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EDMONDE CHARLES-ROUX Rédactrice en Chef

FRANÇOISE DE LANGLADE Rédactrice en Chef Adjointe ANTOINE KIEFFER Directeur Artistique FRANÇOIS NOURISSIER Directeur Littéraire JACQUELINE DE CROISSET Merchandising et Marketing FRANCINE CRESCENT Tissus, Cuir, Fourrures MARIE-JOSÉ DE LINARES Prct-à-Porter

ANNE-MARIE CIIALMETON DE CROY Jersey, Lingerie

JOSETTE MERLE D'AUBIGNÉ

CAROLINE FLIPO FRANÇOISE MO H RT

MARIE LAVIE-COMPIN

Reportages

SIMONNE BROUSSE ROBERTE PEY

TINA SARI Secrétaire de Rédaction ROBERT CAILLÉ Directeur Commercial VICTOIRE BOUTARD Chef de Publicité

Vogue est publié en France par Les Éditions Condé Nast S. A.

4, place du Palais-Bourbon, Paris-7'.

Téléphone : Invalides 73-19 Adresse Télégraphique : Vopar, Paris. Telex : 26-752 Vopar, Paris.

HENRY A. BERTRAND Président-Directeur Général CLAUDE VALLÉE Directeur de la Publicité

Le Groupe Condé Nast comprend :

Vogue, Maison & Jardin, Adam; aux U.S.A. :

Vogue, Housc & Garden, Glamour, Mademoiselle, The Bride’s Magazine Analog Science Fact-Scicnce Fiction en Angleterre :

Vogue, House & Garden, Brides,

Wine & Food ; en Australie : Vogue; en Nouvelle Zélande ; Voguo ; en Afrique du Sud : Vogue ; en Italie ; Vogue & Novità.

IVA S. V.-PATCEVITCll Président-Directeur Général ALEXANDER LIBERMAN Directeur des Éditions DANIEL SALEM Directeur Général International

On poursuivra conformément aux lois la reproduction ou la contrefaçon des modèles, dessins et textes publiés dans la publicité et la rédaction de Vogue. Copyright (g) 1965 par les Éditions

LA MODE

59 Le Point de Vue de Vogue 68 Maillots du soir pour l’hiver, l’été 72 De l’or pour rire 92 Le bestiaire de Noël 94 Les mules pilotes 1966 98 4 robes du soir 110 Robes de lainage

118 Les boutiques italiennes à l’heure du farniente 125 Cent idées de cadeaux

149 Montres et Bijoux

150 Vogue-Éclat

BEAUTÉ

66 Parfums : le zest de la mode 78 Bulletin Beauté

Il faut manger pour maigrir 4 stars, 4 beautés, 4 secrets

DES GENS ET DES IDÉES

18 Vogue a vu le Kabuki au Théâtre de France 57 Le Carnet de Vogue

86 Yul Brynner photographie ses amis les enfants 102 Maïa Plissetskaya, par Ninette Lyon 104 La duchesse d’Harcourt chezelle, par Mireille Vincendon 116 La vie à Paris : Fortes têtes

TOURISME

60 Sicile, Pile au Trésor 152 Vogue Voyage

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DÉCEMBRE 1965

Nous avons rencontré Michèle Morgan chez Lorca.

La frange qu’on venait de lui couper

soulignait ce regard célèbre que nous retrouverons dans "Dis-moi qui tuer ?”

VOGUE A VU LE KABUKI

Rencontres au sommet au Thé⬠tre de France. Le prince Itachi, second fils de l’Empereur du Japon, et la princesse Hanako, jeune, jolie et gracile dans son kimono de cérémonie, hono¬ raient de leur présence la pre¬ mière du Théâtre Kabuki de Tokyo. Événement d’une im¬ portance comparable à l’arri¬ vée de l’Opéra de Pékin il y a dix ans. Trois cents ans de tra¬ ditions, les meilleurs comé¬ diens du Japon, des décors, des costumes étranges et beaux comme des contes bleus. Un passé égal en gloire à celui de notre Comédie-Française, avec cette nuance qu’on n’exige pas de nos artistes qu’ils soient à la fois chanteurs, danseurs, comédiens et tragédiens, puis de se muer à l’acte suivant en chanteuses, danseuses, comé¬ diennes et ballerines (pas de femmes dans la troupe). La salle mi-française, mi-japonaise, était fort élégante. On vit bien trois cols roulés à l’orchestre et six paires de bas de laine. Le non-conformisme, lui aussi, s’intéressait au Kabuki.

1. Les hôtes : Jean-Louis Bar- rault et Madeleine Renaud avec Dominique Arden. 2. Jean Vi¬ lar. 3. La comtesse Michel de Ganay. 4. Leonor Fini. 5. An¬ dré Pieyre de Mandiargues.

6. Mme Yves Ciampi et Ichi- kawa Monnosuke, du Kabuki.

7. Hanshiro Iwai, du Kabuki.

8. Mlle Setsuko Ideta. 9. Mme Sarda et Mlle Liliane Lafabrie.

Communiqué

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Pitar Lopez, la célèbre danseuse, en compagnie de M. José Tamayo.

Infanta Margarita coiffure inspirée du portrait de l'Infante Marguerite.

"Breda" : Les Lances" de Vélasquez. ont inspiré cette création de Rachel's.

L’Ambassadrice d'Iran, ad¬ mirant ta coiffure Breda ”.

Son Altesse Royale la princesse Maria Béatrice de Savoie, portant une merveilleuse cape des couturiers Herrera y Ollero.

Coiffure Conde Duque". Robe de Herrera y Ollero.

Mrs Robert Parker, son Altesse Impériale la princesse Seldjouk, M. José Ramon Blanco, Manolo GU, Enrique Pastor de Velasco.

Un public select et international se pres¬ sait dans les salons de Rachel’s, Juan Bravo 12. A cette occasion, parmi les personnalités les plus importantes :

Son Altesse Impériale la Princesse Seld-

Son Altesse Royale la Princesse Maria Béatrice de Savoie.

L’Ambassadrice d’Iran.

Madame de Lopez Bravo (épouse du Ministre de l’Industrie).

La Comtesse de Courson.

La Vicomtesse de Villa Miranda. Madame de Herrera.

Madame de Canedo.

Pilar Lopez (la célèbre danseuse).

Lucero Tena (merveilleuse interprète de flamenco).

Madame Noelle Larroque de "Votre Beauté”.

Madame Anne Marie Casalis.

Le toréro Victoriano Valencia.

Monsieur José Tamayo (le grand metteur en scène).

Le peintre Miguel Herrero.

Monsieur Jean Chalon (du Figaro Litté¬ raire).

Manolo Gil (le jeune premier de cinéma). Don Manuel Del Rey.

Monsieur Alfonso Camorra (le meilleur ambassadeur de la paella Valenciana). Monsieur Jésus Vasallo (Directeur de "Elle” espagnol).

Par un fait miraculeux du hasard, les somptueux modèles de Herrera y Ollero, les jeunes maîtres de la couture espa¬ gnole, allaient à merveille avec ces coif¬ fures inspirées du grand peintre Vélas¬ quez.

Communiqué

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Rudi Gernreich : nom au- serait dans les salons de l’autre.

trichien du couturier ca- Son mannequin préféré : Peggy lifornien qui fait le plus de Moffitt, ci-dessus... On parle bruit en Europe. On dit qu’il d’un nouveau ballet de Henze s’installerait à Paris en 1966 pour Rudolf Noureev... Ber- ainsi que le coilleur Vidal Sas- lin, capitale de la musique eu- soon. La collection de l’un pas- ropéenne, cela fait faire la gri¬

mace à plus d’une personne, mais on le dit beaucoup... Sergio de Castro : ce n’est pas un personnage de Monther¬ lant mais un peintre espagnol installé à Paris qui n’est vrai¬ ment très connu qu’en Alle¬ magne... Il paraît que les chaussures vont devenir trans¬ parentes... que Cocqueline, as¬ sistante de Courrèges, a renoncer à son vestiaire pen¬ dant son voyage incognito aux U. S. A., et s’habiller comme tout le monde... que le modéliste Karl Lagerfeld a décoré sa chambre en Vinyl blanc... que de plus en plus d’hommes d’affaires parisiens, au lieu d’or¬ ganiser des déjeuners d’affaires, donnent rendez-vous chez leur coiffeur. Les deux compères s’assoient côte à côte et dis¬ cutent pendant qu’on leur cou¬ pe les cheveux...

Les trois dames du Prix Nobel

de médecine, accompagneront leurs maris à Stockholm, ha¬ billées par Yves Saint Laurent... et les danseurs de l’Opéra por¬ teront aussi des costumes de Saint Laurent dans le ballet "Notre-Dame de Paris” dont la chorégraphie est de Roland Petit et le thème de Victor Hugo. Générale le 10 décem¬ bre. Ci-contrc, des hommes d’armes mondrianisés... Il pa¬ raît que Ribot, le célèbre éta¬ lon, actuellement aux États- Unis en mission reproductrice, refuse de repartir pour l’Italie sans son lad noir qui, seul, peut l’approcher, mais le lad ne veut pas quitter son pays... On dit que la Crème de Huit Heures d’Elizabeth Arden est miraculeuse pour les boulets des chevaux surmenés... que Roger Vivier est dépassé par le succès de ses chaussures à bou¬ cles d’argent. Il faut s’inscrire sur une liste d’attente... C’est à Bernard Shaw qu’est revenu l’honneur d’inaugurer la réou¬ verture du Théâtre de la Made¬ leine désormais toutes les générales seront brillantes puis¬ que le nouveau directeur s’ad- pelle André Bernheim...

Le décorateur de l’An 2000 s’appelle Christian Gérard. Il hait les reconstitutions à la mode, prépare un salon de coiffure cosmique. Les casques se placeront tout seuls sur les têtes, les cendriers, hydrauli¬ ques, ressembleront à de peti¬ tes rivières. Il va redécorer le Bistingo de la rue Saint-Benoît en boîte futuriste. Quatre ni¬ veaux différents et, suspendues dans les airs, des nacelles comme de gigantesques girolles l’on s’installera, l’on dan¬ sera. Elles seront réunies en¬ tre elles par des escaliers ou des toboggans. A l’entrée, un ta¬ bleau lumineux pour y inscrire son nom et sa nacelle à l’inten¬ tion de ses amis présents dans la boîte... Vogue gagne le Con¬ court du tourisme : les direc¬ teurs de 25 offices étrangers établis à Paris ont décerné le Prix du Tourisme International à notre collaboratrice Simonne Brousse... Macha Méril grave son premier disque avec ses propres chansons : "Les mots des autres n’arrivent pas à sor¬

tir de ma bouche”, dit-elle... désordre. Toutes les demi-heu- américaines... "L’Echange d’un "Private view”: le titre anglais res un nouvel orchestre, des regard”, ballet de Françoise du livre d’un photographe célè- musiciens souvent anglais, tou- Sagan, sera présenté le 2 février bre. Lord Snowdon, ci-dessous, jours les cheveux dans le dos... à l’Opéra de Marseille les y réunit 81 reportages sur "Salum Sanctorum” : le nom générales ont lieu le samedi des artistes anglais comme latin du plus récent et sélect pour que les Parisiens puissent Chadwyck, Sutherland, Riley, restaurant new-yorkais. Il est prendre l’avion... Il n’avait pas Bacon, Moore... "Piper Club” : interdit d’y fumer à table... exposé depuis 1956 : Balthus, le nom américain d’une boîte "Status”, encore du latin, titre ci-dessous, fera l’objet d’une romaine. Cinq pistes, un grand de la dernière-née des revues grande exposition en juin 1966.

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2 FORMULES : CHEVEUX GRAS ET NORMAUX - CHEVEUX SECS

VOGUE

arme... le zest de la séduction... le zest de la vie... le zzz

les parfums / /f

sans méthode, sans rai-

son et sans compter, vous êtes impardonnable. Le parfum est affaire d’expérience, c’est comme de sa¬ voir goûter un vin, comme de juger d’un mor¬ ceau de musique. Les fabricants perfectionnent sans cesse leur emploi, leur conditionnement et leur présen¬ tation, depuis le 12e siècle, depuis exactement Richard Cœur de Lion. Le grand art : trouver un mélange d’une centaine (au moins) d’ingrédients auquel aucune femme (et aucun homme) ne puisse résister. La technique : le vaporiser (ou l’atomiser)

. sur la peau le sang affleure le plus près : sur la gorge, sur les poignets, au creux des bras. ggggài- Votre rôle à vous: trouver celui qui, sur

votre peau, provoque la réaction chimique la plus irrésis- tible. Reconnaissez-

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maillots du soir

oucher de soleil sur Palmyre : quel plus lumineux, plus réchauf¬ fant, plus éblouissant cadeau de Noël? Un avion pour Damas et vous êtes, quelques heures après, en Jordanie, en plein désert de Syrie, dans l’ancienne cité des sables, l’oasis de la reine Zénobie : les ruines de Palmyre. Dans votre valise, des robes à mettre dehors, pieds nus ; des robes qui ne se démodent pas, que vous porterez hiver comme été ; des robes qu’on met dans un sac comme un chandail et qui sont en réalité des "maillots du soir”. Pour les "orientaliser” : des bijoux extravagants, des parfums hardis et des coiffures "excentriques”. Elles ont été créées par Carita d’après d’anciennes gravures du Moyen-Orient mais ultra-modernisées : toutes prêtes, postiches, dans une boîte-avion. Ci-dessus, le blanc Jacques Griffe. Crêpe Arnel de Hurel. Taille haute. Bijoux Cis. Et une goutte d’"Enthousiasme” de Jacques Griffe. A droite, le turquoise Emilio Pucci, en jersey de soie. Accord parfait : son tout nou¬ veau parfum : "Vivara” au goût de mer et d’air, créé pour les longues nuits dehors...

Dour

'hiver,

'été

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Immodéré, non. Amusant, oui. Fabuleux, pres¬ que : de l’or tricoté et de l’or imprimé. Voilà le soleil des soirs de fin d’année 1965, éclatants, fracassants. A la pointe de l’an¬ née nouvelle. Surpri¬ se pour un réveillon aux sports d’hiver : un pull-over or et velours, page de gau¬ che. Cordonnet de soie tricoté au point de jersey, bordé de chenille de velours noir aux poignets et au col roulé. Il est porté sur un pantalon de Charles Gros, en crêpe de laine de Moreau. Marie-Martine Week- End. Pull-over, 999 F. Pantalon, 299 F. Anneaux en résine synthétique noire de Péladan. Maquillage Guerlain Rive Gau¬ che. Ci-contre : chez vous, feu de joie en sari imprimé de fleurs naïves dans des tons

coucher de soleil, or et orange.

Haut, sans ches, à petit dé¬ colleté ar¬ rondi, fer dans dos. Panta¬ lon à jam¬ bes évasées La Malle de de, 900 F. Boucles d’oreilles et brace¬ lets Cis. Les perru¬ ques sont d’Elrhodes. Elles peuvent vous rendre service et fai¬ re de vous "ni tout à fait la même, ni mt à fait une autre”.

DU

CROCHET

POUR

RAVIR

Onduleuses , sinueuses, les matières les plus souples pour les soirées les plus mouvementées.

Idéales : La chenille et la laine. Ces robes vous suivront partout, au chalet, à la campagne, à la maison. Elles ne tiennent pas plus de place dans un sac de week-end que deux chandails. Leur petit air sans cérémonie requiert une accessoirisation gaie. Page de gauche : velouté, un long fourreau droit en chenille crochetée rose shocking. Sans manches et ras du cou: Jaeger chez Henry à la Pensée: 425 F. Anneaux dorés de Bijou-Box. Bracelets de Maryse Blanchard et Cis. Mu¬ les en gros-grain de Trevi. Ci-dessous : douillette, une robe crochetée en mohair blanc, vert et mar¬ ron à motifs "pomme de pin” s’épanouissant vers le bas. Lil à la Marotte, 550 F. Boucles d’oreilles Péladan. Bracelet de Maryse Blanchard. A la cheville, autre bracelet fait de médailles dorées de Cis. Coiffures Elrhodes. Amusez-vous à peindre vos ongles clairs presque blancs ou très foncés.

R

ien de plus de

plus scintil¬ lant déplus éblouissant que ces nouvel¬ les blou ses, tou¬ tes en pastilles clignotantes.

Une vraie flam¬ bée. Ci-contre : tunique courte, manches entièrement recouverte de pastil¬ les de Rhodoïd blanc et noir. Paco Raban¬ ne, 350 F. Elle est portée sur un panta¬ lon de Jean Gérard en crêpe "Melba” Rho- dia blanc et noir de Debiesse, 200 F. Le tout en vente chez Po¬ peline. Ballerines en verni noir de Giusti chez Bally St-Michel. Boucles d’oreilles de Jacques Gautier. Page de droite:

Elles sont portées sur des pantalons de Mahr, en crêpe de Véron, 180 F chacun. Le tout en vente au Bistrot Boutique. Boucles d’oreilles as¬ sorties de Paco Ra¬ banne. Escarpins Cé- dric. Maquillage Pa¬ yot. Aux lèvres : le rouge à lèvres "Dia¬ ble rouge”. Toutes les coiffures ont etc créées par Elrhodes. Voir adresses p.155.

VOGUE

chaque chambre et d’un très amusant salon d’hiver vitré 1900. Un régime de sortie. C’est un autre secret de la clinique. Vous en sortez avec tout un comportement différent en face de la nourriture. Non seulement vous serez d’autant plus attentive aux excès que vous avez été habituée à vous nourrir rationnellement, mais vous ne pourrez plus absorber des calo¬ ries inutiles. Car on vous aura établi un mode d’alimentation correspondant à votre mode de vie. On vous aura "rééqui¬ librée” définitivement.

Tous les "à-côtés” comptent. Associés à votre rééqui¬ libration alimentaire, un sauna, une salle de gymnastique, des massages, douches, le "training autogène”, etc. sont à votre disposition. Vous dormirez beaucoup, vous vous repo¬ serez énormément. Le cadre s’y prête : une grande maison familiale au milieu de pelouses et de parterres de fleurs. Des chambres confortables, ultra-silencieuses, dont les baies s’ouvrent sur le jardin, avec des salles de bains ultra-gaies, dont le plafond vitré donne sur le ciel.

L’aspect pratique de la question. Distance de Paris : une trentaine de kilomètres sur la route du Touquet.

Durée de la cure : absolument variable selon les cas. Trois jours de désintoxication peuvent être suffisants pour une rétention d’eau due à la fatigue. Vous pouvez même ne vous y rendre que pour y prendre vos repas, et continuer vos occupations professionnelles à Paris si vous le désirez.

Les interdits : jamais de vin, ni d’alcool, ni de pain. Permis : 1 litre d’eau minérale par jour (non salée), 2 cafés et un ou deux jus de fruits.

L’observance : trois ou quatre repas par jour quasi équiva¬ lents en taux de protides.

Le prix : celui d’une chambre avec pension dans un bon hôtel. La clinique est agréée : vous êtes remboursée de 42 F par jour. Ecrire à Vogue pour toute précision. Absolument tous les problèmes de régimes peuvent y être traités. Examens de laboratoires, dosages, analyses. Les cas les plus difficiles médicalement parlant, c’est-à-dire diabète, sucre, etc. ou suites d’opérations chirurgicales de l’appareil digestif comme les cas plus simples, relevant d’un besoin de désintoxication par exemple, sont considérés. De toutes façons, une vraie cure de santé, dont vous sortirez amincie et bronzée, méconnaissable.

il

faut

manger

pour

maigrir

BULLETIN BEAUTE

79

4

stars

beauté

secrets

Captivante : Eisa Martinel! i, c.i-dcjkus, I hante, éclatante. Et tellement de notre époque. Elle tourne " Diabolik" à \ew York avec une multitude de robes d'Yves Saint Laurent. "Je l'aime, dit-elle en riant, parce qu'il est d'avant-garde sans exagéra¬ tion'*. De lui, cette robe-bijou en crêpe, à manches rebrodées d'argent. Songeuse, .Mme Alain Delon, à droite. Curieuse, acheteuse, collectionneuse (de lions : c'est son signe), elle Ressaie tout. Comme Eisa, elle est ici maquillée par Carita.

Irrésistible Jane Fonda : pas de bijoux, pas d’alliance, pas de rouge à lèvres. Rien sur les ongles, rien sur la peau. Appétissante en diable. Juste un soupçon de crème "Puff” de Max Factor le matin. Rien, sauf un mélange inimitable de la tête froide d’une petite fille précoce et de la féminité soumise d’une amoureuse. Un régime? "Bien sûr! Je ne mange ni gâteaux, ni glaces, ni pain. Mais beaucoup de pamplemousses.” Elle travaille beaucoup. Mme Vadim tourne sous la direction de son mari "La Curée”, un film tiré du roman d’Emile Zola et s’apprête à devenir au printemps "Barbarella” l’héroïne des bandes dessinées de Jean-Claude Forest. Elle meuble ses maisons, sa ferme : "en rustique provençal... Je suis si contente d’avoir trouvé un petit hôtel particulier dans le 17e, tout meublé à mon goût, car j’ai vendu avant de venir en France mon appartement de New York. J’attache beaucoup d’importance aux endroits je vis”... "Je cherche des robes du soir longues, très habillées, mais je n’aime pas beaucoup assister à des collections... Je préfère courir les antiquaires.” Ses perruques sont de Carita, ses faux cils aussi. Elle les pose elle-même pour la photo tout en bavardant avec une spontanéité et une gentillesse sans aucun apprêt. Se faire les yeux l’amuse. Comme cela vous amusera vous-même lorsque vous aurez réalisé que les faux cils, c’est la joie de vivre, maintenant. Jamais vos yeux n’auront été aussi beaux, aussi veloutés, aussi naturelle¬ ment soyeux, mousseux, que ceux d’Eve au Paradis Terres¬ tre. Vous n’aviez pas encore osé? C’est que vous gardiez un mauvais souvenir des trop noirs et trop visibles faux cils en vente il y a quelques années. Tout est changé. Ils sont main¬ tenant si "vrais”, si subtils, qu’il vous est sûrement arrivé de vous demander un soir en regardant les yeux de votre voisine de table : "A-t-elle des faux cils, oui ou non?” Vous aimez essayer une nouvelle recette de cuisine? Apprendre à jouer à un nouveau jeu? C’est la même chose. Ayez l’astuce, la patience et un peu d’habileté, et vous aurez l’avantage sur toutes les autres d’être la première à savoir faire vite. Vous trouverez dans le prochain numéro un guide complet et pratique de tous les faux cils existants. Sachez ceci : avant tout, la qualité. Les plus extraordinaires sont faits à partir de cheveux extrêmement fins, comme de la soie, fixés à la main sur une bande ultra-souple qui ne pèse rien. Les cils

une

beauté

enfant

blonde

de vison sont plus brillants (ce sont ceux que les mannequins préfèrent pour les photos), ils sont aussi en général plus épais, donc un peu plus lourds. Attention à leur couleur. La plus flatteuse : n’importe quelle teinte sauf le noir. On le garde pour le soir. Du gris foncé, comme Eisa Martinelli, ou du brun, ou du bleu marine comme Mme Delon. Prenez du temps pour décider, presque autant que pour votre premier collier de perles. Ne choisissez pas un soir d’énervement et de hâte pour les poser vous-même pour la première fois. Allez dans un Institut. Le jour vous aurez le temps, placez un miroir sur la table et regardez vers le bas. Vos mains sont libres. Mais ne prenez pas les faux cils avec vos doigts. Avec des pinces. Ils sont si délicats ! N’oubliez pas : il faut les cou¬ per différemment pour l’œil droit et pour l’œil gauche. Bien¬ tôt vous y serez tellement habituée que c’est tout juste si vous ne vous endormirez pas en oubliant de les enlever... Si vous êtes en grande forme un soir, et en veine d’inno¬ vation, brossez vrais cils et faux cils ensemble, et, juste à la pointe, un peu de poudre d’or. L' avant-garde, c’est tout ce qui brille. La grande nouveauté de l’année : les touches légères, nacrées, argentées, les "blush on” givrés, glacés, les ongles d’un blanc irisé (voyez notre couverture), les rouges à lèvres super-brillants. Le vif-argent de notre numéro de novembre est contagieux. Mais tout est dans la façon d’accro¬ cher la lumière. Dernier conseil, inattendu ! Pourtant c’est celui des stars de ces pages : rien n’est pire qu’une femme qui cherche l’ombre sous prétexte d’yeux cernés, de traits tirés. La lumière "gomme” les rides. Avancez la tête haute. Evidemment, dormez suffisamment ! Et faites tout pour être heureuse. Vous aurez moins besoin de toutes ces "choses” dans des flacons et dans des pots. Mais n’ayez pas peur de la lumière. Même artificielle. Vous serez plus gaie dans une soirée si vous osez affronter les lumières. A une con¬ dition : ne pas trop vous couvrir la peau. Il y a une façon de "découvrir” votre visage en vous maquillant, de mettre le minimum de make-up après beaucoup d’essais prépara¬ toires. Servez-vous d’une petite éponge très lisse et humide pour mettre un hydratant sous votre poudre. Trois touches brillantes au dernier moment : l’arcade sourcillière nacrée, les cils satinés, le rouge à lèvres ultra-lustré. Et l’on se retournera sur vous quand vous traverserez la lumière.

Délicieuse, féminine, Jane Fonda, ci-contre, rose et nacrée comme un Renoir. Blouse à sequins, Guy Laroche. Longs che¬ veux soyeux, Carita. Nez ravissant poudré par Max Factor. Belles dents... et nouveau parfum "Fidji” de Guy Laroche.

des rires et des

jeux

BRTOtER

photographie ses amis les enfants

3. gauche, Héloïse, trois ans, fille du comte et de la comtesse Jean d’Ormesson, née Françoise Béghin. Ci-dessus, Dimitri et Michel, sept ans, avec Serge et Hélène, trois ans, les quatre jumeaux du prince et de la princesse Alexandre de Yougoslavie, née princesse de Savoie.

DÉCEMBRE 1965

LE

BESTIAIRE

DE

NOËL

Fabuleux, couverts de perles ou de turquoises, animaux-bijoux, animaux-symboles, animaux- surprises : Paris regorge d’animaux fantastiques. Pour l’utile ou l’inutile, pour le rêve ou la passion d’un collectionneur... Pour qu’ils restent le souvenir de cette année. Ci-dessus, un bélier d’or à tête d’émail, frisé de perles fines. Boivin. Page de droite , la chouette ailée en vermeil a des yeux de lapis-lazuli. Boutique Christian Dior. "La grenouille et le petit lapin”, fable de Marina et Boucheron. Le rhinocéros doré piqué de turquoises vient du Népal. Jansen. "Un hibou tenait en son bec une souris...” Moutardier d’argent de Marina. La tortue est une sonnette en argent massif. Jansy. Le caïman pince-papiers de la Boutique Roger et Gallet mord un long pendant d’oreilles brillant poire et brillants navette de Mau- boussin. "Il était une fois un crocodile...” en or, brillants et chrysoprases, de la Boutique Christian Dior, poursuivant un oiseau-pelote à dos de velours de la boutique Roger et Gallet.

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Avec les pantalons, les mules s’affirment. Elles restent légères, en verni, en velours, en fourrure. Mais elles air bottier : presque des chaussures. Sobres. Géométriques. Solides. Page de gauche, en haut : une mule-cycliste en talon bas est retenu par une bride. Dessinée par Karl Lagerfeld. Charles Jourdan, 5, bd de la Madeleine, 119 F. En l

mule-arlequin noire et blanche en veau mort-né. Contrastant : un nœud chapelier. Roger Vivier Page de droite : une mule-équerre en verni noir et chevreau blanc, à talon de 3 cm. Trevi, en Honoré, 54 F. Pantalon en shantung noir (Rhodia et Fibranne deDebiesse). Jean Gérard, en vente è

sur mesures, 900 F. vente chez Elyse et i La Bergerie, 189 F.

VOGUE

à

pantalons

mules

insolites

Page de gauche : une mule-cancan en satin-velours vert émeraude à pouf de plumes d’autruche. Talon de 4 cm. Christian Dior sur mesures, 350 F. Ci-dessus : une mule-babouche en velours rose. Sur l’empeigne, un nœud de mousseline créponnée ton sur ton. Talon de 3 cm. Trevi en vente chez Pol. 44,50 F. Ample pantalon en soie satinée. La Malle de l’Inde. 500 F environ.

97

VOGUE

ÉPAULES NUES, BRODERIES NACRÉES, COULEURS GIVRÉES

4 ROBES

Un nœud semble retenir toute la robe. Jeanne Lanvin, à gauche. Crêpe pure soie d’Abraham brodé au décolleté de perles fantaisie, strass et argent par Mesrine. Pointe assorde pour les frileuses. Faux cils en vison noir d’Helena Rubinstein. Dans les creux du bras, un nuage d’“Eau d’Arpège” en Vapospray de Lanvin.

Un boléro en dentelle de Brivet rebrodé par Lesage couvre le corsage de mousseline drapée. Jean Patou, ci-dessus. Dentelle de Calais, par¬ semée de Pierres de Bohême et de minuscules plumes. La jupe est toute recouverte de den¬ telle simple. De Jean Patou aussi, la poudre “Pêche” ultra-fine, et la senteur “Câline”.

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Longue chemise rebrodée et ceinturée de satin. Christian Dior, ci-dessous. Organza de Bian- chini-Férier, parsemé de pierreries de cristal par Lanel. Les bijoux assortis, en strass rose et blanc; les escarpins de satin; le rouge à lèvres “Ultra-Dior” 63 et l’ultime pulvéri¬ sation de “Diorissimo”, existant maintenant en atomiseur : tout est signé Christian Dior.

Long fourreau décolleté arrondi dans le dos. Castillo, page de droite. Manches trois quarts. Taille glissante. Crêpe pure soie de Staron rebrodé de pampilles en Pierres Taillées du Tyrol par Vermont. Maquillage du soir rose irisé “Brilliance” d’Elizabeth Arden, ainsi que le parfum “longue durée” pour une nuit en¬ tière “Mémoire Chérie”. Coiffures Elrhodes.

MANCHES LONGUES, BRODERIES IRISÉES, TEINTES PASTEL

100

Ninette Lyon est allée fouiller Moscou à la recherche de nouvelles recettes. Elle est revenue émerveillée. "Les célébrités moscovites du monde des arts I en savent aussi long, dit-elle, que le plus gourmand des Parisiens..." Mais avec Maïa Plissetskaya le dialogue culinaire s'est établi assez diffici- 1 1 f 1 T i lement. La plus célèbre ballerine de notre temps a éclaté de rire à toutes les questions de Ninette Lyon. Alors elles ont parlé de\ 1V.I/ vL'V cuisine mais aussi de danse et de voyage. Ci-contre : photographiée par Cecil Beaton, Maïa Plissetskaya à sa table de maquillage.

PLISSETSKAYA

Les femmes-huissiers en gris, sanglées dans des tailleurs stricts nous installent, mon interprète et moi. Ceci se passe à Moscou, dans un petit salon attenant à la plus belle loge du Bolchoï. Les fauteuils de velours rouge ont été recouverts de grosses housses blanches sous lesquelles apparaissent quatre petits pieds dorés. On dirait des fantômes en souliers du soir... Maïa Plissetskaya sort d’une répétition. A la diable... Ses belles, ses longues jambes disparaissent sous d’épaisses jambières en laine noire et elle a enfilé un pei¬ gnoir sur son maillot, un de ces peignoirs comme les ballerines en ont le secret. "Vous venez de Paris pour me parler cuisine? C’est de la folie furieuse! On ne parle pas cuisine à une danseuse! Vous savez ce que disait la Spessiv- tzeva?” Je fais non de la tête. "Vous savez qui elle était?” Très, très vite je lui fais signe que oui. "Une grande artiste. La partenaire de Nijinsky. Elle disait qu’un repas de ballerine ne devait comporter qu’un jaune d’œuf et deux pétales de rose.” Je la regarde, éberluée. "Non, ne vous inquiétez pas. J’adore me moquer de moi-même. Et je ne me nourris pas de pétales. Quand je suis au Caucase devant un plat traditionnel de la région, un de ces plats très épicés garnis de poivrons ou bien un plat en sauce, je m’en donne à cœur joie. Mais je sais que le lendemain je n’aurai droit à rien... Sijou ne jramchy... La diète quoi.” Il me faut attaquer sans lui laisser le temps de respirer. Elle a dit "sauce”. Je demande : laquelle? Après tout, je suis pour lui arracher une recette. Est-ce une sauce géorgienne? "Oui, oui, oui. Satsivi aux noix. Sauce très, très bonne.” Cette recette, me la donnera-t-elle? Nouveau oui, oui, oui. Pourquoi pas? Avec plaisir. C’est sa recette préférée. Et qu’aime-t-elle encore. "Des choses simples mais savoureuses. Comme le potage aux arbres ; ça c’est vraiment bon.” C’est bien ce que je pensais : il y a erreur. L’interprète, dont les connaissances culinaires sont terriblement limitées, bafouille. Il ne s’agit pas d’un potage aux arbres mais d’un potage aux herbes. Nouvelle attaque brusquée. Des herbes? Quelles herbes? Au vol je reconnais le mot "petrouch- ka". S’agit-il d’un potage au persil? Non, non, non. Alors j’ai mal compris. Il s’agit d’un potage aux fines herbes. Bon. J’enchaîne. Le goût en cuisine c’est autant ce que l’on aime que ce que l’on déteste. "Quel est le plat que vous détestez?”. Ici, pas la moindre hésitation: " Molochnaya lapcha", dit-elle d’un trait. L’interprète met son grain de sel : "Soupe au lait avec vermicelle... Cuisine internationale pour enfants”. Il semble que cette soupe ait été servie si souvent à Maïa petite fille, que le seul fait de prononcer " Molochnaya lapcha lui donne la nausée. D’ailleurs elle en a assez de cette conversation. "Paris! Paris!” Vous habitez Paris! Moi j’adore Paris. Un vrai coup de foudre. Ce n’est pas original. Tous les Russes vous parleront de Paris, du Louvre, du Musée d’Art Moderne, du Musée Rodin. Ah! et Dior! Ah ça! Dior, Dior! Hélas! pas eu le temps. Ballet vous savez. Et j’avais un de ces tracs... Je dési¬ rais tellement que le public m’aime. Jamais je n’ai eu un trac pareil. Jamais

de ma vie. L’Italie aussi est un pays qui m’a plu terriblement. En entrant à | Saint-Pierre de Rome j’ai compris pourquoi tous les Italiens avaient la foi. En Amérique, j’ai été frappée par les commodités de la vie. Mais New York I m’a effrayée. Si j’y retourne, je m’habituerai peut-être aux gratte-ciel. Mais I ce n’est pas certain. Et puis il y a là-bas un photographe qui m’est resté s l’estomac. Il a fait de moi plus de 500 photos et ne m’en a jamais envoj Rien, rien, rien reçu. Tout ça pour n’en publier qu’une.” (Entre nous, je s: qu’il s’agit d’un photographe dont le nom commence par A., qui travaille I pour un magazine dont les initiales sont H. B. Mais j’ai promis à Maïa de ne | pas le nommer.) Elle a l’air très fâchée. Histoire de lui changer les idées, n parlons de ses ballets préférés : Don Quichotte... Le Lac des Cygnes... La Belle | au Bois Dormant... Raymonda. Elle s’amuse enfin. J’en profite pour oser une question personnelle (du moins ce qu’en U.R.S.S. on considère comme telle). "Quel rôle préférez-vous dans la vie? Celui d’artiste? De femme? D’épouse?” Léger flottement. Elle n’a pas saisi le sens de ma question. "Je suis tout sauf I une mère” dit-elle de cette même voix ferme par laquelle tout à l’heure elle I repoussa l’éventualité d’une soupe au lait. Et elle répète "Tout sauf i mère.” Je dis : "Même envers votre mari?”. Idée de génie. Elle rit aux éclats. I "C’est plutôt mon mari qui serait ma mère. Avec les danseuses c’est toujours I comme ça... Rodion Chedrin, compositeur, a tellement fait pour moi! Beau- | coup plus qu’on ne pourrait imaginer. Tout ce qu’il compose m’est dédié...”. La partie est gagnée. Nous parlons de San Francisco il y a un petit restau- I rant épatant "Sur le Wharf vous savez? Spécialités de fruits de mer”; n parlons du film sur la danse elle a tenu douze rôles; nous parlons du jour I elle a mangé pour la première fois des grenouilles, c’était au Canada. | "Les batraciens de ce pays-là sont gigantesques, 7 à 8 cm de long”; nou parlons de la fureur d’un des danseurs de la troupe lorsqu’il a compris c qu’il mangeait. Ce danseur c’était Shamil Aygudin, un tartare donc un musul¬ man. "Il a dit que si le porc lui était interdit, sûrement que les grenouilles I lui étaient interdites aussi et il s’est levé de table en proie à une violente I colère”; nous parlons de la longévité de l’homme et plus particulièrement des I Caucasiens. Plissetskaya est tout feu, tout flamme. La longévité des Cauca- I siens cela la passionne. Moi aussi du reste. "Ces gens-là vivent dans la monta- I gne, mangent du mouton, boivent du vin, ne pensent pas à l’argent et vivent | jusqu’à cent ans. Un jour on a demandé à l’un d’eux "Comment cela se pas¬ sait-il au Caucase il y a un siècle?” Mam Cirkout avait 156 ans. Il répondit : "La montagne est la même et je plante toujours du maïs”. Et Maïa ajoute d’une voix songeuse : On dit qu’il y a là-bas un groupe de danseurs qui sont tous centenaires. Des danseurs, vous vous rendez compte... Centenaires. Ah! si je | pouvais danser, moi aussi, jusqu’à IVi I \ I I1' I 17’ T \/ \Y

150ans .. A” Voir la recette page 156. _l\l /NI ^1 JL .IJ I jJL\ / \

mm

Libre, sans racines, le château du Champ de Bataille apparaît soudain au tournant d’une clairière. Il doit son nom à un combat que se livrèrent en 935 le comte de Cotentin et Bernard le Danois, lointain ancêtre de l’actuel propriétaire, le duc d’Harcourt. En 1686, Alexandre de Créqui édifia cette demeure. Par mariage, le château passa aux mains de la famille d’Harcourt, en sortit en 1810, y revint en 1903, en sortit à nouveau en 1936 et fut enfin acquis en 1947 par François d’Harcourt, qui put le restaurer grâce aux dommages de guerre qu’il reçut pour son château de Thury-Harcourt brûlé par les nazis. Avec la duchesse, il a ressuscité les splendeurs du Champ de Bataille. Nos photos : cerfs, daims et biches paissent au pied des murs en pierre et brique rose qui cernent d’immenses cours. A gauche, la duchesse d’Harcourt dans son jardin de fleurs. A l’échelle des vastes salons, elle compose des bouquets. Ils ont plus d’un mètre cinquante de haut.

LA

DUCHESSE D’HARCOURT CHEZ ET I E

Elle est jeune, brune, Espagnole. Elle est châtelaine d'un " rêve de pierre en Normandie.

DÉCEMBRE 1965

TOUTE

EN

COTES

Qu’est-ce qu’elles ont toutes à se promener dans Paris ? Tout simplement, elles sont bien dans leur robe. A l’aise, confortables, elles ne la quittent pas jusque tard dans la soirée. Elles flânent, prennent un “pot” au Drugstore et dînent au bistrot. Ci-dessus, robe droite en pure laine chinée à grosses côtes, couleur corail. Bistrot duTricot. 199 F.

110

COTES

ET

FILS TIRES

VOGUE

Ci-dessus, en jersey de laine blanche à manches trois quart. Contraste du corsage menu et ajusté, tout en larges côtes, avec la jupe évasée de bandes ajourées. V.D.E. aux Galeries Lafayette, boutique “Voilà Paris”, 250 F. Boucles d’oreilles en résine synthétique blanche. Péladan. Bracelets de Jacques Gautier. Coiffures d’Elrhodes.

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DÉCEMBRE 1965

MOSAÏQUE

ET

JERSEY

Bandes, carreaux, découpes. Damiers bleu roi et blanc, ci-dessus, pour ce fourreau en jersey de laine bleu, sans manches, décolleté carré, vu à la Samia (Exposition bi¬ annuelle de Turin groupant une grande partie du Prêt à Porter italien). Maglificio Michelangelo à la Gaminerie, 98,50 F. Anneaux Péladan. Bracelets Jacques Gautier.

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JERSEY

ET

MANCHES LONGUES

i. Anneau en résine synthétique noire de Péladan 9 F, chez Elysées Store. 2. Dents de scie marine et grenat sur jersey de laine beige des Tricots France. Pariken, 129 F, chez Prébac. 3. et 4. Bordures marines aux manches et à la jupe de cette robe en jersey de laine rouge des Tricots France. Pariken, 215 F chez Prébac. Coiffures Elrhodes.

DÉCEMBRE 1965

i. Empiècement à damiers en laine crochetée pour une robe en crêpe pure laine de Gérondeau. Clarissia, 390 F au Bistrot Boutique. 2. Chaussures Giusti, 69,95 F chez Bally-St-Michel. 3. Pendentifs en émail bicolore, 135 F chez J. Gautier. 4. Fin jersey de laine : bouillonné blanc et bandes noires. Caria Ogle, 700 F chez Roger & Gallet.

BOUILLONNES

ET

DAMIERS

DAMIERS

ET

JUPE PLISSEE

Ci-dessus : petits damiers noirs et blancs, pour le haut en laine crochetée. Manches lon¬ gues. Encolure ras du cou. Jupe plissée en crêpe de laine de Gérondeau, terminée par une bande assortie au corsage. Clarissia au Bistrot Boutique, 390 F. Boucles d’oreilles Péladan. Les coiffures sont d’Elrhodes. Voir page 155 les adresses des modèles cités.

FORTES TETES

Qu’est-ce qu’une forte tête? Une personne de beaucoup de capacité, dit le Larousse. Ajoutons : de grand talent.

Forte tète au théâtre : Michel Lonsdale (1). Il s’est installé pour longtemps à la Comédie des Champs-Elysées, dans "Le mal de Test”, ce succès new-yorkais dont Marian Shaw (femme d’Irwin), est la productrice à Paris. Anglais par son père, il est, par sa mère, neveu de Marcel Arland. C’est son premier rôle comique. Ses goûts le portent, outre la peinture, vers Dürrenmatt, Billetdoux, Beckett. Dans "Zoo Story” d’Edward Albee, il était ce petit bourgeois racorni que Terzieff exaspé¬ rait jusqu’au crime. Ses atouts : un sourire de jeune premier; ne pas savoir ce que le mot "emploi” veut dire : il peut entrer dans n’importe quel rôle et s’y sentir à l’aise.

Forte tête : Alexandre Iacovleff. Mort en 1938, ce peintre est aujourd’hui presque oublié. A partir du 23 novem¬ bre, il va retrouver et un nom et une cote. La galerie Vendôme montre soixante toiles et dessins de lui. Paradoxe : il eut tant de succès entre les deux guerres qu’il n’eut jamais à se préoccu¬ per de trouver un marchand ou une galerie. Reçu partout, comblé de dons, il eût pu réussir trois ou quatre carrières. Sportif, il fut un pionnier de la pêche et de la photo sous- marines; il traversa la Mongolie à cheval. Ethnologue-dessina¬ teur, il prit part aux expéditions Citroën, la Croisière Noire, et aussi la Croisière Jaune avec le Père Teilhard. Initiateur d’engouements nouveaux, il mit Capri à la mode. Décorateur, on lui devait certaines fresques du défunt "Normandie”. Photographe, il exerça son talent au cours d’innombrables voyages. Pendant des vacances sur la Côte d’Azur avec la Pavlova, il a posé auprès d’elle (2).

Les tiroirs de Jean Giono (3) sont pleins de surprises. Depuis vingt ans il y dormait un roman, "Les cavaliers de l’orage”. On le lira ce mois-ci. On sera fasciné par ces récits épiques de deux frères montagnards des Hautes-Collines de Provence, plus forts que Goliath, Samson, le Grand Turc et l’Ogre. Des batailles à l’échelle de l’Iliade avec des matamores de village. De folles chevauchées dans la montagne. De l’air vif. On est loin de Paris et des encombrements. Giono, retran¬ ché à Manosque dans le plaisir~d’écrire, nous réserve pour

décembre une pièce qui sera jouée à Sarah-Bernhardt, "La Calèche”. Les comédiens : Pierre Vaneck et Maria Mauban.

Un roman de Robbe-Grillet pas trop intimidant. "La maison de rendez-vous” est construit comme un ballet. Ceux qui ont aimé Marienbad”, ses temps syncopés, son romantisme glacé, ses pavanes pour fantômes chanellisant, se retrouveront sans peine dans un univers d’où la logique est exclue. Ils s’engageront avec délectation dans un labyrinthe de phrases délicatement sculptées, peuplé de jeunes Eura¬ siennes moulées dans leur fourreau de soie noire, tenant en laisse de grands chiens noirs au poil luisant. Cela se passe à Hong-kong, paraît-il. L’auteur s’amuse avec un kaléidoscope d’images exotiques. Il faut jouer avec lui. Glissée dans le livre par l’éditeur Jérôme Lindon, une carte imprimée aligne seize opinions possibles: "C’est génial. C’est très bien fait. Cela ne vaut pas Balzac. Cela ne vaut pas James Bond. C’est plein de poncifs. C’est malsain. Cette publication est un scandale, etc.” Mettre une croix dans la case correspondante, et poster aux éditions de Minuit. Alain Robbe-Grillet, ici photographié* avec sa femme Catherine (4), attend, caustique, le résultat de ce référendum. Mais on vend par jour 500 exemplai res du livre.

La race des très bons valets de comédie est si rare qu’Angelo Bardi (5), 30 ans, n’a jamais le temps de souffler. Il était valet alsacien dans "Le plus heureux des trois” de Labiche, en novembre. Il est valet de chambre-maître d’hôtel dans "Pepsie” au Daunou en décembre. Sa carrière théâtrale se déroule à l’office ou à 1a ferme. Toscan de Carrare par son père, Belge par sa mère, il peut prendre l’accent patois en plusieurs tangues y compris l’arabe. Il a joué Marivaux au T. N. P. et les grands succès de Jacques Fabbri, "La grande

oreille” entre autres. Son talent est d’une remarquable finesse. C’est un comique tout rond comme sa personne. On aimerait qu’il rencontre 1a dernière de nos fortes têtes...

...le metteur en scène Gérard Vergez (6), blond aux yeux clairs mais natif du Midi, qui fait chaque soir des étincelles dans une comédie napolitaine signée de deux noms improba¬ bles, Scarnicci et Tarabusi, "Caviar ou lentilles” solidement installé au Théâtre Michel pour au moins deux ans. Il n’a pas trente ans, et cela se voit : les gags succèdent aux poursuites, les quiproquos s’enchaînent, les morts sont très peu morts, les vivants s’agitent comme des Napolitains, ta salle est pliée en deux, ta caisse pleine. Hier inconnu, Vergez refuse aujour¬ d’hui quinze propositions de mises en scène. Projets immédiats : présenter "Henri IV” de Shakespeare, adapté par lui, et une comédie lyrique", La nuit de Lysistrata”, dont il a écrit le livret.

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Nulle part ailleurs qu’en Italie on ne trouve des tenues pour rester "at home” aussi divertissantes, aussi pra¬ tiques, aussi séduisantes. Une mode que les hommes adorent. A gauche : Dona Salvaggia Borromeo d’Adda, 19 ans, fille du comte et de la comtesse Manolo Borromeo d’Adda. Elle est chaussée d’argent par Varese et ha¬ billée d’un pyjama de Krizia. Milan. Jersey de soie blanc de Terragni, a incrustation de lamé argent (Slam)

comme le pantalon. Ci-dessous : Dona Allegra Caracciolo, 20 ans, fille de Don Adolfo et Dona Anna Caracciolo di Castagneto, en caftan de Biki . Milan. Lamé vert, argent et rose de Manolo Borromeo. Colliers et longs pendants d’oreilles de Coppola et Toppo. Toutes les deux sont coiffées par Giorgio et maquillées par Pablo de chez Elizabeth

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Arden, Rome, et photographiées dans l’appartement du comte et de la com¬ tesse Crespi, à Rome.

Beaucoup grâce à ses palais, mais grâce à ses tissus aussi, seule l’Italie pou¬ vait chercher, créer et lancer ce style de vêtements, à la fois élégants et désinvoltes, pour les soirées à passer chez soi. Mais c’est grâce aux jeunes beautés d’Italie, italiennes ou non, qui l’ont adopté avec tant de maestria, [u’il s’est finalement imposé... Ici, le Palais est celui de la comtesse Volpi di Misurata à tome, et la Belle est la baronne Fiona von Thyssen-Bornemizsa. Ci-dessous : dans un issu de Terregni en diagonales turquoises et jaunes, un pyjama à longue blouse- •weater moulante et à pantalon étroit. A droite : en jersey d’orlon, un pyjama op’art. jrands carreaux noirs et blancs pour le haut; une large jambe noire et une large ambe blanche pour le pantalon. Souliers assortis de Lucarelli. Bagues et boucles l’oreilles de Petochi. Maquillages d’Estée Lauder dont les produits viennent d’être ntroduits en Italie et le seront très bientôt en France. Coiffures des Vergottini de Milan.

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(suite de la page 108). un élément de la décoration. Des bouquets... d’au moins un mètre cinquante de haut! Nous en avons d’un bout de l’année à l’autre, composés avec des fleurs de sai¬ son.”

Amoureux de son château, le maître de maison en est l’ordonnateur minutieux. Le duc d’Harcourt compose les menus et choisit les services de table : "J’aime une table élégamment dressée. Je ne mets pas en vitrine le service offert par Louis XVIII au peintre Gérard, mon oncle par alliance, ni l’argenterie du XVIIIe siècle! Ce sont les femmes du pays qui s’occupent de la vaisselle. Et aussi notre personnel de Paris car il nous suit au Champ de Bataille, lorsque nous y séjournons. Ce qui ne signi¬ fie pas que nous y menions la "vie de ch⬠teau”! Cela n’existe plus... A notre époque on vit dans un château aussi simplement que dans n’importe quelle maison de cam¬ pagne. On y va pour flâner, lire, se pro¬ mener. Heureusement qu’un gardien et sa femme habitent Champ de Bataille toute l’année. Ce gardien a l’étoffe d’un Prési¬ dent du Conseil! Il s’occupe de tout, de l’exploitation des bois, des bêtes, des meubles, des matelas... Lors des visites du château qui est ouvert au public, c’est lui le guide. Un homme extraordinaire n’est-ce pas, Thyra?” "Sans ces gardiens, Champ de Bataille serait un cauchemar! dit la duchesse. M’occuper toute seule de ces deux énormes bâtiments? Je n’y arri¬ verais jamais! Heureusement que je n’ai qu’à ouvrir mes valises en arrivant!” Thyra est un prénom très danois pour cette châtelaine normande d’origine espa¬ gnole. Fille du marquis Alfonso de Zayas, on la croirait à tort sévère ou lointaine. La châtelaine aux yeux bleus ne se laisse pas impressionner par le haut passé du Champ de Bataille. Vive, animée, c’est une médi¬ terranéenne en Normandie. Elle murmure : " Au Champ de Bataille, ma vie ne s’organise vraiment que dans nos petits appartements privés. Tout y est si harmo¬ nieux, si confortable...”

De ces appartements, des escaliers étroits aboutissent encore à des entresols qui, au xvme siècle, étaient occupés par le per¬ sonnel, et le sont encore. Cabinets de toilette, chambre d’atours... L’époque avait une conception très précise du con¬

fort. Du lit en alcôve, aux tentures et aux rideaux des fenêtres, la chambre de la duchesse est dans des teintes douces mais franches. aussi, une profusion de dah¬ lias roses qu’elle redresse à petits gestes, secs comme des coups de bec. Elle évoque son enfance : "Un record de couvents! J’y ai passé quinze ans... Dès l’âge de 3 ans, le couvent de Palma de Majorque. A 14 ans, le couvent de Madrid. Je m’y suis follement amusée! Dans la famille, c’est la règle : le couvent pour les filles, les Jésuites pour les garçons. Aux vacances, je retrouvais la grande maison de Palma. Elle avait 80 chambres! Nous étions 3 filles et 3 gar¬ çons. Nous jouions avec les enfants de Georges Bernanos : 3 filles et 3 garçons aussi. Dans l’immense enfilade des salons, nous faisions des choses abominables : des courses de motos ! Ma mère, la pauvre, dépassée par les événements ne réagissait même plus.”

Et elle éclate de rire.

"C’est en 1947 que je suis venue en France pour la première fois. Une décep¬ tion affreuse! J’imaginais la France, comme tous les étrangers primaires : luxe, élé¬ gance... Quel choc! Ces Parisiennes en chaussettes, en chaussures épaisses. Et les Grands Magasins dont j’avais tant rêvé : vides! Les pâtisseries? Atroces : un chat affamé se balladait dans une vitrine... Il n’avait sûrement pas été plus rationné que moi. En Espagne, à l’époque de la guerre civile, nous n’avons mangé pendant un an que des figues sèches! Nous en avons con¬ sommé 600 kg en famille... J’avais oublié le goût du pain. Pour le remplacer on nous donnait une banane les jours de grande fête!”

Elle dépose sur son oreiller une fleur que ses manipulations ont décapitée : "En 1947, donc, je me rendais dans le midi chez ma grand-mère, la comtesse d’Har¬ court. Car je suis française par ma mère. Nous avons, mon mari et moi, un aïeul commun qui remonte au xvme siècle. C’est en 1948, après avoir passé mon bac, que je revins en France. Pour de bon. Mais Paris, avec ses maisons noires... Hou! Je ne les ai pas longtemps regardées : j’ai travaillé tout de suite. Mes premières armes de secrétaire, je les ai faites chez un monsieur. Le pauvre!... J’ai épuisé tout

son stock de papier avant de réussir ma première lettre! Ensuite, ce fut plus amu¬ sant : j’entrais à l’UNESCO. Cela m’a permis de ne pas oublier l’espagnol! C’était agréable, l’UNESCO... malgré mon hor¬ reur de la discipline et du travail en général. J’en sortis pour me marier. Maintenant, je tiens le secrétariat de mon mari : ses af¬ faires du Maroc, ses terres. C’est très absorbant... Et puis, nous vivons toujours sur les routes! Sinon, nous nous calfeu¬ trons chez nous : livres, musique... de vrais "couche-tôt!” Nous ne sortons que pour aller chez des amis. J’ai horreur de tout ce qui est sophistiqué. J’aime "le simple”.

En effet, elle est coquette avec simplicité. Tout sur elle paraît naturel, ce qui n’exclut pas la féminité. Ainsi, ses cheveux savam¬ ment lissés, son chignon merveilleusement proportionné. Je me coiffe sous la dou¬ che! Il me faut une sortie exceptionnelle pour aller chez un coiffeur. C’est comme pour la cuisine. Je ne sacrifierais pas, à la préparation d’un bon plat, une seule mi¬ nute de mon existence. Elle est pourtant admirable, la cuisine française. J’y suis venue progressivement. Il y a un certain "bar flambé” au champagne et aux fines herbes, farci d’un soufflé de saumon... Un plat extravagant! C’est ma découverte la plus extraordinaire et la plus récente! de la cuisine française.

Elle regarde sa fenêtre perlée de pluie : J’ai accepté la pluie, par amour de la Normandie. Ce pays m’a tout de suite enchantée. Comme tous les Espagnols, j’ai soif de "vert”... Le soleil? Je vais le cher¬ cher en Espagne : trois semaines par an. Parfois, Champ de Bataille m’en réserve la surprise... C’est un cadeau très agréa¬ ble, le soleil normand! Parce que j’habite la France depuis dix-sept ans, en Espagne je passe pour Parisienne! Dans les hôtels, on me parle français. Ici, je me sens tout à fait intégrée. Je me suis habituée à tout : au paysage et même à la pluie du Champ de Bataille. Les pays, vous savez, c’est comme les gens. On s’entend ou on ne s’entend pas. Certaines personnes, je ne comprendrai jamais ce qu’elles disent! Ici, tout parle mon langage. Nous vivons sur la même longueur d’onde, Champ de Bataille et moi... Mireille Vincendon.

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La montre possède ses grands couturiers et une mode bien à elle. Saviez- vous qu’un salon se tient chaque automne à Genève qui lui est entière¬ ment consacré? C’est l’exposition "Montres & Bijoux”. Les fabricants suisses et leurs modélistes y présentent une synthèse précise et raffinée de ce que sera la montre de luxe dans les mois à venir et en assurent par même l’incessant renouvellement.

Pour la 24e fois, "Montres & Bijoux” s’est tenu au Musée Rath de Genève, du 1er au 24 octobre. Décoré avec les cinquante-quatre toiles constituant la "Passion” de Rouault, ce salon était placé sous le signe de l’esthétisme. Les plus grands noms de l’industrie suisse spécialisée (Oméga, Vacheron & Constantin, Rolex, Jaeger-Le Coultre, Bueche-Girod, Audemars Pi- guet, Patek Philippe, Universal Genève, etc.) y ont exposé une dizaine de leurs créations les plus prestigieuses.

Présidant à ce choix restreint, deux règles absolues : d’une part la ga¬ rantie d’une nouveauté irréfutable, d’autre part la seule utilisation de métaux nobles. Et l’on n’est pas étonné de découvrir des montres-bagues voisinant avec des montres en pendentifs ou en clips, pour la plupart ornées de pierres de couleur. Ainsi montre et bijou se rejoignent et s’allient pour ne plus former qu’une parure.

Quant à la forme de la montre-bracelet, il semble qu’elle soit en train de dépasser la mode de la couture puisque, ayant prôné depuis longtemps déjà les formes géométriques qui font fureur aujourd’hui, elle s’évertue à allonger ses lignes, à les cambrer et les adoucir.

Mais les chefs-d’œuvre du modernisme et de l’audace créatrice, c’est dans les soixante-huit modèles soumis au Prix de la Ville de Genève qu’il nous les faut chercher. Exposées au cœur de "Montres & Bijoux”, ces pièces, sélectionnées parmi 963 dessins, en forment la principale attraction.

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VOGUE

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FRANCE. Deux albums-cadeaux pour les amateurs de voyages : "Japon des réalités” qui vient de paraître aux éditions Marcus : 119 photos re¬ marquables de Dominique Darr et des textes passionnants de Dominique Darr et Marcel Giuglaris, reliés en toile, qui illustrent le côté nostalgique ancestral du Japon et font le point de son évolution actuelle. Prix : 57 F. "Iran 1, des origines aux Achéménides”, avec ses 64 photos en couleur et ses 96 photos noires, que Jean-Louis Huot fait paraître aux éditions Nagel est, par excellence, le livre-tentation-de-faire-un-voyage-en-Perse. Prix : 45 F.

CANADA. Les 20 et 21 février prochains aura lieu à Ste-Agathe-des- Monts le grand Derby international des chiens de traîneaux. Quarante attelages de chiens participeront à cette course, parmi lesquels 15 magni¬ fiques chiens "husky sibériens” venus de l’Alaska avec leurs conducteurs "mushers”.

FRANCE. Un petit bistrot dans un vieux quartier de Paris : "Au Pot de fer”, 12, rue du Pot-de-Fer. Atmosphère étudiante. Couscous "du tonnerre” (6 F la portion). Retenir sa table à Kellerman 83-69.

ECOSSE. Pour la première fois au monde, une banque pçur "femmes seulement” vient d’ouvrir ses portes à Edimbourg. Dans cette succursale de la "National Commercial Bank of Scotland” interdite aux hommes : un bar, un salon de lecture et un salon de beauté avec vestiaire et tables de maquillage.

FRANCE. Le célèbre cuisinier Escoffier va avoir son musée à Villeneuve- Loubet (Alpes-Maritimes). On y dégustera les créations culinaires qui l’ont rendu célèbre.

PORTUGAL. Connaissez-vous le chetny? C’est un condiment indien à base de pili-pili et de citron ou de mangue, à servir en même temps que le ketchup et la moutarde. A acheter à l’Antiga Charcutaria Alema, 283 rua do Ouro, à Lisbonne. Attention : ne pas forcer la dose, cela em¬ porte la bouche!

FRANCE. Deux guides à avoir à portée de la main : si vous voyagez dans notre pays et ne voulez manquer aucune des splendeurs inconnues qui parsèment votre route : le "Guide Artistique de la France”, éditions Tisné-Hatier, prix 48 F. Auteurs : Françoise Olivier, Michel et Claude Gisler. Si vous voulez faire du shopping et aller tout droit chez les arti¬ sans de qualité : le "Guide des Artisans et Créateurs de France”, que Gilbert Dalahaye vient de faire paraître chez Robert Laffont. Prix : 26,75 F.

ITALIE. Nouveau dans les Dolomites : le téléphérique de Falgarego- Lagaznoi qui, dans la région de Cortina d’Ampezzo, est le sixième du genre. Il monte 470 passagers-heure en haut du pic de Lagaznoi (3 000 m). FRANCE. Répondant à un questionnaire uniquement destiné aux femmes, à l’occasion du dernier Salon International du Tourisme à la Foire de Paris, et concernant leurs vacances, les 23 417 réponses enre¬ gistrées font apparaître que 13 025 de celles qui avaient été interrogées pensaient utiliser, comme moyen de transport, leur voiture, 5 715 le che¬ min de fer, 1 371 l’avion, 592 le bateau; 0,3 % allaient en séjour dans leur famille, 49 % avaient choisi l’hôtel, 27 % louaient un appartement meu¬ blé, 15 % campaient, 3,7 % utilisaient une caravane.

U.S.A. La Pan Am dispose depuis peu d’un coordinateur électronique qui lui permet d’offrir à ses clients un service gratuit de réservations d’hôtels et motels avec confirmation immédiate. Les réservations doivent être demandées sept jours avant la date prévue pour l’arrivée.

SUÈDE. Un voyage à Stockholm en vue? Votre week-end bénéficiera d’une nouveauté. Un brise-glace dit "de week-end” vous emmènera faire du ski et du patin à glace à Washolm, l’une des îles de l’archipel. Rensei¬ gnements : Office du Tourisme Suédois, 125, Champs-Elysées, Paris, téléphone ELY 44-30.

CANNES. Pour la première fois cette année le Bal des débutantes aura lieu à Cannes. Date : le 18 décembre. Cadre : les Ambassadeurs. Les 200 jeunes beautés seront logées au Majestic. Le 17 au matin partira de la gare de Lyon le train special-debs qui a été équipé de wagons à télé¬ phone intérieur. Michèle Ricard, 17 ans (le pastis) est la seule autorisée à monter dans le train en cours de trajet, à Arles. La Begum a été pres¬ sentie pour faire partie du comité de patronage.

152

VOGUE

FRANCE. Un hôtel-château de grand luxe ajoute à tous ses charmes décor de grand style, calme, parc, cuisine raffinée, service attentif un attrait de plus : la musique. Au château d’Artigny, à Montbazon, le samedi 11 décembre : récital de piano de Bernard Ringeissen. Les samedis 24 et 31 décembre, réveillons avec l’orchestre Roger Etlens. Prix des places concert-cocktail : 18 F. Concert-cocktail suivi du dîner : 48 F. Réservations : 36-21-77 à Montbazon et agence "Semaine à Paris”, 225- 06-92. C’est au château d’Artigny que la reine-mère Elizabeth était des¬ cendue lorsqu’elle vint visiter les châteaux de la Loire.

POLOGNE. Trois heures de vol seulement séparent Paris de Zakopane où, au pied des Tatras, vous pourrez découvrir les charmes des "kouligs”, cavalcades de traîneaux attelés illuminés. Sur les pentes : téléférique, funiculaire, télésièges. Dans les hôtels : pension complète de 17,50 à 62 F par jour. Renseignements : Obis, 18, rue Louis-le-Grand, Paris, téléphone Opéra 62-26.

SICILE, L’ILE AU TRÉSOR (suite de la page 60)

C’est au xvie siècle que Trapani devint capitale de l’orfèvrerie coralienne. Ses sculpteurs, ses artisans étaient connus de toutes les cours, de toutes les maisons patriciennes d’Europe. Cela ne date pas d’hier... Encore faut-il préciser que ce qui lie la Sicile au corail, bien plus qu’un intérêt, est un sentiment, une fascination. Ni pierre, ni fleur, ni bête, le corail est tout cela à la fois. N’est-ce pas troublant? Aussi entendrez- vous dire que le jour Persée trancha la tête de Méduse, du sang se répandit sur le sable qui aussitôt se pétrifia. Ainsi est le corail. Si le sang d’une Gorgone devenu dentelle, ornement, féerie entre les mains d’humbles artisans, si cela vous intéresse, si vous croyez à cette histoire de tête coupée, alors allez au Musée Pepoli. Sans quoi n’y allez pas... Allez en Turquie, allez à Nice ou en Californie, allez partout plutôt qu’à Trapani, parce que les gens qui ne croient pas aux légendes n’ont vraiment pas leur chance en Sicile. Edmonde Charles-Roux.

Bloc-Notes Touristique

Il y a peu de très bons hôtels en Sicile mais parmi les moins bons il n’en est pas de mauvais. Le secret d’un voyage réussi? Savoir qu’il y a en Sicile des hôtels qui ne sont agréables qu’en hiver, d’autres réservés à l’été, d’autres au printemps.

Pour visiter Trapani. Une seule solution : s’installer sur les hauteurs de Erice dont le Jolly est le seul très, très bon, Jolly de Sicile. Vue pro¬ digieuse. Cuisine excellente. A recommander toute l’année. Prix d’une chambre avec salle de bains et pension complète : 45 F environ.

Pour visiter Palerme. Solution d’hiver : Grand Hôtel delle Palme en pleine ville... 200 chambres avec bains et douche. Prix avec pension complète : 65 F environ. Tél. 215 570. Autre solution d’hiver pour tou¬ ristes motorisés : l’Hôtel Villa Igia au milieu de ses jardins. Prix spécial d’hiver : 85 F. Tél. 291 580 (ouvert toute l’année). Solution de printemps et d’été : le Splendid Hôtel La Torre à Mondello. Comme une forteresse plantée sur la mer. Un des meilleurs hôtels de Sicile et le plus recom¬ mandable. Cuisine, service, bains de mer parfaits. Terrasses individuelles à toutes les chambres. Ouvert du 1er avril au 31 octobre.

Pour visiter Taormina et la région de l'Etna. Solution d’hiver et de prin¬ temps : l’adorable Hôtel Timeo tellement plus sympathique et plus gai que le célèbre San Domenico dont les prix sont effarants. Chambres en plein soleil. Jardins merveilleux. Cuisine de premier ordre. Vue inégala¬ ble. Le Timeo est un lieu de séjour délicieux. Un endroit aller se repo¬ ser en hiver.

Pour visiter la région de Syracuse. Eviter le Jolly. Mal situé et bruyant. Une seule solution agréable : Grand Hôtel Villa Politi. Séjour favori de Winston Churchill. Jardins. Silence. Soleil. Vastes chambres. Bien chauffées en hiver. Cuisine remarquable. Chambre avec bain et pension complète une personne : 65 F. Téléphone 15-66. Ouvert toute l’année. Pour aller en Sicile. Avion : Paris- Palerme, départ tous les jours d’Orly à 13 h 05 (Air France), arrivée à Rome à 14 h 55 et à Palerme à 17 h 30. Prix : aller et retour classe touriste : tarif spécial valable un mois avec séjour de 5 jours minimum en Sicile : 627 F. Trapani est à 120 km de Palerme par la route.

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VOGUE

PARFUMS (suite de la page 67)

L’année 1965 : consécration du parfum en pulvérisation. Soit grâce à un atomiseur (flacon fonctionnant au gaz fréon), soit grâce au vaporisateur nouvelle formule (sans gaz). 1. Bandit de Robert Piguet. Atomiseur de sac rechargeable. 2. Blue Grass d’Elizabeth Arden en Flacon Vénitien. Existe en Spray rechargeable. 3. Eau d' Arpège de Lanvin. En vapospray rechargeable pour toutes les eaux de Toilette. 4. Mademoiselle Ricci, nouvel atomiseur pour le parfum "léger”. 5. Y de Saint Laurent. 6. Apple Blossom d’Helena Rubinstein. Eau de Cologne. Pas d’atomi¬ seur. 7. 5 de Chanel. Atomiseur rechargeable pour le parfum de Toilette. 8. Je Reviens de Worth. Nouveau Spray rechargeable pour eau de Toilette. 9. Justine de Louis Féraud. Atomiseur prévu pour début 1966. 10. Miss Dior, Diorama, Diorissimo ou Diorling : un tout nouvel atomiseur "Parfum” existe au même prix et avec le même contenu que les flacons classiques. 11. Singulier de Cardin. 12. Evereve de Rigaud. Atomiseur pour l’eau de Parfum. 13. Fleurs de Rocaille de Caron. Nouveau Spray rechargeable pour l’eau de Toilette. 14. Monsieur Net de Jean Patou. Nouveau Vapomiseur rechargeable pour l’eau de Cologne et l’eau de Visage. 15. Chant d' Arômes de Guerlain. Atomiseur pour le sac. Rechargeable. 16. Câline de Jean Patou. Atomiseur de sac. 17. Capricci de Nina Ricci. Atomiseur pour l’eau de Toilette et Airomatique. Deux grands succès : les atomiseurs Madame Rochas et Calèche d’Hermès.

ADRESSES PRÊT A PORTER

LES APRÈS-SKI

Page 72 PULL MARIE-MARTINE WEEK-END. Paris. Marie- Martine Week-End, 78, rue des St-Pères. PANTALON CHARLES GROS. Paris. Marie-Martine Week-End, 78, rue des Saints-Pères.

Page 73 ENSEMBLE LA MALLE DE L’INDE. Paris. U Malle de L’Inde, 89, rue du Bac.

Page 74 ROBE JAÈGER. Paris. Jeager-Henry à la Pensée, 3 et 5, F g-Saint-Honoré .

Page 75 ROBE LIL. Paris. La Marotte, 15, rue du Val-de-Grâce. Eva, 121, bd St-Germain. Vog, 34, rue Tronchet. Marseille, Elodie. Metz, Patricia.

Page 76 HAUT PACO RABANNE. Paris. Popeline, 91, rue St-Domi- nique. PANTALON JEAN GERARD. Paris. Popeline, 91, rue St-Dominique.

Page 77 HAUTS PACO RABANNE. Paris. Bistrot Boutique, 13, rue des Amandiers. PANTALONS MAHR. Paris. Bistrot Boutique, 13, rue des Amandiers.

LES ROBES DE LAINAGE

Page 110 ROBE BISTROT DU TRICOT. Paris, 57, rue Bonaparte, et 15, rue Boissy-d’Anglas. Aix-en-Provence, 19, rue Beddar- rides. Nice, 16, rue de la Liberté.

Page 111 ROBE V.D.E. Paris. Galeries Lafayette, "Boutique Voilà Paris”, boulevard Haussmann. Genève, Bon Génie. Lau¬ sanne, Bon Génie.

Page 112 ROBE MAGLIFICIO MICHELANGELO. Paris. La Gami¬ nerie, 137, boutevard St-Germain.

Page 113 ROBE PARIKEN. Paris. Prébac, 100, rue St-Lazare. Madd, 20, rue Tronchet. Men Sport, 16, rue de Sèvres. Avignon, Lesur. Nancy, Cléo. Toulouse, Nine. Bruxelles, Sophie Couture.

ROBE PARIKEN. Paris. Prébac, 100, rue St-Lazare. Pas¬ cale Auber, 65, rue de Rennes. Mulhouse, Schwab. Bruxelles, Sophie Couture. Lausanne, Bon Génie.

Page 114 ROBE CLARISSIA. Paris. Bistrot Boutique, 13, rue des Amandiers.

ROBE CARLA OGLE. Paris. Roger et Gallet, 62, Fg-St-Ho- noré. Milan, Biki. St-Moritz, Palace Hôtel "Boutique Biki”.

Page 115 ROBE CLARISSIA. Paris. Bistrot Boutique, 13, rue des Amandiers.

Le "drink" des Gens Raffinés

SANS ALCOOL NI EXCÈS DE SUCRE, NE PRÉDISPOSE PAS A L'EMBONPOINT, SE SERT NATURE OU AVEC UNE TRANCHE DE CITRON OU D'ORANGE.

"UN DI AN TON IC"

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LA RECETTE DE PLISSETSKAYA

( suite de la page 103)

Sauce Satsivi : pour servir avec du poulet ou du poisson.

100 g de beurre, 4 ou 5 oignons, 1/2 tasse de farine, 1 litre de bouillon de poulet ou de court-bouillon de poisson, 300 g de noix épluchées, 1 à 2 clous de girofle, 1 pointe de couteau de cannelle, 2 pointes de safran, 1/4 de cuillerée à café de cayenne, 2 jaunes d’œufs, 4 à 5 gousses d’ail, 2 cuille¬ rées à soupe de ciboule hachée, 1/2 verre de vinaigre de vin rouge. Hacher très finement les oignons et les faire dorer dans le beurre, sau¬ poudrer de farine et laisser prendre couleur. Ajouter le bouillon petit à petit en tournant et faire cuire doucement 10 minutes. Mettre les noix pilées, les œufs et les épices dans un bol, les diluer avec un peu de sauce chaude puis verser tout dans la casserole. Laisser mijoter quelques ins¬

tants sans bouillir puis retirer du feu. Quand la sauce est froide, ajouter l’ail écrasé, la ciboule et le vinaigre.

Recouvrir le poulet ou le poisson de sauce et laisser dans un endroit frais pendant quelques heures avant de servir.

Note de N. L.

Une amie géorgienne et parisienne a mis au point une version française de la sauce Satsivi, exquise et facile à réaliser. Mettre dans le mixer : le jus de deux citrons, une gousse d’ail, une petite échalote, un paquet de 250 g de noix épluchées, toutes les herbes disponibles y compris le coriandre que l’on trouve dans le commerce sous le nom d’"herbe algé¬ rienne”, du poivre de Cayenne, du sel, et lorsque cette sauce est servie avec le poulet, le jus de la volaille rôtie allongé d’un peu de bouillon des abattis de poulet. Mixer quelques secondes et verser dans une casserole avec deux jaunes d’œufs. Chauffer doucement en tournant. Attention, ne pas faire bouillir. Servir en saucière. Le poisson et les aubergines préalablement pochées se servent recouverts de sauce.

TARIF GÉNÉRAL

Vente au numéro

12 numéros par an

"°rT

S

Numéros

spéciaux

FRANCE ET COMMUNAUTÉ FRANÇAISE .

ÉTRANGER I (Souscrit en France) .

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70

88

6

14

ALLEMAGNE : CONWA GROSSOVERTRIEB 35 a. Danziger Strasse, Hamburg .

. .. D.M.

72

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18,50

AUTRICHE : WIENER MODELLGESELLSCHAFT Stubenring 16, Vienne .

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510

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BELGIQUE : A.M.P., 14 à 22, rue du Persil, Bruxelles .

.... F.B.

880

75

185

DANEMARK : M. JOERGENSEN c/o SCHRODER, 8, Hovedvagtsgade, Copenhague .

... K.D-

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14

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ESPAGNE : comercial atheneum s.a.

à Madrid : Calle Vergara, 9

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GRANDE-BRETAGNE : TRANSWORLD PUBüSHERS, Bashley Road, Londres, N. W. 10

The CONDE NAST PUBLICATIONS Ltd

Vogue House, Hanover Square, Londres W. 1 . £

7.7.0

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ITALIE : MESSAGGERIE ITALIANE, Via P. Lomazzo 52. Milan .

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11 000

1 000

2 500

JAPON ; WESTERN PUBLICATIONS DISTRIBUTION AGENCY 10, 3-chome, Nishi Ohkubo Shinjukuku Tokyo .

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7 200

650

1 550

NORVÈGE : NY MOTESERVICE, Stortingsgt, 4. Oslo .

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PAYS-BAS : VAN DITMAR, Schiestraat 32-36, Rotterdam .

. Florins

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PORTUGAL : BERTRAND, 73, Garret, Lisbonne .

... Esc

575

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SUÈDE : WENNERGREN WILLIAMS A. B. Nordenflychtsvagen, 70-Stockholm .

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SUISSE : Toutes librairies .

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U.S.A.-CANADA : THE CONDE NAST PUBLICATIONS INC., 420 Lexington Ave., New York. 17 . *

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