qui est mort en se constituant pour héritier son fils Vidal, et pour ses exécuteurs Jahuda de Cavaleria, Mosse SuUam, Parfait de Zareyal, Hismaël, sji veuve Samuela, sa fille, Astrug de Porta, son frère; les dits exécuteurs détiennent les biens de Benvenist et ceux d'en Bonanas^h, son héritier; Salamon d'en Adret réclame pour son pupille les biens de Bonanascb, et, notamment, une somme de 4.800 mo- rabotins donnée audit Bonanascb par son père à Valence; le roi, considé- rant que ledit Bonanascb est mort testât, puiscjue les (kîfendeurs produi- sent le testament par lequel il a institué héritièie sa filie San-a, se prononce en faveur des exécuteurs testamentaires. Maison des Frères Prêcheurs de Barcelone, 3 septembre 1268.

Reg. 15, f" in 1" et v».

30 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

385. Jaime I" fait remise à Taljama des Juifs dAlagon de 100 sons par au sur les 1.000 sous, montant de leur tribut. Cervera, 18 octobre 1268.

l\(tz. l.i, f" 1-20 V". - Cul-. : Collection Dolaruli. Indjo. : Jacobs, 423.

386. Jaime I*"" déclare que les Juifs de Barcelone ne sont pas tenus d'écouter les sermons de (luelcpie Frère Prêcheur, Mineur ou autre en dehors des rues judaïques, (|ue personne n'a le droit de les y contraindre, attendu que dans les prédications (ju'ils allaient écouter hors de leur quartier, les chi'étien?^ leur faisaient subir des avanies, et, enfin, que si les dits Frères veulent venir prêcher dans les synagogues, ils ne s'y pré- sentent pas accompagnés d'une foule de chrétiens, mais seulement de dix prud'hommes. Cervera, 25 octobre 1268

Rég. i:i, rM22 V". Coi'. : Colloctioii Hofanill. Im.io. : Jacobs, ii° 424.

387. Jaime I""" dispense les Juifs de l'aljama de Barcelone de l'obli- gation de répondre à ceux (pii affirment ([ue leurs livres contiennent des propositions contre la foi chrétienne, à moins qu'elles ne soient inju- rieuses (desorirries) pour le Christ, la Vierge ou les saints. Même date.

Reg. lo, l!22v''. Coi'. : Collection Bofarull. Inkio. : Jacobs, 42;i.

388. Jaime I^"^ permet aux mômes de continuer k acheter aux chré- tiens des victuailles et à vendre dans les lieux accoutumés les viandes des animaux égorgés judaïquement duns lajuiverie. Même date.

Reg. l'i, f" 122 v". Cop. : Collection Hoiarull. I.NDin. : Jacoi>s : n"426.

389. Jaime I""" confirme aux mêmes la possession perpétuelle de leurs synagogues, le droit de l'aménager [aptare) toutes les fois qu'il en est besoin, et le privilège de ne changer de cimetière (pie de leur pleine volonté. Même date.

Reg. i:i, f 12'J. —Cor. : Collection Bolarnll.

390. Jaiiiic h' dispense tous les Juifs et toulcslcs Juives de l'aljama de Barcelone du port de la louc ou de toiil autre signe distinctif placé sur la tète ou (luehiu'auliT partie du corps, à lexception des capes rondes {râpas rotunddS) qu'ils continueront à porter {-n ville .par vilas], mais (lu'ils pourront remplacer, quand ils en sortiront à cheval ou à pied, par une cape pluviale à manches [nim imniicis) ou par toul autre vêtement pluvial; le roi dispense même du port de la cape ronde les Juifs ((ui font partie de sa suite ou de celle des infants, ou (pii remplissent des fonctions royales. Même date.

Reg. lii, 123. Cor. : Collection Borarull. iNUiy. : Jacobs, 427.

391. Jaime I<^'' autorise les mêmes à recevoir de leurs débiteurs 4 deniers pour livre par mois d'intérêt, à vendre, exploiter, acheter avec

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME P", PEDRO III ET ALFOiNSO III 31

les chrétiens, et confirme toutes leurs dettes, pourvu qu'elles aient été souscrites au taux légal. Même date.

Rég. 15, 123. Cop. : Collection Bofarull. Indio. : Jacobs, n" 428.

392. Jaime P"" accorde à l'aljama juive de (iirone les mêmes privi- lèges qu'à celle de Barcelone (Voy. n°s386 à 391). Même date.

Reg. iJi, f" 123. Cop. : Collection Bofarull. Lvnio. : Jacobs, n" 429.

393. Jaime P"" assigne à l'aljama des Juifs de Girone et de Besali'i sur les revenus de la bailie de Besalû les 1.000 sous barcelonais qu'il lui doit ; et il nomme Jucef, fils d'Astrug Uavaya, baile de Besalû, avec mission d'en percevoir les revenus jusqu'à complet remboursement de la créance de l'aljama et aussi jusqu'à ce qu'Astrug Ravaya, Juif de Girone, ait recouvré les 2.300 sous qu'il a prêtés au roi. Même date.

Reg. lu, f" 123 V". Cop. : Collection Bofarull. Ixdiq. : Jacobs, n" 430.

394. Jaime I^*" accorde à l'aljama des Juifs de Perpignan les mêmes privilèges qu'aux Juifs de Barcelone et les autorise, en outre, à construire une synagogue (Voy. n^^ 386 à 301). Même date.

Reg. \o, 123 v°. —Cor. : Collection Bofarull. Indkj. : Jacobs, 431.

395. Jaime I*''" accorde à ses Juifs de Montpellier les mêmes privi- lèges qu'aux Juifs de Barcelone (voy. n^' 386 à 391), en spécifiant que tous les signes portés par les Juifs de la juiverie épiscopale seront égale- ment portés par les Juifs de la juiverie royale; mais si les Juifs épisco- paux portent des signes plus infamants que ceux des Juifs de la couronne, les Juifs royaux de Montpellier porteront alors les mêmes signes que les autres Juifs du royaume. Même date.

Reg. 15, 123 v°. Cor. : Collection Bofarull. Indio. : Jacobs, 431.

396. Jaime l^r, ayant appris que le baile et les autres membres de la cour de Montpellier, au mépris du privilège portant qu'une enquête ne peut être faite contre les Juifs royaux de ladite ville, à moins qu'ils n'aient été l'objet d'une accusation ou dénonciation formelle, procèdent à des informations contre lesdits Juifs, sous prétexte de faits délictueux parve- nus à leurs oreilles, mande auxcuriales de se conformer aux dispositions du privilège qu'il a précédemment accordé à ses Juifs de Montpellier. (Voy. 356.) Même date.

Reg. 15, P 124. Cor. : Collection Bofarull. Puhl. : Kahn, Jui/s tle Monfpellier, ddixs R. E. ./., t. \IX (1889K pp- 271-272 (d'après ArcU. muii. .le Montp., cassettes de Louvet D XX, n" 4 : vidimus délivré, le 2 avril 12()9, |)ar Laurent Mi(|u<'l, iiutairc, à la requête de Ferrier Bonafos, syndic de la commu- nauté juive (le .Montpellier). Indio. : Ivalin, ih'uL, p. 263; Jacobs, n" 432.

397. Jaime l*""^ nomme Mosse de Lunel et Abraam do Lodève procu- reurs des Juifs de Montpellier, avec mission de recueiliii- les revenus de

32 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

rAumône de la jiiiverie royale, et notamment de Taumône dite « Hélides ». Même date.

lU'g. l'j, f" 124. Coi'. : Collection Doiaiull. Im»i<j. : Jacobs, ii" i'ô'.l.

398. Jairne 1°' autorise Taljama des Juifs royaux de Montpellier k lancer, chaque mois, Talatma ou hereui sur les taux accusateurs et les taux témoins. Même date.

Ut'if. l'i, 1" 124. Cor. : Collection Bofariill. hhig. : Jacobs, VM.

399. laiuie l""" ratifie la reddition de comptes ([ui lui a été faite k Cervera par les aljamas des Juifs de Barcelone, Villafranca del Panades, Tarragone, et leurs délégués, Honjues Salamô, Samuel Cap, Juifs barce- lonais, relativement k la (fuête du tribut des treize derniers semestres, dont le montant s'est élevé par an k 21.250 sous barcelonais et au total k 116.875 sous; au règlement de comptes, le roi se trouve dél)iteur k l'égard des communautés susdites de 134.567 sous, soit 17.690 sous barcelonais de tern, plus de 10.000 sous de tern quelles lui ont prêté en vue de l'expé- dition dirigée contre le comte de Foix et H. de Cardona, plus enfin de 100 morabotins ulfonsins, le tout assigné sur le tribut de la Noël. Même date.

]\g'j:. lu, f" 124 v"-12;j V", Cor. : Collection Bofarull. iNDig. : Jacobs, II" 434 a.

400. Jaiu)e I®"" accorde k Taljama des Juifs de la ville et collecte de Lérida, les mêmes privilèges qu'aux Juifs de Barcelone (voy. n°» 386 k 381» et 391) ; le roi autorise, de plus, les Juifs de Lérida k exercer la profession de courtier. Lérida, 9 novembre 1268.

Cor. : .Vieil. dArag., l'arcli. de Jaiine l'\ ii" lO.i.J. lr,iiiscri|itinii not.niee du 10 juillet 1306. P[J»L. : Docuniefifos inc'di/os, t. VI, pp. 110-172, Indiq. : Aniador de los Rios, t. I, p. 427, n. 2; V. «le HalaLMier ', Hisloria de <\ilalxuia, Ma<ln<l, I8S.O-18S7, H vol. in-8". t. IV, pp. 370-372 traduction espagnole de l'acte latin); Lea, IiKiuisilion of Sjiain, t. I, p. 92,

401, Jaime I^' abaisse pour un délai de trois ans a 400 sous de Jaca le tribut (juc doit lui payer l'aljama des Juifs de Montclus, Calatayud. 8 décembre 1268.

Ilei:. l.'i, f" 12'.> V". Coi-, : Cdllcctinn lîofarull. Inoim. : Jacobs, n" 43.'j.

402, Jaiuu; l""" fait remise a l'aljaiua des Juifs d'Alagou de 100 sous sur les 900 du tribut armuel. Calatayud, 10 décembre 1268.

Hcir. 1o, f" 130. Coi*. : Collection Ildrainll. Inouj. : Jacobs, n" 43H.

403, Jaime I*^'' assigne a son fils Sant'hu, archevêque de Tolède, la somme de 1.000 sous sur la juiverie de Teruel. 12 janvier 1268 9.

I. C.el ermlil et le précédent donnenl a tort a cet .oie le millésime de 1248.

CATALOGUE DES ACtES DE JAtMÈ 1", PEDRO 111 ET ALFONSO III 33

PuBL. : F. Fernaudez y Gonzalez, Estado social ij poUtico de Los Mude- jares de Castilla, Madrid, 1866, in-4°, p. 362 (d'après Bibl. Nac, Coleccion del P. Burriel, T. Dd. 42, 215).

404. Jaime P' concède à Salano d'en Salries, .Juif de Girone, sa vie durant, la bailie du cercle [rodonum^] de Besalû et de Banolas, avec le pouvoir d'assembler ledit cercle et de prélever pour ses dépenses person- nelles la treizième partie de la recette. Barcelone, 12 mars 1268/9.

Reg. 16, 143 v«.

405. Linfant don Pedro affranchit du tribut ou peite les Juifs con- tribuant à la quête de Girone et Besalû qui viendront peupler Figueras, la cinquième année qui suivra leur transfert; pendant les cinq pre- mières années, le tribut sera le même à Figueras qu'à Girone et Besalû. Même date.

Reg. 17, f" 103. Cop. : Collection BofaruU. Indiq. : Jacobs, n" 495.

406. Jaime 1«'', en récompense du subside de 40,000 sous que les Juifs des aljamas de Barcelone, Tarragone et Villafranca del Panades lui ont octroyé pour le passage d'outre-mer, les affranchit pendant trois ans de toute contribution royale, et leur mande, encore une fois, de prélever sur le tribut les 27.690 sous barcelonais et les 100 morabotins qu'ils lui ont prêtés (Voy. 399). Barcelone, 13 mars d 268/9.

Reg. 16, P 144 V". Cop. : Collection BofaruU. iNDiy. : Jacobs, n" 438.

407. L'infant don Pedro fait aux mêmes semblable concession. Même date.

Reg. 28, f" 23.

408. Jaime I''" dispense les Juifs royaux de Montpellier de l'obligation de contribuer avec les habitants de la ville aux taxes communales. Montpellier, 7 avril 1269.

Reg. 16, f' 148 V". Cop. : Collection BofaruU. I.NDiy. : Jacobs, n' 439.

409. Jaime I^" accorde sa rémission k Crescas d'Aix, Juif royal de Montpellier, courtier en étoiles d'écarlate {(jvana) et *< averis de pes» », inculpé d'avoir frappé au visage un sergent <[ui lui avait intimé Tordre de cesser le courtage de lecarlafe et de livrer le vase {vernlcaliun') dans lequel il portait la teintnie. Montpellier, 8 avril 1269.

Reg. 16, V lis V".

1. Ku catalan rodo. Le mot t-aslillan rodon signilit! : corcl(> df peisonncs.

2. En vicnv français, l'expression avoir-de-poids s'appliquait a dos objets <|ui se V(Midaicnt au poids et (|ui étaient eini)loyés, nolaniinent, eoinnio matières colorantes i^Godefnjy, Dicl. de Vanc. lanrjue française, sub uerbo).

3. En catalan, vernigat signifie vase.

T. LXI, 121. 3

34 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

410. ~ Jaiiiie I*^' promet a l'aljama des Juifs de Perpignan, Cerdagne et ConHent de s'abslenir pendant trois ans d'accoider des prorogations d'écliéaiice à hnirs débiteurs, sauf a ceux qui le suivront dans les parties d'outre-mer. Perpignan, 15 avril 1269.

Reg. 10, fo 157 V". Cop. : Collection Bofarull. I.ndiu. ; Jacubs, u" 444.

411. Jaiuie l*"" permet a l'aljama des Juifs de Uirone et Besahï d'exiger en justice le remboursement des créances, quand la somme des intérêts produits aura atteint le chittredu capital. Girone, 19 avril 1269.

lleir. IG, f" lr>2. I.ndiq. : Jacobs, u" 4"Ji.

412. Jaime l'^'", considérant que les Juifs de (iirono et de Hesah'i sont en butte aux. tracasseries incessantes des chrétiens <jui habitent avec eux et, en particulier, à celles des gens de la maison l'oyale ([ui ré(iuisitionnent les ustensiles et les dva^s {superlectilia cl pannos) desdits Juifs, les dis- pensé de robligafibii de dorinèi* rhospitalilé aux chrétiens et fournir des draps à toutes les pei'sonnes de sa suite, k la réserve, toutefois, (ju'ils seront tenus de prêter les draps nécessaires à dix lits pour la chambre royale, toutes les fois que le rôî séjournera à Girone. Même date.

Reg. 16, f" 152 \\

413. Jaime b' alfranchlL les Juifs da dirone et de Hesaiu, a partir de Pà(iu('s, pour trois ans, de toute coritiihiition royale, le tribut excepté, en récompclisc des lO.OOO sous bairclonais qu'ils lui ont octroyés pour le passage d'outre-mer. Même date.

Hoir. Ui, t" 153. Cop. : Collcctiou Bofarull. I.Mtio. : Jacuhs, ii» 442.

414. Jaime 1*"" pi'omet aux Juifs de tlirone et de liesalu de s'absltiiii- pendant trois ans d'accorder des prorogations d'échéance ii leurs débi- teurs, sauf à ceux «jui raccompagneront aux parties d'oulre-mer. Même date.

Reg. Kl, 1" 153. l.Nhig. : Jacobs, u" 443.

415. Jaime I"'', considérant (|ue les Juifs de Perpignan se livrent activement au négoce, ce qui les oblige à sortir de la ville et à voyager dans tous les lieux du lloussillon, de la Cerdagne et dul-onflent, les dis- pense de l'obligation de payer, pour leurs montuies, dans les lieux ils passeront, aucun droit de péage ou de leude. Barcelone, 22 avril 1269.

Reg. Ki, f" 157 v". Cop. : Collorlion RoLmili. Im.im. : Jatubs, u" »i7.

416. Jaime 1^' concède aux Juifs tb' Perpignan que les contrais de prêt ne mentioimant pas le motif de l'euipiiint soient valables ({uaud même en justice ou (^i dehors ; (jue dans ces contrats ils puissent inséi-er (jue tout leur est a titre de capital ^pru cupiUUi sivc sorte i ; <iue les créanciers puissent faire exécuter leurs débiteurs elles rcponduuts de ces

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME r\ PEDRO III ET ALFONSO III 35

derniers, même s'il s'agit d'hommes de « mansade » ou de « borde * », et quoique le seigneur de mansade n'approuve pas l'obligation laite par ses hommes ou ses garants de biens relevant de sa mansade. Même date.

Reg. 16, f" 158. Coi'. : Collection Bofarull. Ixdiq. : Jacobs, ii° 449.

417. Jaime P' concède à Taljama des Juifs de Perpignan, Cerdagne et Confient le pouvoir de choisir dans son sein deux ou trois prud'hommes chargés de connaître des délits prévus par la charte royale du 9 dé- cembre 1241 (Voy. plus haut 29). Barcelone, 23 avril 1269.

Reg. 16, 158. Coi'. : Collection Bofarull. I.noiq. : Jacobs, n'' 4o0.

418. Jaime I^"^ promet de ne pas accorder de franchise d'impôt aux Juifs habitant ou devant habiter Valence, annule par avance toute exemp- tion qu'il pourrait accorder à l'avenir et autorise l'aljama de cette ville à exconununier et à priver de sépulture dans le cimetière juif tout contri- buabhî qui refuserait de verser sa quote-part en excipant d'une déi'ogation au présent acte. Même date.

Reï, 16, f" lo9. Cor. : Collectiou Bofarull. Lndiq. : Jacobs, 453.

419. Jaime 1^'' mande que s'il arrive que des Juifs de Perpignan, Cerdagne et Confient soient en procès devant une autre cour que celles du baile, du viguier ou de juges royaux, et que l'affaire ne soit pas réglée conformément à la coutume royale dans les quarante jours, passé ce délai, les fonctionnaires royaux devront obliger les défendeius à faire complément de justice aux dits Juifs devant une autre juridiction. Barcelone, 24 avril 1269.

Reg. 16, f" 157. Cop. : Collection Bofarull.

420. Jaime 1"" accorde à l'aljama des Juifs de Perpignan, Cerdagne et Confient la même concession qu'aux Juifs de Girone et de Hesak'i touchant le recouvrement de leurs créances (Voy. plus haut n"4Il). Même date.

Reg. 16, f" 157. Coi'. : Collection Bofarull. I.ndiq. : Jacobs, no 444.

421. Jaime T"* concède à tous les Juifs de Perpignan, Cerdagne et Confient la faculté de jouir de tous les privilèges qu'il a accordés à l'aljama des Juif§ de Barcelone. Même date.

Reg. 16, f" 157 v°. Cor. : Collection Bofarull. IxniQ. : Jacobs, i4.5.

422. Jaime !«■' concède aux mêmes que dans un procès entre clirétiens et Juifs la preuve orale ne soit acquise contre ces derniers que si elle est faite à la fois par un témoin chrétien et un témoin juif, la preuve' écrite, par une charte portant les souscriptions d'un chrétien et d'un Juif. Même date.

Reg. 16, r* 157 v^ Cor. : Colleclion Bofarull.

1. Tenanciers quasi seriâ.

36 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

423. Jaimc I^"" a appris que, comme certains sont obligés à l'égard de Juifs de Perpignan, Ccrdagne on Confient, soit h titre de débiteurs principaux, soit à titre de répondants, sans avoir fait apposer an contrat de prêt les signatures [finnamenla) de leurs femmes, ces dei-nières mettent opposition sur les biens de leurs maris en raison de leur dot ou de leur douaire, quoique ces biens aient une valeur supérieure à leur dot ou à leur douaire; le i-oi mande à ses officiers de procéder à l'esti- mation de la fortune des débiteurs des Juifs, en commençant par les meubles; si le produit de la liquidation des meubles ne suttit pas à indemniser l'épouse, la différence sera prélevée sur la somme réalisée par la liquidation des immeubles du mari ; la femme aura le choix, cepen- dant, de recevoir en paiement des meubles ou des immeubles; les dis- positions ci-dessus ne s'appli([uent (ju aux femmes liabilanf des cités et villes royales ; quant aux autres, elles seront payées exclusivement sur les immeubles, la liquidation des meubles devant sei'vir à désintéresser les Juifs créanciers. Même date.

Rog. 10, 15S \°. C(ji'. : Collt'clioii IJnlarull. Immij. : Jatul»s, n" 4."i|.

424. Jaime I*"" affrancliil l'aljama des Juifs de Valence, pendant (rois ans, a partir de la dernière fête de Pâques, de tout Iriluil. peite, etc., en récompense des 10.000 sous i-éaux de Valence qu'il en a reçus en \ue du passage d'oulre-mer et dont il lui donne ([uittance. Même date.

Heg. !♦), f* liJS v<*. (Jiii'. : Collcchnn liDlanill. Indkj. : Jamlts, n" \'S.

425. Jaime jc^ mande à ses officiers de contraindre tous v{^\\\ <|ui sont obligés pour dettes à r«''gard <les Juifs de Pei'pignan, Cerdagne et Confient, tant débiteurs que répondants, à ac(juilter leurs obligations, nonobstant quelque sursis. Même date.

Reg. 16, r* 159. Cop. : Collection r.of.uiill, Immo. : Ja.ul)s, 4*iJ.

426. Jaime F"" autorise les Juifs de Besalii a fiiiir ciinc leur j^ain. le Vendredi saint, la veille, le jour et le lendemain de Pâques, a l'intérieur de leurs maisons, dans un petit four {furnr/lo], pour la consommation familiale, sans être tenus de rien donner au four royal de Hesalu pour le droit de « fornage », ni de payer quelque amende i>our infraction au statut royal prescrivant de ne faire cuire le paifi (ju'audil four; le roi consent à la dérogation ci-dessus pour éviter aux Juifs les dangiMs aux(|uels ils s'exposeraient eu faisant cuire leur pain au four royal pendant la semaine sainte. Barcelone, 25 avril 1269.

Ucg. It), 1" l.'>'.>. (loi'.: Collection Rot'anill. Imihj. : J.n'obs, n" 452.

427. Jaime I^"" alVrauclnl l'aljama des Juifs de Saragosse, pour la dur<'e d(î trois ans, a partir de la fête de l\\(jues passée, de toute peite, tribut et exaction royale, à l'exception des 2.000 sous melgoriens «ju'elle doit payer cliaque année s*ir le tribut aux exécuteurs testamentaires de

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I•^ PEDRO III ET ALFONSO III 37

l'infante clofia Maria, voulant par cette exemption la récompenser des 20.000 sous de Jaca qu'elle a octroyés au roi pour le passage d'outre-mer. Cervera, 2 mai 1269.

Reg. 16, 161 v°. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 456.

428. Jaime I^"" accorde la même exemption aux Juifs d'Alagon, qui ont fourni 800 sous pour le passage. Huesca, 18 mai 1269.

Reg. 16, P 166. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 45T.

429. Jaime l^r confirme le privilège royal permettant aux Juifs héré- ditaires d'Alagon de peiter avec l'aljama des Juifs de cette ville.— Huesca, 19 mai 1269.

Reg. 16, r 166. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 438.

430. Jaime I^', considérant les nombreux services que lui a rendus son médecin Açach, de Barcelone, affranchit ses pai-ents Perfeyt et Azmel, fils de feu en Abenvenist Avenbenvenist, Juifs de Tudèle, de toute peite, tribut, exaction, et leur accorde sa sauvegarde, sous peine pour tout contrevenant de 4.000 morabotins d'or. Daroca, 12 juin 1269.

Reg, 16, 170 \\ -^ Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, 460.

431. Jaime I" reconnaît devoir à Duena del Cano, Juive, veuve de Samuel de Nagera, et à ses enfants 195 sous de Jaca, reliquat d'une dette de 27") sous qui! avait souscrite par albaran à l'égard de feu son mari et qu'il lui assigne sui- les prochains tributs des Juifs de Téruel. Téruel, 17 juin 1269.

Reg. 16, f" 171 vo.

432. Jaime I^' concède à tous les Juifs de Majorque (Palma) que dans tout procès entre chrétien et Juif la preuve ne puisse être faite par le témoignage d'un chrétien ou d'un Sarrasin, mais par celui d'un chrétien et d'un Juif, ou encore d'un Sarrasin et d'un Juif; il les autorise, en outre, à habiter librement dans leurs maisons de Majorque, sans crainte d'en être expulsés. Valence, 24 juin 1269.

Pl'bl. : Fidel Fita et Llabrés, Judios tnallorquines, dans Boletin de Ma- drid, t. XXXVI (1900), pp. 22-23, n" 7 (d'après nis. Pueyo, 7 et 8).

433. Jaime 1®'' concède aux Juifs de l'aljama de Majorque les privi- lèges suivants: droit d'aciieter des maisons d'habitation (slaticum), des vignes et autres immeubles dans ladite cité et au dehors, et d'habiter h^s maisons achetées ou louées; privilège relatif à la preuve judiciaire (voy. n 422); 3" un Sai-rasin captif ne pourra porlei- témoignage contre un Juif; 4" si (jucibiue Sarrasin, esclave d'un Juif ou de raljauia juiv(\ entre dans une église de la cité ou de l'île de Majorque |M)ur s'y faire baptiser, le baptême ne lui sera pas donné avant l'expiralion du délai pi-escrit, et

38 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

une fois baptiso, le Sarrasin deviendra esclave du roi ; si les Juifs majorquins créanciers ne sont pas loinbonrsés an bont de cinq ans et demi, terme établi par le roi en Catalo^Mie, ils pourront porter plainte à la cour de Majorque, qui les aidera à recouvrer, non pas le capital, mais les intérêts. Majorque, 21 juillet 1269.

PiiHL. : Ibid., p. 23-2j, u" 8 (Ia|)rès ms. Pucyo, f" 6 v"-7).

434. Jainie b' mande aux secrétaires et à raljama de Uairelone de payer k Hérenger de Porta, chanoine de Barcelone, 0.760 sous barcelonais à valoir sur leur jjrocbain triluit. Barcelone, 20 août 1269.

Reg. Iti, 1S7.

435. Jairne I'*' mande à ses viguiers et autres ofticiers de l*ei'|>ii;n;iu qu'en i-écompense des nom])r('u\ et gracieux servi<'es (pie ses lidclcs .luils de Perpignan lui ont rendus et ne cessent de lui rendre, il les a alïVanchis de tout péage ou leude pour leurs personnes et leurs nxmturc.s dans tous les lieux des vigueri(;s royales; le roi prescrit, en conséquence, de resti- tuer aux dits Juifs toutes les sommes perçues ou les saisies faites à leur détriment à l'occasion des Jeudes depuis l'octroi de l'acte d'cxenipliou. Perpignan, 10 octobre 1269.

1*LBL. : Aliirt, \]*rivilf'f/ps cl litres de Roiissilloîi, j». 296 {d'apii-s Arrh. des^Pyr.-Oiiont., Procuracio leal, reir. II, 2.*i). lM»in. : Vidal. Juifs de l{ousfiillon,p. HÎ(d'api«'S inT-mo snnrro).

436. l/infant don Pedro concède à Abraam de la Torre de Har- celone, Juif de Villarreal, moyennant le droit d'entrée en possession de 400 sous barcelonais, et à cbarge d'un cens de 200 sous barcelonais de tern, i)ayables chaque année à la Noi'l. une maison d'habitation [Stadium) sise à Villarreal avec le « casai » y attenant avec les « sutferimenlis », les tables, les bancs de piei're [pedrissis^), les « embaranis », les fenêtres, les rez-de-chaussée et les étages is(ttulis et sotariis], les cloaques et les ('•viers, toutes cbosea dont le lenanciei' pourra disposer à son gré, à la réserve du cens, du drcdt i\o. lods el ventes [fativir et du domaine direct. Villarreal, 18 décembre 1269.

Ilei^ .'{7, 1" ;{. Imuij. : J.if'ohs, n" 711.

437. I). Pedro donne licence à Jucef, lils de feu Abraham, de faire surélev(M", élargir el Jillonger la parlie du mur du ehàleau di' I{e>airi (|ui confronte le verger jittenanl aux maisons dndil .lueef. Même date.

U.'£?. :{7, r w.

438. Jaime 1er injerdil a tout Juil idval de Monipellier de dii-e ou de chanter l(»s heures dans la synagogue aux Vêtes S(deu!U'lles, ji moirïs (|u'il n'en ail éle ehariiV' par les collecteurs des aumônes juives ; il

\. £ii catalao, pedris: banc «If pi< rn' ou piiiit' i\r si'iiil.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I«^ PEDRO ÎII ET ALFONSO 111 39

défend, en outre, à quiconque de troubler ou de suspendre la célébration de l'office dans la synagogue, si ce n'est par ordre de Faljama, sous peine de 50 livres d'amende. Valence, 10 février 1269/70.

Reg. 16, fo 148 v°. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n"- 440.

439. Jaime 1°'' accorde sa rémission à Vidon de Carcassonne, Juif de Montpellier, inculpé d'avoir proféré des outrages, blasphèmes et malédic- tions à l'adresse du roi. Même date.

Reir. 16, f 149.

440. L'infanl don Pedro accorde sa rémission à Salamon, fils de Boiijnen de la Torre, inculpé de blessures sur la personne de Salamon Vidal, Juif de Hurriana, moyennant la composition de 200 sous d(î Jaca. Tarazona, 11 juin 1270.

Ro-. :n, P 7. IxDiQ. : Jacobs, n"712.

441. Jaime I^"" accorde sa rémission à Jucef de Faro, Juif de Téruel, meurtrier d'un Sarrasin, mais en cas de légitime défense. |Valence. 28 juin] 1270.

Reg. 16, r 196 v°.

442. Jaime I^"" avise par écrit le maître de la milice de Saint- Jacques que le Juif Mayrius a déclaré par devant lui qu'il était prêt h faire complément de justice audit maître, qu'il a fouini comme répon- dants deux clu'éticns, (ju'il l'a supplié de lui faire restituer Tabjucria (b» Anna, et que finalement, il a consenti h ce qu'il fût sursis pour quinze jours au règlement de son affaire. Valence, l^'' juillet 1270.

Reg. 16, r 198 V", Indiq. : Jacobs, 461.

443. Jaime I»'' accorde son sauf-conduit et sa sauvegarde à Barcbet Avenmennge et Manrer Avenmenage frères, Juifs d'Alexnndrie, poui- leurs personnes, leurs familles et leurs biens. Valence, 4 juillet 1270.

Roir. 16, r 199.

444. I/infant don Pedro accorde son guidage, sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins, à Salamon, fils d'en Ronjua d'en Adret et à Suyllam, son fils. [Tarazonaj, 18 juillet 1270.

Rc^. 37. P 7 v°. Ixnio. : Jacobs, n" Tl.î.

445. Jaime P"" concède à Naci Azday, Juif <le Lérida, on liéritage l^ropre, franc et libre, avec le droit d'y bâtir des maisons, U) patu situ('' dans la « Cuiraça » des Juifs de celte ville dans la tour de l'in(>l, patu (ju(^ le Juif Vives de Limoux a donn('' à l'aljama de I.i'i'ida, et qu'à son tour

Mliama a donné à Bonet Avinceyt, Juif défunt. Valence, 22 juillet 1270.

Reg. 16, f 202 v". Cop. : Collfclion Mofarull. Im.iu. ; Jacobp, u" 463'.

40 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

446. Jaime ^^ nomme Naci Azday, .luif de Lérida, aux fonctions de rabbin des Juifs de Lérida dans les commandements de l'Ancienne Loi (in mandatis Legis veteris) et de juge de l'aljama juive de la même ville, lui reconnaissant le droit de régler les procès entre Juifs selon r <c azuna* » juive et de s'adjoindre à cet effet deux prud'hommes juifs, qui seront tenus de lui prêter conseil à chaque réquisition, à moins qu'ils ne soient malades ou absents de la ville, sons peine au profit du roi d'une amende de iO morabotins. Valence, 28 juillet 1270.

Reg. 16, 202. Gop. : Collection Bofaruil. Indiq. : Jacobs, u" 462.

447. Jaime I^r confirme en faveur des Juifs de Barcelone la sen- tence rendue par le viguier de cette ville sur le fait des intérêts dont les versements doivent être consignés dans un acte public, à la réserve que, si quelqu'un se plaint à lui à ce sujet, les Juifs seront tenus de faire droit au plaignant selon la forme du statut royal. Alcira, 9 août 1270.

Re^^ 16, f°' 203 et 231 v». Cop. : Collection Bofaruil. Um^. : Jacobs, 464.

448. L'infant don Pedro accorde son guidage à Jucef de Villafranca, Juif de Barcelone, sous peine pour tout contrevenant de 500 morabotins d'amende. [Tarazona], 17 aoîitl270

Reg. 37, r 8.

449. _ Jaime I" accorde une exemption triennale d'impôts au Juif Samuel, lils d'Alfaquim de Montblanch. Valence, 2 septembre 1270.

Reg. 16, ï° 211. iNDio. : Jacobs, 467.

450. L'infant don Pedro accorde son guidage à Içach Suyllam et à Samuel Suyllam, sous peine pour tout contrevenant de liOO moiabotins d'amende. [Tarazona], 3 septembre 1270.

Reg. 37, f 8 V".

451. D. Pedro remet à Cresqnas, fils de Çarch, Juif de Besalu, et h son domestique (>uaic/o), moyennant 500 sous barcelonais, toute peine encourue pour agression et coups perpétrés sur la personne de deux Juifs de Besali'i, Mayron Zabarra et Jucef Azday. Yillareal de Figueras,

5 décembre 1270.

Reg. 37, 1"" 10. Indiq. : Jacobs, n* 71'».

452. 1). Pedro accorde sa rémission à Salomon, fils de Çaracosa, inculpé de coups sur la personne de Haym, fils de Jucef Japel, Juif de Lérida, moyennant la composition de 200 sous. —Yillareal de Figueras,

6 décembre 1270.

Reg. 37, P 10. iNHig. : Jacobs, 715. i. Voir p. 9.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME I", PEDRO III ET ALFONSO III 41

453. D. Pedro accorde sa rémission à Maïr, fils de Jiicef Zabarra, qui s'était disputé avec Içach Cabrit, Içach Cresquas, Cresquas, fils d'en Çarch et Salomon, fils de Çaracosa, et leur avait porté des coups. Même date.

Reg. 37, r 10. Indiq. : Jacobs, 716.

454. D. Pedro accorde sa rémission, moyennant 100 sous de Jaca, à Abrahim Amnerdutoyes, Juif de Huesca, et à sa femme Mai-ie, fille de Çaragozan, accusés d'avoir trouvé et recelé un trésor dans leur maison. Lérida, 9 janvier 1270/1.

Reg. 37, 12.

455. Jaime P'' accorde son guidage et sa rémission à Jucef do Tudela, Juif de Lérida, sous peine pour tout contrevenant de 300 mora- botins d'amende. Castillon del Campo de Burriana, 21 janvier 1270/1.

Reg. 14, P 108 v». Indiq. : Jacobs, n" 389.

456. Jaime le"" accorde son guidage à Mahabubli, Juif de Murcie, pour la durée d'un an, et. an terme de la concession, pour tout le temps qu'il fera résidence dans un lieu du royaume, sons peine pour tout con- trevenant de 200 morabotins d'or. Valence, 29 janvier 1270/1.

Beg. 16, 228 v". Indiq. : Jacobs, 469.

457. Jaime 1^' adjuge définitivement à Naci Azday, Juif de Lérida, le patu qu'il lui a déjà concédé (Voy. n* 445), à la réserve qu'il devra payer aux adélantades et à l'aljama le cens annuel que G. de Namonta- guda,baile, et Domingo de Cardona versaient à la cour de Lérida; le roi, après avoir fait cette donation, l'avait révoquée, l'aljama y ayant mis opposition. Valence, 16 février 1270/1.

Reg. 16, 232. Cop. : Collection Bofarull. Indiq. : Jacobs, n" 471.

458. Jaime l*"" ratifie le statut {tacanam] dressé par Jahuda de Cavalleria, baile de Saragosse, par les adélantades et l'aljama des Juifs de Saragosse dans l'intérêt du roi et de la communauté et concède que trois Juifs choisis selon ledit statut puissent juger les causes de leurs coreligionnaires de Saragosse, à la réserve, toutefois, du droit de Sala- mon Alfaquim. Valence, 31 mars 1271.

Reg. 16, f 2i0 v°. Indiq. : Jacobs, n" 474.

459. Jaime I^"" a donné à David Almascaram, Juif de Valence, un banc ou siège de cinq palmes royales et demie de long devant l'arche du rôle (rotli) de la synagogue de Valence, entre le banc de Bucetrim Aben- vives et celui de Jucef Abinafia. Valence, 2 avril 1271.

Reg. 16, r 257 (Charte notice). Indiq. : Jacobs, ii" 480.

42 REYUK ORS KTUDES JUIVES

460. .lainu' I'' aiiloriso raljfinia dc^ Juifs de Barbaîrtro à ouvrir dans 1(3 unir denceinlo, au bout de la poi'cliorie {suta)^ vers le chemin de Huesca, un portail pai' les bètes chargées puissent entrer dans la « subi* > ol en sortir, à charge de renlrelieu dudit mur. Valence, 18 avril 1271.

l'.r-LT. Ifi, r 2G0 V". Cop. : CoUoction Bof.irull. Indio. : Jacohs, u" 482.

461. Jaime I^'" examine TalTaire suivante : Mosse Alconstanti et Salamon, son tVère, se plaignent que, malgré le choix fait par le i-oi de leur oncle Salamon Alfaquim comme jug(> de tous les procès entre les Juifs de Saragosse et du royaume d'Aragon, et le pouvoir délégué audit Salamon de faire exécuter les senb'ruu's par les officiers royaux selon la loi juive, Jafuda de Cavaleria, Jucef, Salamon Al)enbruch et d'auti-es Juifs de raljarua de S;iragoss(î onl promulgué un statui portant (|ue les proc'és seraient confiés à l'examen de trois Juifs de Taljauia, Salamon Alf;i(|uim, S-nutud Alrucridi et Acach AbrnbiMich : en c()us(''(pH'nce. les plaignants deiuaudent la coîulaumation de lafuda et des autres Juifs à r»00 morabolins d'or d'auiende ; iU produiseiil a l'appui de leur deu)ande im acte du VZ février l2:i7/8, dans le(iuel J;jime b'" mande de Toi'tosr à ses officiers de faire exécuter les sentences rendu«'s par Mosse, neveu et siiltslilul (1(3 Salamon Alfa(iuim, selon la loi li(''braï(iue, entre les Juifs du rovaume de Valence; Jafuda soutient, à son tour, (jue Mosse Abîonslanli a usurpe les fonctions de juge du l'oyaume de Valence, son oncle n'en avant jamais obtenu le p(uivoir; pressé d'exbibei" les cou)missions de juge ({('livrées en faveur de Salamon, Mosse se dérobe, et le roi le c(Ui- damne par- ronlumace à la confiscation de la moitié de ses biens, meubles ('.[ immeubles. Valence, 24 avril 1271.

]lcg, 1G, r»» 2(il v°-2G2. (',(»!'.: (ïollo<'lioii lidl'aiull. Indiij. : Jacobs, ii" is;».

462. - Jaime b" accoide son guidage, sous peine pour lout conlreve- n.'inl de .foo nuiralMdins (ramciide, à Çalema Sastre, ;i ses cnfanls cl a s(ui gciHlr(! A(:ah de Mclma. Juifs de Tériud. Valence, 26 avril 1271.

HeK. Il), l" 2(;(). - Im.iu. : J.ic.l.s, n" >S1.

463. l,"iid"anl don Pedro a(C()rd(^ sou guidage à b;ach de Palafolls, Juif (]{' Barcelone, sous peine ]>our tout conlreveiiant de :iOO iiM)i-abolins d'amende. [Barcelonel, 20 mai 1271.

Ilf^g. 37, l" 1S v". fMiKj. : Ja«'iib.s, n" IIS.

464. Jaiuje l''" reconnaît devoir au Juif ha\id Almascaram 4.120 sous re;iu\ de Valence, ipi'il lui assigne sur les rcNcniiN des chàleaux de (in.id.ilesl, Confrides, Penagiiila et Castellou. Valence, 29 mai 1271.

Kci:. 1 i. f" 1:^1). iM'in. : Jacobs, m" ."i'.IJ.

1. l».nl rlri' siihi a-t-il ici !»■ iiiènif sens «pie h' ni"l .nibc nx-sinhlu, «•cliist\ prise doau cl, jiar huitt'. abreuvoir.

CATALOGUE DES ACTES DE JAIME r', PEDRO III ET ALFONSO lîl 43

465. L'infant don Pedro reconnaît avoir emprunté aux secrétaires et à Laljama des Juifs de Barcelone 200 morabotins d'or alfonsins et 10.000 sous barcelonais sur gage de quatre l)Oucles d'or serties de pierres précieuses. Barcelone, 4 juin 1271.

Reg. 35, fo 63 V".

466. Jaimc l^^ reconnaît devoir au Juif Vives, fils de Jucef Aben- vives, baile royal de Sollana et Trullas, pour les sommes dépensées à la construction du palais royal {renlli) de Valence depuis le 25 novembre 1270 jusqu'au 4 février 1271, 2.865 sous réaux, qu'il lui assigne sur les revenus de sa bailie. Valence, 3 juillet 1271.

Reg. 14, f" 120 v''. IxDiQ. : Jacohs, n" 393.

467. Jaime I"'' donne quittance à raljamados .Juifs d(; liarcelone de iJ.OOO sous barcelonais qu'elle lui a avancés sur les li'ibuts futui's poui* la construction du palais royal de Barcelone. Valence. 5 juillet 1271.

Keir. 14, f" 120 v". Indiq. : Jacobs, ii" 39 L

468. Jaime I" autorise raljama des Juifs de Valence a ai'heter la viande dans lesbouchei'ies de la ville et à la faire préparer par leur rabbin selon la loi mosaïque, sous peine pour toute infraction d'une amende île 10 sous. ^- Valence, 20 juillet 1271.

Picg. 16, 248 v°. Cop. : Collertion Bofaniil. Indiq. : Jacohs, n" 476.

469. Jaime I^"" assigne au Juif Vives, fils de Jucef Abenvives, baile de Sollana, sur les i-evenus royaux de ce lieu, les 2.100 sous qu'il lui doit. Même date.

Reg. 16, f" 249. Cor. : CoUoclioii Rofaiuli. Indiq. : Jacohs, u" 477.

470. Jaime I®'" renouvelle en faveur de Taljama des Juifs de la cité de Maior{iue le privilège ridatif à la preuve judiciaii'e (Voy. n' 432;. Valence, 30 juillet 1271.

Reg. 21, f" 4 W Cor. : Colh'cfion Rufaiiili. IM iti.. : Kita et Llahivs, Judioa rnallorquines^ dans BoleLin de Madrid, t. XXXVl (IDOU), pp. 2."j-26, n" 9 (d'après ms. Puoyo, l" 7).

471. L'infant don Pedro accorde sa i-énnission à tous les Juifs de Girone et de Besalû accusés d'usure. Girone, 13 août 1271.

Reg. 18, f"9t v°. Lm.i.j. : Jac.il)s, n" o03.

Jkan UKii.Ni';.

MÉIR B. BAKUCII DE ROTÏÏENBOURG

(fin ^ )

IV. Lks ùi \hages DR II. Mkir.

L'œuvre liltéraire do l\. W^'ir est aussi considérabli^ par son éten- due que précieuse par son contenu. Cependaiil il iia ])as con^u un de ces grands ouvrages talmudiques il aurait mis l'empreinte de son esprit créateur. Il manque généralement aux glossateurs le sens de la foi'ine et le tiesoin d'un ordre systématique: leurs tra- vaux n'ont pas de charpente, pour ainsi dire, mais s'appuient sur le texte qu'ils commentent. De même les écrits de Méir sont des recueils sans nui le dans le plan et sans cohésion dans la concep- lion. Son aclivité littéraire se dépense en explications, décisions, l'égles i/talac/tof), observations exégéti(pies «M «oiisullations : à part ces dernières et quelques ouvrages imprimes, la majeure partie de cette production n'est connue que par des citations ou est ensevelie dans des manuscrits.

De son enseignement sont sorties les gloses, lossa/tU {^ihiddun- si'hiin, sur dinV'rents traités du Talmud. Dans les écoles tossalis- ticpies l'élude consistait surtout dans la notation des commentaires cl il n'est pas impossible (pic Mt'ii- ail déjà commencé à rédiger des gloses en France.

1 '-. Mi'ii' a écrit des Tossafot •' et des liuldoKschim ' on ne

1. V..ir licriir ilrs Ëhuies juives, t. lAIII, p. 226, t. MX. p. i2 et t. I.\. |.. :;3.

2. Vnir Zuiiz,»/. ^'., '.() ; MicliH.'l, Or hd-Chajjim, n20-:i2i.

3. App«'lr«'S mDOIP [Monlecfiai, Sc/ifhouot, ll"7o), nC^ID {Und., 1, l.'i.") ; v. Kulin, p. 31 ; Tesch. Maïm , 1"^-^, i»" 3.».) Les citation» sont prôcédéos des ni!>ls 3PD,

4. '^::^^"'^ (ConsuUiitlons, éd. Prairue, 512), 72"3 "'Cll^niJ 'A., 8T1, 934).

73"n ■^u:"iT'n {Huy. Maim., nmnn ■'no\ v, 5).

MÉIR B. BARUCfl DE ROTHENBOURG 45

peut pas distinguer ces deux genres sur les traités suivants : Bemchot ', Sabbat -, Eroubln^, Voma'* ce sont ceux qui figurent dans nos éditions G?/^Y^m^ Ketoubot^, Yebamot\ Kiddou- schin^, Nedarim\ Baba Kamma^^, B. Mecia^^ B. Batra^'-, Schebouot^^, Sa?ihedrin^\ Menahot ^'\ Bechorot^^, Houllin *\

2. Gloses sur le sixième ordre de la Mischna '^ Connues de Yomtob Lipuiann Heiler<'\ elles ont été imprimées dans l'édition duïalmud de Romm fWilna, 1897).

5. Piskê Eroubin ou Hilchot Eroubin -*'.

4. Halachot Pesoukot'^^.

1. Mordechaï, Berachol^2o^.

2. Hag. Maïm., Sabbat, XIX, i : a"<^nu:5'»Tj^N bn:*?^^ ^T riDiujn rnp m'wl ruiiTinn ; xxi, 2: j^^32:7:nn Ni:7ûn i^'anni.

3. IbicL, Yomtob, v, 8 : nmN">^*in\a ->'0 'Dm Dn^i'yU D""in70 b"D5> ; Mordechaï, Schebouot, 1125-1128 : •T^N73 ^^'^3'^ 'Zr\'D ITH piD (ibidem une citation du Com- mentaire du Pent;iteu(iu6 de Joseph Beclioi-Schor, terminée par 'n n'sI3''"lD?3 pn^'Tn "lin pnD73 "l'^N73) ; Hag. Mord., Sabbat, 260. Une glose de nos Tossafot (VEroubin

(66a) porte b"T p-nD3::T'(73 72"-) û'»D3 n"n:in.

4. Har/. Maïm., Tefilla, i, 8 ; m, 5.

5. Mord., Guittin, 542.

6. Consultations, éd. Berlin, 69, 619 : -i""in *^'^nj<n "'H^IiD Ti'^n'Q ^12 'Dm nain "1"«N73 ; éd. Prague, 871, 959; Mord. Ketoub., ï>20, 333, 358, 400-1 ; Ascheri sur Ketoubol, xiii, 17.

7. Mord., Yeb., 22, 28, 82; Consult., éd. Prague, 567.

8. Consult., éd. Berlin, 113, n" 293 : ^nnPD -"'OlT'p b^pb "DUp b^'T 1'^U)in^p3 ; Consultations de Salomon b. Adret, I, 867.

9. Teschoub. Maïm., "{"^îp, 35.

10. Ibid., mU5"'N, 29, 30; Hag. Maïm., minn ■>-nO"', v, 5.

11. Consult., éd. Berlin, 68, n"' 517-519 ; éd. Prague, 954.

12. Éd. Prague. 691, 700,703-4, 930; Schitta Melwubbécet sur B.li., 38a, Mb, 446, 92 6, 95 a (d'après ^Nnn 'DDin).

13. Teschoub. Maïm., h'^'^^^lZ, 61 (m^^^n D^'IT»:: 'e T^'JIT'n).

14. Éd. Prague, 710.

15. Hag. Maïm., îT'if'i:, i; Mord., Hat. Ketannot, 1299.

16. Consult.., éd. Lemberg (éd. Prague, 353 ; Crémone, 83) : "i"nr; "^"n'û *\VOb

mD3 uî"^ 'D '-^u: n"'N?3.

17. Mord., Houllin, 908, 1091, UGO.

18. V. Michael, op. cit., p. 519; Benjacob, 374.

19. Dans l'introduction de son commentaire sur Tohorot il raconte qu'il a utilisa une copie de ces gloses que Samson Wolf Opi»enlieim lui avait envoyée d'après son manuscrit. Il cite Méir sur les traités de Kélim (ii, 6, iv, 1 ; viii, 8 ; \i, 6, S ; xii, 3 ; XIV, 5; XV, 4, 6; xvi, 7; xvii, 15; xviii, 2, 3), Oholot, Negaïm, Para, Mikvnot, et tient souvent compte de ses lec'ons.

20. Le second titre dans Ascheri, m, 6. Citées dans Hayyim Or Znroua, Consul- talions, 81; Hag. Maïm., Sabbat, xvi, 4; xvii, 2, ;a; Eroubin, n, 1: Yotntob. n, 8; V, 8; Taanit, v, 1, 8 ; Mordechaï, Eroubin, i, 651 ; ii, 463.

21. Neubauer, Catalogue des manuscrits hébreux de la Bodléienne, 781, 2 a.

46 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

.5. llihhot />(C'/Y<cAo/, soiiveul citées *, roproduiles dans plu- sieurs recueils - ainsi que dans beaucoup de Malizoïini inanuscrils et éditées à pail à Riva eu I008 sous le titre de D""int3 nDnn '0 ^.

6'. mic/iot SemaJiot, éditées dans Tr^h n:n?2 I.ivourne, 1789) et souvent citées '•.

7. Uilchot SrhrJiita, dans les Consultations, éd. Berlin, 31^

(S. - Traité sur les coutumes du mariage^ en manuscrit au Vatican ^.

9. Explications masaorétiques, en manuscrit à Oxford et au Vatican ^

10. Usar/es^.

11. Consultations ^. On en a édile plusieurs collectionS^': Crémone, 1551; Prague, 1008 (Sdylikow, 18:25; Jiudapest, 181)5); Lembero, I8()() ; 4'> Berlin, I8l)l-18i>2.

Oes rec'.ieils contiennent beaucoup d'éléments «'Iraugers : des exli'aitsde différents ouvrages y ont été incor[)orés. Aussi fc\ul-il être prudent (fuand on en cite des consullalioiis anonymes '".

î. Ilaf/. Maïm., lierac/iot, v, 6; Sabbal, xxix, 13; Teroumai /la-UétK'ken^' n"" 30, 94; u^lose de R. Prior sur le S»mak, i\(i\ Ahoiidirliain, 184 «; I.r/,e/ Yoxc/ter, éd. Frciiiiaim, 1,34 (D"nn?3 DIDim ""Pf^^T^ pi, avec i;loses\ 39, iU, il, 43

(û"-in73 niD-iD T^:Db ^mT^baD), 8u.

2. T(ischher,'S-ll: /V//vjrà, 371, 41 1 (niD"i:2 n^bnj; Cun^ullalions, fd. Berlin, p. 298-310 titre : b"T "1^N?3 'DI '172 bo niDll "^pOD).

3. Voir Michael, p. ;i20 ; Beiijilcob. ii" 662; Steiiisclnieider, Ca/nt. liotil.

4. UiKj. Maïin., Suhhat, xxvi, 73, 3; )om/o/>, i, ^^ ; vu, 3; J/*<'/, 11, 3; iv, 2, 8; V, 3, 9, lï; VI, 7; vui, 3; i\, 3, 5; x, 9 ; xiii, 2; TescUouhol^ Schofeliin, n"* 17-19; Mordechaï, Mocd Kalan (cf. Koliii. op. cit., 80);^ ^c/tert, sur IJerach»/, m, 2; 7e/'. ha-lh'sc/ien, 287; Le'/ce^ Vo-sc/zer, I, 4j, 108; II, 96. Voir Benjacob, u" 1010; MiclKiel, p. :j20.

'.'). Pcut-ùtre visées dans Mord., llonllin, 1213 (?3"n "^pDs). Citées daos //«//. .ïïrti//i.,.S(;/ie/it7rt,ni, 9, D; Joseph Culoii. fofisuUalions/M) ,u"-^r,lZ mp''"l3 nisbn). Vnir Neubauer, op. cit., mss. 1171, 227. "i ; iU'njacoh, n" 388; Mit-lia» 1, j». .•i20.

6. Renjacob, n" 622 (nmnD noin T^i'^^^rî m:ir::rî "jno

7. Zunz, Z. a., 92.

s. Henjacob, n" 1400 (i-iTD:::'i-i a"nn?3 ^:in:?2).

9. Renjai'ob, 118; Micliael, 520; Zunz, Uteraluryesc/iictile, (>23. 10. (Vest ainsi que (iiidemann, Ge.sctiic/ile des Ei'zichiintji»ii'eseHs, I, 110, écrit: « Méir Rdlhenbour;,' parle de relations coinnierriales l'AUeinatrne avec la Polo^ue, d'uni; part, et la Honirrie, de l'autre. » Les consultations sur lesi|uellos il s'appuie (éd. Prague, 885, 903, 90i) n'appartiennent pas à Méir, mais sont tirées du *J^3"'Tn 'O de .luda lia-Cohcn. Çï. Kobu, llcher hullforrâso/,-, p. i5-i8. De niéuie, up. cil., p. 117: « Meir Uulbenbouri; croit que eei tains oiseaux poussent dans l'air », d'après ConsuL- Iti/iuns, éd. Lembery:, 160. Back, p. 103, u. i, attribue cette consullaliou à Uaac Or

MÉIR B. BARUCn DE ROTHENBOURG 4*7

i 2. Poésies synagogales S dont l'une, l'élégie nzyy^ ">bfi<U3, a élé traduite parGeiger.

On a attribué encore à Méir les écrits suivants : LikkoiUe, ha- MaimounP, extraits du Mischné Tora de Maïnionide, un Se fer Emounot'^, attribution .qui repose sur un malentendu, car il s'agit d'une citation des Emounot ve-Déot &(" '^SiixdLï^K et Beêr Maijim llatjylm "'.

V. Les élèves ue R. Méir.

Parmi les nombreux élèves de Méii-, nommons les suivants : Abraham hazzan b. Moïse de Sinsbciin, ai)pelé aussi R. Abra- ham baal TeQllin ^, était hazzan à Heifart (Erl'urt). Ses Rilchot TefiUia ioiment la base du Barouch schécunar de Simson b. Eliézer.

Zaïoua, parce qu'on y Ut, rT>"lN "lli """nT^ "172N1 et (lu'Isaac Or Zaroua est lo disciple de Juda Sire Léon (Gour Aiyé). Mais eeiui-ci a eu beaucoup d'élèves, qui pouvaient tenir de lui cette communication ; il n'y a donc pas de raison d'attiihuer la consul- ta-tion à Isaa« Or Zjiroua. En tout eus, elle n'appartient pas à Méir et ne peut donc servir à caractériser ses conceptions. Sur le fond de la jjuestion, voir Semak, 210; Mordechai, Iloidlin, 12"jl (73o) ; Or/iot Hai/ijiin, p. 369 (au nom dt; R. Yehiel.) Agouda^ IJuiillln, loO; Maharil, Coihstïllatlôns, 144; Af/oûi', 1233 (au nom d'Or Zaroua); Tour Yoré Déa, 8i; Midrdsc/i Talph/ol, msb'^t^ V\jy . Isaae b. Josepli de Corbeil, qui était fc gendre ,d£.R. VehiTïl de Paris, connaît certaines oies (^ui poussent sitr Les arbres. vi.. m iv-^:..v. v.

i . Zunz, S ijinujor/ale'VoB&ie, 3l0, 312 ; /Àieraturf/eschichte, 3.")î).

2. Voir Kolin, p. Si. Q,L Ikig. Maïni,^ Eroiibin, vi, 1 : '^ "^pODD D""irî?3 iTwb

rrzi2 ; ibid., 220 : ■^3i?3-«72n '03 •^'\i'n'':> n^^na pi d"-i- d"di.

3. Zunz, Z. G., 165.

4. Tcisahb£ç,.^ UG : nnj^ ^ino Jj 'O"» -013173.^ -|D03 [,] itDT.s b"T D"nn

'IDI a"":i:?b ^'bl3?3 J^ri""':: yn'Q'n yb'21 -|t:\N (cette citation est elle-même prise à une citation, car on lit à la fin : '^1"13 ^"'*13■) "10073 "pDyz)- I^a inènie idé<' est expri- mée dans les Ei/iounot de Saadia, cli. vn i. f. : :)bo D'^D^J 'l'^NO "T^IN'CJ "^12 lU"^ 'IDT l^rP!) "imTû'i IT^lNw ■^7Û D">1 m7:n y-y^, "in72N3 nbnsi. Cette partie des Einonnol a circulé au moyeu ài;e, dans la vieille tradurtidii hébiaique (il faudrait ajouter notre texte <lans Zunz, 6'<?.s. Sc/ir., III, 231 et s., sous le titre i\{i Dix questions sur la résurreclian ; elle est citée notamment paf Simson b. Abraham de Sens (voir lieoue, VII, 48), et Aaron Haccohen, OrkoL flagi/i/n, ms. (Luzzalo, Lclires, éd. Graber, DLXii, p. 1234 : OTWrr n"'"'nn by :i"0"l mm;:jn ; manque dans l'édition Schle- sinirer). Elle a été pliweur* lois éditée en dernier lieu par Gb. M. Hnrovilz, llatnchische Schri/'ten des Gaoniui, Fram-fort a/M, 1881. Voir Briill, Ja/irbûrher, IV, p. 133; J. Guttmanu, Die lieliyiùiLsjthiUx&itphie dt's Sa(u/ja, Gi'Aliu'^au, 18N2, p. 2S.

■6. Zujiz, Z. 6'., 128. Gl". Steinsclineider, t^at. Budl., Benjaeob. 16:).

,6. Abrabam de lialuies, iUi/iue Abram, p. 9. V. sur fiil Az<tulai, Sc/tcm, 106 ; GriL'lz, (icschickle, VII-, 307; Luncz, dnwA Jcr/j.salem, U, 12, 37; Lowenstein, Zur Geschichte der Judeii in der. K\ir^fulz\ MonaUschrifl, 1868, 28i, n" 88 ; Z./'.H.B., \I, 3, 87. Sleiubchneider, Cat. liudL, lui attribue le 1ND 'O-

48 HEVUË DES ÉTUDES JUIVES

Abraham b. Eliézer ha-Lévi '.

Aryé ^.

Ascher b.Yehiel, de Cologne (vers 12o0-13!27 . Menabem b. Zérah appelle Méir son principal maître^.

Ascber b. Moïse se dit une fois le disciple de Méir'*, mais ce pourrait être une formule de respect, car il était un peu plus âgé que Méir.

Azriel b. Yehiel •\

Barucb*^.

Hayyim Eliézer b. Isaac Or Zaroua".

Hayyim b. Machir^.

Hillel b. Azriel \

Isaac b. Hayyim Oppenheim'". Freimann l'idenlific avec Isaac b. Hayyim Or Zaroua; si cette identification est exacte, il n'aurait pas été rélève de Méir, car ce dernier tient de son père des renseigne- ments sur Méir et ne paraît pas avoir entretenu avec lui des relations personnelles.

Isaac de Diiren, auteur des SchaarA Doi/ra, Méir est assez rarement cité ^^

Méir ha-Cohen, un des compilateurs des Hagahot Maïmoniol '-.

Menabem b. David '^.

1. Tesch. Maïm., •;'^3p, .*}2 (signe ^T^Tûbn).

2. Voir Z. f.lï. h.. II. ce.

3. Céda la-Dérech, introd. "pnm73 TSn HT;'»:? pT13:ai"l73 D"nn73"l- Voir sur lui (Irtetz, op. cit., 251 ; Brisch, GesckiclUe der Jiiden in Kôln, I, 97-101 ; Weiss, I)oi\ V, p. 77 ; Micliael, u" 543 (Michaei cite, p. 258, i\. : 'n '^^V2'\ ipTn "^IVZ mirr^ "1D pnit^, cotnmc si cYtaiont les maîtres d'Asclieri, alors que ce soûl ccu\ de Raschi).

4. Consultai ions, éd. Cniinoiie, 7.

5. Zicht'on Yehouda, 't^h : b"iT "T'NTÛ "l""in "^"1173 "OI^D 1D^. Cf. Kulin, p. 101.

6. Michacl, 641.

7. Idem, n" 878 ; Revue, LUI, 71-84; 267-269 ; LIV, 102-106.

8. Zuuz, Ug., 363 ; Back, 109.

9. Consultations, éd. Créiuoue, 3, 23, 205; éd. Prague. 92: byT3 ll^ba n5'73 ">"^N73 n"nr5 'V2 inblUÎ. V. Ilauibcruer, iieschic/ile der Rahbiner \\iir:bur;f, 18, 19.

10. Consultations, éd. PraL,Mie, 1020 ; Moïse Minz, Consultations, (Kl, 103 il n'eu lésultc^ pas, d'ailleurs. (ju'Isaac 0|ipenlieini ail suivi les leçons de Méir, rotuuie le dil Mirliacl, p. 519) ; Lr/,et Yoscher, Introduction, xxxtii. Il esl cité d.ius ce dernitr ouvraij'e, II, 37, 39 (inailre de .Menal«en\ de Mersebourg), dans Teroumnt Un-Deschen, 196; I. Briinn, Consultations, 197; I. Weil, Consultations, 28. Isserlès, dans srs additions au Yohassin, appelle Joël Oppenheini un élève de Méir.

11. Voir II, 4; m, 5, p. 37. Tasc/tlieç, 312. Isaac h. Mtir signe une consullatiou avec Asclier b. Yebiel el Isaac b. Juda ha-Lévi (miîl" pH^T, 49 a) et avec le second, mais sans ^-.b {i/>id., 516). Des Consullations de lui se trouvent dans le recueil de celles d'Asclieri, xlii, 1; ci, 1.

12. Voir Micliael, 1097; Wellesz, da^ns Uagoren, VII, p. i2.

13. Voir /?.£../., LX, p. 59.

MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 49

Meschoallam b. Méir de Wurzbourg^

Mordechaï b. HilleP.

Moïse b. Jacob lia-Lévi, le Parnès, de Rotbenbourg^

Salomon b. Machir de Prague K

Simson b. Sadoc, surnommé m^w '% rautcur du Taschbeç (pn2C "13 "jn^w^ iip^n ou manion), ouvrage glosé par R. Péreç et très souvent cité; en outre, il est probablement l'un des glossateurs du Yad\

Enfin, Isaac b. David, Salomon et Méir, en écrivant à Méir de Rolhenbourg, signent « tes disciples^ », mais il n'en résulte pas' nécessairement qu'ils aient été effectivement ses élèves.

VI. Les dernières années de Méir ; son emprisonnement et sa mort.

Nous sommes peu renseignés sur l'activité de Méir pendant les dernières années de sa vie. Dans les écrits de ses élèves on ne trouve que rarement des remarques comme : « C'est ainsi que notre maître a décidé sur la fui de ses jours ^. » Un autre passage ^ nous apprend qu'il alla en dernier lieu à Nuremi)erg, il prit part à la réunion des communautés. Nous ne savons pas ce qui fut décidé dans ce synode; on y régla probablement certaines questions alors à l'ordre du jour, entre autres la conduite à tenir envers une femme rebelle à l'autorité maritale : Méir expliqua la procédure à suivre aux délégués des communautés rbénanes *^. Une autre décision pro-

1. Voir Magazin^ x, 81; Ozai' Nechmad^ II, 145-6; Kolm, p. 1 il ; Bambery^er, Geschiclite der Rabbiner der Stadt Wiirzburg, 21.

2. Koliu, Mardochai beii llillel, tirage à part de la Monalssc/irifl, 1818,

3. Voir Perles, dans Jubelschrift Graetz, 20, n. 1 ; Revue, LUI, 70, u. 1.

4. Hayyim Or Zaroua, Consultations, 110.

5. Schalschélet ha-Kabbata^ 28 6.

G. Voir Wellesz, /. c, 47. Cf. Kotbo, u" 127 L f. : 3")- ^Z^b nnN 1^12':r\ T^DH p"l"i3:aTT'3 "T^NTa 'l pnmrn. —Je doute qu'il ait été lévite (Z. /". //. B., XII, 189; XIIII, 24), car "^ibn pourrait ùtrc une corruption de n"bT. Mùme faute dans le 108 des Consultations, éd. Lemberg, signé ^n'^n b^'^n"» n"n p nï:î<.

7. Consultations, éd. Prague, 237 (éd. Crémone, 208 ; Tescli. Maim., l'^jpi H)-

8. Mordechaï, Guittin, IJIS : "1173"^ T\^D^2 "T'i^T^ '"1 pDDT ; llag. Maïtn., pTU iy:23T, VI, 2 : ^TJ^ qiDn b"L:T ir^l "«"1173 pi pDD ; llag. Ascheri, Kiddouschin, m, 10: T»7:^ ^lo 73"-).

9. H.iyyim Or Zaroua, Consultations, 155 : ni2'D b'^T n"'N73 "-nn "j"! pi

oir^-.na 'cnpn mb^npb 'j^-t-d p"nD:-n33 ^nv^3 qionbT D^i2yzi ; 69 : ipnb mbnpb d"dt poD i^'n^ q-ion b^N.

10. C'est de ce synode qu'il est question dans Ilag. Maïm., m^"'N, xiv, 10 : m:>n P"1133^-l"'33 irr» DnVHD ISpn mbnpnu; (lire p-n3D"'mD et non Bernhurg, comme Zunz, Z. (}., 184). Nuremberg avait un ^J'IIH rT'D, c'esl-à-dire deux Tribu- T. LXI, 121. 4

iiO ''kEVUÉ DES ÉTUDES JUlVËë

iioncée par le maître pendant son séjour à Nuremberg nous a été conservée ^ Ces synodes étaient de la plus haute importance pour la vie intérieure des Juifs d'Allemagne '\ Qu'ils aient eu lieu à une époque déterminée, comme ceux de Mayence en 1:2:20, en 1:245 et en 1:280, ou celui de Worms^ ou qu ils aient été convoqués en cas de besoin, il est difficile de le décider, ils avaient pour but déta- biir une pratique uniforme et certaines règles nécessaires à la collectivité. La vie religieuse aussi bien que Tadministration de la justice et la gestion des communautés avaient besoin d'un organe qui, dans le llux des circonstances, pût donner une autorité iudis- pensabJe à la Joi ou aux mesui'es occasionnelles. L'ordonnance de K. Guerschom touchant la monogamie était strictement observée; néanmoins il y avait des cas il fallait examiner et apprécier les raisons de cette ordonnance. Ainsi K. Méir^ dans une occasion donnée, posa en principe que R. Guerschom n'avait nullement voulu protéger la femme de mauvaises mœurs''. La tendance à tourner les lois rabbiniques^, le désir de se rendre populaire à force d'in- dulgence*^ rendaient nécessaires les conférences de communautés. K. iVléir joua un rôle piéponderant dans celles de son temps. Mais c'est a ces synodes, d autre part, que ses décisions doivent d'avoir acquis une autorité générale. Sa correspondance si étendue, sa renommée croissante ne sont pas dues a l'activité qu'il exej'çait dans le cercle étroit de son école de Rothenbourg. C'est parce qu il

naux avec le tlruiL de piunoncer des peiues curpurelles [laackbe^, ol3 ; Murdechui, Hankednn, Ul, 584 : ^p73T T»:"»-! TID "iDUS DD U;"«D n?np Tj^^Ti li'nn n"»3 n^l^-ny. Voir Lun^uUaliuns, éd. Pruyue, Mil : p-i3:-n:3 ]">i:î T^3 -33T ; 'Jî<3 :

T^np mn^^CD "«PuS «3 annzis n ^^inp ht "^d lyi p-ii'3:-n: ^-p izst^n ; éd. lirriiii, i-2, 11° 293: -^:2 -i?jnN p3'7i'i:T p-n^j^iDinD "jiSD "{Ti: n7:î< im^n

'iDl ;*"n3j"»~17:3 lynin rria^. Le nom de la ville ((lui iiKuique dans l'cd. Prague, yoUy n'est pas Maiicubuiij liaok, 30, 11. Ij, mais ISuicuâbei.; (lire :i"n2j'^mw '• T- *ist devenu 72 j. Le nom de ceUe ville est d'ailleurs souvent coi rompu (voir plus loin, ch. viii).

1. Ha(/. Maii/i., TefiUa, ix, S : p-i3>Dn''33 i:"'D"i •^"n7j nmn p^■

2. Voir liiiill, Juhrùuc/ier, VUl, p. bl ; Giidfinann, (iesc/iic/ile des Erzieliungs- wesens.

3. Asclieii, ConsulUilions, i.xxxiv, 3 ; MU^ '^Z'2^ 3" y";D S'Cn y"lD'>:; "inN

m5'«D3 ■»2"'-i3T mrnD.

4. CoimuUalivn.s, éd. Crémone, 101 ; Kliézer b. Josrpli IZD'^TZJf avait pus une femme dtja inlidelc (a"';i3T^ mnj itu mununl du mariaye. D'après» K. .Men, il a le droit dcn e]»ouser une autre si elle reluse d accepter lacté de répudiation : nD^5n

'?DT... mi:-nL:> m:pn rnu;:^? (^3^a- TiwNt: rci ipjt ':>y nn?^' c<^ n^-i^n

ii. V. Gudemaiin, up. cit., 1, n. 1.

0. CunsuUalioiin, éd. Crmiune, lUl : rr.l/in niTir ''^Z^^^ '^paiï ^IV TirKT

n^ T^:»"' i'?p7ûi bND'' nxjD ■'Tzy n':> 'jV7;:nc^ nn-»n5.

MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG bl

se mêlait à la vie publique qu'il conquit le respect de tous dans les grandes questions qui intéressaient la collectivité. Ses élèves ont transmis son nom à la postérité, mais c'est pour de toutes autres jaisons que les contemporains ont vu en lui la plus haute autorité. Il n'est, d'ailleurs, pas besoin de prouver qu'il ne dut pas son pres- tige à une position officielle. Nous connaissons son opinion sur les fonctions accordées par le souverain et pouvons être assurés qu'il n'aurait pas accepté d'être nommé par l'empereur d'Allemagne grand-rabbin des Juifs de l'empire. Son autorité réside dans sa nature foncièrement morale et profondément religieuse, dans la gravité et tout à la fois dans la simplicité avec lesquelles il juge le monde, bref dans toute sa personnalité, qui l'élève au-dessus de son milieu. C'est l'homme qui unit létude et la vie, qui sait conci- lier les principes du judaïsme avec les contingences.

Réduits, pour l'aconter les événements de la vie de Méir, aux renseignements occasionnels des Consultations et aux ouvrages de ses disciples, nous aurions pu croire que le fait bien établi car il est attesté par plusieurs relations de son exil et de son ari'estation n'aurait pu fournir matière à d'insoutenables hypothèses. Mais les goûts romanesques des historiens et des biographes ont embelli un événement trop simple et mêlé inutilement la poésie à la vérité. Aussi est-il nécessaire de reprendre l'examen des sources.

Le « Minhag-Buch » de Worms donne le récit suivant ^ R. Méir, fils de R. Raruch, se mit en route pour aller en mer avec sa femme, ses filles, ses gendres et tout ce qu'il avait. Il arriva à une ville située entre les hautes montagnes qu'on appelle en allemand les Monts lombards; il voulut y rester jusqu'à ce que tous ses compa- gnons de voyage l'eussent rejoint. L'évèque de Râle (Henri), venant de Rome, passa justement par celte ville; il avait dans sa suite un Juif baptisé, nommé NDD"^3p (variante bsip), qui reconnut noire maître et le dénonça à Tévêque. Celui-ci le lit arrêter par le comte Meinhard de Gorz, le seigneur de celle ville, le 4 tammouz 5040 et le fit livrer au roi Rodolphe.

Nous ne pouvons que chercher à deviner la cause de ce départ et le but de ce voyage, les sources étant muettes là-dessus. Ce n'est pas le goût de l'aventure qui a pu pousser le vieillard à l'étranger. Il ne doit y avoir aucun rapport entre le voyage de Méir et le fait qu'un homme d'Étal juif était parvenu à de grands honneurs à la cour du Khan de Mongolie et que des Juifs émigraient en Asie. Nous ne savons même pas si c'est en Palestine qu'il

i. Voir Gi'cL'tz, Geschiclile, VU*, uutc 9j Back, p 62. et s.

b2 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

voulait se rendre. H considérait Témi^^ration en Terre Sainte comme iino œuvre méritoire, si Ton |)Ouvait s'y nourrir et y mener une vie sainte '. Depuis les Croisades, plus d'un cœur pieux aspirait à ce voyaji;e et ces grands pèlerinages étaient bien dans l'esprit du temps. 11 n'est donc pas impossible que la Palestine ait été le but de Méir, mais le bon sens suflit pour faire écarter l'idée d'une émi- gration en masse à la tête de laquelle il se serait mis. Vu exodi^ de ce genre n'était pas sans danger et n'aurait pas manqué de faire sensation, étant donnés les moyens de communication de cette époque. Les compagnons de voyage que Méir doit attendre ne sont l)as des émigraiils; le sens le plus naturel est que le vaisseau n'était l)as prêta prendre la mer, les passagers n'étant pas encore réunis. La fatalité poursuivait le fugitif. Car Méir fuyait alors devant le roi. Une autre source, l'Exhortation (ou Testament) de Juda ben Ascher, nous apprend, en elfet, que le roi éleva une accusation mensongère contre Méir, et nous sommes en droit de combiner ces deux sources. Le départ du labbin avait donc un motif tout per- sonnel el son incarcération doit avoir été légitimée, au moins en apparence, par les lois de l'Empire.

11 n'est pas possible de préciser la fausse accusation dont Méir redoutait les suites. 11 se peut qu'il ait promis au roi une somme considérable au nom des communautés, ou qu'il ait garanti cette somme et que, n'ayant pu la réunir, il ait pris la fuite. On s'expli- querait ainsi son emprisonnement. D'après la loi allemande, le débiteur ou son gaiant pouvait être iiu^arcéré aussi longtemps (jue le créancier n'avait pas été désintéressé ; la promesse constituait une obligation et celui qui s était porté caulion {/idcuissio) répondait en tout pour le débiteur. On retenait même son cadavre 2. Méir fut donc arrêté comme otage, sans qu'on puisse dire si c'était pour les émigrants. De son élève Ascher b. Yehiel, Guedalia ibn Yahya raconte qu'il s'était porté gai'ant de son maître Méir**. 11 passa, lui aussi par la Suisse ', d'où il se rendit en Provence. Coïncidence curieuse ! H s'agissait peut-être d'un impôt que les représentants des communautés juives s'étaient engagés à réunir.

Le fait qui nous occupe reçoit un peu de lumière d'une consul- tation de Hayyim b. Yehiel Héfeç Zaliab •, connu par ailleurs comme

i. Tdsclibeç^ 559; Consultations, éd. Berlin, 5, n" 14, 15; Kolbo, 157.

2. Voir Is. Lueb, Le corps de Mcir de Ihtllioibourg, lievue, XX, 23.

3. iîc/ia/sikélel, 21 d.

4. C'est ainsi qu'il faut comprendre T.j^ïJ dans Minhat Kenaoly n" 52, et nou la Savoie ^Luzzalto, Abnê Ziccdron, p. 9).

5. Consultations, éd. Prague, 241,

MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG Îi3

envoyé de la communauté de Cologne pour le rachat de captifs ^ . « Un père et son fils, écrit-il, avaient rempli au mieux leur mission, lorsque survint le malheureux événement bien connu : l'évêque [hegmon) fut pris ; il avait déjà commencé à infliger le châtiment, en avait fait exécuter deux et condamner à mort les autres. » Quel est ce malheureux événement? Back ^ pense à la bataille de Wo- ringen(5juin 1288) dans laquelle Tarchevôque de Cologne Siegfried fut fait prisonnier. Mais il serait singulier que Hayyim Héfeç Zahab ait considéré comme un malheur la capture de cet archevêque- brigand. Il est d'autant plus important d'identifier ce hegmon que la même consultation nous apprend un autre fait: « L'année der- nière, dit l'auteur, nous avons promis, à douze, vingt-trois mille marcs au roi s'il remplissait certaines conditions. » S'il s'agit de l'archevêque de Cologne, ces négociations avec Rodolphe auraient eu lieu en 1287, après l'incarcération de Méir, et la somme aurait été offerte en partie pour son rachat. Mais c'est invraisemblable. Je suppose que le hegmon est farchevêque Mayence Werner d'Ep- penstein, qu'on voit protéger les Juifs en 1283^. Il instruisit un procès en règle contre les débiteurs. La consultation qui nous apprend son malheur nomme aussi Eberhard, qui fut soumis en 1287 à Essling. S'il est difficile de déterminer la date, il ne l'est pas moins de connaître les conditions auxquelles les représentants des communautés juives promirent au roi 23,000 marcs ; peut-être était-ce pour la protection des Juifs de Boppard et d'Oberwesel.

Back tire les conclusions les plus aventureuses dune consulta- tion d'Isaac b. Elia, de France '*. Celui-ci écrit à Hayyim Or Zaroua que Méir, qu'il n'avait jamais vu personnellement, lui était apparu en rêve, et qu'il avait vu dans cette apparition un signe l'invitant à rétablir dans le texte du ïalmud une leçon ancienne à la place d'une autre plus moderne. Il avait eu l'intenlion de l'entretenir, lui Hayyim Or Zaroua, de ce passage talmudique et s'était même rendu à deux reprises à Mayence. mais ne l'avait jamais trouvé libre; la première fois il était affligé parce que son maître et non son ûls^ avait été emprisonné, la seconde, parce qu'il avait quitté la ville. Back disserte avec prolixité sur l'incarcération du fils de Méir; comme il s'est mépris sur le sens de ce texte,

1. rofisultalions, éd. n(>rlin, fi8, n"477; éd. Lcmberg, 436 (n"nn )'2i 5'bp'^J^nD

«■•DibpiD ; (;oiTij,-er n"-in en n"nrr).

2. Op. cit., p. V6.

3. Or.Ttr, Geschichle, VIP, 180.

4. Hay.yiin Or Zaroua, Consultations, 104,

5. Il faut corriger 133 eu ^^^1.

^4 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

toutes les déductions qu'il en a tirées tombent du même coup*.

Il est d'ailleurs incontestable que celte consultation est d'une certaine inipoitance. Nous savons que Méir fut interné dans deux prisons; d'abord dans la Wasserbur^, puis à Ensisheim -. La VVasserbour^^ n'est pas un nom de lieu; c'est une « Wasserburg », c'est-à-dire un cbàteau fort protégé par un large fossé rempli d'eau. La première prison peut avoir été la Wasserburg de Mayence \ On s'expli(juerait ainsi que Hayyim Or Zaroua ait été attristé par le départ de son cber maître ; dans la piison de Mayence, il était plus près et pouvait plus facilement communiquer avec lui. De Méir fut transporté dans la tour d'Ensisbeim Haute-Alsace), il demeura assez longtemps. C'est (|u'il mourut.

Les communautés juives voulurent racbeterle maître tant vénéré. Ce fait est diversement rapporté. Les Annales CohnarienMps'' racontent que les Juifs promirent en 1288 une rançon de vingt mille marcs à l'empereur; celui-ci accueillit leur recpiète et rendit la liberté au prisonnier. Salomon Louria '' sait que l'empereur exigea une lourde taxe des communautés et que ces dernières voulurent aussi racheter Méir, mais le maître ne le soulTril pas, disant qu'on ne doit pas racbeter les prisonniers au-dessus de Icui' valeur. Comme on l'a vu plus haut, Hayyim Héfei; Zahab écrit (ju'on avait offert à l'empereur 23, ()()() marcs. Enfin, Hayyim b. Isaac Or Zaroua rapporte (jue, lorsqu'il revint de France et s'arrêta dans le pays ibénan, hîs communautés juives tinrent une réunion à Mayence, ))ai*ce (pielles avaient à payer un impôt considérable à l'empereur Kodolphe"^. Etait-ce pour la délivrance de Méir. alors prisonnier? Nous ne savons. Les indications varient sur le montant de la

1. V. Revue, LUI, 106.

2. liack ln'site dans son choix, parce (lue la première inrarc«''ration paraît avoir été ]>liis sévère i\\u\ la (iciixiéme. Ces sortes de considérations sont sans valeur. Les disciples de Méir communiquent avec lui aussi bien à Ensisheim que dans la Wasser- burj? {Ilar/oren, Vil, 41).

3. Hnf/. Mnim., vi : pni3">I3"n Ce nom est coriompii ailleurs eu M^^TCmi ^Moise di Trani), p"lT3D'ûlT {uitiul Zunz. IJg., 361. n. 4), N^pTlD'i5"*i< Taschbeç, 207). Dans le dernier mot Zunz voit Augsbourir [ihid., 358) et Bambeijjrer, Wurzbuurg (Geschichfe der Habhiner Wilrzhurff, p. 16).

4. Une des .'îi maisons juives énumérées par Scbaab, Diplnvmtische Geschichle (1er Juden in Mainz. p. 61, n" 1'.) étant ajqx'lée « zur ^Vasser^)U^^' », Hark, p. 80, admet que Méir lut d'abord emprisoimé dans cette maison. Inutile de réfuter cette ojtinion : Meir fut incarcén; dans la Wasserburi;, niui dans une maison de même nom.

5. Apud li()limer. Foules, 11, 12. Voir Gra'lz, Geschichle, VIP, note 1.

6. Ynfn schel Schelomo, Giiitlin, iv, 66.

7. Hayyim Or Zaroua, Çonsidldlions, 110. J'ai proposé d'y corriger IDlJ^Tn Cl'-:» 'b ^5735 bli; 072 in-'b en qbXTn ^b'^b \,lievue, lui, 74; cf. LIV, 102),

MEIR B. BARUCn DE ROTHENBOURG 5S

somme. Ce qui paraît établi, c'est que Rodolplie de Habsbourj^ exip:ea une somme énorme des Juifs d'Allemafj^ne. Méir n'était pas d'avis qu'on imposât les immeubles, comme il en était question ; aussi l'impôt ne put-il pas être levé. Le synode de Mayence devait en délibérer. Méir, qui s'était peut-être porté caution auparavant, ne put tenir sa promesse; il prit la fuite, mais fut pris et arrêté. Il est possible que la délivrance des prisonniers dépendît de cette taxe. Les négociations traînèrent en longueur et pendant ce temps Méir mourut en prison.

Son emprisonnement n'avait pas été rigoureux ^ 11 pouvait com- ' muniquer avec l'extérieur et ses disciples restèrent autour de lui dans la Wasserburg aussi bien qu'à Ensishcim. Il y poursuivit son aciivité littéraire, remania ses commentaires et y intercala ses consultat'ons. Il correspondit avec Ascher b. Yebiel, Abrabam b. Eliézer ba-Lévi. Son famidus Simson b. Sadoc a composé à cette époque le Taschbee^ et commencé à rédiger sous ses yeux les Hagahot Maïmoniot^, dont nous conjecturons qu'il est un des compilateurs. Cette incarcération de sept ans n'en fut pas moins triste pour le vieillard, l'espérance de recouvrer la liberté s'affai- blissant cbaque jour. Ce fut la mort qui le délivra, le 19 iyyar 5053 (27 avriH293).

Mais sa tragique destinée ne devait pas prendre fin avec sa mort. Son corps resta pendant quatorze ans dans les cachots d'Ensisbeim sans recevoir la sépulture. Enfin, un homme généreux, Alexandre b Salomon Wimpfen, le rachela et le confia à la terre de Worms, sa ville natale (4 adar 5067). Le noble bienfaiteur qui avait fait ce sacrifice pour la dépouille mortelle du maître, mourut le jour du Pardon de Tannée suivante (5068) et fut enterré, selon ses dei'niêres volontés, à la droite de R. Méir '.

VII. La personnalité de R. Méuî, son caractère, son importance.

Il faut être prudent pour apprécier le caractère de Méir. Les traits épars qu'on peut recueillir dans ses décisions et dans les usages

1. Gractz, VII», 190; liack, p. 81.

2. Azoul.iï, Schem^ I, 187,

3. Voir Ikif/oren, VII, 47.

4. V. Back, 89-93 ; D. Kaufinaim, Die Grahs/eine R. Meïr's von Rollienhurg und Alexandev Wimpfens in Worms, Monalsschrifl, XL, 126-130. Dans le passage douteux de répitaphe de Susskiod Wimpfen, p. 129, I. tO : a-^isn ïî: l}<5C '75', je lirais a^lDrj HT N3^ TJ') ce qui conYiendiait au contexte.

!i6 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

notés par ses élèves pour en composer un portrait doivent être, si l'on veut que le portrait soit fidèle, examinés avec attention, car il est nécessaire de s'assurer qu'ils sont bien à lui et nont pas été empruntés à d'autres. Le caractériser comme un homme d'une piété outiée, ce ne serait diminuer en rien la valeur de sa person- nalité; mais ce serait aussi inexact que de voir en lui un halachiste froid et sec, étranger aux rêveries mystiques. Comme il ne traite pas de questions supranaturelles, nous ne pouvons savoir ce qu'il en pensait. Il s'oppose à Juda ha-Hassid dans la même mesure que les talmudistes allemands du xni* siècle, Eliézer b. Joël ha-Lévi, Simha b. Samuel, Isaac Or Zaroua, Abigdor Cohen Cédek, dont nous connaissons aussi peu les opinions à ce sujet. Si la postérité ne lui a pas donné le titre de hassid » ce qui ne prouve rien il est appelé par ses élèves « le saint » et cette épithète ne se rap- porte pas seulement à sa fm tragique, mais aussi à sa vie, qui fut exemplaire, comme on témoignent précisément les notes prises par ses élèves. Disciple des tossafistes français, dont Tospiit s'était transmis dans les écoles allemandes, comme celle de Wurzbourg, il n'est [)0Mrtant pas éloigné de l'état d'àme des mystiques de Ratisbonne et de Woiins; d'ailleurs, l'étude du Talinnd n'exclut nullement une moi'alité austèi-e et la croyance au surnaturel.

Dans les rites et dans les usages synagogaux on est surtout frappé pai' un besoin de concentration et comme d'intériorisation, par une tendance à s'élever en dépassant le sensible. On perçoit chez Méii" un écho de Juda ha-Hassid. C'est ainsi que, dans la prière, il s'arrête au calcul des lettres et invocpie à ce sujet un passage des Ihkhalof ' ; il se laisse aller aux « guematriot^ », tient compte des traditions de Juda lia-Hassi(P, insiste sur la pronon- ciation exacte de certaines syllabes comme "^d, qu'il ne faut pas prononcer «fi», pour éviter l'apparence d'un blasphème '. Il motive des usages cultuels par des interprétations massorétiques : la valeur des lettres du mot bnn^i lui apprend le noml)re des « bab- dalot » d'une année '. Il se laisse guider par des rêves'', en quoi il ne faut pas voir un signe d'exaltation, car il était de son temps. Il

1. Taschbeç, 218 ; cf. ii" 415.

2. IhicL, 255, 453.

3. IhifL, 219, 248, 251, 531.

4. Ihid., 220.

5. I/jid., \:\o, 15fi.

6. Mon/fi-knï, linh/i hammfi, \^ I ; Tcscfioiih. .V</if/i., "j'>:p, 31; Voruès, 4I;>: \'2^ Q^b^ "^"y TZ'^V'^ NIH 3n3 ; autrcineul compris dans TeroumaL ha-lh-schen : "J^t

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MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG Ô.7

parle des souffrances que supportent sans les sentir les martyrs de la foi, et explique ce phénomène par la Massora et un passage du Se fer tléchalot ^ ; il reconnaît ne pas savoir si en Palestine les tombeaux pèsent, ce qui prouve qu'il le croyait pour les autres pays^ Il est d'ailleurs peu indépendant, s'efforçant de tout appuyer sur l'Écriture. Il tend vers la pratique rigoriste; il évite anxieuse- ment de se prononcer dans les questions qui ont été controversées par les autorités. Aussi mettait-il deux paires de « tefillin », pour satisfaire à l'explication de Raschi et à celle de R. Tam^, ne buvait pas de vin nouveau avant le deuxième jour de Rosch ha-Schana pour pouvoir prononcer la bénédiction de i3''"'nn':: ' ; il ne permettait pas de faire chauffer la maison, le jour du sabbat, par des non- Juifs, parce que c'est une des choses permises pour lesquelles d'aucuns suivent l'usage plus sévère ^.

On ne doit pas exagérer certaines opinions de Méir et croire qu'il repoussait les usages superstitieux, comme le ditGiidemann^. S'il ne prend pas garde au danger de manger ou d'utiliser des choses qui vont par paire (msiT), c'est, dit-il, parce que ce danger n'est pas plus à craindre dans nos pays que l'eau dans des vases non couverts (û^td ^'hy, ou le mauvais esprit qui se pose sur les aliments^. Il permet l'usage du miroir, dont Simson de Sens ne se servait que pour un mal d'yeux et en se couvrant la tête, quand on se fait couper les cheveux par un non-Juif ou qu'on se rase soi- même ^, ce que les Tossafot permettent également® et ce que, au témoignage de Péreç, Samuel d'Evreux, son maître, faisait lui aussi, tandis qu'Isaac Or Zaroua ne l'autorise que lorsqu'on se fait faire la barbe par un non-juif '^.

Reaucoup de paragraphes du Taschber sont pris à des sources auxquelles il faut remonter. Ainsi, ce n'est pas Méir qui permet de fendre des fétus de paille le samedi pour se curer les dents, mais Juda Sire Léon, au témoignage d'Isaac Or Zaroua ^^ ; même obser- vation pour le port d'une clef d'argent le samedi ^2. Ailleurs, il faut

1. Taschbeç, 415.

2. Ibid., 560.

3. Ibid., 271.

4. Ibid., 120.

5. Consull allons, éd. Crémone, 5 ; éd. Prague, 92.

6. Geschichle des Erziehungswesens, I, 172.

7. Tossafot de Yoma, 77 6.

8. Tasc/tbeç, 542; Orhot Hayyim, II, 231.

9. Tossafot Nazir, 59flf.

10. Or Zaroua, Aboda zara^ g 151.

11. Ibid., II, 28a.

12. i6id., 39 6.

S8 REVUE DES ETUDES JUIVES

consulter les passages parallèles, p. ex. pour la permission de sortir le samedi avec une de ces amulettes qu'on attachait aux enfants pour les préserver du mauvais d'il'. Méir n'est pas le premier à avoir des scrupules touchant l'inscription des noms d'anges sur les gâteaux de miel qu'on donnait aux écoliers 2. 11 permet de recourir même le Sabhat aux '< mesures» employées contre les maux de tête ; Juda ha-Cohen le défendait ^

« Damnée soit la femme qui a un mari et qui ne se pare pas ; dam- née soit celle qui n'a pas de mari et qui se pare»; cette condamnation n'est pas de Méir, mais de Simson h. Abraham '♦. Rack avance sans la moindre raison que Méir la reprend pour la recommander à son tour"' ; il aurait pu en dire autant pour tout ce qui a trouvé place dans les recueils de ses Consultations. Qu'il ait été partisan de «la plus grande égalité possible des femmes en matière religieuse », qu'il leur ait permis l'abatage des animaux, etc. ^ pur»» invention encore. La consultation en question est de R. Tam et c'est la Mischna qui autorise les femmes à abattre les animaux ^ La réfu- tation d'erreurs de ce genre nous conduirait trop loin.

Méir unit en lui les grandes vertus des docteurs juifs, le sen- timent religieux et la fermeté dans la foi, l'humilité et l'amour de la paix, la solidarité de la race et l'attachement respectueux au patrimoine intellectuel et moral du judaïsme. « Que Celui qui est notre lefuge accroisse notre force et notre vigueur pour que nous puissions le servir en toute piété et en toute pureté ». « Que notre l'ocher éclaire nos yeux de la lumière de sa Loi » : ces formules

1. Ta.scAApf , 60, Glnso : b'^'^Tip ; (\:\ns CnnsuUafinns. «^il. Lombore, 140: "".bip; Parnès, 167 : ^^y '^IPH N^m "iN^iTn "«ibnn y^fZ'p. r.iul.'numn, r.eschichte des Erziehungswesens, I, 215, écrit : a Les enfants portaient des corails au cou » ; Rack. p. 99, parle de « chaînettes ». En réalité ce sont des amulcUes qu'on entourait d'un fourreau de cuir. Collare, Coller, Collier.

2. Taschheç, 416; v. Z.G., 169, note a.

3. Tour Orak Hai/i/im, 1106: Purjies, 282. La source est j. Sahhnf, xiv, 3 (note de M. nioch sur la consultation ;H2 de l'éd. Prague). Le mot fran.-iiis est corrompu : m3N"'"*D {Taschbeç, 4?)) ; "T'^TD {Haff- Maïm., Sabbat, xxiv, 4]; (n'^WTD) "l"«3TD [Consultations, éd. Prague, .•;I2), r!5VD [Mordechai Sabhat, .".2S\ N^-^D {'/><>/., 499), Jona, Issour vahetter, éd. Pratrue, p. 85, 31 ^''^PD^N- Cf. GùdiMnann, op. cit., 215, n. 1. Ce n'est ni « empaimer », ni « panser » (explication de D. Kaufmanu, à la fin de l'édition Blocli des Consultations de Pra^rue), mais « paumer » : loucher de la main (Godefroy, Lexique de l'ancien framais, 382).

4. Consnllations, éd. Prague, 199. Les n"* 196-200 appartiennent à Simson b. Abraham.

5. Back, p. 51, n. 2.

6. Idem., p. 60.

7. Zebahim^ m, 1.

MÉIR B. BARUCH DE ROTHENBOURG 59

terminent souvent ses lettres ^ Ses signatures décèlent une extrême humilité^ ; offensé, il pardonne facilement^; comme vertus juives, il prise la pitié ^ l'égalité entre le riche et le pauvre^ ; il parle des égards dus à la femme par son mari ^ ; il déplore avec affliction les trahisons de certains individus ^ Il condamne la justice trop stricte comme l'injustice^; les fils d'Israël ne doivent pas pécher contre la vérité^. Ce ne sont que quelques traits d'un caractère qui s'efforce d'atteindre à la perfection dans l'idéal de la vie ; mais ils suffisent à montrer combien la personnalité de Méir était impo- sante. Si nous ajoutons qu'il domine avec une assurance souveraine le domaine illimité de la Halacha, nous ne nous bornerons pas à l'appeler « un homme de talent et de caractère^" », nous compren- drons l'admiration respectueuse des contemporains et de la pos- térité. Il n'était pas poète ; la prose rimée des introductions de ses consultations, qui rappelle souvent le style des pioutim^',avec ses rimes pénibles ^^, ne montre pas un sens de la forme bien déve- loppé ; même l'élégie qu'il a composée à l'occasion de l'autodafé du Talmud n'atteint pas Tart des maîtres espagnols. Mais comme halachiste, il est solide et pénétrant. Il ne cherche pas à billler par la subtilité dialectique ; ce qui l'intéresse avant tout, c'est une solution claire. S'il respecte les avis de ses prédécesseurs et n'ose se prononcer contre eux, il a une tendance évidente à chercher le juste milieu dans la mêlée des opinions. Il est lui-même une des dernières autorités rabbiniques ; son importance réside en ce qu'il a appliqué la méthode tossafistique dans son enseignement et, par l'intermédiaire de ses élèves, aux grands codes d'Alfassi et de Maïmonide. Depuis R. Guerschom, il est la personnalité la plus caractéristique des Juifs allemands, et son influence a été pendant

plusieurs siècles considérable.

J. Wellesz.

1. Consultations, é(\. Lemberer, 378; éd. Prague, 96; éd. Crémone^ 172,

2. Voir plus haut, LVIII, p. 230.

3. Consultations, éd. Berlin, 48, 304.

4. Éd. Prat:up, 83. 0. If)., 104.

6. Ib., 81.

7. Éd. Crémone, 214.

8. Voir plus haut, p. 68.

9. Éd. Crémone, 246.

10. Geiger, Nnchqel. Schriften, II, 160.

11. Éd. Crémone, 35, 53.

J2. Éd. Prague, 76, 79, 92, 104,

moïse tako b. hisdai

ET SON KETAB TAMIM

R. Moïse 1). Hisdaï, le célèbre tossafiste et commentateur do la Misclina, était généralement considéré comme identique avec Moïse Tako ', l'auteui' du û"'?on nnD, ouvrage de polémique contre Saadia, Ibn Ezra et Maïmonide, dont un fragment a été publié par Kirch- heim-. Récemment M. Tykocinsky^ a contesté l'identité de Moïse b. Hisdaï avec Moïse Tako et même l'identilé du fragment Kircbheim avec le D"'Wn nns. Mais ses arguments sont si faibles, à mon avis, qu'on doit s'en tenir sans bésitation à l'opinion courante.

Examinons d'abord la paternité du fragment.

M. Tykocinsky croit que les citations dTsserlôs ' ne suffisent pas à établir l'identité du fi^igment Kircbbeim avec le Krtnb Tamim, car, en ce qui concerne rap[)réciation du ScJdv ha-Yihoud, « l'au- teur du fragment peut tout aussi bien l'avoir empruntée au Ketab Tainim ou avoir eu sur ce point la même opinion ». « f.e passage du Torat ha-Ola, ajoute-t-il, prouve le contraire. Tandis que le Ketai) Tamim, d'api'és M. Isserlès, attribue le commentaire de Job à Nabmanide, l'auteur du Iragment en fait un ouvrage de Maïmonide. »

Pour ce qui est du premier passage, on fera bien de remanjucr qu'il est cité par Isserlès au nom de Salomon Louria *■' ; or, il est

1. Voir la bibliographie dans Tarticlc de M. Tykocinsky oitr n. 3.

2. Ozar Nechmad, III, 58 et suiv. (cité dans la suite par 1rs initiales 0. .V.).

3. Movahachrifl. MV, 1010, 70 et s.

4. Consid/alio)is, u" 120, et Tarai hn-Ohi, r\\. "0.

5. -i^;r3 iDiuî't) 'nb^^ b"m-\m2 in^sn iî-i^no du:3 -^mN ^b dpd -»«« Vw*i3 v^"* "^HN '03 DTnD'j ni2 ^?2D by "nriwX? n7;2 "i7:-,p?:3 itsi Tin^n riT ■'-i-i '"T^a nnNT 'dsh hn 2210 Tinnn n73iNn 'd u^fzr d. ddd) -inr) Nip:

t\li'f2'] rpnJZ (cf. 0. .V., p. 81 cl 98j.

MOÏSE TAKO B. HISDAI SON KETAB TAMIM 61

sûi% comme je le montrerai plus loin, que celui-ci possédait notre fragment. Consulter aussi les additions d'isserlès au Yohassin ', il cite, au nom d(3 û^n7:iî< ■a*', ce qui se lit dans le fragment sur la paternité du Schir ha-VUioud {0. N., III, 81, 98)-. Quant au second passage, M. Tykocinsky, comme Gi*œtz"^ s'en est rapporté à Kirclilieim, qui dit avoii* trouvé les citations du commentaire de Job dans le commentaire imprime de Job de Nalimanide, d'où il suivrait que ce commentaire aurait été attribué par erreur, dans le fragment, à Maimonide au lieu de Nalimanide, En réalité, le com- mentaire de Nalimanide (éd. de Venise, 1518) ne contient rien qui réponde à la citation du fragment '*, tandis que (p. QQ) j'y trouve tout le contraire ! Dans le fragment^on lit :

n:) û-'tju:! ,"imî^^::?3 ^lo ynnb Dnb V72î<n Nb nm^ D^n^iJ'n ib^N T>rya iDT Nb ^"1^733 n-mnnn -iu:n D-'''n3n73n D-^^a-non ii^^yD idt

•IND "ly i"nTn7: ^^o^ imnb^ m^bo ûnb r-nb:>b

Nous lisonS; par contre, dans le commentaire de Nahmanide sur Job, IV, 18 :

'*^Nn "«3 -iTiwX^ t<Tn ]ui<^ ^n"«3 bDD "^-iiD V73N'^ «b i^inm in nn-^D "^DTDMa Dri<T ^^"n3'^^73^ TDin tanb i^:^r:b v-inj^n ^:3^3 i:rN D-'bbnn nb^t^ an ^d nbnn -inyin u^'::'^ TiDj^bT^m .TrnmoT vnno nJib QnTn3cn73 n^mn-rnTi i<:T ûn'«D--î vdii bD xb ^d .Tiion î<i373 ...tDno"^ "iD^n am ^^z•^l -yyi"^ cz;"îi< ■•3 3 -«d r]5<T ; sur xv, 15 : n:r:2n n^T Tc-^bt? n^Tn"« ."O^n nb^jT n^ns -^d £]n 'i:*t rujmpn p 1DT fc<b Q^73DT .ii's::i<-in •inD:'7û3 vnni "tuj-i^d nasT .nbwsn a-^pnosa Q-^^^ 'i^3î<b7:m p^5<n3 n72i< h^nd Q"'73-::n NDi:b t72-i T^r^D Nb N731-173 ""biiZNT p-^rr-" ^b ^sib^y ^ro^i-p^ p n?2N m:nnm î-ibnn

.•^m72ip ii*-T

Ainsi, Nahmanide, comme Maïmonide ••, rapporte viny^ vu:mp^

1. Ed. (le Cracovie, 16") (/.

2. Cf. Landshut, Amoudê ha-Ahoda, 243 ; A. Epstein, Schemouel hé-IIassid, p. 19, II. 32.

3. Geschichle, VU, 16S, n. 2 ; cf. plus bas, p. GG, ii. 3.

4. P. 75: uîn-iD Nnnu: Di^N 'ai-i^Da nDi7j pT ...3nr) ';i?3"'"^73 "id n;a?3 'ni -i-i-i^jr isim bD's:;ri b::?:^ Nin i^b:^ pD: iiddh i<DD n;L\N D-'-iïîn ddd pi n?3Dnn cosn nb::N3 du:?:! D^3i<b7:n b:>b:^ î<!n i^nnn ■'iL::n ypnm irbjn n''n-iU37:n ny^D mrT73n b:}b:i "iTnn;::! qi:in '\i2 nri<:zn r^bb mon n7:;aT .. .3nD NiTJ^ pwNi .. .b"D:n D"i:'C5. c:f. i». lu : 'n ci'«c-i73;j bDu: b;D b^bsn bn^x ...Ti:i-«T t<b an "ib^cN p73-'"^73 '13 nu;?:, et p. 84: nn nu:73 'n i-ianD «bi

îi. iWore, m, 13. Cf. 0. .V., p. îiu.

^i HEVUE DES ÉTUDES JUIVES

v5Nb73, û-«730 aux serviteurs célestes, saints ou anges, et nullement aux philosophes et aux ernfiites. Il faut donc que l'auteur du fragment ait eu sous les yeux uri commentaire d'un pseudo- Maïmonide sur Job, commentaire qui n'a rien de commun avec celui de Nahmanide. Par contre, fzjzn, dans le Torat ha-Ola, est sûrement une faute de copie pour D"n72-i ; cette confusion est fré- quente. Notre texte constitue ainsi un argument valable en faveur de l'identité. Passons aux autres preuves :

Salomon Louria, dans la seconde préface de son Yam sclwl Schelomo sur Houllln, cite ainsi leKetabTamim : 7:"n ddh n:m •7:13 (1. D-«73n) T72n b -i2^nu5 'nom D•^b^^:lr^ \^i -iDnno ^«ncn 'in 'riD -«ujN 3-n î^3^n-) b"TT TKi:73 - ^'2^ ' nrjp nj'^n-» ncri '^ d t d i b "^ d n . . .m»brn nt^. Tout le contenu de notre fragment est résumé ici en deux mots : « contre la philosophie ».

2" Un autre argument de poids est une citation du fragment Kirchiieim dans VAvougat ha-Hosseni d'Abraham b. Azriel. M. Tykocinsky cherche à l'affaiblir et affirme que ce passage-^ a présente des (H vergences considérables '• »>. « Fût-il tout à fait le môme, ajoute-t-il, il ne serait pas encore prouvé que le fragment ait servi à VArougat ha Bossem. L'hypothèse contraire serait tout aussi possible, ou encore ce passage, qui n'est qu'une citation de V Alphabet de II Akiba et des Pirkê de H. Eliczer (?s aurait pu avoir été emprunté par les deux autqurs à ces sources. »

Or, le cas dont il s'agit est le suivant. On sait que le fragment Kirchheim abonde en lacunes; une de ces lacunes est particuliè- rement considérable'', et c'est justement une grande partie de ce passage qui s'est conservée, avec la fin restée dans le fragment Kirchheim, dans VArougat ha-Bossem, fait signalé d'abord par Perles*', puis par Kaufmann, qui a publié le texte en question ^ Après avoir reproduit la célèbre consultation de Haï \ 1 auteur de

1. Ouvrage coinpièlement inconnu des bibliographes.

2. Dans ce dernier ouvrage ?

3. Company- Monatsschrifl, 1882, 415, 1. 20 et suir., avec 0. A'., p. 87, 1. 21 et suiv.

4. Le I second passage » (comp. Monnisschr., 1882, p. 416, 2, avec 0. A'., p. 62, 1. 16), qui n'a qu'une « lointaine analogie - (Tykocinsky, l. c, p. 811, uesl pas emprunté au Kelah Tamim, mais au commrntaire du mi>me auteur sur Middol, ainsi qu'il est formellement indiqué (...lam-DD '•n'^Nn) ; rf. Kaufmann, Monatsschri/'l, /. c, p. 417-418.

5. 0. ;v., p. 87, 1. 20 : -"ds nnN Cj-i -,cn riD.

6. Monatsschrifl, 1877, 364.

7. iAiti., 1882, 410 et s. (le texte p. 412-416). b. Voir Taam Zekénim, f" 58 et s.

MOISÉ T\RO B. HISDAl Et SON KETAB TAMIM

éâ

VArougat ha-Bossem la fait suivre des paroles de Moïse b. Hisdaï, qui y rattaclie ses explications :

-i"3 ncTD n"n n^i ïib.Ni .S't \xn m "jiNsn '^nm Ind n:'... t=!n y-iNT a''730 tS^nu: -i7:V5 -ii-n id^î^ (■«•^î^n 'n) p*^ni:n ht -^n^ch

c^.x qor p n^'û-û :iin:;D nn^^b ni (i. ir^ibNu;) nb\xa "^ nb:?7:b 'd*::

T-iT^ D"^n7an r-^-^nn nyu:3 'n'^pj' 'm 'rr^n 'sb^n 'n:; -"Dm 'pn ba^2u: n7:b7j >-»3n nbi^^b tz;\n72n rN r^^nt] ^:i nris^-i ../pn r-js'^pnn ... in j'pnn ib-sa n735<3 htsn C]bN t\'^~'^^ it^d b"i-:î "idiu;

.l-tiinpnTa ppm73S2y rr^^a^b^

Arougat ha Bossem :

'j-'nnrnTQ D'^nn-'N n-»3^"^3-i -^'^pinn VT^npnTi pTin-iii' n''u:'>73n nj^'^prn r-n72^j mn î-i-^Csa rii'^pnn rriyn^ nypnn] p^Dn:i':> mo3Dn73

i:}T nniDT V^DNn) [mN^i: 'n r^bij'b pDiiin ttdd d:h a"'p"iDm :)TDNb pT^nj? t^nn

13' y-iNH -iDj'n mj-iu: rnsn^n (1. rjiiin) pjn i^tû -r^^nDa ir^;:: N133 i^r3':)T 3p-i ii"in J«vb72 fi<b« pipD p"":» y-iN":» 'pn t^np^'CD r-i''''nn d'»:; bt: mDi:^" bD

\!-pn bu; "i^Dt^T»::] 'pn bu: r^^an'n 'pn N3b n^nj'bT b:j x-i"'^nn «b?: Su i^-n73T TCwSi nyu; pc< n>*iD r-iN u;in7:i a^nTDr; nx rT>^n7:T ♦lî^D TJ .b:: Nb733 ^u;n"iuj ':;:: bDn

Ozar Necitmad :

tD^HD^^î n"'3'-'n-i nj'^pnn'*

r-i"'u;^7ûnn nj'-^pnn ["iJ-ninlTanTa r-i^\:j^u: 'pnn y73npn73 p^nn-n;' ny^pnn ';-"'2i:jb mo:Dn73 m72u:3 p-^r:*-) b:? i"'i7ûnji y^n r-i-'^-'Du: •ai nnu:i TbDwS mfi<3i: 'n p^ 'du: CD •'DiJkn (i. "17:2) ';i*=' ^ ^ ,'^b 1 D N ? D ■> n j'H; î< 2 ~ D b T 3? b Xwn'Q '-1 "n73N N""n p-ism yn5<n ns^n m^^i^D mci^n ^d £*<b« rjiiin 173 n-'"nu:D id-i^u: -\y Su: b:: ^ - 'dt Dp-i iTi-in NbTo lUN-i:: im- Nin Dip7j nrwN?: n"n T-i'-Zi-pn ru: "iu:î<Tw n"3pn dc r<:"iD'r ^^^Jb^ tl: m-^Tn [xbrj] n-i-nT^T nu:jt-i ni'u: nN -un: n"zp- u:nn73T aTT^n n-'nTûT 5L:rî n^-^nn T j ."rra N?7:3 ■^u:niu: ':u: îdh

1. Cf. 0. iV.,p. 93.

iJ. V. Taarn Zekéiiim, f" 59.

3. 76id., P 60, 1. 4.

4. Ici une lacune.

5. La référence à VALpkabel de U. Aluba est due [\ Kirchhehn, mais elle doit être trauspurtée à la ligne précédente, devant ^3. Celle transposition parait avoir induit M. Tjkocinsky en erreur.

t). SiijMie d'abréviation du copiste.

64 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

Ainsi notre passage contient non seulement des citations concor- dantes de V Alphabet de R. Akiba et des Pirkê de R. Eliézer, mais encore une asseition de l'auteur intercalée entre ces citations Qs)

biDwNb D-'iTiy N3n abiy? D"^Di:in "iTjDj et qu'Abraham b. Azriel combat (I"° \ \ a) : wsb biDwsb Y'\'^ry ndh □bi^'b D-^Li^n yrz'D D> ^ '^^'n.'n ht 'rru: nr ...miTû^a ^^-^mn 'p'^';>^\ cf. F8-4r/: V'i:t \sncn '-a ;^nc?2j -i"n -^-imm D^nTîn n"''>nn3 r7"«nn ps' p nb"«DN^ 3irD ^ ; y. encore O. TV., p. 00.

S"" La môme citation de VArou(/at ha-Rossem contient encore un second passage concordant, qui se réfère directement au fragment Kirchheim. Comparer MonatsscJirifl. 1882, 413, 1. 3 : ^ '7:«o riT: dît p '^73Dn n-i73N':: i?:ip7: u;-^d: '?:pb [a^73^j ncb'»:: pn a^r:3 Dr«, avec O.N., p. 91 : es;:: imNn a^-ibi^n D^? TwX D^^nr: bD m?:* n^cin mT:*» rrion... ;2:-n733 ^"«"niD D^72''b\:; t<bT u^n"^ 'y rirr^rn n^^iin iti^i n">c?:n niTD"» ^'»2 ^"23 pi 'y^ Q■«"'73^'7o i3"«"^n^i Nnp?3 nb^:i?2 .

Ainsi que Kaufmann Ta déjà justement remarqué \ la consul- talion de Haï doit avoir précédé chez Moïse b. Hisdaï la discussion qu'il y rattache. Or, de courtes allusions à cette consultalion se constatent dans le fragment ; voir p. 88 : b:' ';"in3 -^nh 3-i ntr^pi ir^m . . .bLsn "«D cdj ■'^n 'iiî^ i3 tC'O ^1. b::) ; cf. Taam Zekcnim, f' 00, 1. 18 ; p. 92 : mDiwNn 'os «in p nb\^3n ••t:"' nw^"'3 ^c^n 3n '^c:: (1. i^^jd) x^iyi 'n n72N72; /^/V/., Tps pn n-^u:73n ^b7j :;-i-in^i nnD \xn m ■'d ncn iNom Dinx '^bTû, cf. Taam Zpkénim, 59, 1. 16.

5^ La thèse de la paternité de Moïse b. Hisdaï peut s'autoriser d«' ce passage (0. A^., p. 80) :

;DiVDn M^'^r^ p ^z sz-'rTQm a^N-ipn yi rriwsc: nbspn r-imsi s^i-'onb bD372 N2 '':'^^v12r\ "ido imN-:: i:b TT^in ...tznb-:: c?3"in

Il suit de que Tau leur du fragment vivait à Hatisbonne, ce qui est vrai de Moïse b. Hisdaï ^.

L'identité du Ketab Tamim avec le fragment édité par Kirchheim et la paternité de H. Moïse b. Hisdaï étant ainsi assurées, passons à la seconde question, celle de l'idenlilé de Moïse b. Hisdaï avec Moïse ïako. On sait (pi'Israël de Briinn aftirme cette idiMitité à plus

1. .Moïse b. Hisdaï; v. Monalsschr., |>. 41 i, ii. 3.

2. Cf. Kaufmann, /. c, p. 411.

:i. R. Haï. C»! passai^o manque dans Ici. <lu Tauîn Zckcnim (p. 00, I. IG), mais figure dans \'Arouf/a( ha-Iiossem {Mona/sschrin, l. c, p. 411) et dans d'autres

manuscrits (/7a, p. 56:j) : Nirt DH^bjT Vn^T l^bD D-'73^ Hwbu: l^riT:'' '7:^N 'C^T

nyzn "«D n?:N3 n^Ni .vîDb n^mn i^izy^ •^•j'^'D^n dvd d^izvq r.'^^n-' -itdin ...m73"^ Û^3'û rîN73 p.

4. L. c, p. Ul.

D. Or Zaroiia, I, u" 33G ; cf. Monatsschr., 1. c, p. "3.

moïse tako b. hisdâi et son KITâB TAMIM 65

d'une reprise. M. Tykociusky conteste Texactitude de cette indi- cation, parce que la désignation de « Tako » est inconnue des contemporains de Moïse b. Hisdaï ainsi que des auteurs postérieurs. Moïse Tako serait donc distinct de Moïse b. Hisdaï et serait iden- tique à « Moïse surnommé Tako », qui vivait en 1291 à Goslar ' et qui serait le même que le rabbin de ce nom cité dans le Migdal Oz^. Un autre argument contre l'identité serait le fait qu'une consultation reproduite par Hayyim Or Zaroua ^ avec cette remarque : b^ nn-'n^?: npn:>r:3 r!m'w:n7j Tpn^^rr ^nTj^-'DC it nm^n V'iitT npn niii'n 'n mn se retrouve dans les Consultations de Méirde Rothen bourg '* avec cette fin : ^t<^on -a t\W2 ûiboi ; d'où il résul- terait que Hayyim Or Zaroua distinguait Moïse Tako de Moïse b. Hisdaï ^. Mais la seule conclusion qu'on puisse en tirer à la rigueur est que Hayyim Or Zaroua ne connaissait pas l'auteur de cette consultation ; il savait seulement que le texte qu'il copiait provenait d'un autographe deMoïseTako; il a pu ignorer, lui, que celui-ci en était aussi l'auteur, ce que nous apprenons parle texte des Consul- tations de Méir de Rothenbourg. Il faut remarquer, en outre, que cette consultation figurait dans le petit Or Zaroua, 163, avec une note analogue : miDi^ n"n b^ "^"dtd ripn^^irtuj nanuînTj Tpnj^rj it naT^an Vt ip(N)n ^ ; il est donc probable qu'elle se trouvait déjà dans le grand Or Zaroua de son père R. Isaac b. Moïse et il serait alors impossible qu'il s'agît du rabbin vivant à Goslar en 1291. En tout cas, la note finale ajoutée par Hayyim Or Zaroua prouve que la désignation de Tako n'était pas inconnue des contemporains. De plus, il est difficile d'admettre que Hayyim Or Zaroua ou à plus forte raison son père ait appelé V'^st . . . 'n anrt un rabbin qui vivait vers 1291 et consulté Hayyim Paltiel, contemporain plus jeune que Hayyim Or Zaroua. Moïse Tako de Goslar, dont on ne sait rien si ce n'est son procès avec un certain Mordecbaï et ([ui ne reçoit que le titre de 'i nnnn ("l'nn), n'était probablement [)as un savant de marque. D'autre part, le compilateur du ms. d'Oxford 794, R. Abraham de Worms^ rapporte une décision de ses maîtres

1. Méir de RoUioul)Our;r, CunsuUalions, éd. Lenibory, ii" ilO.

2. Mirjdai Oz, Schekalim, III: nbapn "«DT: Vt ipn H'::?: '"1 3nn '^D pi. Cf. 0. jV., p. 87 : ...nbnpn v^t-

3. Consultations, n" 179.

4. Ed. de Lemberg, n" 114.

5. Monatsschrift, ib., p. 77-78.

6. 0. N., p. 54.

7. Voir Neubauer, Catalogue, lofi. Sur le compilateur tt snii m.iilrc \\. Samuel de Bamberg, v. A. Epstein, Maase/i ha-Geonim, \\. xv, n. 3(1 /. /".

T. L\I, N' 121. fi

66 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

R. Moïse ïako et R. Samuel de Bamberg '. R. Moïse Tako était donc un contemporain de R. Samuel de Bamberg, qui lui-même était le contemporain de R. Simba de Spire -. L'identification de notre Moïse ïako avec Moïse Tako de Goslar est donc absolument impos- sible, alors que ce syiicbronisme s'accorde parfaitement avec l'hypolbèse de l'identité de Moïse b. Hisdaï et de Moïse ïako^. Ajoutez que le Kelab Tamim, ou des citations de cet ouvrage, sont mentionnés par les uns R. Abrabam b. Azriel et R. Salomon Louria au nom de Moïse b. Hisdaï, et au nom de Moïse Tako par les autres, R. Israël de Briinn, (}ui insiste même à plusieurs repiises sur l'identité, l'auteur du petit Scheni ha-Guedol'nn '•, qui est bien renseigné sur la littéi'ature rabbiniciue de cette époqn«\ Enfin, il est tout naturel de croiie (]ue Moïse Tako, dont le Mif/ddl Oz cite un commentaire de Sdiehallut, est le même que Moïse b. Hisdaï, commentateur de la Mischna '.

L'auteur du Ketab Tamim est donc le célèbre lalmudisle Moïse b. Hisdaï. C'est lui qui prend à la lettre les passages bibliques ainsi que les agadot, repousse toutes les explications figurées, croit fer- mement aux antliropomorphismes, à la résurrection corporelle et à l'existence des démons. En cela, il n'était pas isolé '•. C'était lopinion générale des labbins les plus célèbres de TAllemagne et de la France (il faut en excepter, en partie, la Provence après l'apparition de la famille Ibn Tibbon). Ce sont les Caraïtes (fui avaient provoqué les premiers la lutte contre les antliropomor- pbismes par leurs attaques contre le TalmmP. Aussi cette lutte

■1 . K" :;4 h : nTibim noD3 nnN rrcN nnM "^inn n^c: phn d^du: Tr?:*::

mbn r;yn\::b mbi"" n'viîNnu) Dr:: i"i7:ni (I. p"n3:3373) pmz: -id*: ^"y^ "«r^nuj "ûin Nir: -^TwP'w t<::?:p p^:?2 r^'^izr'c: 'lph^ D"'r::ip7:'?

Je (lois la citpif de ce passage à l'amabilité de M. A. Gowley.

"1. H.iy.viin Or Zaruiia, ConsulfitlionSy ir" .'iG-Gt.

:!. Cl. Tykociiisky, p. 7i. Gra-tz, (ieschich/c, Vil, IGS, ii . 2. <»iil : «Tako ruiiiiaissaiil dans son <)nvi;ii:c !<■ rommenlaire de Nahnianide snr Juli et li> cnnt'undail inrnir a\ce M.iinMinidi' ; il in Ksnlti; <|u'il était heani'uiip |dns jeune (|ue lui, etc. >• . J'ai nionli't' pins li.iul i\\\v \r tait e^l inexail. Ci'esl dune a lurl «pie (îratz place iintre autour prndant l.i dcusitriir jntlc pour et cunire Maiinonide : voir plu>i loin.

î. V. lirhnritn A/i/,itii. p. '.».

.t. V. Zunz, /v//;., 316. Le loninKUl.mt de Moi>e b. Hisdai sur Xcdarim est onrore cité par II. Kisik Stciu, dans son cuinuientaire du Seuia^' {Senidf/, éd. Kupust, 28(/, '2\)(i).

G. Gra-tz, op. cil., ITO.

7. Voir Juda liarceloni, f'oinmenlaire du S. Yccira, p. 20, '.\i ^Saadia a réfute un sectaire ipii avait prétendu «jue les tahnudisfes croyaient aux antliropoinorpbisnies), i'.): 11. Han.inel dans son GomniiMitairc d»- lirnulml c\\v Or ZaroKo, I, 21, tlc.\ Gf. Esrhhd hti-K(>/(-i\ ^ns et s. (."MJ;.

moïse TAKO B. HISDAI ET SON KITAB TAMIM 67

resla-t-elle confinée presque exclusivement aux pays demeu- raient des Garaïtes '. La France et l'Allemagne restèrent fidèles à l'interprétation littérale de la Bible ainsi que des agadot^ ; on le voit par les Akdamot de R. Méir b. Isaac, officiant à Worms, poème devenu populaire, par les explications littérales des com- mentaires attribués à Guerscliom et de ceux de Raschi ^ sur les agadot antbropomorpbiques, par différentes interprétations des Tossafot, par le témoignage de R. Abraham b. David '*, enfin par les livres et épitres de polémique écrits par maimonistes et antimaï- monistes pendant les années 123"2-1234, époque à laquelle vivait précisément notre auteur -^ « Les plus grands et les meilleurs » des rabbins français et allemands pensaient donc comme lui ^

D'autre part, il fait preuve, comme Kirchlieim est obligé d'en convenir en partie, d'esprit critique et d intrépidité. Il s'élève avec la plus grande vivacité même contre R. Juda hé-Hassid, qu il vénère d'ailleurs"^; il combat la cabbale pratique des mystiques de son temps ^, met en doute l'authenticité àw. S chiour KomaQtÂQ V Al- phabet de H. Akiba'^, tient pour falsifiés le Pérek Schira et le Schem ha-Ebarim^^. Il écarte certaines agadot parce qu'elles ne

1. Cf. MilhamoL Adonaï, Hanovre, 1840, p. 7 en bas. Pourtant voir plus loin, p. 69, n. 4.

2. Sur les antliroponriorphismes voir Yedaya Bedarsi dans les Consultations de Salomon b. Adret, I, 418 ; il cite à ce propos les poésies de En Vidas, c'est-à-dire MescliouUam b. Salomon Da Piera (v. Dibrê Haliamim, p. 76, 17, 78 et comparer avec \e Ketab Tamim, p. 71, 74). Voir encore Samuel Saporta [ibid., IV, 44) et la lettre de Nahmanide ; puis Milkamot Adondl, p. 17 et 0. iV., p. 86. Sur la résurrection corporelle, cf. Meïr Abulafia et Simson de Sens dans le Kitab Arrasail ; voir encore Mllhamot Adonaï, /. c, et Sai)orta, p. 63; sur les explications figurées, cf. Simson de Sens, /. c-., p. 136, et Da Piera, oj). cit., p. 76 et 78, avec 0. .V., p. 77 ; sur le renou- vellement du monde (abl^Tt Uîlln) <lans le passage cité par Abraham b. Azriel (voir plus haut), cf. Saporta, l. c, p. 62; sur sa confession de foi, p. 97, cf. Da Piera, op. cit., p. 78.

3. Les antimaimonistes défendaient d'expliquer autrement (jue Kaschi {Ginzë Nislarot, IV, 64).

4. Gloses surMaïiiioiiidt;, //. ï'esc/iOM^a, MI, 7 : llDbr! Tj1212 D^mZûT D^'m3 ni2'D'\

ms'in DN mu:3C73rî. La leçon "137373 D"'m:31 D'^îlir^ ^'st confirmée par Samuel Saporta {Guinzé Nistarot, IV, ."iO).

5. Voir plus haut, p. 66, n. 3.

6. Voir encore Luzzatto, llalicliot Kédem. .39-10 (cf. 0. N., 59-60) et Kérem Uémedy m, 67-70 ; 0. N., IV, 116-117 ; cf. Kérem Ilémed, V, 3, 8.

7. Voir plus loin.

8. P. 84. Cf. consultation de Nahmanide dans les Consultations de Salomon h. Adret, I, 413.

9. P. 61-62, 63. Déjà Saadia avait contesté l'authenticité du Schiour Koina (Juda Barceloni, op. cit., 21).

10. P. 62.

68 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

figurent pas dans le Talniud '. Il est le premier et d'ailleurs le seul entre les rabbins allemands qui ait étudié et qui cite des ouvrages caraïtes". Il critique, ce qui est particulièrement caractéristique, la manière d'étudier le Talmud de son temps ^. Il s'en prend surtout à Saadia,le créateur de ces spéculations philosophiques qu'il combat notamment aussi parce que l'auteur du Se fer ha-Emotinot, c'est presque toujours ainsi qu'il rappelle, i-arement par son nom ^ repousse une agada*. Il se montre également sévère vis-à-vis dlbn Ezra*', mais beaucoup moins vis-à-vis de Maïmonide ', ce (jui doit s'expliquer par l'ignorance il est du More, car il ne connaît que le Mischné Tora.

Voici, d'ailleurs, les auteurs qu'il cite et qu'il me paraît utile de réunir :

R. Eléazar Kalir ^ ;

Saadia '•', son Séfer ha-E)no}()t(}t (très souvent) '*^ et son Com- mentaire du Séfer Vectra ^^ ;

1"'D?31D 13N Dn^'D^'^a ■l3'T173bn hx. Il s'agit d'un passage du Midrcitich Misc/ilê.

2. P. 80-81.

''i. Passage cité par Saioinon Luiiria, Ycun schel Schelomo, Uoullin, pii'f. (voir plus haut) :

■in-':m d^ttd 'nb p-i '7û:irî 's Nb ^"crN-i ...TiTDbnn PwS 'pd N"-n xm-i VH"»:?: n;i<-i D-imo 'm mijbbi p->DDr:b û''riD'«Mj ^nr^ a-i^ms crNw a-^-nc '3 in?3bT 'N Ti7:yn nb^bi Dr '■''-n3^'':T mp:DD?3 "^Niin r:z-p')2'2 '^p'^'tzyi:^ pTi û-'TD^nz iri:7:i L~!:'^:i^i n-n::r! i:j<^?:t iro*»: f'z-] n:ri<T t2 ^^Tr q^yrrt nmn b^* nc:r: nninn (on^r'^Dn^j Tiiz^ r;r-«b ^^^mn "IwNt nmn bj a^-i''j:7:r: •'i2'>-i by -«D nb^b ii^ina onb nb:: pi r:"«n7:ibT nmnn n::772nD ai"' br -^d rmmnr) ^ddip rrNnujD (.lacoh Tam) ■«''-) -^^ i^yTj'wi m-iT^r: T>:;-inn2 r^inn n?:NT :ûy7:nnu: n-iinn br rntj^si i^r."!^3 3?-ir rr'UJin^D br c^bisbsT a^pinpi DN^n ly v^'^nb "^iwsn ni:^ ...imn^ p u;"n "^"n (i.-^uTipm' aipm n?:»':: n?: D"'T?3ib r]^7:z^ 'i:n nu:3 bD by T-n *;idwNi N-^.pTsn D"«"»pP''u: ly bxii irjDb?^ riTH bTû37:n n-'onb mvuj "^73 ^"icî< npr b^wS . . •D'^n^'iu: n-^n: Nbi.

Les Tossaldt dont il s'agit ont sans doute été it digées ii lUitisImnue par des élevés d'Isaac b, Aschor 1, ce pourquoi Moisc Tako préfère taire les paroles de R. Tam

(n73NU; r!73 "17:NT). or. Sr/W hn-Ynsc/mr, \'. 2^2 : NIH N''^"^"! niH V'^^^lC H?:"!

■ID73DP NbT v2'o by DiN-ip D-'p^prTin ,PiDDiP DPiN n'jr Nb Nim '^n"'p «b

4. Voir plus loin : cf. p. (H): n"T'i:T; "^aTT^D '03 Pi:T?:Nn 'O bjD 2Pa.

5. P. 70 ; cf. p. !K;, î».j.

G. P. 84, !)(;, in.

7. 1». 77 : pnpib b">npno paN-irtir p ibo Nbi ibc a"»::iDaD ît^jy tiji ...m:^73N^ "idd r:"3pn bc pi'iitîd.

8. P. :i8 (ii^arf). 8?.; (a^nbwS ^n*^?:), 8;{, î»i.

y. p. (18, 71), 96; dans des rilations d'autres ouvrages p. 67-08.

10. v. surtout p. 7î) : DiPH i^N ^D ibo î<nn P^:^?:N^ -idd aw n^uo nn vby ; p. % : iiu'C'i ...n^iyo 3"i ■«d7j ht "lan nl:*' aN bn:i iin7:n Nim Iidp: D^:"'7:b 3"''»::nb.

11. p. <>(> ^^voir plus haut, u. 4), 70.

moïse tako b. nisDÂi et son KITâB TAMIM 69

Haï Gaoïi, sa consultation ' ;

Le Commentaire des Glironiques édité par Kircbheim- ;

Isaac b. Ascher ha-Lévi l ^ ;

Jacob b. Simson, disciple de Rascbi et maître de R. ïam, son commentaire d'Abot '' ;

R. Abraliam (b. Hiyya) ba-Nassi ';

R. Abrabam Ibn Ezra, ses commentaires (souvent), son w^-^nn 's^; sa mort ' ;

Un commentaire du Séfe?' Yecira par des savants de Narbonne ^;

R. Juda bé-Hassid •' ;

R. Reçalel etR. Samuel, auteurs du ScJilr /ut-YlIioud '" ;

Des explications talmudiques anonymes " ;

Des ouvrages (mystiques) de Worms '- ;

1. Voir plus haut. Haï est appelé p'^ll^n.

2. P. 69. C'est dans l'érl. Kirclilieim à la fin : contre Steinschneider, H. B., III, 62.

3. P. 79: b":iT ■'ibn N"3"^ "Ij'^D'I 2rZi. C'est probablement une citation de ses Tossafot sur Haguiga.

4. P. :j9 : tTDu: D'^ [nPD] (mnD) m3N '073 ^T^D^a iitUTiu: nn 2py^ -i"m ^72 -l73^bD .Nir: 1^73 jît^d p-i'yU-i-in nniN N^n û-ribN ûb::3 ■i73bi:n '»d-id?3":: ...ûbi: r!"zipn pt^u: -iToib nirm'^ di^?û ,Db]in bi:^ poD n^iy;::.

Dans le commentaire d'Abot inséré dans le Malizor VUri/ [tirage à part, p. 54), on lit sur ce passage :

■»o-i:i î«bi rr^NT .ui'p'nT^ iN'^a:' V2:zy a">nbN Db}:3 a-«nbN Dbsca -^d iT^Nro Nin i^'n axi^ p^'C"*^n htd it^inu: ^12 r,^V2n Nbn i-i">73T -ni:b "j-^nt it^di nh Sjp^n ^nnj^m ^"-«t w\73bi:3 «bi in3> 'r; NTobiiD "^nx ':;")n7: n\s ,Dbi:3 -«d q^i d:'::- po^Db ûb^rn bu: i"«"J^^ '^"n^-

Une deuxième leçon dans le Nac/drag, p. 109 : '\J2':i.y "^jD^ ûb^n N"13:^ 133*^11

N73;a ir;D''"^n Ti^tT" b^ iT^b^rn -iTûiNn 3Dt moi^T r.vm m7:n3 obirn xbi

Nin 'J'^73 ; elle-même ne concorde pas avec l'explication de Moïse Tako. Sur Jacob b. Simson, v. l'article de M. A. Epstein, Revue, XXXV, 240; Monatsschrifl, 1^91, p. 2o9, n. 2.

5. P. 68.

6. P. 96. Manuscrit de Munich, 207" (Steinschneider, Catal. de Munich, p. 88-89, cf. ibid., p. 202).

7. P. 97 (addition?), cf. //. B., L c.

8. P. 71 : qbî< n73î< /<D-}2ii : wX3im3 •^•n^n b'sD n^^:^^ri -idd '^d3 irwsn pn

...T'nN N-133T-

9. P. 65 : niDiDn "iDO iî<"ipu3 iDDD nD^ ii'T\n'' imm ; p. 67 (-iDDm T'onn) ; p. 74: ...1^073 ht hdt N^^rinb "N'yUn rr^n m^D Nbci j^bom ; p. 75 (après la réfutation) : ,n:r; iv m^"»! ■i:n"'u: 21173 ^3 "jb ->"iu: î<:7:n-i «b\r in-nn niDDbi nn^inri iTiDb Nbx i^in^rb xb -«r) rivn i^ir; 'n bn^ nrobcT bu:73 n'ijy^n; p. 7o, 73, 95 (nion-j.

10. p. 81, 98. V. A. Ki)stein, Schemuel lié-lhissid, p. 19.

H. P. 77 : I2tm3"l 13b l^l'^D ")ï:ND(= li. Tarn, dans les Tot^safol de f[aguif/rt, 116); p. 92: n3"»m3n '"«\:;"1D73T (= K. Méir, père de P.. Tarn, dans les Toasnfot de heloubol, 103/>).

12. P. 77 : ^)::y}2 bo m^m i3"^mn-i nsb rû-i"'D -i;:jnd dh n'^'»::fi<"in •^^yjz «"^ 1-';Dn"n 5<'^73-mn c-'cdt .•.D"'piCDr; p D^Ni:i^rr a^cinprr Pi7:^m irnbt^ '\^^^ nnio an^su: un t»::d"« ht^n i;3'i^ :<bT -inx yzz'^ rr^CN-in n'::y73.

S'agit-il des ouvrages d'Eléazar de Worms ? Cf. p. 59 : iTjIIS D"^N"n73Nn "irtNT

70 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

Un commentaire anonyme de Daniel ^ ;

Un commentaire de Pseudo-Maïmonide sur Job-;

Une citation d'un commentaire caraïte du Pentaleuque •' ; les caraïtes Anan, Saûl, Abou-Sari et Abou-Ali '•.

Un mot encore sur la patrie de Moïse Tako. Le passage cité par Nabmanide au nom de R. Moïse b. Hisdaï de Pologne •', Test par R. Yomtob b. Abraham au nom de R. Moïse le Française (iette circonstance pourrait être invoquée en faveur de l'hypothèse de Carmoly ", si les Espagnols ne désignaient pas des Allemands comme « Français ^ ». Notre rabbin me paraît originaire de Bobème paice qu'il est surtout cité par des auteurs de ce pays Isaac Or Zaroua, Abraliam b. Azriel, R. Abraham de Worms, son élève, qui a été en Rohème et a des gloses slaves •', outre ceux du pays rhénan. En tout cas, il n'est pas nécessaire que le nom de «Tako » indique une ville.

Il n'est pas évident, non plus, que les formes «p::^ npa, qu'on trouve chez K. Isi-aël Brtinn soient identiques avec le surnom « ïako » (ipn) ; les différentes orthographes données par Israèl de Rnïnn prouveraient ])lntnt le contraire.

Vienne, juillet 1910. J.-X. EPSTEIN.

Sur i'atiludo da l'auteur à léiraid d'Kléazar tle Wornis et du tnysticisme en géuéral,

V. p. 8:i : vn IN H"!"'!:"' b^D Vp"l-S'2 V^'^'^"'"'" ^1173^ T'"T'DT73 TTI DnTÎ...

"is-^^m pTD D^wN3:i^r; niJZ'O ^^^2112^ Nn^n nd^n ^-i3"w ^^"21 rrrnn v'-^'-^^

rrr^it"^ 'OD "^pOiy IT^Npi, «"e (jui euncorde avec le [)assaire de la ji, 77. Cf. le i'.om- mentaire ilu S. Verira d'Kléazar, 15r/ : D'^733 ID^n bli*^! ...HT'^"' nED3 poim

-13X bs D'^-^ru: N"rn bc Nn^3 t^cb^xi b:;b3b b">nn^i -inj* abna nu;r"«'i z^^n

m^aD rST'li"' "DOn nN3 DPSU: ~iDM bD .mb. Dans un ouvra-e eahhalisticiu»^ d'Kléazar, le >.'. ha-Hai/ifini (Cod. Oxl'ord, loOS-'). on lit ces mots : -J"'-i^D IT IUDJZ ■'NIOn "13 nD73 l"n "^nm aiUpb [cA'. Zunz, Urf., IJlf), n, 2' Moïse h. Hisdaï est encore rite dans le ms. d"()\t'ord, 1210, : ^b "^NinjOn "13 nCW '"1" niTim niTtm D"T^31 n"~l3 ")73lb n^n. Lems. d'Oxiord 268, P 184. mentionne li. Moïse N"^blD73 (cf. Tykocinsky, '• <"., p- 7r;, n ; Otilliu, p. 440), difficilement identi(|ue avec notre rabbin.

1. P. 7(i : D"'3Dis '5;^ bsb^ iriT mi'^T "n: a"'u:"iD7: -^rcN-i -ic^r.

2. Voir j)lus liant; ef. //. />., /. r.

3. P. 80-Kl.

4. P. 62, ()4, 81.

5. Novelles 9i\\r Gui/ /in, lit (N'^j'lblET^] .

6. Novelle.s sur Gui// in, ad eiinnl. ioc. (T£"1iin).

7. V. Tykocinsky, /. c, p. 73, n. 4.

8. Ci, Salomon b. Adret, Novelles sur Km iibin, :\\ /> : Q-'-iDN 'T 31" riCpri mDDin3 i:i:"im ...b"T "PDIiSn ; il s'agit 1,« sûrement de P>. Kpbraïm b. Isaac de

Ilatisboime. Cf. Gconica, éd. (iinzburu, p. r.7 : 3-7: p abiCJ 3172 mbNUÎ

n53-iD V"^^3 n u; N 'n'D^':> n3'^i7373 oiTs^rbiprNct p.:;:;, notederéditeur.

9. Neubauer, Catalogue des mss. hébreux de la nodléienne, 15(» ; cf. A. Epstein, Maase Hatjeoyiim, p. x et xv (v. plus haut, p. 65, n. 7 et p. 66, n. 1),

LA COMMUNAUTÉ JUIVE A ROME

AU TEMPS DE JULES TI ET DE LEON X

Les Juifs qui habitaient au commencement du xvie siècle à Rome au nombre d'un millier peut-être, vivaient groupés pour la plupart dans la région qui devint plus tard leur ghetto, entre le fleuve, le Portique d'Octavie, la Via di Pescheria et la place Giudea; néan- moins un certain nombre s'étaient établis dans les autres quartiers de la ville selon les besoins de leur commerce ou leur fantaisie. Il existait môme une synagogue dans le quartier de l'Arenula*. L'obligation de vivre enfermés dans une région spéciale ne fut, en effet, imposée aux Juifs que vers le milieu du siècle par les papes rigoristes, Paul IV, Pie IV et Pie V.

Leur famille etleur domesticité étaient parfois assez nombreuses; le recensement de 15:26 mentionne plusieurs Juifs ayant chez eux « dix bouches"^ ».

Les métiers qu'ils exerçaient plus particulièrement étaient ceux de chargeurs, fripiers, savetiers, regrattiers, marchands de meubles et d'étoffes ^

David Gahi achète d'un marchand de Norcia des tapis de soie « à la moresque » au prix de9ducals l'un '; T--aac, fourreur, acliète d'un marchand de Brescia des tapisseries, delà soie et un cliapeau au prix de 12 ducats (1521)". Certains Juifs étaient teinturiers, ce

1. Airhiv. stor. capit. S. R. C. Iiist., vol. XV, i>. 'i (ir;H).

2. D. Grioli, Descriptio Urhis o Cens'nnenio (IpIUi Popolnzione di llnma, F'omr, 189i, D'iiiK' façon fçrnrralo A. B«'iliner, Geschicft/e (1er .hiden in lion). Fiancfnit, 1873; Estore Natale, Il (jliello di fionut, lîoiuf, 1H8"Î ; VoLrt'Isteiii cf lîif^'oi', (ieschic/i/e der Juden in Hom, Horliii, 1895,

3. D. Giioli, op. cit., passim.

4. Romo, Arohiv. di Stato, Atti P. de Parificis, Prot. 1189, fnl. &2.

5. Arrhiv. Ses?. Vat. Div. Gainer, vol. 75, fol. 143.

72 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

qui leur créa des difficultés avec les agents du fisc, qui, ne recon- naissant pas dans les étoffes quils meltaient en vente celles sur lesquelles ils avaient déjà perçu la taxe, voulaient obliger les marchands à payer deux fois'.

Les médecins de race juive étaient assez nombreux malgré les défenses pontificales; d'ailleurs, les Statuts de la ville, loin de con- lirmei' celte interdiction, accordaient un traitement de faveur auv médecins juifs en les dispensant de porter le signe diacritique jaune-; les papes eux-mêmes avaient souvent recours à leur science; Jules II consulta plus d'une fois Samuele Sarfadi, auquel il accorda, ainsi qu'à son fils Joseph, des dispenses et des privi- lèges que leur avaient déjà consentis le pape Alexandre VI et le roi Louis XIP. Son gendre était Tintendant du pape dans la pro- vince des Marches'*. Léon X s'adressa au médecin juif Bonnet de Laies-'. Avant eux, Innocent Vil avait pris pour médecin Elia Sab- bati et lui avait accordé le droit d'exercer en toute liberté*'*. Eugène IV, Nicolas V s'étaient également fait soigner par des médecins juifs, ainsi que nombre de cardinaux'. S'il faut en croire Infessura, Innocent VIll, se trouvant en danger de mort, permit à un empirique juif de pratiquer sur lui la transfusion du sang; trois jeunes gens se prêtèrent à celte tentative et en mou- rurent, et le pape ne fut pas sauvé ^.

Certains Juifs étaient très bien vus en cour; Ella Levita ensei- gna la littérature juive à plusieurs hauts prélats.

Les expulsions d'Espagne avaient naguère sensiblement accru la communauté, qui s'était aussi grossie des réfugiés des pays d'outre-monts, Allemands et Français, en sorte quelle se compo- sait, au début du xvi" siècle, de deux éléments distincts et \m peu hostiles, semble-t-il,les Juifs romains et les Juifs (( ultramontains ».

1. Arcliiv. Sog. Vat., vol. 67, loi. 90.

2. Statuts de 1519, Liv. IH. art. I;j9, fol. 26. Toutefois les papes durent rontîrmer (juol(|uefois retto «lispensc.

:J. .Marini, Der/li Archia/ri Vonlifici, Rome, 1784, I, p. 290.

4. Ibid.,\\, p. 270, Appendice. Le 20 juillet l'iil, Jules II accorda un privilège à Mmïsc de Blanrs, m«'>decin juif. Areliiv. Seg. Vat. Div. Camer., vol. 61, fol. 99.

ri. David de Pmnis. />r Medico llehripo, p. 70 ; David Kaufmann, Lroti X et les Juifs (le Home, dans Iterue des Études Juives, t. XXI, p. 185. Privil»>ge accordé à Kninianucl llonetti, « médecin romain juif », "U date du \\ janvier l;Ji.'l, Arcliiv. Seg. Vat, Div. Camer., vol. 64, loi. 100, cite par Htrirenroter, Hef/. Léon A', n. 13.651.

6. Tlieiner, Codex diplom. S. Sedis Rome, 1862, 111. p. 147.

7. Marini, David de l'omis.

5. IiitVssura, éd. Tommasiui, p. 275. Il dit aussi, p. 132, <|ue le pape Sixte IV Ct examiner par un médecin juif le protonotaire Lorenzo Colonna <piil vcn.iit «If faire torturer et d(5eapiler.

LA COMMUNAUTÉ JUIVE A ROME 73

Chaque nationalité avait ses synagogues ou écoles, dont le rite différait quelque peu; elles étaient au nombre de onze en lol9 et de vingt en 15'-24 et cependant il y avait défense d'en créer de nou- velles ^ Il résulta de ces différences d'origine que, vers 15^4, de graves dissensions éclatèrent dans la communauté touchant l'or- ganisation du culte et la répartition des secours aux nécessiteux; on fit appel pour les accommoder à un homme dont la haute situa- tion, la sagesse universellement reconnue et l'expérience devaient en imposer à tous ; les représentants des diverses classes qui com- posaient la juiverie procédèrent à sa nomination avec un grand appareil de formalités, et elle fut solennellement proclamée devant témoins; un acte notarié en fut dressé^ !

Daniel de Pise, qui avait été ainsi désigné, s'occupa aussitôt de donner à la communauté un règlement qui écartât les causes de trouble et de dissentiment et lui assurât dorénavant une existence paisible, ou plutôt, du moins cela paraît probable, il amenda et perfectionna un règlement qui était en vigueur et qui datait sans doute de loin"^.

L'organisation de la communauté fut ainsi établie : à la tête, un conseil de soixante membres élu par les trois castes dans lesquelles étaient répartis les Juifs, les banquiers, les gens riches et les gens de condition moyenne « qui ne sont ni riches ni pauvres ». On le voit les indigents n'avaient pas part au vote; il semble, d'ailleurs, que, pour être éligibletout au moins, on dût payer une capitation de un ducat. Les élus devaient être des hommes « craignant Dieu » et de bon conseil, vertueux et dévoués aux intérêts de la communauté. Ils étaient nommés à vie, ce semble, et on ne les remplaçait que lorsqu'ils étaient morts ou avaient été jugés indignes de remplir désormais leurs fonctions. Le rôle du conseil était de gérer les affaires communes, de décider des taxes, d'accorder le titre de rabbin, titre d'autant plus envié que les synagogues romaines avaient une sorte de prééminence sur celles des autres villes d'Italie ^

D'ailleurs ce conseil ne se réunissait que rarement, tous les trois mois, les motions devaient y réunir, pour être admises, les deux tiers des voix, les membres qui n'y assistaient pas paj aient un

1. Articles (le D. Castelli dans Archivio Sforico Ualiano^ 1893, disp. 2, p. 398, et D. Kauf'mann, Revue des Eludes Juives, 1890.

2. Article Cast«!lli. Castelli donne comme inédit ce document (|uo nous avotis déjà siffnalé dans notre ouvrage sur Le Saint-Siège et les Juifs, en 1891.

3. Rome, Archivio di Stato, Miscellanea, Ebroi.

4. Basnage, Histoire des Juifs, La Haye, 1716, Liv. IX, p. 890.

74 REVUE DES ÉTUDES JUIVE?

ducat cramende ; ces amendes servaient à doter des jeunes filles pauvres.

Les membres du conseil désipjnaient par un mode de votation fort compliqué trois Faltori, dont deux devaient être Romains et un ullramonlain ; ces Fattori étaient, en fait, les cliefs de la commu- nauté et toute la responsal)ilité et le poids des alTaiies reposaient sur eux ; ils avaient à veiller à la tranquillité publicpie, à présidera la répartition des taxes, à décider des dépenses ; toutefois ils ne pouvaient mandater un payement supérieur à plus de 10 ducats, ni dépenseï" durant leur magistralui'e plus de 100 ducats sans en réfé- rer au conseil ; les rabbins ne pouvaient |)iononcer, sans leurauto- risation, la peine terrible de rexcommunicalion ' ; à leur soilie de charge, ils étaient soumis au « syndicat «, c'est-à-dire à un examen public et contradictoire de leur gestion; tout plaignant pouvait venir déposer contre eux et sa requête était sur-le-champ entendue. D'autre part, qu'un Juif recherché par l'autorité eût pris la fuite sans qu'ils j)ussenl indiquer le lieu de sa retraite, qu'un objet dérobé eût été porté au quartier juif sans que le receleur eût pu être décou- vert, il y allait pour eux de la prison, voire des su[)plices. Pour les seconder et diminuer leur responsabilité, un conseil restreint, une commission permanente de vingt membres avait été instituée, qui se réunissait foules les fois qu'il était nécessaire et donnait des avis aux Fattori. Leur charge était de courte durée, il est vrai, de six mois, et ils recevaient une faible indemnité, maison estimait, du moins un peu plus tard, qu'elle coûtait à son titulaire, 50 ducats-.

Tous les ti'ois ans, on j)rocédait à l'élection de trois taxateurs, dont deux flomains et un ulti'amontain ; ils devaient prêter serment de n'agir que suivant leur conscience et la justice et de ne se laisser guider ni par la haine ni par la sympathie ; leur mission était, en effet, des plus délicates ; ils devaient recueillir les déclarations des contribuables sous foi du serment, oii, si cette déclaration leur était refusée, apprécier eux-mêmes leurs ressources et établir ce

\. Lt: .Iiiil" rejet»' de la e«»inniuiiaulé et souvent repoussé des elnélieiis se trouvait dans une situation telle (|uil l'alltit |i,ur<»is prendre des mesures [tour (|Uf le coiidanin»' ne mourût pas de faim. Hasuai-'e, Liv. VI, eliap. 21 ; Léon de Modéiie, 2* partir. rlia|>. III. Ia) ras de llriel Aeosta, qui de chrétien se fit JinT et touliil ensuite réformer le .judaïsme, montre bien toute l'Iiorn-ur de ee ehi\timent. Il lut i-xeommunié. On le reuMidait comme un hibou ; hs petits eidants couraient après lui dans les rues avec des huées et le chargeaient «le malédictious, « mes jiropres frères, dit-il, iloid j'avais élc le convertisseur, ne voulaient plus me reconnaître sur la place puhlitpie ». Il ne |ion- vait jouir du repos ni dans sa maison ni dehors. De fîucrre lasse, il retracta les opi- nions «pi'il avait soutenues. Ceci se passait à Amsterdam en plein seizième siècle (Hayle).

i. L'inslilulion des Faltori remontait au moins au xv^ siècle. Cod. Vat. Lat. 6792.

LA COMMUNAUTÉ JUIVE A ROME 75

que chacun devait payer; leurs taxations étaient soumises en secret aux Fattori, qui, selon les besoins de la communauté, exigeaient les sommes imposées ; si elles n'étaient pas payées dans le délai de huit jours, le contribuable était frappé d'une amende de 25 ducats au profit de la Chambre Apostolique ; cette amende était doublée en cas de résistance opiniâtre.

Il y avait, en outre, deux camerlingues, un Romain et un ultra- montain, qui exerçaient alternativement les fonctions de trésorier et de comptable ; leurs fonctions étaient de six mois ; il y avait éga- lement deux « collecteurs d'aumônes », qui allaient dans les syna- gogues recueillir les offrandes, qu'ils répartissaient ensuite à leur gré, mais non sans rendre compte de leur gestion aux Fattori et au conseil.

La charge des « défenseurs des Statuts » était, sinon la plus absorbante, du moins la plus importante ; ils étaient cinq, dont trois Romains et deux ultramontains, et avaient pour devoir de veiller au respect des règlements ; ils constituaient une sorte de tribunal dont les pouvoirs répressifs étaient grands.

Toutes ces magistratures devaient être exercées par ceux que le sort ou le vote de leurs pairs en avaient investis ; des amendes proportionnées à l'importance de la magistrature imposée frap- paient ceux qui se dérobaient à ce devoir ; elles étaient de 5 ducats pour les défenseurs des statuts, de 3 pour les Fattori, de 2 pour les camerlingues, de 1 ducat pour les autres charges.

Daniel avait longuement établi le mode par lequel il serait pro- cédé à une revision de cette constitution si besoin était ; un conseil spécial serait nommé par les trois classes des banquiers, des gens riches et des gens de fortune moyenne, en présence de notaires et d'un délégué du « cardinal-protecteur » de la communauté ^ ; les élus devaient être pour les deux tiers Romains, pour un tiers ultramontains. Mais la constitution était bien adaptée sans doute aux besoins de la juiverie, car elle demeura longtemps en vigueur, et, deux siècles plus tard, elle servait encore de base à l'organisa- tion communale du Ghetto.

Un bref de Clément VII, en date du \^^ décembre 1524, lui donna force de loi.

Le Saint-Siège, on le voit, prêtait la main à la bonne organi- sation de la communauté juive. Il était plus rigoui'oux en appa- rence qu'en réalité, et si les règlements qu'il édictait contre les Juifs

1. Chaque corporation, confrérie ou autre association avait à la Cour un ranliiial- protecteur cliargé d'en défendre les intérims.

76 REVUE DES ÉTUDES JUIVES

leur imposaient de dures obligations, en réalité, dans les États de rÉglise à tout le moins, ils n'avaient jamais été bien strictement appliqués. Cela tenait h des raisons multi[)les d'utilit»' ol de senti- ment dont la plus singulière était que la présence des Juifs à Home, miséiables et pouichassés, seiTait à montrer la sui)ériorité de la loi chrétienne sur lancienne foi. Eugène IV, alors qu'il se trouvait en exil à Florence, avait publié, le 8 août 144:2, une bulle, hndtiw (1(1 n(tsi 1(1)11 (ludiculKtiK (jiii, au oommencemeiil du \vi« siècle, réglait encore dans ses dispositions essentielles le sort de la com- munauté. Il vêtait in tei'dit aux Juifs de boiieou de manger avec des cliréliens, de leur donner des soins ou de leurfouj'uir des remèdes quand ils étaient malades, d'exeicer des fonctions de courtiers en marchandises ou de courtiers en mariage, celles de gérants, de fermiers pour des biens ai)partenant à des chrétiens ; les femmes juives ne pouvaient ôtre accoucheuses ; défense était faite de cons- truire de nouvelles synagogues ou même de restaurer et d'em- l)ellir celles qui existaient déjà ; les chrétiens pouvaient ôtre témoins contre eux en justice, mais eux ne pouvaient Tètre contre les chrétiens ; ils ne devaient pas avoir de serviteurs chrétiens, ni se montrer dans les rues à certains jours de fête, particulièrement pendant les jouinées pascales ; un quartier de la ville leur était assigné comme résidence et il leur était imposé de porter un signe diacritique jaune, bande d'étolTe ou rouelle bien apparente, placée sur la poitrine ou par-dessus la coiffure.

D'autre paît, les anciens Statuts, à peine modifiés par ceux de loti), leur interdisaient de faire de l'usure à peine de ^o livres d'amende par infraction ' et leur imposaient le poi't du signe dia- critique, qui, d'après cette nouvelle réglementation, devait être rouge; toutefois les médecins exerçant habituellement à Kome étaient dispensés, comme on a dit, de cette sujétion ■'^. Défense aussi de travailler ou de faire travailler les jours fériés et d'en- terrer les morts « dans les rues et sur les places-' ».

D'ailleurs, depuis des temps très lointains, les Juifs avaient h'ur cimetière pai'ticulier ; il fut d'aboid situé en dehors des murs, près de la porte Porlese, puis au Transtévère, dans un lieu qui fut ensuite dénommé Ortaccio degli Kbrei ', près de S. Francisco a Ripa-'; enfin, quand ils se furent groupés dans le quartier (pii

\. Livre III, art. 124, fui. 21.

2. Liv. ni, art. Iîi9, fol. 2(i.

3. Liv. III, art. 162, fol. 26 v.

i. RaHaclo (larrurci, ("inii/crin tlef/li aulrichi Ebrci, Roitip, 1862. '.'). \.o lini on est détermiiif par l'inventaire dos biens d'un certain gentilhomme nomme Luca di Stefano dello Crapulo, du quartier du Capitule, qui po<;s.:'dait sept

LA COMMUNAUTÉ JUIVE A ROME 77

devait être leur ghetto, ils établirent leur cimetière à proximité, sur le versant da mont Aventin, derrière l'église S. Maria in Cos- mediu '. C'est là, dans un coin de l'immense cirque Maxime qu'on le voyait encore au siècle dernier, tout embroussaillé de ciguës et d'orties, avec ses murs croulants et ses tombes blancbes dépour- vues d'inscriptions.

Eugène IV, pas plus que ses successeurs, ne songea à soumettre les Juifs de Rome au régime sévère que leurs bulles prescrivaient. Bien au contraire, le Saint-Siège intervenait à Foccasion pour tempérer les rigueurs de l'autorité séculière à l'égard des Juifs; un médecin Israélite Emmanuel Bonomi, ayant été entraîné « par son ardeur juvénile » à fréquenter chez certaines femmes chrétiennes et notamment chez une sage-femme, s'était vu condamner pour ce crime à une amende de 25 ducats qu'il avait payée ; mais il craignait que, en outre, on le traduisît devant d'autres cours et qu'on l'em- prisonnât « à cause des rigueurs dont les Juifs sont l'objet » ; c'est pourquoi il eut recours au cardinal camerlingue, qui accueillit sa requête et le garantit de toute poursuite pendant le laps d'une année (1514)2.

En 1518, les marchands juifs se plaignirent vivement à la Chambre Apostolique que les agents de la douane et ceux de la gabelle vinssent perquisitionner dans leurs boutiques et dans leurs maisons sous prétexte de fraudes qui, en réalité, n'existaient pas. Le pape leur donna raison et défendit les investigations abusives, imposant aux officiers taxateurs de spécifier l'objet qu'ils venaient rechercher comme ayant été soustrait aux droits et de n'opérer que munis d'un mandat en règle délivré par un des membres de la Chambre Apostolique, à peine de 2 ducats d'or d'amende^.

En 1519, Léon X déchargea par un bref les Juifs de Rome d'une taxe temporaire de un ducat par feu et de 10 ducats par comptoir

pièces de terre, plantées de vignes, à l'intérieur des murs, entre le fleuve et la voie publique, au lieu dit « Gampo Judei » (Archivio del Salvatore, arm. IV, mazzo II, 11» 106, dans les notes inédites de P. Adinolfi). La dénomination de Campo ou Ortacciu indique bien, ce semble, la présence d'un cimetière, et non dune agirlomération.

\. Martinelli, Roma ricercata, p. 53; Bernardini, p. 192. Quant à son ancienneté, voyez Marlianus, Topograpliiu, 1588, f. 124, qui en parle comme d'une chose exis- tante depuis longtemps déjà. Il dit (|u'il se trouvait au Champ de Mars ; or, c'était alors la croyance du vulgaire que le Champ de Mars avait dii être situé entre l'Aventin et le fleuve {Ibid., f. 8, 112). L'ouvrage anonyme intitulé Roina antiqua dislinta per regioni, 1741, p. 159, confirme cette opinion. C'est par erreur, sans doute, que Marti- nelli {/.oc. cit.) fixe la création de ce cimetière au pontificat d'Innocent X. Moroni, Diz. Eccles., XXI, p. 40.

2. Arcliiv. Seg. Vat. Div. Caraer, toi. 72, fol. 155.

3. IbiiL, vol. 67, fol. 89.

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de change, quil leur avait imposée au début de son ponliticat ; en même temps, il leur accordait labolition d'un tribunal d'exception qui procédait contre eux par voie inquisitoriale, sans suivre les règles de la justice ordinaire et avait droit de les condamner sans spécifier la nature du délit ; les amendes imposées par ce tribunal furent levées et les poursuites en cours suspendues'.

Les agents de la maréchaussée ne devaient exiger d'eux le paye- ment d'aucune somme de leur propre autorité "^ On ne les pres- surait pas trop d'ailleurs à cette époque. Les Statuts dc'fendent aux consuls des corporations dont relevaient les marcbands juifs d'exiger d'eux une contribution poui- l'achat du cierge de la mi-août^. Lorsque les souverains pontifes avaient besoin d'argent, ils s'adressaient à (hix mais en sollicileurs et les Juifs leur four- nissaient volontiers de l'argent ((uils empruntaient aux chrétiens. On leur prêtait volontiers, car c'étaient de bons payeurs, et cette combinaison avait pour les Juifs l'extrême avantage de les garantir contre des exigences excessives, car, si on ne les ménageait pas suffisamment, ils menaçaient de faire faillite, ce qui eût ruiné leurs créanciei's. Cet argument revient fréquemment dans les suppliques delà Communauté *.

Une taxe si)éciale leur était imposée pour subvenir aux jeux du Testaccio et de l'Agone ; cette taxe d'abord fort mo(li(iue fut portée au XV® siècle à la somme de 1.100 llorins, plus 30 florins, en sou- venir et en expiation des 30 pièces ([ii'avait reçues Judas pour prix de sa trahison ; comme ceux de 14()6, les statuts de LjIO ordon- nent que 49 llorins sur les 30 seront alloués au prêtre qui officie pour les i)risonniers du Ga[)itol(' '. Le reste devait être consacré à la célébration (b's jeux.

Cette imposition était pour les habitants du Gbelto la source de perpétuels conflits avec les communautés des provinces voisines ; trouvant la charge trop lourde pour leurs seules ressources, ils prétendaient y faire contribuer les Juifs de l'ancien duché de

1. (lopit; (le rc <locmiieiil se trouv)' à .Modiiic, Aïoliiv. <li Stato, Cancrilei ia Ducalt-, Docuineiiti di Stal. Est. H<»nia. I). Kauiinaim, Lron X et les Jin/'s de Home, ditis Hevue des Eludes Juives, XXI, p. 285 et s., en (loiiiic l'analyse ti le texle.

2. Statuts «le 1521, Liv. \\\, ait. 10. :\. Ibid., Liv. ni, art. Itil.

4. // Vero Stato degli Ilebrei, Varesc, 1668, ?> viii.

l). Liv. ni, art. 209, fol. '.ib. IMus lard (1580) l.s ;}0 florins furent alfeetes a cet usaj:e. L'article 221, fol. 38 r, stipule qu'aucun Juif ne devra vAve exempté des taxes imp(»sées à la Communauté, même s'il a été pourvu de privilégies « justement ou injustement accordés •. Réserve était faite poui l<^s privilèges accorflés par la Communauté elle- même.

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Spolète ; ceux de Trevi se montrèrent en 1504 assez peu enclins à cette participation ; ce fut le Saint-Siège qui servit d'intermédiaire entre les deux parties ; le cardinal Rallaello Riario, chancelier de l'Église, donna ordre aux magistrats municipaux de Trevi d'inviter les Juifs à s'assembler « en Parlement » dans Fliospice et sur la place qui s'étendait devant afin d'examiner les doléances des Juifs de Rome qui leur demandaient de subvenir aux dépenses des fêtes de Testaccio et du GarnavaP.

Le 22 février lolo, le pape Léon X publiait un bref à la requête de Gabriele de Bevaria, « trésorier de la Communauté juive », par lequel il l'autorisait à poursuivre les Juifs des villes de Pérouse, Tuderto, Norcia, Narni, Arquala, Gualdi, Vissi, Ameria, Noceria, Interamne (Terni) qui tardaient à payer leur part dans la taxe des jeux.

Les Juifs ne participaient pas seulement de leurs deniers aux jeux populaires de Testaccio, de TAgone et du Garnaval, ils étaient tenus de courir dans une des courses que l'on donnait à cette occasion. Le lundi couraient les jeunes gens ; le mardi, les Juifs ; le mercredi, les sexagénaires; ensuite les ânes, les buffles, les chevaux. Gela n'avait rien alors de vexatoire ni d'Iiumiliant. Pour- tant, en l'année 1519, quand un grand nombre de Juifs prirent part à la course, on s'efforça de les rendre un peu ridicules, car ils furent obligés de mettre des casaques très courtes, presque indé- centes^. En loi2, les Juifs s'étaient rendus en cortège au lieu du départ ; le gouverneur de Rome ouvrait la marche; il était accom- pagné de bargello avec ses hommes de pied tout armés et ses chevau-légers, puis venait la garde italienne, casquée et cuirassée, tambours en tête ; la troupe des Juifs suivait ; elle se composait de cent hommes, marchant deux par deux « dans le meilleur ordre possible » ; ils étaient très convenablement armés ; derrière venaient cinquante Juifs non armés et deux Juifs à cheval; ces derniers tenaient à la main de grands rameaux d'ioivier que l'on avait décorés des armes du pape et de celles du peuple avec les lettres symboliques S.P.Q.R. entremêlées des ai'mes du « peuple juif w ou plutôt, dit le narrateur, du chef de la Gommunauté, Arabi, le médecin du pape (Samuele Sarfadi qui avait sans doute le titre de Rabbi) . Les douze Juifs désignés pour prendre part à la course portaient des vestes de futaine avec une bande d'étolfti rouge d'un

\. Arcliiv. Scg. Viit., Div. Camor., vol. 56, fol. 37.

-'. Description en vers du médecin Giovanni di Pcnnis iiubliof par A. Adcmello, Atessandro VI, (iiulio 11 e Leone X nel Curnevale di liotna, Fiurencc, 1886, p. 45.

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doigt de long sur la poitrine. Le sénateur et les conservateurs, pré- cédés de fifres et de trompettes, et suivis d'un groupe de cavaliers, dont l'un tenait le pallio écarlate donné en prix, fermaient la marche.

Tout lecoj'tège, après avoir passé devant le cliàteau Saint-Ange, vint se grouper sur la place Saint-Pierre, tandis que les coureurs étaient conduits sur la place Gampo di Fiore. La foule était com- pacte sur tout le parcours et si la maréchaussée n'avait dégagé la voie au moment de l'arrivée, les coureurs n'auraient jamais pu atteindre le hut. Deux seulement firent le parcours jus(iu'au hout, ils arrivèrent au hut cnsemhle, mais l'un deux fut plus prom[)t à toucher le pallio et eut ainsi le prix. La foule poussait des acclama- tions et l'appelait par son nom. Le sénateur s'avança et lui remit le pallio, que tenait un honmie à cheval ; le vainqueur sauta aussitôt en croupe et s'en fut avec lui. Les autres Juifs se grou- pèrent alors et allèrent boire du vin chez le rabbin qui habitait au Borgo près du château Saint-Ange '.

Ce ne fut que plus tard que la course des Juifs devint pour eux une dure sujétion, quand on les obligea à manger copieusement avant de courir, quand on pressa à coups de piques les retar- dataires.

C'est alors qu'un chroniqueur qui reflète bien l'esprit de son temps, écrivait : « Les Juifs ont été favorisés d'un vent, d'une pluie et d'une boue dignes de ce peuple perfide et, quand ils parvinrent au but, ils étaient ignominieusement souillés de la tète aux pieds (iriS^j^. » Montaigne vit ces couises ainsi que celles des vieillaids, que l'on faisait courir « tout nus » et n'en éprouva aucun scandale •^

La Communauté devait rendre hommage aux souverains pon- tifes le jour ils allaient solennellement du Vatican à la basiliciue (lu Latran s'y faire coui-onner'; les Juifs attendaient le passage du j)ape au Monte Giordano, c'est-à-dire en face du château Sainl- Ange ; mais, au couronnement de Galixte 111, il y eut, à cause deux, des désordres; le peuple voulu! s'emparer du livre de la loi, magiiiliquemenl décoré, qu'ils lui présentaient suivant la coutume; le cortège fut rompu, les cardinaux, les rabbins, même le pape faillirent être malmenés (1455) ••. Lors du sacre de Pie III,

1. A. Luzio F. Gonzuffa, Archiv. Hom. di St. Palria, IX, |». 537.

2. A. Ademello, p. 9.

3. Montaigne, Journal du Voi/(igt\ «mI. Lauticz, Paris, 1906, p. 227.

4. Cette ohligalion remontait à une liante anti(|uili' ; elle est inentioiuu^c pour l.i pre- mière t'ois lors du sacre de Calixte II, en 1119. Cancellieri, Possessi, p. 1>.

5. Pastor, II. p. 'MZ.

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comme le pape était malade d'une plaie à la jambe, la cérémonie du couronnement eut lieu au Vatican et les Juifs furent autorisés à lui présenter le Livre de la Loi dans une des salles du palais (1503) ^ . La même année eut lieu le sacre de Jules II ; les Juifs l'attendirent au pied des remparts du château Saint-Ange, sous la protection de la garnison ; leur chef, le rabbin Samuele Sarfati, celui-là même qui était le médecin du pape, le harangua longuement au nom